- il y a 4 jours
Ce mercredi 11 février, la préparation de la première IPO on-chain par Lise, la finance traditionnelle rejoignant la blockchain, la fin pour bientôt de la période de transition pour CASP, la question de l'avenir pour les entreprises non agrées, ainsi que l'accélération de Delubac et Cie sur la finance digitale, ont été abordés par William O’Rorke, partner chez ORWL, Raphaël Bloch, co-fondateur et CEO de The Big Whale, et Elodie Trevillot, associée-gérante de la Banque Delubac et Cie, reçus par Sandra Gandoin dans l'émission BFM Crypto, le Club sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez-la en podcast.
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00:02BFM Business, BFM Crypto, le club. Sandra Gandon. Bonjour à tous, bienvenue dans le club BFM Crypto,
00:09suis ravi de vous retrouver comme tous les jours entre 15h et 15h30 sur BFM Business. Au programme
00:15de ce club, on va parler réglementation, beaucoup, attention il n'en reste que quelques mois pour se
00:20mettre en conformité. On va parler formation, on va parler IPO on-chain. Mes invités, William
00:26Aurore, partenaire chez Orwell. Bonjour William. Arrivée tout juste pour le début de l'émission,
00:30ça c'est du timing. C'est magnifique. Raphaël Bloch est avec nous également, cofondateur et CEO de The Big
00:36Wave. Bonjour Raphaël, on vous retrouve dans un instant en direct. Et Elodie Trevillaud,
00:42associée gérante de la banque de l'UBAC et compagnie. Merci d'être avec moi sur ce plateau. Écrivez-nous,
00:48vous le savez, vous pouvez nous poser toutes vos questions sur le secteur crypto au singulier
00:53bfmbusiness.fr. On répond à vos questions tous les jeudis entre 15h et 15h30. Le club BFM crypto,
01:00c'est parti. Raphaël, je commence avec vous. Vous êtes à distance, vous êtes à Londres. On va
01:07parler de tokenisation, il y a de la monnaie avec les stable coins. Il y a également les monnaies
01:12market funds et donc désormais les actions tokenisées. De quoi on parle, Raphaël ? Alors oui,
01:19effectivement, c'est vrai que ça fait maintenant plusieurs années qu'on parle des stable coins,
01:23donc du dollar, de l'euro qui sont sur la blockchain. On a également, notamment en France,
01:28avec Spyco, la thématique des fonds monétaires tokenisés. Et on vient de publier une interview
01:34du fondateur et CEO de Lease, Marc Kepenegian, qui travaille depuis des années avec sa société pour
01:41permettre de faire ce qu'on appelle des IPO, donc des introductions en bourse on-chain. C'est
01:49évidemment un chantier qui est plus important, plus ambitieux que de mettre des dollars, des euros,
01:56des fonds monétaires on-chain. Ce qu'il nous dit dans l'interview, c'est que la première IPO est
02:01prévue pour le premier semestre. On ne sait pas exactement quelle société va introduire son capital
02:10en bourse on-chain. Ce qui est sûr, c'est que ce sera une première à l'échelle mondiale. Là,
02:15je suis à Londres. On sait que la Bourse de Londres travaille aussi sur ces sujets. Aux Etats-Unis,
02:18c'est également une question. Ce qui est intéressant, c'est que finalement, vous avez beaucoup
02:24d'entreprises, et c'est un peu ce que Lease cible avec leurs produits, qui n'ont pas la taille
02:30critique
02:30pour ce côté sur les marchés traditionnels. Je pense notamment à la Bourse de Paris et à Euronext,
02:35où vous avez des entreprises qui ont une taille déjà significative. Et donc, si vous ouvrez la
02:41possibilité ou bien finalement des investisseurs d'investir dans les entreprises directement via
02:46la blockchain, vous pouvez potentiellement, et c'est pareil de Lease, en fait cibler des entreprises plus
02:51petites. Donc eux, ils ont en tête des entreprises qui ont plusieurs millions, voire un peu plus de 10
02:57millions d'euros à mettre à la disposition des investisseurs. Et donc voilà, ça va être finalement
03:05une catégorie qui est assez mal servie aujourd'hui, en dehors du crédit qui est donc donnée par les
03:11banques, et je pense notamment à Doluba, qui fait de ce point de vue-là un gros travail. Mais voilà,
03:15il y a potentiellement aussi la possibilité d'aller se financer directement sur la blockchain avec des
03:22petits porteurs qui pourront détenir une part du capital de PME et ETI françaises et européennes.
03:29William, vous vouliez dire quelque chose ?
03:32Oui, juste deux petites choses. Une première remarque, c'est que ça fait des années, je pense
03:37que l'audit sera d'accord avec moi, qu'on attend, enfin qu'on parle beaucoup de cryptoactifs et de
03:41blockchain sur des sujets vraiment très nouveaux et très tech. Et là, je trouve ça intéressant parce
03:45que l'IS, c'est vraiment une infrastructure traditionnelle qui utilise la blockchain. Moi, ça fait
03:50très longtemps que j'attends que ce mouvement arrive où, en fait, on quitte un peu, enfin en tout cas,
03:55il n'y a pas que les cryptos, il y a aussi les instruments financiers qui vont utiliser la blockchain.
03:59On peut peut-être rappeler l'intérêt, Raphaël, d'avoir des actions tokenisées, justement.
04:04Oui, alors il y en a plusieurs et je pense que les invités sur le plateau pourront compléter,
04:09mais il y a évidemment le fait que ces actions seront disponibles 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.
04:15Aujourd'hui, les marchés réglementés ont des horaires d'ouverture et de fermeture qui sont aussi tout
04:23bêtement nécessités par le besoin de réconcilier les opérations. Vous avez l'achat de titres et puis
04:29après, il y a le paiement, puis après, il y a la livraison des titres. Donc, c'est pour ça
04:33que vous avez une
04:34ouverture et une fermeture. Ces opérations sont faites au moment où les bourses sont fermées. Donc, il y a la
04:39disponibilité. Il y a aussi la géographie. Aujourd'hui, vous ne pouvez pas investir dans toutes les entreprises
04:43côté de la planète. Si vous voulez investir dans les entreprises chinoises, il faudra passer par des
04:46proxys. Quand vous êtes en Asie, si vous voulez investir dans les entreprises françaises, elles ne sont pas
04:49toutes disponibles. Donc, il y a aussi ce pari-là. Vous avez aussi la question de la transparence sur la
04:55détention du capital. Enfin, voilà, il y a plein de choses qui sont propres à ce sujet qui sont
05:01intéressantes. Et pour rebondir sur, effectivement, ce que William a dit, en fait, ce qui est intéressant,
05:05c'est que les cryptoactifs étant une catégorie à part, finalement, il a été plus simple d'inventer un cadre
05:12qui, en fait, leur était propre. Là où il y a un plus gros challenge sur les actions tokenisées,
05:17c'est que vous avez déjà un cadre existant qui marche bien, qui est évidemment perfectible et
05:22qui va l'être au fur et à mesure. Et donc, c'est pour ça que vous avez, en fait,
05:26cette dualité avec le
05:28système existant, plus ce nouveau système qui arrive et donc qui a nécessité à la fois en termes
05:34d'infrastructures, de sécurité, de réglementation, que tout soit bien bordé. Donc, c'est pour ça qu'effectivement,
05:39ça a pris des années. Donc, aujourd'hui, ce régime est là. Il y a des acteurs qui se positionnent.
05:43Et effectivement, ça va être très intéressant de voir si ce sujet, ces investissements vont prendre,
05:52surtout en Europe, où on sait qu'on n'a pas forcément une culture d'investissement qu'aux États-Unis.
05:57Oui, c'est une première en Europe, d'ailleurs, cette introduction aux bourses. Élodie Trevillot.
06:01Oui, effectivement. Enfin, c'est un sujet, comme le disait William, qu'on attend depuis longtemps,
06:08ça, c'est sûr. On sait qu'aux États-Unis, il y avait aussi un certain nombre de réflexions au
06:13niveau
06:13du Nasdaq. Donc, je dirais que maintenant, on rentre vraiment dans l'opérationnel. Je pense
06:19qu'un des points intéressants, c'est que ça ouvre une liquidité qui n'était pas là. Et Raphaël Bloch
06:25l'a indiqué. Les IPOs étaient plutôt réservés à de grosses structures. Et aujourd'hui, on va pouvoir
06:31ouvrir un marché à des structures nettement plus petites et leur donner accès aussi à du capital
06:36qu'elles n'auraient pas eues facilement. Donc, on va changer complètement la structure
06:41du marché.
06:42Ça change le visage de la finance. Ça fait tomber des barrières, on peut dire ça, Raphaël ?
06:47Oui, ça fait clairement tomber des barrières. Après, on le sait aussi, il y a beaucoup
06:52d'annonces. Il y a beaucoup de promesses derrière la tokenisation des actions. J'allais dire, paradoxalement,
07:00et Marc, qui peut-être nous regarde ou nous regardera, sourira en m'entendant. Mais c'est
07:07vrai qu'il y a déjà eu énormément de travail de fait. Mais je pense que paradoxalement,
07:10le plus dur commence. Parce que tant que c'était à l'état de projet, de réflexion,
07:17finalement, vous aviez les experts du sujet qui travaillaient, parfois un peu de manière
07:22isolée, mais qui pouvaient travailler. Aujourd'hui, puisque ce nouveau système va aussi venir un petit
07:28peu challenger le statu quo et va venir chatouiller les acteurs existants. C'est d'ailleurs
07:34pour ça que le Nasdaq s'est positionné sur le sujet, parce qu'ils savent très bien que
07:38s'ils ne font rien dans les dix ans qui viennent, ils vont perdre des parts de marché. Donc
07:41voilà, on va rentrer dans une phase où finalement, les acteurs comme l'IS ou l'allemand 21X
07:46vont devoir davantage jouer des coudes pour, un, prouver que ça marche, et deux, ne pas
07:53se faire effectivement, je n'aime pas le terme, mais peut-être écraser par les acteurs
07:57traditionnels qui ont beaucoup plus de moyens et qui, s'ils s'y mettent, pourront accélérer
08:01assez fortement.
08:01Oui, l'audi plus soit, à ma droite.
08:04Effectivement, alors, je pense que Raphaël l'a bien indiqué au tout départ, le fait
08:07d'utiliser la blockchain, quand on parle de réconciliation, de livraison des titres,
08:12naturellement, on s'en doute, mais il faut le formaliser, il y a des acteurs qui sont
08:17susceptibles de disparaître, ou en tout cas, leurs métiers traditionnels vont disparaître,
08:21peut-être qu'ils existent. Donc forcément, la création, enfin, l'IS et tout ce que ça induit
08:27derrière, va forcément avoir des impacts, et il y a des acteurs traditionnels qui risquent
08:34de voir leur part de marché diminuer, voire potentiellement disparaître, et donc on ne
08:39s'attend pas à ce que ça soit facile. Après, ça fait partie des évolutions de la finance,
08:43je dirais, globalement, comme la conservation de titres. On sait qu'il y a des acteurs et
08:49des intermédiaires financiers qui vont voir leur monde bouleversé, et donc je suis complètement
08:55aligné avec ce qui vient d'être dit, va y avoir des batailles jolies à regarder.
09:00Pour finir, Raphaël, vous vouliez ajouter quelque chose ?
09:03Non, c'est peut-être, effectivement, je pense que, par exemple, Delubac est un très
09:07bon exemple de ce que les banques ont réussi de mieux, surtout ce qui touche aux actifs
09:13numériques, c'est-à-dire qu'on parle d'une banque qui a réussi à devenir, en tout cas,
09:18l'un des leaders en Europe, en gardant son modèle traditionnel et donc en ajoutant des
09:24services crypto. Et c'est vrai qu'aujourd'hui, on va se poser un peu la même question pour
09:27les opérateurs de marché. Est-ce que demain, nous allons voir Euronext, d'autres places
09:32financières en Europe, en Asie ou en Amérique, suivre le même chemin ? Ou alors peut-être
09:38se dire, non, on reste sur notre business avec le risque, encore une fois, d'être challengé
09:43assez fortement par des acteurs crypto-natifs qui vont bénéficier clairement d'une traîne
09:49de marché.
09:50Il va falloir s'y mettre, c'est une période de grande transformation dans ce secteur de
09:54la finance. Et d'ailleurs, c'est un petit peu la ligne rouge de cette émission William
09:59Aurore qu'on parle avec vous de réglementation également. La fin de la période de transition
10:06sur les agréments CASP. De quoi on parle les agréments CASP ? On parle de MICA, on parle
10:11de cette date de juin prochain.
10:14Tout à fait. En fait, c'est l'AMF qui, il y a une semaine environ, a fait une communication
10:20suite à un travail évidemment avec tous les acteurs de la place. Il y a des échanges
10:26réguliers sur ce sujet parce que ce n'est pas une surprise. Et cette communication, elle
10:30vise à prévenir et à rappeler à tous les acteurs et notamment à ceux qui n'ont
10:35pas encore l'agrément CASP, qui est en fait l'agrément MICA qui permettra de fournir
10:40des services cryptos dans les années à venir en France et en Europe, à tous ces
10:44acteurs-là de faire attention parce qu'il y avait une période de transition, on va dire
10:48– Fin 2024, juin 2026, c'était ça ?
10:51– Exactement. Donc qui se termine en fait dans quatre mois. Et ce qui, voilà, l'AMF
10:57a bien rappelé plusieurs choses. Elle vient rappeler d'une part que l'agrément doit être
11:01obtenu avant la fin de cette période sous peine de devoir cesser son activité. Et elle
11:07vient rappeler aussi qu'on ne parle pas de fermer une petite boutique de quartier. C'est-à-dire
11:11que, enfin, si vous me passez l'expressive, avec tout le respect que j'ai pour les boutiques
11:14de quartier, mais c'est-à-dire que vous ne pouvez pas juste attendre le mois de juin,
11:18baisser le rideau, etc. On parle d'acteurs régulés qui doivent respecter la réglementation
11:22jusqu'au bout dans une situation qui est souvent critique parce que parmi ces acteurs-là,
11:27on viendra peut-être sur les proportions un peu de qui est concerné. On sait que le fait
11:32de ne pas pouvoir ou de ne pas vouloir aller à MICA, c'est souvent synonyme aussi de difficultés
11:37économiques ou en tout cas d'une activité parfois de petites équipes, etc. Donc c'est
11:41une période très à risque. Et c'est pour ça que l'AMF est très attentive là-dessus.
11:44Vous parliez des moyens qu'il faut mettre pour se mettre en conformité. Elodie m'en
11:48parlait juste avant l'émission. C'est considérable en temps, en homme, en réglementation,
11:54en documentation à donner, Elodie. Vous l'avez vécu.
11:57– Effectivement. Donc nous, on a eu l'agrément CASP-MICA au mois de novembre. Ça nécessitait
12:04une implication assez importante des équipes parce que là où avant on avait un enregistrement
12:08PSAN qui se concentrait sur notamment la partie lutte contre le blanchiment et financement
12:13du terrorisme, sur la partie MICA, il y a une attention particulière sur les moyens informatiques,
12:20sur la sécurité informatique, sur les moyens mis à disposition. Et c'est normal, la protection
12:25des clients. Et donc les demandes sont nettement plus importantes. Les moyens à mettre, à
12:32dispenser sont nettement plus importants, que ce soit des moyens financiers comme humains.
12:36Nous, enfin en tout cas au niveau de la banque, il y a une dizaine de personnes qui ont travaillé
12:39sur le dossier en plus de l'accompagnement par un conseil juridique expert. Et donc oui,
12:45c'est un exercice qui est long, qui est compliqué. Nous, quand on a déposé le dossier assez
12:52naïvement, on pensait qu'il serait déclaré complet très rapidement.
12:55Ce n'a pas été le cas. Et c'est vrai qu'il y a cette échéance de dire on
12:59dépose un dossier
13:00qui est complet après les quatre mois qui sont d'ailleurs indiqués sur le site de l'AMF
13:04d'études du dossier. Donc je dirais qu'on arrive maintenant à la limite pour l'ensemble
13:08des acteurs qui n'ont pas obtenu leur agrément. Et ce qu'a souligné Yavon Ork est très
13:15intéressant. On arrive à cette limite et à côté de ça, l'autorité, c'est normal,
13:20est très attentive sur le fait que derrière il y a des épargnants. Et donc il faut protéger
13:24l'épargnant et c'est normal. Et donc quand on met fin à une activité, il faut le faire
13:29de manière ordonnée et on rentre dans cette période où il va falloir préparer potentiellement
13:33la fin d'une activité, qui est une activité commerciale, mais tout en protégeant l'épargnant.
13:38Oui, sur certaines entreprises. Raphaël, vous vouliez dire quelque chose ?
13:42Oui, juste pour ajouter un point sur la partie industrie-écosystème. Ce matin, je discutais
13:49encore avec un banquier et c'est vrai que cette échéance Mika, et on ne s'en rend pas
13:57encore à ses comptes, va totalement redessiner le paysage, pas seulement français, mais à
14:03l'échelle de l'Europe. Vous avez des dizaines, si ce n'est pas plus, de startups qui vont soit
14:10disparaître, soit surtout être rachetés. Et c'est vrai qu'il me disait qu'il n'avait
14:15jamais vu autant de dossiers d'entreprises qui n'auront vraisemblablement pas la licence
14:21et qui donc sont soit regardées par des acteurs traditionnels qui voient une bonne opportunité
14:28de mettre la main sur des compétences crypto, je pense à des banques, des gestionnaires
14:33d'actifs, ou alors des entreprises crypto qui vont vouloir consolider le marché en se disant
14:38qu'à mesure que l'échéance de Mika s'approche, il y aura des bonnes affaires, parce qu'évidemment,
14:43quand il vous reste deux mois pour vendre, ça n'est pas la même chose que quand vous avez
14:46deux ans.
14:47Exactement. On a une idée, William, du nombre d'entreprises dont on parle. Allez-y, alors
14:52là, parce que c'est très intéressant.
14:53Le mec a communiqué les chiffres pour être plus honnête. Au début de la période de grand-père,
14:59donc en janvier dernier, on va dire, enfin janvier, il y a 12 mois, il y avait 120 entreprises
15:06enregistrées PSAN, c'est-à-dire qu'ils pouvaient exercer leur activité en France. En gros,
15:10il y a quatre groupes, à chaque fois, c'est une trentaine d'acteurs, ça représente 25%
15:13du stock. 25% du stock des PSAN, c'est des acteurs étrangers, ils ne sont pas concernés
15:18parce qu'ils demandent Mika dans leur pays d'origine, etc. Donc eux, on les sort, il
15:22reste 90 acteurs. Il y en a une trentaine qui ont soit obtenu Mika, comme de Lubac, par
15:27exemple, soit qui sont en cours d'obtention et sur lequel l'AMF est relativement sereine.
15:33C'est des acteurs qui ont déjà déposé leur dossier, donc eux, il leur reste quatre
15:36mois pour, on va dire, terminer le process. À l'autre extrême, il y a une trentaine
15:40d'acteurs, l'AMF sait qu'ils ne vont pas demander Mika parce qu'ils ne le peuvent
15:43pas ou qu'ils ne le souhaitent pas. Donc eux, c'est des acteurs typiquement, alors
15:47soit ils n'ont pas d'activité, soit ils vont devoir justement mettre en place
15:51toutes ces mesures pour cesser leur activité en respectant la réglementation et en respectant
15:54les droits de leurs clients. Et enfin, il y a un dernier tiers, une trentaine d'acteurs
15:59qui eux, l'AMF est en train un peu de leur courir après pour savoir ce qu'ils font
16:02exactement. Après voilà, il y a plein de situations particulières. Mais donc très
16:06concrètement, à compter du 1er juillet ou en tout cas au deuxième semestre 2026, on
16:13aura, enfin plutôt, oui, à compter du 1er juillet 2026, on aura entre, disons peut-être
16:1830 et 45 acteurs max, je pense plutôt proche de 30 que de 45. Donc on passe quand même
16:23d'un marché. C'est une transformation incroyable du secteur, William. On passe quand même d'un
16:28marché à 120 offres, on va passer, ça va être divisé quasiment par 3. Ça veut dire
16:32qu'il y a des acteurs historiques du secteur de la crypto qui vont disparaître ou qui vont
16:37se faire manger ? Peut-être, peut-être. Parfait. Alors là-dessus, bon, c'est sûrement
16:45pas en direct à la télévision qu'on donnera des noms, mais on sait très bien que certains
16:50acteurs effectivement historiques qui n'ont toujours pas eu le PSAN l'auront peut-être
16:55in extremis ou alors effectivement se retrouveront dans une situation très délicate. Pareil,
17:01en échangeant avec plusieurs acteurs, ce qui parfois, et je ne sais pas si c'est inquiétant
17:06ou révélateur aussi d'une partie de la mentalité du secteur, c'est qu'ils pensent qu'ils
17:14obtiendront, et peut-être que l'AMF accédera à leur demande, mais un délai. Un délai
17:20de potentiellement quelques semaines, quelques mois pour se mettre en conformité. Quand
17:24on interroge l'AMF, et comme les autorités européennes, aucun délai n'est prévu, mais
17:29c'est vrai que certains se disent « mais ce n'est pas possible, on ne peut pas avoir
17:32créé ce qui s'entend, autant d'acteurs pendant des années pour finalement avoir
17:37un coup près qui tombe ». En même temps, côté AMF, ce qu'on répond, et c'est totalement
17:42audible, c'est que ça fait des années aussi qu'on connaît, et comme l'a très bien
17:45rappelé William, il y a eu une longue période d'adaptation. Donc voilà, on comptera ce
17:54qui reste en juillet, mais c'est vrai que mai et juin s'annoncent très chaud.
17:57Oui, ils ont eu 18 mois pour se préparer en l'occurrence, vous ne croyez pas au délai
18:02William ?
18:03Non, alors 18 mois ça paraît long, ce n'est pas si long que ça, mais disons que c'est
18:06le maximum que la réglementation européenne permet. Donc voilà, s'il y avait un débat
18:13qui ne peut pas avoir, il aurait fallu l'avoir pendant la négociation et l'adoption du texte
18:17par la Commission, il y a déjà un petit moment. Non, je pense que l'AMF ne pourra, tout simplement
18:22en fait, l'AMF ne veut pas, enfin ne veut pas, déjà ne peut pas, parce qu'elle n'a
18:26pas
18:26le droit de donner un délai, c'est-à-dire qu'elle irait à l'encontre du droit européen
18:31qui s'impose aux 27 États membres, donc déjà l'AMF ne le peut pas. Et je pense qu'en
18:35plus
18:35la France a fait le choix, parce que les États membres avaient le choix de réduire la période,
18:40donc de choisir la période entre 0 et 18 mois, la France a choisi le délai le plus
18:44long, donc il y a un côté où je pense qu'il n'y aura pas de mensuétude à partir
18:49du mois
18:49de juillet, et je pense même, pour casser encore un peu plus l'ambiance, si c'est possible,
18:55je pense même que les régulateurs ACPR et AMF attendent avec impatience la fin de cette
19:02période de grand-père, parce que cette réduction du nombre d'acteurs va permettre de faire des
19:05contrôles, de manière beaucoup plus efficace. Il faut se mettre à place d'un régulateur,
19:09contrôler un acteur aujourd'hui qui va fermer dans 4 mois, ils ont quand même un rapport
19:13un peu coût-avantage dans leur manière de contrôler, et donc je pense que le secteur
19:20va être beaucoup plus contrôlé à l'issue de la fin de la période de transition.
19:23On est aussi sur un délai, vous l'avez dit, c'est l'un des délais les plus longs pour
19:27l'AMF,
19:28l'AMF est aussi celle qui a mis le plus de temps et qui a agréé le moins d'acteurs
19:33par rapport à beaucoup d'autres pays en Europe. Est-ce que les pays étaient traités de la même
19:40façon sur cette réglementation, Mika, vous pensez ?
19:43– Tu veux répondre, Elodie ?
19:44– Elodie, vous vous êtes au cœur du truc.
19:46– Fais attention à ce que tu dis même.
19:47– Non, nous on a fait le choix d'aller demander l'agrément en France, parce qu'on considère
19:54que d'un point de vue sécurité vis-à-vis de l'épargnant, d'avoir un temple français,
20:00c'est effectivement plus joli que d'autres pays où on trouvait que les procédures
20:06avaient l'air plus simples. En tout cas, le regard des régulateurs était peut-être
20:10moins exigeant. Donc il y a un niveau d'exigence qui est là, mais qui est normal,
20:13parce qu'on protège l'épargnant. Je dirais qu'il y a eu, et c'est normal, entre une
20:18réglementation européenne et sa traduction et sa déclinaison opérationnelle, il y a
20:24toujours un temps d'adaptation. Donc il y a eu ce temps d'adaptation. Je dirais
20:27qu'aujourd'hui, les dossiers, maintenant, ils sont traités. En tout cas, nous, à partir
20:30du moment où le dossier a été déclaré comme complet, les délais de 4 mois étaient
20:36largement tenus. Après, il y a eu une période de prise en charge. C'est peut-être ça
20:39où on a eu, je dirais, pendant 6 mois, cette période où il fallait quand même se dire
20:44qu'est-ce qui est attendu exactement ? Je prends par exemple la partie cybersécurité. Je
20:49sais qu'on a eu beaucoup de discussions, même au niveau de la DAN, de se dire est-ce
20:52que ça veut dire qu'il faut aller chercher un audit spécifique d'un acteur accepté
20:57par l'autorité ou pas ? C'était des ajustements à bien définir sur lesquels les différents
21:02régulateurs européens n'étaient pas alignés très clairement.
21:04– Sur la cybersécurité, c'est peut-être une bonne idée d'avoir fait ce choix-là et
21:07d'avoir été extrêmement serré sur ce sujet-là quand on voit ce qui se passe aujourd'hui
21:14sur certains acteurs. – L'AMF est très regardante, mais je dirais que c'est pour
21:16protéger, au final, l'épargnant. Donc, il y a un milieu à trouver, mais je dirais
21:21qu'en tout cas… – William, pourquoi on peut ?
21:25– Je pense qu'on peut quand même dire, au nom de tous les acteurs qui ont eu des procédures
21:32d'instructions extrêmement longues, qu'il y a eu quand même, on va dire, un faux départ
21:36de la part de l'AMF sur MICA, qui, au final, ne sera pas si grave parce que la période
21:41de 18 mois a permis de rétablir les choses. Et je suis d'accord, il y a eu vraiment eu
21:44un avant et un après. Mais clairement, il y a eu un faux départ qui a été aussi une
21:47attente un peu déçue parce que l'AMF était un régulateur très avant-gardiste et très
21:52bien vu et très attractif avant MICA, sous le régime de l'enregistrement PSAN. Et c'est
21:58pour ça qu'il y a eu 120 acteurs en France, ce qui est beaucoup. Et en fait, il y
22:01a eu,
22:01mais pour plein de raisons qui ne sont pas liées aux régulateurs. Il y a aussi des
22:04raisons liées au fait qu'on n'a pas eu de loi de finances, donc ils ne pouvaient pas
22:06embaucher, enfin des choses qui sont totalement externes à l'AMF.
22:09– Raphaël, pour finir ce sujet ?
22:12– Oui, c'est juste effectivement sur le nombre d'acteurs qui ont obtenu la licence
22:18en France. C'est vrai que ça a mis un peu de temps à l'allumage. On a eu du
22:23retard
22:23à l'allumage en France. Mais aujourd'hui, nous, on a lancé un tracker chez De Big Well.
22:29Aujourd'hui, la France, c'est le troisième pays à l'échelle de l'UE. Donc, devant,
22:33il y a Pays-Bas et Allemagne. Mais on est quand même troisième. Je n'ai plus le chiffre
22:37précis en tête, mais on est à une quinzaine, je crois, d'entreprises qui ont obtenu la
22:41licence. Donc, c'est sûr que vu le pool et le vivier qu'on a en France, il y a
22:45aussi
22:45le nombre de demandes. On peut s'attendre à ce que le chiffre augmente significativement.
22:50Mais en tout cas, voilà, on était un peu à la traîne. On a bien rattrapé notre retard.
22:55Maintenant, le sujet, c'est surtout comment faire en sorte que cette réglementation
22:59permette à ces entreprises de grandir.
23:01– Exactement. Et on va suivre ça, évidemment, dans les semaines qui viennent.
23:05Élodie, pour terminer, vous avez annoncé le lancement d'un programme de formation.
23:09Et ça, c'est très intéressant de danser des programmes de formation.
23:12Digital Finance Graduate Programme 2026. C'est quoi, précisément ?
23:16– C'est un programme qui est ouvert aux jeunes diplômés, qui dure 18 mois. On s'est aperçu
23:22assez rapidement que trouver des spécialistes crypto, c'était soit aller chercher des ingénieurs
23:27ou des gens de la tech très spécialisés. Et même avec les meilleures formations qu'on
23:34a en France, où ils ont commencé à introduire le sujet blockchain, on avait quand même un
23:38décalage avec la réalité et l'insertion des collaborateurs au sein de notre établissement.
23:44En plus, on a cette particularité de marier la finance traditionnelle avec la partie
23:50blockchain. Et on a fait le choix de se dire, on va prendre le relais des universités,
23:56des écoles qui ont déjà commencé à développer des programmes et on va aller démontrer,
24:01on va permettre à ces jeunes diplômés de pouvoir expérimenter ce que c'est que l'utilisation
24:06de la blockchain, la crypto au sein du milieu bancaire et financier.
24:10Sur 18 mois, ils ont possibilité de faire, pendant 6 mois, ils expérimentent 3 postes
24:15différents. Un plutôt sur la partie produit, un sur la partie commerciale et un qui va
24:20marier le côté réglementaire. Et donc, ça leur permet à la fin de se positionner.
24:25Donc, on va vraiment mettre les mains dans le camp. Oui, ils vont pouvoir tester, ils vont
24:29pouvoir découvrir ce que ça donne, l'introduction et l'insertion de la blockchain et de tout ce
24:35que ça peut conduire au sein de la banque. Et ça va leur permettre, comme quand on finit
24:41ses études, parfois on ne sait pas ce qu'on veut faire et il suffit de faire un sage et
24:44d'avoir la lumière. Là, c'est la même chose. Pendant 18 mois, on va accueillir des
24:49personnes qui vont découvrir ce que c'est que la blockchain et comment on l'utilise en
24:52finance. Et ça fait combien de... des promotions de combien ? Vous les prenez à combien ?
24:56Alors, au départ, très petite parce que l'objectif, c'est que chaque personne qu'on va
25:00accueillir aura un mentor spécifique qui va l'accompagner sur tout son parcours. Et
25:07donc, on va prendre deux à trois personnes, donc avec un processus très sélectif. L'objectif
25:13étant, au fur et à mesure du développement de l'activité, d'accompagner de plus en plus
25:18de personnes. Et inonder le marché avec des nouveaux talents qui sont vraiment factuellement
25:23et nouvellement formés à ces marchés. Je pense que ça fait partie du rôle des acteurs
25:28de marchés, on le sait, de former la nouvelle génération et de les rendre très opérationnels.
25:34Et nous, on est vraiment partis dans cette optique de se dire, il faut qu'on puisse aussi
25:38accompagner le développement de cette nouvelle compétence. Et quoi de mieux que de les faire
25:45appréhender en leur faisant découvrir différents métiers, au sein même de l'établissement.
25:47C'est bien de les prendre avec plus 5, évidemment, parce que c'est important. Et derrière, ça forme
25:51une nouvelle génération de banquiers 5.0. Je ne sais pas comment on dit 3.0. Mais il faudra
25:57aussi que ces sujets de finances traditionnelles, de finances nouvelles, intègrent les établissements
26:04bien plus tôt, que ce soit au lycée ou déjà en école de commerce. Il faut que ça commence.
26:09C'est encore assez peu fait.
26:11On le voit un peu. Alors nous, on dispense effectivement des cours à l'Université
26:14Paris-Dauphine, par exemple, très centralisé, qui a pris le sujet il y a plusieurs années
26:19maintenant. On le voit de plus en plus, mais ça reste encore assez anecdotique par rapport
26:24au nom d'école qu'on a en France. Exactement. Il faut que ça avance. Merci à tous les
26:28trois d'être venus dans cette émission. William O'Rourke, partner chez Orwell, Raphaël
26:32Bloch, cofondateur et CEO de The Big Whale, Le Média et Elodie Trevio, associée gérante
26:38de la banque de Lubac et compagnie. Merci d'avoir suivi cette émission. Vous nous écrivez
26:41crypto.bfmbusiness.fr. Et je vous laisse entre les mains de BFM Bourse. Très bonne journée.
26:54Sous-titrage Société Radio-Canada
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