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Aujourd'hui, dans « Les 4V », Gilles Bornstein revient sur les questions qui font l’actualité avec Thierry Breton, ancien Commissaire européen au Marché intérieur.
Aujourd'hui, dans « Les 4V », Gilles Bornstein revient sur les questions qui font l’actualité avec Thierry Breton, ancien Commissaire européen au Marché intérieur.
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00:02Bonjour à tous, bonjour Thierry Breton. On a entendu les Européens acclamer le secrétaire d'Etat Marco Rubio à Munich
00:10ce week-end.
00:11Est-ce que l'Europe a pris la mesure du divorce avec les Etats-Unis ?
00:15Visiblement, si on en croit cette standing ovation, comme on dit, non.
00:20Parce qu'au fond, Marco Rubio a dit exactement la même chose que G.D. Vance, vous savez, le vice
00:26-président américain,
00:27il y a un an à Munich où il avait vraiment choqué, le mot est faible, l'ensemble des Européens,
00:33par ses propos extrêmement agressifs sur l'Europe, la fin de la civilisation, le fait que finalement...
00:38Rien n'a changé ?
00:39Non, rien n'a changé, sauf les mots, les propos. C'était, disons, cette année enrobés.
00:45Alors, est-ce que ça valait une standing ovation ? Pour moi, non.
00:47Est-ce qu'on en... Clément Beaune, l'autre jour, a dit on dort à Bruxelles et à Berlin.
00:51Est-ce que vous avez le sentiment que les Européens dorment un peu ?
00:55Les Européens sont ce qu'ils sont, et beaucoup d'entre eux, ils se sont exprimés de façon très directe,
01:03je pense en particulier au président de la République, je pense à Kirchstammer,
01:07alors évidemment il est anglais, le Premier ministre, mais aussi Friedrich Merz.
01:10Le chancelier allemand.
01:11Le chancelier allemand, ils ont dit de façon très claire les choses,
01:14et notamment que l'Europe devait être désormais géopolitique, prendre son destin en main,
01:18et ne plus dépendre, comme elle l'a fait par le passé, des États-Unis, pour sa sécurité,
01:24pour un nombre important de ses dépendances en matière industrielle, pour le numérique.
01:29Donc tout le monde maintenant, je crois, est vraiment conscient de cela.
01:33Mais voilà, Mario Draghi l'avait dit également, il faut maintenant le mettre en musique tout ça.
01:38Alors vous avez parlé du numérique, de la défense, parlons du numérique.
01:40Est-ce qu'il faut par exemple préserver aux entreprises européennes les appels d'offres pour le numérique ?
01:48Donc exclure les GAFAM.
01:50Le ministre français de l'économie, à qui je l'ai demandé, dit on n'en a pas les moyens,
01:54on n'a pas d'industrie européenne suffisante pour concurrencer les Américains.
01:58Alors aujourd'hui c'est exact, mais est-ce que c'est rédhibitoire ? Non.
02:02Est-ce que finalement on a fait une liste d'une dizaine de chantiers qu'il faudrait engager d'ores
02:07et déjà ?
02:08Encore une fois, non pas pour être totalement indépendant,
02:11mais pour reprendre notre autonomie dans certains secteurs stratégiques,
02:15y compris en faisant des rapports de force.
02:16Je vous donne un exemple, vous parlez effectivement à juste titre de notre dépendance au numérique.
02:21Mais les grandes entreprises américaines sont aussi dépendantes de l'Europe,
02:26parce que l'Europe est le premier marché de très loin.
02:28Pour certaines d'entre elles, c'est 30, 40, peut-être même 50% de leurs bénéfices.
02:32De leurs bénéfices.
02:33Et donc si jamais on commençait à freiner,
02:35parce que tout simplement on commence à se donner les moyens d'avoir une diversification,
02:40et je le dis, c'est possible,
02:42bien entendu elles seraient les premières à être pénalisées.
02:44Mais à chaque fois qu'on a fait ça, il y a eu des représailles de la part de Donald
02:47Trump,
02:47il faut dire même pas mal, c'est pas très grave ?
02:49Et oui, c'est exact, et c'est ce qu'on appelle les rapports de force.
02:52Donc il faut savoir les exercer.
02:54Vous savez, Donald Trump, on dit, c'est un peu simple,
02:57mais je vais le reprendre avec mes mots,
02:59il est souvent vu comme étant très fort avec les faibles,
03:03et plutôt faible avec les forts.
03:05C'est une caricature, j'en conviens.
03:06Il n'en demeure pas moins que nous avons montré beaucoup trop de faiblesses,
03:09me semble-t-il, jusqu'à présent,
03:11en particulier pour ces négociations tarifaires,
03:13vous savez, des droits douaniers,
03:14et on a vu où ça nous mène.
03:16Vous avez parlé du militaire aussi,
03:19est-ce qu'il faut songer désormais à des équipements communs,
03:23par exemple des porte-avions communs européens ?
03:25Bien sûr qu'il faut vraiment commencer à réfléchir à des infrastructures communes.
03:29D'abord, et avant tout,
03:31augmenter nos capacités de production industrielle de défense,
03:33mais derrière, l'Europe sait bien faire quoi ?
03:36Elle sait bien gérer ensemble des infrastructures communes.
03:39Prenez par exemple le positionnement par satellite,
03:42ça a des applications civiles, des applications militaires,
03:44on a les meilleures au monde.
03:45Prenez par exemple également la constellation,
03:48des constellations sur lesquelles on travaille,
03:50Iris au Carré en particulier,
03:51pour avoir la connectivité sur les terres d'opération.
03:53On n'arrive déjà pas à bâtir un avion de combat franco-allemand,
03:57on voit que c'est compliqué, ça a du mal à se faire,
03:59comment arriverait-on à bâtir des porte-avions ?
04:01Alors ça, les porte-avions, c'est vraiment à moyen terme ou à long terme,
04:05mais il faut se poser la question, une question très simple,
04:08aujourd'hui l'Europe et le continent,
04:11l'Union Européenne à 27,
04:13nous possédons la plus grande zone exclusive maritime au monde,
04:18et alors comment on protège ça ?
04:21Avec un demi-porte-avions ?
04:22Je dis un demi-porte-avions parce que nous avons un porte-avions,
04:24mais on sait qu'il faut aussi...
04:25Il y en a toujours un qui est en réparation.
04:27Donc on voit bien qu'il va falloir se poser ce type de questions
04:31à moyen terme,
04:32si on veut avoir une Europe géopolitique,
04:34une Europe souveraine.
04:35Je ne dis surtout pas qu'on va vers une armée européenne commune,
04:40moi personnellement je n'y crois pas,
04:42par contre de l'interopérabilité,
04:43comme on sait le faire dans le cadre de l'OTAN,
04:45mais maintenant dans un pilier européen,
04:47ça oui, il faut sans doute qu'on y aille.
04:48Un mot de politique,
04:50de règlement de compte politique,
04:52justement après la mort de Quentin à Lyon,
04:55est-ce que pour vous,
04:56l'ultra-gauche et l'ultra-droite c'est pareil ?
04:59C'est sûr que non,
05:00mais ce sont,
05:02si on prend une comparaison,
05:04si on prend un élément commun,
05:05c'est ultra.
05:06Et on voit bien qu'aujourd'hui,
05:08ce qui s'est passé, ce drame,
05:09cette tragédie à Lyon,
05:11c'est un point de rupture.
05:12C'est un point de rupture qui nous interpelle tous.
05:15Et c'est fini.
05:17On ne peut pas accepter,
05:18on ne peut pas tolérer
05:20que sur des idées politiques,
05:22finalement, on se fracasse,
05:24on se tue.
05:25C'est tout à fait impensable.
05:27Donc aujourd'hui,
05:28il est absolument indispensable,
05:30me semble-t-il,
05:31d'avoir cette réflexion
05:32au niveau du pays,
05:33au niveau des institutions,
05:34au niveau des partis politiques,
05:36mais aussi au niveau des universités,
05:38au niveau de finalement
05:39tous ceux qui composent,
05:40je dirais,
05:41notre environnement
05:42et notre environnement quotidien
05:43politique,
05:44de comment on gère
05:45la violence en politique.
05:47C'est totalement
05:48inacceptable.
05:49Du reste,
05:51ça se traduit
05:52par des actions pénales
05:53et il est vraiment
05:55indispensable
05:56que ceux qui pensent
05:57que la violence en politique,
05:58finalement,
05:59c'est quelque chose
06:00qui est normalisé
06:01et on peut le faire
06:02sans être vu,
06:03non.
06:04Ça a des répercussions pénales.
06:05Il faut maintenant
06:06que la justice passe
06:07et passe vite et fort.
06:08Alors,
06:09on va parler de vous
06:10en politique
06:10parce que vous êtes très cash
06:11quand vous parlez
06:12des rapports internationaux.
06:13Vous êtes parfois
06:14un peu plus langue de bois
06:15quand vous parlez de vous.
06:17J'ai l'expérience
06:18des redressements
06:19dans des situations impossibles,
06:20l'avez-vous dit,
06:21sur France Inter.
06:22Que voulez-vous faire
06:23de cette expérience ?
06:24C'est la saison des candidatures,
06:25est-ce qu'il faut ajouter la vôtre ?
06:26Certainement pas,
06:27mais en revanche...
06:28Ça c'est sûr,
06:29la présidence est assez longue.
06:29C'est pas...
06:30En revanche,
06:31travailler sur des chantiers
06:32comme je le fais ici,
06:33c'est-à-dire travailler
06:33sur des idées
06:35pour proposer
06:36là où je suis.
06:37À qui ?
06:38À ceux qui voudront bien prendre...
06:40C'est la bonne question.
06:41Mais avant de parler à qui ?
06:43Moi, je suis très simple,
06:44vous savez.
06:44Avant de parler
06:45de l'homme providentiel...
06:46Oui, mais c'est dans 14 mois.
06:48Avant de parler
06:49de l'homme providentiel...
06:49Il faut quand même
06:49commencer à avoir une idée
06:50de qui sera candidat.
06:51Oui, et donc peut-être
06:52avant du programme.
06:53Parce que si c'est uniquement
06:54pour rajouter un 49e
06:55ou un 50e sur la liste,
06:56je crois que j'en ai compté
06:57déjà 48,
06:58c'est pas le sujet.
06:59Le sujet...
07:00Bruno Retailleau,
07:00ça pourrait être votre candidat,
07:01c'est le dernier candidat.
07:02Je ne rentre absolument pas là-dedans
07:04parce que pour l'instant,
07:05ce que j'essaye de faire
07:06avec d'autres, du reste,
07:07c'est de voir,
07:08en fonction des expériences
07:09qui sont les nôtres,
07:10parce que oui,
07:11je pense que ces élections
07:12sont sans doute celles
07:14qui sont les plus importantes
07:15depuis des années,
07:16des décennies même,
07:17auxquelles nous allons
07:18être confrontés.
07:19Pourquoi je dis ça ?
07:20Parce qu'on voit bien,
07:21en ce qui concerne
07:21la situation de la France
07:22et aussi la situation de l'Europe,
07:24que celle ou celui
07:25qui aura en charge
07:26le destin de la nation
07:26va avoir un travail gigantesque.
07:29Donc oui,
07:29si on peut contribuer
07:30à quelques-uns
07:31à avoir un programme providentiel
07:34et non pas un homme providentiel,
07:36eh bien c'est ce sur quoi
07:36j'essaye de travailler
07:37modestement à mon niveau.
07:39Thierry Breton
07:39qui travaille sur un programme
07:42providentiel,
07:42c'est déjà énorme.
07:43Invité des 4EV,
07:44bonne journée.
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