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Pour briser les tabous autour du mal-être étudiant, cette étudiante en licence d’économie à Marseille raconte dans Code source les moments difficiles qu’elle a traversés, entre dépression, crise sanitaire et précarité, au micro de Barbara Gouy.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Camille Ruiz, Thibault Lambert et Clara Garnier Amouroux - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Musiques : François Clos, Audio Network.

#etudiant #santémentale #précarité

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Transcription
00:01Bonjour, c'est Thibault Lambert et vous écoutez CodeSource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Le jeudi 14 mars, une étude de l'université de Bordeaux a révélé que plus de 40% des étudiants
00:17ont présenté l'an dernier des symptômes de la dépression.
00:21Plusieurs raisons peuvent expliquer cette souffrance qui progresse depuis la crise sanitaire,
00:25la précarité, la peur de ne pas réussir ses études, de ne pas trouver un travail ou encore l'isolement.
00:32Aujourd'hui dans CodeSource, on a choisi de vous faire entendre un parcours,
00:36celui d'une jeune étudiante de 22 ans que nous appellerons Louise.
00:39Elle est en licence d'économie à Marseille et elle raconte le mal-être qu'elle a ressenti à plusieurs
00:44moments de sa vie,
00:45au lycée, pendant ses études et ce qui l'a aidé à aller mieux.
00:49Louise témoigne dans CodeSource au micro de Barbara Gouy.
01:02Je rencontre Louise alors qu'elle est en visite à Paris.
01:05Elle a aujourd'hui 22 ans et veut partager son expérience pour enlever les tabous autour de la dépression chez
01:11les étudiants.
01:13Louise est née le 17 mai 2002 à Auxerre en Bourgogne-Franche-Comté.
01:18Elle grandit dans un petit appartement avec ses deux frères et sœurs et ses parents travaillent beaucoup.
01:24Son père est ouvrier dans le secteur du ferroviaire et sa mère fait le ménage dans des centres hospitaliers.
01:30Depuis qu'elle est petite, Louise est très fusionnelle avec sa mère.
01:34C'était une relation où on montrait beaucoup ses sentiments, chacun partageait ses émotions, contrairement à mon père.
01:41Alors mon père est vietnamien, donc il a toujours voulu mettre en place une éducation pudique.
01:48On ne montrait pas beaucoup ses émotions.
01:50C'était l'école avant tout, les amis, les sorties, tout ce qui pouvait être relations sociales ne comptaient pas
01:57vraiment.
01:57Je ne me souviens pas avoir partagé un moment précis avec lui, que ce soit des loisirs ou des moments
02:03juste où on passe ensemble.
02:05J'ai des souvenirs avec ma maman qui vient à mes spectacles, à mes remises de diplômes, mais c'est
02:10vrai que mon père, c'est quelque chose qui a manqué.
02:16Louise est une enfant timide et réservée.
02:18Elle est très bonne élève et aime aller à l'école.
02:21Mais en 2017, elle entre au lycée, dans une classe où elle ne connaît personne, et l'école devient pour
02:26elle une source d'angoisse.
02:28Au milieu de l'année la seconde, j'ai été vraiment au plus bas.
02:32C'est-à-dire que vraiment j'avais laissé l'angoisse m'engloutir.
02:36Et là pour le coup, c'était plus de la déprime, c'était plus de l'angoisse, c'était vraiment
02:41une dépression.
02:42C'est-à-dire que j'avais des idées très noires.
02:44Je ne sortais plus de chez moi, j'étais très isolée, je n'allais plus à l'école, je ne
02:48voulais plus aller à l'école.
02:49J'avais coupé toute relation avec mes amis, avec ma famille aussi, c'était très conflictuel.
02:57Mes parents ne comprenaient pas pourquoi j'étais dans cet état.
03:01Et moi, de mon côté, j'avais du mal aussi à mettre des mots sur mes émotions.
03:04Et donc très rapidement, l'angoisse a pris le dessus.
03:08Et pour moi, la seule issue de secours, c'était d'en finir.
03:13Il fallait absolument que je me fasse aider.
03:15Mon père n'avait pas encore remarqué toute cette situation.
03:18Il était très absent à cette période.
03:21C'est ma mère qui a pris le relais.
03:24Et voilà, elle ne comprenait pas la situation.
03:26On était en dispute tous les jours.
03:29Et au bout d'un moment, elle en a eu marre.
03:31Elle a tout simplement pris rendez-vous chez mon médecin généraliste.
03:34Voilà, elle m'y a emmenée de force.
03:36Je ne voulais absolument pas y aller parce que pour moi, j'étais dans ma bulle, dans mon monde.
03:41Et je ne comprenais pas l'utilité d'en parler.
03:44Ça me faisait peur aussi de mettre des mots et de dire, ok, je ne vais pas bien.
03:50Donc j'ai eu rendez-vous avec mon médecin généraliste, qui me suit depuis toute petite.
03:56Donc il connaissait mon caractère aussi.
03:57Très naturellement, j'ai fondu en larmes devant elle et je lui ai expliqué la situation.
04:03Elle a conclu qu'il fallait m'emmener aux urgences.
04:06Et j'ai passé peut-être 24 heures ou 48 heures aux urgences pédiatriques.
04:11Et ensuite, j'ai été transférée directement en clinique.
04:16Quand on est en clinique psychiatrique, en tout cas dans celle où j'étais, on est coupé d'absolument tout.
04:20C'est-à-dire que pendant peut-être un mois, voire deux, je n'avais pas le droit de voir
04:24mes parents.
04:25Mes proches n'avaient pas le droit de me rendre visite.
04:27Je n'avais pas de téléphone.
04:28C'était vraiment une solution d'urgence pour éviter de passer à l'acte.
04:32C'est-à-dire que j'avais des soins.
04:34J'étais sous traitement médical, donc antidépresseur et anxiolytique.
04:39Tous les jours, j'avais des entretiens avec un psychiatre.
04:42Donc voilà, j'étais confinée avec d'autres adolescents qui avaient plus ou moins les mêmes soucis que moi.
04:48Et c'était aussi un soutien d'avoir des personnes qui nous comprenaient.
04:53C'était plutôt un cadre rassurant.
04:59Ça a duré 3-4 mois.
05:01Après, la sortie était très angoissante.
05:03C'est pour ça qu'il faut la préparer aussi.
05:05Parce que voilà, on retourne à l'école.
05:07On retourne dans un milieu où on ne se sentait pas bien.
05:10Et où on a peur de rechuter, en fait, tout simplement.
05:15J'appréhendais beaucoup ce retour.
05:16Et j'avais des amis dans ce lycée, qui étaient dans des classes différentes.
05:22Et pareil, ça a été très spécial de leur annoncer que je n'allais pas bien.
05:27Parce que je cachais au maximum.
05:28Et je repoussais le moment où il fallait leur raconter ce qui s'était passé.
05:33C'était une épatate où j'acceptais que ça n'allait pas.
05:38Et que j'avais le droit d'en parler.
05:40Et que mes amis étaient là.
05:41Parce que moi, dans mon monde, j'étais seule.
05:42Et mes amis n'allaient pas comprendre la situation.
05:45Et finalement, c'était tout le contraire.
05:47Louise continue sa scolarité dans le même lycée pendant un an et demi.
05:50Même si elle va mieux, elle fait toujours quelques crises d'angoisse avant d'aller en cours.
05:55Et au milieu de son année de terminale, elle décide de changer d'établissement pour s'accorder un nouveau départ.
06:01Dans ce nouveau lycée, elle prend confiance en elle et se fait de nouveaux amis.
06:05Mais quelques mois plus tard, le 16 mars 2020, la France est confinée pour freiner la propagation du Covid-19.
06:11Ça m'a fait très bizarre de couper du jour au lendemain ces liens.
06:15Moi, j'étais persuadée que ça allait durer deux semaines.
06:17Et que c'était du blabala.
06:20Et que j'allais passer mon bac comme tout le monde.
06:21C'était l'épreuve de ma vie.
06:23Et que voilà, tout allait s'arranger.
06:25C'était une période plutôt calme parce que j'étais entourée de mes parents.
06:29J'étais chez moi, j'avais mes amis quand même du coup à Auxerre.
06:33Ça s'est plutôt bien passé et j'ai pas passé mon bac.
06:37Le confinement prend fin le 11 mai 2020, mais les épreuves du bac sont annulées
06:41et Louise obtient son diplôme grâce au contrôle continu.
06:45Louise termine le lycée et doit choisir les études vers lesquelles s'orienter.
06:49Elle a des facilités en langue et décide de faire une licence de langue étrangère appliquée
06:54à l'université Jean Jaurès de Toulouse.
06:56J'étais tellement heureuse de pouvoir acquérir encore un peu plus de liberté
07:02et de encore plus m'ouvrir au monde et de découvrir une nouvelle ville.
07:05Parce que Auxerre et Toulouse, ça n'a aucun rapport.
07:08Voilà, j'emménageais dans une grande ville où il y avait 10 000 activités à faire,
07:1310 000 personnes à rencontrer et j'étais très excitée de pouvoir avoir cette nouvelle vie.
07:21Une fois que j'ai déménagé, ce n'était plus du tout un problème d'aller vers les autres.
07:26J'étais toujours très timide et très réservée,
07:29mais j'avais cette envie d'aller vers l'autre et de faire connaissance avec d'autres personnes.
07:36Le 28 octobre 2020, le président Emmanuel Macron annonce un deuxième confinement.
07:42Louise apprend que ses cours se tiendront entièrement à distance.
07:44Elle dit alors au revoir à ses camarades de promotion qu'elle vient à peine de rencontrer.
07:49Ça ne m'a pas laissé le temps de créer vraiment du lien avec des personnes
07:53avec qui j'aurais pu m'entendre dans ma licence.
07:56Et c'est quelque chose que j'ai très mal vécu.
07:58Et il y a aussi eu l'urgence de rentrer chez mes parents.
08:01Donc j'avais deux choix face à moi.
08:03Soit je restais seule dans mon appartement à 900 km de chez mes parents
08:07et je ne savais pas combien de temps ça allait durer.
08:10Soit je rentrais et je retournais dans cette bulle un peu anxiogène, malgré tout,
08:17qui pouvait à tout moment dégénérer en conflit avec mes parents.
08:22Louise décide de rentrer chez ses parents et le confinement se passe très bien pour elle.
08:26Le 15 décembre 2020, la France est déconfinée
08:29et l'université dans laquelle Louise étudie annonce que les cours reprendront en présentiel
08:34quelques semaines plus tard.
08:38Mais finalement, l'ensemble de ses cours reste en distanciel.
08:41Louise décide tout de même de retourner à Toulouse
08:43où elle reste seule à étudier dans son appartement.
08:46Elle tombe à nouveau en dépression.
08:49J'ai compris que je rechutais, mais c'était d'une façon différente.
08:52Cette fois-ci, je n'avais pas d'idée noire.
08:54C'était une solitude très ancrée, très profonde et où je ne trouvais pas de solution.
09:00C'est-à-dire que je savais comment maîtriser et comment faire en sorte de ne pas retomber
09:06dans toutes ces idées suicidaires, ces idées noires.
09:09C'était une nouvelle anxiété et c'est une anxiété que je ne savais pas appréhender,
09:15je ne savais pas gérer.
09:17Très rapidement, je suis tombée dans les troubles alimentaires
09:19parce que j'ai toujours complexé sur mon poids, sur mon corps.
09:23Et je pense que le fait d'être isolée et d'être seule chez moi n'a pas orangé les
09:28choses
09:28parce que du coup, j'avais contrôle sur absolument tout ce que je pouvais manger ou ne pas manger.
09:33Et donc, j'avais fait le choix de me restreindre beaucoup trop.
09:38Je ne mangeais presque plus.
09:41Manger, je ne sais pas, une banane par jour, pour moi c'était absolument normal
09:44parce que mon corps ne demandait pas plus et je ne voyais pas tellement de changements.
09:49Donc je continuais, continuais, continuais.
09:51J'ai perdu près de 15 kilos en peut-être deux mois.
09:56Et moi je me sentais mieux dans mon corps, c'est ce qui m'importait.
10:00Voilà, tout le reste autour ne comptait pas du moment que j'avais le corps que je voulais.
10:07En septembre 2022, Louise se réoriente en licence d'économie.
10:11Elle décide de quitter Toulouse et d'emménager à Marseille.
10:14Et à l'université ex-Marseille, elle redécouvre les cours en présentiel.
10:18Je me souviens très bien de ce moment.
10:20Et dès le premier jour, en fait, j'ai fait connaissance avec une fille,
10:24avec qui je suis toujours en contact, qui est mon amie.
10:26Et voilà, je me sentais vraiment à ma place.
10:29Et c'était vraiment, c'était trop bien.
10:33Je ne sais pas comment dire ça, mais c'était juste apaisant et relaxant.
10:38Je pouvais enfin m'apaiser, être apaisée de ce côté
10:41parce que l'anxiété sociale avait fait un peu, était un peu disparue.
10:46J'ai décidé de commencer un job étudiant tout simplement
10:50pour avoir un peu d'argent de côté et pouvoir payer mon loyer
10:54et soulager un peu mes parents du côté financier.
10:58Ça se passait très, très bien au début.
11:00Et puis petit à petit, j'étais un peu le bouc émissaire
11:02de cette boulangerie et de ses employés.
11:04C'était une affaire familiale, donc tout le monde s'entendait très, très bien.
11:07On me donnait un peu les tâches ingrates
11:09qui ne faisaient pas partie de mon contrat.
11:11Je faisais beaucoup d'heures supplémentaires
11:13et ça a très vite impacté mes études
11:17parce que je n'avais tout simplement plus le temps.
11:20Je travaillais beaucoup et trouvais du temps pour les révisions
11:23ou tout simplement pour aller au cours.
11:25Voilà, je n'arrivais plus à faire le choix entre aller au cours
11:29ou faire des heures sup pour plaire à mes patrons
11:33et aussi pour subvenir à mes besoins.
11:37Petit à petit, il y a une relation très malsaine
11:39qui s'est mise en place avec mes patrons.
11:41Donc aller au travail, c'était devenu une source d'angoisse.
11:43Je me levais très tôt le matin, donc en boulangerie,
11:46on commençait à 5 heures du matin.
11:48Donc j'y allais à pied parce qu'il n'y avait pas de transport.
11:50C'était très épuisant aussi, moralement et physiquement.
11:53Et il y avait aussi ce collègue de travail qui était très insistant.
11:57Il devait avoir 40 ans et j'en avais 20 à ce moment-là.
12:01Et il a eu des gestes très déplacés.
12:05Ça pouvait être des mains baladeuses, ça pouvait être des messages très déplacés,
12:11me proposant qu'on aille boire un verre, de passer des soirées chez lui,
12:15qu'il n'y avait absolument rien d'anormal à rencontrer et à partager des moments
12:21avec une fille qui a 20 ans de moins que lui.
12:24J'aurais pu en parler, mais étant donné les liens qu'il entretenait avec cette famille,
12:30étant donné son ancienneté dans l'entreprise,
12:32j'avais peur qu'on ne me croit pas ou qu'on ne prenne pas ma parole en compte.
12:39J'ai vu mes notes chuter, je ratais aussi des travaux dirigés.
12:44Et j'étais très peu investie, donc au moment des partiels, c'était la panique
12:48parce que je me rendais compte que j'avais pris beaucoup de retard.
12:51C'est un retard qui m'a causé du tort parce que j'ai redoublé.
12:56C'est aussi l'impact d'avoir un job étudiant, en dehors de ma situation,
13:01avoir un job étudiant à côté des études, pour un jeune,
13:05c'est une source d'angoisse supplémentaire.
13:07En janvier 2023, Louise décide de poser sa démission.
13:10Et à partir de ce moment-là, j'ai mes patrons qui commencent à me harceler au téléphone
13:15et par message, parce qu'ils ne comprenaient pas ma décision,
13:18parce que du jour au lendemain, je les abandonnais et qu'ils avaient absolument besoin de moi.
13:24Ça a été très compliqué parce que je culpabilisais, je pensais que j'étais en tort
13:28et j'ai pris un bon moment à comprendre que j'avais pris la bonne décision
13:33et que je devais faire passer ma santé mentale avant tout.
13:41Du jour au lendemain, je me suis retrouvée sans revenu.
13:45Compliquée d'expliquer à mes parents que j'avais besoin d'argent pour me nourrir,
13:49parce que je subvenais enfin à mes besoins seule, j'étais indépendante financièrement.
13:55Et du jour au lendemain, ne plus pouvoir, c'était compliqué à accepter.
13:58Et d'expliquer ça à mes parents, pour moi, c'était impossible.
14:00Donc il y a eu une période de peut-être un ou deux mois où j'ai dû trouver d
14:07'autres moyens de me nourrir.
14:08La boulimie est arrivée comme ça parce que le peu de nourriture que j'avais, je me jetais dessus.
14:15C'était vraiment pour moi un moyen de combattre l'angoisse.
14:21Louise découvre des associations qui aident les étudiants précaires.
14:24Parmi elles, il y a l'association Copains,
14:26où les bénévoles organisent des distributions de denrées alimentaires et de kits d'hygiène.
14:31Les étudiants dans le besoin peuvent également participer à des sorties culturelles.
14:35Et en février 2023, Louise décide d'aller chercher un panier alimentaire.
14:39J'ai mis beaucoup de temps à aller chercher mon premier panier.
14:41Donc il y a vraiment une période de deux, trois semaines où je n'avais pas grand-chose à manger
14:46et je vivais un peu sur la réserve avec les économies qui me restaient.
14:52Et donc au bout de deux, trois semaines, je prends mon courage à deux mains pour aller chercher ce panier.
14:56Mais c'est vrai que c'est une vraie étape parce qu'on se sent honteux de demander de l
15:00'aide.
15:01Et donc je vais récupérer ce panier et je vois qu'il y a une très bonne ambiance.
15:05Les bénévoles qui m'accueillent sont très souriants, très avenants.
15:08Et voilà, il y a de la musique.
15:10On nous fait comprendre que c'est OK de venir chercher un panier et qu'on n'a aucune honte
15:15à avoir.
15:16Donc je vais chercher ces paniers pendant deux, trois semaines.
15:19Et au bout de deux, trois fois, je me dis, moi aussi j'ai envie d'agir.
15:23Moi aussi j'ai envie de devenir bénévole et de rendre la pareille.
15:28Début 2023, Louise s'engage auprès de l'association Copains à Marseille.
15:32Elle s'investit beaucoup et en quelques mois, elle devient responsable du pôle opération
15:37qui s'occupe notamment des distributions alimentaires.
15:40Ça a été un réel soulagement parce que déjà je faisais autre chose que les études.
15:45C'était vraiment une nouvelle interaction sociale.
15:48Je créais un nouveau lien social et c'était trop cool parce que je m'entendais super bien avec les
15:54gens
15:54et je me sentais utile aussi.
15:56Je rendais service à des personnes qui étaient dans la même situation que moi.
16:02C'est vraiment le moment où j'ai pris confiance en moi et où j'ai un peu assumé ce
16:08que j'aimais.
16:10Assumer qui j'étais, j'ai gagné en compétences professionnelles parce que mine de rien être bénévole
16:15et avoir des responsabilités, ça permet aussi d'appréhender la vie professionnelle.
16:20Et peut-être un ou deux mois après, j'ai gagné encore plus de responsabilités
16:25et je suis devenue co-directrice de l'antenne.
16:27Dans cette association, Louise rencontre les autres bénévoles mais également les bénéficiaires.
16:32En discutant avec eux, elle se rend compte que de nombreux étudiants sont en souffrance.
16:36La dépression chez l'étudiant surtout, c'est quelque chose de presque habituel.
16:41Donc l'association, c'était vraiment l'endroit où chacun se retrouvait
16:45et pouvait être un peu apaisé le temps d'une ou deux heures
16:48parce qu'on créait du lien social, parce qu'on pouvait raconter nos vies,
16:52parce que ça nous sortait un peu de cette bulle anxiogène.
16:56Moi, c'est quelque chose qui m'a aidée, que ce soit pour ma confiance en moi,
16:58que ce soit pour tout, pour juste être à l'aise avec d'autres personnes.
17:04Je me sentais utile, vraiment.
17:16Barbara, comment va Louise aujourd'hui ?
17:18Elle se sent mieux depuis qu'elle a rejoint l'association.
17:21Ses études se passent bien et avec son père, elle est contente
17:23parce qu'il parle beaucoup plus de leurs émotions qu'avant.
17:25Mais elle a quand même repris un suivi psychologique
17:28parce qu'elle fait encore quelques crises de boulimie.
17:30Et financièrement, est-ce qu'elle arrive à s'en sortir ?
17:32Financièrement, elle s'en sort aussi.
17:34Elle a accepté l'aide de ses parents,
17:35mais elle cherche toujours un travail étudiant pour l'année prochaine
17:38parce qu'elle continue ses études à Marseille.
17:39Depuis 2021, il existe un dispositif du gouvernement Santé Psy Étudiant
17:44qui permet aux étudiants de rencontrer un psychologue plus facilement et gratuitement.
17:49Est-ce que tu peux nous expliquer comment ça marche ?
17:51Pour ce dispositif, il faut être inscrit dans un établissement de l'enseignement supérieur.
17:55Les étudiants doivent passer par leur médecin généraliste pour avoir une prescription,
17:59puis ils se rendent sur le site de Santé Psy Étudiant pour trouver un psychologue partenaire.
18:03Les étudiants peuvent avoir jusqu'à 8 séances gratuites.
18:06Ils sont plus de 62 000 à avoir bénéficié de cette aide.
18:10Pour les jeunes qui ne sont pas étudiants,
18:12il existe un autre dispositif pour avoir des séances gratuites chez le psychologue.
18:16Ça s'appelle Mon Soutien Psy.
18:17Merci Barbara Gouy et vous retrouverez le lien vers le site de Santé Psy Étudiant
18:22dans la fiche de cet épisode.
18:24Codesource, c'est le podcast quotidien d'actualité du Parisien.
18:28Aidez-nous à nous faire connaître.
18:29Laissez-nous des commentaires et des étoiles sur votre plateforme d'écoute préférée.
18:33Cet épisode a été produit par Camille Ruiz et Clara Garnier-Amouroux.
18:38Réalisation Pierre Chaffanjon.
18:39Ne ratez pas les deux autres podcasts du Parisien,
18:42Crime Story, une affaire criminelle racontée chaque samedi
18:45et Le Sacre, les confessions d'un ou une médaillée d'or,
18:49olympique ou paralympique, à retrouver chaque mercredi.

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