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  • il y a 10 heures
Regardez "On refait le monde" avec Jean-Louis Schilansky, ancien président de l'Union française des industries pétrolières, Alexandra Legendre, porte-parole de la Ligue de défense des conducteurs, et Martial You, éditorialiste économique sur RTL.
Regardez On refait le monde avec Anne-Sophie Lapix du 12 mars 2026.

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Transcription
00:01Jusqu'à 20h, on refait le monde sur RTL, avec Anne-Sophie Lapix.
00:06Le Détroit d'Hormuz doit rester bloqué.
00:08Premier mot du nouveau guide suprême iranien Mojtaba Ramenei.
00:12Voilà qui ne risque pas de faire baisser les cours de pétrole.
00:15Le baril a de nouveau dépassé les 100 dollars cet après-midi, avant de retomber un petit peu.
00:20Comment éviter que les prix à la pompe ne bondissent en France ?
00:23Faut-il bloquer ces prix ?
00:25De plus en plus de voix le réclament, mais pour l'instant, pas question, dit le gouvernement.
00:30On en débat avec nos invités.
00:31Martial You, éditorialiste économique sur RTL, bonsoir.
00:34Bonsoir.
00:34Jean-Luc Chilansky, ancien président de l'Union française des industries pétrolières, bonsoir.
00:39Bonsoir.
00:39Et Alexandra Legendre, porte-parole de la Ligue de défense des conducteurs, bonsoir.
00:44On refait le monde sur RTL.
00:47Il faut plafonner les prix et pour ça il faut plafonner les marges.
00:50Les marges de qui ? De ceux qui ont profité de la situation.
00:52Qui ?
00:53Les pétroliers, très clairement, ils ont augmenté les prix de stocks qu'ils avaient déjà.
00:58C'est pas du pétrole qu'on a fait venir, c'est tout simplement ce qu'ils avaient en stock,
01:02ils ont augmenté les prix.
01:04Ça s'appelle un scandale.
01:05Un scandale dénoncé par Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France,
01:10qui donc lançait un appel ce matin au gouvernement à bloquer les prix, bloquer les marges.
01:15D'abord, qu'est-ce que ça veut dire, Martial, bloquer les prix ?
01:19C'est fixer le prix maximal pour chaque carburant, c'est ça ?
01:22C'est ça, c'est dire, et ça peut se faire d'ailleurs au jour le jour,
01:25mais dire le prix du super sans plomb ne doit pas dépasser 2 euros.
01:30Et à partir de là, c'est soit les marges, on va dire, de l'État,
01:35c'est-à-dire la partie taxe que l'État accepte de diminuer.
01:39Qui représente plus de 50%.
01:40Ça représente entre 50 et 60%, effectivement.
01:43Et vous avez notamment une taxe, parce qu'on parle toujours de la TVA,
01:46mais vous en avez une qui s'appelle la TICPE,
01:49même si maintenant elle a un nouveau nom, mais qui est fixe.
01:52C'est-à-dire que quel que soit le prix du litre d'essence ou de diesel,
01:56elle prend 60 centimes à peu près, voilà, sur un litre d'essence.
02:00Donc là, vous pouvez, puisque c'est l'État qui la récupère
02:03et qui touche même de la TVA là-dessus,
02:05peut jouer un peu.
02:06C'est-à-dire, on peut dire, voilà, ce coup-ci, on va la descendre mécaniquement.
02:09Et accepter de perdre un peu d'argent,
02:11ou bien, effectivement, c'est une demande qu'on va faire à Total Energy,
02:15qui a annoncé qu'il plafonnait ses prix de lui-même.
02:18Là, c'est les distributeurs.
02:19Là, c'est les distributeurs.
02:21Eux, ils ont droit à à peu près 20%, c'est ça ?
02:23Non, parce que, enfin, oui.
02:25C'est-à-dire, vous avez, si on découpe le bidon de le jerrycan d'essence,
02:29vous avez, en gros, voilà,
02:30vous avez 60%, c'est des taxes.
02:3455-60%.
02:35Ensuite, vous avez 30% à peu près.
02:37Ça, c'est le vrai prix du pétrole.
02:40C'est vraiment le brut, là.
02:42Et puis, donc, il reste 20%, 10-20%.
02:44Et là-dedans, il faut mettre le raffinage,
02:46il faut mettre le transport,
02:48et il faut mettre la part, le salaire du pompiste.
02:51Et les pompistes, en tant que tels, eux, c'est, allez, c'est 1, 2 centimes sur un litre d
02:56'essence qu'ils touchent.
02:57Donc, même si on dit, on va s'attaquer aux marges des distributeurs,
03:03vous n'allez pas énormément prendre d'argent sur cette seule base-là.
03:07Donc, quand on dit, il faut bloquer les prix,
03:11qui va payer ?
03:12C'est l'État ?
03:13Et les distributeurs ?
03:14C'est vous.
03:15C'est vous qui allez payer.
03:16L'État, c'est nous.
03:16Oui, parce qu'en fin de compte, ça ira dans le déficit de la France.
03:20Et le déficit de la France, il faudra le combler, un jour ou l'autre, par les impôts.
03:24Et donc, bloquer les prix, ça veut dire, comme vient de le dire Martial,
03:28diminuer les taxes, diminuer les taxes.
03:31Ça va dans le déficit, et à un moment donné, il faudra augmenter les impôts.
03:34On l'a déjà fait, bloquer les prix en France ?
03:36Pour le carburant ?
03:39En 90 ?
03:40Oui, au moment de la guerre du Golfe.
03:41Exactement.
03:42Ça a existé pendant quelques temps, où on a bloqué les prix.
03:45On l'a un peu fait après l'invasion de l'Ukraine,
03:48parce que finalement, il y a un moment donné,
03:50lorsque l'État a fixé la jauge à 2 euros le litre,
03:54c'était une forme de blocage des prix.
03:56Même si pendant ce temps-là, ce qu'il faut bien comprendre,
03:58c'est que vous avez une partie invisible,
04:00que l'automobiliste ne voit pas,
04:02c'est justement ce qui est au-dessus de ces 2 euros,
04:04et qui est compensé par l'État, comme disait Jean-Luc Chiansky.
04:07Alors, bloquer les prix, Total l'a déjà fait.
04:10C'était en 2023, il s'était engagé à ce que le litre de carburant
04:14ne dépasse pas les 1,99€.
04:16En février, le mois dernier, il a renouvelé cet engagement,
04:20et ça devait tenir jusqu'à la fin 2026.
04:24Bon, il s'est passé 2-3 choses depuis.
04:26Une petite guerre a commencé en Iran.
04:28Alors, ce matin, il a mis de l'eau dans son vin.
04:301,99€, ça ne vaut que pour l'essence.
04:33Pour le gazole, c'est 2,09€.
04:36Et en plus, ce n'est valable qu'un mois.
04:39Qu'un mois, ça veut bien dire, Alexandra Le Gendre,
04:42qu'on est très inquiets sur l'avenir.
04:45Tout à fait.
04:46J'en parlais avec le chauffeur de taxi qui m'a accompagnée jusqu'ici tout à l'heure,
04:50et qui me disait la première chose qui l'a choquée,
04:51c'est la hausse immédiate du prix.
04:53C'est-à-dire, dans la foulée du début de la guerre,
04:57et il se dit, peut-être, j'aurais mieux compris si on avait attendu 3-4 jours,
05:01parce qu'on sait très bien que si les prix ont augmenté spontanément,
05:04il y a quand même une certaine dose d'opportunisme.
05:07Oui, c'est pour ça d'ailleurs, le gouvernement dit, il faut lancer des contrôles, lancer beaucoup de contrôles.
05:11Voilà, mais c'est aussi beaucoup d'effets de manche,
05:13pour finalement un résultat assez invisible pour l'usager,
05:17qui lui, de toute façon, est bien obligé d'aller faire le plein,
05:19et de faire avec le tarif qui lui est proposé.
05:25Et en fait, la solution, comme toujours, on l'attend du haut,
05:28mais l'usager, le français, il n'est pas stupide,
05:31et c'est lui qui ajuste finalement sa consommation,
05:34il l'ajuste en circulant moins,
05:36en sacrifiant le déjeuner dominical chez mamie.
05:39Il y a des gens qui en sont à ce point-là,
05:41effectivement, qui vont complètement réduire leur consommation,
05:45parce que leur budget les y contraint,
05:47et est-ce qu'ils attendent encore grand-chose de la part de nos dirigeants ?
05:51Je ne suis pas sûre, malheureusement.
05:52Mais vous pensez qu'ils devraient bloquer les prix, nos dirigeants ?
05:55C'est tellement facile à dire, c'est tellement facile à proclamer.
05:59Bien sûr qu'on attend du gouvernement qui trouve des solutions,
06:02mais quand on a un déficit de 1 600 milliards d'euros,
06:07quand on est soi-même contribuable,
06:11quand on paie des impôts,
06:13on sait très bien, comme ces messieurs viennent de dire,
06:15qu'il y a un moment donné où,
06:17d'une manière ou d'une autre,
06:19on va devoir repayer à nouveau plus.
06:23Nous, ce qu'on regrette à la Ligue de défense des conducteurs,
06:25c'est que finalement, le contribuable,
06:27c'est tout azimut qui les sollicite quand il utilise sa voiture.
06:31Il y a le malus, il y a les diverses taxes,
06:36vous avez les cartes grises qui augmentent,
06:38vous avez l'essence qui augmente, bref.
06:40C'était beaucoup.
06:41Ça fait beaucoup.
06:43Alors, on a entendu tout à l'heure Xavier Bertrand,
06:45qui est un homme politique sérieux, a priori,
06:48dire qu'il fallait bloquer les prix,
06:50puis il fallait chercher les marges des distributeurs
06:53qui s'en mettaient plein les poches.
06:55En gros, est-ce que c'est sérieux cet argument ?
06:57Ça veut dire tout simplement baisser les taxes.
06:59En Louis Chilanski.
07:00Ça veut dire baisser les taxes, c'est aussi simple que ça.
07:02Bloquer les prix, ça veut dire que si les prix augmentent,
07:04il faut baisser les taxes
07:05pour que le prix ne dépasse pas un certain seuil.
07:09Donc, ce que dit M. Bertrand,
07:11c'est qu'il faut aller puiser dans le déficit de la France
07:14pour compenser la hausse du prix du pétrole.
07:16Il a parlé aussi des distributeurs.
07:18Il pense qu'il y a aussi des exagérations.
07:20D'ailleurs, les distributeurs étaient réunis aujourd'hui à Bercy
07:24par le gouvernement.
07:25Ils ont annoncé une baisse de 10 à 20 centimes sur le litre.
07:29Ils ont pris cet engagement.
07:31D'ailleurs, Roland Escure les a salués.
07:34Il avait suggéré cette baisse.
07:37Et à terme, ça pourrait être une obligation ?
07:39Non, mais il faut quand même...
07:40Il faut peut-être arrêter deux secondes le bal des faux-culs
07:43sur cette histoire.
07:44On est là pour ça.
07:47Quand j'entendais Xavier Bertrand tout à l'heure,
07:50je suis d'accord avec le scandale qu'il dénonce.
07:53Il y a eu un scandale qui est que les distributeurs
07:56ont répercuté immédiatement, effectivement, à la pompe,
08:00la hausse des prix du baril sur du pétrole
08:02qu'ils avaient acheté il y a bien longtemps
08:04et qui n'était pas à ce prix-là.
08:05Donc, ils ont fait de la marge.
08:07Ils ont fait du bénéfice.
08:08Pourquoi ils ont fait ça, notamment les distributeurs
08:11de la grande distribution ou les pompistes indépendants ?
08:14Tout simplement parce qu'ils ont l'expérience de l'Ukraine.
08:16Ils savaient que Total Energy plafonnait ces tarifs à 1,99.
08:21Donc, la dernière fois, lorsque cette décision est tombée,
08:25Total a récupéré l'ensemble du marché,
08:27enfin, une très grosse part de marché,
08:28et les petites stations-service
08:30ou les stations-service de grande distribution,
08:33qui représentent quand même plus de la moitié du marché,
08:35se sont retrouvées délaissées
08:37parce que les Français sont allés là où le prix était le moins cher.
08:39Et donc là, qu'est-ce qu'ils ont fait ?
08:41Ils se sont dit, on va prendre tout de suite l'argent,
08:43comme ça, à partir de 2 euros, on sera plus compétitif,
08:46on ne vendra plus une goutte d'essence,
08:48donc on aura fait la marge avant.
08:49Alors, maintenant, qu'on vienne m'expliquer
08:51que dans un geste de grande mensuétude,
08:54messieurs, Leclerc et Shellcher,
08:55que j'adore, par ailleurs, on se connaît très très bien,
08:58chez Leclerc et chez Systému,
08:59vont baisser leurs tarifs de 20 à 30 centimes,
09:01c'est se moquer du monde.
09:03Ils ont fait des bénéfices avant
09:05qui n'avaient pas lieu d'être,
09:06c'est normal qu'ils rectifient aujourd'hui le tir,
09:08alors que les prix sont autour de 100 euros le baril.
09:11Et là, je parle sous le contrôle de Jean-Louis Chilanski,
09:14qui a quand même géré ça avec l'UFI pendant des années.
09:17100 dollars le baril, on a connu ça,
09:19on préfère quand il est à 60,
09:21mais ce n'est pas non plus une catastrophe
09:22ou un krach pétrolier.
09:24Jean-Louis Chilanski ?
09:25C'est vrai, il n'y a pas de solution miracle.
09:28Faire croire qu'avec une baguette magique,
09:31on va faire baisser les prix, ce n'est pas vrai.
09:34Effectivement, il y a eu un effet très particulier,
09:36très regrettable d'augmentation très soudaine
09:40des prix à la pompe, pour plusieurs raisons.
09:43Ce qui vient d'être expliqué,
09:45et ensuite parce que c'est un cas tout à fait extraordinaire.
09:48La guerre en Iran, le blocage d'Hormuz,
09:50donc ça crée une psychologie tout à fait particulière.
09:54Mais c'est vrai que ça, c'est un abus,
09:56et cet abus, il faut le dénoncer.
09:57Je voudrais m'adresser à vous, madame.
10:00Je crois que ce qu'il faut dire aux automobilistes,
10:02c'est d'aller chercher le prix le moins cher.
10:06C'est ce qu'ils font des arts ?
10:08Oui, non, mais ce n'est pas la même chose
10:10que quand on a une pénurie.
10:12Quand il y a une pénurie,
10:14vous allez faire le plein parce que vous avez peur.
10:17Et vous allez n'importe où faire le plein.
10:19Là, il n'y a pas de pénurie.
10:20Il faut aller chercher le bon prix,
10:21il faut se déplacer un peu.
10:22Il n'y a pas de pénurie.
10:23Donc, il ne faut pas aller faire le plein comme ça
10:26parce qu'on se dit,
10:27tiens, je vais remplir mon réservoir
10:29et aller payer le prix qu'on propose.
10:31Je sais qu'ils le font,
10:32mais il faut insister, insister, insister
10:35pour qu'ils traquent le prix le moins cher.
10:38Il n'y a pas de pénurie, mais il y a la pause.
10:40Et dans un instant, le rappel des titres d'Alvan Lefrince.
10:43Jusqu'à 20h,
10:45Anne-Sophie Lapix refait le monde sur RTL.
10:51RTL
10:52Il est 19h30.
10:54Anne-Sophie Lapix.
10:55On refait le monde sur RTL.
10:57Le rappel des titres avec Alban Leprince.
10:59Avec cette fusillade ce soir dans une synagogue du Michigan aux Etats-Unis.
11:03Arnaud Touche, vous êtes le correspondant de RTL aux Etats-Unis.
11:07On vient d'apprendre que le tireur était décédé.
11:11Absolument, Alban.
11:11On sait désormais avec certitude que le tireur a été tué.
11:15Son identité n'est pas encore connue à ce stade.
11:17C'est ce qu'annoncent les autorités citées par la presse américaine il y a quelques instants.
11:21Et selon la chaîne de télévision CNN,
11:23c'est une information importante ce soir.
11:25Une grande quantité d'explosifs ont été retrouvés dans le coffre de la voiture
11:29utilisée par le suspect pour foncer dans le bâtiment.
11:32Autre information importante relayée par la presse américaine,
11:34l'attaque n'aurait pas fait de blessés.
11:36Les autorités sont toutefois toujours en train de sécuriser les abords de la synagogue.
11:40Toutes les autres écoles situées à proximité ont été confinées.
11:44Et selon le FBI, un homme a donc foncé dans cette synagogue il y a moins d'une heure.
11:48Les forces de l'ordre indiquent que des coups de feu ont été échangés,
11:51notamment avec le service de sécurité de la synagogue,
11:53mais sans donner davantage de détails pour l'instant.
11:56Merci beaucoup Arnaud Touche.
11:58En France, 12 cas de listeriose, dont deux mortels,
12:01ont été détectés entre septembre et janvier.
12:03Des cas liés à la consommation de charcuterie produite par une entreprise de la Drôme.
12:08Son activité a été suspendue par arrêté préfectoral.
12:12Dans un communiqué, l'entreprise concernée réagit
12:14et assure coopérer pleinement avec les autorités sanitaires.
12:17Après 13 jours de guerre au Moyen-Orient,
12:19l'armée israélienne annonce ce soir bombarder à Téhéran
12:22des postes de contrôle des Basijs, les alliés des gardiens de la Révolution.
12:27Et puis ce sont les huitièmes allées de la Ligue Europa en foot.
12:30À la mi-temps, Lille et Aston Villa s'affrontent 0-0 partout.
12:35Et Lyon affronte ce soir les Espagnols de Celta-Vigo.
12:38Coup d'envoi de la rencontre à 21h.
12:39Merci Alba, dans votre tour à 20h.
12:41A tout à l'heure.
12:42Anne-Sophie Lapix, on refait le monde jusqu'à 20h sur RTL.
12:47Toutes les idées sont les bienvenues pour faire baisser les prix de l'essence,
12:50explique le Premier ministre Sébastien Lecornu.
12:52Et si possible, sans que ça ne coûte rien à l'État.
12:55Mais pourra-t-il s'éviter de distribuer des chèques aux plus fragiles ?
12:59On va en débattre dans On refait le monde avec Martial You,
13:01éditorialiste économique sur RTL.
13:03Jean-Louis Chilanski, ancien président de l'Union française des industries pétrolières.
13:07Et Alexandra Le Gendre, porte-parole de la Ligue de défense des conducteurs.
13:11On refait le monde sur RTL.
13:14Aujourd'hui, je vous dis, ça rebaisse et je ne sais pas jusqu'à quand ça va rester comme ça.
13:20Mais si ça durait, il faudra des mesures de soutien pour les travailleurs automobilistes les plus modestes.
13:25Voilà, vous avez peut-être reconnu Michel-Édouard Leclerc,
13:29qui sera d'ailleurs l'invité de Thomas Soto demain matin.
13:33Alexandra Le Gendre, est-ce qu'il faudra des mesures de soutien pour les automobilistes ?
13:37Est-ce qu'on peut imaginer un chèque carburant, notamment pour les plus fragiles ?
13:42J'espère effectivement que c'est quelque chose qui va être mis en place,
13:44parce qu'on le voit à l'association, on nous appelle et on nous explique le désarroi face auquel ces
13:50sympathisants se retrouvent.
13:51Parce que le prix augmente certes, mais toujours est-il que demain, il faut quand même aller au travail.
13:56Il faut quand même continuer à faire le plein.
13:58Et on est sur des budgets tellement contraints aujourd'hui,
14:02que cette capacité toute simple à aller au travail, il est nécessaire de la garantir, bien sûr.
14:08Et ce n'est pas à nous, en vrai, de chercher la solution.
14:11L'idée, c'est que l'économie continue.
14:14Et enfin, effectivement, trouver des solutions, qu'on apporte des solutions
14:18qui ne soient pas uniquement celles qu'on apporte nous-mêmes en réduisant ces mouvements.
14:22En réduisant votre consommation et en cherchant les bons...
14:25Exactement, ça ferait un petit peu de bien, oui.
14:27Ça coûte cher, ça, ce chèque carburant ?
14:30Oui, la dernière fois, ça a coûté 8 milliards à l'État pour 40 millions d'automobilistes à peu près,
14:3838 millions.
14:39C'est-à-dire pas tout le monde.
14:41Moi, vous savez que je fais la promo de mon livre sur les dindons, c'est-à-dire sur les
14:43classes moyennes.
14:44Et donc, je vois bien que les gens comprennent la situation.
14:49C'est-à-dire que les dindons en question, ce sont ceux qui ne vont pas bénéficier du chèque,
14:52mais qui ont très très bien compris qu'en revanche, ils vont devoir le rembourser d'une façon ou d
14:56'une autre sous forme d'impôt.
14:56Ce n'est pas parce qu'ils sont un petit peu au-dessus des revenus qui permettent d'être bénéficier.
15:00Moi, je suis assez prudent par rapport à ça.
15:02J'espère que le gouvernement va résister.
15:04Ça va être difficile parce qu'on va rentrer dans une campagne présidentielle et des idées,
15:08le concours l'épine des idées pour l'essence, si ça continue à être très élevé, on va avoir un
15:12festival.
15:13Mais si on veut décarboner le parc, si on veut à terme sortir du pétrole, de l'essence, du gazole,
15:22il faut raisonner en grande masse.
15:248 milliards de chèques, c'est-à-dire que ceux qui ont bénéficié de ce chèque carburant la dernière fois,
15:30ils ont touché 200 euros.
15:31200 euros, quand vous avez un carburant à 2 euros le litre, ça vous fait deux pleins.
15:36On en fait une vingtaine par an.
15:38Vous avez deux pleins.
15:39Et donc, 8 milliards, j'ai fait le calcul, si l'État veut vraiment mettre de l'argent
15:45et tenter de décarboner et de changer les habitudes,
15:48il pouvait offrir 320 000 voitures électriques à 25 000 euros.
15:52C'est complètement caricatural ce que je suis en train de dire.
15:54Oui, parce que vos dindons, ils se seraient trouvés bien embêtés
15:57parce qu'il n'y en a que 380 000 qui auraient été aidés
15:59et les autres, ils auraient eu des contraintes financières.
16:02Je dis ça, évidemment, je dis que c'est caricatural
16:04parce que ce n'est pas une mesure politique de faire ça.
16:06Mais c'est pour vous dire, quel est l'objectif final ?
16:10Est-ce qu'on aide tout de suite quelque chose qui, finalement, est assez, presque indolore,
16:15ne va pas avoir de grandes conséquences, ne va pas changer la vie des gens
16:17et ne sera d'ailleurs pas du tout rentabilisé au niveau politique
16:21ou est-ce qu'on essaie de se décarboner d'une façon ou d'une autre ?
16:25Voilà, ça s'agit sur le plateau, Jean-Louis.
16:27Là, je ne suis pas tout à fait d'accord.
16:29Je pense qu'on ne peut pas rester simplement à regarder passer les trains
16:34parce que c'est trop douloureux, vous venez de le dire, madame.
16:38Il y a des gens pour qui ça devient vraiment impossible.
16:41Et donc, la mesure ciblée me semble la bonne direction,
16:46même si ça coûte cher, mais en tous les cas...
16:49Ça coûte toujours moins cher que de bloquer les prix ?
16:50Oui, et puis bloquer les prix ou bloquer la TVA, c'est pour tout le monde.
16:55Et donc, même des gens qui n'en ont pas forcément besoin.
16:58Par contre, le chèque ciblé, c'est vraiment une piste.
17:03Et ne négligeons pas l'aspect symbolique,
17:05même si pour certains, 200 euros, ce n'est pas du tout symbolique.
17:09Cette décision, en fait, elle marque effectivement les citoyens.
17:12Je voudrais juste rappeler qu'en 2022,
17:15Total Energy, notamment, a profité de la flambée du prix du carburant
17:19pour faire 20 milliards d'euros de bénéfices.
17:22Et alors qu'en 2025, le baril du Brent était à peu près à 66 dollars,
17:25donc assez bas, ces bénéfices se sont limités à 11 milliards d'euros.
17:29Donc, on peut se dire aussi que peut-être il y a des personnes qui en profitent.
17:33Et cette symbolique-là aussi, elle est très importante,
17:35de milliards de bénéfices d'un côté,
17:37et de ne pas pouvoir faire le plein par ailleurs
17:39pour pouvoir utiliser sa voiture.
17:41Total qui va réduire sa production de pétrole et de gaz de 15%.
17:47C'est ce qu'ils ont annoncé tout à l'heure.
17:48Donc, il y aura peut-être moins de bénéfices.
17:50C'est une contrainte, malgré tout, aussi.
17:55Vous parliez de ciblage, Jean-Luc Chilensky.
17:58Est-ce qu'on ne peut pas cibler aussi vers les professionnels ?
18:01Et je pense notamment à certains professionnels,
18:04ce sont les agriculteurs,
18:06le GNR qu'ils utilisent, leur carburant,
18:09est passé de 1,28 euros à 1,71 en 10 jours.
18:14Le gouvernement a dit, on va faire plus de contrôles,
18:16peut-être qu'il y a eu des abus, là aussi, ça va suffire.
18:18Attention, danger avec ces professions qui sont déjà fragiles.
18:20Le gaz à un non-routier, le GNR, comme vous dites,
18:23qui est utilisé par l'agriculture,
18:25pas seulement par les travaux publics, certains transports,
18:28c'est un vrai problème pour l'agriculture.
18:31Parce que les taxes sont plus basses.
18:34Donc, c'est 1,28 au lieu de...
18:36Enfin, c'était 1,28 au lieu d'1,70.
18:38Donc, quand ça augmente de 30 ou 40 centimes,
18:41c'est considérable.
18:43L'impact réel sur les comptes d'exploitation des agriculteurs
18:48est considérable.
18:49Et là, il est probable qu'il faudra faire un geste
18:52compte tenu de ce qui se passe sur l'agriculture.
18:55Mais tout ça, de nouveau, soit le chèque énergie,
18:59soit le gaz à un non-routier...
19:00Des milliards, des milliards.
19:01C'est des milliards et ça va dans l'addition.
19:04On évoque des mesures de soutien aux automobilistes
19:07ou aux professionnels,
19:08mais il y a aussi des moyens d'action à grande échelle,
19:10macro, dit-on.
19:12Hier, la France, avec 31 autres pays
19:13de l'Agence internationale de l'énergie,
19:15ont décidé de débloquer 400 millions de barils
19:18de leurs réserves stratégiques.
19:21Le but, c'était de rassurer tout le monde,
19:23notamment les marchés,
19:24pour faire baisser les cours de pétrole.
19:25Ça n'a pas du tout marché, Martial ?
19:27Alors, ça n'a pas du tout marché.
19:28Il y a deux raisons à ça.
19:29C'est que, d'abord,
19:31derrière cette annonce-là,
19:32il y a eu quand même une journée un peu difficile aujourd'hui.
19:35Vous avez quand même l'ayatollah iranien
19:37qui parle pour la première fois.
19:39Ça ne rassure pas les marchés.
19:40Il dit qu'il va rester fermé, le détroit d'Hormuz.
19:43Hormuz.
19:43Vous avez Donald Trump
19:45qui en remet une petite couche.
19:47Il dit que ce n'est pas la priorité,
19:48c'est le nucléaire.
19:49Donc, ça, ce sont des signaux
19:51qui sont contradictoires
19:52et qui finissent par perturber les marchés,
19:54évidemment, qui sont déjà très fébriles.
19:56On est dans la panic-room, là.
19:57Tout le monde est en train de s'inquiéter
20:00à la moindre phrase.
20:01Et puis, l'autre élément qui explique,
20:04selon moi, le fait que ça n'ait pas eu un effet
20:06bœuf, c'est qu'on dit 400 millions de barils,
20:09ça paraît énorme,
20:10mais on consomme 100 millions de barils par jour.
20:13Donc, 400 millions de barils,
20:15si on ne prend que les 20% de d'Hormuz
20:17qui sont bloqués,
20:18ça nous laisse 20 jours d'avance.
20:20Donc, si vous voulez,
20:20ce n'est quand même pas une marge de sécurité énorme.
20:23Il faut aller faire plus ?
20:24Sans doute qu'il faudra...
20:26On n'avait jamais fait autant, je crois.
20:27Oui, je sais,
20:27mais on a logiquement 3 mois
20:29de réserve de stocks stratégiques,
20:33comme on dit en France notamment.
20:35Il va peut-être falloir piocher
20:36dans ces stocks-là
20:37pour effectivement abaisser
20:40la flambée des prix.
20:41Mais quand on parlait tout à l'heure
20:42de baisser les taxes,
20:43vous savez, une fois que vous avez baissé les taxes,
20:44tant que la mer monte,
20:45tant que le pétrole continue à monter,
20:47vous n'avez rien réglé.
20:48C'est-à-dire que vous l'avez réglé
20:49pendant quelques jours,
20:50mais si vous avez toujours
20:52une montée des prix du baril,
20:53à un moment donné,
20:54vous retrouvez les 2 euros
20:55et vous n'avez plus aucune marge de manœuvre
20:57parce que vous avez supprimé trop les taxes.
20:58Donc, vous voyez,
20:59il y a un équilibre à trouver.
21:01Le fait de réinjecter des stocks stratégiques,
21:03c'est sans doute une des réponses,
21:04mais il va falloir faire plus
21:05parce que là, évidemment,
21:0620 jours, ce n'est pas suffisant.
21:08Oui, les stocks stratégiques,
21:10ça, malgré tout,
21:11un peu calmait.
21:13On peut le dire autrement.
21:14Ça aurait monté bien plus, c'est ça ?
21:15Ça aurait monté bien plus haut.
21:17Là, on est resté à un niveau élevé,
21:19mais ça a évité une flambée
21:21qui aurait été bien pire.
21:23Donc, je pense que c'est une bonne mesure.
21:25C'est une mesure coordonnée
21:27des pays qui font partie
21:28de l'Agence internationale de l'énergie.
21:31Et il est possible que,
21:32dans le futur,
21:33si ça ne s'arrange pas,
21:35il faudra remettre le couvert,
21:37si j'ose dire,
21:38et de nouveau puiser
21:39peut-être 400,
21:40peut-être 600 millions de barils.
21:42En tout, il y a 1,8 milliard de barils
21:45de stocks stratégiques.
21:47Donc là, les 400 millions,
21:48ça représente environ un quart
21:50de ce qui est disponible,
21:52en quelque sorte.
21:52Symboliquement, il faut comprendre
21:53qu'il y a,
21:54puisqu'on parle de psychologie
21:55des marchés financiers aussi,
21:56c'est-à-dire que là,
21:57aujourd'hui,
21:57on a fait une bascule.
21:58On est entré dans le 13e jour
22:00de la guerre.
22:02L'année dernière,
22:03la guerre a duré 12 jours.
22:04Oui, au mois de juin.
22:05Et donc, là,
22:06ça veut dire que psychologiquement,
22:08les marchés se disent
22:09qu'on ne sait pas
22:09jusqu'où ça nous emmène.
22:10Et comme il y a une vraie inquiétude
22:12avec des Iraniens
22:12qui disent
22:13qu'on est capable
22:14de mettre le Hormuz à sec,
22:16c'est-à-dire d'interdire,
22:17de le bloquer complètement,
22:18tout le monde a très, très peur.
22:20Parce que tout le monde
22:20se rend compte
22:20de la dépendance mondiale,
22:22y compris les groupes producteurs,
22:23que l'on a par rapport
22:24à ce détroit de Hormuz.
22:25Et on a vu que rien qu'en armes,
22:27ça a déjà coûté 11 milliards
22:28aux Américains
22:29en quelques jours.
22:30Alors, combien de temps
22:31on peut tenir à ce rythme ?
22:32Jusqu'où les prix peuvent-ils grimper ?
22:34On en débat après la pause.
22:36Jusqu'à 20h,
22:37Anne-Sophie Lapix
22:38refait le monde sur RTL.
22:43RTL, on refait le monde.
22:45Anne-Sophie Lapix.
22:46Combien de temps faudra-t-il tenir ?
22:48Jusqu'où peuvent monter
22:49les cours du pétrole
22:50et les prix à la ponte ?
22:51Comment s'adapter ?
22:52On pose la question
22:53à nos invités
22:53dans On refait le monde.
22:54Martial You,
22:55éditorialiste économique
22:56sur RTL.
22:57Jean-Louis Chilens,
22:58ancien président
22:59de l'Union française
22:59des industries pétrolières
23:00et Alexandra Lejean,
23:02de porte-parole
23:02de la Ligue de défense
23:03des conducteurs.
23:04On refait le monde
23:05sur RTL.
23:08Je suis allé faire le plein
23:09de ma voiture
23:09avec ma femme
23:10il y a deux jours
23:11et en fait,
23:12moi, j'ai décroché
23:13le pistolet
23:13et j'ai mis ma carte.
23:14Le gazoil était
23:15à 1,93.
23:16Une personne a mis
23:17l'autre côté
23:18une minute après
23:19et le tableau a changé.
23:21Ma femme me dit
23:21qu'elle s'est passée
23:22à 1,99.
23:23Et la personne
23:23qui a mis sa carte
23:24une minute après moi
23:25a payé 1,99.
23:28Et voilà,
23:28c'est le répondeur
23:29d'RTL invraisemblable.
23:311,93.
23:32La minute d'après,
23:34on est à 1,99.
23:37Jean-Louis Chilensky,
23:38d'abord,
23:38est-ce que vous pouvez
23:38nous expliquer
23:39la différence
23:40entre le diesel
23:42et l'essence
23:43dans cette crise ?
23:43Parce qu'on a vu
23:44que le diesel
23:44avait augmenté
23:45bien plus fortement
23:47que l'essence.
23:48Le problème,
23:49c'est que
23:49le parc français
23:50est très diézélisé.
23:52Il y a beaucoup
23:53de voitures diesel,
23:53beaucoup de petites
23:54voitures diesel.
23:55Et donc,
23:55on consomme
23:56beaucoup plus
23:56de diesel
23:57qu'on ne peut
23:58en produire
23:59dans les raffineries
23:59françaises.
24:01Et donc,
24:01on est obligé
24:02d'importer
24:04du gazole,
24:05appelons le gazole,
24:06des pays avoisinants.
24:07On en importe
24:08du Moyen-Orient,
24:09on en importe
24:09d'Amérique
24:10et on en importe
24:11d'Inde.
24:12On précise
24:12qu'on importe
24:13tout le carburant
24:14mais ça,
24:15c'est le produit fini.
24:16c'est ça ?
24:16Oui,
24:17ça c'est le produit fini.
24:18On importe
24:19le pétrole,
24:20le pétrole on le met
24:21dans les raffineries,
24:22on fait des produits,
24:23on regarde ce qu'on produit,
24:25on n'a pas assez de gazole.
24:27Et donc,
24:27on est obligé
24:28d'en importer
24:29mais en proportion
24:30importante.
24:31La moitié
24:31de la consommation
24:32est importée.
24:33Et donc,
24:34on est là
24:34vraiment dépendant
24:36des marchés
24:38internationaux
24:38sur le gazole.
24:39Il y a une tension
24:40sur le gazole,
24:41les prix internationaux
24:42ont monté
24:43et en France,
24:44malheureusement,
24:44les prix du gazole
24:45ont plus augmenté
24:46que les prix de l'essence.
24:48Et ça,
24:48Alexandra Lejeune,
24:49certains le vivent
24:50un peu comme une trahison
24:51parce que longtemps
24:52on a encouragé.
24:53Bien sûr,
24:54je vous rappelle
24:54qu'en 2012,
24:5575% des voitures neuves
24:57vendues en France
24:58circulaient au gazole.
24:59Et tout ça
25:00parce qu'il y a
25:01des programmes
25:01d'encouragement
25:02pour l'achat du gazole
25:03parce que le gazole,
25:05quand on circule
25:05en un moteur diesel,
25:07on émet moins de CO2.
25:08Et à l'époque,
25:09on disait
25:09le diesel,
25:11c'est la solution.
25:12Et puis,
25:13vous avez
25:13le fameux dieselgate
25:14en 2015.
25:16Le gazole
25:17est aujourd'hui
25:17veau aux gémonies
25:18et non seulement
25:19on explique aux gens
25:20que c'est mal
25:21de rouler au gazole,
25:22c'est quand même
25:22difficilement audible,
25:23et en plus,
25:24ce gazole
25:24qui vous permettait aussi
25:25de faire des économies
25:26il y a quelques années,
25:27tout d'un coup,
25:27vous vous retrouvez
25:28à le payer encore plus cher.
25:29Et là,
25:30on parle encore à nouveau
25:30effectivement d'incompréhension.
25:32Alors,
25:32on a bien l'impression
25:33que ça risque de durer
25:35cette crise
25:35parce que pour l'instant,
25:36en tout cas,
25:36on ne voit pas le début
25:38d'une résolution.
25:40en Australie,
25:42on a annoncé
25:43que le carburant
25:46n'aurait plus
25:46la même qualité.
25:47L'Australie va abaisser
25:48les normes de qualité
25:49des carburants
25:49pour injecter
25:50200 millions de litres
25:51supplémentaires
25:52en deux mois
25:53sur son marché.
25:54Qu'est-ce que ça veut dire
25:55Jean-Louis Chilansky ?
25:56Est-ce que c'est une bonne idée
25:58de la part de l'Australie ?
25:59Ah,
25:59ce n'est pas une bonne idée.
26:00Non.
26:01En fait,
26:02ce que font les Australiens,
26:03c'est désespérer.
26:05C'est-à-dire qu'ils abaissent
26:07les normes environnementales
26:09pour avoir des rendements
26:10supérieurs dans les raffineries.
26:12Donc,
26:12on produit plus d'essence
26:14avec le même nombre
26:15de barils de pétrole brut,
26:17mais cette essence
26:18ou ce gazole
26:18pollue plus
26:20que ce qu'on a ici en France.
26:21Donc,
26:22ça,
26:22pas une bonne idée.
26:24En Europe,
26:24plus près de nous,
26:27en Corée du Sud
26:28et en Europe,
26:28c'est-à-dire en Hongrie
26:29et en Croatie,
26:30je crois,
26:31Martial.
26:31Là,
26:31il va y avoir
26:32un blocage des prix.
26:33Pourquoi eux
26:34et pas nous ?
26:35Parce qu'ils ont les moyens ?
26:37Oui,
26:38c'est ça,
26:38tout simplement.
26:39Le gouverneur
26:40de la Banque de France
26:40était chez nous
26:41l'autre matin.
26:42Il a dit
26:42les caisses sont vides.
26:43Hier,
26:44oui,
26:44les caisses sont vides.
26:45C'est pour ça
26:45que quand on dit
26:46on va faire un geste
26:47qui coûte 8 milliards,
26:48c'est compliqué
26:49quand vous êtes surendettés.
26:51Et je ne connais pas
26:52le système fiscal
26:53des autres pays,
26:54mais ils ont sans doute
26:55plus de marge de manœuvre
26:56que nous.
26:57Il y a encore une fois
26:58un moment
26:59où si vous offrez
27:02un cadeau
27:03avec de l'argent
27:03que vous n'avez pas,
27:04il va falloir
27:04que quelqu'un le paie.
27:05Soit vous l'avez volé
27:06dans le magasin,
27:07soit il y a quelqu'un d'autre
27:08que c'est votre voisin
27:09qui règle l'addition.
27:10Mais donc,
27:11c'est ça la réalité
27:12dans laquelle on est aujourd'hui.
27:13On a plus de 3 000 milliards
27:15de dettes
27:15et dans deux ans,
27:17le premier budget de la France
27:18ce sera le remboursement
27:19de cette dette.
27:19Vous n'avez plus
27:20de marge de manœuvre
27:21pour faire autre chose.
27:22Et plus qu'on parle
27:23de marge de manœuvre,
27:24Jean-Louis Chilanski,
27:25vous évoquiez tout à l'heure
27:27pendant la pause
27:27le cas des Américains.
27:30Aux Etats-Unis,
27:31le problème politique
27:32est pire qu'en France.
27:34Il est pire qu'en France
27:35parce que les taxes
27:36sont plus basses.
27:38Ça vaut environ
27:391 euro le litre
27:39aux Etats-Unis
27:40et l'essence.
27:41Donc quand ça augmente
27:42de 20 ou 30 centimes
27:43comme c'est le cas ici
27:45en France,
27:46c'est la même augmentation.
27:47Mais la perception
27:48de l'automobiliste
27:50est considérable.
27:51C'est un vol.
27:53C'est insupportable.
27:55Et en plus,
27:55les Américains
27:56roulent beaucoup
27:57avec leurs voitures.
27:58Et donc politiquement,
28:00c'est une bombe.
28:02C'est une vraie bombe.
28:03Voilà pourquoi
28:04il ne faut pas toucher aux taxes
28:05de façon inconsidérée
28:06juste sur des propos
28:07d'Estrade.
28:08Et puis ensuite,
28:09c'est peut-être
28:10ce qui va nous sauver.
28:11C'est-à-dire que
28:12Donald Trump
28:13a des élections
28:14en novembre.
28:15Les Américains
28:16votent avec un jerrycan
28:17à la main.
28:18Dès que le pétrole,
28:19l'essence augmente,
28:20c'est sanction directe
28:22pour le gouvernement
28:22en place.
28:23Donc,
28:24s'il veut passer,
28:24et c'est déjà,
28:25c'est déjà très compliqué
28:26ces midterms
28:27pour Donald Trump
28:28avant l'Iran.
28:29Souvent,
28:29c'est raté.
28:30Les midterms,
28:31ça porte rarement
28:32bonheur au président.
28:33C'est vrai,
28:33c'est toujours compliqué
28:34quand vous êtes en place.
28:35Mais là,
28:36c'était déjà pas facile avant.
28:38Si en plus,
28:39il y a des prix d'essence
28:40là-bas
28:41et une inflation
28:41qui explose,
28:42ça ne va pas passer
28:43du tout.
28:44Donc,
28:44il a tout intérêt
28:46quand même
28:46à mettre un terme
28:47rapide à ce conflit
28:48et s'il y parvient,
28:49à ce moment-là,
28:50la situation va redescendre
28:51pour tout le monde.
28:52Mais jusqu'où
28:52ça peut monter ?
28:53Oh pfff !
28:55Jusqu'où c'est déjà monté ?
28:57Moi,
28:57j'ai des 120 dollars
28:58le baril en tête.
28:59Oui,
29:00120,
29:00120,
29:01130 dollars.
29:02On n'est pas très loin.
29:03On n'est pas loin.
29:04Il y a deux jours,
29:04on avait atteint
29:05les 120 dollars
29:06même si c'était
29:07mon entaliment.
29:08On est près des records.
29:09On s'approche des records.
29:11Et quel est le prix
29:13en France
29:14qui peut faire basculer
29:16les automobilistes ?
29:17On se souvient évidemment
29:17des Gilets jaunes.
29:19Est-ce qu'il y a un prix
29:20où vous pensez
29:22que ça ne tiendra pas
29:23à l'extranger ?
29:24Alors,
29:25je ne sais pas vous dire
29:27précisément
29:28parce que finalement,
29:29les Gilets jaunes,
29:30c'était aussi une combinaison
29:31de beaucoup d'événements
29:32et ça a été un déclenche.
29:34franchement,
29:35il y avait le 80 km heure aussi
29:36qui était un gros sujet
29:36pour notre association
29:37qui a bien déclenché
29:38les Gilets jaunes.
29:41Le souci principal,
29:42en tout cas,
29:42des personnes
29:43qui nous contactent
29:44sur ce sujet-là,
29:44c'est de toute façon
29:45de boucler les fins de mois.
29:47Il y a une distance
29:48entre être extrêmement énervée
29:50et ne pas comprendre
29:50la situation
29:51et puis aller sur les ronds-points
29:53pour manifester.
29:56Les automobilistes,
29:56pour qu'ils se bougent
29:57sur des sujets,
29:58il faut vraiment
29:58qu'il y ait
29:59une accumulation
30:01de frustration
30:03et malheureusement,
30:04il n'y a pas que
30:04le prix de l'essence.
30:05Encore une fois,
30:05il y a l'usage au quotidien
30:07et il y a le pouvoir d'achat
30:09lié à l'automobile
30:10parce que c'est bien joli
30:11en ville de dire
30:11qu'on n'a qu'à faire autrement.
30:13Vous sortez du périphérique parisien
30:15sans voiture,
30:15ça commence déjà
30:16à être compliqué.
30:17Donc,
30:17il y a le discours aussi
30:22très supérieur,
30:23très méprisant
30:25vis-à-vis de ceux
30:26qui ont besoin
30:27de leur voiture
30:28et c'est ça aussi
30:29qui attise finalement
30:31l'énervement
30:32voire la colère
30:33et en plus,
30:34vous avez ce prix de l'essence
30:35donc c'est peut-être
30:36le prix de l'essence
30:36qui va faire débroder
30:38l'eau du vase.
30:39Vous êtes des mauvais citoyens
30:40parce que vous roulez en diesel.
30:42Vous êtes culpabilisés
30:42tout le temps.
30:43On vous sort des villes.
30:44Je rappelle quand même
30:45que c'est pour ça
30:46que c'est vrai
30:46que le prix n'est pas
30:47le seul élément.
30:48Les gilets jaunes
30:48partent en mouvement.
30:49L'essence est à 1,42€
30:51à ce moment-là.
30:52En fait, non.
30:53Donc vous voyez,
30:54on en est très très loin aujourd'hui
30:55et pourtant,
30:56vous n'avez personne
30:56sur les ronds-points
31:00et c'était déjà à l'époque
31:02une taxe
31:03qui a aussi débloqué
31:04la colère
31:06parce qu'on voulait
31:06ajouter une taxe
31:08sur le prix de l'essence.
31:09Mais les Français
31:09peuvent comprendre
31:11qu'il y a une crise internationale,
31:13qu'il y a ce détroit
31:15qui est fermé
31:16où on passe 20% du temps.
31:18Ils peuvent comprendre
31:18et attendre.
31:19Une chose est de comprendre,
31:21une autre chose
31:21est de ne pas pouvoir finir.
31:22C'est fin de mois.
31:24Et à ce moment-là,
31:25ça devient un problème politique
31:27auquel il faut apporter
31:28une solution.
31:29il n'y a pas de miracle
31:31en quelque sorte.
31:32Je ne sais pas
31:33quel est le prix
31:33auquel ça se déclenche.
31:35Personne ne sait.
31:36Mais il y a certainement
31:37un moment
31:37où il risque
31:38d'y avoir un ras-le-bol
31:39tel que les gens
31:41vont finir par exploser.
31:43D'autant plus
31:44que le gazole,
31:45c'est le carburant
31:47le plus utilisé.
31:48C'est celui
31:49qui est utilisé
31:49par les gens
31:50qui ont le moins d'argent
31:51et qui ont besoin
31:53de leur voiture
31:53pour se déplacer,
31:54aller au travail,
31:56accompagner les enfants
31:57à l'école,
31:58etc.
31:59Et donc,
32:00Madame,
32:00vous le disiez,
32:01il y a une espèce
32:02de convergence
32:03qui va certainement
32:05obliger,
32:06en quelque sorte,
32:07le gouvernement
32:08à faire quelque chose.
32:09Ce qui est assez rassurant,
32:10d'ailleurs,
32:10c'est que les gens,
32:12pour reprendre le terme,
32:14les gens,
32:15les Français,
32:16me semblent plus mûrs
32:19que certains de nos politiques
32:20et que ce qu'on a connu
32:21en 2022.
32:22C'est-à-dire qu'il n'y a pas
32:24cette espèce de revendication
32:25qu'on entend chez certains
32:26hommes politiques
32:27de demander à l'État
32:28tout de suite
32:29de mettre la main
32:29à la poche.
32:30Les patrons,
32:31qui étaient montés au créneau
32:32quand même,
32:33très très vite
32:33après l'Ukraine,
32:35on a eu le responsable
32:36de l'UDEP
32:38il y a quelques jours,
32:39encore une fois,
32:39sur RTL,
32:40ils ne demandaient pas
32:41de nouveau des chèques
32:43ou des aides
32:43ou des baisses de taxes.
32:44Ils disent,
32:45voilà,
32:45il faut juste calmer
32:47les esprits
32:47et je pense que
32:48c'est ça la bonne attitude.
32:49C'est d'abord se dire,
32:50on essaie de se calmer
32:51pour ne pas créer
32:52de la confusion
32:53et de l'hystérie
32:54au-delà d'une situation
32:55qui est déjà complexe.
32:56Et après,
32:57peut-être qu'on a la possibilité
33:05de jeter de l'huile
33:06sur le feu
33:07en ce moment
33:07par des déclarations
33:10qui sont totalement hors sol
33:12mais qui,
33:13malgré tout,
33:14peuvent être entendues
33:16d'autant que
33:16je le rappelle accessoirement,
33:17il y a quand même
33:18une petite échéance
33:19en 2027
33:19et que c'est un peu tentant
33:22de balancer
33:24des news,
33:26des décisions.
33:27Moi,
33:27si j'étais aux commandes,
33:28je ferai ça,
33:29je ferai ça.
33:29Donc,
33:30ah bah tiens,
33:31je vais peut-être essayer
33:31de voir ce que ça donne
33:33si effectivement,
33:33il va le faire
33:34concrètement.
33:35Merci beaucoup à vous
33:36d'être venus
33:37débattre sur ce plateau.
33:40On continuera
33:40sur le sujet
33:41demain sur RTL
33:43puisqu'à 7h40,
33:44Thomas Soto recevra
33:45donc Michel-Edouard Leclerc,
33:46président du comité stratégique
33:47des centres Leclerc.
33:49Quant à Marc-Olivier Fogel,
33:50il accueillera
33:50rien à voir
33:51Philippe Lachaud,
33:51acteur et réalisateur
33:52du film
33:52Mars Suppilami.
33:53Il est l'heure
33:54de retrouver André Dusselier.
33:55Bonsoir André,
33:56quelle histoire
33:57allez-vous nous raconter ?
33:58Bonsoir Anne-Sophie.
33:59Ce soir,
34:00je vais vous raconter
34:01Méni Grégoire,
34:02figure emblématique
34:03de RTL,
34:04une voix libre
34:05qui a marqué
34:06l'histoire de la radio.
34:08A tout de suite
34:08sur RTL.
34:09A tout de suite André.
34:11RTL,
34:12votre radio.
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