- il y a 1 semaine
Ce jeudi 26 février, Olivier Lévy, président de Levy Capital Partners, et Raphaël Thuin, directeur des stratégies de marchés de capitaux chez Tikehau Capital, ont échangé leur point de vue sur les résultats publiés par Nvidia, qui ont une fois de plus dépassé les attentes, ainsi que sur le fait que l'IA bouleverse les valorisations boursières, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:00Deux acteurs de marché ce matin, Olivier Lévy, président de Lévy Capital Partners.
00:04Bonjour Olivier.
00:05Bonjour Etienne.
00:05Merci d'être avec nous ce matin.
00:07Merci également à Raphaël Thuin de nous avoir rejoint,
00:08directeur des stratégies de marché de capitaux chez Tikeo Capital.
00:11Tiens.
00:12Nvidia a publié hier soir, Raphaël, des résultats époustouflants.
00:1543 milliards de profit net au quatrième trimestre.
00:18Je pense qu'aucune société au monde n'a jamais réussi à faire ça.
00:20Alors, élément exceptionnel.
00:22Une croissance toujours très forte.
00:24Un marché qui, dans un premier temps, a salué la nouvelle.
00:27Alors, on est vraiment sur des nouvelles après-bourses.
00:30Donc, il faut les prendre avec beaucoup de pincettes.
00:32Il faudra voir comment ça va se passer aujourd'hui à l'ouverture de Wall Street.
00:36Et puis, finalement, la directrice financière nous a parlé de la concurrence chinoise,
00:40les doutes également sur la monétisation de l'intelligence artificielle.
00:44Bref, au final, il n'y a pas que les résultats financiers qui comptent et la croissance.
00:47Il y a tout le discours et toutes les perspectives qui vont avec.
00:51Oui, le marché est exigeant avec Nvidia parce qu'effectivement,
00:54les résultats ont été exceptionnels à valeur faciale, d'une part.
00:58On parle de chiffres gigantesques, plus 70% de marge brute,
01:01une croissance du chiffre d'affaires aussi de plus de 70% sur un an.
01:05Donc, c'est vraiment un ovni sur la place financière.
01:09Mais par ailleurs, effectivement, les attentes étaient très élevées, d'une part.
01:13Donc, une grande partie de ces annonces étaient finalement bien anticipées.
01:17Et puis, d'autre part, effectivement, on continue à se poser des questions sur quelques thématiques.
01:21Alors, oui, on peut dire qu'il y a eu quelques doutes qui ont pu poindre pendant l'annonce des
01:27résultats.
01:27Mais finalement, le management a été assez rassurant sur beaucoup de ces thématiques-là,
01:32sur le fait que la demande devrait continuer, qu'il ne voit pas d'inflexion,
01:36qu'on est toujours dans un méga cycle de dépenses d'investissement de la part de ces grandes technologies, d
01:42'une part.
01:43Donc, il y a eu des mots assez rassurants, avec aussi cette notion de la part de Jensen Wang, le
01:47PDG,
01:48que ces grands hyperscalers, ces grandes entreprises de technologie,
01:52commençaient à voir les retours sur investissement.
01:55Que finalement, cette inquiétude autour de la génération de cash,
01:57qui allait s'amoindrir du fait de ces dépenses d'investissement chez ces grandes techs,
02:02était probablement une thématique exagérée,
02:04et que finalement, cette génération de cash, elle pourrait augmenter grâce à ces dépenses.
02:07Donc, ça, ça a été un élément qui, quand même, doit rassurer,
02:11sur le fait qu'effectivement aussi, on continuait d'avoir des perspectives aussi en termes de capacité de production.
02:17On se demandait en quelle mesure Nvidia allait être capable de faire face à cette demande
02:21à un moment où il y a beaucoup de contraintes sur les capacités.
02:24Là aussi, il y a eu des éléments rassurants.
02:26Donc, finalement, la valeur faciale, c'était vraiment une très bonne annonce de résultats.
02:30En revanche, le sentiment vis-à-vis d'Nvidia, vis-à-vis de l'IA, pèse aujourd'hui, pèse sur
02:36la valeur.
02:36Un grand scepticisme sur le fait que ces dépenses d'investissement vont continuer sur le long terme.
02:41Ça, c'est clairement une thématique qui ne va pas être nécessairement résolue dans les semaines qui viennent.
02:46Ça, ça pèse.
02:47Et puis aussi, cette notion qu'on peut commencer à voir pointe dans les résultats,
02:51que la compétition arrive, que sur, en particulier, les centres de données,
02:56on voit aujourd'hui d'autres producteurs de semi-processeurs qui commencent à gratter des parts de marché.
03:01Donc, voilà ce qui inquiète le marché.
03:02Mais encore une fois, le marché est quand même très exigeant avec Nvidia.
03:05Nvidia qui est vraiment en amont, Olivier Lévy, dans cette chaîne de l'intelligence artificielle.
03:11Et on l'a encore vu au début du mois de février.
03:14Les GAFA vont quand même dépenser, c'est ce qu'ils ont dit, à voir si ça va se formaliser,
03:19600 milliards.
03:20Donc, forcément, ça offre une visibilité au groupe.
03:22700 milliards, je crois.
03:24Voilà.
03:24Non, tout à fait, ça offre de la visibilité.
03:26Les chiffres sont effectivement stratosphériques.
03:28Je rejoins Raphaël.
03:29La photo est formidable.
03:31Les doutes sont là.
03:32La menace chinoise, AMD, les parts de marché.
03:35Tout ça fait qu'on se rend compte que le marché commence à avoir une petite indigestion quand même.
03:44Et je trouve que depuis le stress sur les CDS d'Oracles,
03:47c'est-à-dire le fait qu'Oracles investissent massivement dans l'intelligence artificielle et le cloud
03:53et les data centers qui drive quand même 90% du chiffre d'affaires d'NVIDIA, l'infrastructure.
03:59Donc, ça, ça pourrait effectivement rebattre les cartes et les cartes des valorisations.
04:05NVIDIA, ça vaut facialement 50 fois les résultats pour 28 fois les résultats l'année prochaine.
04:10Donc, pour une valeur de si forte croissance, c'est superbe.
04:15Mais est-ce que ce sera continuellement soutenable ?
04:17On verra.
04:18Et on a vu cette rotation fabuleuse entre, là aussi, des doutes s'installer sur les logiciels,
04:27évidemment, dans le conseil, dans certains business de service, dans les ESN.
04:32Donc, on a eu des retracements aussi, des doutes par rapport à des cash flows théoriques
04:39versus des cash flows réels.
04:40Et on a vu, effectivement, des gens retourner vers des cash flows réels,
04:44revenir vers des activités plus pépères, traditionnelles,
04:48type les foncières cotées, l'agroalimentaire, la santé, etc.
04:51On en parlera dans un instant, ce qui profite d'ailleurs à l'Europe,
04:54qui est sur des plus hauts historiques.
04:55Le CAC 40 gagne 5% depuis le début de l'année,
04:57quand le Nasdaq est à 0 et le S&P 500 à 1,5%.
05:02Car aujourd'hui, les indices américains, Raphaël Thuin,
05:06sont notamment pénalisées par les potentiels cibles de l'intelligence artificielle.
05:10Wall Street s'amusait même à faire des paniers et gagnant en perdant.
05:13Au final, les gagnants, visiblement en bourse, ne sont pas pour l'instant en gagnant.
05:17Est-ce que vous, dans vos portefeuilles, chez Tico Capital,
05:21vous commencez un petit peu à faire le tri par rapport aux éventuels gagnants
05:24ou perdants de l'IA, sachant que c'est à la fin de la course qu'on les connaîtra ?
05:28Oui. Aujourd'hui, il y a une question assez claire qui se pose aux investisseurs.
05:31Est-ce que vous voulez vous positionner sur une thématique 2026
05:35qui consisterait à dire l'IA est en accélération,
05:38l'adoption de l'IA est en accélération,
05:41va faire des dégâts dans certains secteurs de l'industrie,
05:45auquel cas, si c'est le cas, effectivement, il faut vendre les logiciels,
05:48il faut vendre tous ces secteurs qui ont commencé à sous-performer déjà
05:51et se positionner sur les gagnants de l'IA
05:54qui, eux, n'ont pas nécessairement bien performé.
05:57On parlait de Nvidia aujourd'hui ou certains de sa Ziperscaler.
05:59Donc, ça, c'est une première thématique aujourd'hui dans laquelle, nous, on croit.
06:03On pense qu'effectivement, il y a un potentiel d'accélération
06:05et qu'aujourd'hui, après de la sous-performance de certaines grandes techs ou de Nvidia,
06:11il y a potentiellement des points d'entrée sur certaines de ces valeurs.
06:13Ça, c'est une première chose.
06:15Et puis, deuxième chose, effectivement, lorsque vous partez de ce postulat,
06:19allez chercher de la diversification sur des secteurs
06:22qui, d'une part, ne sont pas impactés par l'IA ou moins impactés,
06:25et d'autre part, qui profitent de cette économie qui se porte bien,
06:29qui bénéficie de beaucoup de stimulus.
06:31Ça, c'est attractif aussi.
06:32Donc, allez faire de la rotation, de la diversification, effectivement,
06:35sur la vieille économie, les industriels, certaines valeurs défensives
06:40qui doivent bénéficier de ce cycle sans être impactés par l'IA.
06:43Ça aussi, c'est attractif.
06:45Donc, oui, très clairement, on positionne les portefeuilles.
06:47Diversification, une fois de plus.
06:49On diversifie, effectivement, et une fois de plus,
06:52mais avec des perspectives que ça puisse, cette fois, payer,
06:55parce que ça a été une des thématiques de ces dernières années.
06:57Le leadership de performance était très concentré.
07:00C'était la tech, la tech, la tech.
07:01Et là, ça y est, on voit un marché qui a des potentiels de rotation.
07:05Certains de ces secteurs sont d'ailleurs toujours pas très chers,
07:08pour certains d'entre eux.
07:09Donc, finalement, c'est effectivement un bon moment pour aller diversifier.
07:11Mais c'est un petit peu comme l'an passé, au final.
07:13C'est-à-dire que l'an passé, en début d'année 25,
07:15il y avait également une très forte envie de diversification,
07:18qui a payé en partie.
07:19Le DAX à Francfort a gagné 20% en 2025,
07:22c'est-à-dire mieux que les 15% du S&P 500.
07:24Le CAC 40 avait sous-performé à cause notamment du secteur du luxe.
07:27Mais c'est vrai que tous ces secteurs que vous avez cités,
07:30qui sont un petit peu protégés de l'intelligence artificielle,
07:32dans l'industrie, dans les télécoms, services aux collectivités, etc.,
07:35ils ont déjà beaucoup monté.
07:36Ils ont déjà monté, absolument.
07:38On peut dater ça à peu près de la mi-année dernière en Europe,
07:41plutôt fin d'année aux États-Unis.
07:43Il y a encore un vrai potentiel de hausse,
07:45parce qu'on sort de longues années de sous-performance.
07:48Si vous regardez les small caps, la value, les cycliques, les défensives,
07:52comme les biens de consommation, la santé,
07:54on est sur des secteurs qui ont sous-performé,
07:57en particulier la croissance et la tech,
07:59sur 3, 5, 10 ans parfois.
08:01Donc, oui, certes, depuis quelques mois,
08:04on voit un regain de performance sur ces noms-là.
08:07Oui, certains de ces secteurs se sont renchéris,
08:09donc attention, mais on est globalement sur une tendance
08:11qui pourrait perdurer encore sur 2026.
08:14Les banques qui continuent de cartonner,
08:16Olivier Lévy, IRHSBC a gagné 6% après ses résultats,
08:19l'Eurostox Bank a gagné 70-75% l'an dernier,
08:22on gagne déjà 5%, elles sont au plus haut historique.
08:25Ça vous intéresse aujourd'hui des secteurs un peu old economy ?
08:28C'est un peu trivial ce que je dis.
08:30Oui, enfin, old economy quand même concurrencée
08:32par un certain nombre de fintechs et par l'intelligence artificielle.
08:34On voit dans son domaine de nom des sociétés
08:38qui viennent prendre des parts de marché,
08:40surtout chez les jeunes et la génération Z.
08:43Donc ça, c'est un risque.
08:44Si ces banques, ces grands établissements ne se réinventent pas,
08:48mais c'est tout le système monétaire qui est mis en question aussi
08:51avec les stable coins, avec Défi, avec le bitcoin.
08:54Donc, c'est vrai qu'il y a un rattrapage,
08:57et je rejoins à nouveau Raphaël,
08:59certaines sociétés avaient été aussi survendues ou pas très chères.
09:05Les valorisations étaient quand même assez faibles
09:07versus l'outre-Atlantique.
09:10Donc on a des banques qui sont effectivement peu chères en Europe
09:16et dans un monde européen qui devrait encore consolider,
09:19un peu à l'image de ce que les opérateurs télécom vont peut-être faire,
09:24c'est-à-dire là aussi une rationalisation
09:26et avoir moins d'acteurs sur le sol européen.
09:30Je crois qu'il faut scinder les choses.
09:32Oui, il y a les acteurs européens qui étaient moins sexy,
09:36plus value, plus patrimonial,
09:38et les acteurs américains qui étaient là aussi sur de la croissance
09:42et avec une omniprésence de la tech.
09:45Bouygues gagne un peu plus de 2% après la publication de ses résultats,
09:48au-delà des 52 euros.
09:49A noter que Benoît Tortolin, le directeur général de Bouygues Telecom,
09:52sera ce soir dans le 18-19 de Guillaume Paul.
09:55On a Schneider Electric qui gagne 3% après la publication de ses résultats ce matin,
09:59Engie plus 7%,
10:00ce qui porte le CAC 40 sur un plus haut historique à 8 588 points.
10:05Vous êtes à l'aise avec les niveaux de valorisation actuels aujourd'hui,
10:08Olivier Lévy, sur les indices européens.
10:11Je vois le FTSE à Londres qui gagne déjà 8% depuis le début de l'année,
10:13le CAC 45, l'Eurostock 56, c'est dynamique ?
10:16Oui, c'est dynamique.
10:18Bon, après, on est en période des résultats.
10:22Certaines sociétés et certains secteurs représentent une proportion importante de ces indices.
10:28Nous, on regarde plutôt les stocks, stock by stock, de manière idiosyncratique.
10:32Parlier de Bouygues, bon, ça traite toujours sur un PER de 18 fois,
10:36mais il n'y a pas de croissance.
10:37Donc là aussi, le marché est un peu myope.
10:40C'est qu'il y a une vraie disparité de valorisation
10:45avec des secteurs qui continuent à être affolants
10:48de par leur intérêt, leur robustesse, il faut en être.
10:51Et donc, on reste dans la diversification, mais aussi la décorrélation.
10:55Parce que le run est formidable.
10:58Il y a beaucoup d'argent dans le système,
11:00mais j'ai l'impression que le risque n'est pas pris très au sérieux.
11:03C'est-à-dire que les tarifs douaniers, une fois c'est chaud, une fois c'est froid,
11:06mais ils sont quand même là.
11:08Et donc, pour les exportateurs, c'est un sujet.
11:10Le risque géopolitique, il a l'air de toujours être présent au Moyen-Orient,
11:16en Europe et peut-être même en mer de Chine, mais il est mal pricé.
11:20Donc, on a un thermomètre qui est souvent l'or, les taux, les spread de crédit, etc.
11:30qui font des allers-retours, sans qu'il y ait vraiment, pour le moment,
11:35un grand craquement, si ce n'est la rotation qu'on a vue.
11:37Et on a déjà vu des Microsoft qui ont perdu 20-25%, ce qui est une première.
11:42Donc, l'argent est allé se réinvestir ailleurs.
11:45Et donc, on suit beaucoup les flux du moment,
11:49avec cette grosse rotation qui est en cours, selon nous.
11:52Des flux très forts, encore et toujours vers l'Europe,
11:55depuis le début du mois de février.
11:57Raphaël Thuin ?
11:58Oui, non, effectivement, les valorisations, c'est une inquiétude.
12:02D'ailleurs, si vous décomposez la performance des indices,
12:05en particulier européens l'année dernière,
12:07et d'où vient cette performance ?
12:09Une partie vient du dividende et de la croissance des résultats,
12:12qui a été faible, très bien.
12:13Mais une grande partie de cette performance
12:15est venue du renchérissement des valorisations.
12:18Donc là où il y a un an, on disait,
12:19les valeurs en Europe ne sont pas très chers,
12:21c'est une opportunité.
12:22Aujourd'hui, on ne peut plus faire ce raisonnement.
12:24On est au-dessus des moyennes historiques.
12:26Alors, ça correspond à une forme de réalité fondamentale.
12:28Il y a de la croissance, la croissance des résultats,
12:32du stimulus budgétaire, monétaire.
12:34Donc oui, on est chers pour des bonnes raisons.
12:37Mais c'est vrai que ça laisse assez peu de marge de manœuvre
12:39si quelque chose devait arriver.
12:41Et globalement, si on se projette pour 2026,
12:44il peut y avoir de la performance.
12:45Il y en aura peut-être sûrement.
12:47Mais cette performance, elle ne deviendra probablement pas des valorisations.
12:50Il va falloir effectivement qu'on produise du résultat,
12:53qu'on verse du dividende.
12:55C'est de là qu'il deviendra la performance.
12:56Et les valorisations, selon nous, elles pourraient être
12:58même peut-être détruire un petit peu de performance sur l'année.
13:02Donc ça va être une contrainte en Europe, clairement.
13:04Preuve en est que le marché est prudent.
13:07Il revient notamment sur la classe obligataire.
13:09On en parlait juste avant vous,
13:10avec des taux qui continuent de se tasser.
13:12On est sur des plus bas du mois de juin
13:14pour le 10 ans français sous les 3,3%.
13:16Le 10 ans américain flirte avec les 4%.
13:19Ça, c'est un signal quand même.
13:21C'est-à-dire que les taux se détendent,
13:22Raphaël Thun, notamment aux États-Unis,
13:24alors que Donald Trump est en train de nous remettre
13:26des nouveaux droits de douane,
13:27qu'on ne sait pas vraiment où tout cela va nous mener,
13:29des inquiétudes sur l'IA, sur les déficits,
13:31sur les baisses de taux.
13:33Et les souverains se détendent.
13:34Oui, et c'est assez intéressant ce que vous dites,
13:36parce qu'effectivement, on a d'une part
13:38les grands indices mondiaux, actions,
13:40qui montrent qu'effectivement, on est quasiment au plus haut,
13:42voire au plus haut pour certains en Europe, par exemple.
13:45Et d'autre part, quand on soulève le capot,
13:47on se rend compte qu'il y a beaucoup de tensions dans ce marché.
13:49Beaucoup de tensions, beaucoup de scepticisme
13:51autour, évidemment, de l'IA, autour des droits de douane,
13:54autour de la géopolitique, autour de l'indépendance de la Fed,
13:56de l'Iran.
13:57Je vais m'arrêter là, parce qu'on va y passer la journée.
13:59Et que finalement, lorsqu'on soulève le capot,
14:01oui, on voit beaucoup de rotations,
14:03beaucoup de fébrilité,
14:04des niveaux de volatilité qui sont montés.
14:07Et puis aussi, effectivement, comme vous l'avez dit,
14:10une valeur refuge.
14:11On va aller chercher du taux souverain,
14:13avec cette idée que finalement,
14:14la croissance peut-être décevra.
14:16En tout cas, ça a été une vraie thématique du début d'année,
14:18cette baisse des taux longs,
14:19cet aplatissement des courbes
14:21qui a un peu surpris,
14:22et qui en dit long sur finalement le fait
14:24que le marché est très nerveux,
14:26malgré facialement des niveaux de performance
14:29qui sont pour l'instant satisfaisants.
14:30Vous comprenez cette stratégie, Olivier Lévy,
14:32d'aller se réfugier sur des taux souverains ?
14:34Oui, oui, oui, tout à fait.
14:36Je pense que c'est légitime pour les grands investisseurs,
14:38les grands argentiers,
14:39d'aller chercher effectivement
14:42sur des durations moyennes,
14:44cinq ans, voire très longues.
14:47Il y a des grands institutionnels
14:49qui reviennent sur du boom d'à 30 ans,
14:50qui sont revenus massivement sur le Japon,
14:55avec des taux qui sont différents,
14:58et aussi une diversification,
14:59une décorrélation avec une nouvelle stratégie
15:01pour ce qui les concerne.
15:03Donc oui, je comprends que le flight to quality revienne,
15:07ça les rassure, effectivement.
15:10Après, je pense qu'il y a un risque
15:12qui est encore là aussi à prendre en compte,
15:15c'est que ces tarifs
15:16qui ont été mis en place par Donald Trump
15:19sont surtout inflationnistes pour les Américains.
15:21Ça va se traduire possiblement dans les chiffres.
15:24Et donc, j'ai peur que les taux longs
15:26ne restent pas sur ces niveaux faiblards,
15:293,20, 3,30 pour la France,
15:30pour ne parler que la France,
15:31sachant que nous, on a une actualité
15:33qui va être des plus palpitantes ces prochains mois,
15:36et qui devraient faire réagir l'OAT,
15:40les adjudications au Trésor.
15:41C'est comme le début, les adjudications.
15:44Ça va être une année record, cette année.
15:45Ça va être une année record.
15:48Oui, vous avez raison.
15:49Donc, la suite va laisser peut-être
15:54certains investisseurs sur le carreau,
15:56en se disant, voilà,
15:57ils ont surpondéré les États.
16:02Mais bon, à l'échelle d'un particulier,
16:04quand je regarde,
16:06le fonds euro est très incitatif aujourd'hui
16:08pour un particulier français.
16:10Je le répète, le fonds euro,
16:12c'est ce qui est logé dans un contrat d'assurance-vie,
16:14ce qui est capital et coupons garantis par l'État,
16:16avec un coupon minimum.
16:18Et là, on a principalement, dans son feu euro,
16:21de l'obligataire, massivement,
16:24pour près de 80% du souverain,
16:26de l'Allemagne, de l'Italie, du Portugal, que sais-je.
16:29Donc, ça rassure.
16:31Mais on a des taux bonifiés qui sont impressionnants.
16:33Donc, les assureurs collectent pour l'actif général,
16:38bizarrement.
16:40Mais ils s'inscrivent dans le temps long, là aussi.
16:42Donc, je crois que si on est sur du 5-10 ans,
16:46ce n'est pas une mauvaise stratégie
16:49que de dérisquer un peu,
16:51ce qui a déjà eu un run exceptionnel.
16:53Je pense aux actions.
16:55Je le vois sur le high yield,
16:56qui paye peu par rapport à l'investment grade.
16:58Il y a un consensus énorme sur le high yield, en ce moment.
17:01Il y a un consensus.
17:02Il y a un taux de défaut potentiel.
17:05Enfin, les grandes banques commencent à nous dire,
17:06voilà, regardez,
17:07il pourrait y avoir beaucoup de sociétés
17:10qui étaient sur-leveragées,
17:13donc sur-endettées,
17:14et qui pourraient ne pas faire face
17:15à ce mur de la dette.
17:16Donc, on regarde, nous, évidemment,
17:19avant d'investir chaque fois,
17:20systématiquement,
17:22toutes ces dettes à refinancer en 26,
17:25en 27, en 28,
17:26et la manière dont ils pourront, là aussi,
17:28ne pas avoir à vendre leurs bijoux de famille
17:29pour ce faire.
17:30Le mot de la fin, Raphaël Thuin,
17:32l'allocation un petit peu,
17:33à quoi ça ressemble dans vos portefeuilles ?
17:34On reste investi,
17:37au-delà du bruit et de la fureur quotidienne,
17:40on se rend compte qu'on est globalement
17:41sur un environnement marché
17:42qui est favorable pour les actifs risqués.
17:44On a dit qu'il y a de la croissance
17:46aux États-Unis, en Europe.
17:48En plus de cette croissance,
17:49chose inhabituelle, du stimulus,
17:51alors que la croissance est robuste,
17:53on a un stimulus fiscal
17:55à peu près partout dans le monde,
17:56aux États-Unis, en Europe, au Japon,
17:58un stimulus monétaire avec des baisses de taux,
18:01des croissances de résultats de bénéficiaires
18:03qui sont attractives cette année.
18:05Donc, ça, c'est la photo de marché global
18:07où on a envie d'être investi.
18:08Une fois qu'on a dit ça,
18:09il y a beaucoup de sélections à faire,
18:11il y a des choses trappes,
18:12qu'il y a effectivement des zones
18:14d'exubérance,
18:15des zones de cherté relative
18:17qu'on va éviter.
18:18Donc, il y a beaucoup de sélections
18:19de valeurs à faire.
18:20Ça va être une année
18:20qui sera probablement plus contrainte
18:22en termes de performance absolue
18:23du fait de ces valorisations élevées.
18:25Mais encore une fois,
18:26tout est justifié pour rester investi.
18:28Merci à tous les deux.
18:29Raphaël Thuin,
18:30directeur des stratégies
18:30de marché de capitaux
18:31chez Tikeo Capital,
18:32et Olivier Lévy,
18:33président de Lévy Capital Partners.
18:34Sous-titrage Société Radio-Canada
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