- il y a 16 heures
Mercredi 25 février 2026, retrouvez Michel Struck (Président, Mes Aides Publiques Infogreffe), Vital Saint-Marc (Associé, RSM), Eva Aubry (Associée, CMS Francis Lefebvre Avocats) et Serge Préville (président, IFPPC) dans SMART CAPITAL, une émission présentée par Fabrice Cousté et Arnaud Dumourier.
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00:07Bonjour, bienvenue dans Smart Capital, l'émission qui éclaire la finance d'entreprise.
00:13Au programme de ce premier numéro, on va s'intéresser dans l'œil de l'expert au problème de trésorerie
00:20qui fragilise de nombreuses entreprises
00:23avec Serge Préville, président de l'Institut français des praticiens des procédures collectives.
00:30Ensuite, dans notre débat, nous analyserons la loi de finances pour 2026.
00:35Accroît-elle de manière significative la pression fiscale sur les entreprises ?
00:41On en discutera avec mes invités, Eva Aubry, avocate associée chez CMS, Francis Lefebvre,
00:47et Vital Saint-Marc, expert comptable associé chez RSM.
00:52Et enfin, avec Michel Struck, président de mes aides publiques Infogreff, l'invité de ce Smart Capital.
01:00On va découvrir comment il facilite l'accès public au financement.
01:05Voilà pour les titres, c'est l'heure de Smart Capital.
01:12On ouvre ce Smart Capital avec l'œil de l'expert.
01:16On va s'intéresser tout de suite aux tensions de trésorerie dans les entreprises.
01:22Et pour en parler, j'ai le plaisir d'accueillir sur ce plateau Serge Préville, président de l'Institut français
01:28des praticiens des procédures collectives, l'IFPPC.
01:33Serge Préville, bonjour.
01:34Bonjour Monsieur Dumourier.
01:35Alors on parle beaucoup des difficultés de trésorerie des entreprises.
01:40La première question que j'ai envie de vous poser, c'est est-ce que l'allongement des délais de
01:45paiement aujourd'hui est l'un des premiers signaux faibles que vous observez sur le terrain ?
01:51Alors en tant qu'administrateur et mandataire judiciaire, on est évidemment tous les jours plongé dans la question des tensions
01:57de trésorerie, puisque c'est quasiment l'essence de notre métier.
02:01L'allongement des délais de paiement est un sujet, je crois, qui fait l'actualité d'ailleurs, à gauche et
02:06à droite.
02:07Donc qui est un vrai sujet que les entrepreneurs, les dirigeants d'entreprises regardent de près, avec un certain nombre
02:14effectivement de comportements qui peut-être se sont un peu dégradés depuis 3 ou 4 ans.
02:18Des délais de paiement moyen qui sont affichés dans tous les médias qui augmentent, puisqu'on est désormais presque à
02:2614 jours en moyenne de retard de paiement.
02:30Donc c'est très significatif.
02:31Donc c'est significatif et c'est surtout ce que ça dit de la situation, c'est que d'abord
02:38on a des tensions de trésorerie côté client, côté payeur, mais qui vont donc ressurgir chez ceux qui attendent ces
02:45paiements,
02:46ce qui pose donc des problèmes de difficultés de trésorerie à gérer en cascade.
02:50Et ça dit aussi un peu du rapport de force qui peut exister dans le tissu de nos entreprises avec
02:57globalement des retards de paiement qui sont plus importants chez les plus grandes entreprises.
03:02Et donc évidemment des PME qui elles souffrent un peu plus que les autres de ces retards de paiement légèrement
03:09dégradés, en tout cas qui évoluent un peu mal depuis quelques années.
03:14Alors il y a un autre indicateur important pour observer la trésorerie des entreprises, c'est le BFR.
03:22Et ce qu'on constate, c'est que les entreprises souvent utilisent ce BFR à très court terme.
03:29Pourquoi c'est devenu un point de vigilance selon vous, Majeur ?
03:33En fait le financement de l'entreprise repose sur plusieurs moyens de financer le BFR.
03:41Vous avez des ressources très stables. Dans ces ressources stables, vous avez le financement moyen, long terme, les emprunts un
03:49peu classiques que vous pouvez souscrire auprès de vos banques.
03:52Vous avez bien sûr le capital, le quasi-capital.
03:55Et puis vous avez souvent et même très souvent parmi les plus petites entreprises des lignes de court terme.
04:02Donc typiquement, très classiquement, un découvert autorisé, un billet de trésorerie, bref une facilité que la banque peut vous octroyer.
04:11Mais il faut bien garder en tête qu'en philosophie financière, ce court terme, c'est un moyen de pallier
04:16de manière provisoire à une tension de trésorerie ou une insuffisance de cash
04:21qui peut découler d'ailleurs du cycle d'activité de l'entreprise et qu'on va retrouver à peu près
04:26à la même période chaque année.
04:28C'est quoi la bonne pratique en la matière ?
04:29Alors ce qu'il faut donc bien garder en tête, c'est que ces financements court terme doivent financer ponctuellement
04:36l'entreprise et ne doivent pas la financer durablement sur 12 mois dans l'année.
04:42Et c'est là que les difficultés commencent à arriver parce que vous devenez dépendant de ces financements court terme
04:48qui, par définition, ont l'avantage de ne pas être amortissables,
04:51mais ont le très gros inconvénient de pouvoir être dénoncés par les partenaires bancaires en deux mois.
04:57Et c'est là qu'on arrive dans les difficultés.
04:59Et là, vous pouvez avoir une accélération très forte des difficultés puisque à partir du moment où vous avez besoin
05:04de ces lignes de court terme et où on vous les dénonce,
05:06donc vous devez les rembourser sur une durée très courte de 60 jours, typiquement, vous vous retrouvez dans une situation
05:13où vous ne pouvez plus faire face à tout ce que vous devez régler.
05:17Alors quand on parle de difficultés des entreprises, souvent, il y a un outil qu'on utilise, c'est le
05:22moratoire.
05:23À quel moment les moratoires deviennent-ils un risque plutôt qu'une solution ?
05:28Alors en tant qu'administrateur et mandataire judiciaire, la question de ces moratoires, elle s'aborde surtout dans des procédures
05:35de prévention,
05:36dont je crois tout l'écosystème du restructuring fait la promotion, pour notamment son efficacité.
05:43Et la question de ces moratoires, elle se joue donc dans ces procédures, que sont le mandat ad hoc, la
05:47conciliation,
05:48qui sont encore insuffisamment connus par les dirigeants.
05:52Maintenant, la question du moratoire, il faut quand même la remettre dans son contexte.
05:58Rien de bon ne peut arriver si une entreprise qui perd de l'argent ne se retourne pas.
06:02C'est l'évidence, mais il faut commencer par le dire.
06:06La question d'un moratoire, c'est uniquement celle d'essayer d'approcher le fait de gagner du temps,
06:12pour servir un objectif.
06:13Et cet objectif, bien souvent, c'est le retournement de l'entreprise,
06:16le rétablissement d'un EBE positif, bref, de gagner de l'argent.
06:21Donc le moratoire, c'est bien souvent une solution pour éviter l'accident à court terme.
06:27Mais évidemment, il faut rester prudent sur cette question.
06:30Quand vous demandez un moratoire fiscal et social auprès de l'État,
06:33quand vous demandez un moratoire sur tel ou tel amortissement vis-à-vis de vos banquiers...
06:38Pourquoi il faut être prudent ?
06:39Il faut être prudent parce que le cœur d'une restructuration,
06:43c'est quand même combien je perds éventuellement,
06:46mais surtout combien demain je vais gagner.
06:47Et donc, ce qui est primordial, c'est de toujours conserver à l'esprit
06:53qu'il faut concentrer une restructuration sur le fait que l'entreprise va regagner de l'argent
06:59et ensuite en tirer des conséquences sur le fait qu'elle va rembourser à son rythme ses créanciers.
07:04Donc les moratoires, c'est une question importante, bancaire, fiscal, social, fournisseur également.
07:08Mais attention, il ne faut pas que ce soit l'arbre qui cache la forêt.
07:12Le moratoire, c'est une manière, je le dis de cette manière qui n'est peut-être pas la bonne,
07:15mais c'est une manière de rester vivant, le temps de trouver une solution qui, elle, doit être pérenne.
07:20Donc attention à bien utiliser cet outil.
07:24Dernière question, rapidement, vous avez évoqué la prévention.
07:28Pourquoi souvent les dirigeants tardent-ils à, je dirais, tout de suite impulser ces outils de prévention ?
07:36D'abord, quand on est dirigeant, deux choses.
07:38On n'a pas envie de connaître des difficultés, donc on peut parfois mettre un mouchoir dessus.
07:43C'est un mauvais réflexe, mais il est tout à fait humain.
07:46La deuxième chose, c'est qu'on est très peu formé à la gestion, le pilotage d'une entreprise en
07:51difficulté.
07:53Donc ça, ça peut participer à la prise de conscience un peu tardive des difficultés, ce qui est dommage.
08:00Mais il faut bien dire aussi que les dirigeants sont, en général, évoluent à côté de ces dispositifs qu'ils
08:08ne connaissent que très mal.
08:09Donc l'effort que chacun fait, administrateurs, mandataires, experts comptables, magistrats, aux tribunaux de commerce, tribunaux judiciaires,
08:18c'est surtout d'essayer d'éveiller les consciences et d'acculturer à la notion de difficulté.
08:22On va conclure là-dessus. Merci Serge Préville. Je rappelle que vous êtes président de l'Institut français des praticiens
08:28des procédures collectives.
08:30Tout de suite, on enchaîne. Place au débat.
08:37On poursuit ce Smart Capital avec notre débat.
08:41La loi de finances pour 2026 accroît-elle la pression fiscale sur les entreprises ?
08:46On en discute tout de suite avec mes invités, Eva Aubry, avocate associée chez CMS Francis Lefebvre et Vital Samar,
08:54espère comptable associée chez RSM.
08:57Bonjour Vital. Bonjour Eva. Bonjour Arnaud.
09:00Alors on va rentrer tout de suite dans le vif du sujet.
09:02Cette loi de finances, on en a beaucoup parlé, on l'a beaucoup aussi attendue.
09:08Enfin, elle est là, mais maintenant on va s'attarder un peu sur son contenu parce qu'il y a
09:12des choses qui ont évolué.
09:14Je vais commencer avec vous Vital. Tout d'abord, quels sont les apports de cette loi de finances ?
09:19Les apports de la loi de finances ? Ça dépend de ce qu'on appelle apports.
09:24Déjà, on l'a attendu, la loi de finances. On est habitué maintenant à attendre les lois de finances depuis
09:28l'an dernier.
09:29Les apports, les éléments nouveaux qu'on peut dire.
09:33Il y a une taxe sur les holdings patrimoniales dont la genèse est assez amusante d'ailleurs,
09:40puisqu'on est parti d'une idée, d'une taxe Zugmann, où on voulait taxer les revenus non perçus par
09:49les personnes physiques.
09:49On voulait les taxer les sociétés, ce qui était d'ailleurs assez étonnant.
09:53Quand on veut taxer les personnes physiques qui ne prennent pas les revenus, on va taxer les sociétés.
09:58C'était assez curieux.
09:59Et on a dérivé vers une taxe sur les holdings patrimoniales qui vient, on va dire, imposer les dépenses dites
10:09« somptuaires » qui seraient détenues par ces structures-là.
10:12Autre élément que l'on peut voir, c'est un durcissement du pacte d'Utreil.
10:18Oui, une volonté de durcir le pacte d'Utreil.
10:21Alors le pacte d'Utreil, c'est né d'une idée qui est peut-être française, qu'en fait, le
10:27bon successeur est un enfant.
10:29Ou globalement, quelqu'un dans l'entreprise.
10:31Parce qu'on peut faire un pacte d'Utreil avec des gens qui ne sont pas nécessairement des enfants.
10:37C'est une idée qui a même temps.
10:38On pense qu'en fait, on doit transmettre le plus possible aux gens qui nous suivent.
10:45Certains considèrent que c'est un avantage fiscal excessivement important en France, ce qui est vrai d'ailleurs.
10:49On peut transmettre une entreprise pour pas grand-chose, pour un coût relativement restreint.
10:53Mais au moins, on a la quasi-certitude que l'entreprise restera en France.
10:58Et détenue par des personnes physiques.
11:01Pourquoi c'est durçu ? Parce qu'en fait, le législateur estime qu'en fait, ça coûte trop cher.
11:04Voilà, c'est simple.
11:06Toutes les dispositions qui ont été votées dans l'autre finance, c'est pour essayer de trouver des recettes complémentaires.
11:13Eva, vous avez d'autres éléments à ajouter par rapport aux apports de cette loi de finance ?
11:18Oui, tout à fait.
11:19Donc, je voudrais peut-être relever deux points avant de rentrer dans le vif, avant de rentrer dans le détail
11:26de ces mesures.
11:27C'est peut-être qu'effectivement, pour la deuxième année consécutive, on l'a attendue.
11:30Et elle est intervenue après la clôture de l'exercice précédent, ce qui peut soulever des difficultés pour les entreprises
11:37et puis pour les particuliers.
11:39Puisque le législateur est obligé de trouver des astuces pour faire en sorte que les recettes rentrent dans les caisses
11:44de l'État dès 2026.
11:47Donc ça, c'est un premier point.
11:48Et puis le deuxième point sur les mesures, c'est que certaines qui avaient été édictées comme étant temporaires l
11:56'année dernière sont finalement prorogées.
11:57Alors, c'est peut-être une habitude maintenant, mais c'est quand même un fait à relever.
12:02Et pourquoi on prolonge ces dispositions ?
12:04Pour faire entrer des recettes dans les caisses de l'État, évidemment.
12:08Et par exemple, on pense à la contribution différentielle sur les hauts revenus, qui touche les contribuables les plus fortunés,
12:14les contribuables personnes physiques.
12:15Et s'agissant des entreprises, on pense à la contribution exceptionnelle sur le bénéfice des grandes entreprises,
12:20qui là aussi est très ciblée sur les plus grosses entreprises de France et qui leur fait supporter une large
12:27part des recettes supplémentaires de ce budget.
12:31Alors, Vital, je vais me tourner vers vous.
12:33Vous avez l'un et l'autre évoqué certains apports de cette loi de finances.
12:37Quelles sont les conséquences pour les entreprises ?
12:41Déjà, il y a une chose qui est assez amusante.
12:43Dans les entreprises, lorsqu'on a quelques difficultés, on commence par couper les dépenses.
12:47Parce qu'il est plus difficile d'aller chercher des recettes.
12:49On voit que pour l'État, c'est le contraire.
12:51On va chercher des recettes plutôt que de couper les dépenses.
12:54Donc, pour les entreprises, l'élément essentiel, c'est...
12:58Alors, ça dépend de quelle entreprise on parle.
13:01Moi, je parlais sur les points que j'ai relevés.
13:04Par exemple, la taxe sur le holding patrimonial, je pense que l'essentiel, c'est de ne pas s'affoler,
13:11de réfléchir.
13:13Voir, avec ses conseils, si en fin de compte, on est assujetti à cette taxe,
13:17quelles sont les conséquences, et voir s'il est possible, peut-être, de restructurer l'organisation de la structure pour
13:24éviter d'être taxée.
13:25C'est-à-dire sortir des éléments qui seraient sujettis à la taxe.
13:29Pour le pacte du treil, c'est pareil.
13:32C'est réfléchir à ce qu'il peut se passer, si on a l'intention de faire des donations.
13:39Il n'y a pas beaucoup de modifications sur le pacte du treil.
13:42Une modification essentielle, c'est quand on fait un pacte du treil, on a deux engagements.
13:46Il y a un engagement personnel, un engagement collectif et un engagement personnel.
13:50L'engagement personnel est prorogé de deux années.
13:52Mais l'élément essentiel, c'est de dire qu'en fait, on a craint, dans le pacte du treil,
13:58que l'on retire toutes les activités qui ne sont pas des activités réellement opérationnelles.
14:04C'est-à-dire qu'en fait, une société est éligible au pacte du treil si la majeure partie de
14:09son activité est une activité opérationnelle.
14:11Et la conséquence aurait été quoi ?
14:13La conséquence aurait été qu'en fait, il aurait fallu restructurer les entreprises
14:16parce que beaucoup d'entreprises n'auraient plus été éligibles au pacte du treil, des holdings.
14:21Par exemple, j'ai des holdings, je déquine des participations.
14:24Certaines participations sont animées.
14:26C'est-à-dire que c'est la holding qui donne les décisions essentielles sur les filiales.
14:30Dans ces cas-là, c'est éligible.
14:31Et celles qui n'étaient pas animées, ça sortait.
14:34Donc là, on voit qu'on est passé à côté de ce petit séisme au niveau du pacte du treil.
14:40Mais on dit maintenant qu'il faut forcément que les opérations éligibles au pacte du treil
14:45aient un intérêt pour la structure.
14:48Il faut réfléchir, savoir si il est question de restructurer ou pas
14:51avant de faire un pacte du treil, par exemple.
14:54Eva, vous êtes dans le même état d'esprit.
14:56Pas lieu de s'affoler par rapport aux modifications dont on vient de parler.
15:00Il faut regarder, mesure par mesure, quel va être l'impact sur l'entreprise ?
15:04Ah oui, tout à fait.
15:05C'est vraiment très important.
15:06C'est examiner déjà les mesures qui sont dans cette loi de finances,
15:10qui sont variées.
15:12On parle des plus emblématiques,
15:14mais il y a d'autres mesures qui sont là pour aider les entreprises
15:18qui sont peut-être de taille plus modeste.
15:20Vous pensez à quelle mesure, par exemple ?
15:22Je pense par exemple aux jeunes entreprises innovantes,
15:25qui sont donc les entreprises qui sont déjà aidées,
15:28qui ont déjà des exonérations diverses et variées,
15:31sur lesquelles ça pourra peut-être aussi intéresser vos auditeurs
15:34de savoir que certains investissements dans les JEI sont soutenus,
15:39dans le sens où le contribuable peut avoir droit à un crédit d'impôt
15:42à hauteur des versements qu'il effectue.
15:44Ça, c'est important d'en avoir connaissance.
15:46C'est important d'en avoir connaissance,
15:47et donc les JEI qui sont soutenus via des FCPI
15:55permettent aux souscripteurs de bénéficier d'un crédit d'impôt
15:58de montants qui sont assez significatifs.
16:00Donc, bien entendu, il y a le crédit d'impôt pour le souscripteur,
16:04mais il y a bien évidemment l'aide et les financements supplémentaires
16:07qui sont alloués aux JEI par des outils fiscaux qui sont intéressants.
16:11Alors, on va peut-être évoquer des points de vigilance.
16:15C'est important aussi de savoir quelques aspects dont il faut porter
16:19une attention particulière, vitale.
16:21Quels sont ces points de vigilance ?
16:23Les points de vigilance, je serais tenté de dire que
16:27en 2013, on nous a annoncé le choc de simplification.
16:31Depuis 2013, je crois qu'il y a 18% d'articles législatifs en plus,
16:37législatifs et réglementaires.
16:38Donc, il n'y a pas vraiment de simplification ?
16:40Il n'y a pas de simplification, du tout.
16:41On voit qu'il y a un alourdissement des normes.
16:44D'ailleurs, c'est assez amusant parce qu'au moment même où Bruxelles
16:49pose sa loi Omnibus pour limiter le poids des normes
16:54qui toucheraient les entreprises, dans le cadre de l'ARSE notamment,
16:58on voit que les législateurs français augmentent,
17:01continuent à augmenter sans arrêt les normes.
17:03Je dirais qu'en fait, l'élément le plus important,
17:06c'est de se tourner vers ceux qui sont capables de les lire les normes
17:11et de comprendre ce que l'on peut en faire.
17:13Parce que c'est excessivement lourd pour les entreprises.
17:16Il y a un autre élément dont on n'a pas parlé,
17:19c'est par exemple la facturation électronique.
17:22Ce n'est pas quelque chose de nouveau.
17:23Mais on voit qu'en fait, l'État se désengage un petit peu,
17:26puisqu'en fait, ce qu'il devait faire...
17:29Il ne le fait plus.
17:30Il ne le fait plus, mais il fait peser ses obligations sur les entreprises,
17:36en augmentant d'ailleurs le montant des pénalités
17:39si jamais elles n'arrivent pas à recourir à la facturation électronique
17:43ou si elles ne le veulent pas.
17:44Donc je pense que l'important, c'est réellement de se tourner vers ces conseils
17:48pour savoir ce qu'il faut faire et comment il faut le faire,
17:51à mon avis, pas s'affoler.
17:53Eva, vous êtes d'accord, le poids des normes,
17:55c'est quelque chose d'important, qui pèse sur les entreprises ?
17:59Oui, bien sûr, on entre dans un niveau de sophistication
18:02qui est extrêmement élevé.
18:04Je pense qu'en effet, les entreprises, leurs dirigeants
18:08doivent absolument être accompagnés
18:10et anticiper les décisions d'investissement,
18:13les décisions de transmission.
18:15Vital l'a dit, effectivement,
18:16le Dutreil est de plus en plus touché, modifié.
18:20Donc tout ça, les entrepreneurs doivent absolument être accompagnés
18:25pour prendre les meilleures décisions.
18:27Vous voyez d'autres points de vigilance
18:29par rapport à ces lois de finances ?
18:31Les points de vigilance, disons que les mesures sont variables.
18:36Par exemple, si on revient sur la contribution exceptionnelle
18:38sur les grandes entreprises,
18:41cette disposition a été reconduite, comme je le disais,
18:44mais a été reciblée sur les entreprises
18:46les plus grosses d'entre elles.
18:48C'est-à-dire qu'on avait un seuil d'application
18:50d'un milliard d'euros de chiffre d'affaires.
18:52Ce seuil a été rehaussé à 1,5 milliard d'euros
18:55de chiffre d'affaires.
18:56Donc voilà, là, c'est quelque chose qui semble tout simple,
18:59mais après, dans l'assiette et dans le calcul de la taxe,
19:02dans les versements anticipés qu'il y a lieu de faire
19:05avant la fin de l'année,
19:06alors même qu'on ne connaît pas le bénéfice de l'exercice.
19:09Alors vous me direz, les entreprises sont habituées.
19:11Elles ont évidemment des conseils,
19:13elles ont des équipes financières
19:14qui sont là pour estimer les résultats,
19:17mais les points de vigilance sont constants.
19:19C'est-à-dire qu'il faut absolument tout regarder
19:21et on aura peut-être d'autres choses au cours de l'année
19:24qui viendront impacter les décisions
19:26et les directions financières des groupes.
19:31Vital, l'objectif de ce débat,
19:32c'était de savoir s'il y a plus de pression fiscale
19:35sur les entreprises.
19:36Quel est votre point de vue à ce sujet ?
19:38Le point de vue, c'est que je crois qu'en 1982,
19:41on avait un pourcentage de pression de 42% du PIB
19:44sur les entreprises.
19:45Je crois que c'est 46%.
19:46Dans le même temps, on voit qu'il y a eu une baisse
19:49de certains impôts, de manière d'ailleurs significative.
19:52Notamment l'imposition sur les sociétés en 1982,
19:54il était de 50%.
19:54Il a baissé alors facialement à 25%,
19:58parfois pour les petites entreprises à 15%,
20:00mais on voit que pour les grosses entreprises,
20:02c'est plutôt supérieur à 32% pour les très grosses entreprises.
20:06Mais on voit qu'il y a des baisses d'impôts,
20:08mais dans le même temps,
20:09il y a eu un élargissement du nombre de taxes.
20:13Il y a excessivement de taxes à suivre,
20:17et c'est excessivement contraignant pour les entreprises.
20:19Il ne faut pas les oublier.
20:21Et au final, on voit que certains impôts facialement baissent,
20:25mais d'autres augmentent,
20:26et la pression fiscale ne change pas.
20:28On est toujours dans une pression importante.
20:30Alors, nos entreprises s'y sont habituées,
20:33puisqu'elles arrivent quand même à être compétitives,
20:34mais on peut le regretter.
20:36C'est ce que je disais au départ.
20:38L'État, lui, augmenter les recettes,
20:40plutôt que d'essayer de diminuer les dépenses,
20:42ce que font les entreprises en difficulté.
20:44Eva, c'est aussi votre sentiment ?
20:46Oui, alors, on peut peut-être parler aussi des mesures incitatives,
20:51puisqu'il y a aussi la fiscalité environnementale,
20:54et ça complète le propos de Vital,
20:56c'est-à-dire qu'on crée de nouvelles taxes,
20:58mais avec un objectif politique de verdir les activités.
21:02Donc, on voit dans cette loi de finances,
21:03la prorogation, et là, c'est une bonne chose,
21:06du crédit d'impôt qui permet aux entreprises
21:10qui fabriquent des batteries électriques de s'implanter.
21:13Et on voit aussi une augmentation de la taxe
21:16sur les flottes de véhicules des grandes entreprises.
21:19Donc là aussi, des taxes nouvelles qui sont créées
21:22et qui viennent augmenter la charge fiscale des entreprises.
21:25Toujours plus de taxes sur les entreprises.
21:28Peut-être pour finir, un mot positif à destination des entreprises,
21:34puisque l'un et l'autre, vous accompagnez les entreprises vitales ?
21:37Oui, un mot positif, c'est qu'en fait,
21:39on s'en est toujours sorti,
21:40il y a une augmentation globalement de la fiscalité.
21:43C'est pas tellement de la fiscalité,
21:45c'est une augmentation du poids des normes
21:46que je trouve très importante.
21:49Bon, ben, on y fait face.
21:51Eva, pour terminer ?
21:52Oui, je suis d'accord.
21:54On essaye d'accompagner nos clients au plus près de leurs activités,
21:58puisque selon l'activité, le domaine d'activité,
22:01les normes qu'on doit appliquer sont différentes.
22:05Et donc, ça reste néanmoins une passion pour nous,
22:08les professionnels de la fiscalité et de la comptabilité.
22:11On va conclure là-dessus.
22:12Merci Eva Aubry.
22:13Je rappelle que vous êtes avocate associée chez CMS Francis Lefebvre.
22:17Et merci Vital Saint-Marc, expert comptable associé chez RSM.
22:22Tout de suite, on termine cette émission avec notre invité,
22:26Michel Strucq, qui va nous parler des aides publiques au financement.
22:34On poursuit ce Smart Capital avec mon invité,
22:37Michel Strucq, président de Mes aides publiques Infogreffe,
22:42une plateforme pour y voir plus clair dans les aides publiques au financement.
22:46On en parle tout de suite avec Michel Strucq.
22:48Bonjour.
22:49Bonjour Arnaud.
22:50Alors, on parle beaucoup des aides publiques au financement des entreprises,
22:54mais il y en a énormément.
22:55Pas facile pour les entreprises de s'y retrouver.
23:00Expliquez-nous un peu ce constat.
23:02Oui, alors je vais enfoncer des portes ouvertes, je pense,
23:05mais les aides publiques sont perçues comme compliquées.
23:08C'est beaucoup sujet à une phobie administrative,
23:10parce qu'il y a des aides un peu partout,
23:13il y a des démarches qui sont complexes.
23:16Et ce constat, il se fait à la fois sur les entreprises,
23:18mais aussi leurs conseillers aux référents de proximité,
23:21comme les experts comptables.
23:23Et au final, on se rend compte que le taux de non-recours aux aides est extrêmement élevé.
23:26C'est combien d'aides, entre guillemets, qu'on peut recenser sur votre plateforme ?
23:31Donc, justement, face à ce constat, une solution, vous avez monté une plateforme.
23:37C'est combien d'aides que vous recensez ?
23:40Merci pour cette question.
23:41Alors, en effet, aujourd'hui, si on prend la base officielle de l'État,
23:45on est à peu près à 2270 aides.
23:49Et nous, aujourd'hui, on en recense plus de 11 000.
23:52Et votre question, elle est extrêmement intéressante,
23:54parce que MAPI, ce n'est pas vraiment une plateforme.
23:56C'est vraiment une solution qui combine à la fois des cabinets,
23:59un cabinet avec des experts en financement public,
24:02et une plateforme IA.
24:04C'est vraiment le mélange des deux qui fait qu'aujourd'hui,
24:05on peut avoir un accompagnement complet
24:07et découvrir notamment des dispositifs qui sont très peu connus aujourd'hui.
24:11Donc, à ce propos, on recense certes 11 000 dispositifs,
24:15donc des subventions, des prêts publics, des aides fiscales,
24:19des appels à projets, donc tout type d'aides au niveau local jusqu'à européen,
24:23mais aussi surtout plus de 78 000 dépenses éligibles.
24:27C'est énorme.
24:27Alors, c'est énorme et surtout, ça permet de démocratiser le sujet des aides publiques
24:31qui restent floues, en mettant à disposition,
24:34non pas des aides qui restent compliquées, mais une dépense concrète.
24:38Par exemple, si je prends un boulanger, je vais pouvoir lui suggérer
24:41de faire financer une trancheuse à pain, par exemple,
24:44ou une terrasse ou un système de sécurité.
24:46Donc, on est sur des choses très concrètes.
24:48Et ça marche aussi bien pour une TPE qu'une PME ou une ETI.
24:51On fait aussi des PME industrielles.
24:54On a notamment accompagné une entreprise qui fait de la charpente de bois.
24:58Donc, c'est des aides dans plein de secteurs variés, c'est ça ?
25:00Exactement.
25:01Tout type de secteur.
25:02Vraiment, la mission de MAPI, c'est de démocratiser
25:04toutes les aides publiques pour tout type d'entreprise.
25:07Alors, concrètement, comment vous faites pour démocratiser,
25:10comme vous dites, ces aides publiques au financement ?
25:13MAPI, on va dire deux types de cibles.
25:16On a des entreprises qui viennent nous voir en direct,
25:18mais ça reste assez minoritaire par rapport à notre marché.
25:21On va plutôt s'adresser, nous, aux experts comptables.
25:23Donc, on est partenaire avec l'Ordre des experts comptables.
25:25J'ai notamment aussi rédigé un ouvrage qui s'appelle
25:28« Comment décrocher les aides publiques et développer votre projet »
25:34aux éditions Erol, et cet ouvrage est préfacé
25:38par le président de l'Ordre et le vice-président.
25:39Donc, vous avez un bon partenariat avec l'Ordre des experts comptables.
25:42Exactement.
25:43Et aujourd'hui, quand on creuse un peu le sujet,
25:45quand on va dans le portefeuille, notamment des cabinets,
25:48on se rend compte qu'il y a deux types de clients.
25:49Ceux qui ont un projet et ceux qui n'ont pas forcément de projet,
25:53des clients qui sont dans la routine, qui sont dans le jeu
25:56et qui ne pensent même pas à du développement.
25:59Et donc, MAPI, c'est vraiment une solution
26:01qui va permettre déjà d'analyser le portefeuille.
26:03On va pouvoir dire aux experts comptables, et ce gratuitement,
26:06« Voici dans votre portefeuille,
26:07qu'elles sont les entreprises avec le fort potentiel d'aide. »
26:10Donc, on va pouvoir identifier les filières prioritaires,
26:13des aides à activation rapide,
26:15ou même revenir sur certaines aides fiscales
26:17dont certaines entreprises auraient pu passer à côté.
26:21Et suite à cela, c'est la première étape,
26:23c'est comment on arrive à trouver le couple entreprise plus projet.
26:27Parce que les aides publiques, ce n'est pas automatique.
26:29Il faut vraiment avoir un projet en face.
26:30Une entreprise éligible ne suffit pas.
26:32Et donc, une fois qu'on a ces deux éléments,
26:34on va pouvoir les accompagner de A à Z.
26:36Et c'est là où MAPI a une force.
26:39De quelle manière vous les accompagnez ?
26:41On les accompagne vraiment avec beaucoup d'humains.
26:45C'est-à-dire qu'on a toutes les étapes qui sont,
26:49comment dire, suivies par un humain.
26:51Donc, la première étape,
26:52on va faire une recherche de tous les dispositifs.
26:54Une fois qu'on a fait l'entretien projet avec l'entreprise,
26:56qu'on a un projet structuré,
26:57on va donc trouver toutes les aides, les cumuler, les optimiser.
27:01Et donc, c'est réalisé par un expert en financement public.
27:04Ensuite, on va aller monter les dossiers,
27:05ce qui implique à la fois de l'administrative,
27:07on va récupérer les pièces, on va rédiger les documents,
27:09mais on va aussi et surtout négocier
27:12et vendre le projet auprès des financeurs publics.
27:14Ça, c'est une particularité française.
27:16C'est-à-dire que nous, on a besoin d'avoir des conditions,
27:19de valider des conditions subjectives
27:21pour que le financeur puisse valider le projet.
27:25Ça, c'est extrêmement important pour avoir le financement au final.
27:28Exactement.
27:28Et donc, c'est pour ça que l'humain est indispensable.
27:31On a vraiment la plateforme et l'humain
27:32qui permettent de gagner du temps,
27:34la fluidité, de sécuriser les dossiers.
27:36Pour terminer rapidement,
27:38pourquoi l'expert comptable a un rôle clé dans ce dispositif ?
27:42Oui, parce que c'est vraiment le référent de proximité.
27:44Déjà, l'expert comptable a accès
27:45à l'ensemble des informations financières de l'entreprise
27:48et va pouvoir donc bien le guider
27:52sur ses démarches de financement.
27:53Et il est aussi perçu un peu comme le médecin généraliste
27:56de l'entreprise
27:57et c'est vraiment vers l'expert comptable qu'on a confiance.
27:59Donc nous, quand on travaille avec les experts comptables,
28:01on est un sous-traitant.
28:02L'expert comptable garde la relation avec son client
28:05et nous, on va pouvoir lui délester
28:07de toutes les démarches administratives
28:09et de l'ensemble du processus
28:12pour obtenir les aides jusqu'à l'obtention des fonds.
28:14On va conclure là-dessus.
28:15Merci Michel Struck.
28:16Je rappelle que vous êtes président
28:18de mes aides publiques Infogreffe.
28:20Merci beaucoup.
28:21C'est la fin de ce Smart Capital.
28:23Restez curieux et informés.
28:26A bientôt sur Bsmart4Change.
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