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  • il y a 2 jours
Les clefs d'une vie avec Alain Pewzner

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##LES_CLEFS_D_UNE_VIE-2026_01_14##

Catégorie

Personnes
Transcription
00:00Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
00:03Les clés d'une vie, celle de mon invité.
00:05Voici 40 ans, jour pour jour, Daniel Balavoine nous quittait brutalement.
00:10Il nous a laissé des chansons qui ont traversé le temps,
00:13sans doute parce que la force des paroles et des musiques
00:15était à la mesure de la voix de l'interprète.
00:18Vous avez vécu ce trop court parcours en l'accompagnant à la guitare, entre autres.
00:22Bonjour Alain Pessner.
00:23Salut Jacques.
00:24Alors c'est vrai que vous avez été un des musiciens de Balavoine,
00:27vous l'avez connu depuis ses débuts.
00:28Oui c'est ça, on s'est connu de la fin des années 60, début 70.
00:32Il était dans un groupe qui s'appelait Présent,
00:34et on était dans la même maison de disques.
00:35Voilà, alors vous avez eu un autre parcours,
00:37je crois que vous avez fait l'école de musique,
00:39et qu'ensuite vous avez changé au lieu du classique,
00:41vous êtes passé à Martin Circus directement ?
00:43Plus ou moins, ouais, j'ai fait l'école normale de musique,
00:46et puis à la suite de quoi, j'ai eu des opportunités en studio,
00:50et sur scène, bien après quoi.
00:52Il y a eu aussi je crois la Bande à Basile.
00:54Non ça c'est mon frère.
00:55Et il y a eu d'autres mélodies, mais surtout il y a eu Johnny,
00:58il y a eu Goldman aussi.
00:59Oui alors Hallyday c'était par hasard,
01:01j'ai été convoqué pour une séance,
01:03je ne savais même pas à qui je jouais quoi.
01:05Et bref c'était une chanson de Goldman pour Hallyday.
01:08Voilà.
01:09Et bon, enfin non c'était, enfin je ne sais plus,
01:13enfin bref c'était une chanson de Goldman,
01:16il s'est trouvé que c'est Hallyday qu'il a chanté,
01:17je me suis retrouvé là-dessus par hasard quoi.
01:19Alors le hasard ou le destin a fait que vous avez beaucoup vu Balavoine depuis ses débuts,
01:24vous l'avez rencontré dès le groupe Présence, par hasard.
01:26Ah oui oui, enfin par hasard,
01:28on était dans les, il n'y avait qu'un studio chez Vogue à l'époque,
01:32et donc on se partageait les studios,
01:34il s'est trouvé qu'à un moment donné,
01:36bon on est devenu copain comme ça quoi,
01:38et son frère Guy qui est monté à Paris,
01:41je ne sais plus, il faisait la Sorbonne ou je ne sais pas quoi,
01:42bref à un moment donné, son frère, mon frère, Daniel et moi,
01:46on faisait quasiment les cœurs de tous les artistes Vogue.
01:50Alors il se trouve qu'il y a un spectacle,
01:52qui débute ce soir à Alençon, ville natale de Balavoine,
01:55qui est Ma Bataille, Balavoine Ma Bataille,
01:57que vous y êtes associé, on va en reparler tout à l'heure.
01:59Ah bon ?
02:00Ah oui, vous êtes dans ce spectacle.
02:02Ah oui oui oui, pardon.
02:03Je croyais que tu parlais d'autre chose.
02:05Non, non, non, dans ce spectacle,
02:06qui sera à Paris dans quelques jours et en tournée,
02:09mais avant, selon le principe des clés d'une vie,
02:11on va évoquer le parcours de Balavoine à travers des dates clés.
02:14Et la première date que j'ai trouvée,
02:16alors ça n'a pas de rapport direct avec Balavoine,
02:18c'est le 23 août 1963,
02:20la sortie d'une chanson qui a beaucoup compté
02:22dans le parcours de Balavoine.
02:27Ah oui, c'est une fuga.
02:29Vous savez pourquoi Alain Rezner ?
02:31Parce que simplement, il a fait une fugue,
02:33il est en pension,
02:34il se cache sous le lit d'un surveillant,
02:36il y a un transistor,
02:38et on entend « She loves you ».
02:39Ah oui, carrément.
02:40Et ça a été le déclic pour lui.
02:42Ah oui.
02:42Et c'est ce jour-là qu'il a eu envie de chanter.
02:44Ah d'accord, oui, je ne connaissais pas cette histoire.
02:47C'est fou, hein ?
02:47Et c'est vrai qu'au départ,
02:49il ne songeait pas, je crois, à exercer ce métier.
02:51Je crois que ses premiers concerts,
02:53je ne sais pas si vous le savez,
02:54c'était à six ans,
02:55avec une baguette sur ses genoux,
02:57et des jeux de construction.
02:58Non, non, je connais ça.
02:59Ah ben, je vais vous raconter.
03:00Ah ben oui.
03:01En fait, il hurlait des chansons de Harry Belafonte,
03:03à l'époque.
03:04Ah oui ?
03:04Pourtant, les chansons de Harry Belafonte,
03:05il n'y avait pas de quoi hurler.
03:06Ah oui, ben, il hurlait, en tout cas.
03:08Donc, il faisait ça avec la baguette,
03:09et les voisins étaient attirés,
03:11et quand il découvrait que les voisins écoutaient
03:13Valavois en train de chanter,
03:15il se mettait en colère, il s'en allait.
03:18Alors, c'est vrai qu'il est né, je crois, à Lançon,
03:21et je crois que c'est le dernier enfant de la famille.
03:24C'est le petit dernier, oui, je crois bien, oui.
03:25Et il a été assez chouchouté dans ses jeunes années.
03:28Eh ben, tant mieux.
03:29Oui.
03:30Et je crois que sa mère était une femme
03:33d'une famille aristocratique du Sud-Ouest.
03:36C'est possible.
03:37Oui.
03:37Et qui a initié ses enfants à la musique
03:39par les chants quantiques.
03:41Je ne sais pas si vous en avez parlé.
03:43Non, mais il avait une certaine technique vocale,
03:46tout le monde le sait,
03:47mais je veux dire par là qu'il y a une technique
03:49pour tenir les notes,
03:51pour que la note soit bien juste,
03:53enfin, avoir une colonne d'air.
03:54Et lui, il avait cette technique-là.
03:56Oui.
03:56Alors, ça venait peut-être du chant quantique
03:58ou des cours d'art lyrique qu'il a pris après.
04:01Et son père était ingénieur des ponts et chaussées.
04:04Il travaillait pour le ministère de la Reconstruction
04:05et il était muté régulièrement.
04:08Ah d'accord.
04:08Donc, lorsqu'il naît à Lançon,
04:12un an plus tard,
04:13Balavoine se retrouve à Bordeaux,
04:14à Biarritz,
04:15et il va comme ça aller de ville en ville
04:17suivre son père.
04:19Ah oui, d'accord.
04:19Oui, je ne savais pas tout ça.
04:20Et vous saviez que ses parents
04:21se sont séparés à 8 ans ?
04:23Non, je ne savais pas non plus.
04:24Voilà.
04:24Ils se sont séparés
04:25et ça a marqué Daniel
04:26qui a vécu avec son père
04:27pendant quelques années,
04:29qui était très proche de son père.
04:30mais lorsque son père
04:32s'est retrouvé à Tiziouzou muté,
04:34Daniel s'est retrouvé en pension,
04:36d'abord à Asparren,
04:38à 20 kilomètres de Bayonne,
04:40et ensuite à Dax et à Pau.
04:41Ah oui, sud-ouest.
04:42Sud-ouest.
04:43Et ses années de pension,
04:45ce n'était pas terrible
04:45parce que je crois
04:47qu'il était assez agité,
04:50assez perturbateur.
04:51Ah oui, c'est possible.
04:52Vous n'en parlez jamais de ça ?
04:53Non, je n'étais pas du tout au courant
04:55que son père avait travaillé
04:56en Algérie ou en Kabylie.
04:58Voilà.
04:59Mais il se trouve que je sais
05:00que Daniel Balavoine,
05:01et j'en ai parlé plusieurs fois avec lui,
05:03détestait parler
05:04de ses souvenirs d'enfance.
05:05Ah oui ?
05:06En fait, probablement
05:07parce qu'il ne nous en a jamais parlé.
05:08Jamais ?
05:08Non.
05:09Il avait déjà ce caractère
05:11un peu fort
05:11qu'il a marqué.
05:13Parce qu'on parlait beaucoup,
05:14mais on ne parlait jamais de ça
05:15parce qu'il voyageait avec nous
05:16dans le car
05:17quand on était en tournée.
05:19Et de quoi parliez-vous alors ?
05:20On jouait au poker.
05:23Non, on parlait de musique,
05:24on parlait de tout et de rien.
05:28Mais pas de choses franchement intimes.
05:30Et il a été dans un collège à Dax
05:33qui s'appelle le collège Cendrillon.
05:34C'est quand même particulier
05:35pour Balavoine.
05:36Parce qu'il y avait une maison
05:38où le propriétaire avait vécu
05:40exactement ce qu'avait vécu Cendrillon
05:42dans son compte.
05:43Ah oui ?
05:44D'où le nom de Cendrillon.
05:47Et je crois que c'était quelqu'un
05:49qui était toujours puni à l'école.
05:50Je ne sais pas si vous la racontez.
05:51C'est le roi des punitions.
05:52Non, mais on ne parlait pas de ça.
05:54On ne parlait pas des choses qui fâchent.
05:56Oui.
05:56Et c'est vrai qu'il était
05:57toujours en colère,
05:59toujours détestant l'uniforme.
06:02Oui.
06:02En colère, je ne sais pas.
06:04Moi, je n'ai pas souvenir de lui
06:06comme ça.
06:06Je me souviens d'un mec énergique.
06:09Oui.
06:09Mais en colère, non.
06:11Alors, il a commencé le piano à 10 ans.
06:13Il jouait bien du piano.
06:14Il jouait du piano.
06:16Vous savez, au départ,
06:17il y a la méthode rose qui est classique.
06:18On lui a mis dans les mains.
06:20Il l'a jeté dans la poubelle.
06:21Et quelques années plus tard,
06:22il s'est mis à apprendre tout seul le piano.
06:23Ah oui, c'est possible.
06:24Oui, oui.
06:25Au piano, c'était un instinctif,
06:27Daniel Balavoine ?
06:27Oui, c'était un autodidacte.
06:29Mais j'avais remarqué un truc.
06:31Quand il jouait,
06:32normalement,
06:32quand on met ses mains sur un clavier,
06:34tu poses les doigts un peu au-dessus du clavier.
06:38Lui, il avait un truc.
06:39Il posait la main comme ça
06:40et le petit doigt
06:40qui sortait du clavier.
06:44Oui, mais tout le temps.
06:45Et pourquoi ?
06:46Je ne sais pas pourquoi.
06:47C'est une technique particulière.
06:48C'est une habitude, je ne sais pas.
06:49Mais en même temps,
06:51je crois qu'il a un jour découvert la guitare.
06:54Je crois que son frère Guy avait une guitare.
06:56Il s'en est séparé.
06:58Et il a découvert la guitare.
06:59Oui, probablement.
07:00Ça, je ne sais pas du tout.
07:02Mais effectivement, sur scène,
07:03il jouait de la douze cordes
07:05dans Mon Fils, Ma Bataille,
07:07je crois, un truc comme ça.
07:08Il y a eu un ou deux titres
07:09où il jouait la guitare acoustique.
07:11Vous, vous êtes au départ un guitariste.
07:13Oui.
07:13Au départ, je suis pianiste.
07:15J'ai appris le piano d'abord.
07:16Ensuite, j'ai fait de la guitare.
07:18Après, c'était plus attractif
07:20pour les filles, la guitare.
07:23Mais Balavoine était un bon guitariste ?
07:25Oui.
07:25Il accompagnait bien ses chansons, en tout cas.
07:28Et je crois aussi que la musique,
07:30ça a commencé par la découverte de Bob Dylan.
07:32Il a commencé dans les millions de la culture
07:34en chantant Bob Dylan.
07:36Ah oui ?
07:36Oui, je ne savais pas.
07:37Parce que Dylan, c'était quelqu'un qui comptait.
07:40Pour lui, qu'est-ce qu'il aimait, justement,
07:41quand il parlait de musique, Balavoine ?
07:43À l'époque où on parlait,
07:45il aimait plutôt les trucs anglo-saxons.
07:49Dylan, je ne savais pas.
07:50Oui, il aimait beaucoup Peter Gabriel.
07:55Oui.
07:56Des trucs dans ce genre-là, quoi.
07:58Deep Purple aussi, il aimait beaucoup.
08:00Et puis alors, lui qui avait écouté les Beatles au départ,
08:03donc ce qu'il avait guidé vers la chanson,
08:05préférait largement les Rolling Stones.
08:07Oui, parce que c'était moins structuré,
08:10moins poli.
08:13Oui, parce que ce qui l'intéressait,
08:15et il en parlait toujours,
08:16Daniel Balavoine, Alain Pesner,
08:18c'était le rock, mais un rock nouveau.
08:20Oui, c'est ça.
08:21Oui, je crois qu'il ne se posait même pas la question.
08:23Il faisait des chansons,
08:25et on se retrouvait dans un studio,
08:28il nous jouait la chanson,
08:29il nous disait « allez-y ».
08:31Donc chacun trouvait sa partie, quoi.
08:33Et bon, on était deux guitaristes,
08:36il y avait Yves Chouard et moi,
08:38et puis tout le reste de la bande,
08:40c'est-à-dire Joe Hammer, Christian Padovan,
08:42Padovan, je dis Padovan,
08:44parce qu'il a fait la réflexion,
08:45c'est pas Padovan, c'est Padovan.
08:47Alors, voilà, et puis Hervé Limret,
08:50et Philippe Patron,
08:52il y avait deux claviers.
08:53Enfin bon, bref,
08:54et on était, voilà,
08:55chacun trouvait sa partie,
08:56et au fur et à mesure,
08:56il faisait le tri, quoi.
08:58Alors, vous avez commencé,
08:59vous l'avez connu, donc,
09:01à ses débuts,
09:02et quand avez-vous commencé vraiment
09:03à jouer avec lui à la Bessner ?
09:05Je crois que c'était 84, 85.
09:10Et c'est venu comment ?
09:11Un jour, il m'appelle et il me dit
09:12« qu'est-ce que tu fous ? »
09:14Je lui dis, ben, je crois,
09:15à l'époque, je venais de finir une tournée
09:16avec Rose Laurence, je crois,
09:19un truc comme ça.
09:19Rose Laurence, oui.
09:20Et puis, ben, je lui dis,
09:21ben, pour rien de spécial,
09:22il me dit « bon, viens,
09:23viens demain, on répète,
09:25je me suis pointé
09:26que ma guitare et mon ampli,
09:27et puis voilà, quoi,
09:28à l'arrache, comme d'habitude, quoi. »
09:30Mais il se trouve que cette époque,
09:32justement, ces années 70,
09:33les musiciens que vous étiez,
09:35vous étiez,
09:35étaient appelés des requins de studio,
09:37ils se retrouvaient pour,
09:38dès qu'il y avait quelque chose
09:39à accompagner.
09:40Enfin, les requins de studio,
09:41c'était une autre histoire,
09:42c'était les gens
09:43qui faisaient que du studio.
09:45Oui.
09:46Enfin,
09:47puis c'est des gens
09:48qui disaient à la musique,
09:49dont déjà, à l'époque,
09:51dire la musique,
09:51c'était pas, franchement,
09:52un atout, quoi.
09:53Ah bon, pourquoi ?
09:53Parce que c'était,
09:54ben, justement,
09:55requins de studio.
09:56Oui.
09:56Ça voulait dire que
09:57vous n'aviez pas la fantaisie,
09:58ni le, le, le,
10:01comment dire,
10:02l'ouverture d'esprit
10:04pour jouer tout, quoi.
10:05Et là,
10:06vous faisiez partie
10:07de ce qu'on appelait
10:08à n'importe quel moment
10:08pour un musicien,
10:10pour un chanteur.
10:11Oui, une période,
10:11une période,
10:12je fais ça, une période.
10:13Oui, ça m'intéressait,
10:13j'avais envie d'être
10:14aucun studio, justement.
10:16Et c'était pas facile,
10:17quand même,
10:17comme travailleur ?
10:17Ah non, non,
10:18c'est pas facile,
10:18parce qu'on est confronté
10:20à des styles
10:21et des oeuvres
10:23qui sont pas forcément
10:24dans son style, quoi.
10:26Enfin, dans mon style,
10:27en tout cas.
10:28Mais on s'en sort toujours.
10:29Oui, ben,
10:30quand on fait appel
10:31à une certaine musicalité,
10:33quoi,
10:34on se débrouille.
10:35Et je crois
10:36que l'apprentissage
10:36de Balavoine,
10:38ça a été,
10:39d'abord,
10:39les balles.
10:40Il a fait beaucoup de balles.
10:41Oui, oui, oui,
10:41c'est vrai.
10:41C'est-à-dire que c'est
10:43une bonne école
10:44dans la mesure
10:44où on joue tout et rien.
10:46C'est-à-dire,
10:47on joue tout ce qui est
10:48à la mode,
10:50on le joue
10:51comme on peut, quoi.
10:52Oui,
10:53et c'est un excellent
10:54apprentissage,
10:55parce qu'il faut
10:55quelques fois...
10:56Exactement.
10:56Vous en avez fait vous-même
10:57des balles jusqu'à
10:583h du matin ?
10:59Non.
10:59Non, non,
11:00j'ai eu de la chance,
11:02j'ai jamais fait...
11:02On a fait des balles
11:03avec Martin,
11:04Circus,
11:04mais on jouait
11:06à la fin, quoi.
11:07On jouait...
11:08Je ne sais pas
11:09à peu près tantieux,
11:10mais on jouait en vedette,
11:12quoi.
11:12Voilà, exactement,
11:12mais c'était autre chose.
11:13Donc, Balavoine a appris
11:14son métier,
11:15mais avant,
11:16il a fait d'autres choses
11:17et il y a une date
11:18importante dans son parcours,
11:19c'est le 3 avril 1976.
11:21Et on en parle
11:22dans quelques instants
11:22avec Alain Pesner
11:23sur Sud Radio.
11:25Sud Radio,
11:25les clés d'une vie,
11:27Jacques Pessis.
11:27Sud Radio,
11:28les clés d'une vie,
11:29nous évoquons aujourd'hui
11:30Daniel Balavoine
11:31qui nous a quitté
11:32voici exactement 40 ans.
11:34Et ce soir,
11:35un hommage lui est rendu
11:36avec la première
11:36d'un spectacle
11:37auquel vous participez
11:38à Alain Pesner.
11:39Vous avez été son guitariste
11:41pendant quelques années.
11:42Oui, oui.
11:43Et on évoque son parcours.
11:44Alors,
11:44on a évoqué ses débuts
11:45et le 3 avril 1976,
11:47c'est une date importante.
11:48Je crois que c'est
11:48votre anniversaire ce jour-là.
11:49Oui, pas 1976,
11:50mais le 3 avril,
11:51effectivement.
11:51Et le 3 avril,
11:53il se trouve que
11:53c'est la première télé
11:54de Balavoine
11:55devant des millions
11:56de téléspectateurs
11:57avec cette chanson.
11:58Un,
11:59deux,
12:00trois.
12:01Ah ouais.
12:01C'est Catherine Ferry.
12:05C'est Catherine Ferry
12:06qui chante à l'Eurovision
12:07qui représente la France
12:09et dans les choristes,
12:10il y a Daniel Balavoine.
12:11Ah oui, c'est ça.
12:12Vous connaissez cette image ?
12:14Oui, il me semble.
12:15Oui, je vois, oui.
12:16Ça se passe au...
12:17Au Luxembourg, non ?
12:18Non, c'est au Royaume...
12:20En fait,
12:20c'est aux Pays-Bas.
12:21Ah oui, c'est ça.
12:22Et le grand gagnant,
12:23c'est un Anglais
12:24avec Savio qui se formie
12:26avec Brother Woodhoffman
12:28que personne ne connaît aujourd'hui.
12:30Et la France est deuxième,
12:31c'était le bon temps
12:31avec Catherine Ferry
12:33et on ne voit Balavoine derrière
12:34faisant les cœurs
12:36mais vraiment,
12:37on dirait qu'il s'ennuie.
12:39Il fait ça...
12:40C'est quelque chose
12:41qu'il n'amusait pas beaucoup,
12:42je crois.
12:43Ce genre de chanson, non.
12:45Non.
12:45D'ailleurs, je ne sais pas
12:46si vous le savez,
12:47mais au départ,
12:48il ne voulait pas faire l'Eurovision.
12:50Il avait dit
12:50ces ringards,
12:51ça ne marchera jamais
12:52et ça ne m'intéresse pas.
12:53Il avait même demandé
12:54à l'auteur Jean-Paul Carat
12:55de changer les paroles
12:56parce que Carat a refusé.
12:58C'est vrai qu'il n'aimait pas
13:01ce genre d'événement,
13:03Daniel Balavoine.
13:03Non, mais non,
13:04parce qu'il transigeait sur rien.
13:07C'était quelqu'un d'authentique.
13:09Et l'Eurovision,
13:10pour lui,
13:10c'était quelque chose...
13:11C'est vrai,
13:12s'il a dit que c'était ringard,
13:13c'est vrai que ça l'était.
13:14Oui, mais enfin,
13:15Catherine Ferry,
13:16il l'a suivie
13:17parce qu'à l'époque,
13:18il vivait avec Catherine Ferry.
13:19Oui, c'est ça.
13:19Ils étaient ensemble,
13:21je crois.
13:21En fait,
13:22je ne sais pas si vous savez
13:23comment ça s'est passé,
13:23c'était une fan
13:24qui le suivait
13:25dans les concerts
13:26qu'il faisait comme musicien
13:27et puis l'amour est venu
13:28et ils ont vécu
13:30avec aussi pas mal de bagarres
13:31entre eux,
13:32je crois.
13:32Probablement d'artiste à artiste.
13:35On les appelait
13:35les Richard Burton
13:36et Lee Taylor du spectacle
13:37tellement ils se bagarraient.
13:39C'est possible.
13:40Moi, je ne l'ai pas bien connu
13:40à cette époque-là,
13:41en fait.
13:42Parce qu'au départ,
13:43Daniel accompagnait
13:45discrètement des orchestres.
13:47Il a commencé
13:47comme vous,
13:48comme beaucoup d'autres.
13:49Mercenaire.
13:50Ou comme mercenaire.
13:51Et c'est vrai
13:52que c'est une autre façon
13:53d'apprendre son métier.
13:55Oui, oui, oui.
13:56Il y avait plusieurs groupes
13:59dans le sud-ouest.
14:02Il y avait Purple,
14:04Eruption et les Chex.
14:06Trois groupes du sud-ouest
14:07auxquels il a participé.
14:08Totalement oublié.
14:10Et puis,
14:11il arrive à Paris
14:12et à l'époque,
14:13il y avait Martin Circus,
14:15il y avait Triangle.
14:15C'était à grande époque
14:16Alain Pesner
14:17des groupes de pop.
14:18Oui, début 70, quoi.
14:19Oui.
14:20Il y en avait beaucoup
14:21à l'époque,
14:21ça marchait bien ?
14:22Je ne sais pas.
14:24Oui, enfin, oui, oui.
14:25Parce qu'à l'époque,
14:25il y avait beaucoup de concerts, quoi.
14:26Oui.
14:27Donc, il y avait des producteurs
14:29de spectacles malins
14:31qui faisaient des affiches
14:32que de groupes, quoi.
14:33Et en même temps,
14:34les groupes étaient à la mode.
14:35Bon, Martin Circus,
14:36ça a eu un gros succès.
14:38Oui, oui.
14:38Au Sénégal,
14:39c'était énorme comme succès.
14:40Oui, oui, oui.
14:40Ça a très bien marché
14:41pendant des années.
14:43Oui, oui.
14:44Tu as cité Triangle.
14:45Il y a Triangle aussi.
14:46Ça a marché très bien.
14:47Triangle,
14:47qui était le premier groupe
14:48de rock progressif.
14:49Qui ?
14:50Le premier groupe de rock
14:50Triangle.
14:52Oui, progressif,
14:53je ne sais pas ce que vous dire.
14:54Non plus,
14:55c'est à l'époque ce qu'ils disaient.
14:56Oui, oui,
14:56c'est parce que c'est
14:56les anglo-saxons
14:57qui disaient ça.
14:58Voilà.
14:59Et je crois qu'ils sont
14:59dans le film de Claude Zidi,
15:01Les bidins sans folie.
15:02Ah non, non, c'est nous.
15:02C'est vous ?
15:03Mais il y a les deux.
15:04Il y a vous et...
15:05Ah oui,
15:05parce que dans le premier film,
15:07il y a Henri Leproux
15:09qui était l'animateur
15:11et le créateur
15:12du Golf Drew
15:13qui anime
15:14un genre d'émission
15:15comme ça en live.
15:17Et vous avez connu
15:17le Golf Drew?
15:19Ah bah oui,
15:19bah oui, bah oui.
15:20Parce que c'est...
15:21Daniel, je ne sais pas
15:21s'il a trop fréquenté le golf.
15:23Non.
15:24Mais nous,
15:25enfin quand on avait,
15:26je ne sais pas,
15:2712-13 ans,
15:29c'était l'endroit
15:30où on pouvait jouer,
15:32déjà.
15:32Et puis on rencontrait
15:33plein de musiciens,
15:34dont par exemple
15:36Ronnie Bird.
15:37Oui.
15:38Ronnie Bird,
15:39c'était un chanteur.
15:40C'était une star à l'époque.
15:41Oui,
15:41chanteur de rock.
15:42quoi, c'était...
15:44Et puis bon,
15:45il y avait plein de gens
15:45comme ça.
15:47Enfin bon,
15:47ça ne m'en revient pas.
15:48Il y avait Michel,
15:49Hallyday,
15:49tout le monde
15:50allait là-bas quoi.
15:51Bien sûr,
15:51et même un jour,
15:52il y a Sheila
15:53qui s'appelait encore
15:54Annie Chancel
15:54qui se présente là-bas.
15:56Elle veut faire le concours.
15:57Il y avait un concours,
15:57le tremplin.
15:58Oui, c'est ça,
15:58le tremplin exactement.
15:59Et puis,
16:00elle est inscrite
16:00et puis finalement,
16:02Henri Leproux
16:03reçoit la visite
16:04de Claude Carrère
16:04qui cherche une chanteuse
16:05qui dit
16:05il y a cette petite
16:06qui est venue me voir
16:07et c'est comme ça
16:08que Sheila a débuté
16:08sans même faire
16:09le golf roue haut.
16:11Ah oui, d'accord.
16:12Et il se trouve
16:12que les Charlots
16:13ont tourné
16:15dans les Bidas en folie.
16:16Vous avez donc tourné
16:17avec les Charlots
16:18et fait de la musique
16:18avec les Charlots.
16:19Oui, oui.
16:20En fait,
16:21les Charlots,
16:22il y avait pas mal
16:22de musiciens
16:23dans les Charlots
16:24avec qui j'avais travaillé avant
16:26qu'on se connaissait.
16:29On était...
16:31Je crois que ça russe
16:32qui habitait.
16:33J'habitais à Putot
16:33et lui aussi.
16:35Donc on s'est connu
16:36comme ça.
16:36Les Charlots
16:38étaient d'énormes vedettes
16:39à l'époque.
16:40Oui.
16:41Les films des Charlots
16:42c'était un événement.
16:43Notamment en Inde.
16:44Ah bon ?
16:45En Inde,
16:45c'était monstrueux.
16:46Ils ne pouvaient pas sortir
16:47dans la rue en Inde.
16:48C'est fou.
16:49Alors qu'ils avaient commencé
16:50en accompagnant Antoine
16:51les problèmes.
16:52En dehors de tout ça,
16:54c'était bon les Charlots
16:54mais c'était des bons musiciens.
16:56Les mecs Rinaldi,
16:57excellent sax,
16:58Sarus,
16:59excellent bassiste.
17:00Enfin,
17:01il y avait des très bons musiciens.
17:03Et j'en reviens
17:04à Daniel Balavoine
17:05à la Pesner
17:05avec le groupe Présence.
17:07Oui.
17:07Car le groupe Présence
17:08c'est votre rencontre.
17:09Bah oui,
17:10parce qu'ils étaient chez Vogue.
17:11C'était un groupe de rock.
17:14C'était, ouais,
17:14rock pop.
17:15Oui.
17:16Et donc on était dans la maison de disques
17:18et comme cette maison de disques
17:19qui avait 15 studios,
17:20on ne pouvait pas ne pas se croiser.
17:23Est-ce que vous savez
17:24comment Daniel Balavoine
17:25est rentré dans le groupe Présence ?
17:26Aucune idée, non.
17:27Eh bien,
17:27on l'appelle un jour,
17:28il vient d'arriver à Paris
17:29de son sud-ouest,
17:30il y a eu une audition
17:31et il y a deux candidats
17:32pour entrer dans le groupe Présence,
17:34c'est Daniel Balavoine
17:35et Laurent Woulzy.
17:36Ah oui.
17:37Et Balavoine a été choisi
17:38parce qu'il chantait en anglais.
17:40Ah bon ?
17:41Parce que ce n'est pas du tout
17:42la même énergie.
17:42Oui, mais ils étaient
17:45les deux candidats.
17:45Ah oui.
17:46Et je crois que le premier
17:47disque de Présence,
17:49Balavoine chante.
17:50Écoutez.
17:51S'il fallait vivre pour vivre
17:54S'il fallait vivre pour aimer
17:59Le jour s'est levé.
18:02Vous connaissez cette chanson ?
18:03Non.
18:03C'est le premier disque
18:04du groupe Présence
18:05qui s'est vendu
18:05à 247 exemplaires.
18:07C'est pas mal.
18:08Et c'est Balavoine
18:09qui chante
18:09et qui a écrit
18:10les paroles et les musiques.
18:11Ah oui.
18:11d'entendre ça
18:14parce qu'on avait
18:17un groupe
18:20qui s'appelait
18:20Vanilla Fudge
18:21et on aimait beaucoup
18:22ce groupe
18:22parce qu'ils avaient
18:24une façon de chanter
18:25assez particulière.
18:26Ils avaient des
18:27vibrato lents
18:29comme lui là.
18:31Et quand on faisait
18:33des chœurs ensemble
18:34on vibrait
18:35à la même vitesse.
18:36C'est fou.
18:37Mais là on reconnaît
18:38bien la voix de Balavoine
18:39et personne ne reconnaît
18:40cette chanson.
18:41Le jour s'est levé
18:41personne ne la connaît.
18:42Non.
18:43Il y a eu ensuite
18:44la Révolution française.
18:45Je ne sais pas si vous avez
18:45participé à l'aventure.
18:47Ah bah oui.
18:49Ça c'était aussi
18:50une grande aventure
18:50la Révolution française.
18:51en dehors de Daniel
18:54il y avait plein d'autres gens
18:55Bachung
18:56Christiani
18:58Voilà.
18:59En fait c'est Alain Boublil
19:00qui avait
19:01débuté l'aventure
19:03bien avant
19:03Les Misérables
19:04qui avait eu cette idée
19:06avec l'autre
19:07Michel Schoenberg
19:08et il y a eu un album
19:09auquel vous avez participé.
19:10Oui oui.
19:11Qu'est-ce que vous faisiez
19:11dedans ?
19:12Nous on était
19:13le tiers d'état.
19:14Oui.
19:14C'est-à-dire tout
19:15l'aspect rock
19:16de l'opéra.
19:17Donc on a joué
19:19tous les titres
19:19qui représentent le tiers d'état.
19:21Et je crois que
19:22Balavoine et son frère
19:23étaient des petits marquis
19:24Oui oui.
19:26Et qui chantaient
19:28Ouissir
19:29C'est ça.
19:30Un truc un peu
19:31une espèce de menuet.
19:32Voilà un menuet
19:33en dansant
19:33et avec des perruques
19:34avec des perruques
19:35Ah oui oui.
19:36Et c'est vrai que
19:37le disque
19:37Personne n'y croyait
19:38il s'est vendu
19:39à 500 000 exemplaires.
19:40C'était énorme.
19:41Et Personne n'y croyait
19:42au départ ?
19:43Je ne sais pas.
19:44En tout cas
19:44Léon Cabin
19:45le PDG de Vogue
19:47il a cru lui.
19:48Et ensuite
19:49il y a eu le spectacle
19:49sur scène
19:50à Mogador
19:51Non non avant
19:52c'était le Palais des Sports
19:53Le Palais des Sports
19:53On a fait un mois
19:55plus d'un mois
19:55au Palais des Sports
19:56Et là vous étiez aussi
19:57sur scène
19:58habillé en révolutionnaire
20:00En révolutionnaire
20:01oui oui
20:01on avait des espèces
20:03de pantalons rouges
20:03en plastique
20:04avec des chemises
20:05à jabot
20:06enfin bon voilà
20:07Mais c'était
20:09la première fois
20:10qu'on faisait
20:10ce genre de choses
20:11c'est lancé
20:12des opéras rock
20:13Ah oui
20:14ah oui oui
20:15oui oui oui
20:16oui oui je crois
20:17qu'il n'y a rien eu
20:17dans ce genre là
20:19avant quoi
20:19enfin en France
20:20en tout cas
20:20Mais en même temps
20:22ce genre de spectacle
20:23le Palais des Sports
20:24il fallait prendre le risque
20:25de faire ça
20:26pendant un mois
20:26Oui je ne sais pas
20:27comment ils ont financé
20:30cette affaire
20:30mais je sais qu'il y avait
20:31beaucoup de radio
20:32dans le coup
20:32il y avait des radios
20:35dans le coup
20:35Et puis je ne sais pas
20:36si vous le savez
20:36mais ensuite
20:37il a travaillé
20:37Daniel Balavoine
20:38avec Patrick Juvet
20:39Alain Pezner
20:40Oui oui ça je le savais
20:41Il a fait l'album
20:42Chrysalide
20:43Oui
20:43Et dans cet album
20:45Juvet
20:46bon il a écrit
20:47les chansons de l'album
20:48et il a même interprété
20:49une chanson
20:49qui s'appelle
20:50Couleur d'automne
20:51Ah oui
20:52On reconnait là aussi
21:07la voix de Daniel Balavoine
21:09Oui oui
21:09mais même la couleur
21:10tu as entendu
21:11l'orgue
21:11il y a une espèce d'orgue
21:12à la Vanilla Foge
21:13En fait
21:15il s'était installé
21:16chez Patrick Juvet
21:17il vivait chez lui
21:18il était venu son choriste
21:19Oui oui oui
21:20Patrick Juvet
21:21l'aimait beaucoup
21:22et je crois qu'il l'appelait
21:24je ne sais plus comment
21:25il l'appelait
21:26oui je ne sais plus
21:26comment il l'appelait
21:26Balle de Foin
21:28il l'appelait
21:28Ah oui
21:28Voilà
21:29Nous on avait un surnom
21:31pour lui aussi
21:31dans Martin
21:32Oui
21:32parce que comme c'est un mec
21:33avec beaucoup d'énergie
21:34je crois que c'est Sylvain Pochard
21:36qui a trouvé
21:36on l'appelait
21:37Balta Bombax
21:38Ah oui c'est pas mal ça
21:39et c'est vrai que Balavoine
21:40il avait déjà ce style
21:42qu'on lui a connu ensuite
21:43même si ça n'intéressait personne
21:44parce que Chris Aïd
21:45a été un bite total
21:46Ah oui
21:47Oui
21:48C'est vrai qu'il y avait quelque chose
21:50C'est un mec
21:52qui avait un charisme
21:53une énergie
21:55tu vois
21:55c'était
21:55donc c'est
21:56bien sûr qu'il y avait quelque chose
21:58Et cette chanson
21:59en couleur d'automne
21:59elle est très importante
22:00même si ça n'a pas marché
22:01dans la carrière de Balavoine
22:04et on va en parler
22:05à travers la date
22:05du 9 décembre 1978
22:07A tout de suite
22:09sur Sud Radio
22:09avec Alain Pesner
22:10pour parler de Daniel Balavoine
22:12Sud Radio
22:13Les Clés d'une vie
22:14Sud Radio
22:16Les Clés d'une vie
22:17mon invité Alain Pesner
22:18guitariste de Daniel Balavoine
22:20dont on célèbre aujourd'hui
22:21les 40 ans de sa disparition
22:23avec à Alençon ce soir
22:25la première d'un spectacle
22:26Balavoine ma bétail
22:27dont on va parler
22:28dans quelques instants
22:29et auquel vous êtes associé
22:30on évoque depuis le début
22:32de notre rencontre
22:33le parcours de Balavoine
22:35et le 9 décembre 1978
22:38c'est une date importante
22:39dans sa carrière
22:40car pour la première fois
22:42il est au hit parade
22:43avec cette chanson
22:44Je me présente
22:45Je m'appelle Henri
22:47Je voudrais bien
22:49réussir ma vie
22:51Être aimé
22:52Être beau
22:56Alors premier hit parade
22:57il y a YMCA
22:58avec BH People
22:59il y a Grise
23:00Michel Sardou
23:01Je vole
23:01et Balavoine
23:02et c'est vrai que cette chanson
23:03elle a été importante
23:03dans sa carrière
23:04Bah oui
23:04je crois que c'est sa première chanson
23:07qui a été un succès commercial
23:08Oui
23:08Il l'a chantée à chaque fois
23:10c'était incontournable
23:11Ouais on la faisait pas tout à fait comme ça
23:13C'est à dire ?
23:14On l'a requisé la chanson
23:15Mais au départ
23:17il n'imaginait pas ce succès
23:19personne n'imaginait ce succès
23:20Non mais c'est une parodie cette chanson
23:22on entend bien ce qu'il raconte
23:23Est-ce qu'il expliquait ce succès
23:26Daniel Balavoine ?
23:27Est-ce qu'il comprenait
23:29pourquoi ça avait si bien marché ?
23:31Je ne sais pas
23:32Peut-être
23:32Oui je ne sais pas
23:33Alors cette chanson
23:35je crois qu'elle a été créée
23:36dans un sous-sol à Boulogne
23:38je crois que vous aviez les studios
23:39il avait les studios
23:40Oui oui
23:41Comment il s'appelait ce studio ?
23:44Je ne me souviens pas du nom de ce studio
23:46mais c'était un bon studio
23:47En gros on lui laissait le studio la nuit
23:50et il travaillait avec ses musiciens
23:53en permanence en cherchant
23:54Oui c'est ça
23:56c'est un travail de groupe
23:58En général un auteur
24:00ça se met à sa table de travail
24:01ça écrit
24:02Balavoine non
24:03Ça dépend
24:04il n'y a pas de loi
24:05Lui il écrivait un texte
24:08ou il faisait une musique
24:09ou les deux en même temps
24:10il n'y a pas de loi
24:12En tout cas cette chanson au départ
24:14personne ne croyait en son succès
24:16puisque c'était la phase B
24:18dans 45 tours
24:18où il y avait
24:19Si je suis fou
24:20en phase A
24:21Ça me rappelle quelque chose
24:23on est d'accord
24:23Ah bon ?
24:25Ben oui
24:25Le Sénégal par exemple
24:26avec l'atour Sénégal
24:27c'était une phase B
24:28Aussi
24:29Et la phase A
24:31c'était une chanson qu'on avait faite
24:31parce que nous on voulait faire
24:33un double album
24:33Avec Martin Circus
24:35Voilà
24:35Et ok
24:37la maison de disques
24:38elle disait
24:39ok un double album
24:39mais faites nous un tube d'abord
24:40Donc on a écrit une chanson
24:41qui s'appelait
24:42Moi j'aime bien les rillettes
24:43Oui
24:43Bon
24:45et puis on a fait le Sénégal en phase B
24:46eux ils ne se sont pas trompés
24:47ils ont mis le Sénégal en phase A
24:49Oui exactement
24:49C'est ce qu'a fait Daniel
24:50apparemment
24:52Apparemment
24:52mais en même temps
24:53il avait dit que c'était sa dernière chance
24:55parce que
24:56si cette chanson ne vendait pas
24:5830 000 exemplaires
24:59avait-il dit à l'époque
25:00j'arrête le métier
25:01Ah oui
25:01parce que j'en ai marre
25:03parce qu'en fait
25:04il avait fait
25:05différents disques
25:06qui n'avaient pas marché
25:07parce que vous savez
25:08au départ il est rentré
25:09chez Barclay
25:09Ouais
25:10avec Léo Missir
25:12Léo Missir absolument
25:12Léo Missir
25:13qui avait découvert
25:14entre autres
25:14Guy Marchand
25:15Nicoletta
25:15et Franck Alamo
25:16et c'est en écoutant
25:19la chanson
25:19Couleur d'automne
25:21que Missir
25:21s'est dit
25:21tiens ce garçon
25:22il a quelque chose
25:23Bah Missir
25:24pardon
25:25Missir c'était un musicien
25:27Oui
25:27le mec donc
25:28il avait une oreille
25:29au-delà du directeur artistique
25:32quoi
25:32Et en même temps
25:34quand il reçoit Balavoine
25:35Balavoine pose
25:35des conditions drastiques
25:36pour son contrat
25:37il veut être libre
25:38il veut avoir ceci cela
25:39et tout va être accepté
25:41Ouais bah oui
25:42parce que Missir
25:42a compris qu'il avait
25:43un artiste en face de lui
25:44Oui
25:44mais Barclay
25:45a dit que ça ne marchera jamais
25:47il a une voie
25:48qui ne marchera jamais
25:49Oui mais comme quoi
25:50Et c'est vrai
25:51qu'il avait une voie particulière
25:52qui n'était pas courante
25:53à l'époque Balavoine
25:54Ouais
25:54Ouais
25:55Parce que des voies
25:58comme la sienne
25:58il n'y en avait pas beaucoup
25:59C'est-à-dire qu'il a
26:00une large tessiture
26:01Oui
26:02Et il s'en sert
26:03Et il s'en sert
26:04Alors il se trouve aussi
26:05que cette chanson
26:06elle arrive après un autre album
26:08que vous connaissez peut-être
26:09qui s'appelle
26:10Les aventures de Simon et Gunther
26:11Oui oui oui
26:12En fait c'est un album concept
26:15que Balavoine avait écrit
26:16L'histoire de deux frères
26:17que le mur de Berlin a séparé
26:19et qui s'écrivent des lettres
26:20Oui
26:21Vous connaissez cet album ?
26:22Oui bah on joue une chanson
26:23de cet album
26:24Lady Marlene
26:25Oui
26:25qui est la chanson
26:27la plus connue de l'album
26:28et qu'on va écouter
26:29Lady Marlene
26:32Toi tu t'endors
26:35de l'autre côté
26:37Lady Marlene
26:43A Berlin tu sais rien à changer
26:48Et c'est vrai que cette chanson
26:50c'est la séparation
26:52de Berlin Est et Berlin Ouest
26:53il était marqué par le mur de Berlin
26:55je ne sais pas si vous en avez parlé
26:56Ben on était un peu
26:59assez sur la même
27:00sur la même ligne
27:02sur la même page
27:04à propos des événements
27:05du moment quoi
27:06C'est-à-dire ?
27:07C'est-à-dire de subir
27:08le jou
27:12d'une espèce de dictature
27:14la tyrannie
27:16d'une espèce de dictature
27:17ça nous était insupportable
27:18donc lui il l'a écrit
27:19mais nous on l'a vécu
27:21Il l'a écrit
27:23ce qui ne se faisait pas à l'époque
27:24il s'était renseigné
27:25il avait pris
27:25beaucoup de documentation
27:26sur le sujet
27:28et l'idée lui était venue
27:29parce qu'il avait fait un voyage
27:30après le succès
27:31de 1, 2, 3
27:32en tournée
27:34il était en Pologne
27:34et il avait imaginé
27:37la chute du mur de Berlin
27:38à ce moment-là
27:39et d'où la naissance
27:40de cet album
27:41Ah oui d'accord
27:41La Pologne c'était avant
27:43avant la chute du mur ?
27:45C'était bien avant
27:47la chute du mur
27:47et c'était
27:48même au début
27:51des années 80
27:51Ah oui d'accord
27:52Et donc
27:53Lady Marlène
27:54c'était une chanson
27:55qui a à peu près marché
27:56mais l'album
27:57n'a pas été un succès
27:58Bah peut-être
27:59je ne sais pas
27:59Et il se trouve
28:01que non seulement
28:02ça n'a pas été un succès
28:03mais qu'on lui a reproché
28:05de ne pas avoir fait un succès
28:06avec cet album
28:07qui était un album concept
28:08On lui a reproché
28:09La maison de disques
28:10à Eddie Barclay
28:11Bah oui
28:12quand on ne vend pas de disques
28:13on nous fait toujours
28:14des reproches
28:15c'est sûr
28:15Et c'est vrai
28:16qu'à cette époque-là
28:18les critiques étaient exceptionnelles
28:19parce que
28:20la voix au début
28:21a toujours eu
28:21je ne sais pas si vous le savez
28:22les critiques pour lui
28:23plus que public
28:24Bah oui parce que
28:25c'est quelqu'un
28:26qui n'allait pas
28:26dans le sens du vent
28:27Il allait dans le sens
28:28de son vent à lui
28:29Il savait ce qu'il voulait
28:31toujours
28:32C'était spontané
28:34et authentique
28:36donc il ne pouvait pas
28:38se tromper vis-à-vis de lui
28:39Les gens ça leur plaisait
28:41que ce soit les journalistes
28:43ou même le public
28:45c'était tellement entier
28:48qu'on ne pouvait pas
28:49se tromper
28:49Et c'est à cette époque-là
28:50qu'il fait ses débuts au cinéma
28:52dans un rôle de brancardier
28:53homosexuel
28:54je ne sais pas si vous le savez
28:55dans un film des Jolivets
28:56qui s'appelle
28:57Ah oui
28:58Pierre et Marc Jolivet
29:00qui étaient un duo à l'époque
29:02et pour tout vous dire
29:03un jour
29:04je crois que je suis
29:04l'un des premiers
29:05à interviewer Daniel Balavoine
29:06pour cet album
29:07les Jolivets que je vois
29:08me disaient
29:08on aimerait le rencontrer
29:09on adore ce qu'il fait
29:10je les ai mis en rapport
29:11et c'est comme ça
29:11qu'il a débuté au cinéma
29:12Les Jolivets
29:13je les ai croisés
29:14chez lui
29:15chez Daniel à Colombe
29:16Voilà
29:17mais ils étaient très amis
29:18et ils avaient été aussi
29:20les premiers fans
29:21de cet album
29:21que personne ne connaissait
29:23Ah oui
29:23Alors il se trouve
29:24qu'il y a quelqu'un aussi
29:26qui remarque cet album
29:28c'est Michel Berger
29:30Oui
29:30Car Michel Berger
29:31a été très proche
29:32de Daniel Balavoine
29:33Ah oui
29:33ils ont été très très proches
29:34très proches
29:35Je ne sais pas si vous le savez
29:36mais Michel Berger
29:37cherche quelqu'un
29:38pour jouer le rôle
29:39de Johnny Roquefort
29:40dans Starmania
29:41et il entend la voix
29:42de Balavoine
29:43dit c'est lui
29:44Bah oui
29:45ça ne m'étonne pas
29:46Berger c'était un musicien
29:48donc le mec
29:48il entendait bien
29:49ce qu'il fallait entendre
29:51Vous avez travaillé
29:52avec Michel Berger ?
29:52Non
29:53Vous l'avez rencontré ?
29:55Euh...
29:56A l'époque de Starmania
29:57non ?
29:57Non non
29:57bien avant ça
29:58il a été direct artistique
30:00chez Paté Marconi
30:01Oui
30:02Et à l'époque
30:03mes parents habitaient dans le coin
30:05donc le jeudi après-midi
30:08quand on n'avait pas école
30:08j'allais faire les auditions
30:11chez Paté
30:11Voilà
30:12Et il était directeur artistique
30:14d'ailleurs d'un artiste
30:15qui s'appelait Bourville
30:15pour une chanson
30:17qui s'appelle
30:17Les Girafes
30:18Ah oui
30:18Et le bénéfice lui a permis
30:19de créer son premier disque
30:21de Michel Berger
30:21quand il avait 15 ans
30:22Ah oui
30:23certainement
30:24C'était l'amour
30:25tu n'y crois pas
30:25Ah oui
30:26Voilà
30:27Et Balavoine
30:29Balavoine tout de suite
30:29avec Berger
30:30je ne sais pas si vous en parlez
30:31mais ça a été une vraie amitié
30:32Ah oui
30:32Complètement
30:33Il vous en parlait ?
30:35Non pas des masses
30:36Non
30:36Mais en tout cas
30:38il adorait Berger
30:39Ah oui
30:39Il appréciait
30:40tout l'artistique de Berger
30:43Et donc Berger
30:44le convoque un jour
30:45chez lui
30:46en disant
30:46voilà
30:47je prépare une comédie musicale
30:49Starmania
30:49un album
30:50et la chanson
30:52de l'audition
30:53c'est celle-ci
30:53Quand on arrive en ville
30:56tout le monde change de trottoir
30:58on n'a pas l'air virile
31:00mais on fait peur à voir
31:02des gars qui se maquillent
31:05ça fait rire les passants
31:07mais quand ils voient du sang
31:09sur nos lames de rasoir
31:10C'est vrai que ça a marqué
31:11la carrière de Balavoine
31:12cette chanson
31:13Ouais
31:13Je ne sais pas
31:15je ne m'en rends pas compte
31:15Parce que
31:16Starmania
31:17vous l'avez vu forcément
31:18Bien sûr
31:18Et c'est vrai que ça a été
31:20un événement
31:20parce que c'était quelque chose
31:21de tout à fait nouveau à l'époque
31:23Bah oui
31:23mais c'est aussi
31:25parce qu'il y a un côté
31:26dans le concept
31:28il y a un côté anglo-saxon
31:29Donc
31:31c'est tout à fait nouveau
31:32C'est-à-dire que
31:33c'est intéressant quoi
31:34Et c'est vrai que
31:35là aussi
31:36Michel Berger
31:37n'a pas beaucoup d'argent
31:38pour faire l'album
31:39il le fait avec un minimum d'argent
31:40et à ce prix général
31:41c'est un immense succès
31:42Ouais
31:43Je ne sais pas
31:44c'est les premiers succès
31:45de l'album
31:46je ne sais pas ce que c'est
31:47C'est quand on arrive en ville
31:48Ah bon d'accord
31:49Ah oui directement
31:49Balavoine
31:50et puis Diane Dufresne
31:52sont les premiers succès
31:53d'album
31:53D'accord d'accord
31:53Et ensuite le spectacle est monté
31:55au Palais des Congrès
31:56où Balavoine va faire ses débuts sur scène
31:58dans Starmania
32:00Ses débuts dans les comédies physicales
32:02Voilà
32:02Je ne sais pas si vous l'avez vu
32:03dans Starmania
32:04Non
32:04Moi j'étais le soir de la première
32:06Personne ne croyait d'ailleurs
32:07à ce spectacle
32:08D'ailleurs les premiers jours
32:09il n'y avait pas beaucoup de monde
32:10c'est monté en puissance
32:11par le bouche à oreille
32:12Il y avait 30 représentations de prévues
32:14pas une de plus
32:15parce qu'il y avait le cirque
32:16de Moscou derrière
32:16Ah oui c'est ça
32:17Mais ça a été un immense succès à la fin
32:19Bah c'était plutôt bien
32:20Oui
32:20Mais Balavoine n'était pas facile
32:22à gérer paraît-il
32:23Ah bon ?
32:24Parce qu'en coulisses
32:25il avait toujours peur
32:26Il avait peur avant d'entrer en scène
32:28Je ne sais pas si c'était le cas
32:29quand vous faisiez de la scène avec lui
32:31Euh non
32:31Non j'ai jamais
32:33Non
32:33Il criait maman
32:35Maman avant d'entrer en scène
32:36Maman ou maman ?
32:37Maman
32:37Ah ouais
32:38Non moi j'ai jamais
32:39Voilà
32:40Et il y a une autre chanson
32:43dans Starmania
32:44qui fait partie de la carrière
32:46importante de
32:47Daniel Balavoine
32:49c'est celle-ci
32:49Voici le SOS
32:52D'un terrien
32:54en détresse
32:56J'ai jamais
32:59C'est pas facile à chanter
33:09C'est l'exploit là
33:11parce qu'il y a une note grave
33:13et une note très aiguë
33:14Et c'est vrai que cette chanson aussi
33:15personne d'autre que Balavoine
33:17ne pouvait la chanter
33:18Ça paraît compliqué
33:19C'est très compliqué
33:19Mais il avait pris des cours de chant
33:21pour placer sa voix
33:22parce qu'il était terrifié
33:25avant d'entrer en scène
33:26il perdait sa voix
33:27Il a appris à ne pas perdre sa voix
33:29à ses débuts
33:30Ouais
33:30Enfin moi j'ai jamais vécu ça
33:32Voilà
33:32Il a eu des moments
33:33où il avait la voix cassée
33:34Donc il y a un tout bip
33:36qui venait
33:36qui faisait une piqûre
33:37de je sais pas quoi
33:39Une piqûre
33:40pour retrouver sa voix
33:41Voilà
33:42Mais ça durait pas
33:42Ça durait le temps du spectacle
33:44et puis le lendemain
33:45il était toujours enroué
33:47Et pourquoi il perdait sa voix ?
33:48Parce que
33:48tu vois quand on fait
33:50je sais pas
33:50un mois
33:51ne serait-ce qu'un mois de tournée
33:53au bout d'un moment
33:53ça fatigue
33:54Oui
33:54Surtout qu'il donnait tout
33:55lui sur scène
33:56Parce qu'il y avait
33:57très peu de jours
33:58de congé
33:59On dit des jours off
34:01Donc il n'avait pas
34:03le temps de récupérer
34:04Et les tournées
34:05ça se passait comment
34:05justement avec Balavoine ?
34:06C'était des concerts
34:07tous les soirs
34:08tous les soirs
34:08avec un rythme soutenu ?
34:10Enfin oui
34:10un truc quand même
34:11un peu malin
34:13c'est-à-dire qu'il y avait
34:13quatre jours
34:14un jour off
34:15quatre jours etc
34:16il y avait quand même
34:16des jours
34:18où on pouvait se reposer
34:19parce que
34:20que ce soit pour lui
34:20ou pour nous
34:21c'était fatigant
34:22Parce que les concerts
34:23duraient longtemps ?
34:24Je ne me souviens pas trop
34:26mais je crois que c'était
34:27un genre de deux heures
34:28Oui
34:28deux heures
34:29où il donnait absolument tout
34:31intense
34:31Et je crois que
34:32ce qu'il a marqué
34:33c'est son premier Olympia
34:34en 80
34:35je ne sais pas si vous avez
34:36assisté à cet Olympia
34:37Non
34:38Et ça a été le plus beau jour
34:39de sa vie
34:40disait-il
34:40parce que
34:41pour la première fois
34:42il était heureux
34:42sur scène devant un public
34:43Ah super
34:44Parce qu'à l'époque
34:45moi je ne jouais pas avec lui
34:47je connaissais le batteur
34:50c'est Roger Seco
34:51qui jouait avec lui je crois
34:52Le groupe il s'appelait
34:54le groupe il avait un nom
34:56Oui
34:56mais en tout cas
34:57ce qui comptait
34:57c'était lui sur scène
35:00et c'est vrai
35:00qu'il a mis quelques années
35:02à comprendre
35:03avant qu'il était
35:03une bête de scène
35:04mais c'était
35:04une bête de scène
35:06Ouais
35:06Ouais
35:07il n'avait pas peur
35:08tu vois
35:09il était sur scène
35:10il parlait aux gens
35:11il regardait les gens
35:12il n'avait pas peur
35:13Je sais qu'un jour
35:14un spectateur le siffle
35:15un soir
35:17furieux
35:18plusieurs fois
35:18donc il est descendu
35:19dans la salle
35:20pour lui taper dessus
35:21en disant
35:21ça ne m'étonne pas
35:23Ça ne vous étonne pas ?
35:25Non bah non
35:25c'est un mec du sud-ouest
35:26il ne faut pas le faire chier
35:27Le spectateur a sifflé
35:29à plusieurs reprises
35:29et après
35:30il a découvert
35:31qu'il était invité
35:32il l'a retaper dessus
35:33par principe
35:34il était capable
35:35de ça Balavoine
35:36Ah ouais
35:36Ah ouais
35:37c'était un tempérament
35:39quoi
35:39Alors ça c'est le passé
35:42et l'avenir
35:43c'est ce qui se présente
35:44maintenant
35:44à partir de la date
35:45d'aujourd'hui
35:46le 14 janvier 2026
35:48on en parle dans
35:49quelques instants
35:49avec Alain Pesner
35:50et on évoque
35:51Daniel Balavoine
35:52sur Sud Radio
35:52Sud Radio
35:54les clés d'une vie
35:55Jacques Pessis
35:56Sud Radio
35:57les clés d'une vie
35:58aujourd'hui
35:5814 janvier 2026
36:00Daniel Balavoine
36:01nous a quitté
36:02voici exactement
36:0240 ans
36:03on l'évoque
36:04depuis le début
36:05de ces clés d'une vie
36:06avec Alain Pesner
36:07son guitariste
36:08pendant des années
36:09et à partir de ce soir
36:11à Alençon
36:12et puis ensuite
36:13à Paris
36:14au Palais des Sports
36:15et ensuite
36:16en tournée
36:18il y a ce spectacle
36:19ce spectacle
36:20Balavoine ma bataille
36:21qui est un miracle
36:22comment
36:22qu'est-ce qui va se passer
36:24sur scène
36:24Alain Pesner
36:25voilà il se passe
36:26déjà pas mal de trucs
36:27on a fait
36:28on a fait deux dates
36:29il y a sept chanteurs
36:32six ou sept
36:34dont des jeunes
36:35des gens qui viennent
36:36des émissions de télé
36:37The Voice
36:41Star Academy
36:42et autres
36:42et il y a des gens
36:44qui chantent vraiment
36:45incroyablement
36:46et donc vous vous retrouvez
36:48sur scène
36:48avec vos musiciens
36:49pour la première fois
36:50depuis 40 ans
36:51oui j'ai retrouvé
36:52Christian Padovan
36:53Padovan
36:53comme il veut
36:54oui on était
36:56avec Daniel
36:56dans les années 80
36:57alors comment vous êtes
36:58d'abord rentré
36:58avec Daniel
36:59dans son groupe
37:00il y a eu un coup
37:01de téléphone
37:01et ensuite
37:02on répétait
37:04pardon
37:04dans un studio
37:05je suis plus
37:07dans un petit studio
37:08et on s'est retrouvé là
37:10donc c'était un test
37:11en fait
37:11parce qu'on ne savait pas
37:12ce qu'il allait se passer
37:13c'était même pas
37:15au niveau musical
37:16c'était au niveau humain
37:17oui
37:18c'est là que ça se passe
37:20donc à priori
37:23ça a marché tout de suite
37:23et c'est vrai
37:25que ça a marché tout de suite
37:26et que Balavoine
37:28vous a engagé
37:29et que c'est devenu
37:30une complicité
37:30sur scène totale
37:31ouais
37:32il était
37:33forcément
37:34parce que les gens
37:34de l'équipe
37:35là c'était tous
37:36des gens
37:36dans le même esprit
37:38Christian Padovan
37:39Yves Chouard
37:40on est tous de groupe
37:41on avait fait des groupes
37:43et travailler avec Balavoine
37:44sur scène
37:44l'accompagner
37:45c'était facile
37:45ou il était capable
37:46de partir
37:47dans n'importe quelle direction
37:48non non
37:48il partait pas
37:49non non
37:49c'était toujours
37:50dans le cadre
37:51mais par contre
37:51l'ordre
37:53il y avait un ordre
37:54des chansons
37:55il changeait l'ordre
37:55souvent
37:56en plein spectacle
37:57ah oui
37:58alors
37:59non ce qui était drôle
38:00c'est que
38:01les chansons
38:02elles ont pris
38:02des surnoms
38:03au fur et à mesure
38:04par exemple
38:05mon fils à ma taille
38:07non
38:08mon fils ma bataille
38:09c'était devenu
38:09mon slip à ma taille
38:10pourquoi
38:11c'est lui
38:12et à un moment donné
38:14mon slip à ma taille
38:15c'était devenu slip
38:17oui
38:17alors
38:18il descendait
38:19entre nous
38:20alors
38:20s'il intervertissait
38:23des chansons
38:24il descendait
38:26entre nous
38:27comme ça
38:27il faisait slip
38:28voilà
38:28donc il fallait s'accrocher
38:30c'est vrai que la prochaine chanson
38:31c'était celle-là quoi
38:31et bien justement
38:32on va l'écouter
38:33il y a un vibrato
38:55très particulier
38:56c'est un trop lent
38:58vibrato lent
38:59et il arrivait à le faire
39:00sur scène tous les soirs
39:01ah oui
39:02il fallait une technique particulière
39:04d'ailleurs
39:04il jouait
39:04c'est lui qui faisait
39:05la guitare acoustique
39:07c'est fou hein
39:07c'était un musicien super droué
39:10qui avait mis quelque temps
39:11justement à apprendre tout ça
39:12ouais je sais pas
39:14en tout cas
39:14il avait une telle conscience
39:16des choses
39:17qu'il a dû
39:18mettre du temps
39:19à accepter
39:20le fait de jouer quoi
39:21de jouer de la guitare
39:22en tout cas du piano
39:23tu vois
39:24il avait pas le
39:26il avait pas un don au départ
39:28non si
39:29probablement qu'il avait un don
39:30mais je veux dire par là
39:30il avait pas la technique
39:31bien sûr
39:32donc comme la plupart
39:33des choses
39:34il a écrit
39:34enfin je crois
39:35en tout cas
39:36quand j'y étais
39:37il écrivait au piano quoi
39:39sur un piano
39:39ah bon c'est à dire
39:40au clavier quoi
39:41il écrivait directement
39:42la musique
39:43elle venait directement au piano
39:44ouais
39:44ouais ouais
39:45il jouait des suites harmoniques
39:47et il faisait des mélodies dessus quoi
39:49voilà
39:49directement
39:49ouais ouais
39:50ce qui l'a rendu fou
39:51à un moment donné
39:51c'est quand il a acheté
39:52le Saint-Clavier
39:53tu vois le Saint-Clavier
39:55c'est une espèce de
39:56je sais pas comment dire
39:57c'est un instrument
40:00oui
40:01qui mouline des sons
40:03oui
40:03qui était tout à fait nouveau
40:04à l'époque
40:05oui oui
40:05et là il devenait fou
40:07ah bah non
40:07les sons ça le rendait dingue
40:09pourquoi
40:09je sais pas
40:10ça lui parlait quoi
40:11donc il faisait des chansons
40:12à partir de climats sonores
40:14c'est fou hein
40:15alors mon fils de ma bataille
40:17en fait c'est pas son histoire
40:18c'est un divorce douloureux
40:19d'un copain à lui
40:20avec sa femme
40:21qui lui a inspiré cette chanson
40:23ah d'accord
40:23on imagine que c'est son histoire
40:25pas du tout
40:26c'est une histoire d'un copain
40:27bah tant mieux
40:28alors il se trouve que
40:29ce spectacle donc
40:30balavoine ma bataille
40:31qui est quand même un événement
40:32on pouvait pas imaginer
40:33que 40 ans après
40:34balavoine serait encore écoutée
40:37ouais
40:37en fait je crois que ça vient
40:39du fait du producteur du spectacle
40:41Pierre-Nicolas Cléré
40:42qui était un fan de balavoine
40:44et un jour
40:45ça l'a pris comme ça
40:46il a eu envie de
40:49il avait eu envie
40:50d'écouter balavoine tout le temps
40:52donc il a
40:53comme il était déjà
40:54producteur de spectacle
40:55il s'est mis à
40:56réfléchir à un projet
40:57dans ce genre là
40:58c'est-à-dire que ce n'est pas
40:59une comédie musicale
41:00c'est un concert géant
41:01ah oui exactement
41:02exactement c'est un concert géant
41:03c'est-à-dire les chansons
41:04s'enchaînent
41:05oui
41:05avec à la fois les jeunes
41:07et les anciens
41:08non nous on chante
41:09enfin on fait des choeurs
41:10Christine et moi on fait des choeurs
41:12mais les chansons
41:13oui elles s'enchaînent
41:14mais nous on ne chante pas
41:16c'est les petits jeunes
41:17qui chantent
41:18mais ce qui est étonnant
41:18c'est que quand on voit
41:19ces émissions
41:20il y a souvent des chansons de balavoine
41:21et je pense que balavoine
41:22de son vivant
41:23n'imaginait pas
41:24que 40 ans après
41:25on chanterait encore
41:26mon fils ma bataille
41:26parce que pour beaucoup de chanteurs
41:28de la nouvelle génération
41:31c'est un
41:32c'est le saut de la mort
41:34des chansons de balavoine
41:35parce que c'est des étendues
41:37de tessitures
41:38sérieuses quoi
41:39oui mais le public
41:40les jeunes
41:40écoutent balavoine
41:41ce qu'on ne peut pas
41:42parce qu'il y a une écriture
41:43ça leur parle
41:44quoi ce qu'ils racontent
41:45ça leur parle
41:46ça leur parle
41:46parce que ça a toujours parlé
41:47il a toujours écrit
41:48en pensant aux jeunes
41:49non je crois qu'il a écrit
41:51comme ça lui venait quoi
41:52ouais mais en même temps
41:53je crois que le 22 janvier
41:56vous êtes au palais des sports
41:57de Paris
41:58au dom de Paris
41:59je ne sais pas si vous savez
42:00mais le palais des sports
42:02de Paris
42:02il a fait son premier
42:03grand concert
42:04comme producteur
42:05en 82
42:07avec un éclairage géant
42:09avec des stores vénitiens
42:11inspirés de ce David Bowie
42:13oui mais j'étais dans le spectacle
42:14vous étiez dedans ?
42:15oui oui
42:16alors c'était quoi ce spectacle ?
42:18c'était
42:18on avait déjà
42:20un bon moment
42:21au moins un mois
42:22ou un mois et demi
42:23de tournée
42:23dans les pattes
42:23donc ça roulait bien quoi
42:25et oui
42:26la scénographie
42:29c'était lui
42:30il y avait 850 projecteurs
42:35oui c'est ça
42:35parce qu'il avait racheté
42:36voilà c'est ça
42:37il avait racheté
42:38tout l'éclairage
42:39de Peter Gabriel
42:39comment ça se fait ?
42:41je ne sais pas
42:41mais c'était un truc de fou
42:43pour un concert
42:43ah oui non mais
42:45parce que c'était
42:45c'était vraiment très spécial
42:47quoi
42:47tous les spots
42:49étaient branchés
42:50sur une console
42:50étaient automatisés
42:52chaque chanson
42:54avait un éclairage particulier
42:56quoi
42:56mais il faut être presque fou
43:00non mais c'est sublime
43:01à voir
43:02à voir c'est somptueux
43:03c'est des trucs
43:03qui sont synchronisés
43:04les projecteurs sont synchronisés
43:07c'est incroyable quoi
43:08oui mais à l'époque
43:09il n'y avait pas
43:09la technologie d'aujourd'hui
43:11et ce genre de concert
43:12avec autant de projecteurs
43:13autant de lumière
43:13c'était rare
43:14à la Pesner
43:15oui
43:16oui oui
43:17bah oui
43:17mais bon
43:18il y avait une équipe
43:18d'éclairagistes
43:21qui était
43:21je ne sais pas
43:22si tu connais
43:23un mec qui s'appelle
43:23Jacques Riverolis
43:24Jacques Riverolis
43:25bien sûr
43:25c'était lui
43:26et Roque
43:27je ne sais plus son prénom
43:29mais Riverolis
43:30c'est celui
43:31qui met en lumière
43:33tous les grands spectacles
43:33de Paris
43:34oui oui
43:34Riverolis
43:36tiens justement
43:37on parlait du Golfe de Rouaux
43:37je l'ai connu
43:38au Golfe de Rouaux
43:39il éclairait
43:40enfin tu vois
43:41le Golfe de Rouaux
43:41c'est tout petit quoi
43:42donc il était assis
43:43sur le bord
43:44de la scène
43:45et il avait un spot
43:46et il éclairait
43:47un groupe
43:48dont j'ai oublié le nom
43:49je crois que c'était
43:50il était une fois
43:51qu'il débutait
43:52c'est possible
43:52il y avait Colen
43:53dans cette histoire
43:54il s'appelait
43:55les Peatles
43:55sur les bars
43:56exactement
43:56voilà
43:56alors il se trouve
43:59que ce qui a aussi
44:01très marqué
44:02l'époque de Balavoine
44:03si j'ose dire
44:04c'est cette interview
44:06à la télévision
44:06le 16 mars 1980
44:08une chose importante
44:09vous avez parlé
44:10pendant 10 minutes
44:10au moins
44:11de l'affaire
44:12Georges Marchais
44:12dont tout le monde
44:13se fout strictement
44:14le jour à la télévision
44:16où il est invité
44:17sur conseil de Jacques Attali
44:19par Mitterrand
44:19premier secrétaire du PS
44:21il doit parler 5 minutes
44:22à la fin de l'émission
44:23il en a marre
44:23parce qu'il n'a pas parlé
44:24et il se déchaîne
44:25contre Mitterrand
44:25bah oui
44:26il a bien fait
44:27mais ça a été un événement ça
44:28oui mais t'as vu
44:29je sais pas si t'as vu
44:30le document
44:31mais il parle
44:32il parle bien quoi
44:33il parle
44:34tout le monde était surpris
44:35parce que ça a donné
44:36une nouvelle dimension
44:37à Balavoine
44:38on pensait que c'était
44:38un homme politique
44:39alors que la politique
44:40c'était pas ça son truc
44:41enfin il avait un regard
44:42sur la politique quand même
44:43oui
44:43vous en parliez quelques fois ?
44:45des fois oui
44:46mais bon il était très prudent
44:47sur la question
44:48c'est vrai mais en même temps
44:49là ensuite
44:50quand il a fait
44:51ce numéro à la télévision
44:53d'ailleurs il a dit
44:54après que c'était un peu
44:55un numéro
44:55il a été approché
44:57par tous les partis politiques
44:58évidemment
44:59évidemment
45:00quand il y a une spontanéité
45:01comme ça
45:02c'est fort quoi
45:02donc ça a intéressé
45:05beaucoup de gens
45:05alors il a fait quelques galas
45:06pour Mitterrand
45:07mais ça l'a pas vraiment intéressé
45:08de se lancer dans la politique
45:09bah non
45:10parce que c'est
45:10non
45:11je crois qu'il a aussi
45:12fait campagne pour Coluche
45:14probablement
45:15oui ça ça lui ressemble
45:16en tout cas
45:17il a fait campagne pour Coluche
45:18au premier tour
45:19et il était prêt à voter
45:20pour Coluche au premier tour
45:21bah oui
45:22bah oui
45:22alors je crois
45:24que les hommes politiques
45:25je crois qu'il avait compris
45:26la réalité des hommes politiques
45:27c'était pas son
45:28c'était pas sa tasse de thé
45:30à la fois
45:30il a vu le numéro
45:31tu vois
45:33c'était pas son truc
45:35non pas du tout
45:35et moi je me souviens
45:37de sa mauvaise foi
45:39dans les débats
45:39souvent après l'émission de radio
45:41on déjeunait avec quelques personnes
45:43je me souviens d'un jour
45:44à Grenoble
45:45d'un débat
45:45au cours d'un déjeuner politique
45:46il disait le tout et son contraire
45:48avec une parfaite mauvaise foi
45:50tu parles de Daniel ou de Mitterrand ?
45:51Daniel
45:52vous avez insisté comme ça
45:54à des débats
45:55où il se déchaînait
45:56où il était capable
45:57de dire le tout et son contraire ?
45:58non
45:58je me suis sûr que ça existait
46:00oui peut-être
46:01il était de mauvaise foi
46:02quelquefois
46:03non
46:04non ?
46:05moi j'ai vécu ça
46:07mais déchaîné
46:07ce passionnant
46:09car c'était un passionné
46:09oui c'est un passionné
46:10voilà
46:10donc capable de dire le tout
46:12et son contraire ?
46:14ouais non
46:14non non
46:15c'était un mec
46:15enfin bon moi
46:16de ce que j'ai vécu avec lui
46:17c'était un mec assez objectif
46:19oui
46:19il savait qu'il ne pourrait pas
46:21changer le monde
46:21il a essayé en tout cas
46:23il a essayé ?
46:24bah oui
46:25tu vois
46:26à travers ses propos
46:26à travers sa vision des choses
46:28le mec
46:31il a quand même monté
46:32des associations
46:34pour acheter des pompes à eau
46:35pour certains villages africains
46:37on va en parler
46:38mais le côté justement
46:39je ne suis pas un héros
46:41il l'a même chanté
46:42ah oui
46:43cette chanson sera bien sûr
46:58dans ce spectacle
46:59ah oui bien sûr
47:00c'est une incontournable
47:02on aime beaucoup cette chanson
47:03et pourquoi ?
47:04parce que c'est un bon rock
47:05en même temps
47:06il l'a chanté sur scène
47:07avec passion
47:09bah ouais
47:09tu entends
47:10il est en colère
47:11mais il était en colère sur scène
47:13presque naturellement
47:14quand il l'a chanté ?
47:15Balavoine ?
47:16oui
47:16et c'est vrai que là
47:18il faut suivre dans ces cas-là
47:19les musiciens doivent suivre
47:20ah oui parce que c'est une énergie particulière
47:22il faut la suivre cette énergie
47:25et puis il y a la passion de Balavoine
47:27pour l'automobile
47:27je ne sais pas si vous l'avez vécu
47:29au départ il ne voulait pas passer son permis
47:31pendant des années
47:32et puis il a passé son permis
47:34et il s'est mis à avoir
47:36des voitures
47:36de sport pratiquement
47:39oui enfin moi j'ai
47:41ah oui si si quand même
47:43j'ai connu deux voitures
47:45quand il s'est acheté une Porsche
47:46décapotable
47:47et il était à Colombes
47:49il m'a dit viens on va faire un tour
47:50on est allé sur le périph
47:52il n'a pas enfoncé le champignon
47:55et là il m'a appris un truc
47:57il me dit tu vois
47:58on est dans la file de droite
48:00si on va au milieu
48:02il y a des mecs qui n'avancent pas
48:03et à gauche
48:04il y a des mecs qui vont trop vite
48:05si on reste à droite
48:06on risque rien
48:06et on peut sortir quand on veut
48:08et c'est vrai
48:09il avait raison
48:10il avait raison
48:11alors bon
48:11la passion de l'automobile
48:12il l'a conduit sur le Paris-Dakar
48:14le premier Paris-Dakar
48:15je crois qu'il a fait la première étape
48:17même pas jusqu'en Algérie
48:18ça s'est arrêté
48:19et le second Paris-Dakar
48:22il a fini 30ème
48:23pas mal quand même
48:24ah mais oui
48:25il a fini en 83 ou en 84 30ème
48:28malgré une panne d'essence
48:29à 10 km de l'arrivée
48:30c'est con ça
48:31et puis il y a eu effectivement
48:33la rencontre pour Live Aid
48:36avec Bob Geldorf
48:39ça ça a été important
48:40oui parce que ça a donné un sens aux choses
48:43c'est-à-dire ?
48:45c'est-à-dire que Geldorf
48:46il a créé une espèce de mouvement
48:50d'aide
48:51à l'idée
48:52et c'est justement parce qu'il avait
48:54il s'était un peu perdu dans le désert
48:56pendant le Paris-Dakar
48:57de Balavoine
48:57qu'il a eu envie
48:58d'aider justement
49:00ceux qui étaient dans la misère
49:01et la famine
49:02probablement oui
49:02et donc il y a eu cette histoire
49:04de pompe à eau
49:04qu'il a voulu emmener dans le désert
49:06et c'est sa sauce
49:07elles existent toujours
49:09bien sûr
49:10dans le spectacle d'ailleurs
49:11il y a une partie des bénéfices
49:13absolument
49:13qui iront à ces associations
49:15voilà
49:15et vous avez vécu cette période
49:16il en parlait
49:17c'était vraiment quelque chose
49:18qui l'intéressait ?
49:19ah oui ça l'intéressait
49:20complètement
49:21c'est-à-dire ?
49:21il vous en parlait
49:22c'était ?
49:23non il ne rentrait pas dans les détails
49:24mais on savait qu'il y avait
49:25et qu'il y avait ça sur le feu
49:27voilà
49:27donc il décide d'aller sur le Dakar
49:29pour justement
49:30aller porter
49:31des pompes
49:32des pompes à eau
49:33pour des pays
49:34qui manquent d'eau
49:34et c'est là
49:36où va se produire
49:37cet accident
49:37franchement
49:39est-ce qu'on sait
49:40ce qui s'est passé
49:41encore aujourd'hui
49:42à l'impézner ?
49:43j'en sais
49:43franchement j'en sais rien
49:44parce que personne
49:45ne sait vraiment
49:46pourquoi
49:47il est reparti
49:48alors qu'il ne veut pas repartir
49:49de l'hélicoptère
49:50et pourquoi
49:50je ne sais pas
49:51je ne sais pas
49:52moi je ne sais pas du tout
49:53enfin tout ce qu'on sait
49:55c'est qu'il n'est pas là
49:55et c'est vraiment
49:57quand vous l'avez appris
49:59quelle a été votre réaction ?
50:01c'est à dire que
50:01je l'ai appris
50:02d'une façon un peu abrupte
50:03j'étais en studio
50:04dans
50:04je ne sais plus pourquoi
50:05avec
50:07je ne sais plus qui
50:08enfin bon ben
50:08peu importe
50:09il y a un assistant
50:10qui dit
50:11il y a un Fairlight
50:12à vendre
50:14en France
50:15il y avait très peu
50:16de Fairlight
50:16je lui dis
50:16ah bon
50:17qu'est-ce qu'il vend
50:17le Fairlight ?
50:18il me dit
50:18bah la voie
50:19il vend son Fairlight
50:19je lui dis quoi ?
50:20il n'aurait jamais vendu
50:21le Fairlight ?
50:23c'est là que le mec
50:23il m'a dit non il est mort
50:25il s'est tué dans un accident
50:26c'est fou hein
50:27c'est horrible
50:27horrible
50:28mais s'il avait vécu
50:29qu'est-ce qu'il aurait fait
50:30balavoine ?
50:32moi je crois qu'il aurait
50:33continué dans la même veine
50:34quoi
50:34à exister comme il était
50:36fort
50:36oui
50:37exister fort quoi
50:38et aujourd'hui
50:39qu'est-ce qu'il ferait
50:40aujourd'hui ?
50:41est-ce qu'il serait
50:41aujourd'hui un défenseur
50:43de la nature
50:43de l'écologie ?
50:44est-ce qu'il chanterait encore ?
50:45est-ce qu'il ferait autre chose
50:46à votre avis ?
50:47il serait certainement
50:48un défenseur de l'écologie
50:49pardon mais pas celle-là
50:51voilà
50:51pas comme ça quoi
50:52parce que
50:53non c'était quelqu'un
50:54d'assez sain quoi
50:55assez sain
50:56et quand il disait
50:57je veux mourir malheureux
50:58c'était une légende
50:59c'est un clin d'oeil
51:00c'est un clin d'oeil
51:01parce qu'en fait
51:01il était heureux de vivre
51:02ah pardon tiens
51:03c'était ça le nom du groupe
51:04voilà
51:05clin d'oeil
51:05clin d'oeil c'est ça
51:06voilà
51:06mais il était heureux
51:09de vivre finalement
51:10mais bien sûr
51:11mais grave
51:11il était passionné
51:13mais oui
51:13mais oui
51:14et cette passion
51:15vous allez continuer
51:16à la transmettre
51:17à travers les chansons
51:18à travers ce spectacle
51:19j'espère oui
51:19donc pour l'instant
51:20il y a une tournée
51:21en France
51:22et il y a une autre tournée
51:24tellement le succès
51:24est prévu
51:25pareil oui oui
51:25je sais pas
51:27c'est les gens
51:28du bureau de production
51:30qui nous ont dit
51:31qu'il y avait des
51:31il y a un truc
51:32qui est en train
51:32de se monter
51:33à la rentrée
51:33oui en fait
51:34il y a 22 dates
51:35dans les édites de France
51:35les dates sont sur internet
51:37à partir de ce soir
51:39et il y a une tournée
51:40en octobre novembre 2026
51:41c'est ça
51:42encore une fois
51:42vous imaginez
51:43un tel succès ?
51:44non mais je sais plus
51:45avec qui je disais ça
51:46je crois que c'était
51:46ah oui avec Patrick Bourgoin
51:48on se dit
51:48putain
51:49à nos âges
51:50on est encore sur scène
51:51c'est vrai quoi
51:52parce que
51:53moi ça faisait 40 ans
51:54que j'étais pas monté
51:55sur une scène quoi
51:56voilà
51:56donc c'est
51:57oui mais la cause est belle
51:59il faut défendre
51:59bien sûr
52:00en tout cas
52:01Alain Pesner
52:02tous nos voeux de succès
52:03pour que transmettent
52:04ces chansons
52:05qui sont des classiques
52:06à la nouvelle génération
52:07et parce qu'on en a besoin
52:08et que des balles à voile
52:09il n'y en a plus beaucoup
52:10aujourd'hui
52:10c'est vrai
52:10merci
52:12mais c'était un plaisir
52:13et réciproquement
52:14les clés d'une vie
52:14c'est terminé pour aujourd'hui
52:15on se retrouve bientôt
52:16restez fidèles
52:17à l'écoute de Sud Radio
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