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À 75 ans, Florence Cestac sort une suite à sa célèbre série de bandes dessinées : “Le démon de mamie ou la sénescence enchantée”. L’autrice revient dans Code Source sur son histoire, au micro de Barbara Gouy.

Crédits : Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Clara Grouzis - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network.

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#florencecestac #demondemamie #bd

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News
Transcription
00:03Bonjour, c'est Clara Grosys pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11L'autrice de bande dessinée Florence Sestac a sorti en janvier dernier un nouvel album,
00:17dans lequel elle raconte son expérience de grand-mère.
00:20Il s'intitule « Le démon de mamie » ou « La sénescence enchantée ».
00:24L'illustratrice est connue pour cette série, entamée en 1996,
00:28avec l'album « Le démon de midi » et pour ses personnages humoristiques au Gros Ney.
00:34À 75 ans, elle n'est pas prête de raccrocher le crayon.
00:38Florence Sestac raconte son histoire, dans Codesource, au micro de Barbara Agouy.
00:51Je rencontre Florence Sestac dans son appartement qui surplombe le cimetière du Mont Parnasse.
00:56Elle attend ses petits-enfants qui doivent arriver après l'école.
01:00Avant ça, on s'installe pour qu'elle me raconte d'où lui vient sa passion pour le dessin.
01:05Florence est née le 18 juillet 1949 à Pont-au-de-mer, en Normandie.
01:10À 4 ans, elle déménage à Rouen avec ses parents, sa sœur de 6 ans de plus qu'elle,
01:14et son frère de 2 ans de moins.
01:17Dès petite, elle a la tête plongée dans ses dessins.
01:21J'étais le type d'enfant qui rêvait, rêveuse, complètement rêveuse,
01:25paumée dans ses rêves et tout, et qui dessinait tout le temps.
01:27Et donc, j'étais...
01:29Les études, ça a été une catastrophe, parce que je suis dyslexique.
01:32Et donc, à l'époque, c'était pas diagnostiqué.
01:35Donc, j'étais un peu...
01:39On disait que j'étais un peu tarée, quoi.
01:42Donc, on me foutait la peur, on mettait au fond de la classe,
01:44et puis je dessinais, j'embêtais personne.
01:46Et puis, voilà, c'est comme ça que j'ai fait...
01:48J'ai dit que ma vie, ça serait dans le dessin, de toute façon.
01:51Quoi qu'il arrive.
01:53Mes parents nous abonnaient à des journaux,
01:54dont mon frère était abonné à Tintin,
01:57et moi, j'étais abonné à Spirou.
01:58Et c'est là que j'ai découvert mon maître,
02:01qui est André Franquin,
02:03et qui dessinait, à l'époque, Gaston Lagaffe, quoi.
02:06Le père de Florence est peu présent pour elle.
02:09On a eu un père qu'on n'a jamais intéressé,
02:12que ce soit mon frère ou ma soeur,
02:13on ne l'a jamais intéressé.
02:14On s'est toujours demandé pourquoi notre père avait fait des enfants,
02:17parce qu'on ne l'intéressait pas.
02:18Donc, on se débrouillait un peu tout seul, voilà.
02:21Et donc, il n'était pas facile et tout,
02:24et puis il ne s'occupait pas de nous, quoi, surtout.
02:26C'est toujours ça.
02:26Grâce à ça, j'ai pu faire ce que je voulais,
02:28mais en même temps,
02:30j'ai passé ma vie à essayer de lui prouver
02:32que je n'étais pas tarée
02:34et que je pouvais faire quelque chose de ma vie, quoi.
02:36Et donc, ça n'a jamais marché, quoi.
02:39Ma mère, c'était une sainte, comme on dit.
02:41Donc, elle restait à la maison
02:42parce que mon père a décidé
02:43qu'une mère, c'était à la maison,
02:44s'occupait de la maison et des enfants,
02:46et qu'il n'y avait rien d'autre.
02:47Donc, elle était femme soumise et tout,
02:49et que mon père était son héros.
02:51Mais c'est elle qui m'a tout appris.
02:52C'est elle qui avait le don du dessin,
02:54qui avait le don du...
02:55Elle savait tout faire avec ses mains.
02:57Elle bricolait, elle faisait de la couture.
03:00Elle était très créative, ma mère.
03:01Et je pense que si on l'avait laissée s'exprimer,
03:04je pense qu'elle aurait fait,
03:05je ne sais pas quoi,
03:06mais elle aurait fait des choses bien.
03:08À 12 ans, Florence va en pension
03:10chez les sœurs, à Honfleur.
03:11Je n'étais pas bien dans cette famille,
03:13et donc, j'ai demandé à aller en pension.
03:16Je me faisais coller tout le temps,
03:17donc je restais le week-end à la pension.
03:19Et il fallait inventer des blagues
03:21tout le temps pour faire chier les bonnes sœurs.
03:23Donc, c'était une très bonne école
03:25de la rébellion, pour moi.
03:27En seconde, Florence passe les concours
03:29pour entrer au Beaux-Arts de Rouen,
03:31et elle les réussit.
03:32Et là, pour moi, la vie a changé.
03:34C'était merveilleux.
03:36Merveilleux !
03:36Je faisais enfin ce que je voulais.
03:37On dessinait tous les jours,
03:40on créait tous les jours et tout.
03:41J'ai enfin trouvé ma voie.
03:42Là, je me suis dit,
03:43voilà, c'est ma voie.
03:44Mais à l'époque,
03:45il n'y avait pas du tout de monde dessiné.
03:46Ça n'existait pas.
03:47C'était un métier qui était...
03:49Non, ça n'existait pas.
03:50Ce n'était pas enseigné, d'ailleurs.
03:51Mais de faire de la peinture,
03:53de m'essayer au mode l'âge,
03:55de m'essayer un peu à tous.
03:57Voilà, je n'ai pas trouvé ma voie tout de suite.
03:59Mais c'était par là que je voulais aller.
04:05Florence rencontre Étienne Robial dans cette école.
04:08Il dessine lui aussi,
04:09et il tombe amoureux en faisant les 400 coups.
04:12Il y a eu 68.
04:14On s'est retrouvés en taule,
04:16tous les deux,
04:17pour vol et destruction d'emblèmes nationaux.
04:19Parce qu'on a passé les vacances ensemble
04:21au bord du bassin d'Arcachon.
04:22On avait descendu tous les drapeaux bleu-blanc-rouge
04:24de jour du 14 juillet,
04:26pour arracher le bleu et le blanc,
04:27et remonter le rouge sur toutes les mairies
04:29du tour du bassin d'Arcachon.
04:31Donc ça, ça s'appelle
04:31vol et destruction d'emblèmes nationaux.
04:33Et on a été condamnés à de la prison.
04:35Donc on a fait de la préventive.
04:37Moi, j'ai eu une grosse amende,
04:38et lui est parti en régiment disciplinaire
04:42en Allemagne.
04:43Et donc c'est après qu'on s'est retrouvés
04:45à Paris.
04:46Moi, je montais,
04:46on m'inscrit aux arts déco,
04:47puis lui, il sortait de l'armée.
04:51Et donc on a commencé tous les deux
04:52à Paris ensemble.
04:58Tous les deux,
04:58on a commencé à chercher du boulot,
05:00et à faire des petits boulots
05:01à gauche, à droite,
05:02d'illustrations,
05:06beaucoup d'illustrations.
05:07Et puis on a rencontré un mec
05:09qui nous a dit,
05:10je connais un mec qui a une librairie
05:12de bandes dessinées à Paris,
05:13dans le 15e arrondissement,
05:14qui s'appelle Futuropolis,
05:16mais il cherche à s'en séparer,
05:18et voilà,
05:19il cherche un repreneur.
05:21Donc on a rencontré ce mec,
05:23et donc on lui a dit,
05:24ah ben oui, c'est sympa,
05:26c'est bien,
05:26comme librairie et tout ça,
05:28mais on n'a pas un rond,
05:29on n'a pas d'argent et tout ça.
05:30Donc il a dit,
05:32ben écoutez,
05:32vous trouvez un peu d'argent
05:33pour démarrer,
05:34puis après vous reprenez la librairie,
05:35puis vous me payez au fur et à mesure.
05:37Donc voilà comment a commencé
05:39l'aventure de Futuropolis.
05:48Ils achètent la librairie Futuropolis
05:50en 1972.
05:52À ce moment-là,
05:53ils n'y connaissent pas grand-chose.
05:55Deux ans plus tard,
05:56ils vont à la première édition
05:57du Festival d'Angoulême.
05:59Donc on avait loué une camionnette,
06:01on avait rempli la camionnette
06:02de vieilles bandes dessinées
06:03qu'on vendait dans la librairie à l'époque,
06:05et donc on était antiquaires
06:06de la bande dessinée,
06:07donc on nous a placés
06:08au premier étage
06:09dans le musée d'Angoulême,
06:11c'est entre les tableaux de maître
06:12et tout ça,
06:13il y avait une pièce là où on était là.
06:15Puis le festival,
06:16il y avait trois pelées,
06:17deux tondues,
06:18il y avait un petit coin de fanzine,
06:20il y avait les antiquaires là-haut,
06:22ça se passait dans le musée d'Angoulême,
06:24et dans trois pièces du musée d'Angoulême.
06:26C'est ça qui est drôle.
06:27En parallèle de la librairie,
06:29Florence et Étienne
06:30continuent de vendre
06:31leurs propres dessins,
06:32pour la presse notamment,
06:33mais ils ont un autre projet en tête.
06:36Dans notre idée,
06:37Étienne Rambert et moi,
06:37c'était de faire de l'édition.
06:39C'est ça qui nous titillait.
06:40Donc cinq ans plus tard,
06:42on a revendu la librairie
06:43et on a créé la maison d'édition.
06:45Donc on s'est retrouvés à la tête
06:46d'une maison d'édition,
06:47on faisait de tout,
06:49du carton à dessin de l'auteur
06:50jusque chez le libraire.
06:52On s'est retrouvés à 25 ou 30 personnes
06:54et là on était doués pour faire de l'édition,
06:57mais pas pour faire de la gestion.
06:59On s'est cassés à la gueule.
07:00Et on s'est fait racheter par Gallimard
07:02en 1989.
07:05En 1986,
07:06ils ont un fils ensemble.
07:08En parallèle,
07:08Florence affine son coup de crayon
07:10et elle se fait connaître
07:11pour ses personnages
07:12avec des gros nez.
07:14Ce qui est difficile pour un auteur,
07:15c'est de se mettre
07:16le personnage dans le crayon,
07:17comme on dit.
07:18C'est-à-dire de créer des personnages
07:20que les gens reconnaissent tout de suite.
07:21Ah ben ça c'est machin,
07:22ça c'est machin,
07:23et ça c'est long à venir.
07:25Et moi je voulais faire
07:26des membres dessinées d'humour,
07:27bien sûr,
07:27et donc mon dessinée d'humour,
07:29il y a un gimmick,
07:30c'est le gros nez.
07:31Donc j'ai fait que
07:32des personnages à gros nez.
07:33Et je me suis dit,
07:34tant qu'à faire des gros nez,
07:35on va en faire un énorme.
07:36Donc au début,
07:36effectivement,
07:37mes personnages avaient
07:38un nez un peu gros,
07:39pendant et tout,
07:40mais bon,
07:40ça se peaufine
07:41un bon bout de temps.
07:43Et puis une fois,
07:43après vous l'avez dans le crayon.
07:45C'est-à-dire que
07:45je peux le faire
07:47sur toutes les coutures.
07:48Ça peut être un garçon,
07:49une fille,
07:49un bébé,
07:50un chien,
07:51un chat.
07:51Je peux tout faire
07:52avec le même nez.
07:58Il y a des gens
07:59qui détestaient,
07:59il y a des gens
08:00qui trouvaient ça rigolo,
08:01il y a des gens
08:01qui trouvaient ça vulgaire.
08:02J'ai tout entendu.
08:04Et même quand je suis rentré,
08:06parce qu'à un moment,
08:07j'ai fait une bande dessinée
08:07dans le journal de Mickey
08:08qui s'appelait
08:09La Famille des Blocks.
08:10Et donc je suis arrivé
08:11dans le journal
08:11et puis je me souviens
08:13que la rédactrice en chef
08:14m'a dit,
08:14ah oui,
08:15c'est bien ce que vous faites,
08:16mais alors il faudrait un truc,
08:17il faudrait diminuer les nez.
08:18Alors je lui ai dit,
08:19vous pouvez tout me demander
08:20sauf ça.
08:20Voilà,
08:21ça ne va pas être possible.
08:22Donc elle a dit,
08:22bon ben tant pis,
08:23ça ne va pas marcher.
08:24Et puis ils ont testé
08:25sur des mômes.
08:26Ils ont montré mes dessins
08:28dans une classe,
08:29ils faisaient des tests
08:30comme ça de dessin.
08:30Et tous les mômes ont dit,
08:31oui les gros nez,
08:32c'est trop bien,
08:33on en veut,
08:33oui oui,
08:34c'est trop drôle et tout.
08:35Et donc c'est grâce
08:35aux mômes que je suis resté
08:36et que j'ai pu faire
08:38cette bande dessinée
08:38pendant 11 ans,
08:40une page par semaine.
08:41Étienne Robial
08:42quitte Florence
08:43pour une femme plus jeune.
08:44Florence traverse
08:45une période compliquée
08:46et décide d'en faire
08:47une BD,
08:48Le démon de midi.
08:49Je ne l'ai pas fait
08:50tout de suite,
08:51c'était long à venir,
08:53mais ça a été thérapeutique
08:54pour moi,
08:54une fois que j'ai pu
08:55le coucher sur le papier
08:56sous la forme
08:57que je voulais,
08:58parce qu'au début
08:58j'ai fait un premier scénario,
08:59c'était très revanchard,
09:01tous les mecs des salauds,
09:03il faut les tuer,
09:04gna gna gna,
09:05c'est pas lié,
09:06très revanchard ça allait pas,
09:07après j'en ai fait un autre
09:08c'était pas drôle et tout.
09:10Puis à un moment,
09:10on trouve,
09:11voilà,
09:11la manière de raconter la chose,
09:13c'est-à-dire qu'on va
09:14de derrière aux larmes quoi.
09:16C'est un truc que j'ai vécu
09:17donc je sais bien
09:18que c'est pas rigolo
09:20et donc ce qu'il faut,
09:21voilà,
09:21c'est de faire rire les gens
09:22et les émouvoir,
09:24de les faire rire,
09:25de les émouvoir
09:26et que ça les touche
09:27dans leur vie,
09:28je pense,
09:29dans leur vie à eux quoi.
09:31C'est très important pour moi.
09:33À ces époques-là,
09:34je mettais vraiment le doigt
09:34sur un fait de société.
09:36Je veux dire,
09:36la femme de 40
09:36qui se fait larguer,
09:37c'était tellement commun
09:39que je me rendais pas compte
09:40mais en même temps,
09:42les gens se reconnaissaient
09:43et qu'il y a beaucoup de femmes
09:44qui ont vécu ça
09:44et donc elles étaient bien remontées.
09:46Elles étaient en forme,
09:47très très en forme quoi.
09:49Et j'ai reçu beaucoup de courriers
09:50de femmes qui disaient
09:52« Ah ben c'est toutes les cocus de France,
09:54je vais acheter trois albums comme moi,
09:55c'est-à-dire que j'en ai acheté
09:56un pour mon mari,
09:57un pour la maîtresse de mon mari
09:59et un pour moi,
09:59ben vous allez être milliardaires. »
10:01Donc je recevais du courrier comme ça,
10:02c'était plaisant quoi.
10:05Le démon de midi
10:06est le premier gros succès de Florence.
10:09Il sera même adapté
10:10au théâtre et au cinéma.
10:11Florence avait déjà été récompensée
10:13par des alphartes de l'humour
10:15à Angoulême,
10:16prix qui récompense
10:17la meilleure BD humoristique de l'année.
10:19Mais en 2000,
10:20elle reçoit le prestigieux
10:21Grand Prix d'Angoulême.
10:22Elle est la première femme
10:24à le recevoir.
10:25« Je ne m'attendais tellement pas
10:27que je n'étais pas à Angoulême
10:28à un moment.
10:28Parce qu'à l'époque,
10:29c'était les anciens Grand Prix
10:30qui choisissaient le suivant.
10:32Et donc je me souviens
10:33que j'étais ici à Paris
10:34et que j'étais au marché
10:36en train d'acheter des légumes,
10:37je ne sais pas quoi.
10:38Et je suis rentrée,
10:38mon fils m'a dit
10:39« Il faut que tu rappelles Angoulême. »
10:42C'est loin de là
10:43de penser à ça,
10:43mais vraiment.
10:45Et j'ai eu,
10:46je ne sais plus si c'est
10:48N. Tibilal ou Tardy
10:50ou je ne sais pas,
10:50qui m'a dit
10:50« T'es Grand Prix d'Angoulême. »
10:52J'ai dit « C'est ça, oui,
10:53c'est très drôle. »
10:54Ils m'ont dit
10:55« Mais si, si, si,
10:55t'as un Grand Prix,
10:56il faut que tu me descends
10:58tout de suite à Angoulême. »
10:59Donc j'ai pris le train
11:00en face
11:00et je me suis descendu
11:01à Angoulême.
11:02Mais je ne m'y attendais pas
11:03du tout, vraiment.
11:07Et donc je me souviens
11:08avoir téléphoné mon père,
11:09qui est toujours,
11:10toujours effectivement optimiste.
11:12Alors j'ai dit
11:13« Tu sais, papa,
11:14j'ai eu le Grand Prix d'Angoulême. »
11:15Et il m'a eu
11:15sa réponse magnifique.
11:16Il m'a dit
11:17« Ah bon, c'est bien ça ? »
11:19Je lui ai dit
11:20« Bah oui, c'est pas mal. »
11:25Dans les années 2000,
11:26Florence sort
11:27de nombreuses bandes dessinées
11:28et même une suite
11:29au Démon de Midi.
11:31D'abord le Démon
11:32de l'après-midi,
11:32en 2005,
11:33qui reprend le même personnage
11:35de Noémie,
11:36dix ans plus tard.
11:37Puis le Démon du soir
11:38roule à Ménopause héroïque
11:40en 2013.
11:41Chaque fois,
11:42elle s'inspire de sa propre vie
11:43et en 2014,
11:44Florence devient grand-mère.
11:46On ne s'y attend pas.
11:47C'est-à-dire qu'un jour,
11:48on vous dit
11:48« Ah ben, tu vas être grand-mère ? »
11:49Donc « Ah bon ? »
11:50D'accord.
11:51Et puis ça se concrétise
11:52par un petit bébé
11:53qui arrive là.
11:54Et donc,
11:55moi j'étais
11:57vachement ému.
11:58C'est un peu
11:58comme si je revivais
12:00l'inaissance de mon fils.
12:01C'est la même chose.
12:02c'est aussi
12:06émotionnellement
12:07formidable.
12:08Et donc,
12:10une autre page
12:11qui s'écrit
12:12et une autre rencontre
12:13avec un...
12:14Voilà.
12:14C'est formidable.
12:15Et donc après,
12:16il y en a un deuxième,
12:17c'est encore meilleur.
12:18Et voilà.
12:18Donc,
12:19je les adore,
12:20mes petits-enfants.
12:21Et donc,
12:22ils sont doués
12:22pour le dessin aussi.
12:23Je bosse beaucoup
12:24avec eux.
12:24Enfin,
12:26ils savent mettre
12:26les choses en place.
12:27On voit tout de suite,
12:28ils sont un bonhomme,
12:29il ne va pas mettre
12:30la tête en bol,
12:30les pieds en l'air et tout.
12:31Les choses sont en place.
12:33Ils aiment bien
12:34venir dans l'atelier,
12:34patouiller dans la peinture
12:35et faire ce qu'ils veulent.
12:37C'est leur grand plaisir
12:38de venir ici.
12:40Sa relation
12:41avec ses deux petits-enfants,
12:43Auguste et Pia,
12:44lui inspire une nouvelle suite
12:45à ses bandes dessinées.
12:46Le démon de Mamie
12:47ou la saine essence enchantée
12:49qui est sortie
12:50en janvier 2025.
12:52Florence Lassure,
12:53c'est le dernier album
12:53de cette série,
12:54mais ce n'est pas
12:55la fin de sa carrière.
12:56Elle espère
12:57ne jamais arrêter
12:58de dessiner.
12:59Je raconte
12:59que j'aimerais mourir
13:00le crayon à la main
13:01bien sûr,
13:02mais je ne sais pas
13:03si je vais y arriver.
13:04Je ne sais pas,
13:04on verra bien.
13:06Mais ce plaisir du dessin,
13:08je ne sais pas,
13:09c'est tous les jours,
13:10mais c'est un petit peu
13:12obligatoire.
13:12Sinon, je ne suis pas bien.
13:14C'est une maladie.
13:16Donc, j'espère mourir
13:17le crayon à la main.
13:17ça serait une belle mort
13:19pour moi.
13:42Barbara, qu'est-ce qu'on retient sur le fait d'être grand-mère
13:44quand on lit ce nouvel album ?
13:46On retient surtout l'amour qu'il y a entre une grand-mère
13:48et ses petits-enfants,
13:49malgré le fait que ce n'est pas toujours facile
13:51de rester à sa place de grand-mère
13:52et de se plier aux règles imposées par ses enfants
13:55pour s'occuper de ses petits-enfants.
13:57Et ce n'est pas toujours facile de gérer les enfants
13:59aussi dans les espaces publics.
14:01On la voit notamment dans le train
14:02ou dans une file d'attente.
14:04Mais elle ne parle pas seulement du fait d'être grand-mère,
14:06elle parle d'un tas de sujets qui concernent la vieillesse,
14:09comme aider ses propres parents
14:10qui perdent en autonomie.
14:11Elle parle du deuil aussi.
14:13Et elle aborde la vie de couple quand on vieillit
14:15ou le célibat et les rendez-vous galants.
14:17En fait, elle essaye vraiment d'aborder plein de sujets
14:19auxquels tout le monde peut s'identifier.
14:20Le positif comme le négatif,
14:22mais toujours dans l'humour.
14:23On l'a dit,
14:24le démon de midi
14:25et la série qui a suivi,
14:26ça reste son plus gros succès.
14:28Mais Florence Sestak n'a pas fait que ça.
14:30Elle parle de quoi dans ses autres bandes dessinées ?
14:32Elle a fait des tas de BD,
14:33toujours inspirées de sa propre vie
14:35ou des histoires qu'elle entendait.
14:36Elle s'est par exemple appuyée sur son enfance
14:39pour faire un papa, une maman, une famille formidable en 2021.
14:42Dans cette BD,
14:43elle critique le modèle traditionnel
14:45avec un papa et une maman
14:46pour répondre à ceux qui s'opposent au mariage pour tous.
14:49Elle a aussi fait une BD dans laquelle elle parle de sexe.
14:52Elle s'appelle Ginette
14:53et elle raconte l'histoire d'une prostituée.
14:55Et elle fait aussi des BD biographiques
14:57comme Le prof qui a sauvé sa vie en 2023.
15:00En fait, elle aime casser des codes,
15:01mais ce qu'on retrouve dans toutes ses œuvres,
15:03c'est une accroche avec le réel.
15:05Merci Barbara Gouy.
15:06Cet épisode de Code Source a été réalisé par Julien Moncouqueul.
15:10N'oubliez pas de vous abonner à Code Source
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15:16Et si vous aimez notre podcast,
15:18parlez-en autour de vous.
15:19Vous pouvez aussi écouter Crime Story.
15:21Tous les samedis matins,
15:22les journalistes Claudia Prolongeau et Damien Delsenis
15:25vous racontent un nouveau fait d'hiver.
15:27Sous-titrage Société Radio-Canada
15:32Sous-titrage Société Radio-Canada
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