- il y a 27 minutes
Regardez "On refait le monde" avec Romain Ruiz, avocat au barreau de Paris, Ludovic Friat, président de l'Union syndicale des magistrats, et Céline Piques, porte-parole de Osez le Féminisme.
Regardez On refait le monde avec Anne-Sophie Lapix du 18 mars 2026.
Regardez On refait le monde avec Anne-Sophie Lapix du 18 mars 2026.
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00:02Jusqu'à 20h, on refait le monde sur RTL avec Anne-Sophie Lapix.
00:07C'est une attente insupportable pour les victimes.
00:10Il faut 6 ans en moyenne pour qu'un violaire soit jugé, 8 ans pour un assassin.
00:15Alors comment accélérer ?
00:17Le garde des Sceaux propose dans une nouvelle loi d'introduire le plaidé coupable pour les crimes.
00:21Ça ira plus vite, mais les procès ne dureront pas plus d'une demi-journée.
00:25Les peines seront allégées.
00:27Est-ce que les victimes seront prêtes à l'accepter ?
00:29Et on en débat avec nos invités.
00:31Romain Ruiz, avocat au Boireau de Paris, bonsoir.
00:33Bonsoir.
00:34Ludovic Friat, président de l'Union syndicale des magistrats, bonsoir.
00:37Bonsoir.
00:38Et Gaëlle Dalbenas, porte-parole d'Osez le féminisme, bonsoir.
00:42Bonsoir.
00:43On refait le monde sur RTL.
00:46Il faut évidemment que l'auteur des faits reconnaisse les faits,
00:49que la victime est absolument d'accord à toutes les phases, y compris sur la peine.
00:53On va négocier entre guillemets cette peine de prison notamment.
00:56Et que le parquet, c'est-à-dire l'État, le procureur de la République, c'est-à-dire la
00:59justice, est d'accord.
01:00Si les trois acteurs sont d'accord, oui, qu'on n'aille pas dans un procès classique
01:04et qu'on se mette d'accord sur la peine que va subir cette personne qui est l'auteur.
01:09Ça existe en matière financière, le plaidé coupable.
01:12Ça existe, le plaidé coupable criminel, dans d'autres pays.
01:14Et ça nous fera gagner beaucoup de temps.
01:16Vous avez reconnu le garde des Sceaux, Gérald Darmanin.
01:20C'était en mai 2025 qu'il expliquait un peu cette procédure.
01:22Mais est-ce que peut-être vous pouvez nous en dire plus, Ludovic Fria ?
01:25Comment on peut expliquer précisément ce qu'est le plaidé coupable ?
01:29Le plaidé coupable, on va la définir comme une procédure extrêmement simplifiée
01:34par rapport à ce qui existe en cour d'assises.
01:37Et on va partir de l'idée que pour les crimes, les crimes en général en fait,
01:43le projet de loi que j'ai pu voir,
01:44ce n'était pas limité uniquement aux infractions telles que le viol.
01:48C'est les crimes en général.
01:50Il va y avoir une discussion qui, à la fin de l'instruction,
01:54qui va s'ouvrir entre le parquet d'une part
01:56et l'accusé et son avocat sur une proposition de peine.
02:00Le juge d'instruction peut décider, d'ailleurs à l'issue d'instruction,
02:03d'orienter le dossier sur cette voie plutôt que sur une autre.
02:07Et l'idée, il faut bien qu'il y ait un petit avantage,
02:10on va dire une petite carotte, si je peux m'exprimer ainsi à cette procédure,
02:15c'est que la peine encourue est diminuée par rapport à la peine maximum normalement encourue
02:20puisqu'on est à deux tiers de la peine encourue.
02:23Alors, il faut savoir que ça reste quand même des peines élevées
02:25puisque en France, on va dire l'échelle de peine,
02:28c'est-à-dire l'écart entre la peine minimale et la peine maximum
02:31est plutôt élevée et plutôt plus élevée que dans les pays européens comparables.
02:35On dit plaider coupable pour le crime
02:38parce que ça existe déjà pour les délits,
02:40c'est-à-dire pour des faits un peu moins graves en fait.
02:43Alors en fait, ça a été un petit peu remaquillé quand même
02:45parce que plaider coupable, ça faisait un petit peu cheap,
02:50si je peux m'exprimer ainsi.
02:51On appelle cette nouvelle procédure la procédure de jugement des crimes reconnus
02:55avec les acronymes, on aime beaucoup les acronymes de la justice, la PJCR.
02:59L'idée aussi, c'est qu'effectivement,
03:02et c'était d'ailleurs une des lignes rouges de l'union syndicale des magistrats
03:06lorsque l'on nous a présenté ce nouveau dispositif,
03:11c'était de dire, un, il faut que les victimes aient toute leur place
03:15dans cette procédure simplifiée,
03:17c'est-à-dire qu'on ne doit pas pouvoir la leur imposer
03:20puisque la loi prévoit qu'à tout moment,
03:22la victime et la partie civile,
03:25qui est représentée par un avocat,
03:26peuvent demander à retourner sur la procédure classique,
03:31la procédure d'assise, de cour d'assise ou de cour criminelle départementale.
03:34Mais donc c'est entre ses mains quand même ?
03:36C'est entre ses mains.
03:36Alors après, certains diront qu'il y aura une forte pression
03:39qui sera mise sur les victimes,
03:40comme il y aura une forte pression qui sera mise peut-être
03:42sur l'accusé ou sur le parquet.
03:44On verra ce que donnera cette procédure.
03:46Parce que pour l'instant, c'est un pari.
03:47Pour l'instant, on n'en sait rien.
03:48Est-ce que les avocats, tant les avocats des accusés
03:51que les avocats des partis civils vont s'en saisir ?
03:53Moi, je n'en ai aucune idée.
03:54L'autre idée, c'était la seconde ligne rouge du syndicat que je représente,
03:57c'était de se dire, il faut que l'audience d'homologation
04:01soit une vraie audience.
04:02Il ne faut pas qu'on soit clairement sur un coin de table
04:04pour décider si la peine proposée est adaptée à la fois
04:07à la personnalité de l'auteur,
04:09à la personnalité de l'accusé,
04:10et à la fois à la gravité des faits.
04:12Et pour ça, il y a quand même effectivement, on va dire,
04:16un minimum qui est assuré,
04:18puisque c'est une audience d'homologation
04:21qui est faite en collégial.
04:22Il y aura trois juges qui statueront sur cette homologation
04:26et chaque parti pourra s'exprimer.
04:28Alors l'idée, évidemment, c'est d'aller plus vite.
04:30Le ministre a donc expliqué qu'en France,
04:34en gros, il faut six ans pour avoir un jugement pour viol,
04:36huit ans pour avoir un jugement dans une affaire
04:38d'homicide, d'assassinat ou de narcotrafique.
04:41Et ça, Romain Ruiz, c'est de pire en pire, en fait.
04:45Ça s'est aggravé ces dernières années.
04:47Alors, d'abord, je pense qu'il faut faire attention,
04:50et je parle évidemment de Gérald Darmanin,
04:51aux mots qu'on utilise.
04:53Il n'y a pas six ans d'attente,
04:54il n'y a pas huit ans d'attente.
04:56Il y a six ans d'enquête ou huit ans d'enquête.
04:58C'est-à-dire que quand on vient employer...
05:00Il n'y a pas que l'enquête, il y a souvent du temps
05:02entre la fin de l'enquête et le procès.
05:04Mais c'est parfaitement résiduel sur la période de six ans
05:06ou sur la période de huit ans.
05:08Globalement, le temps qu'on appelle le temps d'audiencement,
05:11c'est-à-dire la phase entre le moment où un juge d'instruction
05:13décide de vous renvoyer, de vous mettre en accusation
05:15devant une cour d'assises ou une cour criminelle départementale
05:18et le moment où vous comparissez à votre procès,
05:20en règle générale, et d'ailleurs la loi l'encadre,
05:22vous devez, quand vous êtes détenu,
05:24comparer dans l'année qui suit,
05:25et cette période peut être renouvelée.
05:28La réalité, c'est que lorsqu'on vient dire
05:30qu'on attend pendant six ans,
05:31et quand on emploie le terme d'attente, on ment.
05:33Parce qu'encore une fois, ce n'est pas de l'attente.
05:36Il faut comprendre que la matière criminelle
05:37suppose, et c'est une nécessité légale,
05:40l'ouverture d'une information judiciaire
05:42dans laquelle une partie civile,
05:44tout comme un ministre en examen, ont des droits
05:45et participent à l'enquête
05:47en ayant la possibilité de demander des choses,
05:50de faire des demandes d'actes,
05:51de se plaindre d'un certain nombre de choses.
05:53Donc vous trouvez que ce n'est pas si long que ça ?
05:54Moi, je pense que la réalité,
05:58c'est que pour rendre une justice
06:01conforme à nos standards,
06:02eh bien oui, il faut prendre le temps.
06:03Il faut prendre le temps d'enquêter,
06:04il faut prendre le temps de recueillir la parole des gens,
06:07et encore une fois,
06:08je ne crois pas qu'on puisse,
06:11sous l'effet de cette loi sûre,
06:12qui objectivement est un tournant absolu
06:15pour toutes les conceptions que nous nous faisons en France
06:17de la justice pénale criminelle,
06:19je ne crois pas qu'elle sera à même de réduire ces délais.
06:22Et d'ailleurs, je le dis aussi,
06:24ces chiffres, d'où sortent-ils ?
06:26D'où sortent ces chiffres ?
06:27Le ministère de la justice, a priori.
06:29Alors, d'accord, mais dans ce cas-là,
06:30je pense que le ministère de la justice
06:31aura probablement, en tout cas je l'espère,
06:33pris la précaution d'indiquer que ça n'est pas
06:35six ans d'attente, mais six ans d'enquête,
06:37avec une phase d'audiencement,
06:39qui est à la main du parquet,
06:40c'est-à-dire des procureurs de la République,
06:41qui ne sont pas des magistrats indépendants.
06:44Et c'est ça, la difficulté que nous rencontrons aujourd'hui.
06:46Pas la phase d'enquête,
06:47pas le temps pris par les investigations.
06:48Alors, on est au téléphone avec Gaëlle Dalbenas,
06:50qui est porte-parole d'Osez le féminisme.
06:53Osez le féminisme parce qu'en fait,
06:54il y a beaucoup de femmes victimes de violences sexuelles
06:57qui vont être concernées par cette nouvelle procédure.
07:02Est-ce que pour vous,
07:04en fonction des femmes que vous côtoyez,
07:07des victimes que vous côtoyez,
07:09il y a urgence à aller plus vite
07:11ou plutôt il faut faire attention
07:13à ne pas avoir des procédures comme ça,
07:15qui soient un peu expédiées ?
07:17Oui, alors effectivement,
07:19nous, à Osez le féminisme,
07:20on a forcément un regard très critique.
07:23J'entends tout à fait M. Friat,
07:24et c'est tout à fait vrai,
07:26qui nous dit qu'aujourd'hui,
07:27il y a une embolie judiciaire,
07:30qu'on a un système judiciaire
07:31qui est complètement bloqué,
07:32et plus particulièrement s'agissant
07:34des violences sexuelles sur les femmes.
07:37Je rappelle le rapport du Haut Conseil à l'égalité
07:39qui nous dit qu'en 2016,
07:41nous avions 7 000 plaintes,
07:43et aujourd'hui, en 2024,
07:45on a 22 000 plaintes
07:47pour environ 1 000 condamnations
07:49en cours d'assises.
07:50Donc, effectivement,
07:51on se trouve face à un vrai problème,
07:54à un vrai déni de justice.
07:55Et il faut trouver une solution.
07:57Alors, est-ce que cette solution
07:58est bonne ou pas ?
08:00M. Friat nous dit,
08:02oui, le premier point
08:03qui peut être intéressant,
08:04c'est que cette procédure,
08:06les victimes l'auront à valider,
08:10donc le choix ne leur est pas imposé,
08:12ce à quoi nous,
08:13nous répondons aux efféminismes,
08:15oui, mais est-ce que ça ne fait pas
08:16porter sur la victime
08:18une charge qui ne lui appartient pas,
08:21parce que ce n'est pas elle
08:22qui a l'opportunité de poursuite,
08:24c'est le ministère public,
08:25donc ce n'est pas la victime de décider.
08:27Et le second point
08:28que soulève M. Friat,
08:30qui est intéressant,
08:31c'est effectivement
08:31une vraie audience d'homologation,
08:33parce qu'aujourd'hui,
08:34dans toutes les procédures alternatives
08:36aux poursuites,
08:37on n'a pas de vraie audience d'homologation,
08:39on n'entend pas les victimes,
08:41elles sont invisibles.
08:42Est-ce qu'on peut expliquer
08:42ce qu'est une audience d'homologation ?
08:44C'est-à-dire que quand,
08:46si vous voulez,
08:47le parquet négocie en secret,
08:50parce que tout ça,
08:51ce n'est pas public,
08:52c'est de la silenciation,
08:53en secret,
08:54à la fois la peine
08:55et éventuellement
08:56l'indemnisation de la victime,
08:58et bien ensuite,
08:58un juge,
09:00donc l'autorité judiciaire,
09:02valide ou pas cet accord
09:04en fonction de ce qu'il en appréhende
09:06du dossier.
09:07Aujourd'hui, clairement,
09:09ce n'est pas efficace.
09:10Les victimes n'ont pas l'occasion
09:11d'être écoutées,
09:14notamment dans le cadre
09:15de l'accord négocié,
09:16et pour une justice plus rapide,
09:19en général,
09:20le juge homologue
09:21les dossiers
09:23avec la peine,
09:24et notamment l'indemnisation
09:26de la victime
09:26qui a été proposée.
09:27Donc nous,
09:27si vous voulez,
09:28on considère,
09:29à oser le féminisme,
09:30que ce ne sont pas
09:31des garanties suffisantes,
09:32que cette procédure
09:35remet en cause
09:36la place de victime
09:37dans le procès
09:37qui est déjà fragile.
09:39On n'entend pas leur parole.
09:40Ludovic Fria,
09:41vous entendez ça,
09:41que ça fragilise
09:42la place de la victime ?
09:44Je vais vous dire quelque chose
09:45qui peut paraître
09:46contre-intuitif
09:47par rapport à ce que j'ai dit tout à l'heure,
09:48c'est que je suis un fan absolu
09:50de la cour d'assises.
09:51La cour d'assises,
09:52c'est la justice
09:55la plus pénale,
09:56je parle,
09:57la plus,
09:57on va dire,
09:58aboutie.
09:59avec des magistrats,
10:01des jurés.
10:02Des magistrats,
10:03des jurés,
10:03et puis une enquête,
10:04un principe,
10:05ce qu'on appelle
10:05le principe d'oralité,
10:06où toute l'enquête
10:07est rediscutée
10:09et re-exposée.
10:11Donc on prend réellement le temps.
10:13Après,
10:14la réalité,
10:15et pourtant mon syndicat
10:16le porte depuis bien longtemps,
10:17c'est qu'on sort effectivement,
10:19là quelque part,
10:20cette loi aussi.
10:21C'est quand même aussi
10:21l'aveu
10:22et l'échec
10:23de 30 ans
10:25d'absence
10:26d'investissement
10:26du politique
10:27dans la justice.
10:29On le sait bien,
10:30en France,
10:31on a deux fois moins
10:32de juges du siège
10:33et trois,
10:34quatre fois moins
10:34de procureurs
10:35et deux fois moins
10:35de greffiers
10:35que dans les pays européens
10:36à richesse comparable.
10:37Donc ça veut dire
10:37qu'effectivement,
10:38on tient mathématiquement
10:40beaucoup moins d'audience,
10:42la possibilité de tenir
10:42beaucoup moins d'ambiance
10:43que dans les autres pays.
10:44Donc il y a deux solutions,
10:45c'est soit on embauche
10:46beaucoup de magistrats
10:48et de greffiers d'un coup,
10:49mais c'est long,
10:51vous pouvez les chercher,
10:51soit on cherche une solution.
10:52Cette loi,
10:53et on va continuer d'en parler
10:54juste après le rappel
10:55du titre d'Alban Le Prince.
11:11Le rappel des titres
11:12de l'actualité
11:13de ce mercredi
11:14avec Alban Le Prince.
11:15Patrick Bruel
11:16visé par au moins
11:17deux plaintes.
11:18La première pour
11:19agression sexuelle
11:19et tentative de viol,
11:21la seconde pour viol.
11:23Elles ont été déposées
11:24la semaine dernière
11:25à Paris
11:25et en 2024
11:26à Saint-Malo
11:27par la voix
11:28de son avocat.
11:28Le chanteur
11:29nie les accusations
11:30et assure
11:30n'avoir jamais cherché
11:32à contraindre
11:32quiconque
11:33à un acte sexuel.
11:34Le futur porte-avions français
11:36qui succédera
11:37au Charles de Gaulle
11:37s'appellera
11:38France Libre.
11:40Son nom a été dévoilé
11:41cet après-midi
11:42par Emmanuel Macron
11:43en déplacement
11:43sur le chantier
11:44Naval Group
11:45d'Indre
11:45près de Nantes.
11:46Une référence
11:47au mouvement
11:48fondé par le général
11:49après l'appel
11:49du 18 juin.
11:50Au 19ème jour
11:51de la guerre
11:52au Moyen-Orient
11:53et alors que les obsèques
11:54du chef de la sécurité iranien
11:56tué hier par Israël
11:57ont eu lieu aujourd'hui,
11:58le guide suprême
11:59Moshtabar Ramenei
12:00promet ce soir
12:01que les meurtriers
12:02devront en payer le prix.
12:04Et puis la grande mosquée
12:05de Paris
12:05l'annonce ce soir.
12:07Le ramadan
12:07se terminera vendredi
12:09pour les près de 6 millions
12:10de musulmans
12:11de France.
12:12Merci Alban,
12:12on se retrouve à 20h.
12:14Tout à l'heure.
12:16RTL vous offre
12:17le plein d'essence.
12:19Et nous avons
12:20une gagnante
12:22de notre plein
12:23plein offert
12:24par RTL
12:24toutes les heures.
12:26Bonsoir Martine.
12:27Bonsoir Sophie.
12:29D'où vous nous appelez ?
12:30Alors Lacan,
12:31c'est un petit village
12:33à côté du Mans.
12:34D'accord.
12:34Alors quel est votre métier ?
12:36Infirmière
12:36à l'hôpital du Mans.
12:38Et alors est-ce que
12:39vous travaillez
12:40loin de chez vous ?
12:41Est-ce que vous avez besoin
12:42d'utiliser votre voiture ?
12:43Oui, oui, oui.
12:44J'ai besoin.
12:45J'ai à peu près
12:4620 kilomètres à faire
12:47pour y aller
12:48et pour revenir.
12:49Et vous avez fait le plein
12:50ces deux dernières semaines ?
12:53Oui, oui, oui.
12:54Ça a bien augmenté.
12:55C'est vrai ?
12:55Vous avez senti la différence ?
12:57Oui, oui, oui.
12:57J'ai senti la différence.
12:59Eh bien, nous vous offrons
13:00le prochain
13:01avec un grand plaisir.
13:02Je ne sais pas
13:02si c'est de l'essence
13:03ou du gazole
13:04mais en tout cas
13:04on vous offre ce plein.
13:05RTL est ravie de le faire
13:07et vous félicite.
13:08Merci beaucoup Anne-Sophie.
13:10Je suis très contente
13:11et heureuse de vous avoir également.
13:13C'est gentil moi aussi.
13:14Merci beaucoup
13:14pour votre fidélité à RTL.
13:15Merci.
13:16Merci.
13:19RTL vous offre
13:20le plein d'essence.
13:24Anne-Sophie Lapix.
13:25On refait le monde
13:26jusqu'à 20h sur RTL.
13:28Vous me direz
13:29oui
13:30mais la justice
13:33est lente.
13:35Et c'est vrai.
13:36la justice
13:37est lente.
13:39Si la justice
13:40n'était pas lente
13:41faudrait-il
13:42qu'elle soit
13:43expéditive
13:45comme ailleurs ?
13:47Et c'est le président
13:48Georges Pompidou
13:49qu'on l'entend
13:50en 1972.
13:51Eh oui,
13:51la justice est lente.
13:52Est-ce qu'il faut
13:52qu'elle soit expéditive ?
13:54C'est un vrai dilemme.
13:55Le plaid des coupables
13:56pour les crimes
13:56c'est la proposition
13:57de Gérald Darmanin
13:59qui divise.
14:01Pour accélérer
14:02et améliorer
14:02le système judiciaire
14:04le ministre veut également
14:04faire évoluer
14:05les cours criminels
14:06départementaux
14:06qui ont été créés
14:07en 2019
14:08et généralisés
14:08en 2024.
14:09Alors il faut expliquer
14:10ce que c'est.
14:10Vous disiez tout à l'heure
14:13Ludovic Friat
14:14que vous étiez
14:15favorable aux cours d'assises.
14:17Eh bien ce ne sont pas
14:17des cours d'assises
14:18ce sont des mini-cours d'assises
14:19c'est ça ?
14:21On va dire que
14:21ce sont des cours d'assises
14:23sans juré.
14:24Eh oui.
14:24C'est la grosse différence.
14:26C'est un espèce
14:27d'hybride
14:27entre le triunet correctionnel
14:28et la cour d'assises.
14:29Oui, c'est un monstre hybride
14:30effectivement.
14:31ça n'est pas une cour d'assises.
14:33Les hybrides
14:33ne sont pas forcément
14:34des monstres
14:34mais généralement
14:36ils n'ont pas d'enfants.
14:38Alors elle juge
14:40principalement
14:40des crimes sexuels
14:41à 87%.
14:44Pourquoi d'ailleurs ?
14:44Parce que ce sont
14:45les crimes les plus répandus ?
14:46Mais parce que
14:47tout simplement
14:47je crois que
14:48la réponse
14:49qui est aujourd'hui
14:50apportée par le ministre
14:51de la Justice
14:52sur cette volonté
14:53de désengorger la justice
14:54est aussi
14:55une réponse institutionnelle
14:57je pense des plus cyniques
14:58au mouvement MeToo.
14:59Il y a eu
15:00et c'est heureux
15:01une libération de la parole
15:02grâce à ce mouvement MeToo
15:04on a des statistiques
15:05qui disent
15:06qu'il y a eu plus
15:06150% de plaintes
15:07qui ont été déposées
15:08ces dernières années
15:09par des femmes
15:10qui auparavant
15:10n'osaient pas
15:11n'arrivaient pas
15:12à parler
15:13et qui ont réussi
15:14à le faire.
15:14Et aujourd'hui
15:15ce que vient leur dire
15:16Gérald Darmanin
15:16c'est après des années
15:18de silence
15:18après avoir réfléchi
15:19après avoir pesé
15:21le pour et le contre
15:22de votre déclaration
15:24on va vous apporter
15:25une réponse pénale
15:26sauf que la réponse
15:28il s'en fiche
15:29de savoir
15:30si elle est de qualité
15:31ou si elle n'est pas
15:32de qualité
15:33parce que l'obsession
15:34du ministre de la Justice
15:35c'est de répondre
15:36pénalement
15:37à des mouvements sociétaux
15:38et moi je ne crois pas
15:39qu'une femme
15:40qui a pris son courage
15:42à deux mains
15:42qui a attendu
15:43aussi longtemps
15:44pour parler
15:44ait envie tout simplement
15:45qu'on lui donne
15:46pour réponse
15:46votre agresseur
15:48sera jugé
15:49en une demi-journée
15:50il n'y aura pas un expert
15:51il n'y aura pas un témoin
15:52vous ne le verrez
15:53que très peu
15:54et il ne vous adressera
15:55quasiment pas la parole
15:56et à la fin
15:58la seule chose
15:59que vous pourrez faire
15:59c'est vous opposer
16:00à ce plaidé coupable criminel
16:02vous serez entendu
16:03rapidement
16:04poliment
16:04dans un cadre
16:06polissé par des magistrats
16:07et ensuite
16:07circuler
16:08il n'y a rien à voir
16:08et c'est terminé
16:09je ne pense sincèrement pas
16:11qu'au moment du début
16:12du mouvement MeToo
16:12c'est ça qu'on imaginait
16:13comme réponse pénale
16:14parce qu'en fait
16:15il faut que le procès
16:16dur
16:17soit long
16:17pour qu'il ait
16:18une valeur
16:19alors j'allais dire
16:20thérapeutique
16:21réparatrice
16:22il faut qu'il existe
16:23c'est-à-dire qu'un procès
16:23c'est évidemment une victime
16:25plaignant
16:27partie civile
16:28puis victime
16:28mais c'est aussi un accusé
16:29et on l'oublie beaucoup
16:31on oublie beaucoup
16:31la fonction cathartique
16:32de la cour d'assises
16:34du procès
16:34pour les accusés
16:35pourquoi ?
16:36parce que pour en défendre
16:37un certain nombre
16:38depuis maintenant 11 ans
16:39je peux vous dire
16:40qu'énormément d'accusés
16:41qui reconnaissent les faits
16:42puisque c'est de ça
16:43dont on parle
16:43ne prennent conscience
16:45des dégâts qu'ils ont faits
16:46que lorsqu'ils voient
16:47leur victime
16:48lorsqu'ils la revoient
16:49ou le revoient
16:50à l'audience
16:51lorsqu'ils voient ses proches
16:52lorsqu'ils voient des témoins
16:53lorsqu'ils voient des experts
16:54et c'est ça
16:55qui est la première pierre
16:57sur l'édifice
16:58de la prévention
16:59de la récidive
16:59il y a dans nos prisons
17:01je le dis
17:02énormément de détenus
17:03qui subissent
17:04une justice expéditive
17:05qu'ils ne comprennent pas
17:06parce qu'on ne leur a pas expliqué
17:07qui n'a pas pris le temps
17:09de s'intéresser à eux
17:10et qui nourrissent
17:11un sentiment de haine
17:12vis-à-vis d'un système
17:13qui n'a absolument pas
17:14pris en compte
17:15leur parcours
17:16et c'est d'ailleurs
17:16souvent pour ces hommes
17:18parce qu'il y a
17:18énormément d'hommes
17:19qui comparaissent
17:19devant la cour d'assises
17:20mais parfois des femmes aussi
17:21c'est souvent la première fois
17:22qu'on s'intéresse à eux
17:24dans une cour d'assises
17:25qu'on se questionne sur
17:26pourquoi est-ce qu'il ou elle
17:28en est arrivé là
17:28si on supprime ça
17:29et bien on supprime
17:30tout simplement
17:31la possibilité
17:32pour des gens
17:32qui ont fauté
17:33pour des criminels
17:33de s'amender
17:34parce qu'une justice
17:36qui n'est pas dite
17:37qui n'est pas expliquée
17:38à quelqu'un
17:39qui a commis un crime
17:40et bien ça n'est pas de la justice
17:41c'est de l'abattage
17:42et c'est de la réponse pénale
17:44ridicule
17:44et c'est de la répression
17:46pure et dure
17:46Alors je précise que
17:48l'objectif toujours
17:49quand même de cette loi
17:50c'est d'aller plus vite
17:51et j'évoquais
17:52les cours criminels départementales
17:54parce que c'était aussi
17:54l'objectif
17:55de désengorger
17:57les tribunaux
17:57et notamment
17:58les tribunaux correctionnels
17:59parce qu'il ne faut pas oublier
18:01qu'il y a encore
18:02très peu de temps
18:02et ça existe encore
18:03on correctionnalisait
18:06les violences sexuelles
18:07c'est-à-dire qu'elles n'étaient pas jugées
18:09en cour d'assises
18:10elles étaient jugées
18:11devant un tribunal correctionnel
18:12et on a voulu aussi
18:14sortir de ce système-là
18:16c'est pour ça qu'on a créé
18:17les cours criminels départementales
18:18qui sont aujourd'hui
18:19également engorgés
18:20c'est pour ça aussi
18:21que ce plaidé coupable
18:22doit essayer
18:22d'aller plus vite
18:24et de faire avancer les choses
18:26je parle de la bonne intention
18:28de la bonne intention
18:29et je remercie Anne-Sophie Pix
18:33c'est deux choses différentes
18:34je pense que pour nos auditeurs
18:35il faut bien comprendre
18:36qu'on a d'un côté
18:37effectivement
18:37le plaidé coupable criminel
18:39qui s'applique
18:41à tous les crimes possibles
18:42on peut même avoir
18:43un homicide volontaire
18:44en plaidé coupable criminel
18:46pourquoi pas
18:46on verra s'il y en a
18:47mais pourquoi pas
18:48et à côté de ça
18:49on a les cours criminels départementaux
18:51les deux aspects de la loi
18:52c'est pour ça que je juge
18:54qui juge
18:55qu'il veut généraliser
18:57multiplié par trois
18:58les crimes
18:59entre guillemets
19:00les moins graves
19:00puisque c'est jusqu'à 20 ans courus
19:03c'est pour ça que c'est
19:03principalement effectivement
19:05des viols
19:06et des viols simples
19:07avec également
19:08quelques coups mortels
19:09et puis ce qu'il faut comprendre
19:11c'est que les cours criminels départementaux
19:13ça se fait sans juré
19:15c'est une justice
19:16avec uniquement
19:17des magistrats
19:18en principe professionnels
19:20et on voit que
19:21la loi qui nous est proposée
19:22c'est
19:23puisque effectivement
19:24on n'a pas assez
19:25de magistrats professionnels
19:27disponibles
19:27et on retombe sur le manque
19:28de magistrats en France
19:29pour pouvoir armer
19:31toutes ces cours criminels
19:32départementaux
19:32on va avoir recours
19:34à des magistrats
19:35qui ne sont pas
19:35des magistrats professionnels
19:36ce sont soit
19:37des magistrats à la retraite
19:38soit ce qu'on appelle
19:40des MTT
19:40des magistrats à titre temporaire
19:42soit effectivement
19:43des avocats honoraires
19:45professionnels
19:45et avec également
19:46une nouvelle possibilité
19:49ce qu'on appelle
19:50des assesseurs citoyens
19:51l'idée c'est de repartir
19:52un petit peu
19:53sur les assesseurs
19:55des tribunaux pour enfants
19:57ou ce qui existe
19:57également outre-mer
19:58notamment en Nouvelle-Calédonie
19:59où en correctionnel
20:00vous avez également
20:01des assesseurs citoyens
20:02qui est une renforcée
20:03des tribunaux correctionnels
20:03c'est de dire
20:04d'avoir cette ouverture
20:05sur la société
20:06parce qu'on a besoin
20:07de magistrats
20:07et que ça utilisait
20:08beaucoup de...
20:09mais clairement
20:10on est dans l'impossabilité
20:11actuellement
20:12de juger
20:13le ministre nous dit même
20:15et là c'est pour moi
20:16une problématique
20:17le dit maintenant
20:18il contourne la loi
20:19il le dit maintenant
20:20par voie de circulaire
20:21il dit il faut juger
20:22même l'été
20:23je suis désolé
20:24l'été on ne pourra pas
20:25trouver des magistrats
20:27des greffiers
20:27et peut-être même
20:28des avocats
20:28qui seront disponibles
20:30pour juger quelqu'un
20:31au mois d'août
20:32attendez je voulais juste
20:33donner la parole
20:34à Gail Dalblas
20:35comme elle n'est pas
20:35sur le plateau
20:36c'est plus difficile
20:37vous êtes porte-parole
20:38d'oser le féminisme
20:40j'évoquais ces cours
20:42effectivement
20:42avec l'absence de jurés
20:44avec pour l'instant
20:46des magistrats professionnels
20:49alors on peut y être opposé
20:50mais il se trouve
20:52que depuis qu'elles sont
20:53en vigueur
20:54les peines
20:55sont plus sévères
20:57qu'aux assises
20:58je crois qu'on est passé
20:59de 23 mois
21:00à 10 ans
21:01en moyenne
21:02est-ce que ça
21:02c'est une satisfaction
21:04pour les victimes
21:05que vous représentez ?
21:07effectivement
21:07c'est une satisfaction
21:09si la justice
21:10est mieux rendue
21:11et c'est là
21:12où je vous rejoins
21:13sur l'historique
21:15que vous avez fait
21:15de la correctionnalisation
21:16des peines
21:17effectivement
21:17à l'époque
21:18c'était
21:19les viols étaient jugés
21:20par les tribunaux
21:21correctionnels
21:22parce que
21:23effectivement
21:23on avait peur
21:24que les cours d'assises
21:26les jurés soient influencés
21:27et minimisent
21:29les peines
21:30donc nous
21:31tout ce qui peut
21:32améliorer
21:32effectivement
21:33le fonctionnement
21:33de la justice
21:34on est tout à fait d'accord
21:35mais moi ce que je vois
21:36c'est quand même
21:37une dégradation
21:38au fur et à mesure
21:40du système judiciaire
21:41par un pragmatisme budgétaire
21:43dont les femmes
21:44font les frais
21:44M. Friart a exactement raison
21:47de dire qu'effectivement
21:48aujourd'hui
21:48la cour d'assises
21:49c'est un luxe
21:50c'est un luxe
21:51mais c'est là
21:51quand on pénètre
21:52dans une salle
21:53de cour d'assises
21:54c'est là où on comprend
21:55véritablement
21:56l'enjeu d'un procès
21:57c'est on refait
21:59on refait
22:00toute l'histoire
22:01on explique
22:03et surtout
22:03on prend le temps
22:04et c'est ce qu'on entendait
22:06alors je crois que c'était
22:07Pierre Jox
22:07qui le disait
22:08la justice a besoin
22:10de temps
22:10donc nous
22:11à oser le féminisme
22:13on peut effectivement
22:14comprendre
22:15que des victimes
22:16aient envie
22:16que leur dossier
22:18soit réglé rapidement
22:19parce que la procédure
22:21est traumatisante
22:22mais nous
22:23nous on veut
22:24que le dossier
22:25l'affaire
22:26soit bien jugée
22:27et Maître Ruiz
22:28nous parle
22:29de catharsis judiciaire
22:31alors moi
22:31je suis toujours
22:31un peu contre
22:32la psychologisation
22:34de la justice
22:35moi je pense
22:36que la justice
22:37c'est pas un psychiatre
22:38la justice
22:39elle a un rôle
22:41social
22:41pour juger
22:44les crimes
22:45notamment
22:46les crimes
22:46de violences sexuelles
22:47qui sont très
22:48très nombreux
22:49de plus en plus
22:50avec les plaintes
22:51qui sont de plus en plus
22:52déposées
22:53elle a ce rôle-là
22:55dans notre société
22:56donc chacun
22:57doit avoir sa place
22:58et la victime
22:59doit être entendue
23:01or le plaid
23:02du coupable
23:02ne permet pas
23:03d'entendre
23:04correctement
23:04les victimes
23:05on comprend
23:06que cette loi
23:07ne fait pas
23:08l'unanimité
23:09sur ce plateau
23:10on va essayer
23:10de voir
23:11ce qui peut marcher
23:12de quoi on a besoin
23:12comment on répond
23:14à ce problème
23:15d'engorgement
23:16des tribunaux
23:16ce sera juste
23:17après la pause
23:18jusqu'à 20h
23:20Anne-Sophie Lapix
23:21refait le monde
23:22sur RTL
23:24moi je souris
23:27sous les étoiles
23:28passez une bonne soirée
23:29sur RTL
23:30elle est à moi la lune
23:32RTL
23:33votre radio
23:34mais une mère
23:36on en vacune
23:40RTL
23:41on refait le monde
23:42Anne-Sophie Lapix
23:43je trouve que c'est une hérésie
23:44il est prévu
23:45de récompenser
23:46entre guillemets
23:47l'accusé
23:48qui reconnaîtrait
23:49sa culpabilité
23:50en lui faisant courir
23:51une peine
23:52moins importante
23:53pour des faits
23:54qui parfois même
23:55sont revendiqués
23:56c'est à dire
23:56que vous avez des gens
23:57qui tuent
23:58quelqu'un d'autre
23:59ou qui violent
24:00quelqu'un d'autre
24:00qui disent
24:01j'en suis fier
24:01et donc ces personnes
24:03qui disent
24:03vous reconnaissez
24:04votre culpabilité
24:05vous allez avoir
24:05une réduction
24:06d'un fier
24:07c'est un avocat
24:09c'est Dominique
24:09qui répondait
24:10sur l'audit
24:11sur le téléphone
24:12sur le répondeur
24:14excusez-moi
24:14des auditeurs
24:16à la parole
24:16alors si les tribunaux
24:18sont engorgés
24:18c'est aussi parce que
24:20les agressions sexuelles
24:21ont explosé
24:22il y a la libération
24:22de la parole
24:23l'effet MeToo
24:24le procès Pellico
24:24mais ce n'est pas seulement
24:26une question d'ailleurs
24:27de libération de la parole
24:28et de visibilité
24:28les féminicides
24:29continuent d'augmenter
24:30alors comment font les autres
24:32pour s'attaquer
24:33à ce fléau
24:33et pour faire baisser
24:34ces sinistres chiffres
24:35comment la justice
24:36peut s'adapter
24:37avec nous Romain Ruiz
24:38avocat au bureau de Paris
24:40Ludovic Friat
24:41président de l'union syndicale
24:42des magistrats
24:43Gaëlle Dalbenas
24:44porte-parole
24:45d'oser le féminisme
24:47d'abord je voudrais revenir
24:48quand même
24:48sur cette urgence
24:50quand même
24:50d'agir
24:51de faire quelque chose
24:52pour
24:54pour faire
24:54pour fluidifier
24:55la justice
24:56urgence
24:56parce que
24:58si on ne juge pas
24:59ceux qu'on devrait juger
25:00ils pourraient être libérés
25:03au début de l'année
25:04il y a quand même
25:04le procureur d'Aix-aux-Provence
25:05je crois
25:05qui a tiré la sonnette d'alarme
25:07qui a dit
25:08attention
25:08les gens vont être libérés
25:09parce qu'on ne les aura pas
25:11jugés en temps et en heure
25:12ils sont en détention
25:13provisoire
25:14il faut les libérer
25:14et c'est tout à fait normal
25:15il est bien évident
25:16que quelqu'un
25:17qui attend son procès
25:18depuis des lustres
25:20dans les prisons de France
25:21qui sont
25:23évidemment
25:23des hontes
25:24pour notre république
25:25et ce n'est pas uniquement
25:26moi qui le dis
25:26je pense que beaucoup de gens
25:27pensent la même chose
25:29évidemment que
25:29quand ces gens
25:31attendent de pouvoir
25:32comparaitre devant leur juge
25:33à un stade
25:33où je le rappelle
25:34ils sont présumés innocents
25:35alors certains
25:37reconnaissent les faits
25:38c'est évidemment normal
25:39qu'on fasse sortir
25:40les gens de prison
25:41lorsqu'on ne peut pas
25:42les juger
25:42dans un temps
25:45normal
25:46et je crois
25:46qu'il y a une sorte
25:47de renversement
25:48une sorte de culpabilisation
25:49qui est opéré
25:50à grand renfort
25:51de communication
25:52par Gérald Darmanin
25:53c'est-à-dire qu'à écouter
25:54Gérald Darmanin
25:55les responsables
25:55de l'embolie
25:56aujourd'hui
25:57de la justice
25:58ce seraient
25:59les justiciables
25:59ce seraient
26:00les magistrats
26:02parfois
26:02les avocats
26:03souvent
26:03mais ça on a l'habitude
26:04de nous dire
26:05qu'on fait mal notre travail
26:07ou qu'on le fait
26:07pour de mauvaises raisons
26:08mais c'est pas très grave
26:09mais ça n'est jamais
26:10le politique
26:11ça n'est jamais
26:12le ministre de la justice
26:14qui lui
26:14n'investit pas
26:15effectivement
26:16massivement
26:17dans la création
26:18de nouveaux postes
26:18de magistrats
26:19c'est systématiquement
26:20les outils
26:21qui ne vont pas
26:21ou alors les gens
26:22qui les utilisent
26:23qui ne conviennent pas
26:23je crois qu'on ne peut pas
26:24accepter
26:25que le ministre de la justice
26:26se défausse
26:27à ce point-là
26:28de sa responsabilité
26:30régalienne
26:30mais cet investissement
26:32il doit être
26:33colossal
26:33parce qu'il y a eu
26:34quand même
26:34des investissements
26:34dans la justice
26:35parce que là
26:36le nombre de victimes
26:36de violences conjugales
26:37recensées par les forces
26:38de l'ordre
26:38a doublé
26:39en disant
26:40les plaintes
26:41pour violences conjugales
26:41ont été multipliées
26:42par trois
26:43est-ce qu'il faudrait
26:45multiplier les moyens
26:47par deux
26:47par trois
26:48la violence conjugale
26:49n'est pas nécessairement
26:50criminelle d'abord
26:51puisqu'on parlait tout à l'heure
26:52de l'aspect criminel
26:54mais je crois qu'il faut
26:55au-delà des moyens
26:56au-delà de tout ça
26:56opérer une révolution
26:58presque philosophique
26:59dans notre justice
27:00et essayer
27:00de ne pas avoir
27:01comme boussole
27:02uniquement la réponse pénale
27:03la répression
27:04et l'incarcération préventive
27:05parce que
27:06tout ça doit être mis aussi
27:08je pense
27:08à l'aune de la surpopulation
27:10carcérale
27:10qui n'en finit plus
27:11d'exploser
27:11là on est sur une atomisation
27:13maintenant
27:14de la surpopulation carcérale
27:15et évidemment
27:16que des gens détenus
27:17ce sont des délais
27:18qu'il faut respecter
27:19et qu'on ne peut plus respecter
27:20donc peut-être que
27:21en réfléchissant
27:22à incarcérer moins de gens
27:24provisoirement
27:24dans des procédures
27:25qui ne justifient
27:26pas toujours
27:27et je le dis
27:27de façon très claire
27:28et je ne parle pas du criminel
27:29l'incarcération préventive
27:30et bien on laissera du temps
27:32aux magistrats
27:33qui auront plus de temps
27:34pour investiguer
27:34sur des dossiers plus graves
27:35prendre le temps
27:37tout simplement
27:37de rendre une justice
27:39opérationnelle
27:39et une justice
27:40qui est conforme
27:41aux standards
27:42que nous avons
27:42depuis 200 ans
27:43Ludovic Friat
27:44votre avis
27:45il faut doubler
27:47tripler
27:48les moyens de la justice
27:49prendre le temps
27:50comment on fait ?
27:52C'est certain
27:52qu'il faut doubler
27:54ou tripler
27:55je ne sais pas
27:56mais il faut avoir
27:58une justice
27:59qui soit à la hauteur
28:00de besoins
28:02de notre pays
28:02et clairement
28:05est-ce que c'est que du nombre ?
28:07je pense par exemple
28:08c'est pas que du nombre
28:10mais c'est aussi du nombre
28:12ça fait des années
28:14qu'on nous dit
28:15les magistrats
28:16les greffiers
28:17sont suffisamment nombreux
28:18la bureautique
28:19puis l'informatique
28:20puis l'IA
28:21vont pouvoir
28:21pallier le manque
28:23de personnel
28:24je rappelle que la justice
28:25c'est quand même
28:26avant tout
28:26de l'humain
28:27qui parle aux humains
28:28c'est pas une machine
28:29qui parle à une machine
28:29donc il faut
28:31qu'il y ait des humains
28:32des humains formés
28:33en nombre suffisant
28:34et aussi
28:35au vu de la délinquance
28:37qui est la nôtre
28:38notre pays
28:38c'est heureusement
28:39Dieu merci
28:39c'est pas le Mexique
28:40mais on va pas non plus
28:42se mentir
28:43il y a quand même
28:43sur des endroits
28:44une hausse de la délinquance
28:46et une hausse de la délinquance
28:47et la criminalité organisée
28:48donc comment on s'organise
28:50pour faire face à cela
28:51le politique
28:52depuis des années
28:53nous dit
28:53on va faire
28:54des économies
28:56on va
28:57ou avant
28:58on jugait
28:58en collégialité
28:59on va juger
29:00un âge unique
29:00ou avant
29:01effectivement
29:01on prenait le temps
29:02on va aller plus vite
29:03et puis
29:04ce qui me pose problème
29:05moi
29:06c'est que
29:06de plus en plus
29:07le ministre
29:08a tendance
29:09à vouloir
29:10se prendre
29:10pour un juge
29:12soit pour un procureur
29:13soit pour un juge du siège
29:14en disant
29:15vous devez faire comme ci
29:16ou devez faire comme ça
29:17si on prend par exemple
29:17le fait qu'il faille juger
29:19plus vite
29:19en une demi-journée
29:20ou une journée
29:21un dossier
29:22ça me choque pas
29:23il y a des dossiers
29:24qui effectivement
29:24peuvent être
29:25même criminels
29:26peuvent être jugés
29:26en une journée
29:27mais il y en a d'autres
29:28qui ont besoin
29:29de deux jours
29:29trois jours
29:30ou quatre jours
29:30on n'est pas d'accord
29:31mais effectivement
29:31on n'est pas d'accord
29:32parce que je suis vieux
29:33j'en ai jugé en une journée
29:34mais je veux dire
29:36ce qui me paraît important
29:37surtout
29:38c'est que ce ne soit pas
29:38le ministre
29:39qui fixe la durée nécessaire
29:41c'est le magistrat
29:42à l'issue
29:43d'une discussion
29:44avec toutes les parties
29:45c'est comme ça
29:46que la justice doit fonctionner
29:47vous parliez
29:48de spécialisation
29:50en Espagne
29:51il y a des magistrats
29:53spécialisés
29:53qui jugent
29:54notamment les violences
29:55faites aux femmes
29:56et ça marche bien
29:58Gaëlle Dalbenas
30:00est-ce qu'il faudrait
30:01s'inspirer
30:01de ce système espagnol
30:03qui a fait reculer
30:04les violences
30:05faites aux femmes
30:06Oui, alors effectivement
30:08c'est quand même
30:09comme vous le soulevez
30:10une priorité
30:11même si ce projet de loi
30:14ne concerne
30:14les crimes en général
30:15on est sur une explosion
30:17comme vous le dites
30:18des plaintes
30:18des violences faites aux femmes
30:20des violences sexuelles
30:22donc des violences criminelles
30:23aux femmes
30:23et donc du coup
30:24c'est sous cet angle-là
30:25c'est cet angle féministe
30:26qu'il faut aborder
30:27avant tout
30:28ce projet de loi
30:29et nous
30:30à Oser le féminisme
30:32on porte avec une coalition
30:33d'associations féministes
30:34et une coalition parlementaire
30:36depuis quelques années
30:40une proposition de loi
30:41qui s'appelle
30:42la loi intégrale
30:43contre les violences sexuelles
30:44et sexistes
30:44et effectivement
30:45on s'imprègne
30:47de la procédure
30:48en Espagne
30:49on a des juridictions
30:50spécialisées
30:51avec des magistrats formés
30:53des avocats formés
30:54et des policiers formés
30:56ce qui fait
30:56qu'on est dans une justice
30:59qui est efficace
31:00et ce qui n'est pas du tout
31:01le cas aujourd'hui
31:03et une justice
31:03qui répond à la demande sociale
31:05comme j'en parlais tout à l'heure
31:06la demande sociale
31:07c'est aussi la publicité
31:09des débats
31:09comme on l'a vu
31:10dans le procès de Pellicot
31:11dans le procès de Scornec
31:12et aussi dans le procès
31:13d'Aix-en-Provence
31:14avec Gisèle Halimi
31:15si on n'avait pas ces débats-là
31:16sur la place publique
31:17et bien la loi
31:18n'aurait pas changé
31:19donc effectivement
31:19je vous rejoins tout à fait
31:21nous portons ce projet
31:23de loi intégrale
31:24qui devait être inscrit
31:25d'ailleurs
31:26au Conseil des ministres
31:27et suite au remédement
31:29qui a été reporté
31:30donc je plaide
31:33je plaide
31:34en faveur
31:35effectivement
31:36de cette réforme
31:37qui est une réforme
31:37efficace
31:38il faut qu'il soit
31:39à bras le corps
31:40Romain Russe
31:41la spécialisation
31:43comme ça
31:43de tribunaux
31:44pour certains crimes
31:46ça fait partie
31:47des solutions
31:48qui permettraient aussi
31:49d'aller plus vite
31:50d'être plus précis
31:52plus compétent
31:54moi j'ai envie de vous répondre
31:54ça dépend
31:55quelle spécialisation
31:56c'est-à-dire que
31:56en matière
31:57là on parlait
31:57des violences faites aux femmes
31:58si je prends une analogie
32:00avec quelque chose
32:00que je fais plus
32:01la matière antiterroriste
32:03le fait d'avoir
32:03des cours d'assises spéciales
32:05est une abomination
32:06c'est-à-dire que
32:07clairement
32:08nous sommes dans une justice
32:09qui est une justice martiale
32:10bref je pourrais en parler
32:11en parler des heures
32:12mais s'agissant
32:12de la question
32:13des violences sexuelles
32:14et sexistes
32:14évidemment que le modèle espagnol
32:16doit être je pense
32:17la boussole
32:18de notre justice
32:19la France a été condamnée
32:20l'an dernier
32:21en 2025
32:21deux fois
32:22par la Cour européenne
32:23des droits de l'homme
32:23pour victimisation secondaire
32:25parce que des biais
32:26et des termes sexistes
32:28ont été imposés
32:29à des victimes
32:30d'infractions
32:30par
32:31j'allais dire
32:32la façon
32:33dont la justice
32:34est rendue en France
32:35et par presque
32:36une justice
32:36qui ne réfléchit plus
32:37à comment elle parle
32:38à ces femmes
32:39et je crois
32:40évidemment que ce constat
32:41doit tous nous alerter
32:42et doit tous nous faire bondir
32:44et plaider
32:45effectivement
32:45en faveur de ce projet de loi
32:47qui est probablement
32:48l'un des plus aboutis
32:48et l'un des plus
32:50intelligents
32:51en fait
32:51qu'on ait eu
32:52depuis un certain nombre d'années
32:53dans la justice
32:54et vous voyez
32:54on parlait du procès Pellico
32:57si on fait la boucle
32:58avec le plaidé coupable
33:00le plaidé coupable criminel
33:02on a tous applaudi
33:03et a raison
33:03quand Gisèle Pellico a dit
33:04je refuse le huis clos
33:05la peur doit changer le camp
33:07et maintenant
33:08ça a tout changé
33:08et ça a aussi permis
33:10une libération de la parole
33:11de femmes
33:12pour le Square Neck
33:13et pour Dino Scala
33:15je pense aussi à Dino Scala
33:16ça a permis également
33:17à des victimes
33:18qui n'osaient pas parler
33:19cette médiatisation
33:20la publicité des débats
33:21a permis à des femmes
33:22de dire moi aussi
33:23je vais prendre mon courage demain
33:25et je vais y aller
33:25avec le plaidé coupable
33:27de Darmanin
33:27un procès d'une demi-journée
33:28c'est terminé
33:29mais surtout avec cette possibilité
33:31de plaidé coupable
33:31sachant qu'il n'y a pas tant
33:32de coupables
33:34de suspects
33:34qui reconnaissent totalement
33:37leur culpabilité
33:37bien sûr
33:38mais l'exposé des motifs
33:39de la loi
33:40parle de mettre
33:40hors d'état de nuire
33:41c'est quand même étonnant
33:42enfin éloquent
33:43hors d'état de nuire
33:44des criminels en série
33:45et bien exactement
33:46dans cette situation là
33:48ça ne serait pas possible
33:49avec le plaidé coupable
33:49parce que tout simplement
33:50c'est une justice secrète
33:51négociée
33:52et qui ne permet pas
33:53à d'autres victimes
33:54ou à d'autres femmes
33:55de s'exprimer
33:56parce que tout simplement
33:57on cache cette justice là
33:58Merci à vous tous
34:00d'être venus
34:00sur notre plateau
34:02Demain Thomas Soto
34:03recevra Rachida Detti
34:04candidate des Républicains
34:05à la mairie de Paris
34:06quant à Marc-Olivier Fogel
34:07il accueillera
34:08sa concurrente
34:09Sophia Chikirou
34:10candidate
34:11la France Insoumise
34:12à la mairie de Paris
34:13et puis donc
34:14il faudra attendre vendredi
34:15pour Emmanuel Grégoire
34:17le candidat socialiste
34:18il est l'heure
34:18de retrouver André Dusselier
34:20bonsoir André
34:20quelle histoire
34:21allez-vous nous raconter ?
34:22Bonsoir Anne-Sophie
34:23ce soir
34:24je vais vous raconter
34:25l'histoire de Cassius Clay
34:26Mohamed Ali
34:27le boxeur
34:29qui a défié les rings
34:30et les conventions
34:30à tout de suite
34:31sur RTL
34:32à tout de suite André
34:33RTL
34:35votre radio
34:36et le boxeur
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