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  • il y a 15 heures
Ce vendredi 13 mars, Frederik Ducrozet, responsable de la recherche macroéconomique de Pictet Wealth Management, a abordé les attentes des marchés sur une possible baisse de taux de la Fed cette année, la demande de Donald Trump de baisser les taux à Jérôme Powell, et les deux hausses de taux attendues de la BCE, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00BFM Bourse, l'éco du monde.
00:03Justement on va en parler plus en profondeur encore avec Frédéric Ducrozet pour Piquet West Management.
00:07Bonjour Frédéric.
00:08Bonjour Guillaume.
00:09Donc ce pétrole qui sur la semaine gagne plus de 20% le baril de Brent,
00:12plus de 40% de hausse le baril de Brent depuis début mars, depuis moins de deux semaines.
00:16C'est impressionnant, si bien que les marchés anticipent de moins en moins de baisse de taux de la part
00:19de la Fed.
00:20La semaine prochaine, la Fed va annoncer sa décision.
00:22Est-ce que comme le marché, vous pensez qu'il y aura peut-être une baisse de taux cette année
00:26mais pas plus ?
00:27En tout cas, la semaine prochaine, on peut s'attendre à aucune action, aucun engagement, aucune prise de risque.
00:32Et c'est un exercice de communication généralisée.
00:34On n'a pas que la Fed d'ailleurs.
00:35On aura la Banque Centrale Européenne, la Banque Nationale Suisse, la Banque d'Angleterre, la Banque Centrale Suédoise.
00:41Ça va être un festival, un festival de communication et de prise de pouls et de mesures et d'évaluation
00:48des risques.
00:49Donc le mot central sera vraiment celui du risk management pour ces banques centrales qui sont comme nous,
00:53qui sont dans le flou total et qui vont opérer dans un cadre incertain avec des scénarios possibles, des projections.
01:00Pour beaucoup d'entre elles, y compris la Fed, y compris la BCE, il n'y aura pas de mise
01:04à jour des prévisions en elles-mêmes économiques.
01:06Et de toute façon, c'est un petit exercice relativement futile, en tout cas très difficile en ce moment.
01:10Et donc tout va se jouer vraiment en termes de distribution de probabilités
01:14qui malheureusement sont déplacées vers les scénarios plus défavorables.
01:17– Donc vous n'attendez pas beaucoup plus que de la com' de la part des banquiers centraux la semaine
01:21prochaine ?
01:22À noter quand même qu'hier soir, Donald Trump a mis à nouveau la pression sur Jérôme Powell,
01:26le président de la Fed, en disant dans une publication dont il a le secret,
01:29Donald Trump, que Jérôme doit accélérer et annoncer une baisse de taux avant la prochaine réunion
01:34qui aura lieu dès mercredi prochain.
01:35Il a l'air très très pressé du coup là, Donald Trump.
01:37Est-ce que de votre point de vue, l'évolution des taux américains pour Donald Trump
01:41est peut-être plus importante encore, plus grave même, la hausse des taux américains,
01:45que celle des cours du pétrole ?
01:46Est-ce que les taux américains même sont davantage que le pétrole
01:49le métronome potentiel de cette guerre en Iran ?
01:52– À long terme, oui, vous avez raison.
01:53Il y a une séquence d'événements qui est différente.
01:55Le prix à la pompe aux États-Unis vient d'atteindre les plus hauts de 2024.
01:59Une hausse très forte, c'est mécanique, c'est rapide, immédiat et c'est politiquement toxique.
02:03Je pense que malgré tout, ça reste la contrainte principale
02:06pour éventuellement forcer Trump à atténuer ses propos et changer de stratégie.
02:11À moyen terme, vous avez raison également, les taux d'intérêt restent le facteur central.
02:17Mais sauf que là, on touche l'extrême dans le raisonnement du président en termes de politique monétaire.
02:22On était déjà, nous économistes, prudents, on essaie de le tourner de façon très polie.
02:27On ne peut pas baisser les taux d'intérêt dans une économie que Trump lui-même décrivait
02:30comme en surchauffe, avec une croissance très élevée et encore plus à venir.
02:36Et là maintenant, si on se retrouve en plus avec un choc de prix très fort et un risque sur
02:41les anticipations d'inflation,
02:42c'est difficile de demander à Powell de venir en urgence baisser les taux d'intérêt.
02:48Non, le risque est en réalité inverse, c'est que toutes ces banques centrales, dans le doute,
02:54peut-être s'orientent vers une communication plus prudente dans le sens plus haut quiche.
02:57Et on peut notamment pour la Fed imaginer un scénario où le dot plot,
03:00parce que lui, en revanche, sera mis à jour,
03:03où on pourrait peut-être ne même plus voir de baisse de taux
03:06dans la moyenne des prévisions des membres du FOMC.
03:09Et dans ce cas-là, Trump risque d'être encore plus furieux.
03:12Vous parliez de haut quiche, c'est peut-être ce qui nous attend aussi du côté de la BCE.
03:17On a des anticipations de marché maintenant qui tablent sur deux hausses de taux cette année,
03:23une cet été et une sans doute à la fin de l'année,
03:25enfin si on suit les anticipations des marchés futurs.
03:30Est-ce que c'est un vrai sujet monétaire ?
03:34Est-ce que c'est un déséquilibre de marché pour le moment ?
03:36Quel est votre avis là-dessus ?
03:38Pas encore, mais dans un scénario extrême de vrai choc pétrolier
03:42et pour le dire clairement de récession en Europe,
03:44oui, il y aura une opportunité, un arbitrage de marché peut-être dont on pourra parler.
03:51Pour le moment, malheureusement, c'est effectivement pire pour la BCE qui a un mandat tout simple de stabilité des
03:57prix.
03:57On peut s'attendre à ce que Christine Lagarde réitère de manière très claire,
04:02sans aucune ambiguïté, que la BCE sera prête à agir,
04:05sous-entendu monter les taux en cas de risque inflationniste aigu et d'érapage des anticipations d'inflation en particulier.
04:13Et puis on a eu un membre de la BCE du Conseil des gouverneurs cette semaine,
04:15Peter Casimir, qui a parlé des réunions d'avril ou de juin comme une possibilité de monter des taux.
04:21Donc on ne parle pas de quelque chose dans six mois.
04:23Non, non, malheureusement, c'est bien réel.
04:25On peut toujours compter sur la BCE pour faire une erreur dans ces cas-là,
04:28parce qu'il y a des traumatismes passés, et je le comprends, on peut le comprendre.
04:31Il y a un traumatisme de 2022 d'avoir été trop lent au démarrage pour monter les taux
04:36et d'avoir subi cette inflation dramatique en Europe que la BCE pense pouvoir contrôler
04:42quand c'est un choc d'offre.
04:43Là, on peut avoir des doutes, malheureusement.
04:45Oui, donc pour vous, au moins une hausse de taux cette année de la BCE,
04:48ce qui paraissait complètement incongru il y a encore 15 jours, ça devient plutôt crédible.
04:51Alors là où le marché, je pense, se trompe entre guillemets,
04:54c'est une moyenne des anticipations, c'est qu'il y en aura plutôt une, deux ou trois très rapidement
04:57que juste une comme ça, comme si 25 points de base pouvaient résoudre ce problème-là.
05:02D'ailleurs, Isabelle Schnabel elle-même, la membre plus haut quiche du Conseil du Borde,
05:06en l'occurrence, l'a dit la semaine dernière, on n'est pas là,
05:09on n'est pas dans le business du fine-tuning.
05:11On ne va pas monter les taux une fois ou deux de 25 points de base pour régler un problème
05:15au Moyen-Orient.
05:16Si la BCE juge qu'on est dans un choc aussi important
05:19qui fait que les anticipations d'inflation peuvent déraper,
05:22alors le risque, c'est qu'elle monte les taux plusieurs fois de suite, avril, juin, juillet, par exemple.
05:26Mais les hausses de taux n'ont jamais rien réglé au cours de l'énergie, du pétrole qu'on importe.
05:29C'est là qu'on peut être surpris malgré tout, Frédéric.
05:32Oui, bien sûr, mais encore une fois, ce traumatisme de 2022
05:36montre qu'il y a un scénario qui n'est pas complètement loufoque
05:40dans lequel la croissance tient malgré tout.
05:42Le marché du travail en Europe est plutôt en bonne santé,
05:46les salaires ralentissent mais sont élevés
05:48et que l'inflation reparte un petit peu à la hausse.
05:50Vous avez des anticipations d'inflation et des enquêtes attendues en mai-juin
05:53auprès du consommateur et des prévisionnistes professionnels
05:56qui pourraient effectivement refléter ce risque-là.
06:00Et j'ai peur que certains membres de la BCE, en tout cas,
06:02penchent en faveur de hausses de taux dans ce scénario.
06:05Ça tombe un peu mal parce que quand même, c'est 2026 l'année
06:07où des États comme la France ou l'Allemagne vont battre un record d'émissions obligataires.
06:11Donc on imagine, d'ailleurs, on voit le 10 ans français progresser,
06:13on est à 3,64 aujourd'hui, le 10 ans allemand presque à 3% désormais.
06:16On peut imaginer que le coût de la dette pour la France,
06:18l'Allemagne et beaucoup d'autres pays en Italie va encore plus s'en chérir.
06:22Oui, et alors l'interprétation peut être un peu moins dramatique,
06:26c'est que le marché obligataire fait le travail, entre guillemets,
06:29que la Banque centrale ne sera peut-être pas obligée de faire,
06:32qu'il y a un resserrement à long terme.
06:34Mais là aussi, une fois que le choc qui domine est un choc sur la croissance,
06:39et ce que je pense malheureusement est le plus probable
06:41dans un scénario de tension sur les prix de l'énergie durables
06:45et de conflits durables, dans ce cas-là, la composante de vos taux longs,
06:49les anticipations d'inflation devraient rebaisser à nouveau,
06:51et peut-être même d'ailleurs les taux tout courts,
06:54l'idée d'une croissance qui sera affectée à long terme.
06:57J'espère que ce ne sera que temporaire, mais vous avez raison,
07:00c'est un risque supplémentaire et la BCE n'est pas prête à intervenir
07:02pour calmer la partie longue de la courbe des taux d'intérêt.
07:05La semaine prochaine, donc embouteillage de banques centrales,
07:07puisque toutes les banques centrales du G7 vont annoncer leurs décisions politiques monétaires
07:10et vont devoir communiquer surtout auprès des marchés.
07:12Merci beaucoup Frédéric Ducrozet pour Pictet West Management.
07:15En ce moment, on assiste aussi à la résurrection des épaves,
07:18la résurrection des épaves en mer.
07:19En fait, le plus grand transporteur pétrolier d'Arabie Saoudite
07:23est en train de réserver actuellement des pétroliers à des tarifs exorbitants.
07:27Pourquoi ? Parce qu'il a tellement de navires bloqués actuellement dans le golfe Persique
07:30que pour contourner l'impasse actuelle, il mise sur la mer Rouge
07:33où il est en train de louer à tour de bras des navires disponibles,
07:35pas forcément tous en superbe état d'ailleurs.
07:37Il les loue pour pouvoir poursuivre une partie de ses activités
07:40et ainsi profiter quand même, quand même profiter un peu de la manne du prix du pétrole qui progresse.
07:44Et donc, voilà, les épaves flottantes sont en train en ce moment de se louer à prix d'or.
07:49C'est ce qu'on apprend dans la presse britannique notamment.
07:52Il fait bois de propriétaire d'une épave flottante en ce moment
07:54et notamment en mer Rouge où apparemment les bateaux sont particulièrement recherchés
07:57par tous ces pétroliers aujourd'hui bloqués dans le golfe Persique.
08:02Le CAC est en baisse de 0,3%, le pétrole stable, 100 dollars pour le baril de bret.
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