- il y a 5 semaines
Posture d'activateur
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00:01Voilà, ça je crois que je peux m'en débarrasser.
00:05Alors, dans la première vidéo, nous avons exposé, j'ai exposé, donc rapidement un petit topo sur présenté Roustan,
00:17la première posture porte-parole.
00:19Donc on dit ce qu'on pense qu'il faut dire, mais qui n'est pas obligatoirement ce que ce
00:23soit.
00:24Bon, deuxième posture, la posture de Roustan en tant que psychanalyste révélateur.
00:31À la fin de cette vidéo, j'allais sur, dans la déconstruction permanente que faisait toujours Roustan,
00:37sur le questionnement, sur le transfert, avec deux aspects, influence et le corps.
00:45Alors, bien, et donc, l'influence, ça l'amène à où aller ?
00:53L'influence à la base dans la psychanalyse, c'est tout bête.
00:56Avant de se lancer dans la psychanalyse, Freud disait ce qu'on faisait à l'époque, c'est-à-dire
01:01de l'hypnose.
01:02Et donc, Roustan va revenir aux fondamentaux de la psychanalyse, pensant rester psychanalyste.
01:11Et donc, il va revenir à l'hypnose.
01:13Alors, l'hypnose à l'époque, en France, il y a Chertok qui fait un travail très très intéressant.
01:18Puis, aux Etats-Unis, il y a eu Ericsson.
01:20Et il y a les premiers cercles, le premier cercle est là, les disciples directs d'Eriksson.
01:25Et donc, Roustan va aller aux Etats-Unis et il va donc se former à l'hypnose ericssonienne.
01:31Enfin, je n'aime pas trop ce terme-là, à l'hypnose d'Eriksson, telle qu'elle était enseignée à
01:37l'époque.
01:38Bien, on va venir après par rapport au corps.
01:43Bien, je vais commencer un tout petit peu à mettre mon petit grain de sel.
01:51Il y a une histoire, a priori vraie, sur Ericsson, qui me semble extrêmement déterminante sur qui a été Ericsson
02:01et comment il fonctionnait.
02:06En 1919, à l'âge de 17 ans, Ericsson contracte une forme grave de poliomélite.
02:16Ça ne rigole pas, on est dans les maladies mortelles, on est dans quelque chose de terrible.
02:21Et Ericsson, je veux dire, il a été confronté toute sa vie à des choses terribles.
02:27Un soir, alors qu'il est au plus mal, il est dans sa chambre, dans son lit, il entend un
02:33médecin dire à sa mère, pièce à côté,
02:37donc le médecin dit à sa mère que son fils, donc lui, sera mort le lendemain matin.
02:42Je ne vous raconte pas le truc, le choc.
02:46Et là, Ericsson va faire quelque chose d'extraordinaire.
02:52Ericsson raconte comment il demande à sa mère de déplacer son lit
02:57de façon à pouvoir voir le coucher de soleil une dernière fois avant de mourir.
03:07C'est bien entendu extrêmement émouvant, on imagine, il est tout jeune, etc.
03:14Et ben voilà, il a, je dirais, il a accepté qu'il allait mourir.
03:18C'est-à-dire qu'il n'y a pas de lutte contre le réel.
03:22Il est dans le réel, je vais mourir, bon.
03:24Et du coup, voilà, qu'est-ce que j'ai envie de vivre avant de mourir ?
03:29Ce qui est une bonne question quand même à se poser dans la vie, plein de fois.
03:32Et c'est voir le coucher de soleil.
03:36D'ailleurs, si vous vous installez détendu, enfin détendu, oui, détendu, puisqu'il y a l'acceptation,
03:41vous vous installez, etc., et que vous fixez une boule lumineuse,
03:46ben évidemment que ça va induire un état de trance assez profond,
03:50c'est-à-dire ce qu'on appelle une auto-hypnose,
03:56au cours de laquelle il est complètement focalisé sur ce coucher de soleil,
04:03et voilà, il ne voit plus le reste, c'est vraiment, il rentre en état d'hypnose.
04:11Et là, qu'est-ce qui se passe ?
04:14Il ne meurt pas.
04:18Il ne meurt pas.
04:21Il fait un coma pendant trois jours,
04:23et il en ressort totalement paralysé.
04:26C'est-à-dire, ça ne rigole pas, ce n'est pas une histoire toute mignonne.
04:28Ah, ben, il s'est fait une auto-hypnose, et puis il s'en est sorti.
04:30Non, non, non, non.
04:32Au début, il était juste capable de parler, de bouger un peu les yeux.
04:36Et à partir de là, il va observer,
04:38et il va, je dirais, apprendre à manipuler son monde.
04:41Et il va acquérir, comme ça, un sens de la manipulation.
04:45Spectaculaire.
04:46Hors du commun, ça c'est le moins qu'on peut dire.
04:48Mais prenons cette expérience de personne qui est confrontée à sa mort,
04:54accepte, je vais mourir.
04:57Donc là, il y a vraiment quelque chose qui arrête de lutter.
05:01Et puis, il ne meurt pas.
05:05Tout n'est pas résolu de façon magique, mais il ne meurt pas.
05:11En gros, ce qu'on va me dire,
05:12non, il n'y a pas que deux cas de figure, il y a tous les intermédiaires.
05:15Oui.
05:17En gros, quand même, il y a deux cas de figure,
05:19même s'il y a tous les intermédiaires.
05:24Il y a, et c'est le plus fréquent,
05:25et à mon avis, c'est ce qui est arrivé à Exxon,
05:29l'impression d'être à part.
05:31Comme si on avait quelque chose que les autres n'ont pas.
05:35Comme si on était à côté des autres,
05:37comme si on était différents,
05:39comme si on avait une espèce de petit pouvoir.
05:43Moi, je ne suis pas mort.
05:51Et je suis convaincu, étant donné tout ce qu'il a développé après,
05:55que c'est ce qui est arrivé à Exxon.
05:58Alors, ce qui est intéressant par rapport à ce que je suis en train de vous présenter,
06:06c'est que l'autre possibilité, c'est l'acceptation totale de la vulnérabilité,
06:12et de la non-volonté.
06:14C'est-à-dire, ah oui, ce n'est pas moi qui décide, et dans la vie, les choses arrivent.
06:19Je suis vulnérable en permanence, ça ne m'empêche pas de faire des choses,
06:22mais je suis vulnérable.
06:26Et ce n'est pas moi qui guide.
06:28Moi, quelque part, je me laisse porter.
06:31Non pas dans du genre-foutisme, mais dans ce qu'on va appeler le lâcher-prise.
06:35C'est-à-dire que ce n'est pas ma volonté, je ne suis pas dans du contrôle, à la
06:40base.
06:40Ensuite, je peux contrôler, les choses arrivent, et je peux réagir.
06:44Et cette deuxième voie, cette voie de présence sans volonté,
06:52c'est ce vers quoi va aller en gros temps après,
06:55après être passé par une phase de volonté.
06:58Voilà, donc je trouvais ça important de remettre un petit peu les choses à leur place.
07:02Bien.
07:03Alors maintenant, en prenant la version constant de Erickson.
07:08Alors je cite bien entendu dans Influence.
07:15Ce qui intéresse Erickson, c'est la modification de l'individu
07:21qui se présente à lui comme patient.
07:25Donc, il y a une volonté de modification.
07:30Un peu plus loin dans le texte,
07:31chaque patient est considéré par lui comme un cas singulier
07:36pour lequel il faut trouver des voies d'accès au changement.
07:42Alors, il faut remettre les choses à leur place.
07:44Je veux dire, moi, je reçois parfois une dizaine de patients dans ma journée.
07:48Erickson, pas du tout.
07:50Il reçoit quelques patients et il les reçoit sur des longues périodes.
07:55Il a le temps d'observer les gens, d'aller les voir dans leur vie,
07:58d'aller les voir dans leur travail, etc.
08:01Bien.
08:02Donc, oui, c'est très juste.
08:04C'est-à-dire qu'il n'y a pas de script.
08:08Il n'y a pas de « dans tel cas on fait ça, tatatata ».
08:12Bon.
08:13Erickson s'aurait fait hurler.
08:17Il y a vraiment une inventivité permanente adaptée à chaque patient
08:23pour créer du changement.
08:26Plus loin, dans le texte, et toujours dans « influence »,
08:29il ne cesse de répéter que le souci principal du thérapeute
08:33doit être de découvrir, ou mieux encore,
08:37de faire découvrir les ressources ignorées du patient
08:41qui vont lui permettre d'opérer en lui une modification.
08:48On est avec cette notion,
08:49on n'est plus du tout avec la notion d'inconscient,
08:52on est avec la notion de ressources.
08:54mais bien de ressources ignorées.
08:57Et pour ce faire,
08:58pour faire apparaître ces ressources ignorées, les activer,
09:04pour ce faire, tous les moyens sont bons.
09:07Erickson manipule à tour de bras le patient, son entourage.
09:12Erickson utilise ses enfants.
09:14Enfin, il y va dans tout ce qui est possible.
09:18Posons un peu les choses.
09:19Fondamentalement, Erickson rejoint l'idée de Freud
09:24sur cette notion qui est que la vie inconsciente
09:28est la source d'énergie que le patient ignore.
09:32Il y a ça en commun,
09:33même si ce n'est pas évident de trouver des points communs
09:35entre Freud et Erickson.
09:37Il y a ça.
09:38Bien entendu, ce n'est pas du tout les mêmes inconscients.
09:42mais les deux conceptions de la personne se rejoignent à ce niveau.
09:47Et tout ça est très intellectuel.
09:51Erickson, par rapport à Freud,
09:53ajoute l'action de l'environnement
09:55en tant que moyen d'activation
09:57des ressources internes de la personne.
10:04Ainsi, il est dans une posture d'activateur
10:07des ressources de l'individu.
10:12Roustan va donc passer d'une posture de révélateur,
10:17donc porte-parole, révélateur,
10:19et maintenant activateur.
10:21Ça repose sur la volonté
10:23et la volonté d'activer chez l'autre
10:25les ressources pour qu'il change
10:28avec toute une démarche intellectuelle.
10:34Erickson se situe sur deux plans.
10:36D'un côté, il stimule
10:38les ressources internes de la personne.
10:40D'un autre côté,
10:42et j'insiste là-dessus,
10:43il n'hésite pas à transformer
10:46l'entourage du patient,
10:48à l'orienter à sa guise
10:50afin de faire réagir le patient.
10:53Alors, ça suppose volonté
10:55et usage d'un pouvoir sur l'autre,
10:57mais pour Roustan,
10:59c'est une ouverture phénoménale,
11:00cette notion d'environnement.
11:05C'est en train de trouver
11:06un nouveau terrain de jeu.
11:08Un terrain de jeu, encore une fois,
11:10plus large que la psychanalyse
11:11parce qu'il inclut l'environnement
11:14du patient.
11:16Retenons.
11:17Action, ne s'appuyer que sur soi,
11:20trouver des voies d'accès
11:22aux capacités du patient,
11:24puis les activer.
11:26Environnement.
11:30Roustan est toujours
11:31dans un jeu intellectuel.
11:35et il aurait pu y rester,
11:37à mon avis,
11:38toute sa carrière,
11:39qu'il devait bien s'éclater
11:40à faire ça.
11:42Mais sa recherche
11:44sur l'autre partie,
11:45je vous rappelle,
11:46transfert, influence,
11:47corps à corps,
11:48corps.
11:49Donc, sa recherche
11:51sur le corps
11:51va provoquer
11:53un tsunami.
11:54aimer.
11:56C'est ce que nous allons
11:57voir maintenant.
11:59Alors,
12:00nous étions partis
12:01sur le transfert,
12:03sur les deux composantes
12:05qui se dégagent,
12:06j'insiste,
12:08l'influence,
12:10le corps.
12:13Donc,
12:13en parallèle
12:14de la recherche
12:15sur l'influence,
12:17Roustan creuse
12:18le sillon
12:18de la place du corps.
12:21Il commence
12:22à envisager
12:23la relation
12:24thérapeutique
12:25sous ce nouvel angle,
12:27parce qu'il fait
12:28un nouveau terrain de jeu.
12:29Alors,
12:31il traduit Hegel
12:33et le petit bouquin rouge,
12:36Hegel,
12:36magnétisme animal,
12:37il va creuser
12:38le concept
12:39d'animalité.
12:41Alors,
12:41on met les choses
12:42tout de suite
12:43à leur place.
12:43Animalité,
12:44ce n'est pas
12:44bestialité.
12:46Animalité,
12:46ce qui anime
12:48l'être.
12:50Toujours dans
12:51influence,
12:53s'il est vrai
12:55que notre corps
12:56est la mémoire
12:57de toutes
12:58les interactions
12:59qui nous ont
13:00édifiées,
13:03je recommence,
13:05parce que
13:05j'ai la mémoire.
13:06S'il est vrai
13:07que notre corps
13:08est la mémoire
13:10de toutes
13:11les interactions
13:12qui nous ont
13:13édifiées
13:13et
13:14qu'il agit
13:16et réagit
13:17dans les relations
13:19en fonction
13:21des apprentissages
13:22qu'il a pu
13:23assimiler,
13:25se souvenir
13:26que nous sommes
13:27des mammifères,
13:29c'est admettre
13:31que le spécifiquement
13:32humain
13:33a besoin
13:35pour prendre
13:36sens
13:36du pré-humain,
13:39du pré-verbal,
13:42c'est-à-dire
13:43de notre appartenance
13:45à l'animalité.
13:47On est loin
13:48de la psychanalyse.
13:50Un peu plus loin,
13:51toujours dans influence,
13:52il écrit
13:52« Il n'y a pas encore
13:55de distinction
13:56entre sujet
13:57et objet. »
13:59Nous sommes dans un état
14:00de participation
14:01comme on le dit
14:02des primitifs
14:03pour lesquels
14:04un homme
14:05est aussi
14:06les autres hommes
14:08ou un animal
14:09ou une plante
14:10ou la nature.
14:12Autrement dit,
14:13il y a une continuité
14:15qui court
14:16sous la conscience
14:18individualisée.
14:20et c'est par
14:21cette continuité
14:22que d'abord
14:24la communication
14:26est possible.
14:27Alors,
14:27nous trouvons ici
14:28deux plans.
14:32La perception
14:36et la distinction
14:39et puis la perceptude,
14:42le fond
14:42à partir duquel
14:43émergent
14:44les éléments.
14:47Perceptude,
14:48ça peut renvoyer
14:48d'une certaine façon
14:49à la vacuité.
14:52Et la porte
14:53de la participation
14:54est ouverte
14:55en passant
14:56par le corps.
14:59Oui,
15:00mais c'est combiné
15:00à la posture
15:01d'activateur.
15:02Et c'est ça
15:03que va ce mélange
15:05qui va être
15:06le sillon
15:06que va creuser
15:07Roustan.
15:08Alors,
15:09en aïnothérapie,
15:10évidemment,
15:11nous retrouvons
15:12ces deux plans
15:12et il n'y a pas
15:13qu'en aïnothérapie.
15:14Nous,
15:14nous les expliquons
15:15parce qu'en aïnothérapie,
15:16on s'appuie bien sûr
15:17sur le zen
15:17mais on s'appuie aussi
15:18sur les neurosciences,
15:19sur la physiologie,
15:19etc.
15:20Nous les expliquons
15:21à partir du développement
15:22de l'humain.
15:23Tout simplement,
15:24nous considérons
15:25qu'entre le stade
15:26embryonnaire
15:27et puis une période
15:28qui dure
15:28quelques mois
15:29jusqu'à quelques mois
15:30après la naissance,
15:30on va dire en gros
15:31pour faire plaisir
15:32aux psychanalistes
15:33ce que stade du miroir,
15:35donc quelques mois
15:35après la naissance.
15:36Il y a un premier mode
15:38d'interprétation
15:39du monde
15:39basé sur
15:40l'indifférenciation
15:42et sur l'absence
15:43de vécu,
15:44de participation.
15:45Il n'y a pas
15:46de contour au corps,
15:47il n'y a pas de concept,
15:48il n'y a pas de mots,
15:49il n'y a pas de différenciation.
15:51Ça renvoie tout à fait
15:52au Tao Te Ching,
15:52enfin,
15:53etc.
15:54Et puis,
15:54quelques mois
15:55après la naissance,
15:57progressivement,
15:58bien entendu,
15:58ce n'est pas du jour
15:59au lendemain,
15:59la perception du monde
16:01se transforme
16:02et nous entrons
16:03dans un rapport
16:04interprétatif au monde
16:07basé sur la séparation
16:08et la distinction.
16:10Mais,
16:10c'est le deuxième plan.
16:12Mais,
16:12évidemment,
16:14les deux plans,
16:15ce n'est pas d'abord
16:16un plan,
16:17deuxième plan ensuite.
16:19Il y a d'abord un plan
16:20et puis il continue
16:22et il continue toujours
16:23et puis il y a un deuxième plan
16:25qui se rajoute.
16:27Alors,
16:28nous sommes très
16:31polarisés
16:31sur le deuxième plan.
16:32On oublie souvent
16:33ce premier plan
16:34alors que ce premier plan,
16:35c'est celui,
16:35on va le voir,
16:36de la présence.
16:37C'est peut-être
16:37le plus important.
16:41Voilà.
16:42Bon,
16:42ça,
16:42c'est une petite explication
16:43un petit peu plus
16:45physiologique,
16:46etc.,
16:46des perceptions,
16:48mais l'important,
16:48c'est l'interprétation,
16:50tout ça.
16:50L'important,
16:51c'est cette notion
16:52de deux plans.
16:58Revenons à Rostrand.
17:00donc Rostrand est en train
17:01de réfléchir sur tout ça,
17:02de lire,
17:03etc.
17:04Et puis,
17:05il est à table
17:05un jour dans un repas,
17:07je ne sais pas trop quoi,
17:08il a un industriel
17:10à côté de lui,
17:11il discute
17:11et l'industriel lui dit
17:14comment ça,
17:14vous n'avez pas lu
17:15le zène dans l'arche valreuse
17:17du tir à l'arc
17:17de Erigel ?
17:19Tout à faire ses sens,
17:21à les lire.
17:22C'est un petit bouquin
17:24écrit donc par Erigel.
17:26Et Erigel,
17:27c'est un professeur
17:29de philosophie allemand
17:30qui s'intéresse
17:31à la mystique japonaise
17:33et qui,
17:35pour la découvrir vraiment,
17:37va au Japon
17:38au début du XXe siècle
17:40ou fin du XIXe.
17:41Et lui,
17:44on lui dit,
17:44ben,
17:45t'as qu'à,
17:45puisque tu fais du tir à l'arc,
17:46tu vas apprendre
17:47le tir à l'arc zen.
17:49Et sa femme,
17:50on lui va apprendre
17:50à lui apprendre
17:51la voix des fleurs.
17:52Goustie et Erigel,
17:53on va lui apprendre
17:54la voix des fleurs.
17:55L'art d'agencer les fleurs.
17:58Alors,
17:59il faut imaginer
17:59un petit peu
18:00le tir à l'arc zen.
18:02Quand on voit ça
18:02de l'extérieur,
18:03ça a l'air cool.
18:04Vous voyez un type
18:05qui arrive,
18:05bon,
18:06il jette un petit coup d'œil
18:07à la cible,
18:09rapide,
18:09il y a un arc
18:10qui fait 2 mètres,
18:12il y a une flèche,
18:13hop,
18:14il prend ça,
18:15il ne regarde plus la cible,
18:16il tient ça en l'air,
18:18et puis au fur et à mesure
18:19qu'il descend l'arc,
18:21il l'écarte comme ça
18:23pour que la flèche,
18:23évidemment,
18:25la corde soit tendue,
18:26il tourne la tête
18:27vers la cible,
18:29il lâche,
18:29ça part,
18:30bon,
18:31ça a l'air de rien.
18:33Sauf que c'est pas simple
18:34du tout.
18:35C'est pas simple du tout
18:36et en fait,
18:36Erigel,
18:37qu'est-ce qu'il va faire
18:38pendant toute son expérience
18:40qui dure plusieurs années ?
18:42Ben,
18:42il va rater.
18:43Et c'est ça
18:44qui est intéressant
18:45dans ce livre
18:45parce que
18:45c'est pas intéressant
18:47les gens qui réussissent
18:48du premier coup.
18:48Ce qui est intéressant,
18:49c'est que,
18:50ben,
18:50il est comme nous,
18:51il essaye un truc,
18:52il ne sait pas
18:52qu'à sa culture,
18:53etc.,
18:54il n'y arrive pas.
18:55Mais ce qui est intéressant,
18:56c'est qu'il va vraiment
18:57gérer ça en occidental.
19:01C'est-à-dire que
19:03le récit
19:06de Erigel,
19:07c'est d'un côté
19:08les propos du maître,
19:10maître Kenzo Awa,
19:12que tu es bête,
19:14et puis ses propres
19:16réflexions à lui.
19:16et Erigel,
19:18il cherche à comprendre
19:20qu'est-ce qu'il faut
19:21que je fasse,
19:21pourquoi ça ne marche pas,
19:22tatata.
19:23Il est dans le mental.
19:27Et puis,
19:27petit à petit,
19:28mais ça lui prend
19:29du temps,
19:31il commence à accéder
19:33à l'idée
19:33que lorsqu'il fait,
19:38il est indispensable
19:39d'arrêter
19:39d'essayer de comprendre.
19:40Donc,
19:40il comprend
19:41qu'il faut arrêter
19:41de comprendre.
19:44dans son livre,
19:46il y a ses réflexions,
19:46il y a des phrases
19:47du maître.
19:52Un petit extrait
19:53du maître.
19:55L'art véritable,
19:57s'écria le maître,
19:58est sans but,
19:59sans intention.
20:01Plus obstinément,
20:03vous persévérerez
20:04à vouloir atteindre,
20:05non,
20:06on commence.
20:07Plus obstinément,
20:09vous persévérerez
20:10à vouloir apprendre
20:11à lâcher la flèche
20:13en vue d'atteindre
20:15sûrement
20:16un objectif,
20:27Je vous invite
20:29à retenir ces mots,
20:30sans but,
20:31sans intention.
20:32Autre exemple,
20:34citation.
20:35Je demandais
20:36un jour au maître,
20:37mais comment
20:37le coup peut-il partir
20:39si ce n'est pas
20:40moi qui tire ?
20:41Quelque chose
20:43tire,
20:44réplicatif.
20:47Ce quelque chose
20:49tire,
20:52suppose
20:52que la personne
20:54n'agit pas,
20:55mais
20:56se laisse agir
20:58par quelque chose
20:59de plus grand
20:59qu'elle.
21:01Alors ça,
21:02c'est toute la notion
21:03sur laquelle,
21:04et c'est bien normal,
21:06Roustan va buter
21:07pendant un bon moment.
21:10Nous allons y revenir,
21:11mais pas qu'un peu.
21:13L'enseignement du maître,
21:14revient en boucle
21:16sur l'absence de pensée,
21:18l'absence d'intention,
21:20l'absence de volonté
21:21consciente
21:21pendant l'action.
21:25L'absence,
21:26l'absence d'importance
21:28de ce que
21:28Ériguel ressent.
21:30Il insiste
21:31sur le fait
21:31de laisser
21:32le corps
21:33se laisser faire
21:35par quelque chose.
21:36Le maître
21:37transmet une posture
21:38de participation,
21:40mais pas d'activation.
21:42Mais le problème,
21:43vous êtes avec un Roustan
21:44qui est à fond
21:45dans l'activation
21:45et on lui met
21:46dans les pattes
21:47un truc qui dit
21:47« Mais non,
21:48on ne veut pas
21:48l'activation. »
21:49Mais ah,
21:50bon.
21:51Alors,
21:53évidemment,
21:54on va,
21:55spoiler,
21:56Roustan va peu
21:57à peu passer
21:58de l'activation
21:58à la participation,
21:59mais ça ne va pas
22:00se faire simplement
22:01parce que
22:01c'est un renversement
22:02total
22:03dans une pensée
22:04occidentale
22:05avec la culture
22:06de Roustan,
22:07avec sa pratique,
22:08avec l'hypnose
22:09formée façon Ericsson.
22:11C'est un renversement
22:12considérable.
22:14Et puis,
22:14Roustan n'a pas
22:15de pratique zen
22:16ou de choses comme ça.
22:18Il découvre
22:19intellectuellement
22:20ses pratiques,
22:20mais il n'a pas
22:21passé dix ans
22:22à science à zen.
22:25Erichel.
22:26Erichel est,
22:28de son côté,
22:29partagé
22:30entre son esprit
22:31occidental
22:32et la puissance
22:35dégagée
22:36par le maître.
22:37Je cite.
22:39« J'étais,
22:40semble-t-il,
22:41comme le millepattes
22:44qui ne pouvait
22:45plus se mouvoir
22:47depuis qu'il s'était
22:48cassé la tête
22:50à chercher
22:50dans quel ordre
22:51il mettait
22:52ses pattes
22:53en mouvement.
22:54Autre exemple.
22:58Tout absorbé
22:59dans son action,
23:00il est ainsi
23:01conduit
23:03sans aucune
23:05volonté
23:06d'intervention
23:10vers le moment
23:12où l'ouvrage
23:13dont les lignes
23:15idéales
23:16emplissent
23:16sa pensée
23:17se réalise
23:19de lui-même.
23:22avec le recul,
23:23il est facile
23:24de constater
23:24combien il rigole,
23:25il passe
23:26à côté du zen,
23:27juste à côté,
23:29parce que
23:31il ne s'agit pas
23:33d'être
23:33tout absorbé
23:35dans son action,
23:36parce que
23:37le son
23:37de son action,
23:40ça souligne
23:41la dualité.
23:42et dans le zen,
23:43il n'y a pas
23:43de dualité.
23:47Il y a la voie du milieu
23:48qui permet de sortir
23:49de la dualité.
23:51Dans le zen,
23:52il s'agit de bien
23:53de laisser disparaître
23:55la séparation
23:55entre être
23:56et action
23:57afin d'atteindre
23:58un autre plan.
24:00L'âme se taire.
24:03Et Roustan,
24:04évidemment,
24:06va s'engouffrer
24:07dans cette erreur
24:08d'Erigel
24:09normale
24:09pour finir
24:11par en sortir.
24:11Chapeau !
24:17Il va tourner
24:18autour d'une posture
24:19dans laquelle
24:20il lâche complètement,
24:21mais c'est compliqué.
24:24Lorsqu'il évoque
24:25Erigel
24:26dans l'interview
24:27dont j'ai déjà parlé
24:28avec Martin Levrault,
24:29Roustan dit
24:31« L'intention
24:32ne se distingue pas
24:33de l'acte.
24:37Tant qu'on pense
24:38l'intention,
24:39on ne peut pas être
24:40dans l'acte. »
24:41Vous voyez cette notion
24:42d'être dans l'acte.
24:45Ailleurs,
24:45toujours dans la même interview,
24:47il dit
24:47« Il n'y a plus
24:48de différence
24:49entre intention
24:50et action. »
24:52Vous voyez,
24:52il y a bien
24:53quelque chose
24:54qui vient de la personne.
24:55L'intention.
24:57volonté,
24:57etc.
24:59C'est-à-dire que Roustan
25:00a compris
25:00qu'il s'agit
25:01de laisser
25:02quelque chose
25:02se faire,
25:04mais il ne sait pas
25:05encore comment.
25:06Alors il va tâtonner,
25:07il va essayer.
25:08Il va creuser
25:10ce sillon
25:10en zigzaguant
25:12entre activation
25:13et participation,
25:14ce qui va donner
25:14plein de résultats.
25:15Mais ce n'est pas encore
25:16la posture finale.
25:20Ce qui va le ralentir,
25:22c'est le poids
25:23de la conviction
25:24de la nécessité
25:26héritée de Freud
25:28et d'Eriksson
25:28que l'action
25:31provienne
25:32de l'individu.
25:34Roustan
25:35est coincé
25:35dans l'idée
25:36qu'il est nécessaire
25:37que le patient
25:39cherche
25:39à faire quelque chose
25:40afin de permettre
25:42que ça se fasse.
25:45en cela,
25:46il reste très ericksonien
25:48en fait,
25:48il ne sort pas
25:48de la posture
25:49d'activateur.
25:51En même temps,
25:54en constant,
25:55on s'appuie sur le corps,
25:57sur l'animalité
25:58par le biais
25:59de la posture.
26:00Et là,
26:01il rejoint
26:02la participation.
26:04Mais il le fait
26:05tout en restant
26:06sur l'idée
26:06que quelque chose
26:07doit venir
26:08du patient.
26:11Il est très présent
26:13et c'est l'idée
26:13qu'il a.
26:14On va jongler
26:15entre perception
26:17et perceptu.
26:18Et passez l'un à l'autre.
26:19Extrait d'influence,
26:21un petit extrait,
26:21on y va.
26:24On ne peut pas dire
26:25plus clairement
26:26que le secret
26:27de la communication,
26:28qui est le secret
26:29de l'invention,
26:31réside dans le pouvoir
26:32de déplacer
26:33son attention
26:34ou sa pensée
26:35des propos explicites
26:37d'une conversation
26:38ou de l'exécution
26:39d'un programme
26:40pour qu'elle puisse
26:41entrer
26:42dans le laisser
26:43agir le corps
26:44à partir
26:45des sensations
26:46inconscientes
26:46qui s'imposent
26:47à lui.
26:48Vous voyez,
26:48on part
26:49de la perception
26:51pour aller
26:51vers la perception.
26:52Et ça a l'idée.
26:54Autre citation
26:54d'influence.
26:57S'il est dit
26:58que le thérapeute
27:00se prête
27:00au jeu,
27:02c'est pour signifier
27:03qu'il aura
27:04sans cesse
27:05et bientôt
27:06le patient
27:06lui aussi
27:07à travailler
27:08de niveau.
27:09celui
27:10de la passivité
27:11où il se tient
27:13à la place
27:13qui lui est assignée
27:16et celui
27:17de l'observation,
27:19de la réflexion,
27:21de la décision
27:22et de l'invention.
27:24Le passage
27:25constant
27:26d'un niveau
27:26à l'autre
27:27est nécessaire
27:27pour que
27:28l'animalité
27:29et l'humanité
27:30échangent
27:31leurs rôles
27:31et leurs tâches
27:32afin de produire
27:33l'élargissement
27:34et l'intensification
27:37du réseau relationnel.
27:38Vous voyez,
27:38on est dans du va-et-vient
27:39entre les deux plans.
27:41Mais ceci dit,
27:41il y a les deux plans.
27:42Ce n'est pas rien.
27:44Et évidemment
27:45que ça a déjà
27:46bouleversé
27:46la vie de plein de gens.
27:48Alors,
27:48une réflexion
27:49sur le patient
27:50tirée
27:50d'un autre livre
27:52de Roustan,
27:52il suffit d'un geste.
27:55Si l'on propose
27:56à quelqu'un
27:57de bien placer
27:58son corps,
28:00alors,
28:01on va revenir
28:01sur la citation,
28:02mais vous voyez,
28:02là,
28:03il demande
28:03au patient
28:04de faire quelque chose.
28:05On a cette notion
28:06d'intention
28:07et d'actes.
28:08Voyez-le,
28:08voilà.
28:09Si l'on propose
28:10à quelqu'un
28:11de bien placer
28:12son corps,
28:12non seulement
28:13de se trouver
28:14confortablement installé,
28:16mais de se situer
28:18dans son espace
28:19et de se mouvoir
28:21dans cet espace
28:22de la façon
28:23la plus juste possible
28:25à l'égard
28:26de son entourage
28:27et de son environnement,
28:29et s'il adopte
28:30la proposition
28:31d'une telle posture,
28:33les effets
28:34ne se font pas
28:34attendre
28:35et les problèmes
28:36posés
28:38semblent fondre.
28:39À condition,
28:40bien sûr,
28:41que pour sa part,
28:42le thérapeute
28:43réussisse
28:44à se placer
28:45comme il convient
28:46face au patient
28:48et avec lui.
28:50Vous voyez,
28:51ce n'est pas
28:52le patient tout seul.
28:53Le thérapeute,
28:54il travaille sur lui
28:55et lui aussi,
28:56il se place.
28:56Et ça,
28:57c'est énorme.
28:59Quelques remarques
29:00sur la posture
29:01du thérapeute.
29:02Une séance
29:02d'hypnothérapie,
29:04pour ceux
29:04qui ne connaissent pas,
29:05ça ne se déroule
29:05pas du tout
29:06comme une séance
29:06de psychanalyse.
29:08Il y a deux parties
29:09bien distinctes.
29:11Parfois,
29:12après,
29:12il y a des va-et-vient
29:13entre les deux parties,
29:13mais il y a vraiment
29:14ces deux pôles.
29:16Il y a un dialogue
29:17afin de cerner
29:19ce sur quoi
29:19on va travailler.
29:21Et puis,
29:22il y a une pratique
29:22d'hypnose,
29:23il y a l'exercice.
29:25Dans le premier temps,
29:27donc pendant le dialogue,
29:30à ce moment-là
29:31de son évolution,
29:34Roustan cherche le nœud.
29:35Il cherche intellectuellement.
29:37Il cherche là
29:38où ça coinge
29:38chez le patient.
29:40Il est vraiment
29:40dans la suite
29:41de la posture
29:41d'activateur.
29:43Dans le deuxième temps,
29:45il invite le patient
29:47à chercher la posture
29:48dans laquelle
29:49quelque chose
29:50pourra se faire.
29:50Voyez-le.
29:51Il est entre deux.
29:56Dans l'interview
29:57avec Friedman,
29:58il dit
29:58« Il suffit
29:59de demander
29:59à quelqu'un
30:00de se laisser
30:02prendre la posture
30:03qui serait souhaitable. »
30:06C'est-à-dire
30:06qu'il demande
30:07au patient
30:09un retour
30:11à l'animalité.
30:15Donc,
30:16lors d'une séance,
30:18dans un premier temps,
30:19il y a la volonté
30:20de trouver.
30:21Il y a une volonté.
30:22Dans un deuxième temps,
30:24du côté
30:25du thérapeute,
30:26la volonté disparaît
30:27presque,
30:28mais pas encore
30:29complètement.
30:33Dans la deuxième partie
30:35de la séance,
30:37dans l'hypnose,
30:38Rostand
30:38rentre de plus en plus
30:40dans la participation
30:42et de l'absence
30:42de volonté.
30:43Il expérimente.
30:45Il va vers la présence
30:47sans pensée,
30:47sans volonté,
30:48mais il n'y est pas encore.
30:49Mais il cherche.
30:52toujours dans l'interview
30:53avec Friedman,
30:54la deuxième interview.
30:55La présence,
30:57c'est ce qui reste
30:58quand on a enlevé
31:00à l'homme
31:00l'intellect
31:02et l'affectif.
31:03Il reste le vital.
31:05Il reste quelqu'un
31:07qui est vivant.
31:13La question de la volonté
31:14chez le thérapeute
31:17se pose
31:18et elle est
31:18capitale.
31:22Même aujourd'hui,
31:23après tout ce que Rostand
31:25a écrit,
31:27beaucoup de thérapeutes
31:28sont coincés
31:29dans la volonté
31:30d'aider le patient,
31:32dans la volonté
31:33d'un résultat.
31:35Alors,
31:35on met les choses
31:36à la base,
31:37à leur place.
31:40On prend le tir à l'arc.
31:42La personne a l'intention
31:43d'envoyer
31:44la flèche dans la cible
31:45et puis après,
31:46elle ne s'en occupe plus.
31:48C'est-à-dire,
31:49il y a une intention,
31:50on va dire,
31:51il y a l'intention
31:51d'aider l'autre,
31:52puis après,
31:52elle ne s'en occupe plus.
31:54On passe à autre chose.
31:56Surtout,
31:57on passe à autre chose.
31:58Plus de volonté.
31:59Bien.
32:00Rostand
32:01qui,
32:02à la base,
32:03chercher à aider
32:05les gens
32:05de façon active
32:08a complètement changé
32:09déjà là
32:10son positionnement.
32:12Dans la fin de la plainte,
32:14il écrit
32:15« Ce qui est proposé
32:21en effet
32:22est imposé
32:24à moins
32:26que le thérapeute
32:28n'en attende
32:29aucun résultat,
32:30à moins
32:31qu'il ne soit
32:32indifférent au succès
32:33ou à l'échec
32:34de sa proposition,
32:36à moins
32:37qu'il n'ouvre
32:38cette dernière brèche
32:39de la liberté
32:40de l'autre,
32:41à moins
32:41que l'accueil
32:42ou le rejet
32:43de cette proposition
32:44ne soit plus en rien
32:47son affaire à lui.
32:49Nul besoin
32:50d'un échec
32:51pour commencer
32:52à ne rien faire,
32:54car nous sommes
32:55toujours en échec
32:56face à l'interlocuteur
32:57qui doit décider
32:59d'être malade
33:00ou de guérir,
33:01de stagner
33:01ou d'avancer
33:02et finalement
33:03de mourir
33:03ou de vivre.
33:04C'est dans la fin
33:07de la plainte.
33:07Et vous voyez bien,
33:08il y a la première partie
33:09de cette citation,
33:11c'est
33:13pas de volonté
33:13de la part du thérapeute,
33:14mais il y a la notion
33:15que c'est le patient
33:17qui décide.
33:19Et ça,
33:19c'est là-dessus
33:21que ça bute.
33:22C'est déjà génial,
33:23mais ça bute là-dessus,
33:24sur cette deuxième partie.
33:29Plus loin,
33:30dans
33:31« Savoir attendre »
33:33Une autre citation.
33:34« Tant que le thérapeute
33:35veut soutenir le patient,
33:37la béquille
33:38qu'il lui propose
33:38ne fera que différer
33:40le temps
33:40où celui-ci
33:41devra marcher seul.
33:44Ce qui inclut
33:46le risque de tomber.
33:48À quoi se résume,
33:50en effet,
33:51le succès
33:51d'une thérapie,
33:53si ce n'est
33:54pour le patient,
33:55la possibilité
33:56de transformer
33:57la passivité
33:58à l'égard
33:58de ce qui lui arrive
33:59en détermination
34:00et en initiative.
34:04Toujours
34:06d'en savoir attendre
34:08un peu plus loin.
34:09Comment ne pas faire
34:11quelque chose
34:11pour quelqu'un
34:12qui a peur
34:12et qui est angoissé ?
34:15En réalité,
34:16c'est lui,
34:17le thérapeute,
34:18qui a peur
34:19et qui ne supporte pas
34:21le vertige
34:21de la liberté.
34:24La décision
34:25est une folie,
34:26disait Kierkegaard.
34:28Qui n'en a pas
34:29senti le risque
34:30ne saurait tenir
34:31ferme
34:32lorsqu'un autre
34:34sous ses yeux
34:35l'affronte.
34:36Ça veut dire
34:37soi-même,
34:38il faut avoir travaillé
34:39sur soi,
34:39il faut y aller
34:40dans le vide.
34:43Enfin,
34:44toujours dans
34:44le même bouquin,
34:46cette indifférence
34:47au succès
34:49devient le corrélatif
34:50du pouvoir
34:51de décision
34:52du patient.
34:53Elle contribue
34:54à le mener
34:55à l'optimum
34:56de la puissance.
34:57Plus l'aide
34:58tend vers zéro,
35:00plus elle est
35:01efficience
35:01ou bien
35:02bien plus
35:03le risque
35:04est couru,
35:05moins il a lieu
35:06d'être.
35:08Bon,
35:09il s'agit donc
35:10d'arrêter
35:11de vouloir
35:12aider l'autre.
35:15On pose des choses.
35:18chacun sait
35:18pourquoi il est là,
35:20alors il n'y a plus
35:20à s'en occuper.
35:23Dans ce cadre,
35:24c'est très très
35:25important,
35:27la volonté
35:28du côté du thérapeute
35:30est à enlever.
35:33Mais,
35:36il reste la notion
35:38que le patient
35:40doit décider
35:41quelque chose.
35:44nous arrivons
35:45au troisième
35:45virage.
35:47On est là
35:48au niveau
35:48théorique,
35:49mais au niveau
35:49de la pratique,
35:50c'est plus difficile
35:50et ce n'est pas étonnant.
35:52La posture
35:52est difficile
35:53à trouver,
35:54tout simplement
35:55parce qu'on ne peut
35:56pas la trouver.
35:57C'est à elle
35:58de venir
36:00et au thérapeute
36:01de se laisser faire.
36:03Ce n'est pas
36:03la voie
36:03qui te cherche.
36:04Ce n'est pas toi
36:05qui cherche ta voie,
36:06c'est la voie
36:07qui te cherche.
36:10Ok ?
36:12Ça fait une boucle.
36:16Je vous laisse
36:17imaginer
36:18ce chercheur
36:19extraordinaire
36:20qui est dans sa solitude.
36:21Il faut imaginer
36:21un petit peu,
36:22c'est une démarche solitaire.
36:24Il est là
36:25face à des patients.
36:26Les patients,
36:26ce ne sont pas
36:27des gens qui vont bien,
36:27par définition.
36:29Et il s'agit
36:29de se lancer
36:30dans des choses
36:31sans filet.
36:33C'est
36:35pour quelqu'un
36:37qui a niveau
36:38intellectuel
36:38de Roustan,
36:39c'est un type
36:39brillant.
36:41Et là,
36:42brusquement,
36:42il se rend compte
36:43qu'il faut aller
36:43vers une pratique
36:44hors intellectuelle.
36:48Roustan,
36:49François Roustan
36:50était une personne
36:51qui fondamentalement
36:53aimait
36:53et aidait
36:54les autres.
36:57Pas tendre,
36:58mais il se dégageait
37:00de lui
37:00un truc
37:00d'une humanité
37:01extraordinaire.
37:04C'est une personne
37:05présente aux autres
37:06et pas qu'un peu.
37:08et il est confronté
37:09à cette possibilité
37:11de tout lâcher,
37:13de lâcher
37:13l'activation
37:14en présence
37:15d'une personne
37:16qui souffre.
37:18Mais je ne sais pas
37:19si j'aurais osé
37:20franchir le pas.
37:21Franchement,
37:21c'est facile
37:22quand on arrive après.
37:25chapeau, quoi.
37:28Je pense que
37:28peu de personnes
37:29auraient osé
37:30franchir ce pas-là.
37:36Et en fait,
37:37il ne franchit pas
37:37tout de suite.
37:38Il manque
37:39une pièce
37:39au pulse.
37:42Et bien ça,
37:43on va voir ça
37:44dans la prochaine vidéo.
37:45À tout de suite.
37:48Hello.
37:51Hello.
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