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  • il y a 12 heures
Guillaume Texier, directeur général de Rexel, était l'invité de Laure Closier dans Good Morning Business, ce lundi 23 février. Il a parlé de leurs résultats, portés par le développement des data centers avec l'essor de l'IA et par les ventes en Amérique du Nord, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Notre grand entretien aujourd'hui, c'est avec Guillaume Texier. Bonjour, vous êtes directeur général de Rexel, distributeur de produits
00:06et de services pour l'énergie.
00:07Vous avez publié vos résultats et ce qu'on voit, c'est un peu comme dans les résultats de Legrand
00:11qu'on a reçu la semaine dernière,
00:13c'est que vous êtes porté par le développement des data centers avec l'essor de l'intelligence artificielle et
00:18notamment en Amérique du Nord,
00:20les Etats-Unis, le Canada, l'ensemble de l'Amérique du Nord, ça représente 46% de vos ventes.
00:25On est en pleine actualité, droits de douane. Est-ce que la décision de la Cour suprême de vendredi d
00:31'annuler les droits de douane réciproques, ça a un impact sur votre business à vous ?
00:35D'abord, la décision de la Cour suprême d'annuler les droits de douane, c'est une bonne nouvelle pour
00:39la démocratie aux Etats-Unis.
00:40Je crois qu'on se posait parfois la question de savoir s'il y avait des contre-pouvoirs. Il y
00:43en a, il fonctionne.
00:45Alors pour Rexel, aux Etats-Unis, effectivement, c'est notre premier pays au monde, mais aux Etats-Unis, on vend
00:50des produits qui sont en général produits aux Etats-Unis
00:53ou dans la plaque continentale nord-américaine. Ce qui veut dire que des droits de douane, on n'en paye
00:57pas.
00:58Il n'y a pas d'importation de matériel électrique d'un continent à l'autre.
01:01Cela étant ce par quoi ça s'est traduit l'année dernière, c'est par un peu plus d'inflation
01:05dans les produits qu'on vend.
01:06Et ces prix, on les a passés aux consommateurs. Donc ce qu'on voit bien, c'est que c'est
01:09de l'inflation supplémentaire pour l'économie américaine.
01:12La bonne nouvelle, c'est que cette inflation supplémentaire, elle ne s'est pas traduite pour le moment par des
01:17baisses de demandes.
01:18L'activité aux Etats-Unis, elle reste très soutenue.
01:20Malgré cette croissance qu'on a eue vendredi, croissance américaine au T4, 1,8, décevante, vous, vous ne voyez pas
01:26ça ?
01:26Pour vous, ça reste soutenu, l'activité américaine ?
01:28Alors oui, l'activité reste solide aux Etats-Unis et notamment ce qu'on voit depuis quelques mois,
01:33c'est un redémarrage de l'activité d'investissement industriel.
01:36C'est peut-être un petit peu lié aux droits de douane et au fait que beaucoup d'entreprises se
01:40disent
01:40qu'il vaut mieux produire aux Etats-Unis compte tenu de l'incertitude sur les droits de douane.
01:44Et puis nous, la deuxième partie qui nous a beaucoup tiré au cours de l'année dernière,
01:48c'est notre exposition aux data centers aux Etats-Unis, évidemment,
01:52qui représente près de la moitié, plus de la moitié de notre croissance sur l'Amérique du Nord.
01:56Développement des data centers grâce à l'intelligence artificielle.
02:01Certains racontent qu'aux Etats-Unis, il y a aussi quand même une difficulté face au fait de les brancher,
02:07au fait de les approvisionner énergétiquement avec des conflits qui peuvent avoir lieu
02:11entre des data centers et la population quand il y a des pics de consommation.
02:14Des data centers qui sont en attente de pouvoir être raccordés.
02:18C'est quoi votre vision du développement du marché du data center ?
02:22Ce qu'on voit d'abord, c'est qu'il y a un flux de projets et un réservoir de
02:26projets
02:27qui est immense dans le domaine des data centers.
02:29Alors évidemment, quand un segment de l'économie croît à plus de 50% chaque année,
02:34ça ne se fait pas sans des frictions ici ou là sur la fourniture de produits,
02:38sur les matières premières, sur les raccordements électriques.
02:41Évidemment, ce sont d'énormes consommateurs d'électricité.
02:44Et donc tout ça doit se gérer.
02:45Mais c'est des frictions, c'est des frictions plus qu'autre chose.
02:48C'est l'offre à la demande, quoi.
02:49C'est à un moment donné, ça va un peu trop vite.
02:51À un moment donné, tout ça va s'adapter.
02:52Et pour ce qui concerne les conflits d'usage sur l'électricité,
02:55ce qu'on voit bien, c'est qu'il va falloir très vite aussi générer davantage d'électricité.
03:00Et puis, il va falloir trouver des technologies.
03:03Et là-dessus, on voit des progrès chaque trimestre.
03:05Il va falloir trouver des technologies qui sont plus économes en électricité, en refroidissement, etc.
03:10Et ça, ça va dans le bon sens.
03:11On est au tout début de l'histoire dans le domaine des data centers.
03:14Mais si on vous écoute, on a vraiment l'impression que les États-Unis sont de plus en plus attractifs.
03:19Pour ceux qui, peut-être, se posaient la question, vous parliez sur le plan démocratique, sur le plan du business.
03:25Et c'est vraiment particulièrement positif.
03:28Non, alors, l'année dernière, c'est vrai que nous, on a deux jambes.
03:31On a une jambe États-Unis et une jambe Europe de l'Ouest.
03:33C'est vrai que l'année dernière, le contraste a été frappant entre une jambe Amérique du Nord,
03:38qui était tirée par les data centers et avec une économie solide, finalement,
03:41et une jambe Europe de l'Ouest, dans laquelle les cycles de la construction sont plutôt bas de cycle,
03:46même si on voit un petit peu de redémarrage.
03:48Et donc, le contraste a été frappant.
03:50Mais cela étant, ce qu'on voit justement en Europe, c'est un léger redémarrage de l'économie.
03:55Et donc, les choses, à mon avis, au cours des années qui viennent, vont se rééquilibrer un petit peu.
03:58Mais vous n'êtes pas tiré en Europe par l'activité data center,
04:01avec les annonces qu'on a eues, nous, en France, qui nous sommes censés être un hub géographique,
04:05et on pourrait tirer notre épingle du jeu sur ce secteur.
04:08Vous n'avez pas la même dynamique ?
04:10Alors, pour l'instant, je crois qu'il y a quelques années de retard, par ailleurs,
04:13parce que toutes les grandes entreprises d'intelligence artificielle se sont créées aux États-Unis.
04:18Et ce qui fait que l'activité de construction de data center,
04:20elle est quand même beaucoup plus forte aux États-Unis.
04:22Mais c'est vrai qu'on voit davantage d'annonces en Europe et que ce mouvement commence à se créer.
04:27C'est aussi une des raisons pour lesquelles j'ai le sentiment que les choses pourraient se rééquilibrer dans les
04:30années qui viennent.
04:31Et sur la construction, vous dites qu'on a atteint le point bas ?
04:33Sur la construction, on a le sentiment qu'on a atteint le point bas, oui.
04:36Quand on regarde les mises en chantier, quand on regarde les transactions immobilières,
04:40on voit des très légères progressions.
04:42Alors, ces progressions, elles ne sont pas rapides.
04:44Ce n'est pas un rebond de l'économie de la construction qu'on voit,
04:47parce que ce qui manque, c'est encore la confiance du consommateur qui n'est pas au rendez-vous.
04:51Mais pour le reste, les taux d'intérêt ont un petit peu baissé.
04:54Et on voit une activité qui, doucement, commence à repartir dans plusieurs pays d'Europe, oui.
04:59Sur la Chine, ça n'est pas vraiment reparti ?
05:01Non, sur la Chine, on a une activité qui est très liée à l'industrie en Chine
05:05et à l'investissement industriel en Chine.
05:07Et sur la Chine, ce qu'on voit, c'est que le pays est en train de pivoter
05:11d'une économie tournée vers l'export et pas mal tirée par la construction intérieure,
05:15vers une économie qui doit davantage être tirée par la demande intérieure.
05:20Et ça, c'est un pivot qui prend du temps.
05:22Et aujourd'hui, on est encore en plein travaux de ce point de vue-là.
05:26Et donc, la demande n'est pas très forte.
05:28Cela étant, on a quand même tiré notre épingle du jeu.
05:30Pas de frémissement de la demande intérieure, malgré les injections de liquidités de la part du gouvernement,
05:34malgré les tentatives de plans de relance ?
05:36Pour l'instant, ce qu'on voit surtout, c'est qu'on ne voit pas énormément de frémissement
05:39de l'investissement industriel en interne.
05:42C'est vrai qu'il y avait eu de la surcapacité qui s'était créée.
05:44La demande intérieure n'a pas rebondi comme on le souhaitait.
05:48Et donc, à la fin, l'investissement reste un petit peu en berne.
05:51Cela étant, c'est un pays extrêmement prometteur.
05:53Vous sortez tout de même d'un programme de réorganisation et de réduction des coûts.
05:57Vous vous êtes mis à la numérisation des ventes.
06:00Cela change beaucoup de choses dans votre organisation.
06:03Qu'est-ce que cela veut dire concrètement ?
06:04Vous avez fait un inventaire et maintenant, vous avez un catalogue sur Internet.
06:07Expliquez-nous ce que cela veut dire.
06:08Alors, d'abord, Rexel a commencé sa marche vers le digital il y a une dizaine d'années.
06:13Aujourd'hui, on est à quasiment un tiers de nos ventes,
06:15qui sont plus d'un tiers de nos ventes, qui passent par des canaux digitaux,
06:18que ce soit des canaux web, des canaux automatiques avec les grands clients.
06:22Et on a enrichi cela avec un certain nombre de technologies basées sur l'intelligence artificielle.
06:26Donc, dans notre domaine, on est très en avance dans ce domaine-là.
06:29Et ce que cela nous permet de faire, c'est d'apporter d'abord un côté pratique à nos clients,
06:34qui peuvent gagner du temps.
06:35Et puis aussi, d'apporter un côté efficacité en interne,
06:38à la fois par la croissance du digital et par la croissance de l'intelligence artificielle.
06:43Certains de nos pays, aujourd'hui, je parle d'un tiers de nos ventes qui passent par des canaux digitaux,
06:48certains de nos pays sont à plus de 80% qui passent par des canaux digitaux, oui.
06:52Et quand vous dites utilisation de l'IA, c'est-à-dire concrètement, ça fait quoi ?
06:56Ça vous oriente en tant que client ? Ça optimise ce que vous achetez ?
06:59Alors, il y a plein d'usages.
07:00Mais nous, on a à peu près la moitié de nos salariés, 12 000 personnes,
07:04qui sont finalement au téléphone avec nos clients pour leur donner des conseils d'expertise,
07:09pour répondre à des appels d'offres.
07:10Et tout ce genre de choses peut être accéléré par l'intelligence artificielle.
07:14Et donc, c'est ce qu'on est dans le process de faire, en réalité,
07:18d'accélérer notre temps de réponse à nos clients,
07:20de rendre nos employés plus efficaces,
07:23de telle sorte qu'ils puissent se focaliser sur les opportunités de croissance
07:26qui sont très nombreuses dans notre domaine de l'électricité.
07:28Alors, justement, pour l'opportunité de croissance,
07:30vous avez fait des acquisitions, notamment aux États-Unis,
07:33mais vous êtes aussi, vous, la cible de certains acquéreurs.
07:37Il y avait des rumeurs autour d'un Américain qui se serait intéressé à vous,
07:41d'un luxembourgeois.
07:42Vous recevez régulièrement des marques d'intérêt ?
07:45Alors, d'abord, il y a deux choses.
07:46Il y a un Américain qui s'est intéressé à nous il y a deux ans,
07:49mais à un prix qui ne convenait pas.
07:50Et puis, l'année dernière, effectivement, en fin d'année,
07:52on a démenti des rumeurs.
07:53Ces rumeurs n'avaient rien de fondé.
07:55Bon, ce que ça veut dire, malgré tout,
07:58c'est que Rexel est une entreprise intéressante.
08:01Et ça, c'est le côté positif des choses.
08:02On est sur un marché qui est en forte accélération,
08:05le marché de l'électrification.
08:06On s'est transformé au cours des dix dernières années
08:09et aujourd'hui, notre rentabilité a considérablement augmenté.
08:12Et moi, ce que je vois comme signe,
08:13c'est que finalement, il y a des gens qui pensent
08:15dans les marchés financiers qu'il y a encore du potentiel.
08:17Et je dois dire, c'est vrai, notre transformation,
08:20elle en est encore à ses débuts.
08:21Il y a encore beaucoup de potentiel.
08:22Mais est-ce que vous êtes considéré comme une entreprise stratégique ?
08:24On a vu qu'avec Legrand, quand il commence à y avoir des rumeurs
08:28autour d'un rachat potentiel,
08:30ça commence à grincer des dents à Bercy.
08:32Est-ce que vous êtes dans la même catégorie ?
08:33Alors écoutez, pour l'instant, la question ne s'est pas posée.
08:35C'est un débat politique plus qu'économique.
08:37Ça peut bloquer les opérations.
08:38Moi, je sépare un petit peu les deux choses.
08:40Le débat économique, et c'est mon travail,
08:42c'est de se focaliser sur les belles opportunités de croissance
08:45et de transformer l'entreprise.
08:46Et puis le débat politique, c'est est-ce qu'on est stratégique ou pas ?
08:49Et on s'adaptera à la décision politique
08:51qui sera prise dans ce domaine.
08:52Merci beaucoup d'être venu ce matin.
08:54Guy Sontexier pour nous parler de Rexel.
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