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  • il y a 5 heures
Rediffusion du webinaire de l'ITF du 04/12 dans le cadre du PIA Sol

Catégorie

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Éducation
Transcription
00:03Merci beaucoup Angelo pour l'invitation.
00:06Je suis ravie d'être ici à nouveau pour vous parler de sol.
00:13Autant la première fois que j'étais intervenue,
00:16on avait plutôt parlé de la dimension pédologique des sols,
00:21donc comment est-ce que les sols se forment,
00:23comment est-ce qu'ils fonctionnent,
00:25pourquoi est-ce qu'il faut les préserver, etc.
00:27On avait abordé les enjeux de connaissance des sols,
00:31quels sont les différents moyens d'avoir accès à la connaissance des sols
00:34et quelles sont les différentes représentations des sols.
00:39Je m'imagine que vous avez eu un certain nombre d'autres webinaires
00:43et interventions depuis, mais là aujourd'hui,
00:45je vais vraiment me concentrer sur l'aspect plutôt urbain,
00:49au sens où je travaille avec l'Institut de la transition foncière,
00:55qui est une association qui vise à prendre en compte les sols vivants
01:00dans le monde de l'aménagement et de l'urbanisme
01:04et à donner les moyens de construire une véritable politique de sobriété foncière,
01:13c'est-à-dire essayer d'améliorer les différentes conditions,
01:17à la fois techniques, juridiques et économiques,
01:22qui permettent de lever les freins à la sobriété foncière.
01:26Donc ce serait une approche vraiment tournée sur l'aménagement aujourd'hui.
01:31Je recommencerai par un petit rappel
01:34qui maintenant, j'imagine, doit vous dire quelque chose
01:36sur pourquoi est-ce qu'il faut protéger les sols,
01:39pourquoi est-ce qu'ils sont essentiels pour nos conditions d'habitabilité
01:43sur cette planète,
01:44quelles sont les différentes dégradations qui les menacent
01:47et puis, notamment, on va faire un petit focus sur l'artificialisation
01:52et comment est-ce qu'on peut contrer cette artificialisation
01:56par la voie réglementaire déjà avec l'objectif ZAN
01:59et puis par des voies plus opérationnelles.
02:03On se posera des questions dans une seconde partie
02:05sur les besoins d'évolution des modèles urbains.
02:09Mais déjà, revenons-en au constat de sols qui sont essentiels
02:15mais menacés.
02:18Essentiels, pourquoi ?
02:19Parce qu'ils sont supports de l'habitabilité de la planète.
02:23Donc si on reprend très rapidement la définition des sols
02:26par les pédologues, les sols, c'est à la fois une interface
02:30entre la biosphère, l'hydrosphère, l'atmosphère, la lithosphère.
02:35C'est un ensemble qui mélange matière organique, matière minérale,
02:41matière organique vivante et morte.
02:43Il y a énormément de composants différents d'un même sol.
02:48C'est un habitat majeur pour la biodiversité.
02:51C'est aussi un objet qui présente une forte diversité spatiale
02:56à la fois latérale et verticale.
02:59Et puis, ce qu'il faut retenir, c'est que les sols,
03:01ils sont issus d'un long processus de formation,
03:03donc la pédogénèse, qui n'est pas renouvelable à l'échelle humaine.
03:06Et donc, on peut considérer que les sols ont une véritable valeur patrimoniale
03:11en raison de cette dimension non renouvelable, notamment.
03:18Les sols, ils sont supports de fonctions et de services.
03:22Donc, les six grandes fonctions qu'on rappelle souvent,
03:27c'est la régulation de l'eau à la fois en quantité et en qualité,
03:30la régulation des contaminants, le stockage du carbone,
03:34la fourniture de nutriments, l'auto-entretien de la structure du sol
03:40et puis le fait de supporter la biodiversité.
03:44Ces fonctions, elles peuvent être décrites en sous-fonctions encore plus précises.
03:48Donc, les fonctions, c'est vraiment ce qui permet de faire fonctionner les écosystèmes.
03:54On parle des propriétés du sol pour définir des fonctions du sol
03:57et de ces fonctions du sol, on va pouvoir en déduire des services écosystémiques.
04:02Services écosystémiques, cette fois-ci, qui s'adressent plutôt aux sociétés humaines
04:07dans une perspective un petit peu plus anthropocentrée.
04:10Qu'est-ce que prodiguent les sols pour les sociétés humaines ?
04:13Donc là, on peut penser à la régulation du climat, à la régulation de la qualité de l'air,
04:20au support d'urbanisation, à la production agricole, à la régulation des maladies,
04:27aux services culturels aussi, régulation de la gestion des déchets.
04:31Donc, vous voyez que dans cette roue extérieure des services écosystémiques,
04:33il y en a vraiment beaucoup et qui ne sont pas forcément cohérents entre eux.
04:37On en a certains qui peuvent être contradictoires.
04:38entre le service de production agricole et le service de support d'urbanisation,
04:44on voit quand même assez rapidement les conflits d'usage qui peuvent apparaître.
04:49Quelques ordres de grandeur sur pourquoi les sols sont importants
04:54et quels sont les grands services écosystémiques qu'ils prodiguent.
04:57Maintenant, on considère les sols comme le premier réservoir de biodiversité mondiale.
05:01On considère que 60% de la biodiversité mondiale provient des sols.
05:08Notre alimentation, elle est à 95% dépendante des sols,
05:13en dehors de l'alimentation qui provient de la mer et puis des quelques cultures hors sols.
05:20Évidemment, c'est une base majeure de l'agriculture.
05:24Les sols, c'est aussi le premier puits de carbone terrestre devant les forêts.
05:29Et puis, on sait aussi que la restauration des terres et la prévention de leur dégradation
05:36ont un meilleur rapport coût-efficacité que toutes les autres mesures d'atténuation du changement climatique.
05:43Donc, c'est quand même un enjeu majeur et très transversal à la fois sur les sujets au biodiversité climat.
05:50Et donc, on parle beaucoup de préserver la qualité des sols ou la santé des sols.
05:55Alors ça, on l'avait évoqué la dernière fois que j'étais intervenue.
06:00Il y a une différence entre la notion de qualité qui est un niveau potentiel de performance.
06:05Tous les sols n'ont pas la même qualité potentielle parce qu'ils sont différents.
06:08Ils n'ont pas les mêmes propriétés.
06:10Mais ça, ce sont des propriétés qui sont pérennes.
06:13Et puis, la santé, c'est vraiment le niveau de performance des sols.
06:17Et c'est vraiment lié aux pratiques de gestion.
06:19On peut avoir un sol potentiellement de très bonne qualité,
06:22mais qui est très mal géré et qui va, par exemple, avoir un faible stock de matières organiques,
06:28peu de biodiversité, etc.
06:32Ces sols, donc, essentiels pour l'habitabilité de notre planète,
06:35ils sont menacés par un certain nombre de dégradations.
06:39Quelques chiffres à nouveau, on considère que 61%,
06:44d'après l'Observatoire européen des sols,
06:4561% des sols européens sont dégradés.
06:49Si on regarde l'artificialisation,
06:51on a un département français qui est artificialisé tous les 10 ans.
06:57Cette artificialisation, elle se fait à 89% sur des terres agricoles.
07:05Donc, on voit aussi assez rapidement un conflit
07:08entre l'enjeu de souveraineté alimentaire et puis l'enjeu de développement urbain.
07:12Et puis, sur d'autres aspects, il y a la dégradation des sols.
07:17On a un enjeu en termes de gestion des risques
07:20et gestion des risques pour les assurances, notamment,
07:24qui est assez important parce qu'il y a 3 milliards d'euros annuels
07:28qui sont consacrés à réparer les dommages liés aux inondations.
07:32Donc, il y a un grand enjeu de prévention de ces risques.
07:38Risques d'inondation, mais il y a aussi le risque de retrait-gonflement des argiles,
07:42qui est quand même un poste clé de dépense pour le monde de l'assurance.
07:48Là, je vais vous citer un peu les grands types de dégradation des sols
07:54qui sont énoncés par la Directive européenne sur la surveillance et la résilience des sols.
08:05Donc, Directive européenne qui est sortie il y a quelques semaines.
08:08Elle considère que la dégradation des sols comporte plusieurs aspects,
08:11notamment la contamination des sols.
08:13Donc, la contamination des sols, c'est assez explicite.
08:16C'est la pollution, à la fois la pollution aux métaux lourds,
08:20la pollution aux hydrocarbures,
08:22qui sont des choses qui sont assez connues depuis longtemps,
08:24mais aussi beaucoup de nouvelles pollutions,
08:27dont on n'entend pas mal parler,
08:30les microplastiques, les pifaces, les pesticides également.
08:35Donc, gros enjeu de contamination des sols,
08:38à la fois des sols urbains, mais aussi des sols agricoles.
08:44La perte de carbone organique des sols,
08:47qui est aussi un gros enjeu de dégradation des sols,
08:50notamment dans des systèmes de culture
08:52qui exportent toute la matière organique
08:57plutôt que de la restituer au sol.
09:01L'imperméabilisation,
09:02donc là on retrouve la question de l'artificialisation,
09:05mais l'imperméabilisation, elle ne vient pas que de l'artificialisation.
09:11L'érosion des sols également,
09:15qui peut notamment être liée à des caractéristiques propres au sol.
09:19Par exemple, on a des sols très limoneux
09:22qui peuvent être très propices à l'érosion hydrique,
09:26par exemple, mais ça, ça va être renforcé par des pratiques de gestion
09:29et notamment des pratiques agricoles,
09:31et notamment la perte de carbone organique.
09:33Des enjeux de compaction, de tassement des sols également,
09:38perte de biodiversité des sols évidemment.
09:42Des enjeux de salinisation qui se posent aussi sur certains sols,
09:47et salinisation d'ailleurs qui est aussi liée à certaines pratiques,
09:51et notamment la sur-irrigation.
09:56Réduction de la rétention de l'eau
09:58et de l'infiltration de l'eau dans les sols,
10:00donc là vraiment les problématiques liées à la sécheresse
10:03et à la régulation du cycle de l'eau.
10:07Les excès de nutriments dans les sols,
10:10donc l'eutrophisation des milieux,
10:13et puis la menace d'acidification des sols.
10:17Donc voilà, vous avez toutes ces dégradations devant les yeux,
10:20c'est sûr que ça ne fait pas rêver,
10:22mais on ne va pas toutes les traiter aujourd'hui.
10:24On se concentrera sur l'artificialisation.
10:28Effectivement, ces dégradations, elles ont différentes causes.
10:31On a évidemment les questions d'aménagement et d'urbanisme,
10:34mais aussi les activités industrielles,
10:37l'agriculture intensive, la sylviculture intensive, etc.
10:41Et ces différentes causes de dégradation,
10:45elles sont renforcées également par le changement climatique
10:48qui vient accroître les impacts de ces différentes causes.
10:54Donc, comme on parle des sécheresses liées au changement climatique,
10:57la désertification, la fonte du permafrost,
11:02tout cela accroît les dégradations qui pèsent sur les sols.
11:08Mais si on se concentre sur l'artificialisation,
11:13donc menace majeure sur les sols,
11:15si on se concentre sur la situation française,
11:18ce qui est intéressant, c'est que les surfaces artificialisées,
11:21on constate qu'elles augmentent quatre fois plus vite,
11:24en tout cas, l'exemple, c'est entre 2006 et 2014,
11:28elles augmentent quatre fois plus vite que la démographie.
11:30Donc, ce n'est pas juste une artificialisation
11:32qui peut être expliquée par le fait que la population augmente
11:39et qu'il y a une arrivée de nouveaux habitants,
11:41on est vraiment sur une autre logique.
11:43Et donc, il y a un enjeu de questionner cette artificialisation.
11:47C'est pour ça que la loi est en train de prendre en compte cet enjeu
11:56avec l'objectif zéro artificialisation nette
11:59qui est mis en œuvre depuis 2021.
12:05Si on regarde un peu plus globalement,
12:09quel est l'état de protection des sols dans le droit national ?
12:14Jusqu'en 2021, il y avait assez peu de politiques spécifiques au sol.
12:18On avait des politiques sectorielles sur l'agriculture,
12:22sur les enjeux forestiers, les enjeux purement environnementaux,
12:25donc air protégé, protection de l'environnement
12:28avec les espaces naturels sensibles, des zones naturelles à 2000, etc.
12:33Des politiques spécifiques à l'aménagement du territoire,
12:35mais pas de politiques transversales sur les sols.
12:39Ça, c'est en train de changer, notamment avec le droit européen.
12:43Je n'ai pas refait d'incise sur le droit européen,
12:45mais il y a cette directive seule qui a été votée
12:51et qui vient d'être publiée par l'Union européenne
12:54et qui doit donc être transcrite dans le droit français
12:58dans les prochaines années,
12:59et qui oblige à avoir une vraie stratégie européenne
13:03de protection des sols,
13:05et notamment de surveillance des sols.
13:09La grosse nouveauté de 2021,
13:11c'était la loi Climat et Résilience,
13:13qui définissait l'artificialisation des sols,
13:18justement en prenant en compte
13:19la dimension fonctionnelle des sols.
13:22Donc l'artificialisation, elle était définie
13:23comme l'altération durable de toute ou partie
13:26des fonctions écologiques d'un sol,
13:29en particulier ses fonctions biologiques,
13:32hydriques et climatiques,
13:33et puis son potentiel agronomique.
13:36Donc là, on arrive vraiment
13:37sur une définition fonctionnelle des sols,
13:39mais qui, paradoxalement,
13:41n'est pas présente dans le code de l'environnement,
13:44mais bien dans le code de l'urbanisme.
13:45C'était quand même un gros pas en avant.
13:49Mais cet objectif ZAN,
13:51on va dire qu'il a eu une vie un petit peu mouvementée,
13:55au sens où il y a eu une sorte d'inflation réglementaire
13:58autour de cet objectif,
13:59et il y a pas mal de choses qui ont évolué.
14:02Donc la loi qui a été votée en août 2021,
14:05elle posait un premier objectif.
14:07Il y a eu une autre loi d'application du ZAN en 2023
14:11qui est venue préciser un certain nombre d'éléments
14:15et revenir sur certains autres.
14:18Cette loi de juillet 2023,
14:20elle a donné lieu à un décret d'application
14:22en novembre 2023,
14:24et c'est celui qui est encore actuellement en cours,
14:26parce que les autres remises en cause
14:28qui ont eu lieu par la suite
14:30n'ont, pour l'instant, mené à rien.
14:33Mais on en a eu quand même pas mal.
14:35Parmi ces remises en cause du ZAN,
14:37on a eu une proposition de loi l'an dernier,
14:40la loi Trace pour une trajectoire
14:43de réduction de l'artificialisation
14:46concertée avec les élus,
14:47mais qui n'a pas encore été votée
14:49à l'Assemblée nationale,
14:51cette proposition de loi,
14:52elle revenait sur un certain nombre d'objectifs
14:55du ZAN.
14:57de l'artificialisation nette.
14:58En parallèle, l'an dernier,
15:00on a aussi eu un projet de loi,
15:03proposé par le gouvernement,
15:04cette fois-ci,
15:04pas par les parlementaires,
15:07donc de simplification de la vie économique,
15:09qui a aussi remis en question
15:10beaucoup d'aspects de l'objectif
15:14de ZAN.
15:15de l'artificialisation nette.
15:17Vu qu'il y a eu les changements
15:18de gouvernement, etc.,
15:19pour l'instant,
15:19ça n'a mené à rien non plus.
15:21Et puis, à l'inverse,
15:22on a aussi des députés
15:23qui se sont plutôt engagés
15:26pour une défense de l'objectif ZAN.
15:28Donc, il y a eu une proposition
15:29de loi réussir la transition foncière
15:31qui a été déposée il y a quelques mois,
15:33mais qui n'a pas encore été examinée.
15:35Donc, on voit qu'il y a des possibilités
15:37d'évolution de ce cadre réglementaire
15:40dans les prochains mois
15:41ou dans les prochaines années.
15:43Mais pour l'instant,
15:44c'est toujours le cadre réglementaire
15:45de 2023 qui est en vigueur.
15:47Donc, qu'est-ce qu'on entend
15:49par ce cadre ?
15:51C'est deux objectifs, essentiellement.
15:53Un objectif en 2031
15:55de réduction de 50%
15:58de l'artificialisation
16:00par rapport à la période 2011-2021.
16:03C'est-à-dire qu'en 2031,
16:04il faudra calculer
16:06combien a été artificialisé
16:08sur la décennie 2021-2031
16:11et ça ne devrait pas être supérieur
16:14à 50% de ce qui avait été artificialisé
16:17dans la période 2011-2021.
16:20Donc là, on est vraiment
16:20sur une réduction de moitié
16:22pour aboutir ensuite en 2050,
16:25pardon,
16:26en 2050,
16:27à un objectif de neutralité foncière.
16:29Donc là, l'idée,
16:30ce sera qu'on ne pourra plus
16:32urbaniser de nouvelles terres
16:35sauf à renaturer d'autres espaces.
16:39Donc l'idée,
16:40c'est que la renaturation
16:41de certains sols
16:43puisse compenser
16:44les quelques artificialisations
16:46à la marge
16:47qui pourront encore avoir lieu
16:49en 2050.
16:50Pour autant,
16:50on sait que les gisements
16:52de renaturation,
16:53ils ne sont quand même pas énormes.
16:55Donc globalement,
16:56les collectivités
16:56ne pourront pas tellement
16:57s'appuyer sur la renaturation
16:59pour continuer à artificialiser.
17:01Donc mine de rien,
17:02c'est quand même un objectif
17:03qui est assez ambitieux
17:04dans son objectif de 2050.
17:08Donc il y a des petites exceptions,
17:09notamment les projets
17:11d'envergure nationale ou européenne
17:12qui, eux,
17:13sont comptabilisés
17:14au niveau national
17:15alors que les autres projets
17:18d'aménagement
17:19sont voindérés
17:20par les collectivités.
17:21C'est chaque collectivité
17:22qui va devoir mettre en place
17:25son objectif.
17:28D'ailleurs,
17:29les régions ont déjà
17:31beaucoup travaillé dessus.
17:32L'échelon d'après,
17:33qui est le SCOT,
17:33il y en a beaucoup
17:34qui ont déjà été mis à jour
17:35avec les objectifs Z.
17:39Mais donc ce qu'on constate
17:40quand même,
17:40c'est qu'on a bien vu
17:41toutes ces oppositions,
17:43tous les débats parlementaires,
17:44etc.
17:46Même s'il peut sembler
17:48qu'il y a une sorte
17:48de consensus
17:49sur le fait
17:49qu'il faut préserver les sols,
17:51sur le fait que les sols
17:54produisent de nombreux
17:55services écosystémiques,
17:56qu'il faut préserver,
17:57etc.
17:57Mine de rien,
17:58on a beaucoup d'acteurs,
17:59notamment beaucoup
18:00d'élus locaux
18:02qui sont très réticents.
18:03à cet objectif de ZAN
18:05et qui mettent en avant
18:07un certain nombre de freins.
18:08Donc c'est quoi
18:09les freins qui reviennent ?
18:12Déjà l'enjeu
18:13d'inégalité territoriale,
18:14mais comme pour toute
18:15politique publique
18:16qui est décidée
18:17au niveau national
18:18et qui est censée
18:18s'appliquer à l'échelle
18:19de collectivité,
18:21nécessairement,
18:22dans sa mise en œuvre,
18:24il y a des enjeux
18:25de disparité territoriale.
18:28Un des enjeux
18:29un peu problématiques
18:30du ZAN,
18:31c'est que dans cet objectif
18:32de 2031,
18:34on doit artificialiser
18:35deux fois moins
18:36que dans la décennie
18:38précédente,
18:39nécessairement,
18:40il y a une forme
18:40de prime
18:41aux « mauvais élèves »
18:43au sens où
18:43les collectivités
18:45qui ont beaucoup
18:46artificialisé
18:47entre 2021
18:48et 2031,
18:50elles ont quand même
18:51encore une assez
18:52grande réserve
18:52d'urbanisation
18:53jusqu'en 2031
18:55puisqu'elles doivent
18:55diminuer de 50%
18:56par rapport
18:57à cette référence-là.
18:58Alors que des « bons élèves »
19:00qui auraient très peu
19:01artificialisé
19:02dans la décennie précédente,
19:04se retrouvent
19:05extrêmement contraints
19:06pour la décennie
19:08jusqu'en 2031.
19:10Donc, il y a un peu
19:10cette disparité-là.
19:12Et puis, à côté,
19:14dans les choix
19:14qui peuvent être faits
19:16d'alternatives
19:18à l'artificialisation
19:20avec notamment
19:21de la densification
19:22de friges,
19:23de bâtis vacants,
19:24etc.,
19:25on a forcément
19:25des différences
19:27territoriales
19:28en termes
19:29de disponibilité
19:30des fonciers,
19:31de disponibilité
19:32des friches,
19:32etc.
19:33Donc ça,
19:34c'est un premier type
19:35de frein
19:35qui est mis en avant.
19:37Un autre,
19:38c'est sur la dimension
19:39mais qui est un peu
19:40plus conceptuelle,
19:41c'est sur la dimension
19:42quantitative et surfacique
19:44du ZAN,
19:45le fait que ce soit
19:45une logique
19:46très calculatoire.
19:48Certains urbanistes
19:49vont remettre en question
19:50le fait de construire
19:52sa politique d'aménagement
19:53avec une calculette.
19:55Et au-delà de ça,
19:57un des enjeux majeurs,
19:58c'est quand même
19:58le modèle économique
19:59de l'aménagement
19:59qui n'est pas du tout
20:00incitatif aux ZAN
20:01au sens où actuellement
20:03ça reste quand même
20:04beaucoup moins cher
20:05d'artificialiser
20:06en extension urbaine
20:08plutôt que de densifier.
20:09Donc à partir de là,
20:11quels peuvent être
20:11les leviers
20:12pour inciter les acteurs
20:13à densifier ?
20:17Il y a des freins
20:18qui relèvent
20:18des enjeux de connaissances.
20:20Donc il y a une connaissance
20:21qui est encore limitée
20:21des sols
20:22et de leurs fonctions
20:23écologiques
20:23dans le monde
20:24de l'aménagement
20:25avec une vision
20:26encore très axée
20:27sur le foncier,
20:29sur les surfaces
20:29plutôt que sur les sols vivants.
20:31Toute une ingénierie
20:33territoriale à développer
20:34puisque beaucoup
20:34de collectivités
20:35ne disposent pas forcément
20:38d'ingénierie
20:39pour mettre en place
20:40ces stratégies ZAN
20:42nécessitent un accompagnement.
20:44Et puis à côté,
20:45forcément,
20:45pour les élus locaux,
20:46cet objectif de ZAN
20:47se confronte
20:48à tout un tas
20:49d'autres injonctions.
20:51L'injonction
20:52à construire du logement,
20:54à faire de la revitalisation
20:55économique,
20:56la réindustrialisation
20:58du développement
20:59des énergies renouvelables.
21:00Donc voilà,
21:01il y a un petit peu
21:02un paradoxe qui se crée
21:03avec des arbitrages à faire
21:05et donc le fait
21:05que beaucoup d'élus locaux
21:07soient très réticents
21:08à cet objectif
21:09de zéro artificialisation net.
21:15Donc on voit bien
21:16que pour réussir
21:17cette transition foncière,
21:20effectivement,
21:21la question réglementaire
21:23est absolument nécessaire,
21:24mais elle n'est pas
21:25forcément suffisante
21:26au sens où il faut
21:27se donner les moyens
21:28de construire
21:29les conditions
21:30qui permettent
21:31à la sobriété foncière
21:32de réellement
21:33être mise en œuvre.
21:36À l'Institut
21:37de la transition foncière,
21:38du coup,
21:38on identifie
21:40un certain nombre
21:40de freins
21:41à cette transition foncière,
21:43du point de vue
21:44des modèles de connaissances,
21:45du point de vue
21:46des modèles techniques,
21:47du point de vue
21:48des modèles économiques,
21:49du point de vue
21:50des modèles de gouvernance.
21:53Et l'enjeu,
21:54c'est vraiment
21:54d'essayer
21:55de questionner
21:56les besoins
21:57de transformation
21:58de ces différents modèles
21:59pour aboutir
22:00à une sobriété foncière.
22:02C'est ça
22:03qu'on appelle
22:03la transition foncière,
22:05c'est l'ensemble
22:05de ces transformations
22:06structurelles-là.
22:08Donc nous,
22:09on s'interroge
22:10un peu
22:10sur quels sont
22:11les enjeux
22:11d'action
22:12mais aussi
22:13de recherche
22:13pour mettre en œuvre
22:14cette transition foncière
22:15puisque
22:15à l'Institut,
22:18on est vraiment
22:18dans une dynamique
22:19de recherche-action.
22:20Il y a une chaire
22:21de recherche
22:21qui traite
22:22de ces enjeux
22:23de recherche
22:23et puis l'Institut
22:24de la transition foncière
22:25en banque telle
22:26qui met en place
22:27des outils
22:27un peu plus opérationnels.
22:31Nous,
22:32on a identifié
22:33quatre axes
22:34qui sont notamment
22:34les quatre axes
22:35de recherche
22:35de la chaire.
22:37Premier axe,
22:38connaître
22:39et représenter
22:40les sommes
22:40parce qu'il y a
22:41ce besoin
22:41dans un langage commun.
22:43Et ensuite,
22:45les trois axes suivants,
22:46ils relèvent
22:47de la séquence
22:48éviter,
22:49réduire,
22:49compenser.
22:50Donc,
22:50en écologie,
22:54la logique
22:55de gestion
22:55des impacts,
22:56par exemple,
22:57d'un aménagement
22:58sur un milieu,
22:59sur un écosystème,
23:00c'est la séquence
23:00éviter,
23:01réduire,
23:01compenser.
23:02C'est-à-dire
23:02que dans le meilleur
23:04d'un cas,
23:04on évite
23:05de faire le projet
23:07qui va impacter
23:08un écosystème.
23:10Si on ne peut pas éviter,
23:11on essaie de réduire
23:12au maximum
23:13les impacts
23:13et si vraiment,
23:15on ne peut pas
23:16réduire non plus,
23:17on fait le projet
23:18mais on essaie
23:19de compenser
23:19par ailleurs
23:20en faisant
23:21de la restauration
23:22écologique,
23:23etc.
23:25Il y a plein de choses
23:26qui sont assez controversées
23:28dans cette pratique-là
23:29mais en tout cas,
23:30du point de vue
23:32démarche logique,
23:33etc.,
23:33ça nous a semblé
23:34assez intéressant.
23:34donc nous,
23:35on a repris un peu
23:35la même logique
23:36pour nos travaux
23:37de recherche
23:38avec un axe
23:39évité
23:40qui serait prévenir
23:41l'artificialisation
23:42des sols.
23:43Comment on empêche
23:44l'idée,
23:45enfin l'idée même,
23:46comment on empêche
23:47vraiment d'artificialiser,
23:49comment on prévient
23:50le fait que des projets
23:51artificialisants apparaissent.
23:54Autre axe,
23:55si on ne peut pas
23:56empêcher
23:57des projets
23:57artificialisants
23:58d'apparaître,
23:59comment on réduit
23:59au maximum
24:01leur impact au sol ?
24:02Et puis,
24:03en dernier temps,
24:04quand les sols
24:05ont été artificialisés,
24:06comment est-ce
24:07qu'on les restaure,
24:07comment est-ce
24:08qu'on les répare ?
24:11Donc,
24:12le premier axe,
24:13c'est vraiment
24:14quels sont les moyens
24:15pour connaître
24:16et représenter
24:17les sols,
24:17comment est-ce qu'on peut
24:18se construire
24:19un langage commun ?
24:20Donc là,
24:21il y a quelques éléments
24:22dont on avait déjà
24:23discuté la dernière fois,
24:24mais on avait plutôt
24:24parlé des aspects
24:25de représentation.
24:27Là,
24:27je vais plutôt
24:27interroger
24:28les aspects
24:28de connaissance.
24:32La pédologie,
24:33c'est une science
24:33qui a évolué
24:37parce qu'elle était
24:38très tournée au début
24:39sur la physico-chime
24:40des sols,
24:41qui maintenant
24:41s'intéresse
24:42de plus en plus
24:42à la biologie,
24:43à l'écologie des sols.
24:44Mais globalement,
24:45c'est vraiment
24:46traditionnellement
24:47une science
24:47qui se focalise
24:48sur des caractéristiques,
24:49qualitatives
24:50et descriptives
24:51des sols
24:51sur les processus
24:52de formation.
24:53Les noms des sols
24:54sont relatifs
24:54au processus
24:55qu'on menait
24:56à leur formation
24:57et c'est vraiment
24:58une science naturaliste
24:59par observation,
25:01dans des fosses
25:01pédologiques,
25:02etc.
25:04Avec cette mise
25:05à l'agenda
25:06des sols vivants
25:07dans le monde
25:07de l'urbanisme
25:08et puis cet objectif
25:09de zéro artificialisation
25:10nette,
25:11le monde
25:12de l'urbanisme
25:12s'empare de plus en plus
25:14de cette question
25:15des sols,
25:16mais dans une logique
25:18un peu plus fonctionnaliste
25:20en se focalisant
25:21sur les usages,
25:23les risques
25:23et les fonctions
25:24et en essayant
25:25d'évaluer
25:26la multifonctionnalité
25:27de ces sols.
25:29Il y a un certain nombre
25:29d'outils
25:30qui visent
25:31à évaluer
25:32la santé des sols
25:33que je vais vous présenter.
25:35On a par exemple
25:36un outil
25:37qui s'appelle
25:37MUSE,
25:39qui sert
25:41à évaluer
25:43les différentes fonctions
25:47des sols,
25:48les quatre grandes fonctions
25:49énumérées
25:49dans la loi
25:50climat et résilience,
25:51donc fonctions hydriques,
25:53climatiques,
25:54agronomiques
25:54et il n'en manque
25:56une biodiversité.
25:59L'idée,
26:00c'est d'évaluer
26:00fonction par fonction
26:01et puis d'avoir
26:02un score global
26:03de multifonctionnalité
26:04des sols.
26:05Forcément,
26:06ça pose des questions
26:06de standardisation,
26:07etc.,
26:08mais en tout cas,
26:08ça permet
26:09d'objectiver
26:10un petit peu
26:11l'état des sols
26:13tel qu'on le connaît.
26:16D'autres outils
26:17qui, eux,
26:18vont être plutôt,
26:21vont permettre
26:22de comparer,
26:23par exemple,
26:24différents projets
26:25entre eux.
26:27Donc là,
26:27on a un exemple
26:28de deux projets différents
26:31qui sont
26:31évalués sur un certain
26:32nombre de services
26:33écosystémiques
26:34des sols
26:35et donc on va pouvoir
26:37essayer de faire varier
26:38le niveau
26:41d'atteinte
26:41de ces services
26:42écosystémiques
26:43en fonction
26:43des scénarios
26:44de projet.
26:46Encore un autre outil
26:49qui existe
26:49qui va essayer
26:52d'évaluer
26:53des projets
26:54d'aménagement
26:54sur différents critères,
26:56donc des critères
26:56non relatifs au sol,
26:58notamment la sobriété foncière
26:59et l'intensité urbaine,
27:00mais aussi
27:01des critères
27:03relatifs
27:03au fonctionnement
27:04écologique
27:04des sols
27:05et au potentiel
27:06fertile
27:07des sols.
27:08Et donc,
27:09ça permet potentiellement
27:10d'évaluer
27:11entre différents
27:12scénarios
27:12de projet
27:13et puis
27:14d'arbitrer.
27:15Et au-delà
27:16de ces différents outils,
27:18nous,
27:18à l'Institut,
27:18on s'interroge
27:19sur des outils
27:21qui pourraient
27:21permettre
27:22d'accroître
27:23cette connaissance
27:24des sols.
27:25On réfléchit
27:26notamment
27:27à l'idée
27:28de mettre
27:28en place
27:28un diagnostic
27:30de santé
27:31des sols
27:31qui pourrait
27:32devenir obligatoire
27:33au moment
27:33des ventes
27:34de fonciers,
27:35vraiment sur le modèle
27:36des diagnostics
27:37de performance
27:39énergétique
27:39des logements
27:41qui ont quand même
27:42permis de lancer
27:43toute une dynamique,
27:44toute une dynamique
27:44de filière
27:45de la transition énergétique
27:47avec la rénovation énergétique
27:48des bâtiments,
27:49etc.
27:49Les propriétaires
27:50qui sont maintenant
27:51contraints
27:52de rénover énergétiquement
27:53leurs logements
27:54pour pouvoir
27:55les mettre en vente,
27:56on s'interroge
27:57sur l'opportunité
27:58que ça pourrait être
27:59d'avoir un diagnostic
28:00de santé des sols
28:01au moment
28:01de chaque vente,
28:04ce qui pourrait
28:04permettre
28:05dans un premier temps
28:06déjà
28:06d'accéder,
28:09de mieux connaître
28:11les sols
28:12et leur état de santé
28:14en permettant
28:14d'avoir
28:15une couverture
28:16la plus large possible
28:17parce qu'en fait
28:18des ventes,
28:18il y en a
28:19des centaines
28:20de milliers
28:20chaque année,
28:21donc ça peut aller
28:22assez vite
28:23la couverture
28:24du territoire
28:26et puis à terme
28:27peut-être
28:27un objectif
28:28contraignant
28:29d'obligation
28:30de remise
28:30en état des sols,
28:31etc.
28:33Un autre outil
28:34auquel on réfléchit,
28:37c'est sur
28:39les outils
28:40de modélisation
28:41de l'empreinte écologique.
28:42On connaît
28:43tous l'empreinte carbone,
28:44on peut calculer
28:45notre empreinte carbone
28:46individuelle
28:47ou l'empreinte carbone
28:48ou une entreprise,
28:49etc.
28:50Il y a d'autres outils
28:51qui se développent
28:51sur la biodiversité,
28:52l'empreinte biodiversité
28:54et on se demande
28:54si ça ne pourrait pas
28:55être pertinent
28:56de construire
28:56une empreinte sol
28:59donc essayer
29:00de déterminer
29:00dans quelle mesure
29:01les activités
29:02d'une entreprise,
29:03mais donc là par exemple,
29:05tel ou tel projet
29:06d'aménagement
29:08peut impacter
29:09les sols
29:10de telle,
29:11telle,
29:11telle manière.
29:12Ça c'est une autre
29:13des réflexions
29:14qui est en cours
29:15à l'Institut.
29:18Cette connaissance
29:19des sols urbains
29:20et des sols
29:21de manière générale
29:22pour l'urbanisme
29:23elle est absolument
29:24essentielle
29:25mais elle se heurte
29:26forcément
29:26à de nouveaux
29:27fonds de science
29:28parce qu'on est
29:28sur des logiques,
29:30on est sur une science
29:32qui est encore
29:32en création,
29:33on découvre
29:34des nouvelles choses
29:35chaque année
29:36donc forcément
29:38la science
29:38elle est en évolution.
29:40Il y a toujours
29:40un fossé
29:41de connaissances
29:42entre les connaissances
29:43scientifiques
29:44extrêmement précises
29:45et complexes
29:46et les outils
29:47opérationnels
29:48de l'aménagement
29:48qui sont forcément
29:49plus simplifiés,
29:51plus standardisés
29:52et qui ne peuvent pas
29:54forcément reproduire
29:55le niveau de complexité
29:56du fonctionnement
29:58on va dire
29:59écologique des sols.
30:01Il y a plein de questions
30:02qui se posent aussi
30:03sur les effets de bord
30:04de cette quantification
30:06et puis
30:08les sols urbains
30:09on les connaît
30:10encore assez mal
30:11et surtout
30:11vu que la plupart
30:12d'entre eux
30:14sont scellés
30:15c'est difficile
30:16de prédire
30:16ce qu'il y a
30:17en dessous
30:18du bitume.
30:20Donc voilà
30:21ça c'était
30:21on va dire
30:22ce premier axe
30:23comment mieux
30:25connaître les sols
30:26pour mieux les préserver
30:27dans le monde
30:28de l'urbanisme.
30:29Le deuxième point
30:30c'est comment est-ce
30:31qu'on prévient
30:32l'artificialisation
30:33des sols
30:33donc comment est-ce
30:34qu'on essaye
30:35au maximum
30:35de faire du recyclage
30:36urbain
30:37donc de faire
30:38la ville
30:38sur la ville.
30:40Si je reprends
30:41ce petit schéma
30:43de Sylvain Griseau
30:44qui est donc
30:45urbaniste
30:46l'idée c'est
30:47de passer
30:48d'un urbanisme
30:48linéaire
30:49donc logique linéaire
30:51on a des surfaces
30:53agricoles
30:53ou naturelles
30:54qui sont
30:55transformées
30:56artificialisées
30:57urbanisées
30:59pour en faire
31:00des usages
31:01urbains
31:01et à terme
31:02l'usage urbain
31:03n'est plus valable
31:05et donc
31:05on a abouti
31:06à des friches urbaines
31:08et à des espaces
31:09et à des espaces
31:10vacants
31:11le problème de ça
31:12c'est qu'à la fois
31:12on artificialise
31:13beaucoup trop
31:14et de l'autre côté
31:15on se retrouve
31:15avec du bâti
31:16vacant
31:16du bâti
31:17sous-occupé
31:18l'idée c'est de passer
31:19de cet urbanisme
31:20linéaire
31:20un urbanisme
31:21circulaire
31:22donc que les espaces
31:24urbains
31:25puissent
31:25se régénérer
31:28entre eux
31:29qu'on arrête
31:31au maximum
31:32d'urbaniser
31:33d'artificialiser
31:34les espaces
31:34naturels
31:35et donc
31:36quels sont
31:37les différents
31:38leviers
31:39pour régénérer
31:40ces espaces urbains
31:41ils sont mentionnés
31:42
31:43l'intensification
31:44la transformation
31:45la densification
31:47ou encore
31:48le recyclage
31:51quelques petits exemples
31:52là c'est une ressource
31:53qui est parue
31:54il y a quelques années
31:55qui s'appelle
31:56la classe du fontier invisible
31:58qui vise à mettre
31:59en lumière
32:00toutes les petites
32:01dents creuses
32:02dans la ville
32:02toutes les petites
32:03opportunités
32:04de venir
32:05soit densifier
32:06soit intensifier
32:08l'usage
32:09du bâti
32:10sous-occupé
32:14donc l'intensification
32:15si on reprend
32:16un peu les définitions
32:19c'est une densification
32:21de l'occupation
32:22soit dans l'usage
32:23soit dans le temps
32:24donc l'intensification
32:26dans le temps
32:27par exemple
32:27ça peut être de se dire
32:28tel bâtiment
32:29c'est un
32:30par exemple
32:31un bâtiment
32:32de bureau
32:32qui est utilisé
32:33de 9h à 17h
32:3518h
32:35non certes
32:36mais le soir
32:37il n'est pas utilisé
32:38la nuit
32:38il n'est pas utilisé
32:39ce sont des espaces vides
32:40est-ce qu'on ne pourrait
32:41pas combiner ça
32:43avec un autre usage
32:44sur des horaires
32:45différents
32:45pour éviter
32:47optimiser
32:48en fait
32:48l'usage
32:50du bâti
32:52et densification
32:53de l'occupation
32:54dans l'espace
32:54c'est plutôt relatif
32:56à tout ce qui est
32:56sous-occupation
32:57donc les logements
32:58sous-occupés
32:59les bureaux
32:59sous-occupés
33:00etc.
33:02pour mettre en oeuvre
33:03cette intensification
33:04on a un certain nombre
33:06de gisements
33:06notamment
33:07les résidences secondaires
33:09qui sont sous-occupés
33:10enfin 10%
33:12du parc de logement
33:12c'est quand même
33:13assez énorme
33:16il y a aussi
33:16les locations saisonnières
33:18il y a aussi
33:18du patrimoine public
33:19qui est sous-occupé
33:21donc il y aurait
33:21des opportunités
33:22pour réinvestir
33:23ces lieux-là
33:24et en faire
33:26intensifier
33:27leurs usages
33:29on a l'intensification
33:30d'un côté
33:31on a aussi
33:31la transformation
33:33transformation
33:33là c'est un niveau
33:34un petit peu plus
33:35un niveau d'action
33:39un petit peu plus important
33:40parce qu'on vise
33:40à réaménager
33:41à réhabiliter
33:42un bâtiment
33:43ou un local
33:46là cette fois-ci
33:47on peut s'intéresser
33:48aux logements vacants
33:49aux bureaux vacants
33:51aux sites économiques
33:52vacants
33:52aux éléments de patrimoine
33:53qui sont vacants
33:53donc vous avez
33:54quelques chiffres ici
33:55on a quand même
33:56des gisements
33:56qui sont vraiment
33:57assez importants
33:59mais tout ça
33:59ça nécessite forcément
34:01de s'y pencher
34:02parce que c'est
34:05comment dire
34:06il y a aussi
34:07des actions
34:08de transformation
34:09et de réhabilitation
34:10à effectuer
34:11sachant que
34:12on peut aussi
34:13dès la conception
34:14d'un bâtiment
34:18penser
34:19que celui-ci
34:20pourrait être amené
34:21à se transformer
34:21par la suite
34:22et penser
34:23des bâtiments
34:24qui puissent être
34:24réversibles
34:25dans leurs usages
34:25justement
34:27donc on a parlé
34:28d'intensification
34:29on a parlé
34:30de transformation
34:33mais l'urbanisme
34:34circulaire
34:35c'est aussi
34:35le recyclage
34:36des friches urbaines
34:37c'est aussi
34:38la densification
34:39dans les dents creuses
34:40dans les interstices urbains
34:41c'est aussi
34:42des pratiques
34:42de surélévation
34:43des bâtiments
34:45donc voilà
34:45on a un certain nombre
34:46de solutions
34:47on va dire techniques
34:48pour éviter
34:49d'artificialiser
34:50il y a notamment
34:52une étude
34:52que je vous conseille
34:53qui est sortie récemment
34:55qui a été faite
34:55par la fondation
34:58pour le logement
34:58des défavorisés
34:59et la fondation
35:00pour la nature et l'homme
35:01et la fondation
35:03pour la nature
35:04et l'environnement
35:06pardon
35:07France Nature Environnement
35:08Île-de-France
35:08qui porte sur le potentiel
35:10de construction
35:11de logements sociaux
35:12sans artificialiser
35:14et qui montre bien
35:15qu'en fait
35:15il y a
35:17totalement
35:17un gisement
35:18de logements
35:20qui pourraient permettre
35:21de faire du logement
35:23social
35:23sans forcément
35:24artificialiser
35:27ensuite
35:28j'en viens
35:28au troisième point
35:29c'est-à-dire
35:30la réduction
35:31des impacts
35:32sur les sols
35:35donc là
35:35c'est dans
35:36l'hypothèse
35:37où on se retrouve
35:39quand même
35:39à devoir
35:40faire des actions
35:41qui sont
35:41qui participent
35:42à dégrader
35:43les sols
35:43par exemple
35:44à artificialiser
35:45les sols
35:45comment est-ce qu'on peut
35:47essayer de réduire
35:47leur impact
35:48sur les sols
35:50ça pose
35:50énormément de questions
35:51des questions
35:52d'évolution
35:53des modèles techniques
35:53par exemple
35:55donc comment est-ce
35:56qu'on construit
35:57en limitant
35:58l'impact
35:58sur les sols
36:01avec quelles techniques
36:02de construction
36:03mais aussi
36:03avec quels matériaux
36:04parce que l'impact
36:05sur les sols
36:06de la construction
36:06c'est pas seulement
36:08l'emprise foncière
36:09c'est-à-dire
36:10le sol
36:11qui va être
36:12artificialisé
36:12par le bâtiment
36:13sur une parcelle donnée
36:14mais c'est aussi
36:15on va dire
36:16l'emprunt sol
36:17importé
36:18c'est-à-dire
36:18dans les matériaux
36:21qu'on utilise
36:23comment est-ce
36:23qu'ils sont produits
36:24quels impacts
36:25ils ont sur les sols
36:26là où ils ont été produits
36:27etc
36:27donc c'est aussi
36:27ces questions-là
36:29qui se posent
36:31il y a aussi
36:32des questions
36:32de temporalité
36:33qui se posent
36:33dans la construction
36:34c'est-à-dire
36:34on construit
36:35quelque chose
36:35est-ce qu'on le construit
36:37pour durer
36:37ou bien au contraire
36:38pour être temporaire
36:39et pour être réversible
36:42se pose aussi
36:43la question
36:43de comment est-ce
36:43qu'on évalue
36:44l'impact
36:45sur la fonctionnalité
36:46des sols
36:46de différents modes
36:48constructifs
36:49donc là
36:49je vous ai mis
36:50quelques exemples
36:51d'habitats
36:52d'habitats
36:53réversibles
36:53ce qu'on appelle
36:54souvent
36:54l'habitat léger
36:55en fait
36:56on a plein
36:57de types d'habitats
36:57on a des habitats
36:58plutôt surpilotis
36:59donc là
37:00qui ne sont pas
37:00directement
37:01posés au sol
37:03qui laissent
37:04l'air circuler
37:06et qui laissent
37:06la végétation
37:07se développer
37:08mais qui forcément
37:09cachent un petit peu
37:10le soleil
37:11et donc les processus
37:12de photosynthèse
37:14on a aussi
37:16d'autres types
37:17d'habitats réversibles
37:18qui eux
37:18vont être posés au sol
37:19mais qui vont être faits
37:21pour être biodégradables
37:22donc c'est tout ce qui est
37:23carterre
37:24paillourt
37:24on est sur des choses
37:25qui sont quand même
37:26très difficilement reproductibles
37:29à grande échelle
37:29c'est plutôt des exemples
37:31donnés
37:31mais qui interrogent
37:33la manière
37:33dont on pourrait
37:34construire autrement
37:35des habitats
37:36plus respectueux
37:38de leur environnement
37:39et puis des sols
37:42il y a cette question
37:42des modèles techniques
37:43de la construction
37:44mais il y a aussi
37:45cette grosse question
37:46des modèles économiques
37:47donc je vous ai parlé
37:48tout à l'heure
37:48du fait qu'actuellement
37:49l'artificialisation
37:51elle est actuellement
37:52plus rentable
37:53pour un opérateur immobilier
37:54que la densification
37:56ça coûte toujours moins cher
37:57d'artificialiser
37:58en périphérie
37:59que de venir
38:03densifier
38:04en centre urbain
38:06nous à l'Institut
38:07on réfléchit justement
38:09à ces enjeux
38:09de modèle économique
38:10et on s'interroge
38:12sur la possibilité
38:14de venir
38:16de venir
38:17transformer
38:19l'outil principal
38:20qui est utilisé
38:21par les aménageurs
38:22et les promoteurs
38:22qui s'appelle
38:23le bilan d'opération
38:24et de venir
38:25intégrer
38:26des éléments
38:27de dette écologique
38:28dans ce bilan
38:29d'opération
38:30donc la dette écologique
38:31c'est un concept
38:32qui a été
38:34développé
38:34par toute la discipline
38:35de la comptabilité
38:36écologique
38:37l'idée
38:38c'est pas de monétiser
38:39des services
38:40écosystémiques
38:40comme on a pu le voir
38:42par ailleurs
38:43en donnant un prix
38:45à la nature
38:45en donnant un prix
38:46à la gestion
38:47de l'eau
38:47à je ne sais quoi
38:48là l'idée
38:49c'est pas du tout
38:50de faire ça
38:51l'idée c'est d'avoir
38:52la logique inverse
38:53de se dire
38:53lorsqu'on construit
38:55enfin lorsqu'on détruit
38:57plutôt
38:57ou un sol
38:59la destruction
39:00de ce sol
39:01si on veut pouvoir
39:02la compenser
39:03après en reconstruisant
39:05ce sol
39:06en renaturant
39:07ce sol
39:08combien est-ce
39:08que ça va nous coûter
39:10et donc lorsqu'on fait
39:11une opération
39:12d'artificialisation
39:13quelle est la dette
39:14qui va être créée
39:15par cette opération
39:18si on sous-entend
39:19que dans plusieurs années
39:20il va falloir
39:20renaturer cet espace
39:21si on veut restituer
39:23le sol
39:23et sa multifonctionnalité
39:25donc cette logique
39:27de bilan d'opération
39:28de transition foncière
39:29elle viendrait
39:30comptabiliser
39:31toute la dette
39:32écologique
39:33créée par un projet
39:35et à l'inverse
39:36elle pourrait aussi
39:38comptabiliser
39:38la dette réduite
39:39par le fait
39:40de venir
39:41renaturer
39:42certains sols
39:44qui étaient
39:44auparavant
39:45artificialisés
39:46donc ça
39:47c'est un travail
39:48qu'on mène
39:48et il y a plein
39:50d'initiatives
39:50en ce sens
39:52menées par
39:52différentes
39:54institutions
39:55sur l'application
39:56des outils
39:57de comptabilité
39:57écologique
39:58au sol
40:01je vois
40:02que l'heure
40:02avance
40:02donc je vais
40:04essayer
40:04d'avancer
40:04vous dire
40:05vous laissez
40:06quelques temps
40:06pour les questions
40:07donc
40:08je finis
40:09très rapidement
40:10sur deux derniers points
40:11donc on a parlé
40:12des modèles techniques
40:13des modèles économiques
40:14les modèles de gouvernance
40:16aussi ça c'est quelque chose
40:17qui pose énormément
40:19de questions
40:19c'est à dire que
40:20le
40:22à quelle échelle
40:23notamment
40:23est-ce qu'on vient
40:24de gouverner les sols
40:25est-ce qu'on fait ça
40:26à des échelles
40:27administratives
40:28des régions
40:29des départements
40:29des intercommunalités
40:31ou bien qu'on fait ça
40:32à des échelles
40:34en régionale
40:35qui relèvent
40:36d'entités écologiques
40:37pertinentes
40:38ou d'entités
40:38écologiques pertinentes
40:40ça c'est une grosse question
40:41à laquelle on peut essayer
40:42de répondre
40:43et puis très rapidement
40:44notre dernier axe de travail
40:45donc c'est celui
40:46de la renaturation
40:47comment on répare les sols
40:49on restaure leurs fonctions
40:50donc je vais passer rapidement
40:52mais nous la renaturation
40:54on la définit
40:55comme la restauration
40:56pour la nationalité
40:57d'un sol
40:58qui ont été altérés
40:59par l'artificialisation
41:02cette renaturation
41:03elle pose à la fois
41:04des enjeux
41:05de spatialisation
41:06c'est-à-dire
41:06où est-ce qu'on renature
41:07où est-ce qu'il est pertinent
41:09de renaturer
41:10donc en prenant en compte
41:11à la fois les enjeux
41:12de biodiversité
41:13de continuité écologique
41:14les enjeux
41:15d'adaptation
41:16au changement climatique
41:17ou les enjeux
41:18de santé environnementale
41:20on peut essayer
41:22de définir
41:24les zones préférentielles
41:26de renaturation
41:27et puis ça pose aussi
41:29une question
41:30de choix de technique
41:31et donc là c'est un autre outil
41:32qu'on développe à l'Institut
41:34qui est un référentiel
41:35de renaturation
41:36qui vient présenter
41:37toutes les étapes
41:38d'un projet de renaturation
41:40et les itinéraires techniques
41:41qui sont envisageables
41:43selon les contextes
41:44des projets
41:45donc voilà
41:46j'en ai fini
41:47avec ma présentation
41:48désolée pour le petit dépassement
41:50et puis voilà
41:51je remercie beaucoup
41:51pour votre écoute
41:52et puis je reste là
41:53pour répondre
41:54à vos questions
41:55bien sûr
41:55Merci d'avoir regardé cette vidéo
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