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Extraits tirés des conférences publiées par les chaînes Showcase by E4S et Greenletter Club.
L’ingénieur et expert énergie climat Jean-Marc Jancovici, cofondateur du cabinet de conseil Carbone 4 et président du think tank The Shift Project, analyse le lien entre niveau d’études, éco-anxiété et transition énergétique.
Il évoque une statistique frappante sur l’éco-anxiété chez les étudiants ingénieurs et dans les écoles de commerce, puis explique pourquoi certains métiers de la finance, du conseil ou du management pourraient perdre de l’importance dans un monde décarboné. Selon lui, la transition écologique pourrait au contraire renforcer le besoin de compétences techniques et pratiques.

#ecologie #climat #energie #jancovici #societe

Vidéos complètes disponibles ici :
https://www.youtube.com/watch?v=0FXbt3yNyio
https://www.youtube.com/watch?v=nILZLup-gfc
Les chaines youtubes disponibles ici:
https://www.youtube.com/@e4s_center
https://www.youtube.com/@greenletterclub4184
Musique: https://youtu.be/RNsyw2tfPnk

Quelle proportion d’éco-anxiété est mentionnée pour les étudiants d’HEC dans la statistique citée par Jancovici ?
➡ 9 %.

Quelle proportion de l’activité d’une banque servirait réellement la collectivité selon l’estimation évoquée par Jean-Marc Jancovici ?
➡ 20 à 30 %.

Quel métier lié à la production alimentaire est cité comme exemple de compétence technique essentielle ?
➡ Agriculteur.

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Transcription
00:00J'ai vu passer il n'y a pas longtemps une statistique non encore publiée sur le taux d'éco
00:03-anxiété en fonction de la formation des individus.
00:07Vous rigolez parce que vous allez voir la réponse.
00:11C'est pas loin de 50% dans les études d'ingénieurs et c'est 9% pour HEC.
00:24Il y avait deux questions en parallèle qui se ressemblaient beaucoup.
00:27D'une part, des gens dans la salle avec un MBA qui demandaient qu'est-ce que l'éducation du
00:31MBA de demain devrait changer.
00:35Et d'autre part, les ingénieurs.
00:36On a reçu la même question des ingénieurs qui demandaient comment changer le cursus des ingénieurs.
00:41Est-ce qu'il doit changer afin de répondre aux défis que vous articulez ?
00:45J'ai vu passer il n'y a pas longtemps une statistique non encore publiée sur le taux d'éco
00:48-anxiété en fonction de la formation des individus.
00:52Vous rigolez parce que vous allez voir la réponse.
00:56C'est pas loin de 50% dans les études d'ingénieurs et c'est 9% pour HEC.
01:10Donc si je suis un peu taquin, il faut supprimer 90% des gens qui font HEC si on veut.
01:21Si je suis un peu moins taquin, mais pas beaucoup moins.
01:24Depuis quand est-ce que les MBA se développent ?
01:27Depuis que l'économie se mondialise.
01:29Quels sont les emplois des gens qui vont faire à MBA ?
01:32Comme moi du reste, c'est des supplétifs de la mondialisation.
01:37Vous allez travailler dans des grandes organisations multinationales qui n'existent pas sans mondialisation.
01:43Et chez des supplétifs de ces organisations, donc chez les grandes practices du conseil, du commissariat aux comptes, de l
01:51'audit, de la finance, etc.
01:53Une fois qu'on a viré tout ça, des gens pour aller faire du contrôle de gestion chez des gens
01:57qui mettent des petits points en boîte, il n'y en a pas beaucoup.
02:00Que deviennent tous ces métiers dans un monde qui se décarbone ?
02:04Dans un monde qui se décarbone, vous allez ralentir les flux, simplifier le monde, diminuer la quantité d'organisation à
02:12large échelle que nous avons.
02:13Et donc vous aurez moins besoin de ce genre de personnes.
02:18Par ailleurs, je vais continuer à être un peu taquin, quand vous regardez l'utilité sociale des métiers de la
02:23finance, dans ce que fait une banque, il y a 10 à 20% de son activité.
02:27Donc allez, 20% à 30% qui sert la collectivité et 70% qui sert elle-même.
02:32Toutes les activités de marché, spéculation pour compte propre, etc.
02:35Il suffit de regarder à quoi ressemble le bilan d'une banque.
02:37Les engagements, les contreparties qui sont les crédits aux entreprises et aux particuliers, ça fait toujours moins de la moitié
02:41du bilan.
02:42Et tout le reste, c'est des engagements pour compte propre.
02:44Bon, ça veut dire qu'en gros, les financiers, la moitié de leur activité consiste à se servir eux-mêmes.
02:49C'est la raison pour laquelle ils sont si bien payés.
02:52Est-ce que tout ça est utile à la collectivité ? Pas nécessairement.
02:55Est-ce qu'on en a besoin dans un monde qui se décarbone ? Non, puisqu'on va ralentir les
02:58flux.
02:58Et dans un monde qui devient moins complexe, de toute façon, les arbitrages spéculatifs qui vous permettent de gagner de
03:03l'argent, il y en a moins.
03:06Donc, la réponse, c'est, je suis désolé d'être un peu cash, mais puisqu'on va poser la question,
03:11la réponse, c'est en fait, en toute bonne logique, on a besoin de moins de gens comme ça dans
03:17un monde qui se décarbone.
03:18Alors que des ingénieurs, on en aura toujours besoin, mais pas que des ingénieurs.
03:22On aura besoin de plus en plus de gens qui ont un contenu technique, pratique à proposer.
03:27Donc là-dedans, vous avez aussi des conducteurs de train, vous avez aussi des agriculteurs, vous avez aussi, il n
03:31'y a pas que les ingénieurs dans cette histoire.
03:32Les ingénieurs, c'est un petit bout des gens qui ont des compétences techniques.
03:37Enfin, je veux dire, un agriculteur, il a des tas de compétences techniques.
03:39Il n'y a pas des tas de trucs que je suis incapable d'apprendre, de faire.
03:43Donc, c'est ça, je pense qu'on va aller vers ça.
03:46Et des gens qui sont juste des gestionnaires de la complexité, dans un monde qui se décarbone, on devrait, en
03:53toute bonne logique, en avoir moins besoin.
03:55Donc, qu'est-ce qu'on peut faire dans le cursus de ces gens-là ?
03:58Des petites choses à la marge, mais surtout réorienter les proportions respectives des cursus.
04:04Or, quand vous regardez les 20 dernières années, les MBA ont considérablement plus augmenté que les cursus d'ingénieurs.
04:11Mais ceci, alors, avec cela, c'est la mondialisation.
04:13La culture emploie 700 000 personnes.
04:15C'est un secteur qui se pense, a priori, peu concerné par les catastrophes climatiques.
04:20Mais vous dites, en cas de choc énergétique, climatique ou sanitaire, beaucoup risquent donc de voir leur emploi menacé à
04:25terme.
04:26C'est quelque chose qu'on n'a pas à l'esprit.
04:28Mais si on a des gros chocs, comme vous les évoquiez tout à l'heure...
04:32Il y en a un qui nous avait connu quand même de très près, qui est le Covid.
04:36Plus de salles de cinéma, plus de concerts, plus de festivals, plus de...
04:41Celui-là, il a quand même été parfaitement visible.
04:44Alors, effectivement, il n'avait pas un déterminant climatique, celui-là.
04:47Cela étant, il faut bien voir que dans la partie développement des pandémies,
04:52à aucun moment, on ne fera jamais le lien entre le développement d'une pandémie et des conditions climatiques particulières.
04:57Alors que quand vous regardez les études épidémiologiques,
05:01on sait qu'il y a des évolutions qui sont favorisées par le changement climatique.
05:07Par exemple, l'augmentation de l'intensité des moussons, ça favorise le choléra.
05:11Par exemple, il y a d'autres...
05:13Donc, ce n'est pas...
05:15Mais au moment où la pandémie arrive, vous ne voyez absolument pas le lien avec le climat,
05:19ce qui est tout à fait normal.
05:21Et c'est évident qu'il n'y a pas de lien univoque que vous pouvez établir.
05:26Sur la partie énergétique, oui, il faut beaucoup de voitures pour que des gens puissent aller à des grands festivals.
05:32Avant l'époque de la voiture pour tous, il n'y avait pas de grands festivals.
05:37Ou en tout cas, beaucoup moins.
05:38Avant, il y avait des troupes ambulantes de théâtre qui allaient de village en village, en roulotte à cheval.
05:43Mais il n'y avait pas de festival où les gens allaient tous en voiture.
05:46Il n'y avait pas de multiplex en banlieue.
05:48Donc, il faut bien voir que le secteur culturel, il a une dépense qui est loin d'être négligeable à
05:53la mobilité motorisée.
05:55Il a par ailleurs une dépendance qui est loin d'être négligeable de façon plus structurée à l'abondance énergétique.
06:00Parce qu'en fait, l'abondance énergétique a permis, en faisant travailler les machines à notre place,
06:04de libérer du temps et a permis la création de plein d'emplois qui n'existaient pas à l'époque
06:10de la société paysanne.
06:11À l'époque de la société paysanne, il n'y avait pas de monteur, il n'y avait pas de
06:15tourneur, il n'y avait pas de Nikos Aliagas.
06:18Tous ces emplois n'existaient pas.
06:22Tout simplement parce que la productivité du travail n'était pas telle que les gens pouvaient se permettre,
06:27sur l'ensemble d'une population, d'affecter 1% des gens à nourrir tout le monde.
06:32C'est ce qui est à peu près le cas aujourd'hui en France.
06:35D'affecter encore quelques autres pourcents des gens à piloter les machines qui nous permettent d'avoir des vêtements,
06:40des maisons, des voitures, des tables, des chaises et des vidéoprojecteurs.
06:44Et tous les autres peuvent s'occuper d'autre chose, y compris enseigner, faire de la création,
06:48s'occuper de télévision, faire de la comptabilité, faire le consultant comme moi.
06:53Qu'est-ce que je sais encore ?
06:55Et ça, c'est également un fruit, c'est un fruit systémique celui-là de l'abondance énergétique.
07:00C'est la tertiarisation du travail et le temps libre.
07:02Et en fait, le secteur audiovisuel moderne est un enfant de la tertiarisation du travail et du temps libre.
07:11Alors, ce fondement-là, il est à risque en fait pour énormément d'activités modernes.
07:17C'est absolument évident.
07:58Sous-titrage Société Radio-Canada
08:02Sous-titrage Société Radio-Canada
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