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  • il y a 18 heures
Pendant plus d’un an, une mère et sa fille ont tenté de tuer le compagnon de cette dernière en s’inspirant de plusieurs techniques qu’elles avaient vues dans des séries. 


Récit. Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Judith Perret - Production : Clara Garnier-Amouroux et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Photo : Anne-Gaëlle Amiot pour le Parisien - Musiques : François Clos, Audio Network.

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Transcription
00:00Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast du Parisien,
00:03le Parisien qui offre à ses abonnés des places pour les concerts de Céline Dion.
00:08Si vous êtes abonné, vous pouvez vous inscrire avant le 31 mai pour participer à un tirage au sort.
00:15On vous met le lien sur la fiche de ce podcast.
00:17Tout de suite votre épisode.
00:23Une femme de 37 ans a été condamnée fin mars pour avoir essayé à plusieurs reprises
00:28de tuer son compagnon en l'empoisonnant.
00:31D'après l'enquête, cette femme a été aidée dans son projet criminel par sa mère
00:36et elles se sont toutes les deux inspirées de techniques qu'elles avaient vues dans des séries télé.
00:41Le 27 mars, à Laroche-sur-Yon, en Vendée, la fille et la mère ont été condamnées aux assises
00:47à 20 ans et 15 ans de réclusion criminelle.
00:51Il y aura un procès en appel. Elles sont donc aujourd'hui présumées innocentes.
00:56Cet épisode de Code Source est raconté par Lucille Descamps, journaliste au service reportage du Parisien.
01:09Lucille Descamps, vous êtes le 27 mars en Vendée, à Laroche-sur-Yon, pour suivre le procès de cette affaire.
01:15L'homme qui a été victime de plusieurs tentatives d'empoisonnement se prénomme Enrique.
01:20Son métier, c'est conducteur d'engin de chantier.
01:23A quoi est-ce qu'il ressemble pour qu'on puisse se l'imaginer ?
01:25Alors, Enrique, il a une carrure assez imposante.
01:28Il a le crâne rasé, une barbe noire assez fournie.
01:32Et alors, au moment du procès, il porte un blouson en cuir, qu'il a souvent avec lui.
01:36Et ce qui est assez marquant, c'est qu'il a plusieurs tatouages.
01:39Il en a dans le cou et il en a surtout deux au visage.
01:42Et l'un des deux est au-dessus du sourcil et c'est écrit « damaged », donc il veut
01:45dire « abîmé ».
01:46Il se les fait tatouer après toute son histoire.
01:48Et les deux femmes jugées pour ses empoisonnements, son ex-compagne, Amélie, 37 ans, et la mère de celle-ci,
01:54donc sa belle-mère, Carole, 62 ans.
01:56A quoi est-ce qu'elle ressemble ? D'abord, Amélie.
01:58Amélie, elle a les cheveux un peu plus longs que les épaules, blond très clair.
02:03Elle est souvent vêtue d'une veste noire sur une chemise blanche.
02:06Elle est vraiment habillée de manière très classique.
02:08Et elle est très à l'aise quand elle s'exprime face au jury.
02:11Et sa mère, Carole, elle, elle est vraiment un petit peu plus chétive, plus mince.
02:15Elle a les cheveux courts coupés à la garçonne et elle porte des lunettes.
02:20Lucille Descamps, dans cet épisode de Code Source, on va surtout revenir sur les faits en eux-mêmes,
02:25même si on reviendra sur le procès à la fin.
02:28Commençons par l'histoire de la mère d'Amélie.
02:31Carole, qu'est-ce qu'on sait de son parcours ?
02:33Alors, Carole, son parcours, il est vraiment égrené au fil du procès, donc on en apprend beaucoup sur elle.
02:38On sait que donc, elle a vécu avec ses parents.
02:40C'était la dernière d'une famille de trois enfants.
02:43Elle a un frère et une sœur plus âgés.
02:45Elle se met en couple assez jeune avec le père d'Amélie.
02:48Et elle a un premier enfant, un premier bébé, qui meurt alors qu'il n'a que neuf mois.
02:53Et ça, c'est vraiment quelque chose qui va revenir tout au long du procès,
02:56mais c'est vraiment un traumatisme dont elle ne s'est jamais remis.
02:58Qu'est-ce qu'on sait d'autre sur elle ?
02:59Alors, on sait aussi qu'elle a, par exemple, toujours travaillé.
03:02Elle a eu un emploi de caissière de manière très régulière.
03:05Et on sait que c'est une femme très seule.
03:07Elle le dit, elle n'a que sa fille.
03:08Elle n'a pas beaucoup d'amis.
03:10Elle a eu plusieurs compagnons ou maris.
03:12Mais elle répète assez régulièrement qu'elle est seule.
03:16Vous l'avez dit, elle a été très marquée par la mort de son premier enfant,
03:20en très bas âge, à l'âge de neuf mois.
03:22Et ensuite, avec Amélie, au fil du temps, elle va développer une relation fusionnelle.
03:27Donc Amélie, elle naît un an après le drame.
03:29Donc elle naît un an après la mort de son frère.
03:31Et ce qu'on sait, c'est qu'elle a eu des problèmes de santé quand elle était petite,
03:35qui ont clairement réveillé le traumatisme chez Carole.
03:38Donc en fait, elle a développé, Carole, une relation très fusionnelle avec sa fille,
03:43très exclusive, avec la crainte de la perdre.
03:46Donc elle l'a vraiment chouchoutée tout au long de son enfance.
03:49Ce qui illustre un petit peu cette exclusivité, c'est qu'en fait, Carole,
03:52elle va se séparer du père d'Amélie.
03:54Et en fait, Amélie, elle ne reverra plus son père avant ses 20 ans.
03:58Donc Carole dit que ce n'est pas de sa faute forcément à elle,
04:00mais ça montre vraiment cette exclusivité et cette relation fusionnelle entre les deux,
04:04entre la mère et la fille.
04:05Et Amélie a le sentiment que sa mère a été une très bonne mère.
04:08Oui, oui, Amélie, elle le répète à l'envie.
04:11Elle dit que sa mère est extraordinaire,
04:13que c'était une mère poule, qu'elle lui a tout passé.
04:16Et Amélie dit d'elle-même qu'elle a été une enfant pour y gâter.
04:18Une fois devenue adulte, qu'a fait Amélie pour gagner sa vie ?
04:21Alors, contrairement à sa mère qui a toujours eu un emploi
04:24et qui a eu une carrière plutôt stable,
04:26Amélie, elle se lasse assez souvent.
04:29Elle a beaucoup de périodes de creux.
04:31Officiellement, elle est peintre en carrosserie,
04:33mais en fait, elle est quand même assez souvent au chômage plutôt.
04:36Au niveau sentimental, Amélie s'est mariée à 18 ans
04:38avec un homme qui partageait sa passion de l'automobile.
04:41Elle est restée 8 ans avec lui
04:43et elle a eu un enfant, un fils avec cet homme.
04:46Mais en juillet 2018, alors qu'elle est encore mariée,
04:49Lucille Descamps, sur le site de rencontre Badou,
04:52elle découvre un homme qui lui semble parfait.
04:55Oui, alors elle découvre Enrique, donc,
04:57qui deviendra son futur conjoint.
04:59Et là, c'est le coup de foudre immédiat.
05:01Elle le trouve presque trop beau pour elle.
05:03Elle répète qu'il la traite comme une princesse,
05:05qu'il traite même son fils qu'elle a eu de sa première union
05:08comme un roi.
05:09L'idylle semble vraiment parfaite.
05:11Elle compare d'ailleurs cette histoire d'amour
05:12à des films, à des séries.
05:14Et elle dit que vraiment,
05:15elle a une vie conjugale idéale, du moins au début.
05:18À ce moment-là, Amélie et Enrique,
05:20qui se sont donc mis ensemble,
05:22vivent en Touraine,
05:23mais ils décident de partir.
05:24Oui, parce qu'en fait, en Touraine,
05:26c'est là où Amélie vivait avec son précédent conjoint
05:28et qu'au moment où ils se rencontrent,
05:30elle est encore mariée.
05:31Les voisins parlent un peu trop,
05:33donc ils préfèrent quitter la Touraine
05:34et aller en Vendée,
05:35la région d'origine d'Enrique.
05:37Et là, ils emménagent dans la commune de Torigny,
05:39à une demi-heure de route environ de la Roche-sur-Yon.
05:42À quoi ça ressemble ?
05:42Oui, alors en fait,
05:43ils ne sont pas vraiment à Torigny.
05:45Ils sont plutôt à l'extérieur du village,
05:47dans une sorte de tout petit hameau qui en dépend,
05:49où il y a cinq, six maisons,
05:51mais c'est vraiment tout petit.
05:52Il y a quelques voisins disséminés par-ci, par-là.
05:56Leurs maisons, à eux, de l'extérieur,
05:58on ne voit pas énormément.
05:59On voit une grande façade blanche.
06:01On voit le muret.
06:02On devine derrière une piscine.
06:04Donc autour, il y a quelques maisons,
06:06une exploitation et puis des champs, principalement.
06:11Lucille Descamps, on l'a dit,
06:13Amélie a une relation fusionnelle avec sa mère
06:15et sa mère les rejoint dans cette région, à Torigny.
06:19Donc d'abord, la mère s'installe en Vendée,
06:22à quelques kilomètres de sa fille.
06:24Et puis finalement, à la faveur du Covid-19,
06:27à l'automne 2020,
06:29Amélie propose à sa mère de venir s'installer
06:31dans la dépendance de la maison.
06:32Ça, on imagine qu'Enrique le vit mal ?
06:34Alors, sur le coup, non.
06:35Parce que c'est vraiment d'un commun accord
06:37qui propose à la mère d'Amélie de venir.
06:39Ils avaient même proposé à la mère d'Enrique avant ça,
06:41qui avait refusé,
06:42qui avait préféré leur laisser leur intimité.
06:44Mais à ce moment-là,
06:45les relations ne sont pas encore abîmées.
06:48Au fil du temps,
06:48la relation entre Amélie et son conjoint, Enrique,
06:52est de plus en plus tendue.
06:53Oui, alors en fait,
06:54ces deux gros caractères, visiblement,
06:56ils sont tous les deux très jaloux, très possessifs.
06:59Ça devient un sujet entre eux
07:00et donc les disputes sont régulaires.
07:02Ces disputes régulières,
07:03on sait si elles sont aussi violentes ?
07:05Alors en tout cas,
07:05ils s'accusent mutuellement de violences conjugales.
07:08Et Amélie,
07:09elle accuse également Enrique de violences psychologiques
07:11et d'emprise.
07:13En tout cas,
07:14lui,
07:14il va être condamné
07:15après une bagarre
07:16qui s'est terminée dans le sang
07:17à la sortie d'une boîte de nuit.
07:19Oui,
07:19donc il est en soirée en boîte de nuit
07:20avec un ami.
07:22Amélie finit par le rejoindre
07:23et une dispute éclate
07:25avec d'autres clients.
07:27Tout ce qu'on sait,
07:27c'est que ça se termine dans le sang
07:28puisqu'il donne des coups de couteau
07:30à trois personnes
07:31et il est donc condamné pour ça.
07:32Ensemble,
07:33Amélie et Enrique ont un fils
07:35qui naît en octobre 2020
07:36mais la belle-mère d'Enrique,
07:39Carole,
07:39prend de plus en plus de place.
07:41Oui,
07:42alors déjà,
07:42depuis qu'elle habite dans la dépendance,
07:44elle prend de la place.
07:45Elle est souvent dans la maison principale.
07:47Enrique raconte
07:48qu'il la voit le matin
07:49à côté de la cafetière
07:50à peine levée.
07:51Mais alors,
07:52quand le fils d'Amélie
07:53et d'Enrique naît,
07:54en fait,
07:55Carole prend presque
07:56la place du père.
07:57Elle se précipite
07:58quand l'enfant pleure.
08:00Elle passe devant son père
08:01pour le prendre dans ses bras.
08:02En tout cas,
08:03c'est le ressenti d'Enrique.
08:04Il a l'impression
08:05qu'elle lui vole sa place.
08:06À partir de cette période,
08:07la situation
08:08s'envenime dans la maison.
08:10Oui,
08:10donc les disputes
08:11sont toujours fréquentes
08:12entre Enrique et Amélie.
08:13Carole est très présente
08:15et en fait,
08:16Amélie,
08:16elle l'aime
08:17mais elle ne veut pas le quitter.
08:18Elle dit
08:18qu'il lui fait peur,
08:20qu'il est violent
08:21psychologiquement.
08:21Elle a sans doute aussi
08:23très peur
08:24qu'il finisse par la quitter
08:25face à cette situation difficile
08:27et elle répète
08:28que si elle,
08:28elle ne l'a pas,
08:29personne ne l'aura.
08:30Une phrase très surprenante,
08:32si je ne l'ai pas,
08:33personne ne l'aura
08:34et elle dit ça aussi
08:35à sa mère Carole.
08:36Oui,
08:37elle dit ça à sa mère Carole
08:38et Carole lui répond
08:39tu sais ce qu'il te reste à faire.
08:41Si on va un petit peu plus loin
08:42et qu'on traduit,
08:43ça veut dire que
08:44si tu ne veux pas t'en séparer,
08:45si tu ne veux pas
08:46que quelqu'un d'autre
08:46sorte avec lui,
08:47il faut le tuer
08:48et c'est la seule solution.
08:51Et à partir de là,
08:52Amélie commence
08:53à parler avec sa mère
08:55de cette idée
08:55de se débarrasser d'Enrique.
08:57Que se passe-t-il ensuite ?
08:59Alors, très rapidement,
09:01Amélie achète
09:01des fleurs d'aconite.
09:03Donc, c'est une fleur
09:04très toxique,
09:05assez rare,
09:05qu'on ne trouve pas non plus
09:06chez tous les fleuristes
09:07et en fait,
09:08elle s'en procure
09:09une première fois
09:09en mai 2021.
09:11Et le mois suivant,
09:12en juin 2021,
09:13Amélie fait un test
09:14d'empoisonnement
09:15sur le chien de la famille.
09:16Oui,
09:17elle utilise de l'antigel
09:19sur l'un des chiens
09:20de la famille.
09:21Le chien meurt
09:22et finalement,
09:23elle réalise
09:23qu'elle n'est pas encore prête
09:24à reproduire ce test-là,
09:26du moins à l'antigel
09:27sur son mari.
09:27Et à ce stade,
09:28on ne sait pas
09:28si Amélie s'est servi
09:30des fleurs d'aconite
09:31qu'elle a achetées.
09:32En tout cas,
09:33pendant l'été
09:34et l'automne
09:34qui suivent,
09:35Carole aide Amélie
09:37dans son projet criminel.
09:39Oui,
09:39en fait,
09:39elle travaille à deux.
09:41Amélie,
09:41elle commande
09:42les fleurs d'aconite
09:43au nom de Carole,
09:44parfois avec la carte bleue
09:45de Carole.
09:46Et Carole,
09:46elle,
09:47elle est chargée
09:48d'écraser des cachets
09:49d'alprazolam,
09:50donc c'est un tranquillisant.
09:52Elle est chargée
09:52de les écraser
09:53et de les diluer
09:54dans le café d'Enrique.
09:55Donc elle travaille
09:56vraiment à deux.
09:57Et là,
09:57se tranquillisant
09:58dans la tasse d'Enrique,
09:59ça produit quel effet ?
10:00En fait,
10:01comme ça coïncide
10:01avec une période
10:02où il est blessé
10:03et où il a des médicaments
10:05pour sa blessure,
10:06il est de toute façon
10:07halité.
10:08Mais pendant plusieurs semaines,
10:09il ressent
10:10une grande fatigue,
10:11il souffre de maux de tête,
10:13il dort beaucoup,
10:13il est très fatigué
10:14et il a même des dents
10:15qui se déminéralisent.
10:16Amélie commande
10:17de nouveaux aconites,
10:18donc ses fleurs toxiques,
10:20en février
10:20et mars 2022.
10:22Oui,
10:22alors en fait,
10:22à cette période-là,
10:24Amélie part une semaine
10:25en Tunisie
10:26pour une opération
10:26de chirurgie esthétique
10:27et elle utilise
10:28ce départ,
10:29ce prétexte
10:30pour préparer
10:31des petits plats
10:31à son mari.
10:32Des petits plats empoisonnés ?
10:33Oui,
10:33parce que dans
10:34un chili con carne,
10:36elle met donc
10:37de la conite.
10:38Enrique se fait donc
10:39réchauffer ce plat,
10:40le monte dans sa chambre
10:41pour le manger
10:42et en fait,
10:43après quelques bouchées,
10:44il commence à avoir
10:45des fourmillements
10:45sur la langue,
10:46sur le visage,
10:47il sent son cœur
10:48qui s'emballe,
10:49il arrête évidemment
10:50de manger
10:50et comme il a aperçu
10:52sa belle-mère
10:52au rez-de-chaussée,
10:53il sait que sa belle-mère
10:54est en bas,
10:54donc il tombe du lit,
10:56il se traîne dans
10:56les escaliers pour descendre,
10:57il appelle sa belle-mère
10:58en vain,
10:59elle n'est plus là visiblement,
11:01il parvient à ramper
11:02jusqu'à l'extérieur
11:04sur la terrasse,
11:05il attrape un morceau
11:06de charbon de bois
11:06qu'il mange
11:07parce qu'il sait,
11:08pour l'avoir lu,
11:09que c'est un antidote
11:11universel.
11:11Et c'est grâce à ça
11:12qu'il s'en sort
11:13in extremis ?
11:14Qu'est-ce qu'il fait ensuite ?
11:15Comment il réagit ?
11:16Alors en fait,
11:16à ce moment-là,
11:17il commence à soupçonner
11:18sa belle-mère d'empoisonnement.
11:19Il en parle à sa femme,
11:21Amélie,
11:21qui nie évidemment
11:23franchement,
11:24et il en parle même
11:25à sa propre famille
11:26qui tente de le rassurer
11:28et qui pense
11:28qu'il se fait des idées.
11:29À ce moment-là,
11:30personne ne peut croire
11:31à un possible empoisonnement,
11:32mais justement,
11:33les tentatives
11:34d'empoisonnement continuent.
11:36Oui, donc elle abandonne
11:36la connite,
11:37mais elle se tourne
11:38vers les graines de ricin,
11:39donc une plante
11:40extrêmement toxique.
11:41Elle essaye d'en dissimuler
11:43dans du tabac roulé.
11:44En fait,
11:45plus rapidement,
11:45il s'aperçoit
11:46qu'il y a des petits morceaux
11:47à l'intérieur de ce tabac,
11:48donc il trie,
11:49il enlève les graines
11:50sans savoir ce que c'est
11:51à ce moment-là,
11:52et puis finalement,
11:52il ne fumera même pas ce tabac.
11:54Elle refait une tentative
11:55en mettant toujours
11:56des graines de ricin
11:57dans des olives cette fois,
11:59et là,
11:59il pense qu'elles sont
12:00tout simplement périmées,
12:01donc il les jette
12:02avant même de les manger.
12:07Lucille Descamps,
12:08vous l'avez dit,
12:09après l'épisode
12:09du Chili Cone Carnet empoisonné,
12:11Enrique a compris
12:12qu'il était menacé,
12:13et un soir,
12:14en septembre 2022,
12:16à l'occasion d'une soirée
12:17bière et cocaïne
12:18avec Amélie,
12:19il essaie de la faire parler.
12:21Oui,
12:21donc le couple passe
12:22une soirée à boire
12:23et à prendre de la drogue,
12:25Enrique pose des questions
12:26et Amélie finit par avouer
12:28qu'il a bel et bien
12:29été empoisonné.
12:31D'abord,
12:31elle charge sa mère
12:33et assez vite,
12:34elle reconnaît
12:34qu'en fait,
12:35c'est son idée à elle.
12:36Et cette confession,
12:37Enrique l'a enregistrée,
12:39il a enregistré le son
12:39avec son téléphone.
12:41Là,
12:41il ne dénonce pas
12:42les faits tout de suite.
12:43Il ne dénonce pas les faits,
12:44mais il envoie l'enregistrement
12:45comme une assurance vie
12:46à sa mère,
12:47à sa sœur
12:48et à une amie.
12:49Et en fait,
12:49il explique plus tard
12:51que s'il ne dénonce pas
12:52tout de suite les faits,
12:53c'est parce qu'Amélie
12:54lui fait du chantage.
12:55Du chantage au suicide
12:56d'une part
12:57et du chantage affectif
12:58par rapport à son fils.
12:59Elle le menace tout simplement
13:01de le priver
13:01de la garde de leur fils.
13:03Au début de l'année 2023,
13:05Amélie essaie de saboter
13:06la voiture d'Enrique.
13:08Oui,
13:08alors c'est la dernière tentative
13:09et la plus grossière.
13:10Elle coupe les freins
13:12de la voiture d'Enrique.
13:13Lui,
13:14il n'a même pas le temps
13:15de mettre le contact,
13:16qu'il met le pied sur la pédale,
13:17qu'il se rend compte
13:18que les freins sont coupés.
13:19Il ne démarre même pas la voiture.
13:21Elle,
13:21elle accuse un voisin d'abord
13:23et puis après quelques semaines,
13:24elle reconnaîtra
13:25que c'était bien
13:25sa tentative à elle.
13:26Quelques mois plus tard,
13:27le 16 septembre 2023,
13:29Amélie et Enrique
13:30se disputent une nouvelle fois
13:32violemment
13:33et pour Enrique,
13:34c'est la dispute de trop.
13:35Oui,
13:36parce qu'en fait,
13:36Amélie jette son téléphone
13:37en direction d'Enrique
13:39depuis le premier étage.
13:40Lui est au rez-de-chaussée,
13:41il se le prend sur le visage,
13:43ça saigne,
13:44leur fils assiste à la scène
13:46et là,
13:46il se dit que c'est allé trop loin,
13:47il va à la gendarmerie.
13:49Et devant les gendarmes,
13:50ils dénoncent Amélie et Carole
13:51qui sont placés en garde à vue.
13:54Lucille Descamps,
13:55la mère,
13:55passe assez rapidement aux aveux.
13:57Comment elle justifie
13:59le fait d'avoir
13:59aidé sa fille
14:00à essayer de tuer son compagnon ?
14:03Eh bien,
14:03tout simplement,
14:04elle dit qu'elle ne peut rien refuser
14:05à sa fille.
14:06Donc,
14:06elle dit qu'elle n'a pas pu lui dire non,
14:08comme elle n'a jamais pu
14:09lui dire non de toute façon.
14:11Donc,
14:11une fois de plus,
14:12elle l'a suivie.
14:12Elle dit aussi
14:14que sa fille lui a répété
14:15qu'elle avait peur d'Enrique,
14:17qu'elle souffrait donc
14:18de violences psychologiques
14:20et elle estime
14:21que c'est aussi une façon
14:22de sauver sa fille.
14:23Et dans les interrogatoires
14:24qui suivent,
14:24Carole ne montre
14:25aucune empathie
14:26envers Enrique.
14:27Oui,
14:27elle dit vraiment
14:28qu'elle n'en a rien à faire
14:29d'Enrique
14:30et qu'elle a simplement
14:31fait ce que sa fille lui demandait
14:32mais sans aucune compassion
14:34et sans aucun sentiment
14:36pour son beau-fils.
14:37Enrique fournit aux gendarmes
14:38deux enregistrements audios,
14:40les enregistrements des confessions
14:42d'Amélie
14:42pendant la soirée
14:43bières et cocaïne,
14:44deux documents
14:45de 8 et 38 minutes,
14:48enregistrements évidemment
14:49précieux pour les enquêteurs.
14:51Oui, parce qu'en fait
14:52dans les enregistrements,
14:53Amélie répond aux questions
14:55d'Enrique
14:55et elle lui explique
14:56qu'elle a acheté
14:57les fleurs d'aconite en ligne
14:58sur un site
14:59dont elle donne le nom
15:00et les gendarmes
15:01peuvent comme ça
15:02aller vérifier les achats,
15:04voir qu'il y a des achats
15:05au nom d'Amélie
15:06et au nom de sa mère,
15:07voir les cartes bleues
15:08et ils ont leur preuve matérielle.
15:10Amélie a d'abord nié
15:11dans un premier temps
15:12mais après les aveux
15:13de sa mère,
15:14elle a finalement
15:15reconnu les faits
15:16en livrant aux gendarmes
15:18un détail très surprenant.
15:20Oui, donc elle dit
15:21que pour les empoisonnements,
15:22elle s'est inspirée
15:24de plusieurs séries
15:25qui sont diffusées
15:25sur Netflix.
15:26Pour l'utilisation
15:28des fleurs d'aconite,
15:29elle cite notamment
15:30la série You
15:31qui met en scène
15:32un tueur en série
15:33et elle cite aussi
15:34la série Ginny et Georgia
15:35qui elle met en scène
15:37une mère et sa fille
15:38à la relation très fusionnelle
15:39et dont la mère de famille
15:41a tué son ex-marque
15:42par rapport aux graines
15:43de ricin,
15:44elle parle de Breaking Bad,
15:46la fameuse série
15:47qui parle d'un professeur
15:49de chimie
15:49qui se transforme
15:50en fabricant de drogue.
15:51Et pendant l'enquête,
15:52un gendarme a pris le temps
15:53de revoir ces séries.
15:54Dans un procès verbal,
15:55il a confirmé
15:56que les méthodes
15:57d'empoisonnement
15:58utilisées par Amélie
15:59et sa mère
16:00étaient effectivement évoquées
16:01dans les trois séries.
16:03Lucille Descamps,
16:04l'enquête,
16:05a aussi révélé
16:06que Carole
16:07a volé d'importantes
16:08sommes d'argent
16:09à sa propre mère,
16:10donc à la grand-mère
16:11d'Amélie.
16:12Oui,
16:13au fil des mois
16:14et au fil des années,
16:15Carole a pris
16:1660 000 euros en tout
16:17sur le compte
16:18de sa mère
16:18qui était à ce moment-là
16:19à l'EHPAD.
16:20Alors Carole se défend
16:21en disant que sa mère
16:23était toujours d'accord
16:24pour qu'elle prenne
16:24ses sommes d'argent.
16:25Carole ne les gardait pas
16:27pour elle,
16:27c'était toujours
16:28pour les données
16:29à Amélie
16:29qui avait des dettes,
16:30des crédits à la consommation.
16:32Il n'empêche que le frère
16:33de Carole
16:33a porté plainte contre elle
16:35pour le détournement
16:36de cet argent.
16:38On le disait au début
16:39de cet épisode
16:39de Code Source,
16:40Carole et sa fille
16:41Amélie sont donc jugées
16:42fin mars
16:43par la cour d'assises
16:44de la Roche-sur-Yon.
16:45Le 27 mars,
16:46la fille est condamnée
16:47à 20 ans de réclusion,
16:49sa mère a 15 ans.
16:51Il y aura
16:51un second procès
16:52puisqu'Amélie,
16:53Henrique et Le Parquet
16:54ont fait appel.
16:56Lucille Descamps,
16:57pendant le procès,
16:58elles se sont comportées
16:59comment l'une envers l'autre ?
17:00Alors,
17:01elles étaient côte à côte
17:02sur le banc des accusés.
17:03Pendant le procès,
17:04elles ne se sont pas du tout
17:05parlées,
17:06elles ne se sont pas du tout
17:06touchées.
17:07Elles n'échangeaient même
17:08pas un regard
17:09lorsqu'elles passaient
17:10l'une devant l'autre
17:11pour aller à la barre.
17:12L'avocat de Carole
17:13a justifié ça
17:14en expliquant que c'était
17:16tout simplement la règle.
17:17Elles n'ont pas le droit
17:18de se toucher
17:18en étant toutes les deux accusées.
17:20Elles n'ont pas le droit
17:21de se parler non plus.
17:22Donc,
17:23elles ont respecté
17:23les règles.
17:24Elles ne se sont pas vues
17:25depuis plus de deux ans
17:25puisqu'elles étaient
17:26en détention provisoire
17:27dans des maisons d'arrêt
17:28différentes.
17:29On sait qu'Amélie a tenté
17:30d'écrire une lettre
17:31à sa mère
17:31qui ne lui est jamais parvenue.
17:33Pendant le procès,
17:34ce à quoi on assiste,
17:35c'est quand même
17:36à une certaine empathie,
17:37une forme d'empathie
17:38entre les deux.
17:39Quand l'une décrit
17:40certains faits,
17:41l'autre est tordue
17:42d'émotion
17:43et quand l'une pleure,
17:44l'autre pleure
17:45presque instantanément.
17:52Merci Lucille Descamps.
17:54Cet épisode de Code Source
17:55a été produit
17:56par Clara Garnier-Amourou
17:58et Thibaut Lambert
17:59réalisé par
18:00Julien Moncouquiol.
18:02Code Source
18:02est le podcast quotidien
18:04d'actualité du Parisien.
18:05Nous publions
18:06un nouvel épisode
18:07chaque soir de la semaine
18:08du lundi au vendredi.
18:09Et puis,
18:10n'oubliez pas
18:10Crime Story
18:11chaque samedi,
18:12notre podcast consacré
18:13aux affaires criminelles.
18:15Crime Story
18:15présenté par Claudia Prolongeau
18:17avec Damien Delsenis,
18:19le chef du service
18:20police-justice du Parisien.
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