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Depuis 2019, deux greffes d’utérus ont été couronnées de succès en France. Code source fait le récit de ces prouesses médicales.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Raphaël Pueyo et Clara Garnier-Amouroux - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian

Archives : M6, France 2.

#bebe #miracle #uterus

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Transcription
00:02Bonjour, c'est Thibault Lambert et vous écoutez Code Source, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Le 17 septembre dernier, une femme de 36 ans qui est née sans utérus a reçu celui de sa sœur
00:18qui lui en a fait don pour qu'elle puisse avoir un enfant.
00:21C'est la deuxième fois qu'une telle opération réussit en France.
00:24En 2019, une autre femme s'était faite greffer dans le même hôpital à Surenne dans les Hauts-de-Seine,
00:31l'utérus de sa mère pour pouvoir tomber enceinte.
00:34Une véritable prouesse médicale qui donne de l'espoir à d'autres femmes qui sont elles aussi privées de cet
00:40organe indispensable pour donner la vie.
00:43Cet épisode de Code Source est raconté par Florence Méréo, elle couvre la santé au service Société du Parisien.
00:56Florence Méréo, dans cet épisode, nous allons suivre les pas de Déborah, une jeune femme que vous avez contactée à
01:02plusieurs reprises pour ce sujet.
01:04Si l'on remonte 4 ans en arrière à l'année 2018, qui est Déborah à ce moment-là ?
01:08Quelle est sa situation ?
01:09Elle a 33 ans, elle est très énergique, elle est maître nageuse pour la ville de Cannes, là où elle
01:17vit.
01:18Elle est aussi entraîneuse au club de natation synchronisé.
01:22Elle est mariée avec Pierre, avec qui elle forme un couple qui semble très solide.
01:27Elle l'a rencontrée lorsqu'elle avait 21 ans.
01:29Et ce qui frappe surtout concernant Déborah, c'est qu'elle est déterminée.
01:34Où est-ce qu'elle a grandi précisément ?
01:35Déborah, elle a grandi à Aix-en-Provence, mais elle a passé une partie de son adolescence en région parisienne,
01:42parce que c'est donc une athlète de haut niveau, et elle a notamment fait partie de l'équipe de
01:45France de natation artistique.
01:51À l'adolescence, Déborah découvre qu'elle est née avec une particularité. Laquelle ?
01:56Elle est née sans utérus.
01:59Et effectivement, elle le découvre à l'adolescence, autour de 16-17 ans,
02:04parce qu'elle s'inquiète de ne toujours pas avoir ses règles.
02:07Alors on lui dit, mais tu es une sportive de haut niveau, et puis sa propre mère a eu des
02:11cycles très tardifs.
02:12Elle dit, il y a un truc qui cloche, il y a un truc qui dysfonctionne.
02:15Et effectivement, les examens vont poser le diagnostic.
02:18Elle est née sans utérus, qui est donc un organe qui fait partie de l'appareil reproducteur de la femme,
02:24et qui est donc indispensable pour accueillir une future grossesse.
02:28Quand elle apprend cette nouvelle, comment est-ce qu'elle réagit ?
02:32Elle est atterrée. Le premier médecin lui annonce cela de manière un peu abrupte.
02:36C'est ensuite un autre professeur qui va lui expliquer ce dont elle souffre.
02:40Même si elle n'a que 17 ans, elle sait déjà qu'elle ne pourra pas, en théorie, avoir biologiquement
02:44d'enfants plus tard.
02:45Et ce dont souffre, Déborah, c'est une maladie rare ?
02:49Oui, ça s'appelle le syndrome de Rokitansky.
02:53On l'appelle aussi le syndrome MRKH.
02:55Ça touche une naissance de fille sur 4500 en France.
02:59C'est une absence soit totale, soit partielle de l'utérus, ou une atrophie de cet utérus.
03:05Qu'est-ce qu'on sait de cette maladie ? Est-ce qu'on en connaît les origines ?
03:07On la connaît encore assez mal, cette maladie.
03:09On sait qu'il peut avoir des causes génétiques,
03:11mais c'est une maladie où finalement, il y a encore beaucoup, beaucoup de choses à découvrir dessus.
03:16Et elle touche les femmes avec des degrés de sévérité différents.
03:22À l'âge adulte, donc, vous l'avez dit, à 21 ans, Déborah rencontre Pierre, qui devient son compagnon.
03:27Et ensemble, ils ont envie de fonder une famille.
03:30Oui, ils ont tous les deux très envie d'être parents.
03:33Mais donc, ils savent que le corps de Déborah ne peut pas accueillir d'enfants.
03:37Alors évidemment, ils se posent toutes les questions.
03:39Celle de l'adoption, mais aussi celle de la GPA, la gestation pour autrui, qui est illégale en France.
03:45Ils vont même se renseigner à l'étranger.
03:47Ils vont également mettre de l'argent de côté.
03:49Et puis surtout, ils vont suivre pas à pas tout ce qui va se faire dans le domaine scientifique.
03:58Et c'est à ce moment-là qu'ils entendent parler d'un moyen pour donner naissance, qui est à
04:03l'étude, la grève d'utérus.
04:05Ça se fait dans d'autres pays.
04:07En quoi ça consiste, en quelques mots ?
04:09En fait, Déborah, elle l'entend à la radio.
04:11En 2014, il y a eu la première grève d'utérus en Suède.
04:15Une donneuse a donné son utérus à une receveuse.
04:19Et à partir de là, cette femme a pu essayer d'avoir une grossesse.
04:22Ce qui était impossible jusque-là, devient ce jour-là possible.
04:26Proesse médicale réalisée par une équipe suédoise.
04:28Pour la première fois au monde, un enfant est né à partir d'un utérus transplanté.
04:33C'est le résultat de 10 ans de recherche et une avancée majeure dans la lutte contre l'infertilité.
04:39En 2018, pour la première fois, un hôpital français est autorisé, dans le cadre de la recherche,
04:44à pratiquer cette grève d'utérus sur des patientes volontaires.
04:47C'est l'hôpital Foch, à Suren, dans les Hauts-de-Seine.
04:51C'est l'équipe du professeur Jean-Marc Ayoubi.
04:54Ça fait plus de 10 ans qu'ils regardent ce qui s'est fait en Suède, mais également aux Etats
04:58-Unis ou après au Brésil.
05:00Et ça y est, après 10 ans à essayer d'avoir les autorisations, ils obtiennent le feu vert de l
05:07'agence du médicament.
05:08Ils vont pouvoir pratiquer des grèves d'utérus en France.
05:11Ils ont l'autorisation pour 10 patientes.
05:13Et donc à ce moment-là, Déborah, qu'est-ce qu'elle fait ? Elle décide de se porter volontaire
05:17?
05:17Absolument. Elle était déjà dans un protocole à Limoges, mais qui avait été stoppé.
05:21Donc finalement, elle avait eu de l'espoir, puis plus d'espoir.
05:25Elle ne savait plus trop où est-ce qu'elle en était.
05:27Et dans une newsletter de l'association MRKH, le fameux syndrome dont elle souffre,
05:32elle apprend que Foch va se lancer dans la grève d'utérus.
05:36Là, elle écrit une longue lettre, très circonstanciée, et elle postule pour faire partie des élus.
05:42Quelles conditions est-ce qu'il faut remplir pour tenter d'intégrer ce protocole ?
05:45Alors déjà, il faut avoir une donneuse.
05:46Il faut que cette donneuse, ensuite, elle soit compatible.
05:49Ensuite, il faut répondre à des critères de santé, de santé physique, de santé psychologique aussi,
05:54parce que ce n'est pas rien de recevoir une grève.
05:56Donc c'est tout un tas de critères, très encadrés par la loi, auxquels il faut pouvoir répondre.
06:06Quelques mois plus tard, parmi les 250 candidatures que l'hôpital Foch a reçues,
06:10l'équipe s'arrête sur celle de Déborah.
06:12Ils ont rencontré 120 femmes, il y a 5 dossiers ensuite vraiment solides sur le bureau,
06:18et effectivement, c'est celui de Déborah qui est choisi.
06:21Donc ça y est, elle va se lancer dans cette incroyable aventure.
06:24De qui Déborah peut-elle recevoir un utérus ?
06:27Elle va recevoir l'utérus de sa propre mère.
06:31Brigitte, la maman de Déborah, a 57 ans à l'époque, elle est ménopausée,
06:37et donc c'est elle qui va faire don de son utérus à sa fille.
06:41Donc ça veut dire que Déborah va recevoir l'utérus dans lequel elle s'est elle-même développée.
06:47Brigitte avait toujours dit à Déborah que si un jour c'était possible,
06:50elle aimerait lui donner son utérus, et le fait est qu'elles étaient toutes les deux compatibles.
06:55En janvier 2019, lorsque Déborah a 34 ans, ses ovocytes sont prélevés.
07:00Et oui, c'est ça qui est très paradoxal.
07:01C'est qu'en fait, Déborah n'a pas d'utérus,
07:03donc elle n'a pas la poche qui peut accueillir un embryon,
07:06mais par contre, tout le reste fonctionne.
07:08Elle a des ovaires, elle peut être fertile, Déborah.
07:12Donc finalement, les médecins vont faire une ponction des ovocytes.
07:16Ils vont les mettre en fécondation avec le sperme de son conjoint.
07:20Les meilleurs embryons vont être congelés.
07:22Et d'ailleurs, ça fonctionne très bien.
07:23Elle va pouvoir congeler plusieurs dizaines d'embryons.
07:26Donc ça va vraiment être son enfant à elle,
07:28qui va être implanté ensuite dans l'utérus qu'elle va recevoir de sa mère.
07:35Florence Méréo, le 31 mars 2019, Déborah et sa mère sont opérées à l'hôpital Foch, à Surenne.
07:42J'imagine qu'il y a une équipe médicale importante mobilisée ce jour-là.
07:45Ah oui, c'est plusieurs dizaines.
07:47C'est des médecins, des anesthésistes, des infirmières.
07:51C'est une aventure assez incroyable pour un hôpital.
07:54Et c'est du personnel qui est bénévole,
07:56parce que c'est dans le cadre de la recherche.
07:58C'est l'hôpital et la fondation de l'hôpital qui va financer intégralement l'opération et la prise en
08:04charge des patientes.
08:05Comment se passe l'intervention ?
08:07C'est une opération lourde, qui va durer au total pour les deux femmes environ une vingtaine d'heures.
08:13Mais l'opération se passe bien.
08:15Les deux femmes se réveillent en bonne santé.
08:19Et un mois plus tard, Déborah va avoir ses règles.
08:22Ce qui veut dire que la greffe a pris.
08:28Un an et demi après cette opération, Déborah reçoit un embryon dans son utérus greffé.
08:34Et une dizaine de jours plus tard, après une prise de sang, bonne nouvelle, elle apprend qu'elle est enceinte.
08:40Oui, alors ça a mis du temps avant de faire l'implantation, parce qu'entre temps, il y a eu
08:43le Covid.
08:44Et donc tout a été mis totalement à l'arrêt, ce qui d'ailleurs a beaucoup inquiété Déborah.
08:49Et puis finalement, lors d'une accalmie dans la pandémie, l'opération est tentée et ça prend.
08:55Déborah est enceinte et la grossesse se passe plutôt bien.
08:59Elle est extrêmement suivie.
09:01C'est très délicat comme grossesse, mais tout se passe bien jusqu'environ le septième mois de grossesse,
09:06où là, elle commence à avoir des difficultés.
09:08Et donc son accouchement va devoir être provoqué à ce moment-là.
09:11Et le vendredi 12 février 2021, Déborah donne donc naissance à une petite fille.
09:16Elle s'appelle Misha et en fait, on va le voir parce que Déborah, elle est suivie par une équipe
09:22de télévision.
09:23Une naissance extraordinaire.
09:25Voici Misha, une petite fille née à Surenne le 12 février dernier.
09:30Un bébé miracle qui a fait son entrée dans le monde grâce aux prouesses exceptionnelles de génie de la médecine.
09:37Les images sont assez émouvantes et incroyables, puisqu'on voit ce petit bébé tout rond, tout beau,
09:43avec un petit bonnet rose posé sur la tête.
09:46Misha, elle fait 42 centimètres et 1,8 kg.
09:50Elle porte l'espoir pour énormément de femmes.
09:52Et c'est surtout un bébé qui va extrêmement bien.
09:56Elle est mignonne, hein ?
09:58Cette prouesse médicale est rendue publique quelques jours plus tard.
10:02À ce moment-là, Florence Méréo, vous contactez le chef de service de gynécologie obstétrique de cet hôpital,
10:08le professeur Jean-Marc Ayoubi.
10:10Qu'est-ce qu'il vous dit ?
10:11Il me dit une phrase que je trouve assez intéressante.
10:14Il dit « si ça reste une prouesse, on aura réussi sur le plan émotionnel, mais on aura échoué sur
10:20le plan scientifique ».
10:21Lui, en fait, ce qu'il veut dire, c'est qu'il ne veut pas rester dans l'exploit.
10:24Il veut que cette technique, elle profite au plus grand nombre de femmes.
10:27Vous l'avez dit, ça représente à ce moment-là un espoir pour toutes les femmes sans utérus.
10:32On estime qu'elles sont combien en France ?
10:34Environ 100 000, soit nées sans utérus, soit qui ont eu un cancer gynécologique quand elles étaient très jeunes.
10:41Ou alors, c'est aussi des femmes qui ont pu avoir une hystérectomie.
10:44On leur a enlevé l'utérus après une première grossesse qui s'est mal passée, avec notamment des hémorragies importantes.
10:53On fait un saut dans le temps, Florence Méréo, cette année, à la mi-octobre, vous partez en reportage à
10:59l'hôpital Foch de Surenne.
11:01Pour quelles raisons exactement ?
11:02Parce que dans ce même hôpital, une deuxième greffe d'utérus vient d'être réalisée.
11:08Et cette fois, c'est une sœur qui a donné son utérus à sa cadette.
11:13C'est la deuxième fois en France que cette greffe est réalisée.
11:17C'est la deuxième fois qu'elle prend et j'ai la chance ce jour-là de pouvoir rencontrer les
11:21deux femmes qui ont bénéficié de cette opération.
11:24Quelle est l'ambiance dans le service lorsque vous arrivez ?
11:27Très détendue.
11:28C'est d'abord le professeur Ayoubi qui nous reçoit.
11:31Il offre des macarons aux sœurs, il fait un café.
11:35Il y a une telle aventure scientifique et humaine que finalement, ça crée presque un cocon familial dans cet hôpital.
11:41Vous rencontrez donc celle qui vient de recevoir un utérus.
11:45Vous décidez de l'appeler Nathalie car elle veut rester anonyme.
11:48Elle a 36 ans.
11:49Qu'est-ce qu'elle vous raconte sur elle, sur son parcours ?
11:52Elle est esthéticienne, elle est mariée et pareil, elle forme un couple très solide avec son compagnon.
12:00Et un peu comme Déborah, elle a appris à l'adolescence qu'elle souffrait de ce fameux syndrome de Rokitansky,
12:06donc qu'elle n'avait pas d'utérus.
12:07Et Nathalie, ce qu'elle me dit à ce moment-là, c'est que quand on lui apprend qu'elle
12:11n'a pas d'utérus,
12:12c'est comme si le monde s'effondrait.
12:14Certes, elle est jeune, mais elle a toujours été fascinée par la grossesse.
12:17Et ce jour-là, on lui dit qu'elle en sera privée.
12:19Et vous rencontrez aussi donc sa donneuse, qui n'est nulle autre que sa grande sœur, Sylvie.
12:24Qu'est-ce qu'elle vous raconte ?
12:25Sylvie, elle a 41 ans.
12:27Elle est déjà maman de deux grands garçons.
12:29Elle est très proche de sa sœur.
12:31Elle dit que, puisqu'elle était compatible avec sa sœur,
12:34ce don, c'est finalement une manière pour elle de réparer l'injustice dont a été victime sa cadette.
12:39Lorsque vous les rencontrez, elles sont encore en convalescence à l'hôpital ?
12:43Non, à ce moment-là, elles sont rentrées chez elles, mais elles ont passé 15 jours à l'hôpital.
12:47D'ailleurs, les médecins les ont mis dans des chambres face à face.
12:50C'est-à-dire que la porte ouverte, elles se voyaient l'une l'autre.
12:53Donc là, elles sont rentrées chez elles, mais elles sont encore très fatiguées.
12:56Et elles ont encore, à ce moment-là, un mois d'arrêt maladie.
12:59Le jour où vous les rencontrez, Nathalie et Sylvie visionnent les images de l'intervention.
13:03Et c'est un moment assez émouvant, parce que c'est la première fois qu'elles découvrent les images de
13:09l'opération.
13:10On voit justement énormément de blouses blanches autour d'elle.
13:13Et il y a Sylvie qui n'arrête pas de dire à Nathalie,
13:16« Mais tu te rends compte, c'est nous, en fait, sur ces images.
13:18C'est nous qui bénéficions de cet exploit. »
13:21On voit le ventre de Sylvie et il y a un cœur qui est tatoué sur ce ventre.
13:25Et je trouve qu'évidemment, quand on parle d'un sujet si humain, c'est assez symbolique.
13:33Florence Méréo, cette deuxième greffe réussie en France, c'est une bonne nouvelle pour la recherche ?
13:38Oui, bien sûr, c'est une étape supplémentaire.
13:40Il faut maintenant que la patiente tombe enceinte.
13:44Mais en tout cas, ça montre que la première n'était pas seulement un exploit.
13:47On va un petit peu plus loin dans le protocole.
13:50Ces greffes d'utérus, vous l'écrivez dans votre reportage,
13:53elles vont nécessairement donner lieu à un débat éthique en France ?
13:56Oui, parce que c'est des opérations extrêmement lourdes.
13:59Ça peut être des opérations dangereuses également pour un organe qui n'est pas vital.
14:05Ce n'est pas comme un cœur ou un poumon.
14:06On peut vivre sans utérus.
14:08Donc forcément, c'est important de se poser la question également sur comment ensuite l'enfant va pouvoir grandir dans
14:14ce contexte de greffe.
14:16Mais également, ça en pose un autre, c'est-à-dire celui de la GPA en France.
14:20Vous savez, la gestation pour autrui qui est illégale.
14:22Et certains disent, certes, la greffe d'utérus, il y aura très très peu d'élus, parce que c'est
14:26très lourd techniquement.
14:27Il faut aussi poser sur la table le débat de, est-ce qu'il ne faut pas autoriser la GPA
14:32en France ?
14:34À la suite de cette deuxième greffe, vous contactez par téléphone Déborah,
14:39la première et seule française à ce jour à avoir donné naissance à un enfant après une greffe d'utérus.
14:45Comment va-t-elle et comment se porte sa petite Misha ?
14:48Alors les deux vont très très bien. La petite Misha a maintenant 20 mois.
14:54C'est une petite blondinette, elle adore la nature, elle adore courir, après ses camarades de crèche notamment.
15:01Sa maman dit d'elle, elle n'a pas froid aux yeux. Elle a visiblement hérité du tempérament de sa
15:07maman.
15:08Comment va la mère de Déborah, celle qui lui a donné son utérus ?
15:11Brigitte se porte bien. Elles en parlent beaucoup. Elles en parlent aussi à Misha.
15:17Sa maman lui dit que sa mamie lui a fait un cadeau et que sa mamie lui a offert le
15:23nid qui lui a permis de la porter dans son ventre.
15:26Et ce jour-là au téléphone, Déborah vous apprend une très bonne nouvelle.
15:29Déborah est enceinte et Déborah, elle dit que finalement Misha, c'était son bébé miracle et que là, elle a
15:37comme un bébé bonus.
15:38Elle à qui on a dit qu'elle n'aurait jamais d'enfant, elle porte pour la seconde fois la
15:43vie dans son corps.
15:44Florence Méreau, qu'est-ce qu'il se passera ensuite après le second accouchement de Déborah ?
15:49Alors l'utérus lui sera retiré. Parce qu'il faut savoir que quand on vit avec un organe, déjà il
15:55y a un risque de rejet.
15:56Et donc les greffés doivent prendre des médicaments matin et soir, c'est assez lourd.
16:00Une fois que les enfants sont faits, il n'y a plus de raison qu'elle garde cet utérus et
16:04qu'elle ait un risque pour sa santé.
16:06Donc juste après son accouchement ou trois mois après selon comment l'accouchement va se passer, l'utérus lui sera
16:12purement et simplement retiré.
16:14Cette pratique à l'avenir, elle va se développer en France ?
16:17Oui, donc il y a Foch qui va continuer à faire des greffes d'utérus.
16:21Il y a Lyon qui travaille sur un protocole.
16:24Il y a également les équipes de l'hôpital de Rennes.
16:26Ils espèrent déposer une demande d'autorisation d'ici à la fin de l'année pour pouvoir pratiquer dans les
16:32prochaines années environ 16 greffes d'utérus.
16:35Un médecin de l'hôpital de Rennes me disait qu'il espérait que dans 10 ans, ce ne soit plus
16:40un exploit mais un soin courant.
16:52Merci à Florence Méréo.
16:54Cet épisode de Codesource a été produit par Raphaël Pueillot et Clara Garnier-Amourou.
16:59Réalisation Pierre Chaffanjon.
17:01Codesource, c'est le podcast d'actualité du Parisien.
17:04Nous publions un nouvel épisode chaque soir de la semaine.
17:07N'oubliez pas de vous abonner sur votre application audio préférée pour n'en rater aucun.
17:11Si vous voulez nous écrire, c'est possible sur Twitter, at Codesource, ou bien directement à cette adresse, codesource at
17:19leparisien.fr.
17:20Sous-titrage Société Radio-Canada
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