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  • il y a 10 minutes
Quand il était ministre de la Justice, il sommait le RN de « faire le ménage » dans ses rangs et d'en chasser les « identitaires et les nazillons ». Aujourd'hui le gouvernement cible les groupes d'ultradroite, mais aussi l'ultragauche et pointe la responsabilité de LFI. Faut-il « hiérarchiser les extrêmes » ? L'ancien garde des Sceaux et ancien avocat pénaliste Eric Dupond-Moretti est l'invité de RTL Matin.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Thomas Sotto du 26 février 2026.

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Transcription
00:00Thomas Soto, RTL Matin.
00:03Il est 7h42 et ce matin c'est l'ancien garde des Sceaux surnommé Akitator lorsqu'il était avocat pénaliste
00:08qui est l'invité d'RTL Matin.
00:09Bonjour et bienvenue sur RTL, Éric Dupond-Moretti.
00:11Bonjour monsieur Thomas Soto.
00:12Je voudrais pour commencer qu'on parle du climat général en ce moment.
00:15Pas un jour ne passe, Éric Dupond-Moretti, sans qu'on entende les mots nazi, fasciste, antifasciste.
00:20Qu'est-ce qu'il se passe ? Qu'est-ce qu'on est en train de vivre ?
00:23Il se passe qu'un gosse s'est fait tuer, un gosse de 23 ans, en des conditions absolument atroces,
00:29bien sûr.
00:30Et ce qui me sidère c'est qu'il a fallu ce drame absolu, parce que c'est un drame
00:36absolu, pour que l'on se rende compte de ce qu'était LFI.
00:40Alors qu'il y avait quand même quelques signes précurseurs de véritables alarmes lancées par un certain nombre de politiques.
00:47C'est quoi LFI ?
00:50Ce sont des gens qui ont envie de foutre le bordel, de bordéliser la vie politique,
00:57qu'ils ne veulent plus de la Constitution, ils ne veulent plus de la République telle qu'elle est.
01:03C'est des injures, des bordées d'injures à l'Assemblée Nationale.
01:07Ce n'est pas LFI qui a tué Quentin Doranque ?
01:08Attendez.
01:09Ils ont une responsabilité morale absolument évidente, parce qu'ils sont associés avec ceux qui ont tué la jeune garde.
01:22Et il aura fallu ça pour qu'on se rende compte.
01:25D'ailleurs là, ils se défendent, mais ils sont pris dans la nasse.
01:28Ils ne peuvent plus se défendre de ça.
01:30Donc ils racontent n'importe quoi, les uns racontent que ce gamin méritait de mourir,
01:34parce qu'il était catholique, nazi, tout ce que vous voulez.
01:39Et il aura fallu ça.
01:40Donc ils sont aujourd'hui, à mon avis, totalement marginalisés.
01:44On sait qui ils sont.
01:45Le problème, c'est qu'il y avait un certain nombre de signes qui permettaient de le savoir avant.
01:50Desquels ?
01:50La position qui est la leur sur le Hamas, par exemple.
01:53Le drapeau palestinien à l'Assemblée Nationale.
01:56Le pied sur le ballon représentant le visage d'Olivier Dussop.
02:01Ancien ministre.
02:01Ancien ministre, etc.
02:03etc. etc.
02:04Ça veut dire quoi ?
02:05Que LFI est aujourd'hui le principal danger pour la République, pour nos valeurs ?
02:08Non, je ne dis pas cela, moi.
02:11C'est un danger, en tout cas, LFI ?
02:12Bien sûr que c'est un danger.
02:14C'est une absolue évidence.
02:16On n'a pas envie de vivre dans une société qui est radicalisée à ce point.
02:21Et puis, il y a tous les propos qui ont été les leurs, et qui permettent de dire,
02:25et moi j'ai été un des premiers à le dire, que LFI est antisémite.
02:29Et puis, il y a l'autre extrême.
02:33Et qui, aujourd'hui, se refait la cerise, au fond.
02:36Vous pensez à qui ?
02:38Je pense au Rassemblement National, je pense à toute l'extrême droite française,
02:43qui dit, mais vous voyez ce qu'est LFI, et nous, nous sommes très loin de tout cela,
02:49c'est la stratégie de la cravate.
02:52Ça veut dire quoi ?
02:52Qu'est LFI et l'idiot utile du RN, en fait ?
02:55Vous dites, ils se refont la cerise, c'est ça ?
02:57Oui, bien sûr, mais sans aucun doute.
02:59Sauf qu'on a oublié deux ou trois petites choses.
03:02Il y a un certain nombre de violences, d'exactions, qui sont générées par les amis du Rassemblement National.
03:12Et puis...
03:13Sauf que, pardon Eric Dupont-Mauty, mais hier soir, Marine Le Pen, qui était invitée de BFM TV, a été
03:17très claire.
03:18Les quelques personnes qui appartiennent à ces groupuscules, les groupuscules d'Ultradone, je les ai virées.
03:23Le RN n'a aucun lien avec ces groupuscules, il n'y en a pas.
03:25Ils sont des adversaires politiques.
03:27Là, pour le coup, c'est sans ambiguïté.
03:28Ce n'est pas comme Jean-Luc Mélenchon qui dit, la jeune garde, c'est nos amis.
03:30Les mots sont sans ambiguïté, mais les mots et les actes, ce n'est pas la même chose.
03:35M. Paradol, qui est le directeur de cabinet de M. Bardella...
03:38François Paradol ?
03:39Oui, il sort de qui ? De chez qui ? Il sort de chez Soral.
03:43Soral, c'est un antisémite, goudard, néo-nazi, violent.
03:47Il est jusqu'en 2010.
03:48Oui, j'entends bien.
03:49Vous avez eu des amis comme ça, vous ?
03:51Les auditeurs qui nous écoutent, ils ont des amis comme ça.
03:53Et M. Châtillon, qui est très très proche de M. Bardella,
03:57ou qui l'a été pendant des années. Enfin, moi, pardon.
04:00Sauf qu'Éric Dupond-Moretti, si on veut se faire l'avocat par rapport à ce que vous dites,
04:05et je sais que l'avocature est quelque chose auquel vous tenez.
04:07Patrick de Véggian, à l'époque, il a été à Occident, qui était l'ancêtre du GUD,
04:11ça ne l'a pas empêché des années plus tard d'être un ministre très républicain ?
04:15Ben, écoutez...
04:16On peut changer dans l'époque.
04:17Vous pouvez toujours me prendre le contre-exemple, mais pardon.
04:20Aujourd'hui, à l'Assemblée nationale, vous avez un député qui a été condamné
04:24pour des violences volontaires avec armes.
04:27Et qui tenait une petite boutique...
04:29Raphaël Arnaud, en l'occurrence.
04:31Non, oui, Raphaël Arnaud n'était pas pour armes.
04:33Vous pensez à qui, alors, au RN ?
04:34Occaletti, qui a été condamné, et qui avait une petite boutique
04:37dans laquelle on vendait des livres antisémites.
04:40Vous avez Mme Parmentier, Mme Parmentier...
04:42Députée du Pas-de-Calais.
04:43Elle appelait Simone Veil la Grosse Veil.
04:47Et d'ailleurs, elle fustigeait l'action de Simone Veil,
04:52que tout le monde connaît, bien sûr,
04:54en disant que cela avait généré un génocide.
04:58Le mot n'est pas neutre.
05:00Et puis, vous avez encore Lousteau,
05:02et puis vous avez encore Lousteau, Axel Lousteau,
05:05qui était très proche de Marine Lapenne.
05:06En 2017, je pense qu'il était encore là.
05:09Elle a pris ses distances depuis.
05:10Et pardon de vous dire que je constate que la presse traditionnelle
05:14ne va jamais sur ces sujets.
05:16Aujourd'hui, c'est tapis rouge, parce que l'on pense sans doute,
05:19mais l'on pense mal, que l'élection du RN est inéluctable.
05:22Et donc, on évite de leur poser un certain nombre de vraies questions.
05:25Moi, je vous dis quelque chose de très simple.
05:27Je suis à table avec M. Chétillon,
05:28qui honore tous les 20 avril
05:32la naissance d'Adolf Hitler
05:35et qui le fait saluer par ses convives.
05:38Je me lève et je quitte la table.
05:40M. Bardella, il reste
05:42et ils sont liés
05:43dans des intérêts économiques
05:46dont on parle encore aujourd'hui.
05:49Ça, vous en parlez dans votre livre,
05:50Un juré craché, publié chez Michel Lafonce.
05:53Et personne ne rappelle cela à ces gens-là.
05:56Ça veut dire, Éric Dupond-Bretti,
05:57que vous mettez aujourd'hui LFI et le RN dans le même sac,
06:00le champ des anti-républicains ?
06:02M. Thomas Soto,
06:04je pense que la France est bien trop belle
06:06pour être confiée aux extrêmes.
06:10Pour moi, LFI et l'extrême droite,
06:14incarnée par Marine Le Pen, par Zemmour,
06:17c'est d'un côté la peste et de l'autre le choléra.
06:20Vous êtes dans le ni niveau aussi,
06:21ni l'un ni l'autre.
06:22Ni l'un ni l'autre.
06:23Sauf qu'Éric Dupond-Bretti,
06:24ces arguments-là que vous avez développés
06:26sur le Rassemblement National,
06:27vous voyez bien que ça glisse
06:28sur de nombreux électeurs.
06:29Ils disent, ça ne nous intéresse pas,
06:31nous ce qu'on veut, c'est l'alternance.
06:32Il y a 35% de Français
06:33qui seraient prêts à voter pour un candidat
06:35ou une candidate hérène dimanche prochain
06:36s'il y avait le premier tour de la présidentielle.
06:38Ils ont été plus de 11 millions à voter
06:40pour eux aux législatives de 2024.
06:41Il n'y a pas 35% de fachos.
06:43C'est pas ce que je dis,
06:44mais quand je vous réponds à cet instant,
06:48j'essaie de démontrer
06:49qu'un certain nombre de points névralgiques
06:51qui concernent le Rassemblement National
06:54ne sont plus évoqués par la presse traditionnelle.
06:57C'est aujourd'hui, d'une certaine façon,
06:59tapis rouge.
07:00Ce n'est pas tout à fait vrai.
07:01Hier, il y avait Jean-Philippe Tanguy
07:02qui était là,
07:03on a parlé des problèmes de candidats
07:04et pas que nous.
07:05Je vais toujours me donner des contre-exemples,
07:06mais quand je parle de Lousteau et de Châtillon,
07:08les auditeurs qui nous écoutent
07:10et qui vont bosser dans leur voiture,
07:12ils ne savent peut-être pas forcément
07:13qui c'est ces gens-là.
07:14Ces gens-là sont des néo-nazis revendiqués.
07:16J'avais dit à Mme Le Pen, à l'Assemblée Nationale,
07:19Madame, avant de donner des leçons,
07:21débarrassez-vous des gudards,
07:22des antisémites, des racistes, des néo-nazis.
07:24Qu'est-ce qu'elle a dit ?
07:26Elle a dit, je vais déposer une plainte contre vous.
07:28Elle ne l'a pas fait.
07:29La plainte, elle n'est toujours pas déposée,
07:31mais sans doute, pressentait-elle,
07:32et elle avait raison,
07:33et elle avait raison sans doute
07:34que j'avais une liste longue comme le brin
07:37de ces amis-là.
07:39Mais ils sont toujours,
07:40toujours dans l'entourage
07:42et dans le sillage du Rassemblement National.
07:44Si on prend Jordan Bardella,
07:45le président du Rassemblement National,
07:46vous ne l'aimez pas, c'est un fait.
07:47Mais qu'est-ce qui,
07:48dans ces prises de position publiques,
07:50vous inquiète, vous dérange ?
07:52Son impossibilité, par exemple,
07:55à dire que Jean-Marie Le Pen
07:57était antisémite.
07:58Enfin, qu'est-ce qu'il faut ?
07:59Il y a une vingtaine de condamnations.
08:01Qu'est-ce qu'il fallait de plus ?
08:02Alors, après, il est un peu revenu là-dessus.
08:05Bon, il a dit,
08:06oui, mais c'est une autre époque.
08:07Oui, c'est une autre époque,
08:09mais on est vous et moi.
08:10Est-ce que Marine Le Pen
08:11et Jean-Marie Le Pen,
08:11c'est la même chose pour vous ?
08:12Bah, c'est sa fille, non ?
08:13Et puis, pardonnez-moi de vous dire...
08:14On n'est pas toujours
08:15l'héritier intellectuel de ses parents.
08:17J'entends bien, mais enfin,
08:18Jean-Marie Le Pen a été président d'honneur
08:22du Rassemblement National.
08:24Avant d'en être exclu par sa fille.
08:25Jean-Marie Le Pen,
08:26oui, d'en être exclu,
08:27mais dans des conditions
08:28tout à fait particulières,
08:29vous le savez.
08:30Et il suffirait de reprendre
08:31les déclarations
08:32qui ont été celles
08:33de Marine Le Pen
08:34au cours du temps,
08:35et vous verrez
08:35qu'il y a un processus
08:37sémantique
08:38de dédiabolisation.
08:39Mais moi, je dis que,
08:40je dis que,
08:41il y a encore aujourd'hui
08:43un certain nombre
08:44de personnalités
08:45qui sont celles
08:47dont je viens
08:47de vous parler.
08:49Et qui sont là
08:49dans le sillage
08:50du Rassemblement National.
08:51Une question
08:52qui nous ramène à LFI.
08:53Christian Estrosi,
08:53le maire de Nice,
08:54a demandé hier
08:54la dissolution de LFI.
08:57Oui, bah, écoutez,
08:58on va laisser Christian Estrosi
09:00raconter ça.
09:01Je ne sais pas comment
09:01on peut dissoudre
09:02un parti politique.
09:03Bon, vous n'y êtes pas favorable.
09:04Il est candidat
09:05à la mairie de Nice,
09:06Christian Estrosi.
09:07Il y a des municipales
09:08qui arrivent.
09:09À qui ira votre voix
09:10à Paris,
09:11Éric Dupond-Moretti ?
09:11À Rachida Dati ?
09:12Alors, je ne vote pas à Paris,
09:13mais si je devais voter à Paris,
09:15je voterais pour elle.
09:15Je vais vous dire pourquoi.
09:16Donc, pas pour le candidat
09:18macroniste Bournazel ?
09:19Je vais vous dire pourquoi.
09:20Dites.
09:20Puisque vous me posez la question.
09:22D'abord,
09:24c'est le vote utile,
09:25Rachida Dati.
09:26Parce que Grégoire,
09:27qui a d'ailleurs sur sa liste
09:29un certain nombre
09:29d'anciens éléphistes.
09:31Bien.
09:32Est-ce que l'on veut encore
09:33de la gauche à Paris ?
09:34Est-ce que l'on est content
09:35de vivre à Paris
09:36comme on vit aujourd'hui
09:37à Paris ?
09:37Vous, l'homme de gauche,
09:38vous ne voulez plus
09:39de la gauche à Paris ?
09:40Est-ce que Paris a réussi ?
09:42Est-ce que Paris
09:43est la grande capitale universelle ?
09:45Est-ce que Paris est propre ?
09:46Est-ce que Paris n'a pas
09:47un nombre important
09:48de rats
09:49que l'on appelle
09:50avec pudeur
09:51chez certains écologistes
09:52des surmulots ?
09:53Ça, c'est une réalité.
09:54Et Bournazel,
09:55il se trompe quand il finit ?
09:56En 10 secondes.
09:57Il y a plusieurs candidats, non ?
10:00Bournazel,
10:00à trois semaines des élections,
10:01il est à quelques pourcents,
10:0310%.
10:04Donc, il ne peut pas
10:05faire basculer les élections.
10:08Et puis ensuite,
10:08vous avez Mme Knafot,
10:10qui considère sans doute
10:12que Pétain,
10:13pour reparler de lui,
10:15a aidé les Juifs français.
10:16Ça, moi, je ne peux pas.
10:17On a beau avoir
10:18un beau sourire,
10:19on a beau avoir
10:20un beau manteau jaune,
10:21je voudrais vous dire
10:22quelque chose, monsieur,
10:24monsieur Soto,
10:25avant de partir.
10:27Dans les manifs
10:28qui ont eu lieu, là,
10:30pour honorer la mémoire
10:31de ce jeune Quentin,
10:32on a entendu
10:34Salbounioul.
10:36On n'entendait plus ça, là.
10:38Ça revient en force
10:39de façon décomplexée,
10:40d'ailleurs.
10:40Signalement à la justice.
10:41Sur le plateau
10:42du phare de la pensée
10:43contemporaine
10:44qui est monsieur Pont,
10:44on a entendu
10:45la grosse malienne
10:46à propos
10:47d'Aïana Kamoura.
10:49Donc, aujourd'hui,
10:49on est...
10:49On a demandé à son interlocuteur
10:50de s'excuser.
10:51Oui, enfin,
10:53mollement,
10:53mais on est dans une parole
10:55totalement décomplexée.
10:56Moi, je ne veux pas vivre
10:57dans un pays comme celui-là.
10:58Merci, Eric Dupond-Moretti,
10:59d'être venu sur RTL ce matin.
11:00Dans un instant, Philippe...
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