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  • il y a 11 heures
Deux semaines après les opérations des Etats-Unis et d’Israël contre l’Iran, Téhéran résiste et bloque le détroit d’Ormuz en poursuivant ses ripostes.
La France, normalement cantonnée à des positions défensives, a perdu son premier soldat dans le Kurdistan irakien et les prix du pétrole d’envolent.
Trump cherche-t-il déjà une sortie ? Quel avenir pour ce conflit ? Quelles conséquences mondiales ?Dans ce nouveau numéro du Samedi Politique, nous décryptons cette nouvelle crise qui secoue la planète et contribue à accélérer la grande bascule mondiale, à l’instar du conflit en Ukraine avec deux experts en géopolitique :

- Pierre-Emmanuel Thomann : docteur en géopolitique, président d’Eurocontinent.eu, contributeur du CF2R du regretté Eric Denécé, auteur du "Couple franco-allemand et le projet européen" (L'Harmattan).
- Alexandre Del Valle : docteur en histoire, géopolitologue, auteur de "Le nouvel ordre post-occidental (L’Artilleur).
Au programme :

- Mort du premier soldat français au Kurdistan irakien : pourquoi la France prend-elle part à cette affaire ?
- Déploiement du Charles-De-Gaulle en Méditerranée : quel intérêt stratégique ?

- Liban sous les frappes : 700 morts dont 100 enfants – la France doit-elle agir ?

- Quelle partition pour Erdogan ?

- Objectifs réels de l’opération Epic Fury (Furie Épique) : où en est-on ?

- Quels sont les objectifs israéliens ?

- Blocage du Détroit d’Ormuz et choc pétrolier

- La Russie gagnante ?



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Transcription
00:04Générique
00:14Bonjour à tous, bienvenue dans ce nouveau numéro du samedi politique.
00:18Vous le savez, il y a 15 jours, les États-Unis et Israël décidaient de frapper l'Iran.
00:23Deux semaines plus tard, Téhéran tient toujours le détroit d'Or musée bloqué.
00:27L'économie mondiale est chamboulée et la France vient même de perdre son premier soldat sur ce conflit.
00:33Alors quelle est donc cette aventure trumpienne ? Quel est l'avenir de cette guerre ?
00:37Et quelles sont les conséquences à prévoir pour le monde ?
00:40Nous allons tenter de répondre à toutes ces questions dans un instant.
00:46Générique
00:54Et à mes côtés pour cette émission, Pierre-Emmanuel Thaumann et Alexandre Delval.
00:58Je commence par vous, Pierre-Emmanuel Thaumann.
01:00Bonjour, monsieur.
01:01Bonjour.
01:02Merci d'être à nos côtés.
01:03Vous êtes docteur en géopolitique, président fondateur d'eurocontinent.eu
01:08où on peut vous lire très régulièrement.
01:09Vous contribuez aussi au site du regretté Éric Denessé, le CF2R.
01:15Et puis vous avez bien sûr écrit de nombreux ouvrages, dont le couple franco-allemand et le projet européen.
01:20C'était aux éditions de l'Armatan.
01:22A ma gauche, Alexandre Delval.
01:24Bonjour, monsieur.
01:24Merci infiniment d'être avec nous.
01:26Vous êtes docteur en histoire, géopolitologue.
01:28Vous avez récemment publié le nouvel ordre post-occidental.
01:31C'est aux éditions de l'Artilleur.
01:34Alors, messieurs, nos téléspectateurs, oui, j'allais oublier de le dire,
01:38peuvent bien sûr retrouver vos ouvrages respectifs sur le site de TVL, sur tvl.fr.
01:43Alors, pour commencer, je vais peut-être commencer avec vous, Alexandre Delval.
01:46Vendredi, nous apprenions la première mort d'un soldat français sur ce conflit.
01:51C'était l'adjudant-chef Arnaud Frion.
01:54Pouvez-vous nous expliquer dans quel cadre les forces françaises sont déployées
01:58et comment cette disparition a-t-elle pu avoir lieu ?
02:01Alors, nos forces sont déployées beaucoup au Kurdistan
02:05et depuis déjà de très nombreuses années.
02:09Et c'était justement dans une ville entre le Kurdistan et l'Irak arabophone.
02:16Nos forces étaient toujours présentes au cas où,
02:21notamment au service, en collaboration avec les Kurdes.
02:25Et je pense que ce n'est pas le résultat d'une cobelligérance.
02:31Je pense que c'est parce que, tout simplement,
02:33c'était la mauvaise personne au mauvais endroit.
02:35L'Iran frappe partout où il peut dans la région,
02:38sur des forces qui sont américaines ou anglaises ou autres,
02:42ou sur les pays du Golfe.
02:43Et il se trouve qu'il y a aussi des Français.
02:45Donc, c'était inévitable que l'on soit cobelligérant ou pas,
02:49qu'on envoie un porte-avions ou pas.
02:51Il était logique qu'à un moment ou un autre,
02:53il puisse y avoir des dégâts sur des forces autres qu'américaines ou israéliennes.
02:57Alors, j'entends dans vos propos une forme de contre-feu.
03:00Déjà, il n'y avait pas d'opération française sur place.
03:03Ah non, aucune opération française.
03:04Est-ce que c'est aussi votre lecture, Pierre-Emmanuel Thaumann ?
03:07Moi, déjà, ça m'affecte personnellement,
03:10parce que j'ai fait mon service militaire à Vars,
03:13dans la division alpine.
03:14Donc, voilà, il provenait de la caserne où j'ai fait mon service.
03:19Et deuxièmement, du point de vue géopolitique,
03:21ce que je déplore, c'est que, évidemment,
03:24lutter contre l'État islamique, c'est très utile.
03:26Mais, en fait, qu'on remonte dans l'histoire,
03:30lorsque la France avait refusé de participer à cette opération en Irak en 2003,
03:36la France avait eu raison,
03:38parce que les catastrophes géopolitiques qui sont venues après
03:41ont prouvé que la France avait raison.
03:43Et, en quelque sorte, nous nous sommes un petit peu alignés
03:48sur la position des États-Unis,
03:51par la suite, en fait, en nettoyant, en faisant la vaisselle,
03:55après les dégâts de cette opération américaine,
03:58en luttant contre l'État islamique,
04:00qui a émergé après cette intervention catastrophique.
04:05Et là, on voit à nouveau les dégâts de cette opération.
04:09Et aussi, ce dont j'ai peur, c'est qu'en fait,
04:14la France, avec ses accords bilatéraux des pays du Golfe,
04:18se trouve de facto impliquée.
04:21Et à l'époque, je me souviens,
04:23alors là, c'était la présidence de Nicolas Sarkozy,
04:25il avait installé cette nouvelle base aux Émirats rubis-unis,
04:29par exemple.
04:31Et à l'époque, déjà, les souverainistes disaient,
04:34attention, si on ouvre une base en face de l'Iran,
04:38de facto, au lieu d'avoir une politique d'équilibre
04:41face aux conflits à venir,
04:43nous allons être de facto aspirés dans les conflits régionaux.
04:48Et c'est de ceux-là dont je crains,
04:51parce que je pense que la posture française devrait être celle d'une nation d'équilibre
04:56par rapport à ce conflit qui aura des résultats catastrophiques du point de vue géopolitique.
05:00– Une position de belligérant, justement, comme vous l'expliquez.
05:03– Plus que la belligérant, je l'explique dans mon livre,
05:05le problème, ce sont les alliances contraignantes
05:08et les traités bilatéraux de défense
05:10avec des pays qui n'ont pas forcément les mêmes intérêts que nous.
05:14Alors, avec la Grèce et Chypre,
05:16moi, je soutiens ces accords bilatéraux de défense
05:19parce qu'il y a une dimension géo-civilisationnelle,
05:22c'est les pays de l'Union européenne,
05:24on a des intérêts communs, notamment face aux Turcs en Méditerranée,
05:28qui ont voulu mettre en danger des dispositifs
05:31d'exploration pétrolière et gazière offshore,
05:34notamment au sud de Chypre, où Total est présent.
05:36– On a vu Emmanuel Macron se rendre à Chypre, d'ailleurs,
05:39et expliquer que quand Chypre était attaquée,
05:40c'était l'Europe qui était attaquée.
05:42– Ça, ça peut se comprendre.
05:43– Oui, mais l'Europe est muette, quand même,
05:45à l'égard de l'occupation turque.
05:45– Absolument, l'Europe est totalement…
05:46De toute façon, à chaque fois que les Turcs ont voulu menacer,
05:48par exemple, ils ont menacé à un moment l'entreprise italienne Eni,
05:51au sud de Chypre, qui pourtant, les Turcs n'ont aucun droit
05:55sur le sud de Chypre, le seul pays européen qui a bougé
05:59en solidarité des Chypriotes, c'était les Français.
06:01Il n'y en a pas d'autre.
06:01Les Italiens se sont couchés alors qu'ils étaient attaqués
06:03par l'entreprise Eni, mais pour revenir aux Émirats,
06:06très rapidement, là, effectivement, c'est plus discutable.
06:09Est-ce qu'on a forcément des intérêts géo-civilisationnels,
06:12géopolitiques, stratégiques, historiques, directs,
06:15avec les Émirats ? C'est plus discutable.
06:17Chypre et la Grèce, ça peut se comprendre,
06:19puisqu'il y a l'ennemi turc qui nous menace tous ensemble.
06:22Par contre, pour les Émirats, c'est intéressant,
06:25mais ça implique d'être entraîné peut-être dans une guerre
06:29qui ne serait pas la nôtre.
06:29Or, De Gaulle, je le cite à la fin du livre,
06:32De Gaulle, en 1963, dans un fameux discours, disait
06:34« Si la France doit être entraînée dans une guerre,
06:36ça doit être la sienne ».
06:38Et ce n'est pas le cas pour l'Ukraine,
06:39ce n'est pas le cas pour l'Iran.
06:41Vous venez d'évoquer, justement, Erdogan,
06:44le président turc, et ça tombe bien,
06:45c'est la première intervention que je voudrais vous faire écouter.
06:54Israël, qui pense pouvoir assurer sa sécurité en terrorisant la région,
06:58intensifie ses attaques tout en ignorant le cessez-le-feu
07:01déjà en vigueur à Gaza
07:02et a également lancé une offensive contre le Liban.
07:05Notre région est en proie au syndrome de l'arrogance.
07:07Elle est entre les mains d'un réseau meurtrier.
07:09Elle glisse lentement vers le désastre.
07:25Pierre-Emmanuel Thaumann,
07:26ces déclarations, pour vous, elles sont outrancières ?
07:30Alors, lorsque j'écoute les déclarations de M. Erdogan,
07:35je ne suis pas fondamentalement en désaccord avec ce qu'il dit
07:39parce que je pense effectivement que cette opération,
07:42va déstabiliser la région
07:43et on aura une situation post-conflit pire que la précédente.
07:49Et effectivement, il y a un suprémacisme américano-israélien
07:52qui est de plus en plus, qui va dans une fuite en avant
07:56pour en fait ne pas partager le pouvoir
08:00ni au niveau régional, ni au niveau mondial
08:03dans ce nouveau monde multipolaire.
08:05Mais par contre, venant de la bouche de M. Erdogan,
08:09je me méfie énormément parce que la Turquie elle-même
08:12est un facteur de déstabilisation majeure aussi en Méditerranée.
08:16D'ailleurs, contre la Grèce, déjà nos partenaires,
08:20Chypre, membres de l'Union européenne,
08:22les crises migratoires poussées par la Turquie,
08:25le soutien à des extrémistes islamistes en Syrie, en Irak.
08:30Et alors, c'est mon interprétation géopolitique aussi,
08:33que c'est les anglo-saxons, les britanniques et les américains
08:36essaient de pousser la Turquie dans les zones aussi
08:39d'influence traditionnelle de la Turquie,
08:43dans le Caucase et l'Asie centrale,
08:46pour l'endiguer peut-être en Méditerranée,
08:49mais qu'elle pousse le pan turquisme vers ces zones
08:52contre la Russie et la Chine.
08:54Et donc, je pense qu'aussi la Turquie est un adversaire de la France.
09:00– J'imagine que vous partagez ce point de vue à l'égard d'Erdogan ?
09:03– Je suis cet individu, par mes livres et mes voyages,
09:08et mes recherches depuis 30 ans, c'est comme une bête politique,
09:10c'est un animal politique, mais il est très fort,
09:13parce qu'il a réussi à paraître…
09:14Là, il utilise le mot « arrogance »,
09:16qui est beaucoup présent dans la phraseologie iranienne-roméniste.
09:21Il est très malin.
09:22Il a un discours qui ressemble presque à celui de l'Empire chiite-roméniste,
09:28mais en fait, son pays a des accords sécuritaires de défense avec Israël
09:32depuis 1996, enfin, il en avait déjà avant, mais renforcés,
09:35et son pays fait partie de l'OTAN,
09:37et son parti est la plus grande armée de l'OTAN terrestre,
09:41et son pays, en plus, abrite des ogives nucléaires américaines,
09:45notamment une sirlique.
09:46Donc, si vous voulez, il est un peu mal placé pour parler des américano-sionistes,
09:49lui-même est à fond avec cette alliance américaine.
09:52Par contre, là où j'ai une toute petite divergence avec ce qui a été dit,
09:55mais je respecte chaque propos,
09:57je pense que l'arrogance, elle s'adresse plus aux américains,
09:59parce que cette guerre n'est pas existentielle pour eux,
10:02et elle n'est pas vitale.
10:03Par contre, qu'on aime ou pas Israël,
10:05Israël est objectivement menacé par l'Iran.
10:08Donc Israël, à mon avis, ne mène pas une guerre d'arrogance,
10:11mais une guerre de survie,
10:13quoi qu'on pense de ce pays, de sa légitimité,
10:15quoi que ce soit.
10:15C'est une guerre de survie existentielle, c'est vital.
10:17Pour les américains,
10:19on sait très bien que Trump voudrait s'en retirer le plus vite possible.
10:22Il a compris qu'il est tombé dans un piège, dans un engrenage.
10:25Pour les américains, ce n'était pas vital,
10:27ou en tout cas, ils pouvaient traiter,
10:28comme en juin dernier,
10:30quelques sites nucléaires.
10:31Il n'a pas besoin d'une opération de cette envigure.
10:34Tandis que pour les israéliens, pour terminer,
10:36il faut liquider le Hezbollah et le Hamas,
10:38puisque Israël ne peut pas vivre harcelé par des ennemis proches.
10:41Le problème d'un proxy, c'est quand il est très proche.
10:43Quand un proxy est très proche,
10:45vos villages ne peuvent pas être en paix.
10:46Donc ça devient existentiel.
10:48Ce n'est pas du tout le cas pour l'Amérique,
10:49qui n'est pas menacée par les roquettes, les kachoukas,
10:52ou même les missiles Hezbollah.
10:54– Et d'ailleurs, qui n'est pas ciblé par la riposte,
10:56ailleurs que sur les bases…
10:58– Absolument, c'est pour ça que moi je pense
10:59qu'il y a deux intérêts divergents,
11:00mais qui convergent momentanément.
11:01Israël et les américains n'ont pas les mêmes intérêts existentiels,
11:04mais il y a une convergence.
11:06L'un avait un intérêt géopolitique,
11:08l'autre existentiel, et ça converge.
11:10Mais là, on voit de plus en plus que l'un voudrait que ça dure,
11:13l'autre non.
11:14Et M. Trump ne sait pas comment se tirer de ce bourbier,
11:18puisque maintenant il y a Hormuz.
11:19Peut-être que demain il y aura la mer Rouge,
11:21et là ce sera encore pire pour les américains.
11:22– Alors justement, si on observe cette question
11:24et les propos de M. Delval,
11:26et qu'on le fait de façon froide et dépassionnée,
11:28j'allais dire, c'est un peu l'œuf et la poule,
11:30parce qu'on comprend bien entendu que l'Iran menace Israël,
11:34mais on constate que d'une certaine façon Israël est également menaçante
11:38à l'égard de l'Iran.
11:39Donc aujourd'hui, comment voyez-vous cela, Pierre-Emmanuel Touman ?
11:42– Alors moi, j'aborde la question à partir de la géopolitique mondiale
11:46et la posture des États-Unis,
11:48et notamment dans le sillage des doctrines anglo-américaines,
11:54depuis le début du siècle dernier,
11:57et qui consiste, lorsque l'on regarde une carte,
12:00de l'encerclement de l'Eurasie.
12:03Alors au départ, c'était surtout contre l'Empire russe,
12:06ensuite l'URSS,
12:09et aujourd'hui, cet encerclement consiste à essayer d'endiguer,
12:15affaiblir, voire à repousser dans leur terre continentale la Russie,
12:20la Chine en Asie,
12:22et l'Iran au Proche et Moyen-Orient.
12:25Et dans ce dispositif des États-Unis d'encerclement de l'Eurasie,
12:33évidemment, ils ont des états-fronts qu'ils utilisent pour,
12:39en fait, dans le contexte actuel,
12:42déstabiliser la région,
12:44parce que comme on va vers un monde multipolaire,
12:46selon moi, ils ont une politique de terre brûlée,
12:49pour les zones qui pourront de moins en moins contrôler,
12:51et en essayant de détruire des alliances émergentes
12:55qui défieraient leur suprémacisme géopolitique mondial.
13:01Et alors, Ukraine, l'État-front des États-Unis,
13:05où selon moi la guerre a été provoquée,
13:07pour torpiller toute idée de partenariat
13:12sur l'axe Paris-Berlin-Moscou, voire Pékin,
13:15et au Proche-Orient, Israël et l'État-front,
13:22pour empêcher une coopération à long terme
13:26entre l'Iran et les pays des BRICS,
13:28et notamment, par exemple, le corridor de transport
13:31de la Russie jusqu'à l'Inde,
13:32qui passe par la Russie, l'Azerbaïdjan, l'Iran,
13:38et puis l'accès à la mer pour aller vers l'Inde,
13:45et aussi les routes de la soie chinoise
13:47qui sont supposées aboutir à cet endroit.
13:49– Ce que je relève dans votre propos, Pierre-Emmanuel Thomas,
13:52c'est que finalement, on a le sentiment
13:53que les États-Unis prennent Israël comme un outil,
13:55et non pas l'inverse, alors que ces derniers temps,
13:57on a entendu plutôt l'inverse du propos,
13:59en expliquant que c'était plutôt Tel Aviv
14:01qui avait manipulé Washington.
14:02– Je crois qu'il y a les deux.
14:04C'est difficile, il y a un entrisme d'Israël aux États-Unis,
14:09mais les États-Unis ont aussi intérêt à utiliser,
14:12comme je l'ai dit, ces états-fronts à Israël
14:14pour leurs propres objectifs géopolitiques,
14:16et Israël a intérêt à essayer d'amener les États-Unis
14:19sur ses propres objectifs régionaux
14:22contre ses ennemis tout autour de son territoire.
14:26– C'est aussi ce que vous pensez, Alain Ferdinand ?
14:27– Je pense que dans le monde multipolaire,
14:29il y a aussi des paradoxes.
14:30Par exemple, l'Inde a récemment,
14:33le Premier ministre indien a conclu,
14:35a renforcé des accords extrêmement importants géopolitiques,
14:39sécuritaires, de défense avec Israël,
14:40et pourtant l'Inde est un partenaire important de l'Iran,
14:44et il fait partie de ce corridor auquel vous faisiez allusion,
14:46Russie, Iran, Inde.
14:49Donc il y a parfois aussi des paradoxes,
14:52et dans ce monde multipolaire,
14:53ceux qui tirent leur épingle du jeu,
14:54c'est ce que je dis dans le livre,
14:55ce sont les États multialignés,
14:57c'est la doctrine officielle de l'Inde.
14:59Donc il n'y a pas que des blocs,
15:01il y a aussi des États qui arrivent à jouer sur les deux tableaux,
15:03comme la Turquie ou l'Inde.
15:04– Est-ce que, précisément, les paradoxes,
15:07ce n'est pas de notre point de vue ?
15:08Est-ce que ces États du Sud global, précisément,
15:11voient les choses différemment,
15:12et sont capables de faire des accords bilatéraux,
15:14qui sortent des accords occidentaux ?
15:17– Regardez la Russie et l'Inde,
15:18ils ont des très très bons rapports avec notamment l'Iran,
15:22mais la Russie aussi, c'est moins connu,
15:24a des très bons rapports avec Israël.
15:26– Israël, bien sûr.
15:26– Et donc, en fait, quand on veut être avec une vision manichéenne,
15:31occidentale, un peu, j'allais dire, atlantiste,
15:33la mentalité euro-atlantiste,
15:34il y a les bons, les méchants,
15:36et on a des alliances contraignantes.
15:37– Franchement manichéennes, d'ailleurs.
15:37– Très manichéennes, et en plus, c'est belligène,
15:39parce que les alliances contraignantes
15:41entraînent les premières, les secondes guerres mondiales.
15:43Dans le monde multipolaire, ceux qui tireront leur épingle du jeu,
15:46ce sont ceux qui seront capables d'être avec deux blocs différents,
15:49et ils joueront, alors par exemple, l'Inde est ennemie de la Chine,
15:52mais elle est quand même avec la Chine,
15:54elle rencontre la Chine dans au moins deux grandes organisations multipolaires,
15:57l'OCS et surtout les BRICS.
15:59Donc c'est moins manichéen que ce que l'Européen,
16:01donc avec son côté manichéen moraliste,
16:03ne peut pas comprendre ce monde complexe
16:05qui est fait d'alliances non contraignantes.
16:08La Russie l'a dit, nous n'allons pas entrer en guerre pour défendre l'Iran,
16:11car l'Iran peut se défendre tout seul,
16:12et nous n'avons pas d'alliances contraignantes avec l'Iran.
16:14Il n'y a que nous qui croyons que tous ces gens sont liés
16:17les uns et les autres de manière manichéenne.
16:19Alors j'aimerais qu'on parle un petit peu du Liban,
16:21qu'on s'arrête sur le Liban qui est un partenaire privilégié,
16:24normalement de notre pays, la France.
16:26On a vu que les opérations Furie et Pique et Lyon Rugissant
16:29se sont d'abord lancées sur l'Iran.
16:31Pour autant, depuis, le Liban a été frappé,
16:33puisque Israël le considère comme un proxy,
16:35puisqu'il héberge le Hezbollah.
16:36Je vous propose d'écouter le ministre de la Défense israélien, Israël Katz.
16:41J'ai averti le président du Liban
16:44que si son gouvernement ne parvient pas à contrôler le territoire
16:47et empêcher le Hezbollah de menacer les communautés du Nord
16:50et de tirer sur Israël,
16:52nous prendrons les territoires et le ferons nous-mêmes.
16:55Le Premier ministre et moi-même avons donné pour instruction
16:59à l'armée israélienne de se préparer à étendre ses opérations au Liban
17:03et à rétablir le calme et la sécurité dans les localités du Nord.
17:14– Qu'est-ce que vous pensez de ces déclarations, père Emmanuel Touman ?
17:17– Alors, c'est aussi ambivalent du point de vue géopolitique,
17:21parce qu'effectivement, le Hezbollah a tiré des roquettes sur Israël,
17:26proxy de l'Iran,
17:27mais il y a un contentieux entre le Liban et Israël aussi de longue date
17:32qui ne peut pas être totalement lié non plus uniquement à la question de l'Iran.
17:36Ce qui fait qu'il y a en fait deux conflits en parallèle
17:40avec des relations entre eux,
17:45mais ça complexifie encore plus cette crise.
17:48– Il y a des couches de discours.
17:50– Alors, je pense que le danger aussi,
17:56c'est qu'au Liban, effectivement, pendant longtemps,
17:59enfin pendant une période où,
18:01avec ce contentieux entre Israël et le Liban,
18:04le Hezbollah a été considéré par une partie des Libanais,
18:07les Chites, comme le défenseur de l'État libanais contre Israël
18:11parce que l'armée libanaise est trop faible,
18:14mais là aussi, quand même, de plus en plus,
18:17il y a une population qui ne veut pas être entraînée dans cette guerre
18:20et qui en veut aussi au Hezbollah, qui a un autre agenda.
18:26Donc, ça encore complexifie cette relation,
18:29mais aussi la posture géopolitique Israël.
18:33On peut aussi se méfier, au vu des déclarations
18:37de certains membres du gouvernement Netanyahou sur le grand Israël,
18:41de profiter de ses opérations pour poursuivre son expansion géopolitique
18:45et à long terme, je ne suis pas sûr,
18:48soit dans l'intérêt d'Israël,
18:50d'écraser militairement tous ses adversaires ennemis tout autour,
18:55sans, en même temps, essayer de négocier un ordre plus stable.
18:59Évidemment, c'est extrêmement difficile.
19:01Ça ne peut se faire qu'avec des partenaires mondiaux,
19:04Russie, Chine, États-Unis, Européens,
19:09pour essayer d'avoir un ordre spatial
19:12qui donne une sécurité à Israël
19:15et qui ne force pas Israël à chaque fois intervenir tous les 5 ans
19:19pour détruire tous ses ennemis,
19:21parce que ce n'est pas viable à long terme.
19:22– Alors, vous l'avez dit, la population libanaise, bien sûr,
19:25est épuisée de ces conflits et de subir ces frappes.
19:29On sait qu'il y a au moins 700 morts déjà qui sont à déblorer au Liban,
19:32dont au moins 100 enfants.
19:35On voit déjà des déplacements importants de la population,
19:37des gens qui fuient, qui quittent leur maison.
19:39Je crois que c'est un Libanais sur sept
19:41qui a dû quitter son domicile ces derniers jours.
19:44Est-ce que la France n'aurait pas intérêt
19:47à intervenir avec son poids diplomatique
19:49sur ce pays avec lequel nous avons tant de relations,
19:52plutôt que d'envoyer le porte-avions du Charles de Gaulle
19:55en Méditerranée ?
19:56– Surtout face à des ennemis qui ont des stratégies
19:59et des tactiques asymétriques et hybrides,
20:02un porte-avions ne sert strictement à rien.
20:04C'est comme la ligne Maginot de l'arme nucléaire.
20:07Si on n'a pas d'arme conventionnelle,
20:08preuve par la guerre Ukraine-Russie,
20:10ça ne sert plus à rien le nucléaire
20:12si on n'a pas des drones ou tout simplement des munitions.
20:14Mais pour revenir au Hezbollah,
20:18pendant longtemps, l'Iran,
20:19et il faut raisonner de manière géopolitique,
20:21un peu systémique comme vous faites,
20:22l'Iran est un empire qui est non arabe,
20:24mais qui veut dominer les Arabes.
20:26Comment l'Iran, comme la Turquie,
20:28peut dominer des Arabes sans être arabe ?
20:30Comment peut-on séduire les cœurs de quelqu'un
20:32que vous voulez un peu occuper et dominer
20:33en leur faisant croire que vous allez les défendre ?
20:36Vous utilisez le carburant du palestinisme
20:38et de l'anti-israélisme.
20:40Donc c'est tout à fait de bonne guerre, c'est logique.
20:41Et pendant longtemps, les Libanais,
20:44même certains chrétiens, notamment les haounistes,
20:46l'ancien Haoun, pas Joseph, Michel,
20:48avec le parti pro-Hezbollah et pro-syrien,
20:51beaucoup de chrétiens sont tombés un peu dans le panneau.
20:53Quelques sunnites, mais depuis très longtemps,
20:55c'est fini chez les sunnites,
20:56et des chiites, ça commence à se réduire aussi.
20:59Ils ont cru que c'était une force de résistance contre Israël.
21:01Mais ils ont bien compris que c'est plutôt une force
21:03d'occupation iranienne
21:05qui utilise la cause anti-israélienne
21:07pour attirer régulièrement les foudres d'Israël
21:10et se faire canarder.
21:11Et les Libanais n'en peuvent plus.
21:12Moi, j'ai étudié récemment...
21:14Vous pouvez expliquer d'ailleurs pourquoi il y a si peu
21:15de solidarité des pays musulmans à l'égard de la Palestine ?
21:18Alors, il n'y en a aucune.
21:19Déjà, l'Iran est totalement isolé
21:20parce que l'Iran, maintenant, est de plus en plus vu
21:23comme une organisation impérialiste perse
21:25qui vient dominer les Arabes en utilisant...
21:28Ils ne sont quand même pas stupides.
21:29Les Arabes ne sont pas stupides au point que le croient certains.
21:33Ils ne sont pas tous fascinés par l'Iran
21:35juste parce que l'Iran veut taper sur Israël.
21:37Beaucoup ont compris que c'était une façon de les dominer.
21:39Et c'est pour ça qu'aucun pays arabe ne soutient aujourd'hui
21:42ni l'Iran ni le Hamas qui a été abandonné par 17 pays de la Ligue arabe
21:45dans la fameuse conférence de New York cet été.
21:47Donc, les choses sont en train de changer.
21:49Moi, je suis en lien avec des Druzes, avec des Sunnites,
21:52avec des Chiites et avec des Chrétiens.
21:54Toutes les communautés me disent
21:56qu'il y a une réduction de l'empathie envers le Hezbollah.
21:58Le Hezbollah est vu comme celui qui attire les bombes chez nous
22:01et qui nous met dans une guerre qui ne nous concerne pas.
22:04Quand le Hezbollah s'est mêlé de la guerre Hamas-Israël,
22:07ils pouvaient s'abstenir.
22:08Pendant la guerre syrienne, le Hezbollah et le Hamas
22:09étaient dans deux camps différents.
22:11Ce n'est pas les mêmes.
22:12Ce n'est pas des proxys totales de l'Iran.
22:15L'un est un Sunnite, frère musulman,
22:16qui avait son agenda propre.
22:18D'ailleurs, ils ont été expulsés de Syrie par Bachar al-Assad, le Hamas.
22:21Le Hezbollah pouvait rester calme.
22:23Mais comme sa raison d'être, c'est de dire
22:25je suis là pour lutter contre Israël
22:27si Israël ne l'attaque pas.
22:28Un jour, on va lui dire
22:29mais on n'est pas attaqué par Israël,
22:31tu n'as rien à nous protéger.
22:33Il n'y a pas trop de soucis à se faire
22:34parce qu'en principe, Israël attaque.
22:36Non, en fait, Israël attaque à chaque fois
22:38que le Hezbollah envoie des Kachoukas
22:40sur le territoire israélien.
22:42S'ils ne le faisaient pas, il y avait une possibilité.
22:44Et s'ils allaient jusqu'au fleuve Litani,
22:45ce qui est une résolution internationale,
22:47après le cessez le feu, mais ça date déjà de 2006,
22:51le Hezbollah s'ils n'attaquaient pas Israël.
22:53Mais le Hezbollah est piégé.
22:54S'ils n'attaquent pas Israël, son ennemi iranien lui dit
22:56tu dois le faire.
22:57Et s'ils n'attaquent pas, on va lui dire
22:59tu ne sers à rien.
23:00Il paraît que tu es là pour nous protéger
23:01contre quelqu'un qui ne nous attaque pas.
23:02Voilà pourquoi les Libanais disent
23:04on en a marre de cette occupation iranienne.
23:06Moi, je suis allé souvent au Liban,
23:07j'ai entendu parler iranien.
23:09J'ai entendu parler iranien au Liban Sud
23:11et à Beyrouth, dans les zones chiites.
23:13Mais vraiment, et des gens disaient
23:14voilà, c'est eux qui commandent.
23:15Le patron, c'est l'Iranien.
23:17Pour un Arabe être dominé par un Perse,
23:19c'est aussi humiliant qu'un Perse dominé par un Arabe
23:22ou un Turc dominé par un Arabe ou vice-versa.
23:24Et donc, quand on comprend ça,
23:25on voit que je pense que c'est la fin du Hezbollah
23:27parce qu'il a perdu les cœurs des Libanais.
23:29Sauf s'il réussit à généraliser
23:32en se cachant dans les quartiers chrétiens,
23:34les quartiers sunnites.
23:35Si les gens du Hezbollah réussissent
23:36à attirer plein de bombardements
23:38sur les zones non chiites,
23:40effectivement, ça pourra peut-être
23:43faire augmenter la solidarité avec le Hezbollah.
23:46Pour l'instant, ils n'ont pas réussi.
23:47Il y a même des villages chrétiens, très rapidement,
23:49comme Big Fire, comme Zoo,
23:51où des maires chrétiens ont dit
23:52on ne veut aucun réfugié chiite,
23:54même si ce n'est pas un mec du Hezbollah.
23:55On ne veut pas que des mecs se cachent chez nous.
23:58Donc, c'est incroyable.
23:58Ce qui n'a pas empêché les villages chrétiens
23:59d'être attaqués.
24:01Les chrétiens, par exemple, le prêtre qui a été tué,
24:03il y a eu une enquête.
24:04On ne sait pas si c'est les Israéliens.
24:05Le maire du village a appelé l'armée libanaise
24:08en disant on ne veut pas de gens du Hezbollah.
24:10Les gens du Hezbollah étaient en train
24:11de se cacher dans ce village
24:12et le député pro-Hezbollah a été lynché.
24:15On le voit dans une vidéo,
24:16les vêtements arrachés.
24:17Personne n'en parle en Occident.
24:19Ce village, il est,
24:20et vous pouvez regarder sur Internet,
24:22les habitants disaient on ne veut pas du Hezbollah.
24:24Et le prêtre, on ne sait toujours pas
24:26qui l'a tué.
24:26Il a probablement été tué par quelqu'un du Hezbollah.
24:29Mais ça, en Occident, on ne le dit pas.
24:30La presse a toujours un biais
24:33par rapport au Liban.
24:34– Est-ce que vous avez même biais,
24:36Pierre-Emmanuel Thomas ?
24:38– Je pense que la posture d'Israël,
24:41comme je l'ai dit tout à l'heure,
24:43de gagner militairement contre tous ses ennemis
24:47dans tous les pays autour,
24:48ce n'est pas viable à long terme
24:50sans essayer de s'inscrire
24:52dans une espèce de construction
24:53d'un ordre plus stable.
24:57Et le Hezbollah et les proxys de l'Iran,
25:01d'ailleurs, en fait, à chaque conflit,
25:04et notamment les opérations plus récentes,
25:08on a dit, ils ont été fortement affaiblis,
25:10ils ont disparu.
25:12À mon avis, ils seront toujours là.
25:14Ils seront toujours là tant qu'il n'y a pas
25:16de perspective à long terme
25:18pour un ordre plus juste, plus équilibré.
25:22– Et on pourrait d'ailleurs justement penser
25:24que les frappes israéliennes radicalisent quelque part ces mouvements.
25:27– C'est ce que je pense aussi.
25:28– Malheureusement, c'est ce que je pense aussi.
25:31– Ou fatalement, le Hamas s'est radicalisé.
25:33– Il y a une radicalisation qui se produit.
25:37Beaucoup de dégâts, évidemment, dans la population,
25:40de décès, et ça va créer, provoquer
25:43une nouvelle génération de gens
25:46qui voudront prendre une revanche.
25:48Et en faisant cette politique de terre brûlée
25:50tout autour de son territoire,
25:53Israël prépare les futures guerres de demain.
25:57Et la position de la France, selon moi,
26:02elle devrait être plus en pointe sur le Liban.
26:05Alors il est logique, puisque Chypre et la Grèce
26:09sont dans l'Union européenne,
26:10que ces pays soient considérés comme la première ligne
26:14pour la sécurité, pour la protection.
26:18Mais le Liban aussi, c'est un pays
26:20qui a de longues traditions de coopération avec la France.
26:23Et là, la France est relativement absente,
26:26même si le président français essaye de persuader
26:29les Israéliens de ne pas lancer d'offensives terrestres.
26:33Mais s'il y avait une présence française plus importante,
26:38ça donnerait peut-être moins de poids au Hezbollah
26:41de tirer des requêtes sur Israël,
26:43mais en cherchant à endiguer aussi Israël,
26:46à chaque fois profiter d'un conflit pour envahir le Liban.
26:49Ce qu'il ne faut pas oublier, c'est que le président libanais
26:52ainsi que le chef de l'armée libanaise
26:56sont totalement en faveur d'un désarmement.
26:59Ça ne veut pas dire que le Hezbollah va disparaître en tant que parti,
27:02mais ils veulent désarmer le Hezbollah.
27:03Et c'est la volonté de beaucoup de Libanais.
27:05Pour vous donner un exemple, il y a 30% de chiites,
27:08quand ils votent, qui votent pour des partis non-Hezbollah,
27:11malgré le fait que tous les bureaux sont tenus par des gens en Kalachnikov.
27:15Imaginez s'ils n'avaient pas peur.
27:16Le Hezbollah a perdu énormément de cœur,
27:19et ça, je crois qu'on a du mal à le comprendre dans la presse française.
27:22C'est quelque chose qui est considéré comme un élément étranger
27:25de l'impérialisme iranien.
27:27Ce serait pareil si c'était un parti kurde,
27:29ou un parti turc, ou un parti pakistanais.
27:31J'entends vos propos, mais pour autant,
27:33on voit qu'il y a beaucoup de dommages collatéraux.
27:35C'est-à-dire que oui, peut-être que la population libanaise,
27:38aujourd'hui, rejette le Hezbollah,
27:40mais j'ai envie de vous dire, à plus forte raison,
27:42Israël devrait faire attention à ne pas faire de dommages collatérales.
27:46Bien sûr, mais le problème du Hezbollah, sa stratégie,
27:48il va se cacher chez des chrétiens,
27:50en se disant, en général, les Israéliens ne bombardent pas trop les villages chrétiens.
27:54Mes amis chrétiens de Jounier,
27:55ils étaient tranquilles sur les terrasses de café,
27:58au moment où nous, on montrait des images de Beyrouth complètement rasées.
28:02Donc, il ne faut pas se laisser impressionner par une image.
28:04L'image, les Israéliens frappent les jaunes essentiellement chéites.
28:07D'ailleurs, sur les 700 000 réfugiés dont on parle dans la presse,
28:10pratiquement tous sont des chéites.
28:12Ce sont des réfugiés de l'intérieur chéites,
28:14qui fuient des endroits chéites,
28:15c'est-à-dire le Liban Sud, un peu la BK,
28:17et Beyrouth, Dahye, comme ils disent,
28:20qui ne veut pas dire un district, mais ça veut dire banlieue.
28:22Donc, c'est la banlieue sud.
28:24Et donc, ça, c'est important de le rappeler.
28:26Les chrétiens sont globalement heureux
28:28que le Hezbollah soit frappé,
28:31et le chef de l'armée libanaise...
28:32– Oui, mais pardon, Alexandre,
28:33qui soit heureux que le Hezbollah soit frappé,
28:35c'est une chose,
28:36qu'ils soient heureux d'être frappés eux-mêmes,
28:37parce que, prétendument...
28:38– Pour eux, ce n'est pas leur guerre,
28:40c'est le Hezbollah qui a tiré une guerre extérieure,
28:42ils en veulent à celui qui a tiré la guerre extérieure.
28:43– Mais c'est probablement leur mort.
28:44– Oui, mais non, après, tout dépend d'interprétation.
28:47Effectivement, la poule et l'œuf,
28:48ou le verre à moitié plein.
28:49– L'œuf et la poule, oui, c'est ça.
28:50– Mais moi, ce que j'ai comme écho,
28:52c'est que tous ceux que je connais
28:54qui ne sont pas chiites et qui ne sont pas Hezbollah,
28:56pour l'instant, ils disent
28:57qu'il n'y a pas trop de dommages collatéraux
28:58sur ceux qui ne sont pas pro-Hezbollah.
29:01C'est essentiellement eux qui subissent les conséquences.
29:03– Sans enfants, on ne peut pas considérer
29:04que ce soit des combattants du Hezbollah.
29:06– Non, mais bien sûr, bien sûr.
29:07Mais eux, ils se disent que c'est la communauté chiite
29:09qui est quand même avec ce mouvement qui est frappée.
29:12Je ne dis pas que c'est bien, attention.
29:13Moi, je fais de la géopolitique.
29:14– Les combattants du Hezbollah en plus.
29:14– Voilà, je fais de la géopolitique,
29:15je ne peux pas faire de sentiments.
29:16– Bien sûr, bien sûr, bien sûr.
29:17– Mais je ne dis pas que c'est bien, c'est horrible.
29:20Peut-être qu'il faut le préciser, bien sûr, c'est horrible.
29:21Mais pour les chrétiens et les druzes,
29:24et surtout les sunnites,
29:25ils ont quand même le poste de Premier ministre,
29:26les sunnites, le Liban, c'est une multiconfessionnelle.
29:28Les sunnites sont ravis que le Hezbollah se fasse,
29:32par le mot de l'expression, démonté par Israël.
29:34Mais ils ne le disent pas.
29:36Un Libanais, il va vous dire en public,
29:38le Hezbollah, c'est horrible ce qui se passe contre le Hezbollah,
29:41c'est le Liban qui est frappé.
29:42Et en privé, il va vous dire,
29:44qu'ils prennent ce qu'ils ont mérité,
29:46et enfin, on va pouvoir s'en débarrasser,
29:47parce que l'armée libanaise n'ose pas le faire,
29:49parce qu'elle a 30% de chrétiens.
29:51Si l'armée libanaise attaque le Hezbollah,
29:52ce qu'elle voudrait faire, parce qu'elle doit le désarmer,
29:55elle perd 30% de chrétiens,
29:56et elle a la peur du retour de la guerre civile.
30:00Mais l'armée est en train d'être équipée
30:02de plus en plus par plusieurs pays,
30:04et je pense qu'à un moment,
30:05quand le Hezbollah sera très affaibli,
30:06il est possible que l'armée libanaise prenne le relais
30:08pour l'obliger à se désarmer.
30:10Donc, le seul avenir du Hezbollah,
30:12c'est d'être un mouvement politique.
30:14Et d'ailleurs, enfin, le Hamal,
30:15et là, je fais très vite,
30:16le mouvement Hamal chiite de Nabi Iberi
30:18a rompu avec le Hezbollah.
30:20Il a totalement...
30:22Donc, ces deux parties,
30:23vous savez que le Hamal était la courroie
30:25dans l'administration du Hezbollah
30:27au sein du Parlement.
30:28Nabi Iberi a carrément rompu totalement
30:31avec le Hezbollah.
30:32Donc, un mouvement chiite
30:33qui a rompu avec le Hezbollah.
30:34Et ça, on n'en parle pas dans la presse.
30:36C'est important de voir que les Libanais
30:37sont beaucoup plus divisés là-dessus
30:39que l'on croit.
30:39Alors, l'action israélienne
30:41pour d'autres commentateurs
30:42est vue différemment.
30:43Ce que je vous propose,
30:44et d'ailleurs, vous l'avez évoqué
30:45tout à l'heure rapidement,
30:46Pierre-Emmanuel Thaumann,
30:47c'est d'écouter à présent
30:48la récente interview
30:50de Tucker Carlson
30:51avec Huckabee,
30:53l'ambassadeur américain en Israël.
30:56De quelle terre parlez-vous ?
30:58Car je viens de lire la Genèse 15
31:00et cette terre,
31:01je crois qu'il est écrit,
31:03va du Nil à l'Euphrate,
31:04ce qui constitue pratiquement
31:05tout le Moyen-Orient.
31:06Donc, Dieu a donné cette terre
31:08à son peuple, les Juifs,
31:09soit il ne l'a pas fait.
31:10Vous dites qu'il l'a fait.
31:11Qu'est-ce que cela signifie ?
31:13Est-ce qu'Israël a le droit
31:14à cette terre
31:15parce que vous invoquez la Genèse ?
31:16Vous dites que c'est
31:17l'acte de propriété originel.
31:19Cela serait très bien
31:20s'il prenait tout,
31:21mais je ne pense pas
31:22que ce soit ce dont nous parlons
31:23aujourd'hui.
31:24L'acte de propriété originelée.
31:27Nous apprécions
31:27de votre bénéficiaire
31:29et de l'amour
31:29pour le rester en lui.
31:31Nous apprécions
31:31de la wisdom
31:32de l'Héven
31:33pour flouder
31:34son cœur,
31:34son mind.
31:35Et le Président,
31:36vous le guidez
31:37dans ces temps-là
31:39que nous sommes confrontés
31:39aujourd'hui.
31:46Alors effectivement,
31:47je n'avais pas précisé,
31:48après l'interview
31:49de Tucker Carson,
31:49comme vous l'avez vu,
31:50il y avait évidemment
31:50une sorte de prière évangélique
31:52au sein du bureau ovale
31:53à la Maison-Blanche.
31:54Moi, j'ai envie
31:55de poser une question
31:55peut-être un peu provocatrice,
31:57mais est-ce qu'on est face
31:57à une nouvelle guerre
31:58des religions ?
32:00Ah, si inquiétant,
32:01c'est effectivement
32:02qu'en plus d'une guerre
32:03avec des objectifs
32:06géostratégiques,
32:07purement militaires,
32:09une couche aussi,
32:11alors la plus grande,
32:13le sommet
32:17des facteurs
32:18qui peuvent expliquer
32:19cette intervention
32:20sont les facteurs géopolitiques,
32:22de transformation
32:24de l'ordre régional
32:25et mondial
32:26en intervenant
32:29et en modifiant
32:31les alliances
32:31et, comme je l'avais expliqué,
32:33sortir l'Iran
32:34de son rapprochement
32:37avec la Russie
32:39et la Chine.
32:40Et il y a encore
32:42une couche
32:42d'analyse
32:45idéologique
32:46et civilisationnelle
32:49où, effectivement,
32:51certains acteurs
32:52dans les différents
32:54régimes
32:55qui sont en rivalité
32:56dans ce conflit
32:58ont une perception
32:59selon
33:01l'angle
33:02de conflit
33:03de civilisation.
33:03Et là,
33:04ça devient très dangereux
33:05parce que
33:06dans un conflit
33:07de civilisation,
33:08c'est très difficile
33:09de négocier
33:10sur des objectifs
33:10de stabilité
33:11et des objectifs
33:12précis,
33:13de limite
33:14territoriale,
33:15d'équilibre,
33:16de puissance
33:17parce que
33:18ce sont des objectifs
33:19idéologiques.
33:21Les acteurs
33:23et là,
33:23en l'occurrence,
33:24les chrétiens
33:26sionistes,
33:28évangélistes,
33:29les juifs
33:31extrémistes,
33:32les islamistes
33:33extrémistes aussi
33:35de leur côté,
33:37ne peuvent que
33:40poursuivre
33:41les conflits
33:42en essayant
33:44d'annihiler
33:44totalement
33:45l'adversaire.
33:46Et ça,
33:47c'est extrêmement
33:48dangereux
33:48parce que
33:48c'est ce genre
33:52de conflit
33:52de civilisation
33:53qui pourrait
33:54nous approcher
33:55beaucoup plus
33:56rapidement
33:56à une Troisième
33:57Guerre mondiale.
33:58Alors que
33:58si on limite
33:59des enjeux
34:01géostratégiques
34:01et de frontières
34:02et d'équilibre
34:02de puissance,
34:03cela limite
34:04les conflits.
34:05C'est une sorte
34:06de guerre à mort ?
34:06Alors,
34:07c'est une guerre à mort,
34:08oui,
34:08mais c'est vrai,
34:08l'aspect religieux
34:09est très intéressant.
34:10Mon ami Pierre Conessa
34:11a beaucoup écrit
34:12sur…
34:13Qui était à votre place
34:13la semaine dernière.
34:14Absolument,
34:14qui est remarquable
34:16sur l'analyse des religions
34:17et notamment
34:17pas unique,
34:18à la fois l'islamisme
34:19où elle habite
34:19mais aussi l'évangélisme.
34:21Pour nos auditeurs,
34:22les plus sionistes
34:23aux États-Unis
34:24au sens où
34:24parfois c'est critiqué,
34:25ce ne sont pas des juifs,
34:26ce sont des évangéliques
34:27protestants
34:28qui,
34:29alors ça va étonner,
34:30qui peuvent parfois
34:30même être antisémites
34:31au sens judéophobe.
34:33Ils peuvent très bien
34:34détester le fait
34:35que quelqu'un soit juif.
34:37Leur but,
34:37c'est de le convertir
34:38au christianisme un jour.
34:40Mais pourquoi
34:40ils sont pour Israël ?
34:41Parce qu'ils pensent
34:42qu'il y aura
34:43la bataille
34:43de l'Armageddon,
34:44l'équivalent
34:45de ce que les chiites
34:46attendent
34:46avec la bataille finale
34:47entre le bien
34:48et le mal.
34:49Et pour que les écritures
34:51se réalisent,
34:51il faut que tous les juifs
34:52émigrent en Israël
34:53et là,
34:54ils seront convertis
34:55au christianisme.
34:55Donc ils veulent les convertir
34:56au christianisme,
34:57ils ne les veulent pas juifs.
34:58Ils ne sont pas
34:59dans un agenda judéo-sioniste
35:01au sens religieux-sioniste
35:02du terme,
35:02mais pour que les écritures
35:04s'accomplissent,
35:05il faut qu'à un moment,
35:06juste avant la bataille finale,
35:07ils soient tous en Israël
35:08donc ils sont sionistes
35:09au sens originel
35:10du motionniste
35:11qu'ils puissent aller version.
35:12Une convergence des intérêts
35:13à ce moment-là.
35:14Voilà, donc en fait,
35:14ce qui est très étonnant,
35:15c'est que le lobby juif américain,
35:17par exemple,
35:19à 35%
35:20a voté
35:20pour un candidat musulman
35:21à New York.
35:22Aujourd'hui,
35:23les intellectuels
35:24qui critiquent le plus Israël
35:25aux Etats-Unis,
35:26c'est des gens comme Sanders,
35:27comme Noam Chomsky,
35:28ce sont des gens
35:28de confession juive
35:29qui sont souvent très liberal
35:30au sens américain du terme,
35:32c'est-à-dire progressistes
35:33et on a des évangéliques
35:34qui peuvent très bien
35:35être pas trop judéophiles
35:37voire anti-juifs,
35:38style, même tradition,
35:40même proche
35:40du suprémacisme blanc
35:42ou à Ku Klux Klan,
35:43mais ils vont être sionistes
35:45pour un agenda
35:46qui est typiquement
35:48apocalyptique,
35:49pour que les écritures
35:50se réalisent.
35:51Donc ça montre
35:51que c'est plus complexe
35:52que des juifs
35:53qui seraient pro-sionistes
35:54et des Carlson
35:56qui représenteraient
35:57des chrétiens.
35:59Et enfin,
35:59G.D. Vance,
36:00il est beaucoup moins
36:01interventionniste,
36:02il est catholique.
36:03Il est converti au catholicisme.
36:04– D'ailleurs, on ne l'entend plus.
36:05– On ne l'entend pas.
36:06Lui, il est malin.
36:06Il sait que là,
36:07on est probablement
36:08dans un bourbier
36:09pour les Américains.
36:09Les Israéliens,
36:10c'est vital,
36:11je le mets à côté.
36:11Mais pour les Américains,
36:12ce n'est pas vital.
36:13Et lui, il est malin.
36:15Il ne veut pas trop s'associer.
36:17Il a tout à fait raison
36:18d'être discret
36:18parce qu'il veut être
36:19le prochain président
36:20des États-Unis.
36:21– C'est aussi votre lecture
36:23sur cette guerre des religions.
36:25– Il y a différents courants
36:26aux États-Unis,
36:27effectivement.
36:28Et on voit là
36:30Peter Exett,
36:31par exemple,
36:32qui se met en avant,
36:34évidemment,
36:34ministre de la guerre.
36:36et qui apparaît au monde
36:38de plus en plus extrémiste,
36:41déconnecté en fait
36:42d'une approche rationnelle
36:45du conflit.
36:46Et effectivement,
36:47M. Vance,
36:48qui est plus proche
36:49d'une approche rationnelle
36:52de la posture des États-Unis,
36:54et notamment,
36:55de ne pas être embarqué
36:58dans des guerres
37:00contre le monde multipolaire,
37:02comme je l'interprète aujourd'hui,
37:04pour empêcher,
37:05ralentir cette émergence
37:07du monde multipolaire,
37:09accepter plus d'équilibre
37:10au niveau mondial,
37:11comme l'a été décrit
37:15dans la nouvelle stratégie
37:17de sécurité des États-Unis
37:20et de défense aussi
37:21en 2025 et 2026,
37:24où les États-Unis,
37:25en fait,
37:25se concentrent
37:26sur l'hémisphère occidental
37:29et, en fait,
37:32poussent leurs alliés
37:35à faire de la sous-traitance
37:36géopolitique
37:37en Europe contre la Russie
37:39et en Asie contre la Chine
37:42et aussi au Proche-Orient.
37:44Donc, ça veut dire
37:44que c'est un début
37:45de retrait des États-Unis
37:47qu'ils savent
37:49qu'ils ne peuvent plus
37:50imposer un monde unipolaire,
37:52alors que je pense
37:52que des gens comme
37:53Peter Exeth
37:54ou Marc Rubio,
37:56qui est un ancien
37:56néoconservateur,
37:57et là, peut-être,
37:58ils redeviennent
37:59toujours cette idée unipolaire.
38:03Mais,
38:03dans cette stratégie sécurité,
38:06il faut bien voir
38:06que les États-Unis
38:06veulent toujours être
38:07au sommet
38:09de la puissance géopolitique
38:11et, en fait,
38:12ils n'acceptent pas,
38:13ils acceptent de petit à petit
38:14un monde multicentré,
38:16mais pas encore multipolaire
38:17parce que, précisément,
38:19ils poussent les Européens
38:20contre l'Ukraine,
38:22Israël contre l'Iran,
38:24les pays asiatiques
38:25contre la Chine
38:26pour maintenir un équilibre
38:29dans ces différents espaces
38:30et éviter,
38:31comme je l'avais dit
38:32au début de cette émission,
38:34un axe Paris-Berlin-Moscou
38:36jusqu'à Pékin,
38:37eurasien,
38:38les routes de la soie chinoise
38:40et les infrastructures russes
38:43jusqu'en Iran
38:45et aussi la coopération
38:48entre la Chine
38:50et tous ses alliés,
38:52enfin,
38:54ses adversaires asiatiques,
38:58mais qui pourraient,
38:59avec le temps,
39:00puisque la Chine émerge
39:01comme la première puissance
39:03économique mondiale,
39:04en fait,
39:04se rapprocher de la Chine.
39:07Et donc,
39:07c'est une position ambiguë,
39:08on est dans une période
39:09charnière
39:10où la géopolitique
39:12se fracture
39:14aussi au sein
39:15du gouvernement Trump
39:17et là,
39:17je vois aussi
39:18de plus en plus
39:19les jeunes Américains
39:21sont de plus en plus
39:22exaspérés
39:23par les aventures
39:25américaines
39:26à l'étranger
39:26ou un soutien
39:28inconditionnel
39:29trop fort
39:29vis-à-vis d'Israël,
39:30mais effectivement,
39:32plus le facteur religieux
39:34s'invite
39:35dans l'analyse géopolitique
39:37et ça fait partie
39:38de l'analyse géopolitique
39:39parce que la géopolitique,
39:40ce n'est pas seulement
39:41des objectifs rationnels,
39:42les acteurs agissent aussi
39:43de manière irrationnelle
39:44et là,
39:45ça devient très dangereux
39:47et c'est là
39:47où on n'arrive plus
39:48à arrêter les conflits
39:49et on n'arrive plus
39:50à raisonner
39:50de manière
39:54rationnelle
39:55pour avoir
39:55un nouvel ordre
39:56multipolaire stable
39:58et on négocie,
39:59c'est toujours difficile,
40:00temporaire et précaire,
40:01mais des zones d'influence,
40:03des frontières
40:05pour préserver
40:06la stabilité
40:07pour un moment
40:08et ne pas
40:10s'embarquer
40:11dans un écrasement
40:12militaire
40:13contre ses adversaires
40:13sans limite.
40:15– On a le sentiment
40:16justement,
40:16effectivement,
40:17que dans l'entourage
40:18de Donald Trump,
40:19il y a un vrai tiraillement.
40:20On se rappelle,
40:21au tout début
40:21du retour au pouvoir
40:22de Donald Trump,
40:23je le rappelle souvent,
40:24Marco Rubio
40:24qui donne un entretien
40:26à Megyn Kelly
40:26et qui dit
40:27qu'il prenne acte
40:29de la multipolarité
40:30qui est en train
40:30de se construire.
40:31Là, on voit
40:32que c'est un peu
40:33plus compliqué
40:33et finalement,
40:34on est bien
40:34dans ce nouvel ordre
40:35post-occidental,
40:36quelque part,
40:37qui est en train
40:39de laisser voir au monde
40:40ces tiraillements,
40:42ces tensions
40:42entre le nouveau monde
40:43et le monde
40:44qui se construit.
40:45– Je suis tout à fait d'accord,
40:47j'ai mis une carte
40:47qui illustre cela
40:49et en fait,
40:49ce qui a été dit
40:50est important aussi,
40:51il y a l'idée
40:52de déléguer.
40:52En fait,
40:53M. Trump
40:54est post-occidental,
40:55non pas parce qu'il n'est plus
40:56pour l'Occident,
40:57il est même très civilisationnaliste,
40:59mais il est post-occidental
41:00parce que l'Occident
41:01depuis Bretton Woods
41:03et surtout depuis la fin
41:04de l'Union soviétique
41:05est devenu synonyme
41:06de globalisme.
41:07L'Occident n'est plus du tout
41:08une civilisation racinée,
41:09selon les leaders occidentaux,
41:11c'est devenu un projet global
41:12et lui,
41:13il veut déglobaliser
41:14l'Empire américain,
41:14mais ça reste un empire.
41:16Et ce qui a été dit
41:16était important,
41:17sa stratégie en fait,
41:18elle vient de l'école réaliste
41:20offensive des relations internationales,
41:21le premier chapitre
41:22est dédié à cela,
41:23ça s'appelle
41:23l'offshore balancing,
41:25on va équilibrer à distance.
41:26Et donc,
41:27c'est là qu'entre en scène
41:28l'OGENI européen,
41:29l'objet géopolitique
41:30non identifié
41:31ou l'acteur suicidaire
41:33ou l'indindon de la farce,
41:34on l'appelle comme on veut.
41:35Pourquoi je dis ça ?
41:36Parce que les Européens
41:37vont assurer
41:39la suite de la guerre
41:40de Slaves
41:41qui tue d'autres Slaves,
41:42c'est un peu la stratégie
41:43de l'Aron Corporation
41:44et l'origine
41:45de cette guerre,
41:47mais c'est les Européens
41:48qui vont payer les armes,
41:49qui vont les livrer
41:50et quand vous livrez une arme,
41:51c'est vous le responsable
41:52qui ensuite
41:53êtes belligérant
41:54et risquez une guerre directe
41:55avec la Russie.
41:56L'Amérique donc continue
41:57à vendre ses armes
41:57pour que des Slaves
41:58tuent des Russes,
41:59les Slaves les plus courageux
42:00ukrainiens
42:01qui vont tuer les Russes
42:01parce qu'il faut affaiblir la Russie,
42:03empêcher la jonction
42:03Russie-Allemagne.
42:04Les gens les courageux,
42:05ils n'ont plus trop le choix
42:05les Ukrainiens.
42:06Ils n'ont plus trop le choix
42:07mais vous savez,
42:08en Roumanie,
42:08il y a un proverbe qui dit
42:09quand vous avez quelqu'un
42:10qui vous doit de l'argent,
42:11on va appeler un Ukrainien.
42:12C'est quand même des durs.
42:13J'ai vu des patrons roumains,
42:15ils me disent,
42:16rien que de dire ça,
42:17ils n'y vont pas tous
42:18de gaieté de cœur,
42:18c'est ça que je veux dire.
42:19Absolument,
42:19mais avec les Polonais,
42:21c'est les Slaves les plus combattants.
42:22Les Tchèques n'iraient pas
42:23et les Slovaques non plus.
42:25Donc il y a deux peuples Slaves
42:27extrêmement combattants,
42:28ce n'est pas les Biélorusses non plus,
42:29c'est les Ukrainiens
42:32et les Polonais.
42:33Donc voilà,
42:33le offshore balancing
42:34consiste à faire ça.
42:35Les Européens vont payer
42:36le prix de l'énergie plus chère
42:39et des armes
42:39mais en plus,
42:40ils vont prendre les risques.
42:41C'est extraordinaire,
42:42c'est très malin comme stratégie
42:43et c'est vrai que le hic
42:44dans cette déglobalisation
42:46de l'Empire,
42:47effectivement,
42:47c'est l'Iran.
42:48C'est le seul moment
42:49où tous ces multipolarismes,
42:51polaristes,
42:51parce que beaucoup
42:52ont fait allusion
42:53à un monde
42:53qu'ils acceptaient
42:54polycentrique,
42:55multipolaire.
42:55L'Iran est une contradiction énorme.
42:57Le Venezuela,
42:58moins,
42:58parce que le Venezuela,
42:59c'est l'hémisphère.
43:00J'ai mon hémisphère,
43:01tu as ton hémisphère.
43:02Toi, tu prends Taïwan,
43:03je prends Venezuela.
43:03C'était compréhensible.
43:05Groenland,
43:05c'était compréhensible aussi.
43:06Chacun son hémisphère.
43:08L'Iran…
43:08La méthode,
43:15ça pouvait se comprendre.
43:16L'Iran,
43:16ce n'est pas dans l'hémisphère occidental.
43:18Pardon, Alexandre Delval,
43:18mais il fut un temps,
43:19on parlait quand même
43:20de droit international.
43:21Quand on faisait
43:21de la géopolitique aujourd'hui,
43:22il a un peu plus ennés là
43:23et tout le monde le reconnaît.
43:24Oui, même Védrine,
43:25dans un débat avec Lelouch,
43:26qui était remarquable récemment,
43:28a répondu à Lelouch.
43:29Vous savez,
43:29le droit international,
43:30il faut être un peu naïf
43:31pour croire que ça n'a jamais
43:32vraiment été appliqué
43:33ou existé.
43:34Moi, mes professeurs
43:35de relations internationales,
43:37nous-mêmes,
43:37nous disaient
43:37que le droit international
43:39ne fait que masquer
43:40des rapports de force
43:41et il n'est utilisé
43:42que contre les faibles
43:43et au profit des puissants.
43:44Regardez le Conseil de sécurité,
43:46on fait un arrangement,
43:47tu ne me bloques pas,
43:48je ne te bloque pas,
43:48tu ne mets pas ton veto.
43:50Et donc,
43:50le droit international,
43:52malheureusement,
43:52ce sont des bouts de papier
43:54qui peuvent être déchirés
43:55très facilement,
43:56seuls contre les rapports de force.
43:57Ce qui change avec Trump,
43:58c'est qu'il n'y a pas d'hypocrisie.
43:59Je veux le Groenland
44:00parce que je veux être puissant.
44:02Il n'y a plus d'enrobage
44:04avec du droit de l'homme,
44:05du libéralisme.
44:06Il a coupé l'aide à l'USAID,
44:07il ne finance plus
44:08ni le wokisme.
44:09Il a dit d'ailleurs récemment
44:10ainsi que Marco Rubio
44:11ainsi que Pitexette
44:13et J.D. Vance,
44:13le but n'est pas
44:14de répandre la démocratie.
44:15C'est ça qui a changé
44:16par rapport au néo-cons.
44:17On est dans le cynisme pur
44:19et enfin,
44:19ce que j'explique dans le livre,
44:20on est dans un pré-Yalta.
44:22Ce qui se passe est normal.
44:23Avant Yalta,
44:24il y a des rapports de force
44:25et chacun avance
44:26le plus possible
44:27le rideau de fer
44:30à son avantage
44:31pour sa propre sphère d'influence.
44:33Donc,
44:33on est dans une pré-négociation.
44:34Il va y avoir un monde multipolaire.
44:36Donald Trump a décrit
44:38une carte qui était très rigolote.
44:39Il avait écrit
44:39MI sur l'hémisphère occidental.
44:42Il avait écrit
44:43XI sur l'Asie.
44:44Et il avait écrit
44:44Poutine sur l'Europe.
44:46Ça va se faire,
44:47mais bien sûr,
44:47ça ne va pas se faire
44:48avec des cadeaux.
44:49Ça va se faire
44:49selon les rapports de force.
44:51Nous sommes dans cette phase.
44:52On arrive dans la dernière partie
44:53de cette émission.
44:54Évidemment,
44:55on n'a pas trop parlé
44:55lors de cette émission
44:56de l'objectif de Régime Change
44:58dont on a déjà beaucoup parlé.
44:59On sait que l'opération en Iran
45:02menée par les Américains
45:03et Israël
45:04a commencé évidemment
45:05avec des frappes
45:05qui ont décapité
45:06le régime iranien
45:07en tuant Ali Khamenei.
45:10Depuis,
45:10il a été remplacé
45:11par son fils,
45:12Moshtaba Khamenei.
45:13On sait aussi
45:14que celui-ci
45:15a pris la parole
45:15le 12 mars dernier.
45:17Il n'est pas apparu en public.
45:19Il a fait lire un texte
45:20à la télévision iranienne.
45:21Et je vous propose
45:21d'écouter un extrait
45:23pour comprendre
45:23les conséquences
45:24sur le monde
45:25que cette intervention
45:25a déjà.
45:27nous devons continuer
45:29la résistance
45:30et faire en sorte
45:31que notre ennemi
45:32renonce.
45:36Nous devons aussi
45:37utiliser le détroit
45:39d'Hormuz
45:39et le bloquer.
45:50Alors on l'a vu,
45:51le détroit d'Hormuz
45:51dès le départ
45:52a été le centre
45:54de gravité principal
45:55comme dirait Hervé Caress
45:56de l'Iran
45:57que l'Iran utilise
45:59et continue d'utiliser.
46:01Évidemment,
46:01les pétroliers
46:02ne passent plus,
46:03les polices d'assurance
46:04explosent.
46:05Donald Trump
46:06de son côté
46:06invite les pétroliers
46:08à continuer de passer
46:08mais bien sûr
46:09personne ne s'y risque
46:10ou très peu.
46:11Comment voyez-vous cela
46:12dans les,
46:14j'allais dire,
46:14j'allais pas dire
46:15les semaines à venir
46:16mais les jours à venir ?
46:19Alors l'Iran,
46:20en fait,
46:21sa meilleure arme géopolitique
46:22c'est sa géographie.
46:25Avec le contrôle
46:27du détroit d'Hormuz,
46:28en fait l'Iran
46:31pratique
46:34une stratégie indirecte
46:37asymétrique
46:37que j'appelle
46:38la stratégie
46:39hors limite
46:39qui a été théorisée
46:41par les
46:42par les
46:44les stratégies chinois
46:44et qui est
46:46de
46:46de ne pas
46:48concentrer
46:50une riposte
46:51ou une offensive
46:52militaire
46:53sur les questions
46:55purement géostratégiques
46:56mais de l'élargir
46:57aux questions
46:58énergétiques,
46:59aux questions
46:59démographiques,
47:01aux questions
47:03géoéconomiques
47:04et là,
47:04l'Iran,
47:05effectivement,
47:05en bloquant le détroit
47:07d'Hormuz
47:07et d'ailleurs,
47:08on n'a même pas besoin
47:09de physiquement
47:11le bloquer
47:12parce que rien que
47:13l'idée
47:13qu'il pourrait y avoir
47:15quelques mines
47:15ou un tir
47:17de drone
47:19provenant de la côte,
47:21évidemment,
47:21dans les calculs
47:23des assurances
47:23pour les pétroliers,
47:25eh bien,
47:25plus personne ne passe.
47:27Et effectivement,
47:29ça fonctionne,
47:30ça met énormément
47:31de pression
47:32sur les marchés
47:33pétroliers
47:34et gaziers
47:35mais pas
47:37en plus aussi
47:38pour les engrais
47:39et alors ça,
47:40c'est la stratégie
47:41hors limite
47:41avec l'utilisation
47:43du détroit
47:45d'Hormuz
47:45et la stratégie
47:46hors limite
47:47aussi
47:47de l'Iran,
47:49c'est évidemment
47:49de frapper
47:50les pays du Golfe,
47:52les bases américaines
47:53qui sont tout autour
47:54du territoire
47:57iranien
47:57enfin de la partie
47:59occidentale
48:00et là,
48:01ces pays du Golfe
48:02qui accueillent
48:03ces bases américaines
48:04se retrouvent
48:04un petit peu
48:05comme la Géorgie
48:06et l'Ukraine
48:07qui s'étaient positionnées
48:09dans la stratégie
48:09d'encerclement
48:10de la Russie
48:12par les États-Unis
48:13et qui se retrouvent
48:14tout à coup
48:14état-front
48:18sans avoir
48:19sans doute
48:20avoir sous-estimé
48:21non seulement
48:22leur rôle de proxy
48:23leur rôle de proxy
48:25et alors
48:26pour certains
48:27ils l'ont fait
48:28de manière volontaire
48:29mais ils voient
48:30qu'en réalité
48:31les États-Unis
48:32ne peuvent pas
48:33vraiment les défendre
48:35contre
48:36enfin dans le conflit
48:37en Iran
48:38contre les missiles iraniens
48:39c'est extrêmement difficile
48:40et alors
48:42s'ils vont suivre
48:43la spirale
48:45de conflits
48:46qui s'est produit
48:47notamment vis-à-vis
48:48de l'Ukraine
48:48l'Ukraine se retrouvera
48:50fragmentée géopolitiquement
48:51à jamais
48:52et la Géorgie
48:54d'ailleurs
48:54après avoir été
48:55fragmentée
48:55d'un tiers
48:56de son territoire
48:56notamment après
48:57la guerre Russie-Géorgie
48:58en 2008
48:59et bien
49:00aujourd'hui
49:01elle se rapproche
49:01de la Russie
49:02donc
49:03cette stratégie
49:04indirecte
49:05qui surprend
49:06pour les occidentaux
49:07peut se
49:09pourrait peut-être
49:10même amener
49:11à une victoire
49:13de l'Iran
49:16contre les États-Unis
49:17et Israël
49:19parce que dans
49:20une guerre
49:20asymétrique
49:21si les États-Unis
49:22et Israël
49:24ne peuvent pas
49:25montrer
49:26que c'est une victoire
49:27décisive
49:28et bien
49:28dans une guerre
49:29asymétrique
49:30c'est le perdant
49:31le soi-disant perdant
49:32qui sera
49:34perçu
49:35comme le gagnant
49:36donc
49:36alors
49:37beaucoup de commentateurs
49:38ont fait la comparaison
49:39avec le choc pétrolier
49:401973
49:41comment voyez-vous cela
49:43vous Alexandre Delval
49:43est-ce qu'il faut
49:44s'attendre à pire
49:45ça peut être
49:45alors ça peut être pire
49:47pour l'instant
49:47il y a des mesures
49:48de contre-feu
49:49l'Arabie Saoudite
49:50a accepté
49:51de mettre
49:51200 000 barils
49:53en plus
49:54par jour
49:54et les pays
49:56de l'AIE
49:57l'Agence internationale
49:58de l'énergie
49:59ont décidé
50:00avec l'OCDE
50:01et Macron
50:01on en a parlé hier
50:02ils ont décidé
50:04de rajouter
50:04400 millions
50:05400 millions
50:06de barils
50:07pas par jour
50:09mais sur
50:09plusieurs semaines
50:10plusieurs mois
50:11mais ça peut permettre
50:13d'avoir un ajustement
50:14de 20 jours
50:1520 jours
50:15ça veut dire que
50:16moi si j'étais Trump
50:18je pourrais tenir
50:19maximum 20 jours
50:22en risquant
50:23pas forcément
50:23de perdre
50:24totalement les mid-term
50:25parce qu'après
50:26il se passe des choses
50:27après
50:27mais s'il arrive
50:29à sortir
50:30en faisant croire
50:31parce que
50:31vous savez ce qui compte
50:32pour lui
50:32c'est pas la vérité
50:33c'est la com'
50:34s'il arrive
50:35s'il arrive à faire croire
50:35qu'il est victorieux
50:36mais au-delà
50:37de 20 jours
50:37si jamais un second front
50:38et les Iraniens sont capables
50:40d'avoir maintenu au chaud
50:41les outils
50:41si les outils sont lancés
50:43à l'assaut de la mer Rouge
50:44après ces 20 jours
50:46alors là
50:47on est dans un
50:49dans une perspective
50:50extrêmement dangereuse
50:52puisque pour l'instant
50:53c'est le pétrole
50:53de l'Inde
50:54de l'Asie
50:55du Japon
50:55surtout qui est
50:56qui est impacté
50:57pas de la Chine
50:58parce que la Chine
50:58c'était fait pour elle
50:59cette guerre
51:00était faite contre elle
51:01mais c'est la seule
51:01qui peut encore
51:02s'approvisionner
51:03et elle a même
51:03importé plus de pétrole
51:04ces derniers jours
51:05qu'avant la guerre
51:05donc la Chine
51:06on n'a pas réussi
51:07à bloquer les flux
51:08de pétrole iranien
51:09vers la Chine
51:09c'est le contraire
51:10c'est les seuls qui passent
51:11et ils passent en nombre
51:12et ça permet à l'Iran
51:13de se financer
51:14par contre
51:16ça c'est l'Asie
51:17par contre
51:17la mer Rouge et Suez
51:19c'est le pétrole
51:20qui va vers l'Europe
51:20et le gaz
51:21qui va vers l'Europe
51:22alors l'Arabie Saoudite
51:23a un oléoduc
51:23qui traverse d'est en ouest
51:25qui permet
51:26de ne pas avoir besoin
51:28de bateaux
51:29à Hormuz
51:29mais si les outils
51:31bloquent la mer Rouge
51:32même ce oléoduc
51:33saoudien
51:34qui va d'est en ouest
51:35ne servira plus à rien
51:36puisqu'on ne pourra
51:37plus passer par Suez
51:38alors c'est un peu
51:39la politique du pire
51:40les Américains
51:40ont bombardé
51:41comme vous le savez
51:42les outils
51:42en mars dernier
51:43il y a eu un accord
51:44entre les deux
51:45et apparemment
51:46les outils se retiennent
51:47mais il n'est pas impossible
51:48qu'il n'ait pas trop le choix
51:49un peu comme le Hezbollah
51:50sinon ils n'ont plus
51:51aucun financement
51:52aucun service iranien
51:54donc ça on ne peut pas
51:55exclure le double front
51:56et là ce serait catastrophique
51:58l'OPEP
51:59le ministre saoudien
52:00du pétrole
52:00et Goldman Sachs
52:01ont fait des études
52:02ce serait un pétrole
52:03à 200 dollars
52:03là c'est un cataclysme
52:05c'est un échec économique
52:06pour Trump
52:07et là c'est une victoire
52:08métabolique
52:08enfin c'est une victoire hybride
52:10et non pas directe
52:12militaire pour les Iraniens
52:12une grande défaite
52:13pour l'Europe
52:14évidemment
52:15puisque là encore
52:16on verra que la Russie
52:17s'enrichit
52:18pendant cette crise
52:18évidemment
52:19les exportations
52:20de pétrole et de gaz
52:21ont explosé
52:22ce qui lui permet
52:23de financer son effort de guerre
52:24ce qui est quand même
52:25assez amusant
52:25quand on reconnaît
52:26les objectifs
52:28aussi bien des Américains
52:29que de l'Europe
52:30et nous
52:31nous allons payer le prix
52:32les Européens sont
52:32intégralement vassalisés
52:34ils ont fait l'erreur
52:35de se couper
52:35de l'énergie russe
52:39en augmentant
52:40les importations
52:40d'énergie
52:41du Proche et Moyen-Orient
52:43où on le sait
52:44tous les géopolitiques
52:46savent que
52:46tôt ou tard
52:47une crise
52:47allait se produire
52:48dans cette zone
52:49et en plus
52:50en se rendant
52:51dépendant aussi
52:52des importations
52:53américaines
52:54où aussi
52:55les Etats-Unis
52:56sont de plus en plus
52:57perçus
52:58comme un adversaire
52:59des Européens
53:00en voulant annexer
53:01par exemple
53:02le Groenland
53:03et en mettant
53:04la pression
53:04en fait
53:05sur les Européens
53:06au niveau géoéconomique
53:09pour
53:10en fait
53:11les piller
53:12non seulement
53:13pour les ventes
53:14d'armes
53:14mais pour
53:16les questions
53:17énergétiques
53:18et les questions
53:19tout simplement
53:19économiques
53:20avec les accords
53:21entre Madame
53:22von der Leyen
53:23et Trump
53:24totalement
53:25en défaveur
53:26des Européens
53:27et les Européens
53:28se retrouvent
53:29en fait
53:30entre trois
53:31arcs de crise
53:32l'arc de crise
53:33qui existe
53:34depuis longtemps
53:34au sud
53:35qui va du Maroc
53:36jusqu'à l'Afghanistan
53:37avec la menace
53:38de l'islamisme
53:39les migrations
53:41illégales
53:41les États
53:42faillis
53:43– Soit dit
53:44en pardon
53:44de vous interrompre
53:44mais les migrations
53:46ça ne devrait pas
53:46s'arranger
53:46avec cette crise
53:47– Ah non
53:47ça va être pire
53:48l'arc de crise
53:49que les Européens
53:50parce qu'ils n'ont pas
53:51de réflexion géopolitique
53:54indépendante
53:54et ils se sont alignés
53:57sur les doctrines
53:58géopolitiques
53:58anglo-américaines
53:59d'encerclement
54:00de la Russie
54:01en se positionnant
54:01et maintenant
54:02en plus
54:03avec la doctrine américaine
54:04de sous-traitance géopolitique
54:06de faire le boulot
54:07après les Ukrainiens
54:08ou en soutenant
54:09les Ukrainiens
54:10le plus possible
54:11contre l'Ukraine
54:12et donc
54:14ces trois arcs de crise
54:16ils sont totalement
54:17encerclés
54:18vassalisés
54:19et cette guerre
54:21en plus
54:21contre l'Iran
54:23renforce
54:24cette
54:28vassalisation
54:29qui progresse
54:30à grands pas
54:31et je ne vois pas
54:32beaucoup de réactions
54:33par rapport à ça
54:34et je pense que
54:35la seule manière
54:35de s'en sortir
54:36ce serait
54:37de négocier
54:38avec la Russie
54:39un nouvel ordre
54:42géopolitique
54:42en Europe
54:44en prenant en compte
54:45les intérêts de sécurité
54:46de la Russie
54:47en essayant
54:48de toute façon
54:48de geler
54:49l'élargissement
54:50de l'Ukraine
54:51à l'OTAN
54:52de l'éliminer
54:54totalement
54:55des perspectives
54:57de l'Union Européenne
54:57aussi
54:58parce que ça
54:58ferait exploser
55:00l'Union Européenne
55:00et de se rapprocher
55:02avec la Russie
55:04pour contrebalancer
55:05le pouvoir
55:09de nuisance
55:10déstabilisateur
55:11des États-Unis
55:12mais aussi
55:13d'Israël
55:14au niveau régional
55:14qui refuse
55:16la négociation
55:17du monde
55:18multipolaire
55:19et qui pratique
55:20la politique
55:20de terre brûlée
55:21voilà ma position
55:22par rapport à ça
55:23et bien je vous remercie
55:24messieurs
55:25d'être venus
55:25dans le samedi politique
55:26merci Alexandre Delva
55:28je rappelle
55:28votre dernier ouvrage
55:29le nouvel ordre
55:31post-occidental
55:32c'est aux éditions
55:33de l'Artilleur
55:33et bien entendu
55:34c'est sur la boutique
55:35de TV Liberté
55:37sur tvl.fr
55:38Pierre-Emmanuel Thaumann
55:39on peut bien sûr
55:40vous retrouver
55:41et retrouver vos analyses
55:42sur eurocontinent.eu
55:44je précise
55:45.eu
55:45et puis évidemment
55:47on peut toujours aussi
55:47trouver vos ouvrages
55:48notamment sur le couple
55:49franco-allemand
55:50sur tvl.fr
55:52chers amis
55:52j'espère que cette émission
55:53vous a plu
55:54vous a permis de comprendre
55:55des choses complexes
55:56on va continuer chaque semaine
55:57d'essayer de faire ce décryptage
55:59en tous les cas
55:59je vous donne rendez-vous
56:01justement pour un prochain numéro
56:02dans une semaine
56:03en attendant
56:03portez-vous bien
56:04bonsoir
56:05j'espère que la seule
56:09est est
56:09de la fin
56:10de la fin
56:14de la fin
56:16– Sous-titrage FR 2021
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