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La jeune femme de 25 ans, tuée par son ancien compagnon, avait porté plainte à cinq reprises contre lui en l’espace de quelques mois. La mère de la victime, Angélique Robert, prend la parole pour dénoncer l’inaction de la police. Témoignage recueilli par Pénélope Gualchierotti.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Pénélope Gualchierotti - Production : Clara Grouzis et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Etenne Constabile - Musiques : François Clos, Audio Network.
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La jeune femme de 25 ans, tuée par son ancien compagnon, avait porté plainte à cinq reprises contre lui en l’espace de quelques mois. La mère de la victime, Angélique Robert, prend la parole pour dénoncer l’inaction de la police. Témoignage recueilli par Pénélope Gualchierotti.
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NewsTranscription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Le lundi 8 septembre, à Poitiers, une femme de 25 ans, Inès Messelem a été tuée par son ancien compagnon,
00:19un réfugié afghan de 36 ans qui est toujours en fuite.
00:23Dans les semaines qui ont précédé sa mort pendant l'été,
00:25Inès Messelem avait déposé cinq plaintes et compléments de plaintes contre cet homme.
00:30Elle a dénoncé des violences physiques et psychologiques et des viols.
00:34Et elle avait reçu un téléphone grave danger.
00:37Sa famille s'interroge sur les dysfonctionnements de la police et de la justice,
00:41qui n'ont pas été capables de la protéger.
00:44La mère d'Inès Messelem, Angélique Robert, a accepté de témoigner dans Codesources.
00:49Elle est au micro de Pénélope Gualquirotti.
00:51Attention, certains passages de ce podcast peuvent heurter votre sensibilité.
01:06Je rencontre Angélique Robert chez elle, dans sa maison de campagne de Saint-Secondin,
01:10à 45 minutes de route de Poitiers.
01:12Dans le salon, un mur est rempli de photos de chats.
01:15La fille cadette d'Angélique, Sonia, étudiante de 22 ans, s'installe à ses côtés pour l'interview.
01:20Elle est là pour la soutenir, lui tendre un mouchoir ou lui caresser le dos
01:24lorsque la tristesse la submerge.
01:26Parfois, Sonia aussi a une larme qui coule sur sa joue.
01:31Angélique naît en 1976 à Villeneuve-Saint-Georges, dans le Val-de-Marne, en région parisienne.
01:36Sa mère est aide-soignante et son père magasinier.
01:39Quand elle a 18 ans, elle rencontre son compagnon.
01:41Elle donne ensuite naissance à ses deux fils, Mehdi et Yacine.
01:45Leur troisième enfant, Inès, naît en 1999.
01:49Inès, déjà bébé, c'était un bébé très mignon, qui pleurait très peu.
01:56En fait, elle est née aussi dans des circonstances un peu dramatiques,
01:58parce qu'elle est née, dix jours après, j'ai perdu mon frère.
02:03Voilà, donc ça pleurait beaucoup, bien évidemment.
02:05Et donc, ces premières semaines se sont déroulées un peu, on va dire, dans la tristesse.
02:11Je me suis beaucoup raccrochée à elle, on va dire, quand elle était tout bébé.
02:18Je pense qu'elle le sentait, certainement, parce qu'elle était vraiment adorable, elle était très mignonne.
02:23C'était une enfant très mignonne, très timide.
02:26Quand une nouvelle année scolaire commençait, par exemple,
02:29elle avait du mal un peu à aller vers les autres et se faire des nouveaux amis.
02:33La famille déménage à Nior dans les Deux-Sèvres en 2000.
02:36Et trois ans plus tard, Angélique accouche d'une deuxième petite fille, Sonia.
02:39Le foyer coule des jours paisibles jusqu'en 2010.
02:43Alors, le père de mes enfants est décédé en 2010.
02:47Il avait un cancer des poumons.
02:50Voilà, donc c'était un premier gros choc déjà dans nos vies,
02:53parce que les enfants n'étaient pas très très vieux.
02:56Et donc, il a fallu se reconstruire sans lui, en fait, tous les cinq.
03:01Après son bac, Inès, la troisième de la fratrie,
03:04s'oriente vers une licence professionnelle dans l'accompagnement social.
03:07Elle part donc vivre à Poitiers pour ses études,
03:09où sont aussi parties étudier ses deux grands frères.
03:12En 2018, sa mère Angélique déménage elle aussi près de Poitiers,
03:15avec sa petite dernière, pour se rapprocher de tous ses enfants,
03:18et surtout d'Inès, avec qui elle a une relation fusionnelle.
03:21On se voyait toutes les semaines, on se voyait même plusieurs fois par semaine.
03:26Quand elle habitait sur Poitiers, on passait pas une semaine sans se voir ou sans se téléphoner,
03:30mais on se téléphonait quasiment tous les jours.
03:32Le soir, on se faisait des appels visio et on cuisinait ensemble.
03:37C'était une jeune femme, pas très grande, à peu près, un tout petit peu plus grande que moi.
03:43Brune, avec les cheveux très très frisés, vraiment des bouclettes.
03:48Avec toujours le sourire.
03:49Elle avait une dent de travers, mais elle s'en fichait en fait, ça la dérangeait pas,
03:54elle souriait à pleines dents, tout le temps.
03:55A côté de ses études, puis de son travail dans le secteur social,
03:59Inès s'investit dans des associations,
04:01notamment dans une structure qui vient en aide aux personnes réfugiées.
04:04C'est là qu'elle fait la rencontre d'Abib, un demandeur d'asile afghan.
04:07Au début, ils sont juste amis.
04:11Elle l'aide dans ses démarches.
04:13Elle l'aide à cette époque-là, il était en demande de papiers, de titres de réfugiés.
04:20Du coup, elle l'aide, elle se donne à fond.
04:22C'est clairement grâce à elle qu'il a obtenu ses papiers.
04:25Parce que c'est vraiment investi, corps et âme.
04:29Et il peut la remercier pour ça, parce que c'est grâce à elle qu'il a eu ses papiers.
04:34Inès et Abib entament une relation au printemps 2023.
04:37Elle a 23 ans et lui, 10 de plus.
04:39Rapidement, Abib quitte son foyer pour personnes réfugiées
04:42et emménage dans le studio de la jeune femme à Poitiers.
04:45Inès le cache un temps à sa mère, avant de lui présenter.
04:48Il est assez grand, fin, les cheveux noirs, raides, les yeux bleus.
04:54Dans sa présence, on est très mal à l'aise, Sonia et moi.
04:59Sans savoir pourquoi, en fait.
05:00Mais moi, je ne me sens pas du tout à l'aise avec lui, en fait.
05:04Pas du tout.
05:06Et en fait, avec moi, ça ne passe pas, en fait.
05:09Je n'arrive pas avec lui.
05:11J'ai beau faire des efforts, en fait, je l'ai vu quelques fois.
05:14Il est venu ici deux, trois fois.
05:15On s'est vu en extérieur.
05:17Et moi, avec lui, ça ne passe pas du tout.
05:20Je sens quelqu'un de très faux.
05:21Je sens quelqu'un de pas sincère, en fait, avec elle, qui joue.
05:27Je lui ai dit clairement, ce n'est pas quelqu'un pour toi.
05:30Il ne te rendra pas heureuse.
05:32Tu n'as aucun avenir avec lui.
05:33Il ne faut pas que tu restes avec lui, quoi.
05:36Malheureusement, elle est amoureuse.
05:38Alors, non seulement, il ne voulait plus nous voir,
05:40mais en fait, quand elle venait le week-end, des fois,
05:43le dimanche matin ou dès le samedi soir,
05:45il lui mettait la pression pour qu'elle rentre plus tôt.
05:47Donc, lui ne voulait pas nous voir.
05:49Mais en fait, je pense qu'il n'acceptait pas non plus qu'elle nous voie.
05:51Je pense que s'il avait pu l'isoler et l'éloigner de nous complètement,
05:55il l'aurait fait, en fait.
05:59Inès ne veut pas entendre les mises en garde de sa maman.
06:01Elle se braque et défend son compagnon.
06:04Angélique trouve, elle, que l'état de sa fille se dégrade.
06:06Elle perd confiance en elle.
06:08Elle se trouve plein de défauts, en fait,
06:10qu'avant, elle ne disait pas, en fait.
06:12Elle se trouve grosse, elle se trouve moche,
06:13elle ne sait pas cuisiner.
06:15Il l'a tellement dénigré, il l'a tellement rabaissé, en fait,
06:18qu'elle perd complètement confiance en elle.
06:19Plus le temps passe et plus la relation d'Inès et Habib se dégrade.
06:24Un jour, ils se sont pris la tête et elle lui a demandé de partir.
06:30Et donc, ils se sont séparés.
06:32Et donc là, quand ils se séparent,
06:34elle se met en recherche d'une maison.
06:36Déjà, à cette époque-là, il commençait déjà à la harceler.
06:39Il allait à son travail, à l'attendre le soir,
06:42il l'appelait 50 fois par jour.
06:44Et j'avais peur qu'elle craque, clairement.
06:46Et du coup, je lui dis, tu te déménages, c'est bien.
06:48Comme ça, au moins, il ne saura pas où tu habites.
06:51Et tu vas pouvoir réécrire une page, quoi.
06:54En février, elle a sa nouvelle maison.
06:56Et je pense que peu de temps après, il est revenu, en fait.
07:00Inès et Habib se remettent ensemble,
07:02mais la relation redevient conflictuelle.
07:04Elle décide de le quitter définitivement en juin 2025.
07:07Quand elle lui dit clairement, je ne t'aime plus,
07:11je ne veux plus continuer avec toi,
07:14elle lui dit de partir.
07:15Et en fait, il refuse de partir.
07:17Il reste chez elle, en fait.
07:19Et donc, ça dure facile un mois.
07:22En fait, elle en avait marre.
07:24Elle n'arrivait pas à se débarrasser de lui.
07:27Et jusqu'au jour où il est parti.
07:29Donc, il part.
07:30Et là, on se dit, ouf, enfin, hein.
07:33Et malheureusement, ce n'était pas fini.
07:35C'était que le début, en fait.
07:37Un mercredi soir, Habib passe devant chez Inès.
07:39Elle est sur le perron avec un ami mécanicien
07:42en train de regarder sa voiture.
07:44Cette scène l'enrage et il appelle Angélique.
07:46Là, il la voit avec un autre homme et il devient fou.
07:50Il nous appelle.
07:51Et alors qu'il était 21h30, 22h, un truc comme ça.
07:54Il nous a dit, venez, sinon je prends un couteau,
07:55je plante tout le monde.
07:58Et pendant qu'on était au téléphone ensemble, en fait, avec lui,
08:01il frappe à la porte.
08:03Il frappe, frappe, frappe, et elle ne veut pas ouvrir.
08:05Et donc là, il s'énerve et il commence à taper dans le carreau de sa fenêtre de salle à
08:10manger.
08:11Mais en fait, il tape tellement fort qu'on a tous peur qu'il pète le carreau, en fait.
08:15Et sa voisine entend tout ça et appelle la police.
08:20Et du coup, ça le fait fuir.
08:23Je pense que ce soir-là, le fameux dimanche, elle a eu très peur.
08:26Et que du coup, elle s'est dit, il faut faire quelque chose, en fait.
08:31Et donc, voilà, elle porte sa première plainte le lendemain
08:33et elle déballe tout ce qui s'est passé pendant ces deux années, en fait.
08:37Inès retourne vivre chez sa mère pour se protéger.
08:39Un jour, Angélique tombe sur la plainte déposée par sa fille.
08:42Et c'est seulement à ce moment-là qu'elle découvre l'ampleur des violences qu'a subie Inès.
08:46Une plainte qu'elle accepte de nous lire aujourd'hui.
08:49Voilà, c'est là.
08:51Je voulais apporter d'autres précisions concernant les sodomies qu'il m'imposait.
08:56Je n'en ai jamais eu envie.
08:59Et à chaque fois qu'il me demandait de le faire, je lui disais non.
09:03Des fois, son insistance durait pendant 30 minutes.
09:05Et ça me poussait à craquer pour avoir la paix.
09:09Sur toutes les relations sexuelles, quand il en avait envie et moi pas,
09:13l'option « on ne fait rien » n'existait pas.
09:16Il fallait obligatoirement que je choisisse entre la sodomie, la fellation ou la pénétration vaginale.
09:24Voilà.
09:25Moi, je tombe de haut, je suis abasourdie.
09:28Je me dis qu'elle ne mérite pas de subir tout ça.
09:31Personne ne mérite ça.
09:32Je suis obligée de m'asseoir même quand je lis la plainte parce que je suis choquée.
09:36Je ne savais pas, je ne m'attendais pas à ça.
09:39Dans sa plainte, Inès a aussi déclaré aux policiers que son compagnon l'étrangle régulièrement.
09:43Soi-disant pour s'amuser.
09:45Et là, vraiment, je tombe de haut parce que je me suis dit, en fait, pendant tout ce temps,
09:48elle a subi tout ça et elle ne nous a jamais rien dit, elle nous a tout caché, elle n
09:52'a jamais rien montré.
09:54Et de là, donc, j'en parle à mon autre fille parce qu'elle n'en avait pas parlé non
09:57plus à sa soeur.
09:58Et de là, donc, j'en parle avec Sonia.
10:00Et je lui raconte tout ce qu'il a décrit, toutes les horreurs qu'il a décrites dans la plainte.
10:05Malgré la déposition de cette première plainte, les violences d'Abib continuent, sous forme de trac et de harcèlement.
10:10Il n'arrête pas, en fait. Il la harcèle régulièrement au téléphone. Elle le bloque sur tous les réseaux.
10:15Il lui parle par mail. Il va la voir un jour à son travail.
10:19Ce jour-là, elle appelle la police une première fois à son travail.
10:22La police vient et, au final, la police lui dit de partir et de ne plus revenir ici.
10:31Ensuite, il va même jusqu'à mettre son numéro de téléphone sur les portes des toilettes du foyer où c
10:39'est qu'il vivait, là, à Poitiers.
10:41Sur toutes les portes des toilettes, il met le numéro de téléphone d'Inès en marquant « sexe pour 30
10:45roupies ».
10:47Qu'est-ce qu'il fait d'autre ?
10:48Ah oui, un jour, il lui a envoyé un message en lui disant « Je vais te donner une mort
10:54dont le monde entier se souviendra ».
10:58Donc, ce message, elle le reçoit. Elle est là avec moi.
11:01Donc, elle a quand même reçu des menaces de mort.
11:04Il ne se passe rien, en fait.
11:06Elle dépose plainte. « Merci, madame. Rentrez chez vous. »
11:10Moi, je commence à avoir de plus en plus peur au cours de l'été parce que je vois qu
11:13'il est obsédé, en fait.
11:14Il est obsédé par elle. Il ne pense qu'à elle.
11:17En fait, il ne va jamais s'arrêter.
11:19Elle pensait, là, dernièrement, à quitter Poitiers, carrément.
11:23Elle avait de plus en plus peur.
11:24Elle parlait même de se mettre en arrêt de travail, carrément, pour ne plus aller à Poitiers.
11:28Elle avait peur, quoi.
11:36Durant l'été, Angélique accompagne plusieurs fois sa fille au commissariat de Poitiers.
11:40En tout, elle porte plainte à cinq reprises.
11:42Les policiers donnent à Inès un téléphone grave danger,
11:45qui lui permet de les contacter directement lorsqu'elle se sent menacée.
11:49Le samedi 6 septembre, avec son téléphone en poche,
11:52Inès se rend avec une amie à Poitiers pour une manifestation.
11:55Et en fin d'après-midi, Angélique reçoit un coup de fil de sa fille.
11:59Dans la soirée, en fait, elle m'appelle.
12:01Elle me dit, en fait, il m'a traqué toute l'après-midi, de 14h à 17h.
12:06Elle ne pouvait pas faire un pas, en fait.
12:08Il était derrière elle.
12:09Elle rentrait dans un magasin.
12:10Elle ressortait.
12:10Il était derrière.
12:12Partout où elle allait, il la suivait.
12:14Et elle s'est réfugiée dans un petit snack où ils font des bubble tea.
12:19Et donc, elle a déclenché son téléphone grave danger pour la deuxième fois.
12:23La police est venue.
12:24Et donc, ils ont interpellé l'individu.
12:27Et donc là, elle se dit, ben, ouf, je vais être un peu tranquille, quoi.
12:31Donc, elle se sépare avec son amie.
12:33Et elle marche, en fait, elle avait garé sa voiture un peu plus loin.
12:36Elle marche jusqu'à sa voiture.
12:37Et en fait, pendant qu'elle marche, elle le voit sortir du parking, là où elle avait garé sa voiture.
12:43Et elle a peur.
12:44Et du coup, elle demande à des passants, à un couple de personnes âgées, de l'accompagner jusqu'à sa
12:49voiture.
12:51Et donc, elle me raconte ça.
12:52Mais je dis, mais c'est incroyable, en fait.
12:53Ils l'ont interpellé.
12:55Ils ne l'ont même pas gardé.
12:56Je ne sais même pas, en fait, s'il s'est passé tellement peu de temps entre le moment où
12:58il a été arrêté et le moment où elle l'a recroisé ensuite,
13:03que je me suis même, limite, demandé s'ils l'avaient emmené jusqu'au commissariat, en fait.
13:07Ils n'ont absolument rien fait.
13:10Le soir, le fils de sa voisine l'appelle pour lui dire qu'habit brodait derrière chez elle.
13:14Elle décide d'aller porter plainte avec sa mère dans les jours qui suivent.
13:17Mais avant ça, deux jours plus tard, Inès décide de passer chez elle.
13:22Sa mère la croise le matin, avant qu'elle parte au travail.
13:26Vers 16h, elle m'envoie un message.
13:27Elle me dit, je passe vite fait chez moi, à la boîte à lettres, récupérer mon courrier et j'arrive.
13:35Et je lui dis, ok.
13:37Je lui dis, je suis en train de faire du riz au lait.
13:39Et là, elle me dit, miam, je vais me régaler.
13:42Et vers 18h.
13:44Je ne sais pas pourquoi, parce qu'en fait, en soi, à 18h, c'est encore très tôt.
13:48Je n'avais pas de quoi m'inquiéter, mais je ne sais pas.
13:50Je suis prise d'angoisse, en fait.
13:52Je l'appelle, j'essaie de l'appeler, je lui envoie des messages.
13:55Et elle ne me rappelle pas.
13:57Et j'appelle mon autre fille.
13:58Et je lui explique, donc je lui dis, écoute, Inès, elle ne me répond pas.
14:02C'est bizarre.
14:03Je m'inquiète.
14:04Est-ce que tu peux aller voir chez elle si tu trouveras sa voiture ou je ne sais pas.
14:09Et donc, mon autre fille, elle prend une trottinette.
14:12Et elle part chez elle.
14:14Et en fait, pendant toute la route où elle va chez elle, on reste en contact téléphonique.
14:20Et quand elle arrive là-bas, elle me dit, maman, il y a les pompiers, il y a la police,
14:25il y a plein de véhicules.
14:28Et elle marchait, en fait, pour aller vers la maison.
14:31Et elle s'est fait stopper, en fait, par la police.
14:34On lui a demandé qui c'était.
14:36Donc, elle a dit, je suis sa soeur.
14:37Et la dame lui dit, restez ici, quelqu'un va venir vous parler.
14:42Et là, en fait, j'ai compris.
14:43Quand j'ai entendu ça, j'ai compris.
14:48Donc, la dame, elle est venue lui annoncer qu'Inès, elle était morte.
14:54Je ne sais pas pourquoi elle est rentrée dans la maison, en fait.
14:56Ce n'était pas prévu qu'elle rentre.
14:58Je pense qu'elle a dû vouloir aller prendre ses affaires de sport plus tôt, pour aller à la salle.
15:04Elle ne devait pas rentrer dans la maison.
15:07Mais, malheureusement, elle est rentrée.
15:12Inès est morte à 18h15, poignardée plusieurs fois par son ex-conjoint, Habib.
15:17Angélique est anéantie.
15:18Elle se rend directement sur les lieux.
15:20Les frères d'Inès diffusent la photo d'Habib sur les réseaux sociaux,
15:23en espérant qu'il soit interpellé rapidement.
15:25Mais il n'a toujours pas été retrouvé.
15:27On ne sait pas où ça en est l'enquête, on ne sait rien du tout.
15:32Ça aussi, c'est horrible, en fait.
15:33C'est de ne pas savoir et de savoir que lui, il est encore vivant, en train de faire sa
15:39vie,
15:39de manger, rire, boire.
15:42C'est atroce, en fait.
15:44C'est atroce.
15:45Le lendemain, Angélique porte plainte contre Habib et contre la police de Poitiers
15:49pour non-assistance à personne en danger.
15:51Angélique est sidérée que rien n'ait été fait pour éloigner Habib de sa fille.
15:56Ils sont aussi coupables que lui, en fait, parce que deux jours avant, ils l'avaient.
16:00Ils avaient tous les éléments qu'il fallait pour l'interpeller, pour faire quelque chose,
16:05en fait, pour un téléphone grave danger.
16:07Ça ne sert à rien, en fait.
16:08Il fallait, lui, le mettre hors d'état de nuire, tout simplement.
16:12Et Inès serait encore en vie aujourd'hui.
16:14Donc, clairement, ils sont aussi responsables que lui.
16:17Il y a deux coupables dans cette affaire.
16:20En fait, Inès, elle a eu le courage de dénoncer.
16:23Elle a commencé un combat.
16:25Et aujourd'hui, on se doit, en sa mémoire, de poursuivre ce combat envers cet individu
16:30pour qu'il paye pour son crime et envers ceux qui n'ont pas su la protéger
16:35alors qu'ils le devaient.
16:46Pénélope, après avoir recueilli ce témoignage, tu as posé des questions
16:49par mail au commissariat de Poitiers, à la procureure de la République
16:53ainsi qu'à la préfecture de la Vienne.
16:55Tu n'as pas eu de réponse.
16:57Mais, fin septembre, un policier de Poitiers, un enquêteur anonyme,
17:01avait publié une lettre ouverte, adressée principalement et en premier lieu à ses collègues,
17:06lettre dans laquelle il dénonce des problèmes structurels depuis des années.
17:11Oui, tout à fait. Il dénonce des manques de moyens, également une surcharge de travail,
17:15ce qui fait qu'il est obligé de faire des choix dans ses dossiers, d'avoir des priorités,
17:20ce qui peut conduire parfois à des drames, comme il a pu se passer avec Inès Messelem.
17:24Il pose aussi la question, comment quatre enquêteurs de Poitiers peuvent gérer convenablement
17:29500 affaires de violences intrafamiliales ?
17:31La mère d'Inès Messelem, Angélique, elle t'a dit quoi sur cette lettre ouverte d'un enquêteur de Poitiers
17:36qui semble confirmer qu'il y a des dysfonctionnements ?
17:39Alors elle explique qu'avec cette médiatisation de l'affaire, elle ne veut pas particulièrement
17:43pointer du doigt la police de Poitiers, mais elle en veut plus généralement au système.
17:48Elle pense qu'il y a un problème national, qu'il y a encore trop de femmes qui sont tuées
17:51par leur conjoint ou leur ex-conjoint.
17:53D'après l'association Nous Toutes, 123 femmes ont été victimes d'un féminicide
17:58depuis le début de cette année 2025.
18:01Pénélope, aujourd'hui, Angélique envisage de déménager avec la sœur d'Inès
18:06pour se rapprocher de ses garçons.
18:07Oui, tout à fait. Angélique a peur parce qu'elle vit encore avec Sonia dans une maison
18:11où Habib est déjà venu, donc il sait très bien là où elle vit.
18:15Et donc, elle veut se rapprocher de ses fils pour être plus en sécurité
18:19et pour ne pas risquer qu'Habib, qui est toujours en liberté et recherché par la police,
18:24puisse s'en prendre à eux.
18:25Merci Pénélope Gualquierotti.
18:27Cet épisode de Codesource a été produit par Thibault Lambert.
18:30Prise de son et réalisation éthène contestabilée avec Julien Moncoucliol.
18:35Codesource est le podcast quotidien d'actualité du Parisien.
18:39Un nouveau sujet chaque soir de la semaine, du lundi au vendredi.
18:42Merci de votre confiance.
18:43Merci d'avoir regardé cette vidéo !
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