- il y a 10 heures
François-Xavier Bellamy, vice-président exécutif des Républicains et député européen, est l'invité du Grand Jury RTL-Public Sénat-Le Figaro-M6 ce dimanche 12 avril.
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00:00Dans une semaine, François-Xavier Bellamy, les républicains, les militants républicains vont faire un choix pour la présidentielle.
00:08Bruno Retailleau, le patron du parti, candidat, ou une primaire fermée, ou alors une primaire ouverte ?
00:14Tout d'abord, première question, qu'est-ce que vous voterez, vous, dans une semaine ?
00:17Moi, je voterai pour que le président de notre famille politique puisse être notre candidat.
00:20Je pense que ça fait partie de la tradition de la droite française.
00:25Et je crois aussi qu'elle est d'autant plus justifiée par le fait que nous avons aujourd'hui, à
00:29la tête de notre parti,
00:31un homme qui peut représenter nos idées à l'élection présidentielle et qui peut gagner l'élection présidentielle.
00:37Vous pensez que Xavier Bertrand, par exemple, ou Laurent Wauquiez, pour ne citer que de nom, se rangeront derrière cette
00:45décision ?
00:46J'espère que quand on est un parti politique, on a le sens du collectif, et que quand les militants
00:51vont choisir,
00:52parce que jamais, jamais, pardon, j'ai terminé, jamais...
00:55Combien de militants LR sont à jour de cotisation ? C'est-à-dire, combien de personnes sont en capacité,
01:00aujourd'hui, de voter samedi prochain ?
01:02Eh bien, il était possible d'adhérer jusqu'à hier, donc on n'a pas encore les chiffres, en tous
01:06les cas, je n'ai pas encore les chiffres consolidés,
01:08mais vous les aurez dans les jours qui viennent.
01:09On était autour de 70 000, c'est ça ? Est-ce que ça va suffire à donner, finalement, une
01:13légitimité ?
01:14C'est ça, la question qui est derrière, à Bruno Rotaillot, si c'est lui qui est désigné par le
01:18vote samedi prochain ?
01:19Vous savez, on n'a jamais eu une méthode de désignation aussi transparente et aussi démocratique au sein de notre
01:25formation politique.
01:26Quand Bruno Rotaillot a été élu président du parti, il a dit, je ne confisquerai pas ce débat,
01:30je proposerai aux adhérents de choisir la manière dont notre candidat sera proposé.
01:36En matière de démocratie interne, il y avait eu une primaire ?
01:40Oui, mais là, on propose aux adhérents, s'ils veulent une primaire, ils peuvent la choisir.
01:44Le vote est dans quelques jours, et si vous vouliez participer à la désignation de notre candidat,
01:49tous les Français pouvaient le faire, nous avons largement communiqué sur cette échéance.
01:53Tous les électeurs de droite qui voulaient dire comment le candidat de la droite serait désigné pour l'élection présidentielle
01:58pouvaient prendre leur carte pour décider de la manière dont ce parti interne choisirait son candidat.
02:03Le vote, samedi prochain, au sein de votre famille LR, soit si peu soutenu par les grands ténors de votre
02:07parti.
02:09Voir même, certains ont claqué la porte, on a vu David Lissnard.
02:12Vous savez, nous, ce qui compte, c'est d'abord de réunir nos électeurs
02:16et de faire en sorte qu'ils puissent avoir voix au chapitre pour dire qui sera leur candidat.
02:21Et dans quelques jours, ils vont choisir la manière dont notre candidat sera désigné.
02:25Moi, je vous ai dit quelle était mon hypothèse.
02:28D'autres ont d'autres options et les ont fait valoir dans le débat, c'est le cas de David
02:32Lissnard.
02:32Ma conviction profonde, c'est que David, pour lequel j'ai une profonde estime
02:36et qui est un grand ami, sera avec nous dans l'élection présidentielle.
02:40Je ne vois pas de monde possible dans lequel nous avons tant d'idées en commun.
02:43Je ne vois pas comment nous pourrions ne pas être unis ensemble
02:46dans le moment de cette élection qui sera un rendez-vous décisif pour l'avenir du pays.
02:50Et c'est de ça qu'il faut parler.
02:51Ce dont les Français attendent, c'est qu'on leur parle de leur avis.
02:53Pour bien comprendre François-Xavier Lalli, si Bruno Retailleau, dans une semaine,
02:57est désigné candidat officiellement des Républicains,
03:00ça veut dire que toute porte sera fermée à une éventuelle primaire
03:03ou est-ce qu'une primaire sera encore possible ?
03:05Non, Bruno Retailleau l'a dit.
03:07Le fait est que nous ne savons pas encore quelles seront les étapes
03:09qui nous séparent de ce moment de l'élection présidentielle.
03:12Si parmi les grands candidats qui aujourd'hui prétendent incarner la droite,
03:17tous se déclaraient favorables à une primaire,
03:19Bruno Retailleau l'a dit et répété, il est tout à fait disposé à y participer
03:23s'il devait être désigné dans quelques jours par nos adhérents pour les représenter,
03:27y compris dans une échéance intermédiaire.
03:29Mais le plus important, c'est qu'on ne va pas attendre.
03:33Aujourd'hui, Edouard Philippe ne veut pas de primaire.
03:34Ça, c'est un petit peu nouveau.
03:37On entendait jusque-là Bruno Retailleau dire qu'il était plutôt opposé à une primaire.
03:41Non, non, encore une fois, il n'a jamais dit ça.
03:42Il a simplement dit qu'à partir du moment où vous prenez un Edouard Philippe
03:46qui, de toute évidence, dit qu'il incarne la droite et le centre
03:49et qui ne veut pas participer à une primaire,
03:52on ne peut pas proposer à nos adhérents LR de voter pour contraindre Edouard Philippe
03:55à un processus auquel il ne se soumet pas.
03:57Cette primaire, dans votre esprit, elle irait de où à où ?
03:59On sait que, par exemple, Laurent Wauquiez l'a définie d'Edouard Philippe jusqu'à Sarah Knafow.
04:03Moi, je pense que cette primaire, elle doit rassembler tous ceux qui prétendent incarner la droite
04:07et ensuite, les personnes qui voteront dans cette élection primaire
04:12pourraient départager.
04:13Qui incarne la droite, pour vous ? Elle irait de où à où, alors, cette primaire ?
04:15Moi, je pense que la droite, c'est Bruno Retailleau qui l'incarne aujourd'hui le mieux.
04:18Et donc, je voterai pour lui s'il y avait une primaire.
04:20Mais, encore une fois, je pense qu'il faudrait, si cette primaire devait avoir lieu,
04:23et si cette primaire rassemblait.
04:25Tous les candidats qui prétendent incarner ce camp-là, il faudrait qu'elle puisse...
04:30Alors, à vous écouter, Edouard Philippe n'est pas un vilain macroniste.
04:34Moi, je ne pense pas qu'il faudrait que cette primaire ait lieu pour soutenir Edouard Philippe,
04:37mais pour se confronter à lui.
04:39Et je crois qu'Edouard Philippe ne peut pas incarner la droite dans cette élection.
04:42Le principe d'une primaire, ça veut dire que vous soutenez le gagnant.
04:44Donc, ça veut dire que vous pourriez, l'idée ne serait pas totalement exclue de pouvoir soutenir Edouard Philippe.
04:50C'est pour ça que je vous pose la question.
04:51Ce n'est pas un affreux macroniste, Edouard Philippe.
04:54Non, mais je pense que Bruno Retailleau gagnerait cette élection primaire.
04:57Et précisément parce qu'Edouard Philippe devra assumer le bilan d'Emmanuel Macron.
05:00Et parce qu'au moment où il rentrera dans l'atmosphère,
05:03il faudra bien qu'il réponde de son héritage à Matignon.
05:06C'est pour ça que, dans cette élection primaire, l'idée ne serait pas de se rallier à lui,
05:10mais au contraire de confronter non seulement nos projets, mais aussi nos actions passées.
05:15Pendant dix ans, nous avons été des opposants au macronisme.
05:18Et j'ai été de ceux...
05:19Vous avez aussi participé à un gouvernement d'Emmanuel Macron.
05:22Bruno Retailleau a été ministre.
05:24Nous sommes rentrés dans un gouvernement de cohabitation.
05:26Et chacun aura pu constater que la ligne que Bruno Retailleau a incarnée au ministère de l'Intérieur
05:29n'était pas vraiment celle qu'Emmanuel Macron n'avait cessé de favoriser à travers ses ministres.
05:33Le gouvernement de François Bayrou n'était pas exactement un gouvernement de cohabitation.
05:35Si, bien sûr, c'était un gouvernement dans lequel nous ne sommes rentrés que pour une seule et unique raison.
05:39Le gouvernement de François Bayrou était un gouvernement de cohabitation ?
05:41Encore une fois, il n'y avait rien en commun...
05:44A l'église historique d'Emmanuel Macron depuis 2017.
05:46Il n'y avait rien en commun...
05:47Et Bruno Retailleau a été son ministre de l'Intérieur.
05:48Il n'y avait rien en commun entre la ligne qu'Emmanuel Macron a portée pendant des années,
05:52y compris sur les sujets régaliens,
05:53et celle que Bruno Retailleau a incarnée au ministère de l'Intérieur.
05:56Et chacun le constate aujourd'hui.
05:57Simplement...
05:58C'est parfaitement clair.
05:59D'ailleurs, quand vous voyez le ministre de l'Intérieur actuel,
06:01qui sans doute bien plus proche d'Emmanuel Macron,
06:03aujourd'hui explique qu'il faut, en réalité, ne pas appliquer la circulaire de Bruno Retailleau
06:07parce qu'elle conduit à éviter trop de régularisation...
06:11La nuance de ses propos cette semaine.
06:13On voit bien la différence.
06:14Dans le Figaro, ce week-end, Bruno Retailleau se dit prêt à participer à une primaire,
06:18à condition qu'Edouard Philippe y participe.
06:21Ça veut dire donc que vous êtes prêt à vous rallier à un éventuel gagnant.
06:24Quand on participe à une primaire, on est prêt à se rallier à l'éventuel vainqueur
06:27qui pourrait être Edouard Philippe dans ce cadre-là.
06:30Mais en fait, vous envisagez la primaire uniquement à partir du principe que nous la perdrions.
06:34Pardonnez-moi de corriger cette impression.
06:36Ma conviction profonde, c'est que si la primaire a lieu, Bruno la gagnera.
06:40On adhère à un espace politique et à des idées politiques en commun
06:44qui permettent un ralliement éventuel derrière.
06:46Il y a une chose qui est un fait.
06:49C'est qu'aujourd'hui, Edouard Philippe, qui est candidat à l'élection présidentielle,
06:54prétend représenter la droite dans cette élection présidentielle.
06:57Bruno Retailleau dit « Représentez la droite dans cette élection présidentielle ».
07:00Le fait est que les électeurs de droite vont légitimement être inquiets
07:05de voir une pluralité de candidatures à l'intérieur d'un même espace politique.
07:09Et donc, la question qui se pose est qui peut incarner nos idées ?
07:13Qui peut apporter l'alternance dont la France a tellement besoin ?
07:15Dans les intentions de vote, dans les différents sondages.
07:17Permettez-moi d'aller au bout de ma phrase.
07:19Parce que ce dont la France a besoin en 2027, c'est d'une alternance et pas d'une continuité.
07:24Et donc, moi, je crois qu'une primaire serait utile
07:26si elle permet, en effet, de se confronter à Edouard Philippe, par exemple,
07:31parce que ce serait l'occasion pour lui d'avoir à répondre de son bilan.
07:34Et à le rallier s'il gagne.
07:35Mais de gagner, surtout.
07:37Nous gagnerons cette élection primaire.
07:38Et c'est peut-être la raison pour laquelle Edouard Philippe n'a pas très envie d'y aller.
07:42Il est même loin derrière Edouard Philippe, dans les intentions de vote.
07:44Mais vous savez, il y a les intentions de vote un an avant la présidentielle,
07:47et il y a la réalité des élections.
07:48Non, mais c'est une image aujourd'hui de la classe politique.
07:50En effet, c'est une image aujourd'hui...
07:51C'est une photo à l'instant T.
07:53Qui est peut-être importante aussi pour les électeurs de droite qui pourraient voter les primaires.
07:56Mais vous m'accorderez que dans les élections passées,
07:58il est rarement arrivé que ceux qui étaient en tête un an avant l'élection
08:01soient les gagnants un an plus tard.
08:03Et donc, la question qui se pose pour nous, c'est aussi,
08:05d'ailleurs, si Edouard Philippe est si certain de pouvoir incarner la droite dans cette élection,
08:11pourquoi aurait-il peur d'une primaire ?
08:12Qu'il y vienne, et que le débat ait lieu ?
08:15Et d'ailleurs, le débat peut avoir lieu le plus rapidement possible, primaire ou non.
08:18Nous, nous y sommes prêts.
08:19Parce que notre conviction profonde, c'est que la France attend le changement.
08:22Et que ce changement, nous pouvons l'incarner.
08:25Et Bruno, j'en suis convaincu, peut apporter les ruptures profondes dont la France a tellement besoin aujourd'hui.
08:30Est-ce que vous comprenez les réserves de Jean-François Copé, de Xavier Bertrand,
08:33de Valérie Pécresse, de Michel Barnier,
08:35sur les choix que fait Bruno Rotaillot pour sa famille politique ?
08:40Mais ces choix, ils sont parfaitement transparents.
08:43Nous les avons discutés en bureau politique il y a quelques jours.
08:45Je ne sais pas exactement quelle est la source de cette espèce d'éternel procès d'intention
08:49que certains cherchent à livrer contre leur propre camp en permanence.
08:52Comme si la meilleure manière de nous renforcer, c'était de jouer le jeu éternel de ces divisions
08:57qui ont tant fragilisé la droite.
08:58Moi, je ne crois pas à ça.
08:59Je ne passe pas mon temps à accuser mon propre camp.
09:02J'essaye de commencer par apporter les solutions dont la France a besoin.
09:05Et si tout le monde pouvait se comporter de cette manière-là,
09:06je pense que le débat public s'en porterait mieux.
09:08Mais tout de même, qu'est-ce qui s'est passé depuis quelques mois
09:11pour que Bruno Rotaillot, qui rassemblait une grande partie de votre famille politique,
09:16ait perdu à ce point-là de crédit auprès des différents ténors, des républicains ?
09:21Mais encore une fois, moi, ce qui m'intéresse, ce n'est pas les ténors, comme on dit.
09:24Ce qui m'intéresse, c'est les Français.
09:25Et les électeurs de droite, aujourd'hui, je crois qu'ils continuent.
09:27Les cadres du parti, ils représentent aussi.
09:30Ils font remonter, peut-être, des sensibilités
09:32qui s'expriment au sein de votre mouvement politique.
09:34Bien sûr, mais d'ailleurs, la vérité, c'est qu'encore une fois,
09:36nous avons, loin de l'image qui peut être donnée parfois dans les médias,
09:39nous avons un débat interne chez LR,
09:42qui est un débat démocratique, ouvert,
09:44qui est un débat de confiance.
09:46Et d'ailleurs, dans le dernier bureau politique que nous avons eu,
09:48c'est de manière quasi unanime
09:50que nous avons décidé des étapes qui viendraient
09:52pour préparer l'élection présidentielle.
09:54Les votes qui ont été faits ont été emportés à la quasi-unanimité.
09:58Donc, je souhaite à tous les partis politiques en France
10:01d'être aussi transparents, aussi démocratiques,
10:03ce qui veut dire aussi libres et du coup aussi pluriels,
10:06parfois, c'est vrai, mais aussi confiants dans leur unité
10:09que nous ne le sommes aujourd'hui.
10:11Et maintenant, je le redis, la seule chose qui compte,
10:12ce n'est pas de parler indéfiniment des problèmes d'arrière-boutique,
10:15c'est de parler de ce qu'attendent les Français,
10:17de ce qu'attendent le pays,
10:18parce que le pays traverse une inquiétude profonde.
10:21Il connaît une crise existentielle aujourd'hui.
10:23Et mon sentiment, c'est que notre devoir, notre responsabilité,
10:26et on l'a vu au moment des élections municipales,
10:28où nos candidats ont été ceux qui ont pu faire barrage
10:31contre l'alliance entre la gauche et l'extrême-gauche,
10:33notre responsabilité, c'est d'être à la hauteur
10:36du rendez-vous présidentiel qui nous attend
10:37pour pouvoir réunir les Français autour d'un projet clair
10:40et préparer notre avenir.
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