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Ce mardi 4 novembre, les résultats trimestriels au-delà des attentes du secteur bancaire, ont été abordés par David Benamou, associé gérant et directeur des investissements d'Axiom AI, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:01Juste avant on va prendre un petit peu de recul, on va revenir sur les résultats d'entreprises en Europe
00:05et plus particulièrement sur le secteur bancaire qui a été une nouvelle fois l'un des secteurs qui a dominé cette saison de résultats
00:13avec notamment des trimestriels au-delà des attentes.
00:16Pour parler de ce secteur bancaire, David Benhamou est avec nous par téléphone, associé gérant et directeur des investissements de Axiom AI.
00:23Bonjour David Benhamou, merci d'être avec nous sur BFM Business.
00:26En effet on va parler du secteur bancaire, la semaine dernière il y a eu les résultats à Paris,
00:31si je me concentre uniquement sur les résultats à Paris de Société Générale, Crédit Agricole ou encore BNP.
00:36Quel est aujourd'hui le panorama de cette saison de résultats ?
00:42Bonjour, alors c'est encore un très très bon trimestre pour le secteur bancaire,
00:45c'est le 22e trimestre où le secteur bancaire européen délite des résultats au-dessus des attentes.
00:52Mais on a pour ce 3e trimestre 2025 quelque chose d'un peu moins spectaculaire et un peu plus hétérogène.
00:59La grande majorité des banques ont délivré des résultats au-dessus des attentes.
01:04Et cet exercice du 3e trimestre donne en tout cas des perspectives positives pour le reste de l'année,
01:12c'est-à-dire que les attentes de résultats sont rehaussées pour 2025-2026.
01:19Cela étant, on a eu des résultats un peu plus mitigés, on le voit très bien avec les Françaises,
01:25où on a un 3e trimestre excellent de Société Générale sur tous les compartiments,
01:31que ce soit les revenus, la maîtrise des coûts, le capital, les provisions.
01:36Et en revanche, on a du côté de BNP et du Crédit Agricole des choses qui sont plutôt décevantes,
01:44en particulier du côté de BNP, avec en plus cette affaire au Soudan,
01:50sur les sanctions sous la veste qui ressurgit.
01:53Oui, nous parlerons du cas de BNP dans un instant,
01:55mais ce qu'il faut retenir quand même, c'est que les banques européennes
01:57ont très largement profité de la remontée des taux de dépôt,
02:00puisque pendant des années, les taux étaient à zéro, voire même négatifs,
02:03ce qui fait qu'elles étaient pénalisées par ce contexte.
02:06Aujourd'hui, la BCE a mis ses taux à 2%,
02:08et visiblement, c'est un niveau assez confortable pour les banques européennes.
02:13Oui, alors on a effectivement un contexte pour le secteur banque européen
02:16qui est actuellement favorable.
02:20Ça fait des années qu'il n'avait pas été,
02:22puisqu'on a eu des taux négatifs pendant très très longtemps en Europe,
02:25plus longtemps que partout ailleurs.
02:30Et aujourd'hui, je dirais qu'on a deux éléments clés
02:34qui font que les banques devraient continuer à être le secteur
02:38qui délivre des très bons résultats ou en des meilleurs secteurs de la cote.
02:43Tout d'abord, c'est effectivement ce taux de dépôt à 2%.
02:462%, c'est positif pour deux raisons.
02:49D'abord, d'un point de vue de la rémunération des dépôts,
02:52ça permet aux banques de gagner de l'argent sur les dépôts.
02:54Il faut avoir en tête qu'une banque, ça gagne de l'argent de trois façons.
02:58On a la marge nette d'intérêt qui est appliquée sur les dépôts et sur les crédits.
03:04En Europe, pendant huit ans, on n'a pas eu de marge d'intérêt sur les dépôts.
03:08Il faut imaginer que c'est 40% les dépôts de la marge nette d'intérêt.
03:12Donc c'est quelque chose qui est très important.
03:16En même temps, ce niveau de 2%, c'est un niveau qui n'est pas trop élevé.
03:20C'est un niveau qu'on considère comme accommodant
03:22et qui permet aux entreprises, même les moins solides, de se refinancer.
03:28Donc c'est un niveau de taux qui est plutôt très bon
03:31puisqu'il favorise la profitabilité du secteur.
03:33Et en même temps, il n'est pas trop pénalisant pour les entreprises.
03:37Il y en a un deuxième élément en ce moment
03:39qu'on n'a pas eu depuis très très longtemps en Europe.
03:42C'est qu'on a une courbe des taux qui est tempue.
03:45Et ça, ça permet de faire ce qu'on appelle les effets de transformation.
03:49En simplifiant, ça permet aux banques de se refinancer à court terme moins cher
03:54et de prêter à long terme un peu plus cher
03:57et donc de gagner cette différence de pente de taux
04:02qui constitue en fait un gain de marge nette d'intérêt.
04:08Donc on a ce contexte de taux qui est très favorable.
04:12Et puis, il ne faut pas l'oublier,
04:13nos banques européennes ont été mises à la disette pendant des années.
04:17On leur a demandé de donner beaucoup de capital,
04:20de faire des efforts sur les coûts.
04:23Les taux négatifs qui étaient extrêmement pénalisants
04:25puisque ces taux négatifs sur les dépôts n'ont pas été repassés aux clients.
04:29Donc c'est passé par le compte de résultat des banques.
04:31Et donc on a aujourd'hui des banques qui sont très efficaces en termes de coûts,
04:36qui ont beaucoup de capital.
04:38Ça, ça permet de faire deux choses.
04:40Ça permet d'offrir des rendements qui sont très intéressants,
04:43d'évidentes plus sur l'action,
04:47avec des rendements aujourd'hui qui sont aux alentours de 8-9%,
04:50ce qui est quand même fourni en fait un coussin très intéressant.
04:56Et puis cet excès de capital, il permet aussi la consolidation.
05:01On sait qu'en Europe, on a trop de banques.
05:04Donc on a un mouvement de consolidation qui doit s'engager
05:07pour faire des acteurs un peu plus gros, plus efficaces,
05:09avec un peu plus de synergie de coûts.
05:11Donc on a des perspectives sur le secteur qui sont positives.
05:14Par contre, il y a une banque qui a des perspectives un peu plus floues,
05:16c'est BNP Paribas, qui a publié ses résultats la semaine dernière,
05:20et puis surtout qui a perdu une dizaine de milliards de capitalisations boursières
05:23en l'espace de 15 jours, avec, vous l'avez dit,
05:25une controverse concernant des financements au Soudan.
05:29Est-ce qu'aujourd'hui, vous trouvez que BNP Paribas est un point d'entrée
05:33après cette baisse de 15% en l'espace de 10 séances ?
05:36– Oui, alors c'est même quasiment 15 milliards de capitalisations boursières
05:42qui s'est envolé.
05:45Alors, ces contentieux aux États-Unis sont des contentieux
05:49qui sont assez compliqués à évaluer,
05:53puisque dans ces class actions,
05:56on a des indemnisations qui peuvent être très élevées par individu.
06:01Or, là, on a des dizaines de milliers, je crois 18 ou 20 000 plaignants
06:06qui peuvent potentiellement réclamer des dommages et intérêts à BNP.
06:11Alors, généralement, ces affaires se traduisent par un accord amiable
06:15et généralement, on se situe dans la fourchette de 1 ou 2% du montant total annoncé.
06:24Donc, globalement, en théorie, pour BNP,
06:29on devrait se trouver, s'ils passent un accord amiable,
06:33dans la fourchette 5 à 8 milliards,
06:37s'ils passent un accord amiable.
06:41Ils peuvent évidemment toujours gagner en appel,
06:43mais globalement, c'est plus l'ordre de grandeur
06:46auquel on pourrait s'attendre.
06:48Donc, ce mouvement qui, en tout cas, aujourd'hui, est supérieur,
06:53la baisse est supérieure à 10 milliards de capitalisation boursière.
06:57On est plutôt à 13-14,
06:59depuis l'annonce de la décision de justice.
07:07Donc, globalement, on est à des niveaux, aujourd'hui,
07:10qui sont de valorisation, qui sont bas pour BNP.
07:13BNP se valorise, aujourd'hui, entre 5 et 6 fois les résultats 2026,
07:21contre 9 fois pour le secteur.
07:26Donc, on peut dire, quand même, que c'est quelque part un point d'entrée.
07:3065,28 euros à l'instant pour ce titre BNP Paribas,
07:33en repli de 0,6%, qui a donc perdu 10 euros
07:36en l'espace de 15 séances à peine.
07:39Du côté de l'Eurostox Bank,
07:40on a quand même une performance qui est plus qu'honorable,
07:42même pour votre fonds, David Benhamou,
07:44une nouvelle fois, le secteur bancaire
07:45et le secteur phare de la Bourse de Paris,
07:49mais pas que, de la place européenne.
07:51Quels sont, aujourd'hui, les titres les plus intéressants,
07:54en tout cas, les positions que vous détenez dans votre fonds ?
07:58Vos valeurs préférées, aujourd'hui ?
08:00Alors, aujourd'hui, c'est vrai que le secteur, en fait,
08:06a beaucoup progressé, encore une fois, cette année.
08:09Et notre fonds Axelme European Bank Equity a progressé de 50% cette année
08:16et fait plus de 300% de superformance par rapport à l'indice.
08:21Donc, c'est des performances qui sont spectaculaires.
08:24Mais, aujourd'hui, quand on regarde, je dirais, le niveau de valorisation,
08:30finalement, c'est un niveau de rattrapage,
08:33parce qu'il y a encore une décote à peu près de 30% par rapport au secteur.
08:36Et donc, on devrait se normaliser avec une décote d'aujourd'hui
08:41autour de 10-15%.
08:44Donc, on a encore une marge de progression.
08:47Cela étant dit, aujourd'hui, on a une macroéconomie, en fait, en Europe
08:52qui est mitigée.
08:55Il y a beaucoup d'espoir sur le plan de relance du chancelier Merck.
08:59Mais, nous, tout ça nous appelle à un peu plus de prudence.
09:04Donc, on a quitté les actions qui bénéficiaient d'un très fort momentum sur les taux
09:10pour se replacer sur des branches qui ont des modèles économiques plus diversifiés.
09:17Alors, si je prends la France, on préfère aujourd'hui une action comme BNP
09:23ou comme celle du Crédit Agricole.
09:25Alors, BNP, on vient de parler de la valorisation.
09:27Mais ce sont aussi des modèles qui sont diversifiés,
09:30avec de la banque de détails, de la banque d'investissement,
09:33de l'assurance, de l'asset management.
09:36Et ce sont des modèles, en fait, qui sont plus, en tout cas,
09:41plus intéressants à avoir si la macroéconomie déçoit un peu.
09:46On a aussi des banques comme Fineco, en Italie.
09:51Ça, c'est pour l'aspect, à la fois, FinTech et puis Asset Management.
09:56Donc, on va plus aller chercher, aujourd'hui, ce genre de modèle économique.
10:03Et on va pondérer un peu moins dans le portefeuille
10:05les modèles économiques qui sont très sensibles aux taux,
10:09donc des banques italiennes comme BNP, par exemple.
10:13Merci beaucoup, David Benhamou, pour nous avoir illustré vos convictions
10:16et surtout pour en refaire un petit récapitulatif de ces résultats trimestriels
10:20qui ont donc une nouvelle fois battu les attentes,
10:22notamment en Europe pour ce secteur bancaire.
10:25Associé gérant et directeur des investissements de Axiom AI.
10:28Merci.
10:29Merci.
10:30Merci.
10:31Merci.
10:32Merci.
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