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  • il y a 7 semaines
La gauche parviendra-t-elle à s'unir pour peser face à Rachida Dati aux municipales à Paris ? Emmanuel Grégoire, député et candidat socialiste à la mairie de Paris, est l'invité de RTL Matin.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Thomas Sotto du 18 décembre 2025.

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Transcription
00:00Vous écoutez RTL, il est 7h49.
00:02Thomas Soto, RTL Matin.
00:04Il a été le premier adjoint socialiste d'Anne Hidalgo pendant 6 ans.
00:07Aujourd'hui député, il rêve de lui succéder en mars prochain à la mairie de Paris.
00:10Emmanuel Grégoire est donc l'invité d'RTL Matin.
00:12Bonjour et bienvenue sur RTL, Emmanuel Grégoire.
00:14Bonjour.
00:14Ce sera donc vous la tête de liste d'une candidature unique socialiste, écologiste, communiste à la mairie de Paris
00:19pour les prochaines municipales. Cette fois c'est signé.
00:21Et place publique, oui tout à fait.
00:23On a réalisé une union historique, le moment du pays est grave.
00:26On a besoin de créer ce rassemblement. Il nous est demandé par les électeurs de gauche.
00:32Nous avons tous fait les efforts pour le rendre possible.
00:35Et maintenant nous souhaitons, à travers ce rassemblement, créer une dynamique qui soit encore une fois historique pour Paris
00:41et qui permette de protéger Paris de ce backlash conservateur, de cette menace de l'extrême droite qu'on va monter partout.
00:49Ça va être une campagne enthousiaste, ça va être une campagne de joie pour défendre une vision de Paris.
00:53Sauf que là l'équipe, on est d'accord, c'est celle qui est déjà aux manettes à Paris.
00:57Est-ce que votre projet s'est décrire la suite des années Hidalgo ?
01:00Alors non, ce n'est pas la même équipe. Plus de la moitié est renouvelée.
01:04L'histoire elle est faite de fidélité, mais aussi de renouvellement, de nouvelles ambitions, de nouveaux projets.
01:11Et aussi parce qu'il y a de nouvelles réalités, de nouveaux problèmes qui sont apparus en ville.
01:17Et donc c'est à cela qu'on répond. C'est une équipe qui allie de la compétence, beaucoup de renouvellement, beaucoup de dynamisme.
01:24Mais ce n'est pas quand même, pardon, mais du neuf avec du vieux, parce qu'on a l'impression que c'est la rénovation urbaine à partir de vieux bâtis.
01:29David Béliard, Yann Brossavou, vous avez tous travaillé avec Anne Hidalgo.
01:32Je dirais que vous avez été son premier adjoint pendant des années.
01:34Ne me dites pas que vous n'aimez pas les vieilles pierres.
01:37L'histoire politique, c'est aussi une fidélité.
01:40Est-ce que j'ai un lien avec l'histoire de la gauche ? La réponse est oui.
01:42Est-ce que j'ai une fidélité à Bertrand Delanoé et à Anne Hidalgo ? La réponse est oui.
01:47Donc c'est la suite.
01:48Mais non, c'est un nouveau projet, c'est un nouveau moment.
01:51Et parce qu'il y a plein de menaces qui pèsent très lourdement.
01:54C'est la spéculation, c'est la financiarisation, c'est la crise du pouvoir d'achat,
01:58qui sont liées aussi au fait que Paris est une ville dans un pays,
02:01et qui s'inscrit dans un contexte économique, un contexte social, qui est exigeant.
02:05Et c'est à cela que nous allons répondre tous ensemble.
02:07Et on va aller sur des questions très concrètes.
02:09Mais juste pour comprendre les contours de l'accord, est-ce que David Béliard, l'écologiste, sera votre premier adjoint si vous êtes élu ?
02:14Alors non, il ne sera pas premier adjoint, puisque ma première adjointe sera une femme, par définition, c'est le principe.
02:19Non, ce ne sera pas une première adjointe écologiste, puisque ce n'est pas dans l'accord.
02:23Mais ce n'est pas ça le plus important.
02:24Ce sera qui est là.
02:25Peu importe, c'est le Conseil de Paris qui décidera de ça, et en temps utile.
02:29C'est un problème de riche de savoir comment on compose son exécutif.
02:32On va d'abord se concentrer pour convaincre les Parisiens et les Parisiens de voter pour nous.
02:37C'est une union la plus large de la gauche, hors LFI.
02:41Hors LFI ?
02:42Mais bien sûr, hors LFI.
02:42Ne tendez pas la main à LFI.
02:43Vous le savez très bien, je l'ai dit mille fois.
02:45Je l'ai dit mille fois, M. Soto, ici, ici même, dans vos studios.
02:49Dans l'accord, les partenaires s'engagent à tout faire pour qu'il n'y ait qu'une seule liste de gauche au second tour.
02:53C'est exactement ça.
02:54Le LFI sera en dessous de 10%.
02:56Nous allons expliquer aux Parisiennes et aux Parisiens.
02:58Il n'y aura pas d'accord avec LFI, M. Soto.
03:01Je l'ai dit mille fois à votre livre.
03:02C'est faire définitif sans ambiguïté.
03:04Sans ambiguïté.
03:05Avec David Béliard, il ne dit pas la même chose.
03:07Je sais, mais il se trouve que c'est moi la tête de liste.
03:09Et que nous allons justement construire un rassemblement pour permettre à l'exécutif de gauche de comprendre
03:15qu'aujourd'hui, il y a une confrontation qui s'engage avec Rachida Dati.
03:19Que nous sommes la seule liste qui peut protéger Paris de basculer à droite.
03:23Et nous disons à l'ensemble de l'électorat de gauche que c'est vers nous et autour de notre projet
03:29qu'il faut trouver le chemin pour garder Paris à gauche.
03:32C'est ce qui vous rassemble, Rachida Dati ? Elle vous fait peur ?
03:34Non, ce qui nous rassemble, c'est aussi la gravité du moment dans lequel on vit.
03:37Rachida Dati est une adversaire qui nous inquiète pour l'avenir de Paris.
03:41Mais le rassemblement national est une menace qui nous inquiète pour l'avenir du pays.
03:45Et donc on voit bien que dans le moment économique que nous vivons,
03:48dans le moment où il y a des pressions sous le pouvoir d'achat, des menaces sur les valeurs,
03:52dans lequel l'extrême droite est historiquement très haut à Paris.
03:56Et on voit les ambiguïtés des rapprochements entre la droite et l'extrême droite.
04:02Nous avons considéré qu'il était de notre devoir de répondre.
04:04Vous soupçonnez, Rachida Dati, de vouloir s'allier avec le RN ou avec Sarah Knafo ?
04:08Écoutez, on voit certains des adjoints de droite faire des photos avec Thierry Mariani sur les marchés, etc.
04:13Il n'y a plus cette muraille de Chine très symbolique et très forte qu'avait posée Jacques Chirac.
04:18Mais donc vous, vous préférez...
04:19Ça a été un adversaire politique à moi, mais en réalité, il avait posé un principe protecteur de la République.
04:26Vous vous préférez perdre que de vous allier à LFI face à cette droite qui...
04:30M. Soto, nous allons gagner et nous allons gagner sans LFI, oui.
04:33Bon.
04:33David Béliard, il a décrit dans la soirée Rachida Dati comme la candidate d'une droite trumpiste,
04:37anti-pauvre, affairiste et climato-sceptique.
04:39Vous reprenez ces mots ?
04:40Il a totalement raison.
04:41Elle est malhonnête, Rachida Dati ?
04:43Alors attendez, ça, c'est la justice qui en décidera.
04:45Quand il dit affairiste ?
04:47Enfin, là, c'est plus qu'affairiste, pardon.
04:49Vous avez dit malhonnête, ce ne sont pas les mêmes mots.
04:51Et deuxièmement, ce n'est pas à moi de le dire, c'est à la justice.
04:54Et elle est renvoyée pour une audience en correctionnel, pour soupçon de corruption.
04:59C'est pas moi, c'est la justice.
05:00Moi, je ne commande pas ça, c'est la justice qui s'en occupe.
05:03Moi, je veux parler de Paris, du projet parisien, je ne commenterai pas les affaires.
05:06Vous comprenez qu'elle plaise aux Parisiens ?
05:07C'est quoi ? C'est son charisme ? C'est sa personnalité ?
05:11C'est le besoin d'alternance que vous dirigez la ville depuis un quart de siècle ?
05:14Surtout, vous partez d'un principe qu'elle plaît aux Parisiens.
05:18Je regarde les sondages, voilà.
05:19Justement, les sondages allaient 5 points derrière moi.
05:22Donc, je plaide plus aux Parisiens.
05:23Allez-vous l'interroger sur pourquoi les Parisiens...
05:26Quand elle viendra, je pose exactement les mêmes questions.
05:28Je ne suis pas sûr, je ne suis pas sûr.
05:30Elle a un effet de mode qui est très médiatique, qui est lié à ses blagues.
05:36Je ne suis pas sûr que ce soit la principale compétence pour être maire.
05:39Moi-même, je suis très drôle.
05:40La réalité, c'est qu'il faut remettre de la cérémonité, de la gravité et du sérieux dans ce débat.
05:45On va parler pouvoir d'achat, on va parler transport, on va parler santé.
05:49On va parler finance aussi.
05:49On va parler alimentation.
05:50Est-ce que Paris est au bord de la faillite ?
05:52La Chambre régionale des Comptes parlait il y a quelques semaines d'un niveau d'aide devenu insoutenable.
05:55Non, ce n'est pas vrai du tout.
05:58Est-ce que vous augmenterez les impôts locaux ?
06:00Non, je n'augmenterai pas les impôts locaux.
06:01Non ?
06:01Non.
06:02Pendant 6 ans ?
06:02Non, non.
06:03D'accord.
06:04Et je vous l'ai déjà dit hier.
06:05La Cour des Comptes, elle ne fait jamais un rapport pour dire du bien.
06:07C'est son principe et c'est normal.
06:09Et là-dessus, elle est souveraine.
06:11La ville de Paris n'a jamais été en déficit.
06:13Nous dégageons des centaines de millions d'euros d'excédents.
06:16Hier, nous avons voté un budget à 800 millions d'euros d'excédents budgétaires.
06:20Il ne faut pas faire de confusion entre la situation financière et le niveau de dette.
06:24Il y a des gens qui sont très riches, qui ont des dettes énormes.
06:27Mais ce n'est pas grave.
06:28Ce qui est important, c'est la capacité à les rembourser.
06:29Est-ce que nous avons la capacité à les rembourser ?
06:31Oui.
06:31Est-ce que ça a été utile ?
06:33Oui.
06:33Donc, il n'y a pas de fragilité financière de la ville ?
06:35Non, il n'y a pas de fragilité.
06:36Il y a des nouveaux défis.
06:37Vous savez très bien que l'État ferme les robinets parce qu'il y a une crise financière
06:39au niveau national.
06:40D'ailleurs, l'État était aussi bien géré que la ville de Paris.
06:43Il n'y aurait aucun problème.
06:44Aucune dette n'a été utilisée pour autre chose que pour des investissements.
06:47Nous achetons de la pierre.
06:49Cette dette-là, elle correspond à 130 000 logements dont les Parisiens sont propriétaires en plus.
06:54Et la Cour des comptes, elle dit qu'en face de la dette, nous avons passé les actifs en gros d'une vingtaine de milliards à plus de 40 milliards d'euros.
07:00Emmanuel Grégoire, il y a quelques jours, votre allié, David Béliard, proposait d'interdire le stationnement des SUV à Paris.
07:06Si vous gagnez, est-ce que les SUV auront encore le droit de se garer dans les rues de la capitale ?
07:10Oui, ils auront le droit.
07:11Simplement, il y a des évolutions à mener.
07:13Ce n'est pas sur ce sujet-là.
07:14Et je veux dire, le rôle de chacun dans ce rassemblement.
07:17C'est un peu accord et désaccord quand même, votre allié.
07:19Mais c'est le principe de la diversité de la gauche et normalement de la démocratie.
07:24Et moi, je souhaite aussi assumer ça, un changement de méthode.
07:27Je ne suis ni un maire sectaire, ni un maire autoritaire.
07:29Je suis un homme de dialogue.
07:30Ma force à moi, c'est de la capacité à embarquer, à rassembler et à dialoguer.
07:35Vous savez qu'il y a beaucoup de Parisiens et de banlieusaires qui ont reproché à Nidalgo de mener une vraie chasse aux voitures.
07:40Vous allez poursuivre cette politique-là ou pas ?
07:41Écoutez, moi ce que j'observe, c'est que beaucoup des maires de Petite Couronne font un peu la même chose que nous.
07:45Ils veulent piétonniser, ils veulent protéger la qualité de vie de leurs habitants et c'est normal.
07:48Ce qu'il faut, c'est de la coordination pour le faire intelligemment tous ensemble.
07:51Mais sans doute, ce niveau de coordination à l'échelle métropolitaine a manqué.
07:56De coordonner mais dans le même sens ?
07:57A manqué.
07:58C'est ça ?
07:58Oui, bien sûr, bien sûr.
07:59Mais bien sûr, moi je suis venu en bas de vos bureaux.
08:02Le maire de Neuilly, il a fait comme nous.
08:04Il a piétonnisé, il a planté de la végétalisation.
08:06Parce que c'est une demande de qualité de vie, de lutte contre la pollution, contre le bruit.
08:10Simplement, il faut le faire de façon concertée pour pouvoir faire en sorte que ça ne crée pas des impensés sur les besoins essentiels
08:17qui sont ceux d'abord de la mobilité, des gens qui n'ont pas le choix de prendre leur voiture.
08:21C'est-à-dire, je pense aux personnes âgées, je pense aux personnes à mobilité réduite.
08:25Et puis, évidemment, aux activités économiques auxquelles je suis très attaché.
08:29Mais oui, on va continuer à végétaliser, à protéger la santé de nos enfants et de nos aînés.
08:33Il y a un sujet dont la maire sortante Anne Hidalgo ne voulait pas entendre parler,
08:36c'est la vente du Parc des Princes au dirigeant du Paris Saint-Germain.
08:38Est-ce que vous souhaitez, oui ou non, vendre le parc ?
08:40Oui, à titre personnel, je le souhaite.
08:42Des accords avec David Béliard, là encore ?
08:43Oui, et d'ailleurs, on l'a marqué dans l'accord.
08:45Il y a 99% où on est d'accord et il y a quelques points sur lesquels on n'est pas d'accord.
08:48Ça sera tranché comment ? Un référendum local ?
08:50Non, j'ai plutôt, moi, l'envie de saisir le Conseil de Paris et d'obtenir un mandat.
08:55Parce que ce n'est pas le maire qui décide, c'est le Conseil de Paris.
08:58Et je pense qu'honnêtement, on a un investisseur qui veut rénover le parc
09:02autour d'un club, le PSG, qu'on aime tous et qu'on veut voir rester.
09:06Et moi, je veux sortir de la pensée magique qu'est le PSG doit rester,
09:09mais on ne vend pas ou on ne sait pas, etc.
09:10Donc, à un moment donné, il faut poser les choses sérieusement.
09:13Le Conseil de Paris en discutera et décidera souverainement.
09:16Et c'est aussi ça, un changement de méthode.
09:18Je veux plus associer les Parisiennes et les Parisiens,
09:22plus associer le Conseil de Paris, plus associer la majorité et les oppositions
09:26dans les décisions qui seront prises régulièrement.
09:29Et notamment, consulter beaucoup les Parisiens.
09:31Rapidement, pour finir, on évoquait à 7h15 la question des notes de frais chez les maires.
09:34On se souvient de celle d'Anne Hidalgo, qui tout en restant dans le cadre légal
09:36avait beaucoup fait parler.
09:38Si vous êtes maire, est-ce que vous supprimerez ou encadrerez davantage
09:40ou renoncerez aux notes de frais des maires ?
09:42Oui, alors, renoncer, ce n'est pas possible.
09:43Moi, je répète, en 6 ans, de premier adjoint, j'ai fait 400 euros de notes de frais, tout compris.
09:48C'est important de le rappeler, parce que dans ceux qui nous donnent des leçons,
09:52y compris de l'opposition, on a plus parlé de deux pizzas pour enfants
09:56que des scandales.
09:57Vous allez encadrer ça différemment ?
09:59Évidemment, je l'ai déjà dit, transparence totale,
10:01limitation très restrictive des types de dépenses autorisées et baisse du montant.
10:06Vous êtes toujours fâchée, Canne Hidalgo ?
10:08C'est elle qui est fâchée. Moi, je n'ai jamais été fâchée avec elle.
10:10Mais vous ne vous parlez pas du tout ?
10:11Non.
10:12Ça vous fait de la peine ?
10:13Son absence de soutien ?
10:15Ça m'a fait de la peine et après, ça m'a donné de la force.
10:17Mais il a un sens politique, son absence de soutien ?
10:20Que les transitions sont difficiles et que toutes les belles histoires d'amour peuvent finir mal.
10:24Vous pensez qu'elle va voter pour vous ?
10:25J'en suis convaincu.
10:26Vous êtes convaincu. Merci beaucoup, Emmanuel Grégoire, d'être venu.
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