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Jean-René Auffray a été asphyxié par des algues vertes en Bretagne en 2016. Sa femme s’est battue pour que la responsabilité de l’Etat dans sa mort soit reconnue. Témoignage. Crédits.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Pénélope Gualchierotti - Production : Clara Grouzis et Clara Garnier-Amouroux - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network -
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#algues #alguesvertes #santé
Jean-René Auffray a été asphyxié par des algues vertes en Bretagne en 2016. Sa femme s’est battue pour que la responsabilité de l’Etat dans sa mort soit reconnue. Témoignage. Crédits.
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NewsTranscription
00:02Bonjour, c'est Thibault Lambert et vous écoutez Côte Source, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12En septembre 2016, Rosie Offray perd brutalement son mari Jean-René, âgé de 50 ans.
00:18Il était parti courir avec sa chienne près de chez lui dans la baie de Saint-Brieuc dans les côtes
00:23d'Armor.
00:24Rosie a retrouvé son corps à l'embouchure d'un estuaire dans une zone vaseuse envahie d'algues vertes.
00:30Ces algues qui prolifèrent depuis des décennies sur le littoral breton à cause de la pollution agricole
00:35se décomposent sur les plages et laissent alors s'échapper à un gaz qui peut être mortel.
00:41Pendant neuf ans, Rosie Offray a mené un combat pour que la justice reconnaisse que son mari est bien mort
00:47à cause des algues vertes
00:48et pour que l'État français soit jugé responsable de ce drame.
00:53Elle témoigne aujourd'hui dans Côte Source au micro de Pénélope Gualquerotti.
01:06Je rencontre Rosie à Saint-Brieuc dans les côtes d'Armor en Bretagne.
01:10Bonjour, bonjour, enchantée.
01:13Enchantée, Rosie.
01:14Elle vient me retrouver à la gare et nous allons chez sa fille qui vit à proximité.
01:19Son vrai prénom est allemand, c'est Rose Vita, mais elle se fait appeler Rosie en France.
01:26J'ai grandi à Stuttgart jusqu'à la fin de mes études en 88.
01:31Je suis la troisième de quatre enfants.
01:35Mon papa était capitaine de pompiers.
01:38On a vécu à la caserne directement, donc c'était assez particulier qu'on vit parce que les pompiers, c
01:43'est une grande famille.
01:44C'était assez sympa.
01:46Ma mère ne travaillait pas.
01:48Elle avait une formation de couturière, mais elle est restée nous élevée.
01:52Comme c'était vraiment beaucoup la pratique en Allemagne, les femmes ne travaillaient pas.
01:56On était tous les quatre avec maman.
01:58Et puis après, mes parents ont construit dans la périphérie de Stuttgart une maison avec un petit jardin
02:05et avec des champs cultivés encore en face.
02:08Donc on a beaucoup vécu à l'extérieur.
02:11On s'est déplacés en vélo exclusivement.
02:13Donc voilà.
02:18En 1985, la jeune femme obtient son baccalauréat,
02:22puis entame une formation de trois ans pour devenir secrétaire trilingue.
02:25Elle parle déjà français et rêve de voyage.
02:28L'année suivante, à 19 ans, une amie allemande lui propose de l'accompagner
02:32travailler dans une auberge de jeunesse à Saint-Brieuc pour l'été.
02:35Je suis donc venue en 1986 travailler à l'auberge de jeunesse à Saint-Maurieux,
02:40à l'accueil, au ménage, voilà.
02:43Et c'est là que j'ai fait la connaissance de Jean-René.
02:48Jean-René est un menuisier de 20 ans qui vient souvent avec sa bande de copains
02:52aux soirées organisées à l'auberge où travaille Rosy.
02:54Il était drôle, gentil, sensible.
02:57Il avait une certaine sensibilité que je ne trouvais pas dans les autres.
03:01Et en fait, ça se portait aussi dans son visage.
03:03Il avait un visage assez fin et assez doux.
03:05Il était très, très sociable quand Jean-René était là.
03:08Le soir, avec le groupe, ce n'était pas la même vie de groupe que quand il n'était pas
03:13là
03:13parce qu'il arrivait à solidariser un groupe autour de lui.
03:19Et puis, il était très drôle.
03:22Physiquement, ce n'était pas trop mon genre parce qu'il était petit.
03:25Il était un petit peu plus petit que moi, à quelques centimètres.
03:28Mais voilà, moi, je rêvais d'un grand bras.
03:32Lui, il était plutôt petit et blond.
03:34Il était plutôt fin.
03:37Il avait un profil sportif.
03:40Donc, en 86, c'est le seul avec qui j'avais échangé l'adresse privée.
03:45Et puis, on s'écrivait des petits courriers sans qu'on soit en couple.
03:50Rosy rentre à Stuttgart à la fin de l'été pour y terminer ses études.
03:53Elle reste en contact avec Jean-René.
03:55Ils s'écrivent régulièrement.
03:56Et l'été suivant, Rosy décide de retourner travailler à l'auberge de jeunesse.
04:01Et puis là, une sortie en boîte, ça y est.
04:05Donc, on est, comment on dit, sortis ensemble.
04:08Je suis revenue pendant mes vacances d'automne.
04:12Lui, il est venu passer le premier an en 87 à Stuttgart.
04:18Et puis, en 88, j'ai fini ma formation.
04:22Et j'ai donc décidé de me mettre à la recherche d'un emploi à Saint-Mrieux.
04:29En 1988, Rosy et Jean-René s'installent ensemble en Bretagne.
04:33Jean-René devient routier, un métier qu'il a toujours fait rêver.
04:36C'est le job de son grand frère Didier,
04:38qu'il a souvent pris dans son camion lorsqu'il était ado.
04:41Rosy, elle, gère l'exportation d'une entreprise agroalimentaire.
04:45Trois ans plus tard, le couple décide de se marier.
04:48Donc, nos amis, ils ont dit, si vous vous mariez, nous, on veut un mariage en Allemagne.
04:55On a donc organisé ce mariage en mars 92 en Allemagne.
04:59Le frère de Jean-René, Didier, qui était entre-temps chauffeur de car.
05:04Donc, avec lui, on a pu avoir un car grand tourisme pour une semaine avec un chauffeur, un ami chauffeur.
05:11Et on est parti avec un peu plus de 30 ou 35 Français pour célébrer le mariage en Allemagne.
05:19On est parti pendant une semaine.
05:20C'est un événement inoubliable.
05:32Dix mois plus tard, en janvier 1993, Rosy donne naissance à deux jumelles.
05:36Mais ce n'est pas un moment aussi heureux que ce qu'ils imaginaient.
05:40Morgane et Anne-Sophie naissent prématurées.
05:43Morgane ne pèse qu'un kilo deux à la naissance, alors qu'un bébé né à terme pèse au moins
05:47deux kilos cinq.
05:48Les parents restent tout de même optimistes face à l'adversité.
05:51Un an plus tard, le couple déménage avec leur petite fille dans une longère,
05:55une grande maison de plein pied, typique de l'ouest de la France.
05:59C'est le rêve de toujours de Jean-René.
06:01On habite sur la commune d'Illion.
06:03C'est une petite avancée dans la baie de Saint-Brieuc,
06:06qui est vraiment un très beau cadre naturel avec la zone protégée.
06:14Et nous, on n'habite pas côté mer, on n'habite plus côté terre.
06:18En faisant un petit footing, en courant, je suis en 20 minutes sur la plage.
06:24Et puis, c'est un très beau cadre de vie.
06:27Nous, on habite un petit village, on connaît les voisins,
06:30on a un terrain, un petit jardin, on est avec des poules.
06:36Donc, non, c'est très calme et très bien.
06:40En décembre 1996, le petit Yann vient agrandir la famille.
06:44Jean-René est un père investi.
06:46Il passe beaucoup de temps avec ses trois enfants.
06:49Les enfants, il n'avait pas poux.
06:51Il était très proche de ses enfants.
06:53Comme il n'avait pas des horaires du bureau,
06:56il a récupéré les enfants à l'école,
06:59parce qu'il ne travaillait jamais l'après-midi.
07:01Donc, c'est lui qui a fait les devoirs avec eux
07:05et qui prépare aussi le repas du soir.
07:07Donc, après, il a commencé à travailler de nuit.
07:11Il était encore plus présent pour les enfants, pour la maison.
07:14Donc, c'est quelqu'un qui s'investissait vraiment beaucoup pour la famille.
07:17Quand il travaillait de nuit, il dormait le matin
07:19et l'après-midi, c'était lui qui faisait le gros ménage.
07:24Après, il s'est beaucoup investi dans l'école
07:27pour faire des travaux de rénovation.
07:30Dès qu'il y avait besoin de quelqu'un à l'école,
07:32comme il était disponible l'après-midi,
07:34il a fait beaucoup de bénévolat à l'école.
07:40À la quarantaine, le couple se met à la course à pied.
07:43Ils font d'abord des sorties à deux,
07:44mais rapidement, Jean-René décide de se mettre à des ultra-trails,
07:48c'est-à-dire des courses sur de très longues distances.
07:50Il court par exemple 100 km dans les gorges du Tarn en 2014.
07:55À partir de l'été 2016, il s'entraîne pour la course des Templiers,
07:58qui a lieu en octobre au même endroit.
08:01À cette époque, ils courent donc un jour sur deux,
08:04accompagnés de leurs chiens.
08:05Et donc le 8 septembre, il est parti en courant,
08:08dans l'après-midi, vers les 15h.
08:11Et Anne-Sophie se préparait pour passer son diplôme d'assistante sociale.
08:16Et donc elle était à la maison en septembre,
08:18quand Jean-René est parti courir.
08:21Donc il est parti avec le chien,
08:22et vers 17h, peut-être, Anne-Sophie m'appelle.
08:27Elle me dit, c'est bizarre.
08:28Est-ce que tu as des nouvelles de papa ?
08:30Parce qu'il est parti courir vers 15h.
08:33Et le chien est revenu une heure plus tard,
08:35mais il est tout bizarre.
08:37Et je n'ai pas vu papa depuis.
08:40J'ai dit, écoute, appelle les copains,
08:43mais il était nulle part.
08:45Et donc je dis, écoute, je rentre.
08:47C'était vraiment bizarre,
08:49parce que le chien était revenu, tout seul.
08:52Et elle s'était enroulée dans le parterre de fleurs.
08:55Elle s'est mise au pied des rosiers.
08:58Et elle ne réagissait à personne,
09:00ce qui était complètement inhabituel.
09:03Et elle sentait beaucoup la vase.
09:05Rosie appelle un ami très proche qui est secouriste.
09:08Il pense que si le chien sent la vase,
09:09c'est que Jean-René est peut-être allé courir vers le Gouesson.
09:12Le petit fleuve Côtier qui passe près de chez eux.
09:15Rosie, ses filles et son ami secouriste
09:18se séparent en deux groupes et partent à sa recherche.
09:22C'est moi qui l'ai trouvé allongé dans le Gouesson.
09:33J'en ai, on l'a trouvé à Marébasse.
09:36Il n'y avait pas d'eau dans le lit du Gouesson.
09:39Je suis assez convaincue qu'il s'est d'aventurer
09:42à cet endroit-là parce que la chienne était partie
09:47traverser le Gouesson et c'était pour la récupérer.
09:49Sinon, il n'allait pas faire son footing
09:51dans le lit du Gouesson, ça c'est évident.
09:53J'ai appelé Franck, notre ami,
09:56qui était parti avec Morgane de l'autre côté.
09:59Il avait déjà prévenu le Samy
10:01qu'on partait à la recherche de quelqu'un
10:02qui se tenait prêt à venir.
10:05Après, les pompiers sont arrivés.
10:07quand les pompiers sont partis chercher Jean-René.
10:11Je ne voulais pas remonter sur la route
10:12tant que je n'avais pas le verdict.
10:16De toute façon, je savais qu'il était mort.
10:21Les gendarmes, le maire et un médecin arrivent sur place.
10:25Le médecin souhaite établir ce qu'on appelle
10:27un obstacle médico-légal dans le certificat de décès.
10:30Car la mort brutale de Jean-René, 50 ans,
10:33grand sportif, lui semble suspecte.
10:36Cela veut dire que le corps ne pourra pas être enterré tout de suite
10:39et que la justice pourra demander une autopsie.
10:42Rosie s'oppose à cette autopsie
10:43car elle veut se concentrer sur l'enterrement de son mari.
10:45Mais dans la nuit, la petite amie de son fils vient la prévenir
10:48qu'un article est sorti dans le journal local.
10:51C'était le ténégramme.
10:53Mort suspecte aux algues vertes.
10:54Point d'interrogation.
10:57Nous, on n'était pas au courant de toute cette dangerosité.
11:00Les algues vertes, on a toujours trouvé ça moche et dégueulasse.
11:05Et ça pue.
11:05Et ce n'est pas bon pour l'environnement.
11:07Maintenant, pour la santé humaine,
11:09on savait que ça pouvait provoquer des maux de tête.
11:11Mais on était loin d'imaginer que ça pouvait aller au-delà.
11:14Et on ne connaissait pas la dangerosité avec les algues qui sèchent
11:20et qui forment des poches de gaz sous une croûte séchée.
11:23Et quand on perce cette croûte-là,
11:25on peut percer d'un seul coup un très grand volume de gaz H2S
11:29qui peut être mortel.
11:30Ça, on n'avait pas conscience.
11:33Dès le lendemain, alors là, les associations,
11:36tout le monde était sur le pont.
11:37On était complètement, maintenant avec du recul,
11:40on était complètement déposés du sujet.
11:42Enfin, question d'œil, etc.
11:45C'était hyper compliqué.
11:47L'autopsie, finalement effectuée sur le corps de Jean-René,
11:51intervient trop tard pour déterminer la cause de sa mort.
11:53Mais Rosie se renseigne et plus elle se documente,
11:56plus elle croit en la thèse d'un décès lié aux algues vertes.
11:59En 2017, elle rencontre la journaliste Inès Léraud,
12:02qui enquête sur les algues vertes.
12:04Inès lui propose d'intégrer l'histoire de Jean-René
12:06à la bande dessinée qu'elle prépare.
12:08L'année suivante, en 2018,
12:11Rosie rejoint l'association Altomare et Vertes
12:13et se rapproche de Maître Laforgue,
12:15l'avocat spécialiste des scandales sanitaires
12:16pour porter plainte contre l'État
12:18et faire reconnaître la responsabilité des pouvoirs publics
12:21quant au décès de son mari.
12:23Quatre ans plus tard,
12:24le tribunal administratif de Rennes
12:26rejette la demande de la famille,
12:28estimant que la causalité n'est pas assez clairement établie.
12:31Rosie et ses enfants font appel,
12:33mais n'ont que peu d'espoir.
12:34Le 24 juin 2025,
12:37le verdict de la cour d'appel de Nantes tombe.
12:39J'étais à la maison avec mon fils,
12:42donc le jugement devait être tombé pour 11 heures.
12:45Alors en un mois le quart,
12:46déjà France 2 était arrivée devant la maison
12:50pour filmer en direct
12:54la prise en compte de Réséta.
12:56Bon, moi j'étais à discuter avec France 2,
12:59en attendant,
13:00Yann répond du coup à mon téléphone,
13:02c'était un journaliste de Libération,
13:04il me semble.
13:06Il voit en double appel
13:08Maitre Laforgue qui appelle.
13:10Et donc là, il dit,
13:11excusez-moi,
13:12il a le téléphone dans la main,
13:14il prend Maitre Laforgue,
13:15il se retourne vers moi,
13:17il lève le pouce,
13:17j'oublierai jamais cette image-là,
13:20le pouce levé.
13:21Donc on avait gagné,
13:22donc c'était vraiment super.
13:27Et puis après,
13:28on a passé le reste de la journée
13:30avec la presse,
13:32donc c'était un tourbillon,
13:33un vrai tourbillon.
13:35Et le soir,
13:36à 18h, 18h30,
13:38on a dit,
13:38bon, fini,
13:39donc les filles sont arrivées,
13:41donc la famille se retrouve à la maison,
13:43on a mangé ensemble
13:43pour fêter ce résultat,
13:46voilà.
13:49Algue verte,
13:50l'État condamné
13:51à indemniser la famille
13:52du jogger décédé en 2016.
13:54Jean-René Offray,
13:5550 ans,
13:56est décédé dans la vasière
13:57d'Illion,
13:58dans les Côtes d'Armor,
13:59en 2016.
14:00Une forte concentration
14:01d'algues vertes toxiques sur place
14:03avait laissé penser
14:04qu'il était mort asphyxié.
14:06Pour leur invocat,
14:07Maitre Laforgue,
14:08c'est une décision exemplaire
14:09et qui marque un tournant.
14:11On peut mourir les algues vertes,
14:12la cour l'a écrit très clairement
14:15dans son arrêt
14:16qui fera date.
14:18De façon générale,
14:18le lien n'avait jamais été retenu
14:20entre une atteinte à la santé humaine
14:21et les algues vertes
14:22en putréfaction.
14:23C'est fait aujourd'hui
14:25et c'est une première
14:26qu'aujourd'hui,
14:26l'État ne peut plus faire semblant
14:28de prendre des plans
14:29de lutte contre la prolifération
14:30des algues vertes
14:31qui ne servent à rien.
14:32C'est une exigence
14:33des associations,
14:35des victimes,
14:36mais également aujourd'hui
14:37des juridictions administratives.
14:41La justice reconnaît
14:42pour la première fois
14:43la responsabilité pour faute
14:45de l'État
14:45dans la pollution
14:46aux algues vertes
14:47ayant causé le décès
14:48d'un homme de 50 ans,
14:50Jean-René Offray.
14:51L'État est condamné
14:52à indemniser Rosie
14:53à hauteur de 280 000 euros.
14:56On est content
14:56d'avoir eu cette reconnaissance
14:58parce qu'on s'est battu
14:59pour nous,
14:59on s'est battu pour Jean-René,
15:01on s'est battu
15:02pour les autres.
15:04C'est important
15:04que ce soit dit
15:05parce que l'homerta
15:07est levée
15:08et c'était
15:10l'important
15:11de briser cette classe-là
15:13pour qu'on arrive
15:14à nommer.
15:15Enfin,
15:15j'avais déjà dit
15:16à un journaliste
15:17les algues vertes
15:18c'est comme voile de mort,
15:19il ne faut pas citer le nom.
15:20Donc,
15:21aujourd'hui,
15:22on peut le dire
15:22et j'ai depuis
15:24ce jugement-là
15:25dans tous les articles,
15:27quasiment tous les articles
15:28que j'ai pu lire
15:29sur les algues vertes
15:29et qui ont été publiés
15:31quelque part,
15:32on cite ce jugement
15:33et donc c'est une référence
15:35et il n'y a rien à dire,
15:37personne ne peut dire
15:39rien de dire
15:39contre ça.
15:41Donc,
15:41pour nous,
15:43ça c'est vraiment
15:43le...
15:44voilà,
15:44c'est très très important.
15:48Mais c'est une demi-victoire
15:49pour la veuve
15:50car selon la justice,
15:51l'État n'est qu'en partie
15:52responsable
15:53de la mort de son mari.
15:54Le tribunal estime
15:55que Jean-René
15:56devait savoir
15:57qu'il prenait un risque
15:58en allant courir
15:59dans cette zone polluée
16:00par les algues vertes.
16:01Le point noir,
16:02c'est qu'il juge
16:02Jean-René
16:03responsable
16:04à 40%
16:04de son décès
16:06puisque
16:07Habitants et Lyon
16:08devait être au courant
16:09de la dangerosité.
16:10Or,
16:11c'est une aberration
16:12puisque
16:13c'est les institutions publiques
16:14qui ont toujours
16:17hésité
16:18ou refusé
16:19de publier
16:20des informations précises
16:21quant à la dangerosité
16:22des algues vertes
16:23et se rabattent
16:24derrière la presse.
16:26Vous avez pu le lire
16:27dans la presse,
16:28je trouve
16:28que c'est un peu fort.
16:30C'est assez étonnant
16:31d'ailleurs,
16:31il y avait un rapport
16:32qui avait été commandé
16:33en 2012.
16:34C'est une analyse
16:35de la dangerosité
16:38des zones
16:39infectées par les algues vertes.
16:40Sur la commune
16:41de Lyon,
16:42il y avait deux
16:42ou même trois endroits
16:43qui étaient identifiés
16:45comme mortellement dangereuses.
16:48Mais la mairie,
16:49elle avait reçu
16:50ce rapport-là,
16:51mais ça n'a jamais été publié
16:52ou porté à la connaissance
16:54de la population.
16:55et comme par miracle,
16:57ce rapport
16:57a été publié
16:58après,
16:59mais pas avant.
17:02Mais en 2025,
17:04neuf ans après
17:05la mort de son mari,
17:06au moment où
17:07le long combat
17:07de Rosy prend fin,
17:09un autre commence.
17:10Son beau-frère Didier
17:11est atteint
17:12d'une maladie
17:13neurodégénérative
17:13et elle a décidé
17:15de s'occuper de lui.
17:17Le frère
17:18de Jean-René
17:20vit chez moi
17:21parce qu'il est en perte
17:22d'autonomie
17:23de plus en plus.
17:25Didier,
17:25il a toujours été proche
17:27de Jean-René
17:27et du coup,
17:28très proche de moi aussi.
17:29Donc,
17:30la question ne se posait
17:31même pas
17:32quand je voyais
17:32que c'était difficile
17:33pour lui
17:34de rester dans son domicile.
17:36Donc,
17:36je lui ai proposé
17:37de venir chez moi.
17:39Pour Jean-René,
17:40je n'ai rien pu faire.
17:41Il est parti comme ça.
17:42C'est toujours compliqué
17:44de perdre quelqu'un
17:44où moi,
17:45Jean-René n'a pas souffert.
17:47Mais c'est quand même
17:48très brutal.
17:49Et donc là,
17:50on peut
17:51accompagner
17:53Didier.
17:54Avec Didier,
17:55je m'engage
17:55aussi
17:56dans un combat
17:58pour le droit
17:58à mourir,
17:59en fait.
18:22Pénélope,
18:22aujourd'hui,
18:23Rosie se consacre
18:24donc pleinement
18:24au frère de son mari,
18:25Didier ?
18:26Oui,
18:26comme on l'a dit
18:27dans le sujet,
18:27Rosie a été
18:28vraiment très touchée
18:29par la maladie
18:30de son beau-frère,
18:30Didier,
18:31dont elle était très proche.
18:33Elle a donc
18:34directement aidé
18:35sans même réfléchir.
18:36C'est quand même
18:36une prise en charge
18:38lourde
18:38qui lui prend
18:39beaucoup de temps
18:39en dehors de son travail.
18:41Mais ça fait donc
18:41plusieurs semaines
18:42qu'elle a réussi
18:42à prendre un congé
18:43proche et dense
18:44qui lui permet
18:45d'avoir plus de temps
18:45pour se consacrer
18:46à Didier
18:47et l'accompagner
18:48dans sa fin de vie.
18:49Est-ce qu'elle est
18:49toujours engagée
18:50dans son association ?
18:51Oui,
18:52elle est toujours engagée
18:53dans l'association
18:53Alto Marais Vertes,
18:55une association historique
18:56de lutte contre
18:56les algues vertes
18:57qui a été créée
18:58en 2000,
18:59il y a 25 ans.
19:00Elle intervient
19:01notamment dans les écoles
19:02auprès des enfants
19:03pour essayer
19:03de faire changer
19:04leur mode de consommation
19:05pour qu'ils aient
19:06une consommation
19:07plus durable,
19:08plus écologique.
19:09Et elle participe
19:10aussi à des événements
19:11sur l'écologie
19:11pour faire de la prévention
19:13autour des algues vertes.
19:14Merci Pénélope Gualquerotti,
19:16cet épisode de Code Source
19:17a été produit
19:18par Clara Garnier-Amourou
19:20et Clara Grosis,
19:21réalisation Julien Moncouchiol.
19:24Vous pouvez soutenir
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