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  • il y a 4 semaines
Avec Amaury Brelet (rédacteur en chef de Valeurs Actuelles) et Max-Erwann Gastineau (géopolitologue, enseignant en relations internationales, essayiste)

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##LA_VERITE_EN_FACE-2026-03-06##

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Transcription
00:00Le Grand Matin Sud Radio, la vérité en face, Maxime Liedot.
00:050826 300 309h33 sur Sud Radio, vérité en face jusqu'à 10h en compagnie des deux débatteurs du jour.
00:12Amaury Paule, rédacteur en chef de Valeurs Actuelles. Bonjour mon cher Amaury.
00:14Bonjour Maxime.
00:15Merci d'être là comme tous les vendredis avec la une de Valeurs Actuelles cette semaine.
00:18Concernent naturellement le Paris Trump, le Paris à haut risque.
00:22Pourquoi le monde entier retient son souffle ?
00:24Et bien sûr vous évoquez aussi l'espoir du peuple uranien.
00:27C'est à retrouver en kiosque et sur le site internet.
00:29Et nous sommes également avec le géopolitologue Max Erwan-Gastino.
00:32Merci beaucoup d'être avec nous ce matin.
00:34Bonjour.
00:34Et enseignant en relation également internationale et esthéiste.
00:37On va s'intéresser à peut-être un angle de cette guerre du côté du Moyen-Orient.
00:43Avec une interaction, des réactions françaises, des mots français que beaucoup n'ont pas trouvé à la hauteur.
00:51Pas suffisamment engagé ni engageante.
00:53Beaucoup pourraient aimer que la France soutienne davantage les Etats-Unis.
00:57Ils soutiennent davantage la chute du régime des mots-là.
00:59Beaucoup ont estimé que la France a fait pour changer du en même temps.
01:03Et ça nous a forcé ce matin à nous interroger sur notamment les liens ambigus
01:07qu'avait pu entretenir la France pendant un temps avec l'Iran.
01:10On en a parlé ici à 7h40 avec Emmanuel Razavi qui disait
01:13« Mais oui, il y a eu une complaisance de toute façon d'une certaine partie de l'élite vis
01:18-à-vis de l'Iran. »
01:19Pour commencer cette discussion, messieurs, c'est votre opinion.
01:21Est-ce que la France est complaisante vis-à-vis de l'Iran ?
01:24La France, peut-être une partie de la France.
01:25Je commence par vous, Amaury Brelais.
01:27Oui, il me semble d'ailleurs que tout cela date depuis les débuts de la révolution islamique.
01:33Il faut rappeler que la France, le gouvernement de Valéry Giscard d'Estaing,
01:36à l'époque avait accueilli les bras ouverts.
01:40M. Romény, l'ayatollah, qui s'était réfugié dans les Yvelines,
01:44d'où il pilotait déjà la révolution en cours.
01:49Et puis, quelques mois plus tard, début février,
01:51le gouvernement français, toujours le même,
01:54avait affrété un avion avec un équipage Air France
01:56qui avait permis à l'ayatollah Romény, à ses 40 mots-là,
02:00de pouvoir rejoindre Téhéran
02:01et de pouvoir mettre en place définitivement cette révolution islamique
02:05avec la dictature que l'on connaît depuis et l'oppression.
02:08Et ce martyr que subit le peuple iranien, hommes et femmes,
02:13depuis plus de 30 ans.
02:15Et depuis, malheureusement, on a vu des gouvernements
02:18qui se sont succédés, qui n'ont pas fait grand-chose
02:20pour soutenir la résistance locale,
02:23qui ont à peu près fermé les yeux
02:25ou carrément signé des accords
02:27qui enterraient très largement
02:30non seulement le programme balistique bien connu
02:32de la dictature des Mollahs,
02:35et puis aussi le fameux programme nucléaire.
02:37On s'est contenté, finalement, des rapports largement incomplets,
02:42pour ne pas dire manipulés de la IEA
02:44et autres organisations internationales,
02:46alors que l'on savait même,
02:47ça a été rapporté dans des enquêtes de presse,
02:49aux Etats-Unis notamment et en Israël,
02:51que le régime menait des opérations souterraines
02:53dans des sites clandestins.
02:58Tout ça a été su et on a fermé les yeux.
03:00Et aujourd'hui, Emmanuel Macron fait le service minimum, malheureusement.
03:03Et vous, monsieur le géopolitologue,
03:06plus sérieusement Max Erwan Gastineau,
03:07comment vous regardez cette question ?
03:09Est-ce qu'à un moment,
03:10avant qu'on s'intéresse à la situation actuelle,
03:12est-ce que la France a été complaisante
03:14vis-à-vis de la dictature iranienne ?
03:15Alors, je ne vais pas revenir sur les éléments historiques
03:17qui ont été exposés,
03:18je n'ai pas grand-chose à redire sur ce point.
03:20Je vais plutôt m'intéresser aux éléments un peu plus contemporains,
03:23puisqu'on a parlé notamment en sous-texte des accords de 2015
03:28qui avaient été signés avec les Etats-Unis,
03:30sous Barack Obama,
03:32avec l'idée, en échange de l'arrêt en effet du programme nucléaire iranien,
03:36la réintégration de la République islamique
03:40dans le concert des nations
03:41ou dans le système économique international, disons,
03:43puisque le régime était quand même sous sanction.
03:46L'alternative à cette solution diplomatique,
03:48et moi ce qui me gêne un petit peu,
03:49c'est que souvent on a tendance à penser
03:51que toute solution diplomatique est un signe de faiblesse,
03:53je ne pense pas,
03:54parce que si vous ne passez pas par la solution diplomatique,
03:56vous passez par la solution guerrière.
03:58Et lorsque vous passez par la solution...
03:59On est en train de l'avoir d'ailleurs.
03:59Et donc nous sommes en train de passer en effet au stade supérieur au stade diplomatique,
04:03qui est donc le stade du rapport de force militaire.
04:06Quand on entre dans cette phase militaire,
04:09il faut se donner des buts de guerre.
04:10Il faut se donner des objectifs
04:12et mesurer si nous sommes prêts à assumer le coup
04:16visant à atteindre ces objectifs
04:17et de se poser la question si ces objectifs sont atteignables.
04:20Et là en l'occurrence, je note que
04:23côté israélien,
04:24les objectifs me semblent assez clairs.
04:26Il y a l'idée de renverser un régime
04:28qui lui est ostensiblement hostile.
04:31Donc là il y a une question de sécurité nationale
04:32qui s'entend,
04:33on partage ou on partage pas.
04:34Mais cela s'entend,
04:35c'est rationnel de poser la question ainsi.
04:37Côté américain,
04:38je note que le flou demeure,
04:41y compris dans les rangs...
04:41Il y a le changement de régime,
04:42ça on le sait,
04:43mais en effet Donald Trump a fait preuve
04:44d'une légère contradiction ces derniers jours.
04:46vouloir dans l'absolu que l'Iran change de régime,
04:49c'est l'aspiration d'une majorité de la population iranienne.
04:51Il se trouve que pour des raisons aussi tout à fait personnelles,
04:53je suis assez au fait de ce sujet.
04:56Mais la question est de savoir si ce régime peut tomber.
04:59Et moi je me inquiète du fait qu'une guerre longue,
05:03le scénario le plus probable,
05:04d'après différents analystes,
05:07est quand même le fait d'un risque d'un enlisement.
05:11Est-ce que cet enlisement probable, possible,
05:14ne va pas renforcer, in fine, le régime ?
05:17C'est ce type de questions qu'il faut se poser.
05:19Mais c'est sur la position de la France.
05:21Donc la question, excusez-moi simplement pour terminer,
05:22ce n'est pas pour ou contre le régime des Molas,
05:25c'est quels scénarios se présentent face à nous
05:27et pouvons-nous, de façon rationnelle,
05:32atteindre les objectifs qui sont les nôtres
05:33de renverser la République islamique des rangs ?
05:35Sinon, je crois que le risque est de la renforcer.
05:37Précisez-vous sur ça.
05:38On était avec l'ancien Premier ministre Manuel Valls ce matin,
05:40ce micro qui disait,
05:41mais moi je lui ai posé la question à un moment,
05:42que ça veut dire s'engager plus.
05:44Lui, il soutient l'opération,
05:45il dit la France aurait dû s'engager plus.
05:47Mais comment ?
05:47Il disait, mais rien que par les mots.
05:48Parce que ce dont vous parlez déjà,
05:49le simple fait de souhaiter la chute du régime des Molas,
05:53ça n'a jamais été exprimé aussi clairement.
05:55La France s'est contentée de réagir en disant,
05:57en somme, que malgré l'illégalité et l'illégitimité
06:00de cette situation et de ces frappes,
06:03personne ne pleura,
06:05le guide suprême et la dictature iranienne.
06:07Néanmoins, le simple fait qu'on ne n'affiche pas,
06:10est-ce que ça n'est pas la preuve d'une certaine complaisance ?
06:11En tout cas, si vous voulez,
06:14la conclusion des conséquences d'énormément d'années
06:17de récits de complaisance,
06:19est-ce que ça on peut le dire aujourd'hui ?
06:20Non, je ne pense pas.
06:21On peut souhaiter que la Corée du Nord
06:23se dote d'un nouveau régime,
06:25on peut souhaiter les choses,
06:26mais la diplomatie, la géopolitique,
06:27ce n'est pas la diplomatie des souhaits,
06:28ce n'est pas vouloir créer un monde à notre image,
06:31c'est partir de l'existant.
06:32Et l'existant, c'est en effet une république islamique
06:34qui est bien enracinée
06:35et qui pourrait se renforcer
06:37si jamais nous échuons
06:39vis-à-vis de ce projet de renversement du régime.
06:43Moi, je note qu'il y a tout un ensemble, en effet, d'experts
06:45qui affirment que le risque d'enlisement
06:47peut, in fine, aboutir à un renforcement de ce régime.
06:50Donc moi, j'invite un petit peu à la prudence
06:51et à mesurer si nous sommes véritablement en capacité
06:54d'atteindre cet objectif
06:56que nous pouvons partager dans l'absolu.
06:57Amory Brulé, de votre côté,
06:59est-ce que, finalement, comme ce qui vient d'être dit,
07:01oui, la diplomatie, c'est une chose.
07:03Heureusement qu'elle ne souhaite pas, on va dire,
07:04avec des grands mots, peut-être, la fin d'un régime.
07:06Ce n'est pas son rôle.
07:07Est-ce qu'on a bien fait, finalement, d'avoir cette position
07:10qu'on a souvent qualifiée de « en même temps » ?
07:13La diplomatie, la France et l'Occident
07:16et l'Union Européenne, notamment,
07:17la pratique l'ont pratiquée depuis des décennies avec l'Iran.
07:20Pour quels résultats ?
07:21On a signé des accords, je l'ai dit,
07:24le programme balistique s'est poursuivi,
07:26le programme nucléaire s'est poursuivi,
07:29l'Iran mène à bas bruit depuis plusieurs décennies
07:31une guerre contre Israël,
07:33en soutenant et en finançant ses proxys.
07:36Des proxys qui, je le rappelle, ont tué,
07:38ont tué, ont du sang sur les mains,
07:40du sang français.
07:41Le Hezbollah, évidemment,
07:43puis la vague d'attentat iranien en France
07:45dans les années 85-86.
07:46Et puis le Hamas, qui est financé
07:48et soutenu par Téhéran
07:51et qui a le sang de 50 compatriotes sur les mains.
07:54Donc, moi, je veux bien qu'on nous parle de diplomatie.
07:57La réalité, c'est qu'elle a échoué.
07:58Donc, ce qu'a décidé Trump,
08:00en accord, visiblement,
08:01et en partie d'ailleurs sous pression
08:03selon des révélations de la presse américaine et d'Israël,
08:06pour qui c'est une obsession,
08:07notamment de Benjamin Netanyahou,
08:08depuis des années,
08:10de renverser le régime des Mollahs
08:12et mettre fin à son programme nucléaire.
08:14Et que Trump a profité de l'occasion pour, on va dire, 6 jours.
08:16Mais la réalité, c'est que Trump aurait pu aussi profiter de l'occasion
08:18il y a un an,
08:19lors des frappes,
08:20lors de ces opérations de frappes contre le...
08:22Il aurait pu en profiter pour attaquer les sites névralgiques, énergétiques
08:27et tenter de renverser,
08:29en tout cas de pousser au renversement du régime
08:31en soutenant la résistance iranienne.
08:33Il ne l'a pas fait.
08:34Donc, Trump n'est pas un obsédé de la guerre.
08:37C'est un choix qu'il a fait, à mon avis, mûrement réfléchi,
08:39avec des conséquences et des risques,
08:41vous l'avez dit,
08:42qui existent, qui sont réels.
08:44Quid, en effet, du régime ?
08:46Parviendra-t-il à se maintenir en place,
08:48même s'il a été très largement décapité ?
08:50Il faut quand même rappeler que l'économie iranienne est à genoux,
08:53depuis déjà des années,
08:54notamment du fait des sanctions,
08:56même s'ils parviennent à incontourner un certain nombre.
09:00Donc, moi, je crois que c'était la solution.
09:02Le fait est qu'aujourd'hui,
09:03le programme balistique et les missiles sont très largement annihilés.
09:07C'est ce que dit Trump.
09:08L'Iran n'a plus de défense, notamment anti-aérienne.
09:10Voilà. Donc, le programme nucléaire, lui, malheureusement, se poursuit,
09:12parce que ses sites enfouis sont inatteignables avec les bombes américaines.
09:17Malheureusement, on le sait.
09:19Quant au peuple iranien, lui, il est toujours remonté.
09:23Parviendra-t-il à renverser les mots-là ?
09:24C'est toute la question et on peut l'espérer.
09:26Et en tout cas, c'est ce que dit notamment Reza Pallavi,
09:28qui est en tout cas la figure et l'espoir pour beaucoup d'Iraniens,
09:32en tout cas pour la majorité qu'on arrive à s'endrer,
09:34pour, on va dire, retrouver un peu de lueur dans ce pays.
09:37Il affirme dans les pages du Figaro ce matin que, oui,
09:38ça y est, le renversement du régime est officiellement proche,
09:41que la population pourrait le renverser
09:42et on pourrait enfin passer à autre chose.
09:45C'est en tout cas la question que beaucoup de gens se posent
09:48et sur laquelle on va devoir plancher quelques jours,
09:50quelques semaines, peut-être même quelques mois.
09:510,826, 300, 300.
09:53Oui, d'accord, il y a tout ce qui se passe au Moyen-Orient.
09:55Tous les yeux sont rivés sur le Liban actuellement
09:58où de nombreuses frappes israéliennes sont en cours.
10:01Mais la question aussi derrière, quand on se regarde,
10:02nous, le pays France, est-ce que depuis des années,
10:04nous n'avons pas été complaisants avec la dictature iranienne ?
10:07On se souvient en effet du guide suprême
10:09qui avait trouvé refuge en France.
10:10On se souvient de l'avion affrété par la France
10:13pour qu'il puisse retourner avec les quelques proches,
10:16quelques molas directement à Téhéran.
10:18Appliquer cette fameuse dictature
10:19qui a tant de sang aujourd'hui sur les mains.
10:210,826, 300, 300.
10:23La discussion se poursuit.
10:300,826, 300, 309h46 sur Sud Radio.
10:33On poursuit ces discussions concernant la complaisance
10:35qu'a pu avoir tout simplement le pays France
10:37vis-à-vis de la dictature iranienne.
10:39On en parle toujours avec Amoribrolet,
10:41rédacteur en chef à Valeurs Actuelles,
10:42avec la une de cette semaine que je rappelle,
10:44le pari à haut risque concernant Trump.
10:46Et puis Max Erwan-Gastido, géopolitologue,
10:49enseignant en relations internationales.
10:50Il y a aussi ce que développait
10:53avant cette courte page de pub,
10:56le camarade Amoribrolet,
10:57à savoir que beaucoup peut-être de gens
10:58qui nous écoutent ont envie d'applaudir Trump.
11:00D'ailleurs, il est hautement soutenu
11:01dans l'opinion publique française en disant
11:03finalement, la diplomatie, c'est tellement bien,
11:05mais c'est tellement bien quand ça marche.
11:07Et là, comme ça n'a pas marché,
11:08peut-être qu'on a envie d'hommes forts.
11:09Alors peut-être que c'est une illusion,
11:10mais est-ce que ce n'est pas finalement
11:11la conclusion à laquelle on arrive ?
11:13Alors moi, je dirais qu'il y a,
11:15pour sortir un petit peu du sujet géopolitique
11:16avant d'y revenir,
11:17une forme de crise de l'efficacité du politique en France.
11:20Et donc, en effet,
11:21dès qu'il y a des hommes qui s'affirment
11:23et qui obtiennent des résultats,
11:24on est tenté de se dire,
11:25on aimerait bien un petit peu, évidemment,
11:26que ce type de personnalité existe en France.
11:29Donc, il y a des éléments intérieurs
11:31qu'il faut ici, en effet, mettre sur la table.
11:34Moi, ce qui me dérange un petit peu,
11:35c'est qu'on part du principe
11:36que le but, l'objectif des Américains
11:38est de renverser les mots-là.
11:39En fait, les États-Unis font en Iran
11:42un petit peu ce qu'ils ont essayé de faire,
11:43ce qu'ils ont fait d'ailleurs, au Venezuela.
11:44Il y a l'idée de gêner un allié de la Chine.
11:47On sait très bien que, en toile de fond...
11:49Ça pourrait presque s'expliquer.
11:50Beaucoup vous disent
11:51si c'est vraiment la stratégie de Trump,
11:53on applaudit, non pas des deux,
11:54mais des quatre noms.
11:55Non, mais très bien,
11:56en toile de fond de la stratégie géopolitique américaine,
11:59il y a la lutte contre la Chine.
12:00Donc, au Venezuela,
12:01cela s'est traduit par un renversement,
12:03non pas du régime,
12:04mais de la personnalité qui dirigeait ce régime.
12:06Et Donald Trump n'a pas du tout l'intention
12:08d'exporter la démocratie en Iran,
12:10ni d'ailleurs au Venezuela.
12:11Il veut des élites qui lui soient plutôt inféodées,
12:15vassalisées, en quelque sorte.
12:16C'est le cas au Venezuela aujourd'hui.
12:17Est-ce que ce sera le cas en Iran ?
12:18Et là, je voudrais, derrière,
12:20évoquer la population iranienne.
12:23Pas simplement nous concentrer sur le régime iranien.
12:25La population iranienne,
12:27des milliers,
12:27aujourd'hui sans doute des centaines,
12:29demain sans doute des milliers d'innocents,
12:31vont mourir sous les bombes américaines.
12:33Pour un objectif qui reste largement relié
12:39aux intérêts géostratégiques américains,
12:40mais pas nécessairement aux intérêts des Iraniens eux-mêmes.
12:43Qui, et là des sons de cloche me remontent,
12:45craignent aussi un enlisement et un risque de guerre civile.
12:49Et lorsque je vois que Washington s'apprête à armer
12:51une partie du pays, en l'occurrence les Kurdes
12:55que nous avons abandonnés en Syrie,
12:56je m'inquiète en effet de cette perspective de guerre civile.
12:59Comme disait Renaud Girard,
13:01il y a pire que la dictature, il y a l'anarchie.
13:03Il y a pire que l'anarchie, il y a la guerre civile.
13:05Il faut, je pense,
13:08avoir aussi un petit peu
13:09ces éléments de prudence à l'esprit
13:11parce que sur le principe
13:13on peut soutenir la perspective
13:14d'un effondrement de ce régime.
13:16Maintenant il faut regarder
13:16comment concrètement les choses vont se passer.
13:18Et s'il y a la perspective d'une guerre civile,
13:20moi je serais peut-être un peu plus prudent aujourd'hui
13:22que tout un ensemble de discours.
13:23Et est-ce que vous considérez en effet
13:25qu'aujourd'hui en France,
13:27on a encore,
13:28vis-à-vis de la prudence que vous avoquez à l'antenne,
13:31cette fameuse voie de 2003,
13:32est-ce qu'elle a encore raison
13:33d'être aujourd'hui en écho ?
13:36Est-ce que vous considérez
13:37que c'est peut-être ça aujourd'hui
13:38la ligne que la France devrait suivre ?
13:40Moi je trouve la position de la France
13:42assez équilibrée pour le coup.
13:44Alors j'évoquerai pas forcément moi 2003,
13:46j'entends un président de la République
13:48qui honore les engagements de la France
13:50vis-à-vis de tout un ensemble de pays de la région.
13:52C'est important d'honorer ses engagements.
13:54Je vois une France qui se met en situation
13:56de protéger ses ressortissants
13:57en déplaçant un bâtiment militaire
13:59comme son porte-avions.
14:00Et je vois une France qui assume aussi
14:03cette responsabilité en quelque sorte historique
14:05vis-à-vis du Liban,
14:05car il y a un risque aussi
14:06qu'Israël, pour encore une fois
14:09des questions de sécurité
14:10que l'on peut par ailleurs comprendre,
14:12s'en prenne directement au Liban.
14:13Et vous évoquez en introduction, en effet,
14:15les frappes qui sont prévues au sud de Beyrouth.
14:18Et qui visiblement sont en cours.
14:19Amoribrelé.
14:20Oui, moi je trouve que malheureusement,
14:22nos responsables politiques,
14:23et notamment le quai d'Orsay,
14:24poursuit dans sa logique
14:25qui est la sienne depuis des décennies,
14:28à savoir, oui, cette position d'équilibre,
14:30mais qui est en réalité une position de complaisance
14:33vis-à-vis du monde arabe
14:34et vis-à-vis de l'Iran le concernant.
14:38Mais est-ce que vis-à-vis du monde,
14:40enfin en tout cas du monde iranien,
14:42on n'a pas eu ce qu'on a toujours observé en France,
14:44peut-être à un moment,
14:44vis-à-vis de la dictature chinoise,
14:46ce qu'on voit encore aujourd'hui,
14:47qu'on a vu aussi à un moment
14:48vis-à-vis de la dictature russe,
14:50c'est-à-dire beaucoup de réseaux en France
14:52qui sont entretenus,
14:53un contre-discours,
14:54un narratif totalement différent,
14:55des influences qui passent
14:56par des intellectuels,
14:58par des politiques.
14:59Emmanuel Razavi,
15:00avec lequel on était tout à l'heure,
15:01a écrit justement un livre
15:02qui s'appelait La pieuvre de Téhéran,
15:04qui démontrait très bien
15:05comment universitaires, intellectuels, artistes
15:08étaient totalement sous le discours.
15:09Vous semblez nuancer ce propos.
15:12La prudence, elle est aussi côté américain.
15:14G.D. Vance s'est engagé auprès de Donald Trump
15:16par dégoût vis-à-vis des nation builders,
15:19des néoconservateurs,
15:20des libéraux interventionnistes
15:21qui voulaient créer un monde à notre image
15:23en exportant la démocratie.
15:25Si vous suivez un petit peu les déclarations de G.D. Vance,
15:27qui est quand même le vice-président aux Etats-Unis,
15:28il rassure l'électorat trumpien
15:30en expliquant que ce ne sera pas une guerre longue.
15:31Mais on va vers une guerre longue,
15:33puisque Donald Trump, à l'image d'ailleurs
15:35de Vladimir Poutine en Ukraine,
15:36a sous-estimé la capacité de résistance du régime,
15:38y compris peut-être au sein de la population.
15:42Par ailleurs, il faut prendre aussi,
15:44et là je vais, si vous voulez,
15:45un petit peu élargir la focale.
15:47Je ne vais pas m'intéresser simplement à l'Iran,
15:48mais vous m'y invitez,
15:49puisqu'on a parlé de la Chine.
15:51Il faut partir du monde aussi tel qu'il est.
15:53La France, au fond, s'inscrit dans les pas,
15:55la diplomatie française s'inscrit dans les pas
15:56de la diplomatie gaullienne,
15:58puisque c'est le général de Gaulle
15:59qui a quand même érigé la doctrine
16:00à partir de laquelle nous concevons
16:02notre rapport au reste du monde.
16:03Le général de Gaulle s'était rapproché
16:04de la Chine populaire,
16:05pas par adhésion au communisme.
16:07Avez-nous un partenariat stratégique
16:08avec l'URSS, en pleine guerre froide.
16:10Il y a l'idée qu'il faut partir des États,
16:12et qu'il ne faut pas mener de guerres saintes,
16:14de guerres idéologiques, de croisades,
16:16parce que la perspective d'un monde
16:17qui s'occidentalise a vécu.
16:20C'était une croyance très forte
16:21dans les années 90-2000.
16:22Aujourd'hui, il faut prendre acte
16:23de la diversité du monde,
16:24et donc des fois,
16:25traiter avec des régimes
16:26qui ne pensent pas comme nous.
16:27Mais les intérêts de chacun
16:29et des participants aujourd'hui à la guerre
16:30sont divers,
16:32et même parfois opposés.
16:33On évoquait G.D. Vance,
16:34selon le New York Times,
16:35qui en a fait une recension
16:37hier ou avant-hier,
16:38dans une grande enquête,
16:40lors, dans le bureau Oval,
16:41lors de la réunion
16:42avec les principaux responsables
16:43de l'administration Trump,
16:44il était celui qui voulait aller
16:46le plus vite et le plus fort,
16:48malgré ses déclarations passées,
16:49et en finir avec ce régime.
16:50Par crainte d'une guerre longue.
16:51Par crainte d'une guerre longue.
16:52Mais il a exprimé cet avis
16:54qui a été soutenu
16:55par une bonne partie du cabinet.
16:56Quant à la France,
16:57non seulement elle a des intérêts
16:59évidemment à voir ce régime
17:00renversé
17:02pour sortir
17:03du joug et de la tyrannie
17:05le peuple iranien,
17:06c'est-à-dire que c'est un objectif
17:07humanitaire,
17:08bien logique,
17:09et tout à fait entendable
17:10et défendable.
17:11Mais enfin,
17:11nous avons aussi des intérêts économiques
17:13que nous avons d'ailleurs
17:13avec l'Iran depuis des années.
17:15Nous avons des intérêts
17:16aussi diplomatiques.
17:17Je rappelle qu'il y a quand même
17:18encore deux Français là-bas
17:20qui sont présents
17:21dans notre ambassade.
17:21Jacques Paris, c'est Cécile Collère.
17:22Voilà.
17:23Et qui ont,
17:24après des années de tractation,
17:27et puis nous avons
17:27nos intérêts propres.
17:29Je veux dire,
17:29la défense,
17:30notamment de nos intérêts,
17:32on l'a dit,
17:32économiques et diplomatiques,
17:33mais aussi
17:35des Français
17:36dans la région.
17:37Nous avons des bases
17:38militaires dans la région.
17:39Des Français,
17:40je le rappelle,
17:40ont été assassinés
17:42par des terroristes
17:43financés par ce régime.
17:44On ne peut pas
17:45l'oublier.
17:46Ces gens-là,
17:47l'Iran,
17:47l'origine de Téhéran
17:48est un ennemi
17:49non seulement contre son peuple,
17:50c'est aussi un ennemi
17:51pour Israël
17:52qu'il menace directement,
17:53c'est un ennemi
17:54pour toute la région,
17:54c'est un ennemi
17:55dans le monde.
17:56L'Iran est le premier argentier
17:58du terrorisme international
17:59qui a fait des victimes
18:01déjà sur le sol français.
18:02Ces dernières années,
18:03vous avez des opérations
18:04qui ont été financées
18:05par l'origine de Téhéran
18:06sur le sol français.
18:07Vous avez eu des tentatives
18:08d'assassinats
18:09qui ont visé
18:10des membres
18:10des communautés juives
18:11et israéliennes
18:12sur le sol français.
18:14Ça a été rapporté
18:14dans la presse,
18:15notamment par Mediapart.
18:16C'est une réalité.
18:17Il y a une menace directe
18:19de l'Iran
18:19contre la France.
18:20Merci beaucoup
18:21Amoribour,
18:21les rédacteurs en chef
18:22à Valeurs Actuelles
18:23et merci beaucoup à vous
18:24Max Erwan Gatineau
18:25d'avoir été avec nous
18:26géopolitologue,
18:27enseignant
18:27et en relation internationale
18:29naturellement
18:30et séiste.
18:30Merci beaucoup
18:30d'avoir passé une tête
18:31ce matin
18:31dans le bureau
18:32de Sud Radio
18:34dans le bureau
18:34Pas Encore.
18:35Concernant cette question,
18:37est-ce qu'une partie
18:37de l'élite intellectuelle
18:38notamment française
18:39est complaisante
18:40avec la dictature iranienne ?
18:41Oui,
18:41à près de 75%,
18:43non 26%.
18:44Donc vous avez été nombreux
18:45à réagir
18:46et à voter sur le site,
18:47l'application
18:48et les réseaux sociaux.
18:49Merci beaucoup messieurs.
18:50Dans un instant,
18:50bien sûr,
18:51Valérie Expert
18:51et avant d'avoir
18:52le sommaire de cette émission,
18:53vous pouviez jouer
18:54au 7-20-18
18:56avec un seul mot
18:57à envoyer par SMS
18:58qui était le mot Sud
18:58et vous pouviez gagner
19:00une formidable station météo
19:01notamment pour voir
19:02à quel point
19:03les températures
19:04dans les prochains jours
19:05vont être douce.
19:05Bonjour mon cher Joël.
19:07Bonjour Maxime.
19:08Et surtout,
19:09félicitations à vous
19:10parce que c'est vous
19:10qui allez
19:11et qui avez remporté
19:12cette merveilleuse station météo
19:14de la cross-technologie.
19:15Félicitations.
19:17Merci beaucoup.
19:18Merci à Sud Radio.
19:19Merci à vous
19:20d'être un fidèle auditeur.
19:21Vous allez donc pouvoir
19:22profiter comme il se doit
19:23des quelques températures
19:25printanières
19:25qui s'annoncent
19:26et qui sont la norme
19:27dans les prochains jours.
19:27Merci beaucoup
19:28mon cher Joël
19:29d'avoir participé au jeu.
19:30Je vous souhaite
19:30une belle journée
19:31et un bon week-end.
19:32Mais c'est le soleil
19:33de cette fin de semaine
19:34mesdames, messieurs
19:34qui vient de rentrer
19:35dans ce studio.
19:36Bonjour Valérie Expert.
19:37Au moins, au moins le soleil.
19:39Toujours ces derniers jours
19:39il faut se donner de l'énergie.
19:40Absolument, il faut de l'énergie.
19:41Vous avez, à propos d'énergie,
19:42vous avez fait le plein ?
19:43Ah oui ?
19:44Non, certainement pas.
19:45Bien au garage.
19:46On va parler avec Félix Mathieu
19:48de cette question
19:50du prix de l'essence
19:51et de ces Français
19:53qui se précipitent aux pompes
19:54et qui créent eux-mêmes
19:55la pénurie.
19:56Donc appelez-nous
19:57pour nous dire
19:58si vous avez fait le plein.
20:00En tout cas,
20:01moi je suis passé
20:01devant deux stations-service
20:02hier, il n'y avait personne.
20:04Mais bon,
20:04je pense que globalement
20:06les Français sont inquiets
20:07et puis les débats
20:09mettez-vous d'accord.
20:11On va parler
20:12d'Emmanuel Macron.
20:13Emmanuel Macron,
20:14la France ne fait pas la guerre
20:15a-t-il dit sur Instagram.
20:16Il a répondu,
20:17vous en avez peut-être parlé
20:18ce matin,
20:18à une jeune fille
20:20qui l'interpellait.
20:21Voilà, puis bien d'autres sujets.
20:23Et toujours au 0826 300 300
20:25vous avez le programme
20:26Belle matinée sur Sud Radio.
20:27Pour ma part,
20:28j'aurais le plaisir
20:28de vous retrouver demain
20:29dès 6h.
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