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  • il y a 10 heures
Les clefs d'une vie de Stéphane Rotenberg

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##LES_CLEFS_D_UNE_VIE-2026-03-03##

Catégorie

Personnes
Transcription
00:00Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
00:03Les clés d'une vie, celle de mon invité.
00:05Votre passion d'origine, c'était l'automobile,
00:08mais aujourd'hui, quand vous entendez moteur ou ça tourne,
00:11vous êtes dans un autre circuit où les recettes sont celles du succès.
00:14Pour vous, nous allons mettre moralement aujourd'hui les petits plats dans les grands.
00:18Bonjour Stéphane Rottenberg.
00:19Bonjour Jacques Pessis, bonjour à tout le monde.
00:21On dit donc qu'à l'introduction, on sent que le monsieur travaille.
00:24Comme vous, quand on voit Top Chef,
00:26on va évoquer Top Chef tout à l'heure, puisque c'est la nouvelle édition début de demain,
00:31la 17ème saison.
00:32Mais le principe des clés d'une vie, c'est d'évoquer votre parcours à travers des clés.
00:36Alors, je pense que j'aurais eu besoin de trois émissions pour évoquer tout ce que vous avez fait.
00:41Ah bon, moi j'avais l'impression que ça se résumait en deux phrases, alors tant mieux.
00:45La première date, 9 avril 1981, c'est un journal culte qui sort ce jour-là,
00:50le numéro 261 de Auto Hebdo.
00:52Oui, alors c'est vrai que je passe,
00:57en tout cas moi j'aimais les bandes dessinées, etc.
00:59Et c'est vrai que j'ai lu pour la première fois en 1981, j'ai 13 ans,
01:04un bouquin de grand, c'est un magazine automobile.
01:06Voilà, mais c'était mon premier magazine sérieux, j'ai vraiment lu pour moi.
01:10Sur la couverture, il y avait la Volkswagen Golf,
01:13la CTI OTNG 16.5 et la Circo GTI.
01:16Oui, c'est très possible.
01:19Au début, chez moi, il y avait bien sûr Télérama posé sur la table du salon,
01:22quelques babioles, etc.
01:23J'ai toujours aimé lire les trucs des grands.
01:25Mais quand pour la première fois, t'achètes un truc,
01:27alors moi c'était la voiture, tu vas acheter le marchand de journaux,
01:30j'ai adoré les marchands de journaux,
01:31et j'ai acheté ce numéro, je les ai tous eus depuis.
01:34Et j'ai eu beaucoup de goûte pour la presse, c'est vrai, j'ai adoré ça.
01:36Et l'automobile, parce que la pression de l'automobile,
01:39elle est née, dans vos très jeunes années,
01:41vous ne savez même pas pourquoi.
01:42Non, mon père avait une mini-coupeur avec un échappement un peu libéré,
01:46et je l'entendais venir du bout de la rue,
01:47il paraît que je m'agitais dans mon couffin,
01:49quand j'entendais le bruit de la mini,
01:51mais oui, il n'y a pas de passion automobile dans ma famille,
01:53donc il n'y a pas d'atavisme, c'est venu comme ça,
01:56en tous les cas, c'est vrai que ça a été une passion brûlante,
01:58et j'aime toujours ça.
01:58Et vos très jeunes années, c'est à Lens, au cœur du bassin minier ?
02:02Oui, alors j'ai des souvenirs diffus, sans doute un peu plus après,
02:05parce que je suis parti, j'avais 3 ans,
02:07mais je suis né là-bas, j'ai encore de la famille là-bas,
02:10j'y vais souvent quand même, j'y vais régulièrement en tous les cas,
02:12mais forcément ça marque,
02:14et forcément dès qu'on parle de Lens,
02:16et dès qu'on parle du Pas-de-Calais, forcément ça résonne.
02:18Vous faites partie des familles polonaises
02:22qui après la guerre de 1914,
02:23ont quitté la Pologne et sont allées dans le bassin minier ?
02:26Absolument, il y avait des bureaux de recrutement en Pologne,
02:29à Varsovie et ailleurs, à Cracovie et ailleurs,
02:31et mes grands-parents ont signé pour travailler dans les mines,
02:35en 1926 je crois, ils sont arrivés, etc.
02:37Oui, je me reconnais dans plein de gens,
02:39parce que vous avez encore des noms polonais qui claquent dans le Pas-de-Calais,
02:43mais oui, ça fait partie complètement de l'histoire de la famille.
02:45Alors il y a un grand-père qui était minier, mineur,
02:47et l'autre qui avait un magasin de meubles je crois.
02:50Oui absolument, qui était, alors pour le coup,
02:51qui était un industriel, qui avait une usine à Los Angoles,
02:54pour ceux qui habitent dans le Pas-de-Calais,
02:55il voit très bien où c'est, une centaine d'ouvriers,
02:57ça s'appelait le lit parfait, etc.
02:58Donc c'est vrai que c'était déjà un choc de social,
03:01parce qu'il y avait des petits bourgeois, on va dire,
03:02des commerçants pour qui ça tournait bien,
03:04et puis des militants de fonds.
03:05Donc là, c'était vraiment le peuple.
03:07Et déjà, le simple fait, mes parents, de se mettre ensemble,
03:10c'était déjà en soi singulier,
03:12parce qu'on ne mélangeait pas trop les niveaux sociaux à l'époque.
03:15Déjà, aujourd'hui, ce n'est pas si fréquent,
03:16mais à l'époque, c'était vraiment rare.
03:18Et en même temps, le marchand de meubles,
03:20je connais un courant automobile dont le père était marchand de meubles,
03:25Ah oui, c'est possible, absolument, absolument.
03:27Alors, à l'époque...
03:28Sacha Montlu, c'est plus bas.
03:29Oui, exactement.
03:31À Lens, il y avait aussi le stade Bollard,
03:32et je crois que c'est lié à des souvenirs,
03:34chez votre grand-mère, Stéphane Rotelberg.
03:36Elle habitait juste à côté, et c'est vrai que...
03:39Alors, je ne suis pas un grand passionné de foot,
03:40mais à Lens, on est forcément obligé de connaître.
03:42J'entendais les clameurs du stade,
03:43vraiment, on l'entend dans toute la vie.
03:45C'est impressionnant, parce que le stade est un peu à l'écart,
03:47mais c'est un stade qui a une capacité supérieure
03:50à la capacité de la ville.
03:50C'est très, très impressionnant.
03:52Et même si c'était plus petit à l'époque,
03:54et c'est vrai que je l'entendais,
03:55les soirs de match, ça couvrait la télé.
03:57Et c'était impressionnant.
03:58Et donc, j'ai saisi la ferveur du football à Lens
04:01en entendant les rumeurs du stade.
04:03J'y suis allé beaucoup plus tard,
04:04parce que moi, j'étais...
04:05Je préfère l'automobile.
04:06Je n'étais pas un grand fan de foot,
04:07mais voilà, je voyais bien que la ville
04:09et mes cousins adoraient ça
04:10avec une passion fabuleuse.
04:12Et puis, Lens, ça vient, je crois,
04:13en championnat, donc tant mieux.
04:14Oui, ils se débrouillent très bien.
04:15Vous suivez quand même.
04:16Oui, quand même, quand même.
04:17Dès que j'entends Lens, tac, tout de suite, ça vient.
04:19Alors, il se trouve aussi, Stéphane Robinberg,
04:21que l'été, c'était Cannes.
04:23Et vous étiez sur la croisette,
04:24vous ne regardiez pas la mer, mais les voitures.
04:26Oui, ça me fascinait,
04:27parce que quand...
04:28Alors, j'en habite dans le 20e à Paris,
04:30ou alors à Lens.
04:32Donc, quand j'arrivais,
04:33ma tante avait un appartement à Cannes,
04:36rue Lacour, juste derrière le Martinez.
04:38Donc, on est quand même vraiment à deux pas de la mer.
04:40Et alors là, je voyais des voitures.
04:43C'était la Riviera.
04:43C'était un univers complètement fascinant pour moi.
04:46Des belles voitures, les grands hôtels.
04:49Je regardais ça comme...
04:50Nous, on mangeait des glaces à l'eau,
04:51la chanson de Jonas.
04:52Nous, on mangeait des glaces à l'eau
04:53en marchant au bord de la mer.
04:55C'est vraiment cette chanson de Jonas,
04:56elle résonne tellement,
04:57parce que c'est vraiment ma vie.
04:58Mais j'avais accès à ça.
05:00Ça me fascinait.
05:00Et bien évidemment,
05:01je regardais plus les voitures que la mer.
05:03Mais j'aime la mer quand même.
05:04Et d'ailleurs, c'était à une époque
05:05où la voiture évoluait.
05:07J'ai vu il n'y a pas longtemps
05:08un reportage de Gérard Rolls en 72
05:09où il explique que le rétro extérieur
05:12est obligatoire.
05:13C'était une première en France.
05:14C'est très récent.
05:15Absolument.
05:16Et les ceintures de sécurité,
05:17c'est arrivé plus tard.
05:17Moi, je me rappelle la réaction de mon père.
05:19Courroucet,
05:19lorsqu'on a obligé les ceintures de sécurité,
05:21il ne comprenait pas.
05:23Bien sûr, moi, j'ai passé...
05:24Il y a plein de gens qui comprennent ça.
05:25Ceux qui nous écoutent,
05:26j'ai passé ma vie à l'arrière des voitures
05:29sans être attaché.
05:30Je passais de droite, de gauche, au milieu, etc.
05:33Ça paraît fou aujourd'hui.
05:34Mais moi, les ceintures de sécurité
05:35n'est ni pas obligatoire à l'arrière,
05:37à l'avancée,
05:38mais pas à l'arrière à mon époque.
05:39Ça paraît fou,
05:39mais c'est un autre monde.
05:40Et les voitures avaient beaucoup changé
05:42depuis l'époque
05:43où Georges Hus a créé ce refrain.
05:45Pour promener, Mimi,
05:47ma petite amie, Mimi,
05:49c'est son jeune frère Toto,
05:50j'ai une auto.
05:52Vous connaissez une chanson,
05:53c'est de la bagnole ?
05:54Oui, absolument.
05:55En fait, il avait créé
05:56la plus basse des javas
05:56et il a eu quelques ennuis avant la guerre
05:58car il a créé une chanson sur Hitler
06:00qui s'appelle
06:00« Il travaille du pinceau ».
06:02Car il devait, au départ,
06:03faire des peintures.
06:05Alors, il y avait aussi
06:06la voiture de votre père
06:07et je crois que le dimanche
06:08à la campagne,
06:09vous étiez dans la voiture
06:10plutôt que dans les bois.
06:11Ah oui, moi j'adorais.
06:12Je demandais à la fin du repas
06:14à aller jouer dans la voiture.
06:15Ça consternait la famille
06:16qui disait « Il fait beau,
06:17vas-y, va gambader ».
06:18Et moi, je me créais un univers.
06:20J'allais dans la voiture de mon père
06:21ou celle de mes oncles
06:23parce que certains de mes oncles
06:24avaient des plus belles voitures
06:25que mon père.
06:25J'adorais ça
06:26et je jouais pendant des heures
06:28dans cette voiture
06:28et même lorsqu'on descendait
06:30dans le sud en voiture,
06:31à la pause carburant,
06:32tout le monde va se dégourdir les jambes
06:34et moi, je passais
06:34de l'arrière à l'avant
06:35et je jouais pendant la pause.
06:37Non, non, j'étais fan de ça.
06:37Avec les essuies glaces.
06:38Oui, oui.
06:39Ça paraît faux aujourd'hui
06:40mais à l'époque,
06:41certaines servitudes électriques
06:43ne se coupaient pas
06:43quand on coupait le contact.
06:45C'était génial pour moi
06:45parce que je pouvais fonctionner,
06:47faire marcher la voiture.
06:48J'adorais ça.
06:49Je me créais des histoires fabuleuses.
06:50J'avais cette chance
06:51d'être un peu imaginatif
06:52et j'adorais ça.
06:53Et Stéphane Rantelberg,
06:54je crois que heureusement,
06:56quelqu'un avait inventé le Neyman.
06:57Oui, alors malheureusement,
06:59c'est vrai que pour moi,
07:00c'était terrible
07:00lorsque brutalement,
07:01moi j'ai joué de droite et gauche,
07:02c'est pas très bon pour les pneus.
07:03Et quand le Neyman est arrivé
07:05et que je bloquais la direction
07:06quand je jouais,
07:07alors ça c'était terrible
07:08parce que le jeu était moins crédible
07:10parce que je tournais le volant
07:11pour de faux.
07:12Mais oui, oui,
07:12c'est arrivé pareil
07:13dans les années 70, le Neyman.
07:15Et Neyman, il a vraiment existé.
07:16C'est l'inventeur du Neyman.
07:17Il s'appelait Abraham Neyman
07:18et il a également inventé
07:20les serrures de portière.
07:21Oui, et Dieu sait que ça a servi
07:23et Dieu sait que c'est un système
07:25qui encore aujourd'hui,
07:26alors maintenant sur les voitures,
07:27il y a d'autres manières
07:27de vérifier la direction,
07:29mais c'est un système
07:30qui a duré pendant des années,
07:31des années.
07:31Et puis vous aviez une chance,
07:32Stéphane Rottenberg,
07:33c'est que votre père
07:34changeait de voiture
07:35tous les 18 mois.
07:36Oui, il faisait 45 000 km par an,
07:38il était représentant de commerce,
07:39donc quel bonheur.
07:40Il y avait un débat familial
07:41et mon père aimait quand même
07:42les voitures un petit peu
07:43et il achetait quelques autos.
07:45Alors parfois j'adorais ça,
07:46parfois je n'aimais pas
07:46ce qu'il achetait.
07:47Mais oui, ça me permettait
07:48de changer un petit peu.
07:49Et puis bon,
07:50il y avait l'école
07:50que vous aimiez beaucoup moins.
07:51Moins.
07:52Vous avez des notes moyennes,
07:54mais...
07:54Ouais, moyenne,
07:55j'étais très bon élève
07:56jusqu'à 4ème, 3ème,
07:58beaucoup moins bon après,
07:58mais c'est sûr,
07:59c'était...
08:00Je m'ennuyais,
08:02c'était une souffrance
08:04pour moi à l'école.
08:04Et vous décidez avant le bac
08:06que vous ne ferez pas
08:07d'études supérieures
08:08et vous dites à vos parents.
08:09Oui.
08:10J'ai commencé à regarder
08:12les parcours
08:13de gens que j'écoutais,
08:15Philippe Bouvard, etc.
08:18Et forcément,
08:19quand vous voyez
08:19que des gens
08:20qui étaient quand même
08:20des sommités dans ma jeunesse,
08:22parce que Philippe Bouvard,
08:23il avait à la fois,
08:24c'était un amuseur à la radio,
08:25c'était un grand journaliste
08:26en presse écrite.
08:27Et il avait été viré
08:28d'école de journalisme
08:28au bout de 6 mois.
08:29Exactement.
08:30Et c'était un cancre.
08:31Et il y avait quand même
08:32beaucoup de gens
08:33que j'admirais
08:33qui étaient des cancres.
08:34Alors, je ne dis pas
08:35qu'il faut faire ça,
08:35attention.
08:36Mais du coup,
08:37ça m'a tellement décomplexé.
08:38Je me suis dit,
08:39ok, si tu travailles beaucoup,
08:40tu peux arrêter tôt l'école
08:42et compenser par le travail.
08:44Parce que je voyais bien
08:44que Bouvard travaillait
08:45au-delà d'un normal.
08:46Je voyais bien
08:47que mes parents,
08:47leurs horaires,
08:48je comprenais bien
08:49qu'il y avait un prix quand même
08:51au fait de ne pas faire d'études
08:52et de compenser.
08:53Mais oui,
08:54il m'avait bluffé.
08:54Car vous vouliez être journaliste.
08:56Oui.
08:57Tout simplement
08:57parce que j'adorais
08:58la presse écrite
08:59et je me suis dit,
09:00c'est finalement
09:01pas facile de trouver une vocation.
09:02Je me suis dit,
09:03finalement,
09:04écrire,
09:07j'adorais vraiment lire
09:08les articles.
09:08Je me suis dit,
09:09ok, fais ça.
09:10Et en même temps,
09:11aujourd'hui,
09:11ce serait impossible
09:11puisqu'il faut faire
09:134 ans d'études
09:13pour accéder
09:14à un premier stage.
09:15Oui,
09:15c'est fou.
09:16C'est fou.
09:17Il y a même
09:18des fonctions
09:19que j'ai,
09:19moi,
09:20eues dans le service public
09:22où il faut aujourd'hui
09:23obligatoirement le bac
09:24et moi,
09:24je les ai eues sans le bac.
09:26Donc,
09:26ça paraît fou
09:27mais peut-être que c'est bien,
09:29je ne sais pas.
09:29Mais c'est vrai que moi,
09:30aujourd'hui,
09:30je pourrais,
09:31mon parcours aujourd'hui,
09:32en tout cas,
09:33tel que je l'ai fait,
09:34il serait impossible.
09:34J'ai fait le même
09:36donc je sais ce que c'est.
09:37On ne pourrait pas
09:37faire ce parcours aujourd'hui.
09:39Moi,
09:39j'ai démarré chez Bouvard
09:40comme stagiaire
09:40pour 8 jours
09:41et je suis resté
09:41quelques années.
09:42Oui,
09:43c'est pour ça que c'est intéressant
09:44et c'est pour ça
09:45que je suis très content
09:46de faire cette émission,
09:46Jacques,
09:46parce que c'est vrai
09:47que vous êtes un aîné
09:50mais on a quelques patients communes.
09:52Je vois,
09:52il y a les gens
09:53que vous avez suivis
09:53que j'ai adoré vraiment.
09:55Philippe Bouvard,
09:55je l'ai vu 5 fois dans ma vue,
09:566 fois.
09:57Mais à chaque fois,
09:58ça m'a marqué.
09:58Il m'a toujours donné
09:59des bons conseils.
10:00En tous les cas,
10:00je les ai suivis.
10:00Je ne sais pas si j'ai eu raison
10:01mais ça m'a marqué.
10:02Oui,
10:03ce qui vous a marqué aussi,
10:04c'est votre première rencontre
10:05à François
10:06lorsque vous avez écrit une lettre
10:07et que vous avez été reçu
10:08par la direction.
10:09Oui,
10:09j'ai envoyé
10:1216 ans et demi
10:13ou 17 ans
10:13et je ne sais pas comment faire
10:15parce que je ne veux pas faire d'études.
10:16Donc,
10:16j'envoie des lettres.
10:17François,
10:17à l'époque,
10:17c'est le premier journal de France.
10:19Et puis,
10:20j'envoie à l'équipe
10:21parce qu'il y a une page automobile
10:23consistante.
10:24Et j'envoie deux lettres seulement
10:25et les deux me répondent.
10:26Je n'ai pas réalisé
10:31alors les deux m'ont engueulé.
10:32Il y en a un qui m'a dit
10:33« T'es trop jeune,
10:34le mec de François.
10:35T'es trop jeune,
10:36retour à tes études.
10:37T'es qu'un un peu jeune. »
10:3817 ans et demi.
10:38Voilà.
10:39Et je crois même
10:39que je n'avais même pas 17 ans.
10:41Et le patron de l'équipe,
10:42un peu moins dur,
10:43m'a dit
10:44« Ramène-moi un papier,
10:45je vois. »
10:46Bon, voilà.
10:46Je reconnais que je n'étais pas
10:48assez débrouillard,
10:48j'étais encore trop jeune.
10:49Mais visiblement,
10:50dans les petites lettres
10:51que j'ai écrites,
10:52on sentait une forme de passion.
10:53Oui.
10:54Et en même temps,
10:55beaucoup ont fait comme vous.
10:56On leur a proposé un article,
10:58ils ne sont jamais revenus.
10:59Et celui qui revient,
11:00en général,
11:00il est engagé.
11:01Oui, c'est ça.
11:03Alors finalement,
11:03ce n'est pas avec eux,
11:04c'est à Libé,
11:05ailleurs que je l'ai fait.
11:06Mais les conseils étaient bons.
11:08J'étais oui trop jeune.
11:09Oui, il fallait que je me débrouille
11:10moi-même pour faire un article.
11:11Je n'allais pas être embauché.
11:12C'est normal.
11:14Mais oui,
11:15je leur dois quand même
11:16beaucoup de choses.
11:16Mais il y a plein de gens
11:18qui donnent des mauvais conseils,
11:19peut-être.
11:19Moi, j'ai eu la chance,
11:21parce que je les avais choisis,
11:22que les gens qui m'ont donné
11:23des conseils,
11:24je les trouvais tellement légitimes
11:25que je ne pouvais que les écouter.
11:27Eh bien, nous,
11:28on va continuer à vous écouter
11:29à travers une autre date,
11:30le 7 mars 1987.
11:32A tout de suite sur Sud Radio
11:33avec Stéphane Rottenberg.
11:35Sud Radio,
11:36les clés d'une vie,
11:37Jacques Pessis.
11:38Sud Radio,
11:39les clés d'une vie,
11:40mon invité Stéphane Rottenberg.
11:42Nous parlerons tout à l'heure
11:43de la 17e saison de Top Chef,
11:45un événement qui débute demain
11:46sur M6.
11:47On a évoqué vos débuts
11:48dans l'automobile.
11:49Et puis justement,
11:50l'automobile,
11:51le 7 mars 1987,
11:53débute une émission
11:54qui va être chère
11:55à votre parcours.
12:00Turbo,
12:01une des plus anciennes
12:02émissions de télévision.
12:03Oui,
12:03et la plus ancienne
12:04animée par la même personne.
12:05Exactement.
12:05Record battu.
12:06Oui,
12:06Dominique Chapatte
12:07qui est le fils de Robert Chapatte.
12:08Absolument.
12:08Qui a été un pionnier
12:09des journalistes à la télévision
12:12après avoir été
12:12un coureur cycliste.
12:13Alors,
12:13cette émission,
12:15elle était alors diffusée
12:16le samedi après-midi,
12:17enfin l'après-midi.
12:18Oui,
12:18en accès,
12:19c'est d'une heure.
12:19Et Dominique Chapatte
12:21vous donne votre chance.
12:21Oui,
12:22c'est sa grande qualité.
12:24Il en a d'autres.
12:24Il n'hésite pas
12:25à donner sa chance.
12:26C'est Philippe Bouvard
12:27qui m'a dit,
12:27au début,
12:28lorsque je vois Philippe Bouvard,
12:29je suis journaliste
12:30de presse écrite
12:32en automobile,
12:33mais je veux faire
12:33de la télévision,
12:34mais pas dans la voiture.
12:35Je veux quitter la voiture.
12:36et Philippe me dit,
12:37non,
12:37non,
12:37non,
12:37tu ne vas pas être crédible,
12:38tu ne vas pas être légitime.
12:39Va d'abord dans l'automobile,
12:41là où tu es connu,
12:41là où tu as une expérience
12:42et ensuite,
12:43tu sortiras de la voiture.
12:44Et donc,
12:44je vais voir Dominique Chapatte
12:45qui me donne ma chance
12:47instantanément.
12:48Donc,
12:49chapeau,
12:49merci à lui.
12:50Il me fait rentrer,
12:51il me dit,
12:51pareil,
12:51propose-moi des articles,
12:52des sujets de reportage
12:54et pas en reportage,
12:55je n'avais jamais fait de télé,
12:56on t'apprendra.
12:58Voilà.
12:58Et vous apprenez sur le terrain
12:59avec un matériel
13:00qui n'a rien à voir
13:01avec celui d'aujourd'hui.
13:02Non,
13:02les caméras ne pouvaient plus tourner
13:04passer 18 heures
13:05parce qu'elles n'avaient pas
13:06la technique
13:06pour travailler dans le noir.
13:09Les pieds pesaient 3 tonnes,
13:10les batteries étaient lourdes,
13:11il y avait de la lumière,
13:12c'était lourd.
13:13En montage,
13:13c'était analogique,
13:14on montait une journée,
13:16une grosse journée et demie
13:17pour monter un sujet,
13:18c'est à peu près ça aujourd'hui,
13:19mais c'était effectivement
13:20une télévision plus lourde,
13:21mais c'est vrai
13:22que c'était très impressionnant
13:23parce que moi qui travaillais
13:24pour une presse spécialisée,
13:25donc 100 000 lecteurs au mieux,
13:28là j'étais avec 3,5 millions
13:29de téléspectateurs,
13:30la puissance de la télé,
13:31alors le prime était encore plus gros,
13:33mais turbo,
13:34c'était 3,5 millions de téléspectateurs,
13:35c'était énorme
13:36et j'ai changé de dimension,
13:37il fallait que je fasse attention,
13:38c'était moins pointu en écriture
13:40parce que forcément
13:41c'est plus généraliste,
13:42c'est presque plus facile à faire
13:43sur ça,
13:44mais beaucoup plus difficile
13:44parce que s'adresser à beaucoup de gens,
13:46c'est très dur.
13:46Et alors en plus,
13:47Philippe Bouvard,
13:48vous avez un point commun,
13:49c'est la passion d'automobile,
13:50je ne sais pas si vous le savez,
13:51mais il avait une voiture américaine
13:53en 1957
13:54et il l'a prêté pour un film
13:56qui s'appelait Vacances Explosives
13:57et il a joué dans ce film,
13:58il a fait ses débuts au cinéma
13:59parce qu'il a prêté la voiture.
14:01Non, ça je ne savais pas.
14:02J'avais fait un papier sur lui
14:03quand il avait écrit un bouquin
14:04sans voiture et sans regret
14:05lorsqu'il a eu sa centième voiture,
14:07il y en a une autre depuis,
14:08mais c'est vrai que
14:09j'ai vu la passion,
14:10alors il était très,
14:11il y avait des choses
14:11qu'il n'aimait pas,
14:12il ne voulait pas rouler
14:13en voiture allemande,
14:14ça j'ai découvert ça.
14:15Oui, à cause de la guerre.
14:15À cause de la guerre,
14:16donc ça c'est fou quand même
14:17parce que beaucoup de gens
14:19après ont quand même passé
14:19à autre chose.
14:20Lui, c'était vraiment,
14:21je me suis proposé
14:22d'essayer une nouvelle voiture,
14:23une nouvelle Mercedes,
14:23BMW, surtout pas.
14:25Et ensuite,
14:25il aimait les voitures de sport
14:26puis avec le temps,
14:27il avait du mal à en sortir
14:29donc il a fini par avoir
14:30des voitures de luxe.
14:31Mais oui, c'est vrai
14:31que la passion de bouvard
14:33pour les voitures,
14:34elle était réelle.
14:34Alors vos débuts justement
14:35dans le journalisme,
14:36c'est vraiment pour tous les journaux
14:38de libération AVSD
14:39en passant par l'autojournal.
14:42Pigiste.
14:42Donc on va là
14:44où on veut bien vous employer.
14:47Franchement,
14:48je n'ai pas une très bonne
14:49plume parce que je sais comparer,
14:51je sais lire.
14:52Mais je savais expliquer,
14:54je savais analyser
14:55et assez bizarrement,
14:56alors avec parfois
14:57beaucoup de rewriting
14:57pour puiser un mauvais terme,
14:59mais en tous les cas,
14:59parfois,
14:59j'ai été réécrit.
15:01Mais oui, oui,
15:02moi je bossais
15:03pour qui voulait bien m'embaucher,
15:04de lui même.
15:06J'ai fait des papiers,
15:07Vogue Homme,
15:08j'en ai écrit,
15:09des centaines et centaines.
15:11Avec un métier très particulier,
15:13vous étiez,
15:13Stéphane Rontenberg,
15:14essayeur de voiture.
15:15Oui, ça c'est...
15:16Alors, il y a des moumes
15:18qui me regardent
15:18avec des yeux d'envie,
15:19d'autres qui sont catastrophés
15:20par le truc,
15:21mais oui,
15:21j'étais payé
15:22pour essayer
15:23de nouvelles voitures,
15:24les emmener sur circuit
15:25éventuellement,
15:26les chiffrer,
15:27vérifier la consommation,
15:28la performance,
15:28le freinage,
15:29bref,
15:30parcourir le monde
15:31en essayant
15:32toutes les voitures
15:32de la planète.
15:33Et quelquefois,
15:34vous les cassiez ?
15:34Ça m'est arrivé,
15:35oui, je reconnais huit.
15:36Huit, oui ?
15:37Alors, huit en sept ans
15:39de l'activité professionnelle,
15:40ça paraît énorme,
15:41je vous assure
15:42que certains de mes confrères
15:43le font par an.
15:44Donc, ça va encore.
15:46Mais vous les cassiez
15:46parce que vous rouliez trop vite.
15:47Sur circuit,
15:48trois quarts du temps.
15:49Une fois,
15:50c'était sur route ouverte,
15:51les trois quarts du temps,
15:51c'était sur circuit.
15:52J'avais 20 ans.
15:54Je ne suis pas Ayrton Senna,
15:56je maîtrisais à peu près
15:57le volant,
15:57mais je ne suis pas
15:58un pilote de course.
15:59Donc, oui,
16:00je reconnais ma faute,
16:02bien humblement,
16:04mais c'était quand même rare.
16:06On m'a confié
16:06des voitures très précieuses,
16:07donc ça devait aller.
16:09Mais certains de mes confrères
16:10étaient des casses auto
16:11terribles, terribles, terribles.
16:12Alors, il se trouve
16:12qu'il y a une bande dessinée
16:13où Spirou et Fantasio
16:16essayent des voitures
16:17en permanence.
16:18Pourquoi ?
16:18Parce que Franquin,
16:19le créateur,
16:20était un passionné de voitures.
16:21Il avait tous les journaux
16:22un peu comme vous.
16:23Et il les dessine très bien.
16:23Et il avait créé
16:24la Turbo Traction
16:25qui était une voiture
16:26en avance sur son temps.
16:28Alors, vous allez continuer
16:29à l'antenne après Turbo,
16:32mais vous faites un intermède
16:34en dirigeant des programmes
16:37à France Télévisions
16:37et vous découvrez
16:39Nico Sayagas.
16:40Alors, oui,
16:41je n'ai pas cette prétention,
16:42mais c'est vrai
16:42qu'on le met à l'antenne.
16:43C'est vrai que,
16:44donc, je réussis
16:45à convaincre
16:46ma patronne d'M6
16:47à l'époque,
16:47où je suis journaliste
16:48à Turbo,
16:49de me faire faire
16:50d'autres choses.
16:51Et un jour,
16:51elle est débauchée
16:52par France 2
16:52et elle me dit
16:53je récupère
16:54les divertissements,
16:56enfin, les magazines
16:57de France Télévisions,
16:58France 2,
16:59est-ce que tu veux
16:59m'accompagner
17:00en tant que rédacteur en chef ?
17:01Je dis oui.
17:02Et là,
17:02je change d'univers enfin
17:05et on doit lancer
17:06des nouvelles émissions,
17:07dont une émission
17:07qui s'appelle
17:07Union Libre
17:08avec Christine Bravo
17:09et il y a des chroniqueurs.
17:11Et là,
17:11il faut choisir
17:13pays et il y avait
17:15donc le chroniqueur
17:15italien, anglais, etc.
17:16Et le grec,
17:17c'était Nikos
17:18qui présentait des journaux.
17:19C'est très sérieux,
17:20Nikos,
17:20c'est un remarquable journaliste.
17:22Et la question,
17:22c'était est-ce que ce garçon
17:23serait capable d'aller
17:24dans la fantaisie ?
17:25Les missions étaient quand même,
17:26voilà.
17:26Il a été exceptionnel
17:28et c'est vrai donc
17:28que j'étais officiellement
17:29le patron de Nikos
17:31souvent et on l'a mis
17:32à l'antenne,
17:33il nous a bluffés.
17:33Normalement, la Grèce,
17:34on avait prévu,
17:35allez, une chronique par mois
17:36max parce qu'entre
17:38l'Italie et l'Espagne
17:39et en fait,
17:40il était tellement bien
17:41qu'il a été là
17:41toutes les semaines
17:42et ça a été le début
17:43de sa carrière.
17:44TF1 l'a très vite débauché.
17:45Dieu sait qu'ils ont eu raison.
17:46Mais oui,
17:47il a fait ses débuts
17:47à France Télévisions,
17:48enfin, sur Euronews,
17:50mais dans le magazine
17:52à France Télé,
17:53à l'époque,
17:53on en disait,
17:54c'était France 2,
17:55chez Christine Bravo
17:55et il était remarquable.
17:57Et puis,
17:57vous avez été ensuite
17:58animateur couteau suisse.
17:59Vous avez fait
18:00toutes les émissions
18:00possibles et imaginables.
18:02Notamment,
18:02vous avez été un pionnier
18:03de la TNT
18:04sur AB Moteur,
18:05sur Match Télé,
18:09mais ça,
18:09j'aime bien par contre.
18:12Ayant souffert
18:12d'une hyper spécialisation
18:13dans l'automobile
18:14qui aurait pu m'enfermer,
18:16dès que je suis sorti
18:17de ce domaine,
18:18la télé,
18:19je ne voulais surtout pas
18:19être enfermé dans un genre.
18:21Et c'est vrai
18:21que ça a été une obsession
18:23parce que
18:23j'ai eu du mal,
18:25entre guillemets,
18:25j'adorais la presse auto,
18:26mais j'ai assez vite,
18:27au bout de 2-3 ans,
18:28voulu faire autre chose
18:29et j'en ai fait 7 ans
18:30parce qu'on ne me proposait
18:31que ça.
18:32Et donc,
18:33maintenant,
18:33je fais toujours...
18:34Bon, maintenant,
18:34ça y est,
18:35vie est faite.
18:36Je ne sais plus
18:39mais en tous les cas,
18:41j'ai eu...
18:42On a toujours eu
18:43une étiquette,
18:43il n'y a rien à faire.
18:44Mais je vois,
18:45vous, Jacques,
18:46vous êtes éclectique,
18:47mais je sais très bien
18:48que ce n'est jamais facile
18:48de montrer qu'on va faire
18:49plein de choses.
18:50C'est très dur.
18:51Et vous avez tout fait,
18:52y compris le bachelor
18:53qui était dans une émission nouvelle.
18:54Oui, mais oui.
18:55Alors moi,
18:55le problème,
18:56c'est que je suis curieux.
18:56On me propose un truc,
18:58je fais...
18:59En fait,
18:59je vois surtout le bien
19:00dans les choses.
19:01Donc,
19:01j'ai aussi animé des choses
19:02parfois contestables,
19:03mais je vois toujours
19:04ce qui est intéressant.
19:05Là,
19:05moi,
19:08c'est une sorte de prince charmant,
19:09une émission de séduction à la télé.
19:11On n'avait jamais fait ça.
19:12Moi,
19:12j'ai trouvé ça marrant.
19:14On a pris des tonnes d'insultes,
19:15mais on a quand même fait
19:166 millions de téléspectateurs.
19:17Mais on a pris très cher.
19:19Il y a même à l'Assemblée nationale,
19:20il y a des gens
19:20qui se sont pleins et tout.
19:21C'était gros.
19:23Mais des papiers à la une
19:24du monde,
19:25de Libération
19:25qui nous vomissaient dessus.
19:27Mais ça paraît fou aujourd'hui
19:28parce qu'on a fait tellement pire.
19:30Mais oui,
19:31c'est vrai que moi,
19:32par nature,
19:32je suis plutôt partant.
19:34Et puis,
19:34il y a quand même
19:34la grande émission culte
19:35qui existe aujourd'hui
19:36depuis 20 ans.
19:42C'est une aventure incroyable.
19:45Incroyable.
19:46Pour le coup,
19:47une vraie aventure.
19:48Elle a effectivement 22 saisons.
19:51On me propose ça,
19:52je refuse au début.
19:53Vraiment.
19:54Parce que c'est un jeu.
19:55Et moi,
19:55au départ,
19:56j'ai encore une prétention idiote,
19:57je suis journaliste encarté.
20:00J'ai fait des magazines.
20:04Et je ne le sens pas.
20:06Je dis,
20:06oh là là,
20:06un jeu,
20:06ça a des codes très précis.
20:07Je ne vais jamais y arriver,
20:08etc.
20:08Et c'est Marc-Olivier Fogel
20:09qui me conseille
20:10et qui me dit,
20:11vas-y,
20:11fonce.
20:15N'aie pas de doyère.
20:17Fonce.
20:18Et j'y vais plus pour le voyage
20:19que pour l'émission.
20:20En me disant franchement,
20:21la route du Trans-Sibérien,
20:22Paris-Moscou-Pékin,
20:23saison 1.
20:24A l'époque,
20:25la Chine,
20:26on la connaît à peine.
20:27La Russie,
20:27guère mieux.
20:29Franchement,
20:29en 2004,
20:302005.
20:32Go !
20:32Mais plus pour le voyage
20:33que pour l'émission.
20:34Jamais je ne pouvais imaginer
20:35que ce serait un tel succès.
20:36Et que ça durerait encore aujourd'hui.
20:37Ben oui.
20:38On en est même tous surpris
20:39encore aujourd'hui.
20:39Et vous continuez à voyager
20:41comme ça chaque année.
20:41Ben oui.
20:42Une à deux fois par an.
20:44Alors depuis,
20:44le monde a beaucoup changé.
20:45C'est beaucoup modernisé.
20:47Mais le format,
20:48comme il est fort,
20:49il marche toujours.
20:50Et puis,
20:51il y a aussi un scoop mondial
20:52que beaucoup vous envient.
20:59La première interview de Céline Dion
21:01après la mort de René Angélil,
21:03c'est vous Stéphane.
21:04Oui.
21:05Alors,
21:06c'est très très surprenant.
21:09Et l'idée,
21:10elle vient...
21:11En fait,
21:11lorsque Céline décide de reparler,
21:13on a oublié maintenant,
21:14mais c'était un événement.
21:15La mort de René,
21:16elle s'est tue,
21:18elle a refusé de parler.
21:19Et elle revient.
21:20Après des mois et des mois de silence,
21:22elle décide de faire
21:23une interview en français
21:23pour la France,
21:24une interview en français
21:25pour les Québécois,
21:26une interview pour les Américains.
21:27Trois personnes.
21:29Et ça tombe sur moi.
21:31Et elle ne...
21:32C'est très très surprenant.
21:34Il fallait aller à Las Vegas.
21:36C'était très codifié.
21:38Très spécial.
21:40Je l'ai fait.
21:41Du coup,
21:41j'ai fait comme vous êtes là.
21:42J'ai beaucoup beaucoup bossé
21:43pour préparer quelque chose.
21:45Je la connaissais comme tout le monde.
21:46Mais je me suis dit,
21:47voilà,
21:47ça va être touché.
21:47Elle vous a choisi.
21:48Elle m'a choisi.
21:49Alors,
21:50Valérie Michelin,
21:51qui est vraiment sa très proche,
21:52qui est son agent en France,
21:54sa productrice en France,
21:57je pense à orienter
21:58son choix.
21:59J'ai du mal à imaginer
22:00que Céline Dion
22:01m'ait choisi moi.
22:02Mais elle voulait un homme.
22:03Bon.
22:05Pour la France.
22:06Voilà,
22:06c'est tombé sur moi.
22:07Elle m'a fait ensuite...
22:08L'interview s'est passée,
22:09c'est très spécial.
22:10Parce que la première interview
22:11qu'elle a faite
22:12pour les Québécois,
22:14s'est mal passée.
22:15C'était juste avant.
22:16Du coup,
22:17elle est montée dans sa loge.
22:18Elle a disparu.
22:19On s'est dit peut-être
22:19qu'elle ne va pas y revenir.
22:20Elle est redescendue.
22:22Elle est venue me voir.
22:22On a fait l'interview.
22:24Il y a beaucoup de pression.
22:25À la fin...
22:26Alors, elle est incroyable.
22:27Je ne pourrais pas...
22:27Je ne vais pas rester deux heures.
22:28Mais elle est vraiment incroyable.
22:29Parce qu'elle est avec vous.
22:33Elle s'intéresse
22:34à son intervieweur.
22:35C'est très étonnant.
22:36Elle pose des questions sur vous.
22:37C'était hors antenne.
22:38Elle est très étonnante.
22:39Et elle m'a mis la main
22:40sur les genoux
22:41à la fin du truc.
22:42Elle m'a dit
22:43René, vous aurez beaucoup aimé.
22:44Elle était très sensible, etc.
22:46Elle a été bouleversée.
22:48C'est très surprenant.
22:49On s'est revu ensuite
22:49deux fois seulement.
22:51Mais c'est vrai que
22:52c'est très spécial.
22:54Franchement,
22:54ça m'est tombé dessus
22:54un peu comme ça.
22:55Mais oui, ça a marqué.
22:56Et puis effectivement,
22:57ça a été très attendu.
22:59Ça a été...
22:59Bien sûr,
23:00elle a fait un triomphe
23:01d'audience derrière
23:01parce que c'est Céline.
23:03C'était bien sûr
23:04quelque chose d'étonnant.
23:05Mais oui, oui.
23:06Très, très étonnant.
23:08Et après,
23:08j'ai découvert
23:08plein de petites choses
23:09parce que j'avais déjà fait
23:10des interviews
23:11pour des superstars.
23:12J'ai vu tout le décorum
23:14qui entoure Céline.
23:15Elle n'attend pas un ascenseur.
23:16Les ascenseurs arrivent,
23:16ils sont déjà ouverts.
23:17Les portes s'ouvrent avant elle.
23:18Enfin bon,
23:19c'est fascinant à voir.
23:19Bon, donc voilà,
23:21ça c'est magique à voir.
23:22Mais elle le fait
23:22avec une telle sincérité
23:23qu'elle est magique.
23:24Et bien justement,
23:25un côté magique
23:25de votre parcours,
23:26on va l'évoquer
23:27à travers la date
23:28du 22 février 2010.
23:29A tout de suite
23:30sur Sud Radio
23:30avec Stéphane Rottenberg.
23:33Sud Radio,
23:34les clés d'une vie,
23:37mon invité Stéphane Rottenberg.
23:39Nous avons évoqué
23:40vos débuts.
23:41Et puis demain
23:42commence la nouvelle saison,
23:44la 17ème saison
23:45de Top Chef
23:45que le monde entier attend.
23:48Et bien justement,
23:49le 22 février 2010,
23:50c'est la première.
23:55Alors,
23:56Top Chef,
23:56c'est l'aventure de votre vie.
23:58Au départ,
23:58c'est une émission américaine.
23:59Oui.
23:59Et vous arrivez là-dedans
24:01comment, Stéphane Rottenberg ?
24:02Alors,
24:02au départ,
24:03j'anime,
24:04c'est une des rares émissions
24:05que j'ai réclamées.
24:07Souvent,
24:07on me propose des émissions,
24:08je dis oui,
24:08je dis non.
24:09Mais voilà,
24:09celle-là,
24:10je l'ai réclamée.
24:12J'avais animé
24:13des prime time
24:14d'un dîner presque parfait
24:15qui avait été
24:16un énorme succès.
24:16Et je me rends compte
24:18que ce qui n'arrivait pas
24:19en télévision,
24:20qu'on pouvait faire
24:20de la cuisine en prime time,
24:22avant,
24:22c'était le dimanche
24:23après la messe.
24:24Jamais ailleurs en télévision,
24:25on ne parlait pas
24:26de cuisine en prime time
24:28à la télévision française.
24:29En Angleterre,
24:30oui.
24:30En Amérique,
24:31oui.
24:31Pas en France.
24:32Et du coup,
24:32je dis,
24:33moi,
24:34je suis partant.
24:34Et au départ,
24:35on achète Masterchef
24:37qui est un format d'amateur.
24:38C'est une compétition d'amateur.
24:39C'est super.
24:40Mais c'était TF1
24:41sur Enchéri
24:42et nous pique Masterchef.
24:43C'est une bonne guerre.
24:45Et du coup,
24:45on cherche un format.
24:46Il n'y a rien.
24:47Et on trouve
24:48sur une petite chaîne
24:50Bravo,
24:50qui est une filiale d'NBC,
24:52on trouve ce format.
24:52C'est des pros,
24:54jugés par des pros.
24:56Toutes les études nous disent
24:57oh là là,
24:57trop compliqué,
24:58trop pointu,
24:59les gens ne vont pas réussir
25:00à cuisiner, etc.
25:01On achète quand même.
25:03On fait l'émission.
25:04Et ça ne marche pas tout de suite.
25:06Ça marchote la première année.
25:08Ça marche mieux la deuxième.
25:10Et ça cartonne la troisième.
25:12C'est monté en puissance.
25:13On a eu une petite chance
25:14pour tout vous dire, Jacques.
25:15C'est que la troisième année,
25:18on se retrouve en face
25:19d'émissions politiques
25:21à cause des présidentielles.
25:23Alors c'est bien,
25:24mais les Français,
25:25parfois,
25:26l'émission politique...
25:27La cuisine électorale,
25:27ce n'est pas leur truc.
25:28Voilà.
25:29Ça marche où il y est.
25:30Et TF1,
25:31normalement,
25:31ça marche très fort.
25:32Du coup,
25:32on a récupéré plein de monde.
25:34Et il y avait en plus
25:36Norbert,
25:36dans cette année-là,
25:37enfin il y avait plein de gens.
25:38Et du coup,
25:38la saison 3
25:38a été un énorme succès.
25:40Les deux premières
25:40avaient bien marché,
25:41sinon on se serait arrêté.
25:42La troisième a triomphe
25:43et c'était parti.
25:44Voilà.
25:44Il se trouve que les émissions
25:45à la télévision,
25:46elles ont commencé
25:47dès 1954
25:48avec cette émission.
25:53Ok,
25:53est-ce que j'ai compris ?
25:55Arr et magie de la cuisine
25:56avec Raymond Oliver,
25:57c'est obligatoire de choses ?
25:58Oui, oui, absolument.
25:59Parce que moi,
26:00je l'ai vu,
26:00alors pas en 1954,
26:01mais effectivement,
26:02Michel Oliver, son fils,
26:04faisait des émissions.
26:05Mais pareil,
26:05ça passait plutôt le week-end.
26:07Exactement.
26:08Alors parce que c'était
26:09des recettes,
26:09c'était très...
26:10Il n'y avait pas de mécanique.
26:11C'était un chef
26:12qui, avec un talent
26:13plus ou moins grand,
26:15expliquait une recette
26:17au déjeuner.
26:18Ce n'était pas si bien filmé que ça.
26:20Et du coup,
26:20il fallait un peu s'accrocher.
26:21Si on n'était pas vraiment...
26:23Si on n'avait pas la volonté
26:24de faire la recette,
26:25franchement,
26:25on décrochait.
26:26Moi,
26:26moi qui suis un télévore,
26:28les émissions culinaires,
26:30j'avais parfois un peu de mal
26:31parce que forcément,
26:32c'était dur à suivre.
26:33Top Chef a créé autre chose.
26:34Une mécanique,
26:35une émotion, etc.
26:36Mais Raymond Oliver était avec
26:37Catherine Langey,
26:38l'équivalent de la femme
26:39star de la télévision,
26:41l'équivalent de la femme
26:42de moins de 50 ans,
26:43aujourd'hui la ménagère.
26:45Et l'émission a duré 13 ans
26:46et c'était un véritable succès.
26:48Mais juste avant,
26:49il y a eu une autre émission
26:50qu'on a totalement oubliée
26:51qui s'appelait
26:52Les recettes de M. X.
26:54En 1953,
26:55la jeune chaîne de télévision
26:56où il y a 100 000 spectateurs
26:57achètent un format allemand
26:59et engage un comédien,
27:00Georges Hadet,
27:01qui connaît la cuisine
27:02et il va faire une émission
27:03où il va faire des recettes.
27:05Et le jour où il a fait
27:06la recette des œufs aux tripes
27:07en direct à la télévision,
27:08à la béchamel et aux oignons,
27:10il a raconté l'histoire du lait
27:11et il a transformé
27:12la recette en poème.
27:14Ça a duré 18 minutes.
27:15Tout le monde a fui,
27:16l'émission s'est arrêtée
27:17et Raymond Oliver a pris sa place.
27:19Oui, de toute façon,
27:20il faut être capable
27:21de garder le rythme.
27:22C'est-à-dire que même
27:22si on parle de cuisine,
27:24il y a quand même effectivement...
27:26Parfois,
27:27certaines personnes sont frustrées
27:28qu'on ne détaille pas trop
27:29les recettes dans Top Chef.
27:30On le fait un petit peu.
27:31Mais bon,
27:32là, c'est vrai qu'il y a
27:32tellement de repas,
27:33il y a tellement de plats,
27:34etc.,
27:34on ne pourrait pas.
27:35Il se trouve qu'au départ,
27:36la cuisine,
27:37ce n'est pas votre truc.
27:37Vous cuisinez ?
27:38Non, c'est une curiosité
27:39d'un journaliste.
27:40Vous ne cuisinez pas ?
27:40Non, je ne cuisine pas.
27:41Je ne cuisine pas.
27:43J'ai su faire à manger
27:44parce qu'ayant eu charge de famille,
27:45il faut faire à manger
27:46pour les enfants.
27:47Mais maintenant,
27:48je préfère aller manger
27:49dans mes restaurants
27:50ou dans le restaurant des amis.
27:51Alors,
27:52je crois que les premières années,
27:53vous avez deux co-animatrices.
27:54Oui.
27:55C'est-à-dire Sandrine Cormand
27:56et puis Agathe Lecaron
27:57qui débutent.
27:57Oui,
27:58alors elle avait déjà fait
27:58un petit sur-chose,
27:59mais oui.
27:59Et c'est vrai que
28:00c'était une co-animation
28:03qu'on a fait pendant quelques années.
28:05Alors,
28:05il y avait une raison à cela,
28:06très...
28:07Là,
28:07je vous donne des coulisses de télé.
28:08C'est que,
28:09comme Pékin Express
28:10et Top Chef
28:10souvent sont diffusés
28:11au même moment,
28:12c'est le cas encore cette semaine,
28:14la chaîne,
28:15les chefs n'étant pas encore
28:16assez connus,
28:19m'attribuaient la promotion
28:20de Pékin Express
28:21et Sandrine ou Agathe
28:22faisaient la promotion
28:24de Top Chef.
28:25Et une fois que les chefs
28:26ont été assez connus,
28:27eh bien,
28:27on a pu faire ça.
28:29Sandrine,
28:30en plus,
28:30est partie,
28:31j'ai pu porter la promotion
28:32tout seul,
28:32j'allais dire,
28:33avec mes chefs.
28:33Et comme Sandrine a été débauchée
28:35par France 5,
28:36eh bien,
28:36je suis resté seul,
28:37garçon aux commandes.
28:38Et quand on voit,
28:39aujourd'hui,
28:40Top Chef,
28:40la 16e saison,
28:41ça n'a plus rien à voir
28:42avec le début.
28:42Tout ça a évolué.
28:43Oui.
28:44Un format,
28:45c'est très particulier.
28:48Il faut à la fois
28:49garder les fondamentaux
28:50et très légèrement
28:52faire bouger les choses.
28:53La première saison
28:54de Top Chef,
28:54on ne pourrait quasiment
28:55plus la regarder.
28:55C'est très bizarre à dire.
28:56Mais en 20 ans,
28:57la télévision a changé.
28:58Donc, nous aussi,
28:58on change.
29:00Parfois,
29:00on se trompe.
29:01Il faut revenir un petit peu.
29:02On raconte les choses
29:03différemment,
29:04les recettes,
29:05la manière de faire,
29:06etc.
29:07Mais le programme
29:08est très long,
29:09je le reconnais,
29:09parce qu'il dure
29:11plus de deux heures.
29:12Mais c'est vrai que,
29:13ça, c'est l'avantage
29:14du succès.
29:15Mais c'est vrai que,
29:16oui, oui,
29:16le programme a changé
29:17à l'arrivée.
29:18Ce qui est sûr,
29:19et ça,
29:19on n'imaginait pas
29:20à ce moment-là,
29:21il y a plus de 30 candidats
29:23étoilés,
29:24plus de deux parents.
29:25Après, deux parents,
29:26c'est incroyable.
29:26Et d'ailleurs,
29:27il vous arrive
29:27d'aller les voir
29:28dans leur restaurant.
29:29Pas tous.
29:29Pas tous,
29:30c'est impossible à suivre,
29:31parce que c'est vrai
29:31qu'ils sont partout,
29:33dans toute la France.
29:34Alors, en plus,
29:35tous ne sont pas forcément
29:36étoilés,
29:36mais font comme
29:37de formidables restaurants.
29:38Pierre Auger,
29:39qui est un candidat
29:41d'une des toutes premières saisons,
29:42de la première,
29:43je crois,
29:43qui est un extraordinaire cuisinier.
29:45Il n'est pas étuelé,
29:45mais je peux vous dire
29:46que son bistrot,
29:47c'est quelque chose,
29:48un bistrot de famille.
29:48La première saison,
29:49il y a eu un problème
29:50que vous n'aviez pas envisagé,
29:51c'est le nettoyage.
29:53Oui, parce qu'en fait,
29:55sur Top Chef,
29:56on est très nombreux
29:56parce qu'il y a
29:57une énorme brigade de cuisine.
29:59Et au début,
30:00quand on a conçu le programme,
30:01on avait des équipes de télé.
30:02Et ensuite,
30:03à la fin de la première épreuve,
30:05dans une heure,
30:07on démarre la deuxième épreuve.
30:08Oui, mais alors,
30:09il faut passer la plonge,
30:10il faut tout nettoyer,
30:12et on avait juste des régisseurs
30:13comme on a en télé,
30:14sur un film.
30:15Et le régisseur s'est retrouvé
30:16avec de tonnes de vaisselle,
30:18avec un garde-manger à faire.
30:20Et il a dit,
30:21maintenant,
30:21il me faut de l'aide.
30:21Et en fait,
30:22on a maintenant
30:23une vraie brigade de restos.
30:24On a des plongeurs,
30:25on a bien sûr,
30:27on se fait livrer les repas,
30:29ensuite,
30:30les produits,
30:31ce qui n'est pas consommé
30:32par la Croix-Rouge,
30:33etc.
30:34Et en fait,
30:34on a appris en marchant,
30:35et la régie cuisine
30:36est exceptionnellement top chef,
30:37et ça va à une vitesse,
30:38je peux vous dire.
30:39On nettoie,
30:40on récure,
30:41pour que tout soit nickel,
30:42et il faut le faire à chaque fois.
30:44Et vous auriez pu engager
30:45un certain Ken Otake,
30:46qui est un japonais,
30:47qui a réalisé en juin 2023
30:49le record du monde
30:51d'aspirateurs,
30:5250 mètres en 22 secondes.
30:54Possible !
30:54Je me demande
30:55s'ils ne sont pas aussi bons
30:56les nôtres.
30:57Alors,
30:58la cuisine de top chef,
30:59c'est la cuisine
31:00la plus grande de France.
31:01Alors oui,
31:02c'est grand.
31:02C'est pour ça que les candidats
31:03courent.
31:03C'est vrai qu'on se moque
31:04beaucoup des candidats
31:05qui piquent des sprints
31:05dans les cuisines,
31:06mais si vous marchez
31:07dans top chef,
31:09vous perdez trop de temps.
31:10Les cuisines de pros,
31:11même les grandes cuisines
31:12dans les grands restaurants,
31:13le Georges 5,
31:14le Riz,
31:14ce que sais-je,
31:15ils ne se font pas loin.
31:15Ils se tournent d'un côté,
31:16le feu,
31:17le chaud,
31:17le froid,
31:17etc.
31:18Nous,
31:19à top chef,
31:19on ne peut pas.
31:19Bon,
31:19cette année,
31:20on n'est plus dans notre studio,
31:21donc les candidats
31:22vont un peu moins courir,
31:23mais c'est vrai que le plateau,
31:24le fameux,
31:25qui est le plateau
31:26des danses avec les stars,
31:27c'est un plateau
31:27de la plaine Saint-Denis,
31:29transformé pour trois mois
31:30en cuisine,
31:30normalement.
31:31Encore une fois,
31:31pas cette année,
31:32cette année,
31:32on sera itinérant.
31:33Mais c'est vrai que,
31:34ouais,
31:34il faut courir,
31:35parce que les feux
31:37et le garde-manger,
31:38ça c'est très loin.
31:39A tel point que les postes
31:40des cuisiniers
31:41sont tirés au sort.
31:43Oui,
31:43parce que les candidats,
31:44en fonction de ceux
31:46qui sont près des fours
31:47et ceux qui sont loin des fours,
31:49au bout d'une heure et demie
31:50des preuves,
31:50voient vraiment leur handicap,
31:51loin de la friteuse,
31:52etc.
31:53Et au début,
31:54les candidats se mettaient
31:54à râler,
31:55et ils avaient raison.
31:56Certains disaient,
31:56attendez,
31:57pourquoi je suis là ?
31:57Donc maintenant,
31:58on tire au sort.
31:59Parce qu'il y a une vraie compétition
32:00qui se crée au fur et à mesure.
32:01Et c'est vrai que,
32:02quand tu passes,
32:03tu fais 18 allers-retours
32:05entre la friteuse,
32:06le four et ton plan de travail,
32:07tu peux perdre du temps.
32:08Donc maintenant,
32:08pour éviter toute contestation,
32:10on tire les plans de travail au sort.
32:11Et chaque saison,
32:12ce sont deux mois de tournage quasiment,
32:14à raison de 3-4 jours par semaine.
32:16Oui,
32:16oui,
32:16c'est lourd.
32:17Et ça,
32:18c'est le tournage des épreuves.
32:19Les candidats font aussi
32:20beaucoup d'interviews,
32:21parce qu'on a besoin de savoir
32:23ce qu'ils imaginaient,
32:24ce qu'ils pensaient,
32:25comment ils réagissaient.
32:27Quand ils cuisinent,
32:28ils disent 2-3 babioles,
32:28mais ils ne sont pas très loquaces.
32:30Or nous,
32:31pour construire l'émission,
32:32on a quand même besoin
32:33d'avoir leur réaction.
32:34Donc on fait aussi beaucoup d'interviews,
32:35ça prend des heures et des heures.
32:36Je crois que c'est 3 heures
32:36d'interviews par jour
32:37dans une salle réservée.
32:383 heures par épreuve.
32:39Par épreuve.
32:40Donc,
32:41dans une salle réservée,
32:42ça veut dire que quand ils font
32:422 voire 3 épreuves par jour,
32:44on en est à 9 heures.
32:45Oui,
32:45mais ça veut dire
32:45qu'on garde 3 minutes dans tout ça,
32:47quelquefois.
32:47Oh,
32:48parfois beaucoup moins.
32:48Encore moins.
32:49Oui,
32:49mais en fait,
32:50ça c'est le problème,
32:51c'est qu'on ne sait pas,
32:53lorsqu'il y a par exemple,
32:54surtout sur les premiers primes
33:02en tournage,
33:02on ne peut pas savoir
33:02ce qu'on va garder au montage.
33:03Ça c'est très frustrant,
33:04mais c'est comme ça.
33:05Et j'ai fait un petit calcul,
33:06c'était Fad Rosenberg,
33:07il y a entre 7 et 14 caméras
33:08et 1000 heures de prise de vue.
33:10Ah oui,
33:11oui,
33:11il y a 950 jours de montage,
33:15si on cumule,
33:16et on garde 2% de ce qu'on tourne.
33:20Carrément.
33:20Et tout le reste,
33:21Pékin c'est pareil.
33:22Et c'est perdu pour l'éternité.
33:23Et le matériel est fourni à chaque candidat,
33:25pas question qu'ils viennent
33:26avec leur couteau,
33:27leur fourchette.
33:29Alors,
33:29ils peuvent éventuellement,
33:31normalement,
33:31on a tout en régie cuisine.
33:33Les accessoires les plus improbables,
33:35les balances les plus folles,
33:36les systèmes de cuisson
33:37les plus exotiques,
33:38le bean shotan,
33:39au début,
33:40on s'est fait avoir,
33:41qui est un petit barbecue asiatique,
33:44qui est super.
33:46Lorsque un candidat
33:46nous a demandé un bean shotan,
33:47on était en panique,
33:48maintenant on n'est plus en panique.
33:49Donc maintenant,
33:50franchement,
33:50pour réussir à déstabiliser
33:53la régie cuisine
33:54en demandant un outil exotique,
33:56ils peuvent se...
33:56Voilà,
33:57c'est pas gagné.
33:57On a tout ce qu'il faut.
33:58Et puis,
33:59les candidats ont même un guide au départ,
34:00avant l'émission,
34:01avec des renseignements très précis.
34:03Ah oui,
34:04il y a un brief de la régie cuisine
34:06qui leur explique,
34:08les mixeurs sont là,
34:09ça c'est là,
34:10ça tu fais comme ça,
34:11là on a ça,
34:12s'il y a un problème.
34:13Parce qu'effectivement,
34:13c'est une compétition.
34:15Et dans les...
34:16pour le meilleur ouvrier de France
34:18ou le Bocuse d'or,
34:19c'est pas pareil,
34:20chacun a un assistant,
34:23enfin c'est très prévu,
34:23ils s'entraînent beaucoup.
34:24Là,
34:24comme c'est de l'improvisation,
34:25ils peuvent avoir besoin.
34:26Donc c'est vrai qu'il y a un brief.
34:27Et puis c'est vrai
34:28qu'on n'a pas forcément
34:29que du matériel pro,
34:31l'œil exercé du téléspirateur
34:33va voir qu'on a par exemple
34:34des feux d'amateurs.
34:35C'est un vrai handicap
34:36pour un cuisinier,
34:37mais il faut qu'il s'adapte.
34:38On a parfois
34:38quelques fours pro,
34:39pas toujours,
34:40on a des cellules quand même,
34:41ça c'est obligatoire,
34:46parce qu'ils ne travaillent pas
34:47comme dans leur brigade,
34:48comme dans leur restaurant.
34:49Et puis on vous a vu
34:49un jour seulement
34:51goûter un pithivier,
34:52je crois,
34:53mais je crois qu'en coulisses,
34:56vous goûtez beaucoup,
34:57Stéphane.
34:57Oui, oui, oui.
34:58Alors non,
34:58mais ça c'est vrai,
34:59je ne juge pas.
35:01Il y a que l'animateur,
35:02il y a 17 versions de Top Chef
35:04dans le monde,
35:04ou 20,
35:05le seul animateur qui juge
35:06c'est la version américaine
35:07parce que c'est un cuisinier.
35:09Moi ça m'arrange
35:09vis-à-vis de ma relation
35:10avec les candidats,
35:11le fait de ne pas les juger.
35:13En revanche,
35:13oui, je suis très curieux,
35:15je goûte,
35:16je prends mes 3-4 kilos
35:17par saison allègrement
35:18et c'est vrai qu'on a envie.
35:20Et l'avantage,
35:20c'est que moi,
35:20comme je suis premier en cuisine
35:22à la fin des épreuves,
35:23je peux goûter,
35:24les candidats me mettent
35:25des petites portions de côté.
35:27Donc voilà,
35:28je peux,
35:29et je fais même
35:30mon petit pronostic
35:31à la régie finale.
35:32Enfin,
35:33la régie,
35:33pas la régie finale,
35:34j'envoie avec mon micro,
35:35je dis qui je pense
35:36va l'emporter
35:37ou qui est en situation difficile.
35:39Je ne me trompe
35:40mais pas toujours.
35:41Vous finissez les sauces
35:42aussi,
35:42il y a le coup.
35:43J'adore les sauces.
35:44C'est très dur à faire,
35:45surtout dans Top Chef
35:46où ils ont peu de temps
35:47et il faut beaucoup de temps
35:48pour faire une bonne sauce
35:49et c'est vrai que
35:52c'est l'un des tests
35:53parce que je sais
35:53à quel point c'est dur
35:54dans un temps imparti.
35:55Tout cuisinier sait
35:56que normalement,
35:57il faut un fond de sauce,
35:58il faut se préparer,
35:58etc.
36:00Donc,
36:00je sais que c'est mon stress.
36:01Pour eux,
36:01je stresse pour eux,
36:02ils disent
36:02le jus,
36:04la sauce,
36:04etc.
36:05Est-ce que tu en es sorti ?
36:06Donc c'est le premier truc
36:06sur lequel je me jette
36:07pour voir où ils en sont.
36:08Et puis,
36:09il y a un secret
36:09de fabrication aussi.
36:10Lorsque les plats sont terminés,
36:12ils ne sont pas goûtés immédiatement.
36:13Il y a une petite cuisine de secours
36:15pour réchauffer les plats.
36:16Absolument.
36:16Ça a été au bout de la saison
36:18six ou sept.
36:20Quand vous regardez bien
36:21à l'image,
36:22vous voyez que les candidats
36:23ont fini une assiette
36:24sur les quatre ou cinq
36:25qu'ils doivent présenter
36:26aux membres du jury.
36:27C'est l'assiette de référence,
36:28celle qu'on voit ensuite
36:28tourner à l'écran.
36:30Les autres,
36:30elles ne sont pas totalement terminées
36:32parce qu'ils ont effectivement
36:33trois minutes,
36:34ce n'est pas beaucoup,
36:34trois minutes pour envoyer off
36:36juste avant.
36:37Ça, c'est pour que les membres du jury
36:39étaient dans de bonnes conditions.
36:40Avant, on ne le faisait pas.
36:41Et c'est vrai que ça attendait un peu
36:42le temps de caler la lumière,
36:43de mettre le truc.
36:45Et pas tellement pour le premier,
36:46mais le dernier dégusté
36:47était un peu handicapé.
36:50Là, maintenant,
36:50plus de contestation.
36:52Alors, bien sûr,
36:52il pourrait demander cinq minutes.
36:54Il pourrait demander même
36:54un quart d'heure.
36:55Mais là, on refait la cuisine.
36:56Donc, il doit avoir quand même
36:57terminé un plat.
36:58C'est important parce que
36:59si le candidat n'a pas terminé
37:01le plat de référence,
37:02il ne peut pas rajouter l'élément
37:03dans le plat qu'il va envoyer au chef.
37:05Donc, c'est quand même
37:05très touchy.
37:06Mais oui, on a fait ça
37:09et les places sont de mieux en mieux
37:11grâce à ça.
37:12Eh bien, on est chaud
37:12pour évoquer maintenant
37:13la prochaine saison
37:14à la date du 4 mars 2026.
37:16A tout de suite sur Sud Radio
37:17avec Stéphane Rottenberg.
37:19Sud Radio,
37:20les clés d'une vie.
37:21Jacques Pessis.
37:22Sud Radio,
37:23les clés d'une vie.
37:24Mon invité Stéphane Rottenberg.
37:25On a dévoilé par le menu,
37:27si j'ose dire,
37:28votre parcours
37:29de l'automobile à la cuisine.
37:30Et puis, 4 mars 2026,
37:32demain,
37:33saison 17 de Top Chef.
37:36Et vous commencez l'émission
37:37en disant
37:37il faut oublier
37:38les règles des 16 premières saisons.
37:40Oui.
37:41L'année dernière,
37:42on avait fait quand même
37:44quelque chose
37:45d'absolument incroyable
37:46qu'on réfléchit
37:46à d'où on venait.
37:47C'est que le candidat
37:49pouvait ouvrir un restaurant.
37:50Les Michelins avaient été là
37:51du début à la fin.
37:52Il y avait le potentiel
37:53d'une étoile Michelin, etc.
37:54Donc, on avait vraiment tapé
37:56très, très, très, très fort
37:57dans la gastronomie.
37:58Et il fallait...
37:59C'est difficile de faire mieux,
38:00j'allais dire.
38:01Et donc,
38:01on a décidé de faire
38:02complètement différent.
38:03Et de déstabiliser les candidats,
38:05ça voulait dire déjà
38:06la fameuse cuisine de Top Chef,
38:08emblématique.
38:09Pas cette saison.
38:10On sera itinérant.
38:12Alors, on suit une mode
38:13de plus en plus
38:14de grands chefs
38:15font des petits restaurants,
38:17de plages,
38:17de montagnes,
38:19des auberges, etc.
38:20Et de la street food,
38:23des camions, etc.
38:24Et donc,
38:24on s'est dit
38:25qu'on allait faire ça.
38:25Et donc,
38:26on va aller à la mer,
38:27à la montagne,
38:28dans les fermes,
38:28dans les forêts, etc.
38:29On va se déplacer.
38:31On va finir un peu
38:31en fin de saison
38:32par être un peu plus statique.
38:34Mais on a décidé
38:34d'être itinérant.
38:35Et ça change tout
38:36parce que c'est que
38:37des extérieurs.
38:37On a toujours fait
38:38des extérieurs dans Top Chef
38:393-4 par an.
38:41Maximum 8, je crois,
38:41une année.
38:42La finale, en général.
38:44Alors, oui,
38:45mais c'est dans un pas là, etc.
38:46Mais vraiment,
38:46je parle vraiment dehors.
38:50Mais là,
38:51on a vraiment fait
38:52une saison totalement itinérante.
38:54Pas de brigade.
38:56Les chefs sont uniquement
38:57membres du jury.
38:58Donc voilà,
38:59on a bouleversé
39:01beaucoup la mécanique.
39:02En fait,
39:02c'est compliqué
39:03parce que tourner
39:0418 émissions en extérieur,
39:06ce n'est pas évident.
39:06Non.
39:07Alors,
39:08c'est vraiment,
39:08vraiment difficile.
39:10Déjà,
39:11en temps normal,
39:12faire une émission culinaire
39:13à la pleine Sainte-Denis,
39:14ce n'est pas simple.
39:15Juste pour donner un exemple,
39:16dans un studio télé,
39:17il n'y a pas de courante.
39:18Et donc,
39:19les candidats,
39:20parce qu'ils ouvrent un robinet,
39:21en fait,
39:21c'est une pompe.
39:21Il faut qu'ils appuient
39:22sur un commutateur
39:23pour avoir l'eau.
39:24Donc déjà,
39:25c'est un peu bizarre.
39:26Mais alors,
39:27être capable de faire
39:27de la bonne,
39:28voire de la très bonne cuisine
39:29sur une plage,
39:30sur une terrasse
39:31en montagne,
39:33dans un marché couvert,
39:34on a été dans des marchés couverts,
39:36ce n'est pas simple.
39:36C'est beaucoup plus difficile
39:37de très bien cuisiner
39:38en extérieur.
39:39Tous les chefs le savent.
39:40Et en plus,
39:41là,
39:41on a eu plein de thèmes.
39:42Mais c'est vrai
39:43que finalement,
39:45les candidats,
39:45ils relèvent tous les défis.
39:47Donc,
39:47on les a un peu secoués.
39:48Alors,
39:49il se trouve que la première émission
39:50diffusée demain
39:50se passe à Ting,
39:51à 3000 mètres d'altitude.
39:53Mais ils ont eu froid.
39:54Oui,
39:55les cuisiniers.
39:56Alors,
39:56froid et surtout,
39:57ils ont découvert,
39:58moi aussi,
39:58je l'ai appris,
39:59alors quand on y réfléchit,
40:00c'est une évidence,
40:01ça a complètement perturbé
40:02leur référence de cuisson.
40:04Les pommes de terre,
40:06l'œuf,
40:06mais bon,
40:06ils en ont moins eu,
40:07mais les pommes de terre
40:08ne cuisent pas du tout
40:08de la même manière,
40:09forcément,
40:10à moins quelque chose.
40:11Et donc,
40:12eux,
40:12ils avaient forcément
40:12leurs règles,
40:14leurs ratios,
40:14tout ce qui...
40:15Et puis,
40:16c'est bête,
40:16mais fromage fondu,
40:17ça fiche très vite.
40:19Enfin,
40:19il y avait quantité de choses,
40:20donc le candidat
40:21qui ne va pas anticiper ça,
40:22même ceux qui maîtrisent
40:23les recettes,
40:24vont se retrouver
40:25complètement dos au mur
40:26parce qu'on n'est pas
40:28dans un restaurant de montagne,
40:29on est sur la terrasse
40:31d'une station de ski.
40:32Et donc,
40:33le thème du fromage fondu,
40:35il faut en intégrer
40:36parce qu'à moins quelque chose,
40:37c'est beaucoup plus difficile.
40:38Donc,
40:38oui,
40:39ça a été...
40:40Alors,
40:40pour le coup,
40:41ça va vraiment jouer
40:42pour les candidats
40:43parce que forcément,
40:43c'est très difficile.
40:44Et en fait,
40:45il y a aussi du chocolat chaud
40:46à déguster,
40:46ce qui n'est pas simple.
40:47C'est pas simple.
40:49Encore une fois,
40:50les plus habiles
40:53s'en sortent.
40:54Mais c'est vrai
40:54qu'il y a des candidats
40:55qui vont dans le mur
40:56et c'est vrai que cette année,
40:57comme les chefs
40:57ne sont pas chefs de brigade,
40:59mais uniquement membres du jury,
41:00souvent,
41:00lorsqu'ils passaient en cuisine,
41:02ils disaient
41:02attention,
41:03sois vigilant à ça,
41:04fais attention à ça.
41:05Et le candidat,
41:05certains n'écoutaient pas,
41:06mais le candidat corrigeait.
41:08Et là,
41:08les chefs n'étaient juste
41:09en visionnage,
41:11bouillaient littéralement
41:12en voyant le candidat
41:12aller dans le mur
41:13en klaxonnant.
41:14S'il fait comme ça,
41:15il ne va pas y arriver.
41:16Et bien évidemment,
41:16parfois,
41:17il n'y arrive pas.
41:17En revanche,
41:18quand ça marche,
41:19ça reste magique.
41:20C'est ça qui est bien.
41:21Ces mots m'ont quand même
41:21un talent fou.
41:22Oui, mais en même temps,
41:23ils paniquent les candidats
41:23de ne pas avoir brigade.
41:25Oui.
41:27Les premiers épisodes
41:28sont vraiment très stressants
41:29pour eux.
41:30Avec le temps,
41:30ils se débrouillent très bien.
41:32Mais c'est vrai
41:32que cette entrée en matière
41:33dans Top Chef,
41:34c'est toujours
41:34des épisodes fondateurs
41:35parce qu'on les voit.
41:38Ils ont rêvé de l'être.
41:39Ils ont gagné des castings
41:40parce que la sélection
41:41est assez dure.
41:42Ils arrivent remontés
41:44comme des pendules.
41:45Et puis,
41:45la réalité de la compétition,
41:47on a beau l'avoir vu
41:48plein de fois à la télévision,
41:50une fois qu'on est
41:50devant le plan de travail
41:51et qu'il faut partir,
41:53ce n'est pas facile.
41:54Et parmi les émissions
41:55qui sont tournées
41:56et qui seront diffusées,
41:56il y en a une
41:57à l'abbé de Colonge.
41:59C'est-à-dire que les candidats
42:00vont rendre hommage
42:01à Paul Bocuse
42:02pour son centenaire.
42:02Oui, exactement.
42:03Dans la salle du Grand Limonaire.
42:05Limonaire,
42:05c'est ses phases de machine
42:06qui faisaient de la musique
42:07comme ça.
42:07Il en est collectionné,
42:08Bocuse.
42:08Il est collectionné,
42:09il était fan de ça.
42:11Paul Bocuse
42:11est venu dans Top Chef
42:12saison 2.
42:13Il a beaucoup aidé
42:14pour nous crédibiliser.
42:16Il avait adoré
42:18son passage dans l'émission,
42:19il adorait les jeunes
42:19et c'est vrai que
42:21là,
42:21c'était impossible pour nous
42:23de ne pas lui rendre hommage
42:23avec beaucoup de chefs
42:24qui sont dans son équipe
42:27ou qui ont travaillé avec lui.
42:29Ça me faisait plaisir
42:30de voir que
42:31même pour ses mômes,
42:33Paul Bocuse,
42:33ça résonnait.
42:35Ils ne font pas forcément
42:36sa cuisine
42:37qui est un peu datée maintenant.
42:40Même si on a fait,
42:40on a une épreuve
42:41soupe VGE,
42:42la fameuse soupe
42:43de Paul Bocuse,
42:44pour ceux qui ne savent pas,
42:45c'est la soupe
42:45qu'il avait servie
42:46à l'Élysée en 1975
42:46et qui était une soupe
42:47avec une croûte
42:49et il fallait casser la croûte
42:50pour faire tomber
42:52la croûte dans la soupe
42:53où il y avait aussi
42:54du foie gras,
42:55des truffes,
42:55la truffe,
42:56c'est magique.
42:57C'est une soupe magique
42:58et on leur a fait ça
43:00comme thème,
43:01ça les a tous inspirés.
43:02Donc même ceux
43:03qui n'aimaient pas trop
43:04cette cuisine,
43:05moi je l'adore,
43:06on rendit hommage
43:07de manière extraordinaire
43:08à Paul Bocuse.
43:08Paul Bocuse
43:09qui en dehors de la cuisine
43:10était un farceur,
43:11il passait sa vie
43:12à faire des canulars,
43:13ce qu'on ne fait plus aujourd'hui.
43:14Non, sans doute.
43:15Tout n'est plus possible.
43:16Nous, on l'avait,
43:17moi ce qui m'avait bluffé,
43:18je vais vous dire Jacques,
43:19c'est que lorsqu'il avait
43:19déjà 80 ans,
43:20je crois qu'on avait été
43:21le voir,
43:23il bien sûr
43:25ne cuisinait pas,
43:26mais ça,
43:26c'est le fameux chef
43:27qui était tellement
43:28partout dans le monde
43:28qu'il avait des équipes
43:29exceptionnelles.
43:29Par contre,
43:32à 22h30,
43:3323h,
43:34à la fin du service,
43:36il passait en salle
43:37telle vraiment
43:38une rockstar
43:38qui arrivait,
43:39saluait un à un
43:40tous les convives
43:41et se mettait
43:42à la porte de son restaurant
43:43à l'Asiatique
43:44dire au revoir
43:44à tout le monde.
43:46Moi, ça m'avait fasciné
43:47parce que,
43:47alors peut-être
43:48qu'il ne faisait pas ça
43:48tous les soirs,
43:49mais la fois où moi
43:51j'ai eu la chance
43:51d'aller dans cet extraordinaire
43:52restaurant
43:53et que j'ai vu ça,
43:55j'ai vu le plaisir
43:56qu'il avait encore
43:57d'être en contact
43:57avec les clients,
43:58c'était quelque chose
43:59d'extraordinaire.
43:59Et puis, alors,
44:00il y a aussi
44:00les chefs,
44:02le jury,
44:03c'est devenu
44:03une petite famille,
44:04j'ai l'impression.
44:04Oui, oui,
44:05c'est les garnements.
44:06Eux, ils se font des blagues.
44:07Ah bon ?
44:07Ah oui, oui.
44:08Philippe Etchebes,
44:08Télane Daroz,
44:09Paul Perret,
44:10Stéphanie Lekelec,
44:11Glenn Viel,
44:12c'est vraiment une bande.
44:14On a même du mal
44:15à les tenir.
44:16Ah bon ?
44:16Ah oui, oui, oui.
44:17Ils se font des blagues
44:18entre eux.
44:18Alors bon,
44:19la blague,
44:19c'est basique,
44:20je vais vous raconter ça,
44:21vous allez dire,
44:21ils ont 14 ans.
44:22L'une des grandes spécialités,
44:24c'est bien sûr
44:24de demander un réveil
44:25à 4h30 du matin
44:26pour l'un ou l'autre.
44:29Oui ?
44:31Il fait le réveil
44:32à 4h du matin
44:33dans l'hôtel
44:33et l'autre se réveille.
44:34Oui, il va demander
44:34à la réception.
44:35N'oubliez pas de réveiller
44:36Paul Perret à 4h30,
44:37s'il vous plaît.
44:38Et donc,
44:39le réceptionniste va le faire
44:40et Paul va être bien sûr
44:42réveillé à 4h30
44:43dont descend avec
44:43une humeur de dog
44:44au petit déjeuner
44:46et ça continue comme ça
44:47non-stop.
44:48Ça va être des choses
44:50toutes bêtes,
44:51ça va être échanger
44:51les portables,
44:52ça va être des choses...
44:53Ils n'arrêtent jamais
44:55de se faire des blagues
44:56mais c'est comme ça.
44:58On n'arrive pas à les tenir
44:59mais ils sont formidables.
45:00Échanger les chaussures
45:01dans les hôtels...
45:02Oui, ils font tout.
45:03C'est comme Belmondo
45:04à la grande époque
45:05quand ils faisaient les choses
45:05mais ils continuent.
45:08Ils s'amusent beaucoup.
45:09Heureusement
45:09parce qu'on travaille beaucoup.
45:10Moi, les cuisiniers
45:11m'ont bluffé
45:12parce que j'avais l'impression
45:12qu'en télévision
45:13on travaille énormément.
45:14On est des enfants de cœur
45:15à côté des cuisiniers
45:16parce que eux,
45:17les fêtes de fin d'année,
45:18ils travaillent.
45:20Les week-ends,
45:21ils travaillent.
45:21Donc c'est toujours
45:22très impressionnant.
45:22Les candidats que vous sélectionnez
45:24ont déjà des restaurants
45:26et vous tournez
45:26trois jours par semaine
45:27pour qu'ils puissent travailler
45:28normalement.
45:29Voilà.
45:29Alors soit ils ont leur restaurant
45:30soit ils travaillent
45:30pour leur chef.
45:31Certains travaillent
45:32dans des grands étoilés
45:33et c'est vrai
45:34que c'est jamais facile
45:34de demander à ton...
45:36Alors certains ont leur affaire
45:37c'est encore autre chose
45:37mais c'est jamais facile
45:39de demander à ton patron
45:39ou même en tant que chef patron
45:41de fermer ton restaurant
45:43tout le temps.
45:44Et donc c'est vrai
45:44qu'on essaye de s'arranger.
45:46Alors certains carrément
45:47arrêtent de travailler
45:48c'est-à-dire demandent
45:50trois mois sabbatiques
45:51à leur patron
45:51pour pouvoir complètement
45:52se concentrer à la compétition.
45:53D'autres ne peuvent pas le faire
45:54et dans ces cas-là
45:55rentrent dès qu'ils peuvent
45:56dès qu'ils sont qualifiés
45:57ou dès qu'il y a un week-end
45:59ils vont travailler.
46:00La sélection des candidats
46:01justement, ça aussi
46:02comment vous faites chaque année
46:03parce que vous devez avoir
46:04de plus en plus de demandes ?
46:05Alors ça reste un profil
46:07très particulier
46:07c'est des pros
46:08qui ont envie de se coltiner
46:09à un concours
46:10il y a plein de très bons cuisiniers
46:11qui n'aiment pas
46:12les concours de cuisine.
46:14Ensuite on aime bien
46:14avoir différentes générations
46:15et surtout différents profils
46:16pas que des bêtes à concours
46:18qui bossent dans des multi-étoilés
46:19on aime des gens
46:20qui ont leur bistrot
46:20on aime avoir
46:22un petit peu comme un open
46:23dans un tournoi de golf
46:24avoir des grosses cotes
46:26et des favoris.
46:27Donc là cette année
46:28il y a quelqu'un
46:29qui bosse pour un 3 étoiles
46:30Romain Médère extraordinaire
46:31qui de fait
46:32par son CV
46:33en plus il est chef exé
46:34donc est quasiment le favori
46:36il y en a 2-3 autres
46:37et puis d'autres
46:38il y a des chefs à domicile
46:39Il y a un redemandeur dans le droit même.
46:41Oui, voilà
46:42on a Boubacar
46:43qui bosse pour un grand footballeur
46:44mais un chef à domicile
46:44c'est pas pareil
46:45c'est quand même juste
46:46quelques plats familiaux
46:47à faire à la maison tous les jours.
46:48On aime avoir comme ça
46:49mélanger les choses.
46:50Donc on a un jury de présélection
46:52un jury qui ensuite
46:53ne juge pas dans la saison
46:54c'est très important
46:56alors c'est souvent des mofs
46:57il y a plein de gens
46:58il y a plein de très très bons
47:00on les juge
47:01première sélection
47:02elle est sur fiche technique
47:03ils nous envoient leur CV
47:04et aussi un plat signature
47:06et ensuite
47:07on vérifie quand même
47:08ils viennent
47:10à Bédéric
47:11donc qui est une école de cuisine
47:12en France
47:12à Paris
47:13et ils font leur plat signature
47:15et un pas imposé
47:16qu'on leur impose nous
47:17et ensuite on donne une note
47:18et c'est les meilleures notes
47:19qu'on garde.
47:20Alors il y a aussi
47:20quelque chose qui va rester
47:21dans cette saison
47:22malgré que tout change
47:23c'est la guerre des restos
47:24c'est incontournable.
47:25Oui il y a quelques grandes épreuves
47:26on garde
47:27la boîte noire
47:27la guerre des restos
47:28etc.
47:29c'est vrai que le trompe l'œil
47:30il y a comme ça
47:32quelques épreuves incontournables
47:34alors la boîte noire
47:35ne sera pas en studio
47:36mais sera en extérieur
47:37c'est une épreuve
47:38qui a été imaginée
47:39en saison 3
47:39et qui marche toujours
47:40les candidats doivent deviner
47:42un plat dans le noir
47:43en perdant donc la vue
47:44et ils doivent refaire
47:45ce plat à l'identique
47:47visuellement et gustativement
47:48c'est extraordinairement difficile
47:49c'est presque un exercice de style
47:51mais ça marche
47:52et la guerre des restos
47:52ça c'est génial
47:53record d'audience chaque année
47:54c'est recréer un resto
47:56de toutes pièces
47:57en 48 heures
47:58et ça ça veut dire
47:59trouver une rue
48:00où il y a des restos
48:01et convaincre le propriétaire
48:03de dire
48:03votre resto va le transformer
48:04exactement
48:05alors parfois on le remet en état
48:07pour être très honnête
48:08parce que c'est vrai
48:08que parfois les candidats
48:09font des choses un peu extrêmes
48:10donc parfois on le remet en état
48:11et parfois le restaurateur
48:13le garde tel qu'on l'a changé
48:14ça c'est sa responsabilité
48:15parfois c'est des restaurants
48:16qui ont fermé
48:17mais parfois c'est des restaurants
48:18effectivement en activité
48:19oui et vous leur faites
48:20un pain de peinture
48:22et voilà
48:22c'est nous qui payons
48:24mais les meubles
48:24les meubles sont loués en plus
48:25les meubles
48:26alors on n'a pas le budget
48:27les candidats
48:28on va
48:29et puis de toute façon
48:30ce serait inutile
48:30parce que c'est pour une journée
48:31ou deux jours
48:32donc effectivement
48:33les candidats vont dans des grandes
48:35des grandes boutiques
48:36de location de mobilier
48:37comme pour les événements
48:39et choisissent leur mobilier
48:40il y a aussi une chose
48:41le vocabulaire en cuisine
48:43aussi a évolué
48:43l'académie française
48:44s'en est pas encore occupée
48:46mais les mots texture
48:47les mots gourmandise
48:49ça n'existait pas avant
48:50non c'est vrai
48:51qu'il y a beaucoup
48:52alors il y a un
48:53il y a un champ lexical
48:54très spécifique à la cuisine
48:56que beaucoup de candidats
48:58ne maîtrisent pas forcément
48:59le fait
49:00le réservé
49:01le chinois
49:02etc
49:03il y en a qui le font
49:04mais il y a déjà en soi
49:06un champ lexical
49:07très spécifique à la cuisine
49:08comme dans la plupart
49:08des métiers d'ailleurs
49:09mais c'est vrai que
49:10sur la cuisine
49:11il est très large
49:11parce que c'est à la fois
49:12les ustensiles
49:13à la fois la manière de cuire
49:14à la fois la manière de tailler
49:15donc c'est pas évident
49:17et puis c'est vrai que maintenant
49:18est arrivé le moment
49:19de la dégustation
49:20et il fallait faire comprendre
49:22aux lecteurs à l'époque
49:23pour les crises gastronomiques
49:24mais maintenant aux téléspectateurs
49:25faire comprendre
49:26ce qui se passait
49:27et là on a des gens
49:28plus ou moins doués que d'autres
49:29mais c'est vrai qu'on a des chefs
49:30qui ont réussi à faire des choses
49:31extraordinaires
49:31à faire comprendre
49:32François-Régis Gaudry
49:33qui vient souvent
49:34qui est un formidable
49:35journaliste culinaire
49:35qui a trouvé des mots
49:37pour que nous téléspectateurs
49:38on comprenne ce qui se passe
49:39Top Chef est devenu une référence
49:41Stéphane-Antoine Luiard
49:42bien au-delà de l'émission
49:43puisque pour les professionnels
49:45c'est quelque chose d'important
49:46Ah bah un candidat de Top Chef
49:47aujourd'hui
49:48il peut trouver du boulot
49:49absolument partout
49:50s'il veut
49:51ne pas monter son affaire
49:52ça c'est sûr
49:53beaucoup de grands chefs
49:54sont bien contents
49:54d'avoir des gens
49:55qui résistent à la pression
49:56qui ont de la technique
49:58donc les banquiers
49:59passent à aide
50:00si on veut monter son affaire
50:01vous avez fait Top Chef
50:02vous avez fini premier
50:02deuxième, troisième, quatrième, cinquième
50:04pas forcément gagné
50:06ça aide
50:07on sait
50:08Pierre Gagnère dit au candidat
50:10il vient tous les ans
50:11le grand Pierre Gagnère
50:11dit
50:12en deux mois
50:13vous gagnez cinq ans
50:15déjà en expérience personnelle
50:17et puis je pense
50:18qu'effectivement
50:18on est des accélérateurs
50:19de carrière
50:19de manière spectaculaire
50:21au-delà de la maturité culinaire
50:23ça les aide énormément
50:24on remplit les restos
50:25ça c'est sûr
50:26ça on peut vraiment le juger
50:27Top Chef rempli les restos
50:29et on peut pas s'en plaindre
50:30pour le coup
50:30alors on verra le résultat
50:32à la fin de la dernière émission
50:34mais ce qui est certain
50:35c'est que le vainqueur
50:36sera un chef de demain
50:37oui
50:37et alors ça c'est sûr
50:39on le voit depuis tant d'années
50:41maintenant on a du recul
50:4217 saisons
50:43le nombre d'étoilés
50:44le nombre de deux étoiles
50:45Fanny Rest et Fanny Lecadèque
50:46chef deux étoiles
50:47on aura peut-être bientôt
50:48une chef trois étoiles
50:50qui vient de Top Chef
50:51et puis quantité de restaurants
50:53de bistrots
50:53dans toute la France
50:54qui cartonne
50:55ça c'est sûr
50:56on est à la recherche
50:57des jeunes espoirs
50:58et on les trouve
50:58voilà
50:59et bien Top Chef
51:00c'est donc pour demain
51:01sur M6
51:02le mercredi
51:03pour la première fois
51:04et puis merci Stéphane
51:06d'avoir été aussi
51:07aussi prolixe
51:08d'avoir raconté autant de choses
51:09si j'ose dire
51:10vous êtes en télévision
51:10un chef qui est au top
51:11ah bah c'est gentil
51:12merci Jacques
51:13et vous revenez quand vous voulez
51:14parce que vous avez tellement
51:15de choses à dire
51:15ah bah du coup
51:16me dites pas deux fois
51:17merci Jacques
51:19merci Stéphane Rottenberg
51:20l'écrit d'une vie c'est terminé
51:21pour aujourd'hui
51:22on se retrouve bientôt
51:23restez fidèles
51:24à l'écoute de Sud Radio
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