- il y a 4 jours
Tous les jours, les informés débattent de l'actualité autour de William Gay-Costa et Renaud Dély.
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00:06Les informés du matin, rendez-vous décryptage de l'actualité de France Info tous les matins jusqu'à 9h30.
00:13Nous revenons sur deux événements d'actualité sur France Info Radio et sur France Info Télé, le canal 16 de
00:19la TNT.
00:20Bonjour Renaud Delis. Bonjour William.
00:22Avec nous aujourd'hui autour de la table, Aurore Malval. Bonjour Aurore. Bonjour.
00:25Grand reporter au service politique de Marianne. Et bonjour Paul Barcelone. Bonjour William.
00:29Journaliste au service politique de France Info. Le premier sujet que nous allons aborder, c'est cette prise de parole,
00:34ce meeting organisé hier par Jean-Luc Mélenchon à Lyon.
00:38Il y avait évidemment dans tous les esprits, Renaud, la mort de Quentin Deranque, dans laquelle est peut-être impliqué
00:43en tout cas un des assistants parlementaires d'un député LFI, est mis en examen.
00:47Et Renaud, une sortie polémique dans cette prise de parole.
00:51Jean-Luc Mélenchon était donc en meeting hier à Lyon, la ville où le militant nationaliste Quentin Deranque a été
00:56tué.
00:56Il y a réaffirmé son soutien à Raphaël Arnaud, le député insoumis, mis en cause parce que l'un de
01:02ses collaborateurs est mis en examen pour complicité d'homicide volontaire.
01:07Il explique que les insoumis sont victimes dans cette affaire, selon Jean-Luc Mélenchon.
01:13Victimes aussi d'une cabale médiatique, je le cite.
01:16Et le leader insoumis s'en est pris longuement à un certain nombre de médias tout au long de ce
01:22meeting.
01:22Et puis devant les 2000 personnes qui étaient venues le soutenir à Lyon, il a eu aussi une phrase qui
01:29ce matin déclenche une polémique,
01:31une phrase qui est liée à l'affaire Epstein.
01:33On écoute Jean-Luc Mélenchon.
01:35– Sauf s'il s'agit de l'affaire Epstein.
01:41– Ah je voulais dire Epstein, pardon, ça fait plus russe Epstein, alors maintenant vous direz Einstein au lieu d
01:50'Einstein,
01:51Frankenstein au lieu de Frankenstein, et bien voilà non, tout le monde comprend comment il faut faire.
01:58– Alors qu'a voulu dire Jean-Luc Mélenchon ? Epstein ça fait pas russe, ça fait anglais justement.
02:04– C'est la prononciation américaine Epstein, du nom de Jeffrey Epstein.
02:08– Et cet individu se faisait appeler effectivement Jeffrey Epstein, c'est donc pour ça qu'on l'appelle Jeffrey
02:12Epstein.
02:13C'est d'ailleurs l'une des nombreuses réactions ce matin, celle de Jonathan Harfi,
02:17le patron du CRIF, du Conseil représentatif des institutions juives de France,
02:21qui explique, je le cite, qu'un élève de 5ème sait qu'en anglais Epstein se prononce Epstein,
02:26et il voit dans les propos de Jean-Luc Mélenchon un délire complotiste au vrai relant antisémite.
02:32Et puis de très nombreuses réactions politiques ce matin, notamment à gauche d'ailleurs Marine Tondelier,
02:37la secrétaire nationale des écologistes, qui tweet, ça suffit maintenant, rien ne va dans ses propos.
02:43Ou encore le patron du Parti Socialiste, le premier secrétaire Olivier Faure, est antifasciste,
02:49celui qui combat le fascisme, pas celui qui en réactive ce qu'il y a de plus indigne.
02:56De nombreuses donc réactions politiques, celles aussi de la ministre Aurore Berger.
03:00Bref, jusqu'où ira Jean-Luc Mélenchon ? Pourquoi de tels propos ?
03:04Et au-delà, pourquoi cette stratégie à la fois de victimisation et puis de radicalisation ?
03:09Paul Barcelone, vous déjà, comment vous interprétez cette sortie ?
03:13C'est dans l'emballement ou alors c'est peut-être une prise de parole délibérée ?
03:16Je crois que c'est la dernière étape ou la nouvelle démonstration de la fuite en avant de Jean-Luc
03:21Mélenchon,
03:21cette semaine, qui depuis l'affaire Quentin Doran, que vous rappeliez William, il y a deux semaines,
03:28ne dévie pas de ligne, ne lâche personne, ni Raphaël Arnaud, ni voilà, et continue dans l'outrance.
03:34On est exactement dans la manifestation,
03:39oui, d'une forme de délire complotiste, disait le CRIF ce matin,
03:43mais laisser penser que les médias manipuleraient l'opinion par la prononciation de Jeffrey Epstein plutôt que Epstein,
03:53voilà, c'est à tout le moins une stratégie étonnante qui doit nous interroger,
03:59et y compris sur ses conséquences politiques,
04:01quand on voit ce matin les réactions, a fortiori à gauche, d'anciens alliés de Jean-Luc Mélenchon.
04:05Aurore Malval, vous, qu'est-ce que vous y voyez derrière cette déclaration ?
04:09Est-ce qu'on y voit une manière pour Jean-Luc Mélenchon de se corneriser encore un petit peu plus,
04:13mais de renforcer on ne sait quoi ?
04:15Ou alors, c'est involontaire, il est allé trop loin ?
04:19Je ne pense pas que ce soit involontaire,
04:21je ne pense pas que Jean-Luc Mélenchon laisse au hasard une telle sortie.
04:25Surtout qu'il se savait scruter avec ce meeting à Lyon après la mort du canton d'Europe.
04:29Tout à fait, il y a plusieurs choses dans sa prise de parole,
04:32et je ne pense pas que cette séquence soit anodine,
04:35ou soit un dérapage en tout cas qui ne soit pas contrôlé.
04:38Je pense qu'il sait qu'il va, avec ça, ouvrir une nouvelle séquence.
04:41Une nouvelle séquence où une partie, en tout cas, va l'accuser de dog whistle.
04:46Vous savez, le fait de dire justement quelque chose sans le dire vraiment,
04:50pour que ce soit compris par certains supporters, en l'occurrence, comme étant une...
04:54Mais le dog whistle, c'est pour réveiller les consciences chez des supporters antisémites ?
05:00Alors, dit comme ça, forcément, ça semble un peu fou,
05:04mais en tout cas de dire que l'officialité médiatique
05:08ne voudrait pas dire les choses, ne dirait pas les choses telles qu'elles sont.
05:12Oui, c'est le complotisme.
05:14Exactement.
05:15Je dirais que ça correspond vraiment, en tout cas, à ce que fait un petit peu Jean-Luc Mélenchon ces
05:19derniers jours,
05:20où il a des charges très fortes, justement, contre ces médias qui le diabolisent,
05:25et qui ne raconteraient pas l'histoire telle qu'elle est.
05:27Paul Barcelone, il a fait une liste, même hier au micro, Jean-Luc Mélenchon.
05:31Le factuel de ce qui se passe hier soir, c'est qu'au moment où il a cette sortie qu
05:34'on vient d'entendre à l'instant,
05:37la salle ne réagit pas, ou en tout cas ne le contredit pas.
05:40Elle vient même applaudir, on a l'impression, de troupes...
05:42Il y avait 2000 personnes dans la salle, de troupes qui se soulèvent
05:44et qui applaudissent ces propos de Jean-Luc Mélenchon.
05:47Comme s'il y avait une adhésion à la parole du chef aussi.
05:50Et c'est construit comme ça aussi, un meeting de la France insoumise.
05:54Et le contexte, c'est effectivement ce que vous soulignez, William.
05:58C'est cette liste et ces nominations de médias.
06:02Et France Info en faisait partie.
06:04En fortiori, le chef du service politique de France Info,
06:06qu'il ne cite pas nommément, mais...
06:10Oui, il ironise qu'il ne le nomme pas pour ne pas lui mettre une cible dans le dos.
06:14Exactement, mais il en parle pendant plusieurs minutes.
06:16Ça participe, malgré tout, d'une forme de complot.
06:20Comme s'il y avait une manipulation pour l'abattre, pour le pointer du doigt, pour l'affaiblir.
06:25Parce qu'il serait le seul capable de battre le Rassemblement National au second tour de l'élection présidentielle.
06:30Parce qu'au fond, c'est ça la stratégie politique de Jean-Luc Mélenchon.
06:33C'est d'imposer le duel avec Jordan Bardella.
06:35Il est persuadé qu'il est le seul, au bout du compte, à pouvoir affronter le Rassemblement National au second
06:40tour de la présidentielle.
06:41De marginaliser en faisant une déclaration de cette sorte-là.
06:45Tout ça nourrit, alimente cette stratégie politique et la sienne, effectivement, d'essayer de mettre en place un duel entre
06:51eux, eux, les fascistes, dit Jean-Luc Mélenchon, et nous, nous, le peuple.
06:55Là, je reprends cette terminologie.
06:58Le fait est que dans le camp des fascistes, maintenant, il met tous ceux qui ne sont pas insoumis.
07:02Y compris, d'ailleurs, les médias qui, selon lui, la presse, les vieux médias, ont basculé dans le camp du
07:07fascisme, sont complices du fascisme.
07:09Et puis, tous ceux qui, donc, ne rallient pas la ligne de Jean-Luc Mélenchon et son propos.
07:16Et donc, y compris ce propos concernant Jeffrey Epstein, rebaptisé Epstein, étrange, la façon dont il le répète.
07:26Il fait rire à la salle, d'ailleurs, sur ce sujet-là.
07:29Et l'ensemble, d'ailleurs, du meeting était de cet ordre-là.
07:32C'est-à-dire qu'il y avait un jeu avec la salle.
07:34On était entre une forme quasiment de cabaret, de one-man show, et puis avec beaucoup d'allusions.
07:42C'est-à-dire, beaucoup, et à commencer par le CRIF et beaucoup d'autres responsables politiques, voient évidemment une
07:49allusion antisémite dans ce propos,
07:51jouée sur la terminologie Epstein.
07:53Mais Jean-Luc Mélenchon va se crier en disant, mais qui a-t-il d'antisémite ?
07:57Alors, pourquoi va-t-il chercher la référence russe alors que Epstein, ça n'a absolument rien à voir avec
08:01une quelconque prononciation russe ?
08:03C'est évidemment pour faire rire à la salle, puisqu'on nous accable aussi d'être des suppôts de l
08:07'admire Poutine.
08:08Donc, il y a une façon d'essayer à la fois de victimiser et d'expliquer que le monde entier
08:13est contre Jean-Luc Mélenchon et la France insoumise.
08:15C'est pour ça d'ailleurs que, et c'est un piège pour les adversaires politiques de Jean-Luc Mélenchon
08:20en partie,
08:21ceux qui aujourd'hui disent qu'il faut, et on l'entend parmi ces adversaires politiques, qu'il faut bâtir
08:26un cordon sanitaire contre la France insoumise,
08:29c'est l'expression utilisée, c'est-à-dire isoler ce parti et bâtir un cordon sanitaire.
08:34Je pense que c'est aussi ce qu'il souhaite, d'une certaine façon, bien sûr.
08:38Il y a la question de l'union de la gauche qui a périclité totalement, mais là, Aurore Marleval, on
08:43a presque l'impression que là,
08:45ça me semble difficile de pouvoir rejoindre les wagons une nouvelle fois pour un nouveau scrutin,
08:50de refaire une union de la gauche avec la France insoumise et les autres formations,
08:53après une déclaration qui, là, laisse peut-être beaucoup moins de doute qu'avant sur l'antisémitisme possible de Jean
08:59-Luc Mélenchon.
09:00– Oui, on voit bien que les partenaires, alors ni Olivier Faure, ni Marine Tondelier,
09:05n'ont écrit, justement, cette accusation noir sur blanc d'antisémitisme.
09:09Il y a l'un qui dit se prêter le flanc, justement, affronte le fascisme de la pire des manières,
09:15en justement nourrissant des... je ne sais plus comment il l'a formulé,
09:20mais en tout cas, le mot antisémitisme n'est pas cité, ni Marine Tondelier.
09:24– Les ressorts les plus dangereux du fascisme.
09:25– Voilà, les ressorts les plus dangereux.
09:25– C'est l'expression exacte de Olivier Faure.
09:27– Les ressorts les plus dangereux du fascisme.
09:29– Les ressorts les plus dangereux du fascisme, pardon.
09:31– Et du coup, c'est vrai qu'on voit bien, là, à chaque fois, on a le sentiment
09:35que Jean-Luc Mélenchon s'échine à mettre ses potentiels alliés
09:40dans la pire des situations possibles, à finalement...
09:43– Et pour l'instant, ils ont toujours suivi, relativement, on va dire.
09:46– Ils ont, oui, ils ont toujours...
09:46– Sur la question des municipales, il y a des potentielles alliances qui peuvent se faire, etc.
09:51Donc, pour l'instant, le cordon n'a pas été coupé.
09:53– Oui, mais alors, ils ont toujours suivi, précisément parce qu'en fait,
09:55le peuple de gauche, si je puis dire, je ne sais pas encore quelle réalité il recouvre,
09:59et on le verra, d'ailleurs, dans les prochaines élections.
10:01Mais ce peuple de gauche veut l'union.
10:03C'est-à-dire que si vous avez, effectivement,
10:06quelques insoumis sur une liste municipale,
10:09pour battre, justement, par exemple, à Marseille,
10:11l'ERN de Franck Alizio,
10:13je ne pense pas que ce soit quelque chose qui,
10:15pour l'électorat de gauche, serait insurmontable.
10:18Donc, jusqu'à présent, cette union de la gauche,
10:20elle tient aussi par là, par cette aspiration unitaire des électeurs de gauche,
10:24qui, finalement, quand il s'est agi de faire le nouveau Front populaire,
10:27y sont allés.
10:28En revanche, si ces sorties, justement,
10:31si leur fréquence et leur violence s'accélèrent,
10:35à un moment donné,
10:36eh bien, il y aura vraiment cette rupture, en fait, totale.
10:41Et la question des alliances ne pourra même plus...
10:44Enfin, s'il n'y a plus de discussion, il n'y aura plus d'alliances.
10:47si Jean-Luc Mélenchon se retrouve totalement cornerisé.
10:50Paul Barcelone.
10:51Là où je suis très surpris,
10:52c'est qu'on a l'habitude, en campagne,
10:54à fortiori, en campagne présidentielle,
10:56de dire, y compris sur ce plateau,
10:58il y a la stratégie, papi Mélenchon,
10:59vous savez, cette forme de recentrage,
11:01comme s'il était plus calme, plus républicain,
11:03plus respectueux des institutions,
11:05pour gagner, pour flatter un certain électorat,
11:07peut-être un peu plus de gauche modérée.
11:09Là, cette stratégie-là,
11:11elle est clairement terminée à un an et demi de la présidentielle.
11:14C'est quasiment un virage
11:15que prend Jean-Luc Mélenchon.
11:17Ce qui réinterroge les alliances à gauche,
11:20parce que, malgré tout,
11:22chez les socialistes, ces derniers temps,
11:24par exemple, quand vous écoutez un François Hollande,
11:26un Raphaël Glucksmann,
11:27ils ont des positions,
11:28même Bernard Cazeneuve, l'ancien Premier ministre,
11:31extrêmement claires sur la relation à LFI.
11:33C'est terminé, dit François Hollande.
11:35Il n'est pas question de faire des alliances,
11:38ni au premier tour, ni au second tour des municipales.
11:40Ça va réinterroger, une fois de plus, tout ça.
11:42La stratégie de Jean-Luc Mélenchon, aujourd'hui,
11:44c'est celle de la victimisation du seul contre tous.
11:48Et en ça, hier soir, désolé de le dire,
11:50mais il franchit encore un pas,
11:52il fait encore un pas en avant.
11:53C'est absolument volontaire.
11:55Et pour revenir sur cette sortie,
11:57sur Jeffrey Epstein,
11:59rebaptisé Epstein,
12:00sous les rires de l'assistance,
12:02il faut juste rappeler aussi
12:03que parmi ceux qui ont déjà pratiqué
12:06cette déformation,
12:09il y a par exemple Alain Soral,
12:10qui lui est un pamphlétaire,
12:12polémiste, antisémite.
12:14D'ailleurs, Jean-Luc Mélenchon est comparé à Alain Soral ce matin,
12:15notamment sur les réseaux sociaux.
12:16Ça, c'est...
12:18Effectivement, il y a cette comparaison qui existe,
12:21mais en tout cas, je constate simplement
12:23qu'Alain Soral, lui,
12:24polémiste, pamphlétaire,
12:26condamné pour antisémitisme à nombreuses reprises,
12:27insiste sur la nécessité de prononcer Epstein, bien sûr.
12:31Et puis, en fait, ce qu'on voit,
12:32c'est que Jean-Luc Mélenchon,
12:35mais ça, c'est une dérive de longue date,
12:36à partir de la légitime dénonciation
12:39sur bien des points de la politique
12:41du gouvernement israélien à Gaza
12:43et des massacres qui ont été commis à Gaza,
12:46pousse un peu plus le curseur à chaque fois.
12:48Et effectivement,
12:49à partir de cette critique politique
12:51qui peut être virulente,
12:54d'une façon ou d'une autre,
12:56verse dans des allusions antisémites
12:59qui semblent viser bien au-delà
13:02de la seule politique du gouvernement israélien.
13:03Donc, il continue sur cette ligne.
13:05Et un tout dernier point,
13:06et c'était aussi frappant dans l'ensemble, d'ailleurs,
13:08de la prestation de Jean-Luc Mélenchon,
13:10y compris sur la forme.
13:13Il puise en partie son inspiration chez Donald Trump,
13:15notamment quant à la dénonciation des médias,
13:17de la cabale médiatique,
13:18des médias qui lui en veulent et qui mentent,
13:20et puis aussi dans sa volonté de choisir,
13:21aussi, en quelque sorte,
13:22les médias auxquels il veut s'adresser.
13:25Et puis, il puise aussi dans le registre
13:26qui fut celui, fut un temps de Jean-Marie Le Pen.
13:28C'est-à-dire que Jean-Marie Le Pen jetait
13:30la vindicte des noms de journalistes
13:32à la vindicte de ses troupes,
13:35ou alors faisait aussi multiplier
13:37un grand nombre d'allusions du même type,
13:39et pour avoir moi-même très longtemps couvert
13:41les activités du Front National
13:42et les meetings de Jean-Marie Le Pen,
13:44voilà, ça me...
13:45Vous y trouvez un parallèle ?
13:46Si j'ose dire, ça me rajeunit un peu, oui.
13:48Juste, William, il y a du Le Pen,
13:50comme dit Renaud Delis,
13:51il y a un peu du Trump, presque,
13:53dans certains accents,
13:54dans la manière de se mettre en scène, etc.
13:56Et malgré tout,
13:57quoi qu'on pense de Jean-Luc Mélenchon,
13:58quoi qu'on pense de lui,
13:59ça reste un homme cultivé.
14:00Donc, ce type de polémique,
14:01ce type de dérapage,
14:02on ne peut pas penser que c'est involontaire,
14:05que c'est incontrôlé,
14:06que ce serait un dérapage
14:07qui ne serait absolument pas maîtrisé.
14:09Il le fait dans un contexte
14:10qui est gravissime dans la société française,
14:12où on voit une recrudescence de l'antisémitisme,
14:15des actes antisémites.
14:16C'est extrêmement dangereux
14:18pour un candidat à la présidentielle
14:20qui se réclame de l'arc républicain
14:21et qui réclamerait presque
14:23le Front républicain
14:24au second tour de la présidentielle
14:25s'il était qualifié
14:26contre le Rassemblement national.
14:28Non, c'est très dangereux,
14:28je pense, ce qui s'est passé hier soir.
14:30Paul Barcelone,
14:30Service politique de France Info,
14:32Or Malval de Marianne,
14:34Renaud Delis,
14:34vous restez avec nous,
14:35les informés reviennent dans un instant.
14:36C'est l'heure de l'info,
14:37en une minute à 9h20,
14:38avec Sarah Ders.
14:40Une immense fuite de données en France,
14:42sous les dossiers médicaux
14:43de 11 à 15 millions de Français,
14:45piratés avec des informations sensibles
14:47désormais sur le dark web
14:49et en accès libre.
14:50On y trouve les données de patients
14:52atteints par exemple du sida,
14:54victimes d'inceste ou de viols
14:55selon l'enquête de France 2.
14:57Le Pakistan, puissance nucléaire,
14:59bombarde l'Afghanistan,
15:00frappe cette nuit sur Kaboul et Kandahar.
15:03Le Pakistan déclare une guerre ouverte
15:05à son voisin
15:05qui a mené la veille une offensive
15:07à la frontière.
15:09Les deux pays s'affrontent
15:10depuis le retour au pouvoir des talibans
15:12en 2021.
15:13Des enseignants de l'université
15:15Panthéon-Sorbonne
15:16font de la rétention de notes
15:18des examens.
15:19Ils dénoncent la hausse
15:20de frais d'inscription
15:21de certains étudiants étrangers,
15:23des frais multipliés par 16,
15:25jusqu'à 4000 euros
15:26pour une année de master.
15:28La nouvelle ministre de la Culture
15:29présente hier soir
15:30à la cérémonie des Césars,
15:31interpellée sur l'impact
15:33de l'intelligence artificielle
15:34dans le cinéma.
15:35L'attachement remporte
15:36le trophée du meilleur film,
15:38Léa Drucker,
15:39celui de la meilleure actrice
15:40pour son rôle
15:40dans Dossier 137.
15:44France Info
15:47Les informés
15:49Renaud Delis
15:50William Biecosta
15:53Les informés
15:54de retour sur France Info,
15:56toujours avec Aurore Malval,
15:57grand reporter au service politique
15:58de Marianne,
15:59Paul Barcelone,
16:00journaliste au service politique
16:01de France Info,
16:02et vous Renaud,
16:03dans ce deuxième sujet
16:04que nous allons aborder,
16:05vous nous posez une question
16:06pour les municipales
16:07qui arrivent,
16:08où sont passés
16:09les macronistes ?
16:10Pourquoi ce scrutin
16:11est-il aussi difficile
16:12pour le camp présidentiel ?
16:14La dernière édition
16:16des élections municipales
16:16en 2020
16:17avait été particulièrement rude
16:18pour le camp présidentiel,
16:19et bien celle de 2026
16:20ne s'annonce pas plus facile,
16:23c'est dans 17 jours,
16:24le premier tour,
16:24le 15 mars.
16:26Et voilà qu'on cherche
16:27quels pourraient être
16:29les gains potentiels
16:30du bloc central macroniste
16:32lors de ces élections municipales.
16:33On évoque quelques villes,
16:34peut-être Annecy,
16:35peut-être Bordeaux,
16:36mais en tout cas,
16:36ça semble extrêmement compliqué.
16:38Et puis on se peine aussi
16:39parfois à saisir
16:40la cohérence stratégique
16:42des macronistes
16:43lors de cette élection municipale.
16:45Un cas de figure spectaculaire,
16:47évidemment,
16:47c'est celui de Paris.
16:48Parce qu'à Paris,
16:50le parti Renaissance
16:51dirigé par Gabriel Attal
16:53soutient Pierre-Yves Bournazel.
16:56C'est extrêmement clair
16:57dans l'esprit de Gabriel Attal,
16:58c'est ce qu'il répétait
16:58encore il y a quelques jours
16:59chez nos confrères
17:00de France Inter.
17:02Il faut une alternance à Paris
17:03parce que ça fait 12 ans,
17:05parce que ça a été mal géré,
17:06et que celui qui permet
17:07véritablement l'alternance à Paris,
17:08c'est Pierre-Yves Bournazel.
17:09On soutient Pierre-Yves Bournazel
17:10et j'espère qu'au deuxième tour,
17:12il sera en situation
17:13de rassembler derrière lui.
17:15Sauf que celle qui fut
17:16ministre d'Emmanuel Macron
17:17pendant deux ans,
17:18Rachida Dati,
17:18ministre de la Culture,
17:19elle vient justement
17:19de quitter son ministère
17:20pour finir sa campagne municipale.
17:22Elle vise Paris
17:23et Rachida Dati
17:24expliquait hier
17:25qu'elle avait le soutien
17:25d'un certain Emmanuel Macron.
17:27Je suis la candidate
17:28à la mairie de Paris,
17:29soutenue par Emmanuel Macron
17:31de manière très amicale
17:32et aussi politiquement.
17:33Il l'a dit,
17:34il l'a exprimé,
17:34y compris dans un communiqué.
17:36C'est compliqué la politique.
17:37Alors,
17:38une question simplement,
17:39est-ce que le macronisme
17:40ne serait pas finalement
17:41soluble dans ces élections municipales ?
17:44Aurore Malval.
17:44En tout cas,
17:45il semble dissous
17:46dans ces élections municipales
17:48parce qu'on a du mal
17:50à identifier déjà
17:51quels sont véritablement
17:52les candidats.
17:54Quand on regarde
17:54effectivement,
17:55Jean-Michel Aulas
17:56à Lyon,
17:57on pourrait être
17:57un candidat un peu
17:58bloc central.
17:59Il a été d'abord soutenu
17:59par LR,
18:00mais il est aussi soutenu
18:02par justement
18:03Renaissance
18:04et Horizon.
18:06à Marseille,
18:07Martine Vassal
18:08qui après sa sortie
18:09en récitant
18:10la devise
18:11de l'État français
18:11de Pétain,
18:13Travail Famille Patrie,
18:14a dégringolé
18:15dans les sondages.
18:17Tout ça ne crée pas
18:18quelque chose
18:18de très lisible
18:19et encore moins
18:20une dynamique
18:21pour les vestiges
18:24du macronisme local
18:25qui de toute façon
18:26n'a jamais
18:27véritablement été implanté.
18:29Ce qui est intéressant,
18:30j'en terminerai par là,
18:31à Paris,
18:31c'est qu'on a même
18:32une liste du centre,
18:34enfin de macronistes
18:35et d'Horizon,
18:36qui ne se réfère pas
18:39à la même chose.
18:40Si vous écoutez bien
18:41Gabriel Attal,
18:42il dit qu'il faut
18:42l'alternance
18:42depuis 12 ans.
18:44Une autre partie
18:44de sa liste
18:45considérera que ça fait
18:4525 ans
18:47qu'il y a la gauche
18:48à Paris
18:48et qu'il faut l'alternance.
18:49Donc déjà,
18:50il ne parle pas
18:50du même endroit.
18:51Paul Barcelone,
18:53ça s'approuve aussi
18:53que le parti présidentiel,
18:55comme le disait
18:55Ormalval,
18:56n'a jamais réussi
18:57à s'implanter localement,
18:58ce n'est pas un parti local.
19:00Exactement,
19:00le macronisme local
19:01et a fortiori
19:02le macronisme municipal
19:03n'existe pas.
19:05sur des listes LR
19:06ou autre.
19:06C'est le cas dans les grandes villes.
19:07Il n'y a pas de candidat
19:08et c'est ce que rappelait Aurore,
19:09il n'y a pas de candidat
19:10macroniste
19:10dans les grandes villes du pays.
19:12À Paris,
19:12c'est un candidat à Horizon.
19:13À Marseille,
19:14c'est Martine Bassal
19:15et à Lyon,
19:16ils soutiennent
19:16Jean-Michel Aulas
19:17qui n'est encarté nulle part.
19:19Mais effectivement,
19:20probablement que le parti
19:21qui est aujourd'hui dirigé
19:22par l'ancien Premier ministre
19:23Gabriel Attal
19:25paye un peu les pots cassés
19:26de neuf ans
19:27à ne pas s'intéresser
19:28à ces scrutins locaux
19:30parce que le parti
19:31à l'origine fondé
19:32par Emmanuel Macron
19:33avait servi
19:33l'ascension présidentielle
19:34du Président de la République
19:35et rien d'autre
19:36à la limite
19:37après la campagne législative.
19:38Mais depuis,
19:39le maillage territorial,
19:41le maillage local
19:41n'a jamais été le souci
19:42de ce parti
19:43et de l'état-major
19:44de ce parti.
19:45Même d'ailleurs en ce moment
19:46où le parti sert surtout
19:47les intérêts
19:48de Gabriel Attal
19:49et probablement
19:50a préparé sa campagne
19:51pour l'élection présidentielle
19:53de 2027
19:54même si Gabriel Attal
19:56dit qu'il faut d'abord
19:56réfléchir à un projet
19:57avant d'avoir un candidat.
19:59Donc,
20:00le risque
20:01qui guette
20:02c'est le grand effacement
20:03pour le macronisme.
20:04Et l'antisexion municipale
20:05en fait,
20:06on voit que
20:07les macronistes
20:08et renaissance
20:08se sont alliés à droite
20:10puisque dans l'écrasante
20:11majorité des villes
20:12en tout cas
20:12ils sont alliés à LR
20:13ou à la droite
20:14bien sûr
20:15mais même en supplétif
20:16de LR en quelque sorte
20:17puisqu'effectivement
20:18ce ne sont pas eux
20:19qui ont la plupart
20:19des têtes de liste
20:20donc ça c'est assez frappant
20:22sur la marginalisation
20:23d'un parti qui
20:24c'est vrai
20:24n'a jamais voulu
20:25s'ancrer localement
20:26et n'a jamais cherché
20:26à le faire
20:28avec des incohérences
20:29qu'on évoquait
20:29parce qu'à Paris
20:30c'est aussi
20:30notamment la question
20:31du second tour
20:32maintien ou pas
20:33de Pierre-Yves Bornazel
20:33il y a eu un micmac
20:34entre Edouard Philippe
20:36qui lui dit
20:37il faut l'alternance
20:38donc il faut fusionner
20:39il faudra sûrement s'entendre
20:41Pierre-Yves Bornazel
20:42qui dit l'arrière
20:43Gabriel Attal
20:44visiblement
20:44prône plutôt le maintien
20:45de Pierre-Yves Bornazel
20:46le résultat
20:47ça c'est aussi un crash test
20:48du fameux
20:49bloc central
20:50ou socle dit commun
20:51qui n'est plus tellement commun
20:52c'est-à-dire droite
20:52plus macroniste
20:53sur l'hypothétique
20:55candidature unique
20:56à l'élection présidentielle
20:58une candidature unique
20:59qui pourrait être soutenue
21:00à la fois par
21:00Gabriel Attal
21:01Edouard Philippe
21:02et Bruno Retailleau
21:03on voit qu'ils n'arrivent déjà
21:04pas à se mettre d'accord
21:05pour ce qui est
21:06de la municipale à Paris
21:07donc évidemment pour 2027
21:08ça risque d'être un peu compliqué
21:09Paul ?
21:09Non mais c'est effectivement
21:11un crash test
21:12c'est un crash test aussi
21:13pour des gens
21:14comme Edouard Philippe
21:14par exemple
21:15qui va avoir évidemment
21:17sa propre réélection
21:19comme maire du Havre
21:19et il y a cette semaine
21:21un sondage qui a fait couler
21:22beaucoup d'encre
21:22qui le donne perdant
21:23au second tour
21:24pour l'un de ses
21:27chapeaux à plumes
21:27aussi au parti horizon
21:28c'est Christian Estrosi
21:29qui est donné perdant
21:30à Nice
21:31contre Eric Ciotti
21:32donc voilà
21:33Edouard Philippe
21:33il peut ressortir aussi
21:34abîmé de ce scrutin-là
21:36et ce n'est pas la première fois
21:37que des encres coulent au Havre
21:38c'est vrai
21:39je vous reconnais bien là
21:41le délit
21:41et vous
21:42toujours le bon mot
21:43pour finir
21:44et pour vous reclure
21:45merci à tous les trois
21:46d'avoir été
21:46les informés du matin
21:48Aurore Malval
21:49grand reporter
21:49au service politique
21:50de Marianne
21:51qu'est-ce qu'on lit dans Marianne
21:52aujourd'hui ?
21:53On lit dans Marianne
21:54aujourd'hui
21:55une interview
21:56de François Ruffin
21:57sur un grand nombre
21:59de sujets
21:59en particulier aussi
22:00la politique internationale
22:01et à découvrir
22:03François Ruffin
22:04là aussi encore un candidat
22:05merci beaucoup
22:06Paul Barcelone
22:07du service politique
22:08et merci à vous Renaud
22:10c'est moi qui vous remercie
22:11continue sur France Info
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