- il y a 9 heures
Avec Paul Melun, écrivain et éditorialiste et auteur de "Plouc Story" (Editions Fayard)
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##LA_VERITE_EN_FACE-2026-03-18##
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NewsTranscription
00:00Le Grand Matin Sud Radio, la vérité en face, Jean-François Aquili.
00:05Avec notre invité ce matin, Paul Melun. Bonjour Paul Melun, bienvenue.
00:10Bonjour Jean-François.
00:11Alors chroniqueur, essayiste, éditorialiste, vous êtes sur France Info TV désormais.
00:17Exactement.
00:17Après l'avoir été éditorialiste sur CNews, Paul Melun, vous signez Plouk Story que j'ai dans les mains.
00:25Enfin, c'est un roman que vous publiez chez Fayard sur la France des silencieux, des oubliés,
00:33qui résonne particulièrement au cœur des élections municipales, j'ai envie de dire,
00:37parce qu'il décrit et dénonce en même temps en creux une société qui est quand même cloisonnée à deux
00:45vitesses.
00:47Vous en êtes l'auteur, vous en êtes presque l'acteur, je dirais, on va en parler dans un instant.
00:51On va raconter ce qu'évoque Plouk Story. J'ai avancé assez loin dans la lecture de votre roman.
00:58Je n'arrive pas à savoir si c'est une autobiographie, mon cher Paul, ou si c'est une vraie
01:04fiction.
01:04Il y a toujours une dimension d'autobiographie, surtout que là c'est un premier roman.
01:10Donc forcément, je mets de moi dans ce livre.
01:13Mais mon personnage n'est pas moi.
01:16Mon personnage, c'est un garçon.
01:17Ça pourrait être beaucoup de jeunes hommes, de jeunes femmes d'ailleurs, qui vivent dans des petits villages.
01:23Ils vivent dans un village que j'ai inventé, que j'appelle Chanteuil-sur-Ciron,
01:25qui serait un petit village du Sud-Ouest, qui est un peu le village emblématique.
01:29C'est de là d'où vous venez, Sud-Ouest ?
01:31Moi j'ai grandi en Gironde, c'est pour ça que je prends des lieux que je connais,
01:35des lieux qui m'inspirent, des lieux que j'aime d'ailleurs, parce que j'aime la Gironde.
01:38C'est un beau département et lui, il ne vit pas dans la Gironde chic, classe dont on parle,
01:44genre Saint-Émilion, le bassin d'Arcachon, Bordeaux.
01:47Lui vient d'un petit village qui est un peu le village français type, vous voyez,
01:53avec les pavillons, la petite place, mais qui n'a pas un grand intérêt historique ou architectural.
01:58Ce que d'aucuns ont appelé jadis la France moche, ce qu'on a caricaturé, ce qu'on a parfois
02:05méprisé.
02:05C'est pour ça que je dis que c'est la France des plouques en gros.
02:07Moi je le dis évidemment avec du second degré, parce que je n'aime pas ce mot et je le
02:10trouve insultant.
02:10Oui, vous le dites avec une forme de tendresse également.
02:14Mais il y a des séquences au hasard, de mémoire, il y a une soirée barbecue entre amis,
02:20ça se passe dans des pavillons, il y a Kim qui est là, une jolie jeune femme,
02:25qui a les ongles peints, qui est devant vous, elle vous provoque parce qu'elle scrolle,
02:31elle regarde Tinder, j'imagine, elle regarde des messieurs musclés, vous lui passez dans le dos,
02:36vous êtes un peu jaloux parce qu'elle ne vous calcule pas.
02:40Puis vous, le personnage, et puis il a d'autres aspirations, d'autres inclinations personnelles dans sa vie sentimentale,
02:47sa vie sexuelle, il se révèle différent en réalité, il n'est pas hétéro.
02:52Bref, ça se passe dans un endroit, dans des milieux.
02:56Les parents même du héros, il les décrit, le père, il a une sorte de portrait un peu...
03:03Il est un peu dur avec son père.
03:05Un peu mi-figue, mi-raisin, en revanche la mère, il se demande, qui est une très jolie femme,
03:09qui donne le change, qui est toujours joyeuse, heureuse,
03:11si elle n'est pas un peu perdue à s'ancrer comme ça dans son coin de France.
03:17À la fois, il y a ce partage, et vous laissez décrire tout ça, Paul Melun,
03:20parce que c'est l'aspect de la dimension très sociale, très française de ce récit.
03:25C'est cette envie d'ancrage local, et au fond, c'est ce sentiment aussi d'être complètement laissé au
03:33bord du chemin,
03:34de ne pas être dans quelque chose qui se passe par-dessus nous.
03:37Oui, vous mettez dans le mille, c'est exactement ça.
03:39C'est-à-dire que c'est vraiment...
03:41Et ce couple, les parents de mon personnage, incarnent assez bien cela.
03:45C'est-à-dire qu'ils ont, moi je trouve, il y a beaucoup de tendresse dans les descriptions
03:49qui sont faites de l'un et de l'autre dans le livre.
03:51La mère, elle est dog-sitter, vous savez, elle garde, elle a une pension canine dans la maison
03:56parce qu'elle fait ça à domicile pour se faire un peu de sous.
03:58Le père de famille, lui, il fait des affaires sur le bon coin,
04:01il va à Emmaüs acheter des vieux objets, qu'il retape, etc. pour faire un peu de sous.
04:06C'est un peu le roi du système D et tout ça.
04:08Et je trouve que la littérature, la force et la grandeur de la littérature,
04:12c'est aussi faire le portrait des simples gens.
04:14C'est-à-dire que la littérature n'est pas ni, quand on lit, un privilège pour réserver à une
04:20élite,
04:21ni sur les items, ni sur les thèmes que l'on traite, que l'on aborde.
04:24Il faut que la littérature décrive l'ensemble du monde, l'ensemble de la société.
04:28Et moi, les grands auteurs que j'admire un milliard de fois plus que la plupart des auteurs contemporains,
04:33les auteurs du 19e siècle, quand vous lisez Balzac, Stendhal, Zola...
04:37Il y a quelque chose de Balzac, le héros...
04:40Oui, c'est un héros balzacien.
04:42Total. Il monte à Paris et il se...
04:45Réussir sa vie.
04:45Il se confronte au grand monde.
04:48Absolument.
04:48Et là, Paul Melun, vous racontez ce que des millions de Français ont pu ressentir.
04:54Vous en avez un devant vous, qui vous interroge d'ailleurs.
04:57Cette espèce de ligne de fracture, quand vous êtes au fond de votre province,
05:01et vous arrivez dans le grand monde à Paris, et puis vous n'avez pas les codes, en fait.
05:04Et puis vous devez vous hisser là-dedans, et au fond, c'est là que les ennuis commencent.
05:09Absolument, et peut-être que certains de nos auditeurs ont vécu ça, ou l'imaginent, ou le constatent.
05:14C'est-à-dire que beaucoup de gens en France ont grandi en province,
05:19loin des lieux de pouvoir, loin des très grandes entreprises,
05:22loin des cercles politiques, institutionnels, loin des grands médias, etc.
05:27Et puis, pour une raison ou pour une autre, pour leur boulot, pour leurs études,
05:30ont dû monter à la capitale, comme on dit.
05:32Et parfois, on subit une forme de mépris social.
05:36On les a renvoyés à leur province. Pourquoi ?
05:38Parce qu'ils avaient un accent du pays.
05:39Parce qu'ils n'avaient pas été dans les bons lycées privés de l'Ouest parisien.
05:43Parce qu'ils n'avaient pas un père ou une mère qui avait eu une carrière extraordinaire, etc.
05:47Et ça, c'est quelque chose qui nourrit parfois dans la France du ressentiment, de la colère.
05:52C'est là qu'on fait le lien avec les élections municipales en ce moment.
05:54Le mépris peut créer un vote populiste, nationaliste,
05:58peut créer une rupture avec les structures traditionnelles, une défiance,
06:01voire ce qu'on appelle le complotisme, etc.
06:04Et moi, je pense qu'à tous les beaux esprits qui disent que cette France-là,
06:08elle est en colère, etc. et qui la jugent et la méprisent,
06:11si on veut éviter la montée du vote populiste ou nationaliste,
06:15ou les tensions identitaires ou que sais-je,
06:17il faudrait peut-être commencer par arrêter de mépriser tout ce qui est au-delà du périphérique parisien.
06:21Et peut-être que ça irait mieux.
06:22Ce qui est extraordinaire avec vous, quand on vous interview, Paul Molin,
06:25c'est que vous enlevez au fur et à mesure toutes les questions qui jaillissent.
06:27Oh là là !
06:28Elles sont balayées.
06:29Mais à coup de part.
06:30Non, non, non, au contraire.
06:31Au contraire, c'est très intéressant parce que c'est vrai que vous l'inscrivez dans le contexte,
06:35mais pas seulement des élections municipales,
06:37de la montée de ce que nous appelons les extrêmes,
06:40au fond, de mouvements de partis qui se veulent populaires,
06:43le Rassemblement National d'un côté, la France Insoumise de l'autre,
06:46qui deviennent prépondérants aujourd'hui dans le débat public,
06:48avec effectivement, de façon corollaire, des comportements,
06:54des dérives parfois même populistes,
06:58que ce soit même, vous évoquiez, le complotisme à l'instant,
07:02la méfiance des élites.
07:04Et au fond, ça décrit une espèce de France qui se fracture aujourd'hui.
07:09C'est dans Plouk Story tout cela.
07:11Ces contenus, c'est porté par ce héros qui monte à Paris.
07:15Qu'est-ce qui lui arrive, au fait, quand il débouche dans la capitale ?
07:19Lui, il a un rêve, mon personnage.
07:21C'est là que nos chemins se séparent et qu'on est assez différents, lui et moi.
07:24Lui, il ne veut pas être écrivain comme moi.
07:26Lui, il veut être influenceur.
07:28Parce que dans sa génération, être influenceur, c'est quand même fabuleux.
07:31Vous gagnez vite des sous, vous avez de la gloire, de la célébrité.
07:35Lui, il veut plaire aux filles, il veut être le plus beau du quartier, il veut vraiment réussir sa vie.
07:40Et pour lui, la réussite, quand il scrolle, comme on dit maintenant,
07:44quand il fait défiler des vidéos sur son téléphone portable, sur les réseaux sociaux,
07:48il voit toutes sortes de choses qu'il trouve fabuleuses.
07:50Il voit des gens sur un bateau en Italie, sur un Riva luxueux, etc.
07:55Il voit des gens dans des palaces, il voit des gens, pourquoi pas, à Dubaï ou je ne sais où.
07:59Et ce monde-là, mais comme des milliers de jeunes en France, le transcende.
08:03Et il se dit, mais c'est quand même, au fond, assez merveilleux de pouvoir vivre cette vie-là,
08:07qui change de la grisaille de son village.
08:09Son village, il est malgré tout, somme toute, assez banal.
08:12En tout cas, lui, il n'en perçoit pas la poésie qu'il percevra peut-être à la fin du
08:15livre,
08:15ou que moi, je peux percevoir des villages.
08:16Lui, il se dit juste, en gros, je suis dans la France des ploucs, j'en ai marre.
08:20Je veux mener la grande vie.
08:22Je veux vivre comme on vit à Monte-Carlo, je ne sais où.
08:26Et là, c'est la désillusion.
08:27Et c'est la désillusion.
08:28Parce que ça va être plus difficile qu'il ne le croit,
08:30parce qu'on met du temps à devenir influenceur.
08:33Et puis, parce que, je ne vais pas raconter la fin du livre,
08:35mais il y a un certain nombre de coups de théâtre.
08:36Mais en tout cas, il va tout faire pour devenir cet influenceur.
08:39Il a un atout, parce qu'il vient d'un milieu populaire, il n'a pas fait l'étude.
08:42Ça, son atout, c'est qu'il est beau gosse.
08:44Et ça, quand on veut être influenceur, ça peut être utile.
08:46Donc, il va utiliser tous ses atouts.
08:49On dit ça parfois à des femmes, c'est parfois un peu sexiste.
08:52Il y a des hommes qui font ça aussi.
08:53Il va utiliser tous ses atouts pour essayer de réussir.
08:56Et au fond, qui suis-je pour le juger, pour le blâmer ?
08:59Il utilise tout ce dont il dispose pour accéder à ses rêves
09:02et pour être cet homme, cet influenceur qu'il fantasme.
09:06Et j'ai rencontré d'ailleurs pour faire le livre des influenceurs,
09:08ce qui m'a aidé, ce qui m'a inspiré.
09:10On va passer à la suite de l'interview après la pause, mon cher Paul Melun.
09:14Ça passe très vite tout ça.
09:15C'est vrai que votre livre raconte la France des déclassés.
09:17Elle raconte autre chose aussi.
09:18C'est l'autre aspect, l'autre volet qui est passionnant dans votre roman.
09:23C'est au fond le nouveau monde.
09:25C'est-à-dire que nous sommes face à des personnages
09:28qui passent leur temps sur les écrans.
09:31C'est ce que vous avez soulevé, évoqué à l'instant.
09:34Et c'est vrai que ça raconte aussi cette France-là.
09:37Mais ce n'est pas seulement la France.
09:38C'est une pandémie.
09:39C'est mondial, cette histoire.
09:41Allez, on l'évoque plus que story.
09:43La suite, dans un instant, avec vous, Paul Melun.
09:45Si vous voulez réagir, rappelez au 0826 300 300,
09:48juste après la pause pour la suite de La Vérité en Face.
09:55Avec Paul Melun, auteur de Plouk Story, édité par Fayard.
10:00Ce récit d'une France des silencieux, d'une France des oubliés.
10:04Ce jeune héros qui quitte sa province.
10:07Plouk, je dis ça avec beaucoup de tendresse.
10:10Votre serviteur en vient et en est également, je le revendique.
10:14Et vous vous heurtez, enfin le héros se heurte
10:19à tout ce qu'implique ce monde parisien,
10:22ce monde de, on va dire, de faux-semblants.
10:25Et l'autre aspect de ce roman, quasi autobiographique,
10:29avec quand même beaucoup de variations sur ce que vous vivez,
10:32et vous êtes réellement Paul Melun,
10:33mais tout de même, c'est aussi le récit du monde des écrans désormais,
10:38de l'addiction, de ce monde de folie.
10:41C'est un influenceur, enfin il rêve d'être influenceur.
10:44Et vous décrivez très bien,
10:47même au fin fond de la province,
10:48dans des petites maisons de campagne,
10:50ce que sont les jeunes aujourd'hui,
10:52qui au fond sont aspirés par l'algorithme,
10:55et passent leur journée à scroller.
10:57C'est-à-dire que lui, comme beaucoup de jeunes,
10:59avant d'être influenceur, il le sera après,
11:01il est avant tout influencé.
11:04Et c'est-à-dire que, si vous voulez,
11:06lorsqu'il fait défiler son téléphone,
11:08mais peut-être vous, on en a tous fait l'expérience,
11:09moi ça m'est déjà arrivé aussi.
11:10Et pour ce livre, d'ailleurs, je me suis forcé, entre guillemets,
11:13à regarder beaucoup de choses sur TikTok, sur Instagram,
11:15même sur les réels Facebook, etc.,
11:17pour voir ce que ça fait.
11:18Et en fait, on s'y fait très vite,
11:19je vous rassure, je ne suis pas mieux que les autres.
11:21Quand j'ai commencé à regarder les vidéos,
11:23l'algorithme m'a proposé de plus en plus de choses
11:25qui m'intéressaient.
11:26Admettons que vous soyez, je ne sais pas,
11:27fan de cuisine, ou alors fan de cinéma,
11:30on va vous mettre des vieilles scènes de ciné,
11:32fan de cuisine, on va vous dire comment faire des pancakes,
11:34fan de voyage, on va vous montrer des lieux d'exception,
11:37et à la fin, vous plongez,
11:38vous ne faites plus qu'un avec l'écran,
11:40et puis vous faites défiler, comme ça,
11:42inlassablement des images,
11:43vous vous y mettez à 16h,
11:45et puis à 18h, vous vous retournez,
11:46vous vous dites, tiens, il doit être 16h10,
11:47et non, en fait, il est 18h, ça fait 2h,
11:49que vous êtes sur votre portable.
11:50Est-ce que les réseaux sociaux, les RS,
11:54sont des outils d'émancipation
11:58ou des fabriques d'imposteurs ?
12:00Je vais vous faire une réponse de normand,
12:01je pense que c'est les deux,
12:03et que l'imposture
12:06peut avoir un côté poétique,
12:08peut avoir un côté...
12:09J'essaie dans ce livre, si vous voulez,
12:10de ne pas avoir un jugement péremptoire
12:11sur les influenceurs ou sur les réseaux sociaux.
12:14Je ne suis ni technophile, moi,
12:15ni technophobe.
12:16Je pense qu'il y a des choses bonnes
12:18dans les réseaux sociaux,
12:20il y a des choses qui sont...
12:21Certains de ces influenceurs, d'ailleurs,
12:22pas forcément ceux qu'on imagine,
12:24qu'on a vus à Dubaï,
12:25il y a quelque temps,
12:26sous les bombes iraniennes,
12:27mais il y en a quelques-uns,
12:28quand même, des influenceurs
12:29qui savent faire des choses,
12:30qui ont un talent quasiment artistique.
12:33Moi, mon personnage,
12:34il essaie de faire un truc un peu artistique.
12:36Il essaie, par les musiques
12:38qu'il associe aux images, etc.,
12:40de faire des choses.
12:40Vous savez, quand on voit
12:41certaines performances
12:41d'art contemporain aujourd'hui,
12:43bon, ils n'ont pas grand-chose
12:44à envier à certains influenceurs.
12:46Il ne faut pas non plus être
12:46dans le mépris de classe
12:47parce que ce sont des influenceurs.
12:48Certains font des choses pas mal.
12:50Après, il y en a d'autres
12:50qui sont là pour vous vendre
12:51toutes sortes de choses
12:52qui ne vous servent à rien,
12:53une sorte de téléachat
12:54vers son 2.0
12:55qui n'a aucun intérêt.
12:56Donc, c'est comme tout.
12:57C'est comme si vous disiez
12:58je suis contre Internet
12:59ou je suis contre les encyclopédies en ligne.
13:01Le pire, cotoie le meilleur.
13:02Mais, il faut savoir, je pense,
13:04qui suis-je pour donner
13:05des leçons de sagesse
13:06sur les réseaux sociaux ?
13:07Chacun fera bien comme il voudra.
13:08Mais en tout cas, moi, personnellement,
13:09ma discipline de l'esprit
13:10sur les réseaux sociaux,
13:11c'est quand même de faire
13:12des temps de déconnexion réguliers
13:14où je mets mon téléphone
13:15sur mode avion,
13:17je le mets dans un tiroir
13:18et je vais profiter de mon jardin,
13:20de mes amis,
13:21des gens que j'aime, etc.
13:21Et ça, je crois que c'est
13:23une hygiène de vie
13:24que mon personnage
13:25n'a absolument pas
13:26dans Plouk Story
13:26que lui, il n'arrive pas à voir
13:28parce qu'il est très jeune.
13:29Il a 17 ans au début du roman.
13:30Donc, aujourd'hui,
13:31quand vous avez 15, 16, 17 ans,
13:32les réseaux sociaux chez les jeunes,
13:33on en parle beaucoup
13:34dans les débats.
13:35Bon, c'est très difficile
13:36de mettre à distance
13:37votre téléphone.
13:38Vous y êtes complètement accro.
13:39Oui, ça concerne également
13:41pas seulement les jeunes,
13:42également les moins jeunes,
13:44par les vieux,
13:45ceux qui datent
13:45des cabines à pièces.
13:47Si vous voulez,
13:48on n'échappe pas non plus
13:49au téléphone portable.
13:50Sur l'identité,
13:51sur le déracinement,
13:52puisqu'on parle de la France
13:53d'aujourd'hui,
13:54Paul Melun,
13:54au travers de ce qui se produit
13:56à les élections municipales,
13:58est-ce qu'on peut changer
13:59de classe sociale
14:01sans se trahir ?
14:03Et des questions corollaires,
14:04j'ai envie de vous demander également,
14:05est-ce que votre roman
14:07suggère qu'on n'échappe jamais
14:09à son milieu d'origine ?
14:10Alors, est-ce qu'on peut changer
14:11de classe sociale sans trahir ?
14:13Moi, je pense que oui.
14:15Vous savez,
14:16il y a une idée préconçue
14:17qui notamment d'ailleurs
14:18a été nourrie,
14:19moi je viens plutôt de la gauche,
14:20qui a été nourrie
14:21par certaines personnes de gauche
14:22qui ont dit,
14:23finalement non,
14:23tu ne dois pas trahir ta classe.
14:25Du moment que tu gagnes
14:26une certaine somme d'argent par mois
14:27ou du moment que tu peux te payer,
14:29je ne sais pas moi,
14:30une jolie maison,
14:30une jolie voiture,
14:31que tu as un job
14:32de cadre supérieur,
14:33etc.,
14:33ou de chef d'entreprise,
14:34tu n'appartiens plus
14:35à notre monde,
14:36donc à partir de ce moment-là,
14:37tu as trahi.
14:37Non, je pense qu'on peut,
14:40ce qu'on appelle
14:40la réussite sociale aujourd'hui,
14:42vous pouvez l'avoir
14:43sans trahir
14:44votre classe d'origine.
14:45Par contre,
14:46et c'est là que ça fait la jonction
14:47avec votre deuxième question,
14:48ça n'empêche que
14:49vous devez,
14:50je pense,
14:51il y a un impératif
14:51à se souvenir
14:52là d'où l'on vient
14:53et à ne pas trahir
14:55les convictions,
14:56les choses qui vous ont forgées,
14:57à ne pas détruire
14:59ce qui vous a créé,
14:59etc.
15:00Mais ça,
15:00c'est vrai pour tout le monde.
15:01Je crois qu'on se construit
15:02avec des racines,
15:03ce qui ne signifie pas
15:04qu'on ne peut pas s'émanciper.
15:05Moi, je suis pour l'émancipation,
15:07mais vous savez,
15:09vous gardez des racines,
15:10vous gardez des choses
15:10qui vous ont constituées,
15:12une éducation parentale,
15:14des lieux,
15:14des choses.
15:15Et mon personnage,
15:16d'ailleurs,
15:16dans le roman,
15:17lui, malgré tout,
15:18même s'il essaie
15:19de se distancier de ce village,
15:20il lui colle à la peau,
15:22sauf que lui,
15:22il essaie de s'en séparer,
15:23il dit,
15:23moi, j'en veux plus,
15:24etc.,
15:25c'est plus chez moi,
15:25je veux être parisien,
15:26etc.
15:26Et à force,
15:27il essaie,
15:27il essaie,
15:28il essaie,
15:28il n'y arrive pas.
15:29Et en fait,
15:30tout le ramène
15:30à cette origine sociale.
15:32Et je crois que
15:33plutôt que faire
15:34ce que lui fait
15:34dans le livre,
15:35et c'est son erreur,
15:36c'est-à-dire de vouloir
15:36se distancier de son village,
15:38il ferait mieux de chercher,
15:39pourquoi pas,
15:39la réussite dans l'influence
15:40ou je ne sais où,
15:41mais garder un ancrage
15:44affectif,
15:45humain,
15:45personnel,
15:46dans ce village
15:46qu'il a vu naître.
15:47Il ne faut pas être
15:47dans la négation
15:48de ses origines,
15:48je crois que c'est une erreur.
15:49Je vais vous dire,
15:50Paul Molin,
15:51plusieurs de mes amis
15:52qui ont vécu à l'étranger,
15:53qui ont fui leur village
15:54dans le sud,
15:55du côté du Gard et autres,
15:58ils y sont retournés
15:59aujourd'hui,
15:59en fin d'activité,
16:01à la retraite,
16:02ils sont retournés
16:03dans leur maison d'origine
16:05et ont bouclé
16:07une sorte de,
16:07on va dire,
16:08de grand cercle
16:09de vie personnelle
16:10et je retrouve
16:11ces réflexions-là,
16:13ces angoisses même
16:14d'existence
16:15dans Plouk Story,
16:17votre roman.
16:18Laissons le romancier de côté,
16:20l'éditorialiste,
16:21qu'est-ce qu'il pense,
16:22tiens,
16:22parenthèse,
16:23de ses accords,
16:24vous parliez de trahir ses idées,
16:26de ses accords aujourd'hui.
16:28J'étais de bonne humeur
16:29ce matin,
16:29là vous allez me mettre
16:30en rogne.
16:31Entre le Parti Socialiste
16:32et la France Insoumise
16:33dans un si grand nombre
16:33de villes.
16:34Je trouve ça affligeant.
16:35Non, non,
16:36mais je trouve ça affligeant.
16:37Je trouve que l'attitude
16:38d'Olivier Faure
16:39est pitoyable.
16:40Il y a des gens
16:40qui sauvent l'honneur à gauche,
16:42qui ont mon amitié
16:43et mon respect,
16:44à l'instar du candidat
16:45à la mairie de Paris,
16:46Emmanuel Grégoire,
16:47de Raphaël Luxman
16:48et de son mouvement,
16:49de Madame Trottmann
16:50à Strasbourg,
16:51et puis il y en a d'autres
16:52si vous voulez,
16:53voilà,
16:53le candidat à Toulouse
16:54qui va se mettre
16:55derrière M. Picmal
16:56de la France Insoumise,
16:58ça c'est pitoyable.
16:59Et Olivier Faure
17:00qui tout content,
17:01tout sourire,
17:01vient vous dire à la télévision
17:03il n'y aura pas
17:04d'accord national.
17:06Quand il a dit ça,
17:07certains vont dire
17:07c'est bien,
17:08il est courageux fort.
17:09Moi j'ai su tout de suite
17:09que c'était du Olivier Faure,
17:10c'est-à-dire c'est comme
17:11quand vous prenez
17:11un contrat d'assurance
17:12ou dans une banque,
17:13il faut regarder les astérisques
17:14en bas, vous voyez.
17:15Parce qu'avec Olivier Faure,
17:16c'est toujours un double langage,
17:17il y a toujours un mensonge
17:18qui se cache dans une déclaration
17:18d'Olivier Faure.
17:19Il faut détecter le mensonge
17:21et là vous avez la tartufferie.
17:22Et là la tartufferie
17:23c'est qu'évidemment
17:23il dit il n'y aura pas
17:24d'accord national,
17:25la belle affaire
17:26c'est des élections locales.
17:27Donc évidemment
17:27dans tout un tas de villes
17:29les socialistes vont s'allier
17:30avec des gens
17:31dont le leader a dit
17:32gluxman, gluxman
17:33comme jadis Jean-Marie Le Pen
17:34disait conne bendit
17:35ou conne bandit
17:36et donc un leader
17:38à moitié antisémite
17:39ou alors complètement antisémite
17:40des gens qui soutiennent
17:41la jeune garde
17:42qui est une organisation violente
17:43je ne reconnais pas ma gauche.
17:45Vous voyez tous ces débats
17:46que vous soulevez
17:47que vous évoquez Paul Mela
17:48est-ce que Plouk Story
17:49au fond défend
17:50une réconciliation
17:52des classes sociales
17:53ou au contraire
17:55constate une sorte
17:56de fracture
17:58qui serait irréversible ?
17:59Je constate une fracture ?
18:01On dit il y a deux France
18:01mais en fait il y en a plusieurs.
18:03Il y en a plusieurs.
18:03Il y en a plusieurs.
18:04Il y en a avec deux.
18:04Non il y a plein de France.
18:06Mais si on devait faire
18:07une classification
18:09une sociologie
18:10des différentes Frances
18:11il faudra un autre livre
18:12et d'ailleurs
18:13certains l'ont fait
18:14assez remarquablement
18:15je pense à Christophe Guilloui
18:16et Jérôme Fourquet
18:17l'archipélisation
18:18de la France
18:18est très étudiée
18:19que ce soit
18:20sur les quartiers populaires
18:21sur les quartiers bourgeois
18:22sur les quartiers bobos
18:23sur les provinces
18:24dans leur diversité
18:25parce que les Outre-mer
18:26ne sont pas les mêmes
18:27que la Corse
18:27qui n'est pas la même
18:28que le Gard
18:29ou le Sud-Ouest
18:30qui n'est pas la même
18:30que l'Alsace
18:31enfin vous voyez
18:31on ne peut pas amalgamer
18:33en revanche
18:34que le pays soit fracturé
18:35et très fracturé
18:36moi je le déplore
18:36et dans Plouk Story
18:37dans mon roman
18:38j'essaie
18:39par mes personnages
18:40de le démontrer
18:42mais j'essaie aussi
18:43de mettre une lueur d'espoir
18:44et d'inviter
18:45à la réconciliation
18:46mon personnage
18:47rencontre des jeunes gens
18:48ou moins jeunes
18:49qui ne sont pas de son milieu
18:50et dont il se fait des amis
18:52et je crois
18:52beaucoup aux valeurs
18:54de l'amitié
18:56par-delà
18:56les classes sociales
18:57par-delà
18:58les origines
18:58ethniques
18:59sociales
19:00culturelles
19:00culturelles
19:01il a des amis
19:02dans ce bouquin
19:03qui viennent d'un peu partout
19:04certains de ses amis
19:05sont issus de l'immigration
19:07d'autres sont issus
19:08de milieux très favorisés
19:09lui-même
19:10est issu
19:10d'un milieu défavorisé
19:12plutôt
19:12franchouillard
19:13etc
19:13donc
19:15moi je crois
19:15que la réconciliation
19:17déjà des français
19:17entre eux
19:18elle peut exister
19:19parce que
19:19heureusement
19:20nous sommes un grand peuple
19:21et contrairement à ce que disent
19:22les insoumis
19:23etc
19:23nous ne sommes pas un peuple
19:24de racistes
19:25etc
19:25ça n'est pas vrai
19:26et surtout pas dans les territoires ruraux
19:28et dans les provinces
19:28je déteste les préjugés
19:30qui consistent à dire
19:31que dans un petit village
19:32vous êtes nécessairement
19:33sexiste, raciste, homophobe
19:34et toute cette litanie de sottises
19:35ça n'est pas vrai du tout
19:37il n'y a pas plus de racisme
19:38de sexisme et d'intolérance
19:39dans les petits villages
19:40que dans les grandes villes
19:40c'est pas vrai
19:41mais par contre
19:43il y a une France
19:44qui est fracturée
19:44ça c'est sûr
19:45et il faut essayer
19:46de créer des instances
19:47de dialogue
19:48ce que la politique
19:49aujourd'hui ne fait pas
19:50la politique s'adresse
19:51à des boutiques
19:52et des clientèles électorales
19:53M. Mélenchon se dit
19:54je vais parler aux banlieues
19:55je vais parler aux jeunes gens
19:56qui sont issus de l'immigration
19:57etc
19:57arabo-musulmanes
19:59Zemmour va se dire
20:00moi je vais parler aux français
20:01de souche
20:01entre guillemets
20:02et à ceux qui ont peur
20:03du grand remplacement
20:05une partie du bloc central
20:06va parler aux français
20:07qui ont réussi
20:07aux entrepreneurs
20:08à l'élite
20:09aux start-upers
20:10etc
20:10c'est une erreur
20:11on meurt de tout ça
20:12une posture gaullienne
20:14c'est de parler
20:14à tout le monde
20:15quelle que soit son origine
20:17sa couleur de peau
20:18les sous qu'il a
20:19sur son compte en banque
20:20ou son origine géographique
20:21et nous verrons
20:23tout ce que vous soulevez là
20:24sera au coeur
20:25de la campagne de 2027
20:26mon cher Paul Melun
20:27peut-être qu'en 2028
20:28vous écrirez
20:29Plouk Story 2
20:32il est possible
20:33qu'il y ait d'autres
20:33attention
20:34on peut se lancer
20:35dans une sorte de comédie humaine
20:36avec tous les personnages
20:37ben oui
20:37ben oui
20:38welcome
20:39Balzac
20:40merci Paul Melun
20:41Plouk Story
20:42roman vraiment à lire
20:43roman d'époque
20:44si je puis dire
20:45chez Fayard
20:46merci d'être venu
20:47sur le radio
20:48merci de votre invitation
20:49et bonjour
20:50Valérie Expert
20:51mettons nous d'accord
20:52sur quoi ce matin
20:53sur quoi
20:54bien écoutez
20:54qui a eu cette idée folle
20:56de mettre une taxe
20:57sur les petits colis
20:59qui n'a pas pensé
21:00au contournement
21:02dont auraient l'idée
21:05les grandes plateformes
21:06on va parler de ça
21:07dans c'est quoi le problème
21:08parce que je ne sais pas
21:08si vous avez vu
21:09un reportage hier
21:10sur France 2
21:10qui montrait
21:11que les entrepôts
21:13qui accueillaient
21:14ces petits colis
21:14à Roissy
21:15sont vides
21:16il y a des sociétés
21:16qui font faillite
21:17et surtout ça ne change rien
21:18puisque ces petits colis
21:19arrivent en Pologne
21:21dans d'autres pays d'Europe
21:22et sont achetés en France
21:23absolument
21:24et puis on parlera évidemment
21:26des municipales
21:27de ces accords
21:28qui pour le moins
21:29interrogent
21:30voilà 0826 300 300
21:32à tout de suite
21:33bonne émission
21:33qu'il y a beaucoup
21:34qui nous aident
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