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Retrouvez Le 18/19 d'Hedwige Chevrillon en replay.
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00:00FM Business et la Tribune présente
00:02Le 18-19 d'Edwis Chevrillon
00:06Vous êtes bien dans le 18-19, mon invité c'est Jean-Dominique Sonnard, il est président du conseil d'administration de Renault et vice-président de l'Institut Montaigne, c'est important ce soir à préciser.
00:19Bonsoir Jean-Dominique Sonnard.
00:20Bonsoir.
00:20Merci, j'espère que vous mesurez le sens de l'actualité que nous avons ici à BFM Business de vous inviter après le « crack » entre guillemets boursier qu'a connu Ceylantis vendredi.
00:31Si je vous avais demandé de venir là, c'est que vous publiez un rapport très important et en même temps ça demande un tel choc culturel qu'on se demande si vous n'êtes pas en train de rêver à la France de demain sur la responsabilité, l'importance de cette notion-là.
00:48Un plaidoyer pour l'action, c'est-à-dire un rapport que vous faites avec Jean-Louis Bourlan, je vous connais bien ici, président, ex-président de la commission des affaires étrangères pour l'Institut Montaigne.
00:58C'est des mots qu'on n'entend plus tellement, mais du reste vous dénoncez notre irresponsabilité, nous en tant que citoyens, mais aussi les responsabilités de l'État, c'est dire s'il y a beaucoup de choses à faire.
01:10J'ai d'abord envie de vous poser une question, puisque vous êtes un grand chef d'entreprise. La responsabilité des patrons, c'est quoi des chefs d'entreprise aujourd'hui, lorsque vous voyez la situation de la France, du budget ? C'est quoi votre responsabilité ?
01:21Il faudra qu'on parle du rapport, mais la responsabilité de, je dirais, tenir la barre, dire ce que l'on a à dire, et puis tout faire pour en effet contribuer à un climat de responsabilisation dans le pays.
01:34Parce que finalement, ce rapport tout de même, pourquoi ? On ne rêve pas. Je pense que si on le lit attentivement, on s'apercevra qu'il y a des choses extraordinairement pragmatiques dans ce rapport.
01:43Oui, ce que j'ai fait.
01:44Mais la clé de l'affaire, c'est de bien comprendre que c'est pour nous, pour Jean-Louis Bourlange, l'Institut Montaigne et moi-même en particulier, une absolue nécessité de renverser la table, si je puis me permettre, dans les questions de managériale globale dans le pays.
01:57Vous savez, il y a deux ans ou trois ans, j'ai rendu au gouvernement avec Sophie Thierry un rapport sur l'assiste du travail.
02:03À l'époque, il est passé un peu inaperçu. La conclusion absolument claire et nette était que le pays ressentait une forme de déficit d'écoute, de respect et de reconnaissance.
02:16Et ça sortait par tous les pores de la peau. Tout le monde social qui a contribué à ce rapport le disait, il fallait absolument l'entendre.
02:23C'est très important, parce que la reconnaissance, cette espèce de sentiment qui devra absolument contrer l'idée d'une forme de dégradation, de déclin, une forme d'inquiétude sourde que nos contemporains, nos compatriotes ressentent, il faut absolument arriver à le corriger.
02:40Et la reconnaissance passe par la question de la responsabilisation, c'est trop important.
02:44Pardonnez-moi, mais c'est exactement pour ça que j'ai commencé en vous disant un peu, en vous interpellant, en disant la responsabilité des patrons, parce qu'il y a un Français un peu plus d'un Français sur deux.
02:53qui travaillent dans le privé, dans des entreprises comme Renault ou d'autres, et que donc il y a une vraie responsabilité des dirigeants d'entreprise.
03:02Absolument, mais elle est plus large. Les dirigeants d'entreprise ne sont pas seuls au monde.
03:06Et cette question qui est concentrée dans le rapport montre bien que le sujet ne porte pas uniquement pour l'entreprise du secteur privé,
03:12mais porte aussi sur la fonction publique, sur l'organisation de l'État, parce que c'est un phénomène global.
03:16Et on va y venir si vous le voulez bien. Quant au patron, je sais, par expérience, j'ai eu cette chance de vivre cette expérience lourde quand je dirigeais Michelin,
03:25c'est de transformer l'entreprise en entreprise non seulement responsabilisée, parce qu'elle était naturellement, je dirais, soumise au regard des parties prenantes,
03:33et on l'a exprimé avec Nicole Nota dans le fameux rapport qui portait son nom comme le mien en 2018, ça ne remonte pas à hier.
03:41Et rien n'a changé depuis.
03:42Les choses ont progressé. S'il y a une prise de conscience, notamment dans les entreprises, le fait qu'au fond, il fallait savoir donner du sens au travail,
03:50que le sens collectif était important, la raison d'être, les entreprises à mission. Rappelez-vous tout ça.
03:54Mais c'est important, parce que c'était le point de départ, au fond, de cette espèce de sentiment que nous devions être responsabilisants.
04:03Responsabiliser, oui, vis-à-vis du monde extérieur, vis-à-vis des parties prenantes, et responsabiliser vis-à-vis des salariés de l'entreprise,
04:10c'est-à-dire tous les collaborateurs. Et ça, c'est un élément essentiel parce que c'est un changement culturel.
04:15Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que l'on passe d'un système hiérarchique, qui a été un peu la culture française pendant des générations,
04:22à un système beaucoup plus horizontal, qui consiste à dire que chacun a droit à une autonomie,
04:28mais que cette autonomie est responsabilisée, c'est-à-dire qu'elle est capable de rendre des comptes.
04:32C'est simple à dire, c'est long à faire, c'est culturel, oui, mais ça vaut la peine.
04:36Parce que quand ça réussit, ça change complètement la donne. Et c'est pour ça qu'en arrivant à rédiger ce rapport sur l'assiste du travail,
04:43Sophie Thierry, on a eu cette conclusion qui est revenue de toute la France.
04:46C'est-à-dire qu'il faut absolument changer, absolument bouger, et donner plus de respect, plus d'économie.
04:51Oui, mais en quoi vous, quand je dis vous, c'est un vous collectif, pardonnez-moi Jean-Dominique Sénard,
04:55mais en quoi vous avez changé des choses depuis ?
04:59Mais écoutez, nous n'avons cessé de prendre la parole. On a fait notre travail, je crois, pour beaucoup de chefs d'entreprise,
05:06dans leur entreprise. Je peux parler de mon expérience, mais je peux parler d'expérience d'autres entreprises que je connais,
05:11qui ont fait un énorme travail. Toutes celles qui ont pris ça à cœur, finalement, s'en trouvent beaucoup mieux.
05:16Et leurs salariés, beaucoup mieux. Cette espèce de respect, de reconnaissance, de responsabilisation, d'autonomie accordée,
05:22a changé la donne dans toutes les entreprises qui s'y sont.
05:24C'est pour ça que je pense qu'aujourd'hui, il faut prendre le sujet beaucoup plus large et comprendre que ça concerne pas seulement le secteur privé,
05:31mais que ça concerne beaucoup le secteur public, et en particulier l'organisation du territoire.
05:34Voyez-vous, l'histoire de ce rapport, c'est de dire qu'il y a des leviers pour arriver à responsabiliser le pays.
05:41Cette espèce de sentiment que les leviers essentiels qui tournent autour de la subsidiarité, c'est un mot qu'on a beaucoup utilisé,
05:49mais on l'a souvent mis en œuvre.
05:54C'est un truc essentiel, parce que ça permet d'ailleurs de se décliner dans différentes strates et secteurs de l'économie.
06:00Il y a la question de la transparence, qui est absolument indispensable.
06:03La transparence sur les coûts, la transparence sur la connaissance du coût réel des services publics.
06:09Cette question-là, on le fait dans l'entreprise.
06:12On fait des rapports annuels, on dit beaucoup de choses sur les entreprises.
06:14Tout est transparent.
06:16Ce n'est pas forcément le cas partout.
06:17Mais écoutez, et ça, je vais vous dire une chose, c'est une condition essentielle pour commencer à responsabiliser les personnes,
06:23les collectifs et notamment les organisations de l'État.
06:26Et puis enfin, il y a le dernier point, c'est le dernier levier, qui va vous paraître une évidence,
06:30mais c'est celui de la reddition des comptes, comme on dit, qui n'a rien à voir avec une capitulation.
06:34C'est simplement d'être responsable de l'autonomie qu'on vous a accordée.
06:37Nous, acteurs français, consommateurs, chacun d'entre nous.
06:42Chacun d'entre nous, à titre individuel, mais en termes collectifs et bien entendu au sens beaucoup plus général.
06:48C'est courageux de faire ça.
06:49Ce n'est pas facile.
06:50La reddition des comptes, ça veut dire accepter cette autonomie,
06:53agir selon un cadre qui vous est fixé et rendre compte d'être capable de dire qu'on assure.
06:57C'est sur ce point-là qu'il y a eu le plus de critiques.
07:01Parce que vous dites, par exemple, sur les transports, il faut qu'on sache combien coûte vraiment...
07:06Alors là, on est dans le domaine de la transparence, si vous voulez.
07:08Oui, enfin, entre transparence et aussi reddition.
07:11Oui, mais c'est une manière de...
07:13Ou sur les coûts réels de santé.
07:16Par exemple.
07:17Oui.
07:17Mais certains disaient qu'on n'osera plus se faire soigner.
07:20Non, ce n'est pas le sujet.
07:21Vous comprenez bien que ce rapport n'est pas du tout une contrainte.
07:25On ne recherche pas une contrainte.
07:27On cherche simplement à ce que déjà, on sache de quoi on parle.
07:31On le dit d'ailleurs au niveau même du budget de l'État.
07:34Il serait très important, on leur demande, que tous les ans, les contribuables français
07:39reçoivent un document très simple expliquant par quelle catégorie de contribuables
07:44les recettes du budget sont effectuées et quelle est la destination de ces fonds,
07:47en particulier par fonction.
07:49Est-ce que ça touche l'armement ?
07:51Est-ce que ça touche le social ?
07:53Est-ce que ça touche l'économique ?
07:55Et puis, au fond, qui en est le bénéficiaire ?
07:57Quelles sont les strates dans le pays qui bénéficient de ce budget ?
08:01Est-ce que c'est l'État ? Est-ce que c'est les collectivités locales ?
08:03Et ceci, de façon simple, en expliquant ce qui s'est passé d'une année sur l'autre
08:07et pourquoi ça s'est passé.
08:08Rien que ça, déjà, au niveau de l'État, ça serait une très belle mesure.
08:12On va prendre des exemples concrets.
08:14Pardonnez-moi, c'est que comme vous êtes non pas un homme politique,
08:16mais un chef d'entreprise, donc je prends, et qu'on est sur BFM Business,
08:20je prends cet exemple-là, sur la transparence, la transparence des aides aux entreprises.
08:24Est-ce que vous pensez que l'exercice qui a été fait, ça a été très controversé au niveau des sénateurs,
08:31il y a eu aussi les auditions devant toujours le Sénat.
08:37J'ai participé à ces auditions, d'ailleurs.
08:38Vous avez participé, bien sûr.
08:40Est-ce que pour vous, c'est des exercices, je dirais que c'était important qu'ils soient faits,
08:44parce que ça va complètement, je dirais, un peu dans votre plaidoyer pour l'action,
08:47parce que c'est comme ça que, tout d'un coup, on découvre, on ne sait même plus quelles sont les aides apportées,
08:53même Bercy n'a plus la moindre idée de savoir à quoi ça sert.
08:56Est-ce que vous dites qu'il faut faire une croix là-dessus ?
08:58Vous pouvez généraliser le propos, personne ne voit vraiment clairement de quoi on parle,
09:02et du coup, une transparence nécessaire, une vraie comptabilité analytique,
09:06tout ça me paraît totalement évident, on le fait dans l'entreprise,
09:09on ne le ferait pas ailleurs.
09:10Et je crois que sur ce point particulier, je n'ai aucun problème par rapport à la transparence que nous avons vécue,
09:15d'ailleurs, l'entretien s'est trop bien passé avec le Sénat,
09:17sur le montant des aides que vous avez reçues.
09:20Oui, surtout, ça relativise le problème, parce que parfois, je dirais,
09:23on fait un peu du fantasme par rapport à ce sujet-là,
09:26quand on compare avec le monde extérieur, les autres pays, etc., finalement, vous savez,
09:30et je pense que ça avait cette vertu de ramener les choses à leurs proportions qui vont bien.
09:34Mais en tous les cas, je n'ai aucun problème avec la question de la transparence.
09:36Jean-Dominique Sénard, juste, est-ce que vous auriez pu dire, prononcer les mêmes mots
09:40que ce qu'a prononcé Bernard Arnault lorsqu'il dit la France n'aime pas l'entreprise ?
09:45Ce n'est pas moi qui l'ai dit, je ne dirais pas comme ça.
09:48Je pense qu'au fond, les Français aiment beaucoup leur entreprise.
09:51Au contraire.
09:52D'ailleurs, on observe que...
09:53Oui, mais la France, les politiques...
09:55Oui, mais écoutez, ils sont aussi des personnes qui ont des voisins,
09:59qui ont des enfants, qui ont des gens qui travaillent dans l'économie.
10:02Donc, je pense qu'à la fin, les gens individuellement aiment beaucoup leur entreprise.
10:05C'est ce qui ressort de tous les sondages que l'on peut faire de l'opinion.
10:08Mais collectivement, c'est ça la question.
10:10Après, vous avez la question de savoir, de prendre vraiment en compte le rôle de l'entreprise,
10:18savoir que sans les entreprises, pas grand-chose ne veut se faire,
10:21que c'est finalement les entreprises qui vont régler le problème à la fois de l'alimentation mondiale,
10:25de la technologie, de tous les progrès que l'on peut imaginer,
10:28et que sans l'entreprise, je le redis, il ne se passe pas grand-chose.
10:31Ce qu'il faut, c'est tout faire pour les aider, pour aider cette entreprise.
10:34Mais est-ce que vous avez été en colère ?
10:36Est-ce que vous avez été en colère, quand vous avez vu ce budget 2026 ?
10:38C'est de la colère partagée par de nombreux chefs d'entreprise,
10:41il y a des tribunes tout le temps, on dirait qu'on ne voit pas forcément votre nom,
10:45mais est-ce que votre mode de communication est différent,
10:48ou que justement, vous ne partagez pas cette colère,
10:50vous trouvez qu'elle n'est pas d'à-propos, la colère patronale ?
10:53On l'entend, et il faut comprendre d'où ça vient.
10:56À partir du moment où, si vous voulez, nous vivons dans un pays,
11:00dont on fait le diagnostic depuis des années,
11:04sur le fait qu'il manque de compétitivité,
11:06et qu'en particulier, une des raisons pour lesquelles il manque de compétitivité,
11:08c'est que l'État s'endette de façon massive,
11:11et donc les déficits budgétaires sont un poids lourd
11:14par rapport à la désindustrialisation du pays,
11:16à partir du moment où on vit dans un pays où, finalement,
11:19le diagnostic sur la charge fiscale et sociale des entreprises
11:24est fait depuis longtemps, mais qu'il ne se passe rien,
11:26un budget s'est fait pour corriger les choses,
11:28ce budget ne corrige rien.
11:30Et je dirais qu'à la limite, le défaut de ce budget,
11:32c'est qu'il prolonge une situation d'incertitude,
11:35dont les entreprises ont évidemment horreur,
11:37puisqu'il faut qu'elles travaillent à long terme,
11:39et que donc une forme d'incertitude fiscale,
11:41une incertitude sur ce que sera l'avenir de la charge salariale,
11:45c'est fondamental.
11:47On ne sait pas.
11:48Et ce budget n'a pas donné d'orientation,
11:51si je veux prendre simplement pour faire large...
11:53Est-ce qu'il a trahi les entreprises ?
11:55Les grandes entreprises ?
11:56Si je prends pour faire large l'abandon de la réforme des retraites
11:59qui avait été votée presque deux ans avant,
12:01pour moi, si vous voulez, c'est envoyer un message redoutable
12:04sur la compétitivité du pays à terme.
12:07Nous avons besoin absolument de changer,
12:09et ce budget ne nous l'a pas apporté, au contraire.
12:12Donc, on a, on le sait bien en France,
12:15un déficit de compétitivité.
12:18Ce déficit de compétitivité...
12:19Est-ce que vous estimez que vous avez été trahi, Jean-Dominique Sénard ?
12:22C'est une trahison, puisque de toute façon,
12:23il n'y avait pas de promesse.
12:25Si, la promesse, notamment la taxation sur les grandes entreprises,
12:27elle ne devait durer qu'un an.
12:29Je sais.
12:30Alors, il y a ça, et puis effectivement,
12:32le fait qu'il a été prévu de diminuer assez significativement
12:35les impôts de production, ça n'a pas été fait.
12:37On pourrait multiplier les exemples, je ne veux pas polliniquer ici.
12:40Ce que je veux dire, c'est qu'il est temps de prendre le tour par les cornes
12:42et de vraiment se mettre dans une perspective de long terme,
12:45et surtout de forme de stabilité.
12:47Parce qu'il n'y a rien de pire pour les entreprises
12:49que de vivre dans cet ensemble-là.
12:51Vous comprenez bien que faire des plans à trois ans aujourd'hui
12:53pour les entreprises, en France,
12:55ce n'est tout de même pas facile.
12:56Oui, c'est même très compliqué.
12:58En tous les cas, c'est les témoignages qu'on a ici.
13:01Ce rapport, en plus, il y a trois leviers,
13:03vous avez des recommandations, comme vous dites,
13:05qui sont assez précises.
13:07Est-ce que c'est un programme politique, Jean-Dominique Sénard ?
13:10On a parlé de vous à Bercy,
13:12on a parlé de vos affaires étrangères, à Matignon.
13:15Est-ce que c'est un programme politique ou quoi ?
13:18Je crois qu'il faut raison garder.
13:20Je suis chef d'entreprise, je suis là pour, je dirais,
13:22présider Renault et de faire en sorte
13:24que l'avenir de Renault soit dans un contexte favorable.
13:26Je ne suis pas autre chose que ça.
13:27Si ça peut participer, par contre, au débat politique,
13:30alors là, j'en serais ravi.
13:31Parce que c'est bien ça le sujet.
13:33Ce rapport vient alimenter un débat.
13:36Vous avez évoqué la question des leviers.
13:38Il y en a qui sont très pragmatiques, à court terme.
13:41On ne rêve pas du tout.
13:42Quand on parle, par exemple, de rétablir correctement
13:46les missions des différentes strates de l'organisation de l'État,
13:50en fixant à chaque niveau, que ce soit l'État,
13:53les régions, les départements, les métropoles, etc.,
13:57la mission exacte qu'elles ont,
13:58quand on dit qu'il faut transférer à ces entités-là
14:01la capacité fiscale de réaliser la tâche précise
14:04qu'on leur a offerte,
14:05au fond, on dit que c'est quelque chose
14:07qui est parfaitement possible.
14:10Ce n'est pas la grande philosophie.
14:12C'est très concret et c'est nécessaire.
14:14On prétend, en particulier,
14:16qu'il est temps de revenir sur cette espèce de confusion des gens
14:18dans laquelle l'organisation de l'État et des territoires
14:21fait que plus personne ne sait aujourd'hui
14:23qui est responsable de quoi.
14:25Et je sais que certains élus me diront
14:26que j'exagère peut-être,
14:27sauf que la majorité m'ont tout...
14:29Non, ça, c'est d'accord avec vous.
14:30...des années qu'il fallait changer.
14:31Regardez tout ce qui s'est passé au moment où on disait
14:33qu'il fallait supprimer des agences,
14:35et c'est de bronca général en disant...
14:37La question des agences, c'est justement très bien.
14:39Ce rapport est très pragmatique.
14:40Il n'est pas en train de dire qu'il faut tout rayer de la carte.
14:42Il est dit la chose suivante.
14:44Sur les agences, qui sont innombrables en France,
14:47il y a, en fait, sur les opérateurs,
14:48pour être très petit, il y a 430 opérateurs,
14:50il y a 24, je crois, autres autorités,
14:53je dirais, indépendantes.
14:57Tout cet ensemble-là doit être mis sous le radar,
15:00c'est-à-dire qu'il faut absolument éviter
15:03que la dérive à laquelle on a assisté en général,
15:05qui consiste à donner l'autonomie à ces organismes,
15:08se transforme en autogestion.
15:10Le passage de l'autonomie à l'autogestion
15:12est en fait ce qui crée problème,
15:14parce que du coup, plus personne ne sait qui est responsable.
15:16Donc il faut limiter leur capacité dans le temps.
15:20Il faut que le Parlement puisse, tous les 3 ans,
15:22vérifier que...
15:23Et il faut une règle d'or.
15:24J'entends ça quasiment depuis que je suis journaliste.
15:26C'est-à-dire si ça ne date pas d'hier.
15:28Oui, je sais.
15:28Mais qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ?
15:29Vous me demandez ce qu'un chef d'entreprise
15:31doit dire dans ce débat, il le dit.
15:34Parce que finalement, dans nos entreprises,
15:35si on ne le faisait pas, je ne sais même pas...
15:37Vous l'avez remis à Emmanuel Macron, votre rapport ?
15:39Sûrement, bien sûr.
15:40Il est parti hier.
15:42Vous n'avez pas eu de commentaire ?
15:43Pas encore.
15:44Il a autre chose à faire que simplement de faire ça.
15:47Mais ce que je veux dire,
15:47c'est important, vous voyez, cette question.
15:49C'est qu'il y a des choses très pragmatiques.
15:51Quand on parlait de transparence,
15:52je vous évoquais la question de tout simplement
15:54de dire aux personnes quel est le coût de la santé,
15:57quel est le coût de l'acte de la santé
15:58dont il ou d'elle bénéficie.
16:00C'est une information importante.
16:02Le coût du transport.
16:03Le transport gratuit, c'est quelque chose
16:05de tellement incroyable.
16:06Mais enfin, comment peut-on avoir un système
16:09où tout le monde a le sentiment
16:10que finalement, ça ne coûte rien ?
16:11Oui, c'est le problème.
16:12C'est qu'on pense qu'on a l'impression
16:13que ça ne coûte rien.
16:14Voilà, la responsabilisation, ça passe par là.
16:16C'est pour ça que je disais moi,
16:16en introduction, c'est un choc culturel en fait.
16:19Jean-Dominique Sénard, on va parler de transparence.
16:21On va quand même parler
16:22puisque vous êtes aussi président de Renault.
16:24On va passer de ce qui s'est passé vendredi
16:27avec toujours un perspective
16:29parce que bien sûr, il y avait PSA,
16:30maintenant c'était Lantis
16:31et puis il y a Renault.
16:33Est-ce que vous avez deux rendez-vous importants ?
16:35Vous avez publié vos résultats le 19 février
16:38et puis surtout, le 10 mars,
16:40on va prendre un plan stratégique.
16:41On ne va pas entrer dans le détail, évidemment.
16:43Mais enfin, est-ce que, un, vous avez été surpris
16:45par l'annonce de Stellantis ?
16:4822 milliards, je crois que c'est un choc
16:49comme jamais on a vu, enfin quasiment jamais.
16:52Est-ce qu'il faut s'attendre ?
16:54Alors évidemment, pas dans la même ampleur
16:56parce que vous avez déjà fait
16:57ce qu'on appelle des write-off.
16:58Est-ce qu'il faut s'attendre aussi
17:00à quelque chose de similaire
17:01à cause de l'électrique chez Renault ?
17:04Première question, est-ce que vous avez été surpris
17:06par l'ampleur ?
17:08Les montants sont importants, c'est évident,
17:10c'est clair, l'entreprise Stellantis est très grande,
17:13elle est immense, elle est internationale, etc.
17:14Donc forcément, les chiffres se retrouvent augmentés
17:17de la taille de l'entreprise.
17:19Après, de ce point de vue-là,
17:20c'est la responsabilité de la gouvernance de Stellantis.
17:23De qui ?
17:23C'est la responsabilité de qui ?
17:24La gouvernance au sens global, bien entendu.
17:27Tout ceci est complètement...
17:28Je ne peux pas imaginer autre chose validée
17:30par le conseil de l'entreprise
17:31qui a sa responsabilité à prendre.
17:33Et donc, je ne vais certainement pas commenter ça
17:35parce que je sais que les choses ne sont rien et simples,
17:38que Renault est passé par ce genre d'aventure.
17:40Quand j'ai eu la charge de Renault en 2019 et 2020,
17:44je sais ce que c'est que d'avoir remis les compteurs
17:46là où il fallait parce que c'était absolument nécessaire.
17:49Donc, c'est des moments difficiles.
17:51J'imagine que c'est nécessaire,
17:52sinon Stellantis ne l'aura pas fait.
17:54Pour moi, j'ai le recul suffisant de peu d'expérience
17:57pour savoir que les choses arrivent comme ça
18:00et que dans l'automail, parfois, c'est assez violent.
18:02Est-ce que vous préparez les esprits
18:06à ce qu'il se passe quelque chose,
18:09sans doute pas évidemment de la même ampleur,
18:10parce qu'il y a des questions de taille
18:11et puis vous avez déjà, comme vous l'avez dit,
18:13vous avez déjà fait ça précédemment.
18:16Est-ce qu'il peut se passer quelque chose,
18:19un reset du côté de Renault ?
18:20Encore une fois, je ne peux pas parler des résultats qu'il y a là.
18:24Ce n'est pas les résultats, c'est autre chose.
18:25Non, mais s'il y avait un reset, vous le verriez tout de suite.
18:27Donc la question, encore une fois, je ne peux pas en parler là.
18:29Mais Renault est entre de bonnes mains.
18:31Renault est bien gérée.
18:33Renault fonctionne.
18:35Et je ne vous cache pas que mon bonheur,
18:36après presque 7 ans de présence à la tête de cette entreprise,
18:39c'est d'avoir vu ce changement, cette évolution extraordinaire.
18:41Nous avons une gouvernance.
18:43Enfin, franchement...
18:43Qui a été un peu secouée récemment avec les deux parts de l'Ocadémio,
18:46qui lui présente demain ses résultats.
18:48Mais elle a démontré sa force.
18:48Elle a démontré sa force et nous l'avons justement,
18:52grâce à cette gouvernance, je crois, gérée très sereinement.
18:55Pas de mauvaise surprise.
18:56Mais écoutez, encore une fois,
18:58Renault est parfaitement bien gérée aujourd'hui.
19:00Et je vous assure que notre directeur général actuel
19:03fait exactement ce qui va dans le bon sens.
19:05Il n'y a aucun sujet.
19:06Donc voilà.
19:07Donc, pas de soucis.
19:09Oui.
19:10Est-ce que, pour vous, là,
19:10si on parle toujours en termes de responsabilité,
19:12la responsabilité de tout ça,
19:14est-ce que quand même,
19:15vous le mettez sur le dos de la Commission européenne
19:18qui a fait ce...
19:18Je me souviens de l'interview que vous m'avez donnée en son temps,
19:22ou encore de Carlos Tavares,
19:24qui disait, mais attendez,
19:25la décision d'arrêter le tout électrique,
19:29c'est une décision un peu humesque.
19:30Est-ce que, pour vous,
19:31ce qui se passe aujourd'hui,
19:33parce que c'est le cas pour Volkswagen,
19:35enfin, beaucoup de grands constructeurs européens,
19:37la responsabilité,
19:38elle est totale du côté de l'Europe ?
19:40Le temps a passé.
19:42On a dit ce qu'on devait à dire
19:43au moment où des dispositions étaient prises.
19:46Depuis, on est un peu plus entendus,
19:48l'industrie automobile.
19:49Vous le sentez bien,
19:50la Commission européenne a beaucoup travaillé
19:52avec l'industrie européenne d'automobile,
19:53parce qu'en fait, les enjeux sont colossaux.
19:55Je vous rappelle, 13 millions de salariés,
19:56des recherches colossales, des recettes...
19:58Ah oui, mais vous voyez dans quel état
19:59se trouve l'industrie européenne, aujourd'hui ?
20:00Mais, ma chère,
20:02parce que, justement,
20:03nous sommes maintenant devant des échéances très importantes,
20:06avec un contexte géopolitique absolument nouveau,
20:08une concurrence exacerbée,
20:11en particulier venant de la Chine,
20:12et que, donc, bien entendu,
20:13des discussions que nous avons avec la Commission aujourd'hui,
20:15on en attend beaucoup.
20:17Au fond, si vous voulez,
20:19les choses vont dans le bon sens.
20:20Ce qui avait été annoncé
20:21convenait à Renault,
20:23dans la mesure où on faisait très attention,
20:26en particulier aux petits véhicules électriques en Europe,
20:29et pour nous, c'est une dimension majeure
20:30pour Renault, mais aussi pour l'Europe.
20:33On a aussi apporté la question de la flexibilité
20:35sur les contraintes CO2,
20:36mais on n'a pas été jusqu'au bout du problème,
20:39donc, pour nous, c'est insuffisant,
20:41et donc, peut-être que nos discussions doivent continuer,
20:43parce que, je pense que nous n'avons pas été jusqu'au bout,
20:45et si je donne juste un exemple,
20:47personne n'a voulu toucher à la flexibilité CO2
20:49sur les camionnettes en Europe.
20:51Écoutez, ce sujet-là...
20:52Oui, c'est ça, c'est un sujet très important,
20:53c'est les véhicules utilitaires.
20:54Il est à court terme, les véhicules utilitaires.
20:57Chez nous, c'est Master,
20:58c'est...
20:59Vous l'avez bien,
21:00le Kangoo, enfin,
21:02le trafic.
21:03Si, en Europe,
21:05on ne traite pas cette question-là rapidement,
21:08je sais que
21:08la difficulté va se répandre
21:11à travers tout le continent,
21:12et qu'il faut se préparer à des moments compliqués.
21:14Donc, il faut absolument bouger dans le domaine.
21:15Quand la réponse ?
21:16Parce que je crois que du côté...
21:17Et pour vous, ça serait une amende ?
21:18Est-ce que vous avez déjà évalué, à peu près,
21:21au jour d'aujourd'hui,
21:22l'amende possible pour Renault ?
21:24Écoutez, elle était au départ,
21:25rappelez-vous,
21:26d'entre 15 et 17 milliards
21:27pour l'ensemble de la distribution automobile.
21:29Et nous, à l'époque,
21:30quand les choses sont nées,
21:32ça tournait autour du milliard.
21:33Mais...
21:34Et sur les véhicules utilitaires.
21:35Les choses se corrigent,
21:35et sur les véhicules utilitaires,
21:36c'est moins que ça, bien entendu.
21:38Oui, 500 millions du côté de Stellantis,
21:40pour vous ?
21:40Ils sont plus importants que nous, voilà.
21:43Mais c'est quand même très important.
21:45Et ce que je veux dire,
21:45c'est que là, typiquement,
21:48pourquoi est-ce que des discussions
21:49n'ont pas été prises ?
21:50Pourquoi est-ce que nous sommes
21:50le seul continent
21:51où nous avons encore
21:53une écologie punitive sur ce sujet-là ?
21:55Alors même que notre industrie
21:56demande à être, je dirais, soutenue,
21:58il y a quand même un sujet de fond.
22:00Donc, en plus, je vous rappelle
22:01qu'aucun dispositif, je dirais,
22:04de vote n'a encore été enclenché.
22:07Donc, ce qu'on a annoncé il y a quelque temps
22:09qui faisait le résultat de mois de discussion
22:11n'est toujours pas voté.
22:13Donc, j'espère vraiment
22:14que les autorités européennes
22:15vont se prendre les choses en main,
22:17élargir les dispositions
22:18qu'ils ont prises.
22:19Il y va de l'enjeu de l'avenir
22:20de l'industrie européenne
22:22de l'automobile.
22:22Est-ce qu'il y a un coup de frein
22:23au vu de tout ce qui vient de se passer là ?
22:26Est-ce qu'il y a, du côté de Renault,
22:27de votre côté,
22:28Jean-Dumé Xenard,
22:29puisque c'est vous qui est le dirigé,
22:30est-ce qu'il y a un coup de frein
22:31sur l'électrique ?
22:31Un coup de frein supplémentaire
22:32donné à l'électrique ?
22:33Parce que le rendez-vous,
22:34pas forcément là,
22:35du côté des consommateurs,
22:36même si on voit des améliorations.
22:38Non, non, de fait,
22:38mais on a pris un pari
22:39et vous savez qu'on a pris le pari
22:42en partie de la France.
22:44Donc, concentrer sur la France
22:45l'ensemble de notre technologie,
22:47la valeur ajoutée électrique
22:49sur nos usines françaises,
22:50je le souligne
22:51parce que c'est tout de même
22:52pas évident de faire ce pari.
22:54On l'a fait et on le tient.
22:55Maintenant, il faut nous aider.
22:57On ne peut pas être seul.
22:58Il se trouve que les véhicules électriques
22:59de Renault se produisent bien,
23:01se vendent bien.
23:02Vous savez que la R5,
23:04aujourd'hui,
23:04connaît un beau succès.
23:05Ce n'est pas la seule.
23:07Et nous croyons à l'électrique.
23:08Il faut être clair.
23:09Oui, mais en même temps,
23:10il y a eu, pardonnez-moi,
23:11mais il y a eu,
23:11je m'en souviens,
23:12ici, vous avez défendu
23:13la création de votre filiale électrique
23:14dite Ampère.
23:15Oui, bien sûr.
23:16Maintenant, elle n'est pas,
23:17elle a disparu.
23:18Non, non, non.
23:19Elle avait été construite à l'époque
23:20dans une perspective
23:21de mise en bourse.
23:21Ce sujet est dépassé.
23:23Donc, nous faisons
23:24une simplification de l'organisation.
23:26Avec une finalisation.
23:26Ampère subsiste.
23:28Subsiste.
23:28Parce que c'est très important
23:29de pouvoir concentrer
23:31l'attention de nos équipes
23:32sur le sujet électrique
23:33avec toute la technologie, etc.
23:34Donc, c'est en soi
23:35très intelligent de le faire.
23:37En revanche,
23:37en termes d'organisation,
23:38on le simplifie considérablement
23:39afin d'éviter
23:40des complexités internes
23:42qui sont génératrices
23:43de coûts en général.
23:44Donc, de ce point de vue-là,
23:45il n'y a pas de changement
23:46sur l'idée,
23:47il y a simplement dans l'organisation.
23:47Donc, il n'y a pas de changement
23:48dans l'accélération,
23:50au contraire,
23:50coup de frein sur l'électrique
23:51chez Renault.
23:52Non, parce que Renault continue,
23:53il croit.
23:54Mais, encore une fois,
23:56il faut qu'on nous aide.
23:57Parce qu'aujourd'hui,
23:58l'excès de normes européennes,
24:01parce qu'on pourrait en parler
24:01de cette question-là,
24:03l'excès de normes,
24:03la compétitivité
24:04qui reste encore un déficit
24:06pour nous en France
24:07par rapport au reste
24:07des autres pays.
24:08On en a parlé tout à l'heure,
24:09mais j'y reviens,
24:10c'est trop important.
24:11Ça, nous pouvons pas
24:12tout résoudre nous-mêmes.
24:13On peut faire notre travail
24:14sur les coûts,
24:15on peut aller copier
24:16ce qui va bien en Chine
24:17et essayer de le rapatrier en France
24:18pour faire des choses intelligentes,
24:19etc.
24:20Et on le fait.
24:21Mais, la compétitivité
24:22de notre industrie en France
24:23est encore en jeu.
24:25Je l'ai déjà dit tout à l'heure,
24:28sociale est fondée essentiellement
24:30sur le coût du travail.
24:31Il va falloir que ça change.
24:32Il va falloir prendre
24:33un peu de courage,
24:34expliquer qu'aujourd'hui,
24:35il ne faut pas favoriser
24:36la consommation
24:37par rapport à la production.
24:38Mais donc, ça veut dire quoi ?
24:40Si je vous écoute,
24:41il y aura des plans de départ
24:42éventuellement chez Renault ?
24:44Non, il n'y a pas
24:44de plan de départ aujourd'hui.
24:45Bref, je vous garantis que non.
24:46Et la question n'est pas là.
24:48La question, c'est d'arriver
24:49à réduire les coûts
24:50au niveau de la conception
24:51des véhicules,
24:52du nombre de pièces,
24:53des plateformes, etc.
24:55Donc, c'est technologique,
24:56c'est précis.
24:56Et puis, évidemment,
24:57l'entrée de l'intelligence
24:58artificielle dans nos usines
24:59avec tout un tas d'éléments
25:01qui permettent
25:01d'améliorer la productivité.
25:03Mais sur le fond, pardonnez-moi,
25:04il reste quand même
25:05la question
25:06de la compétitivité globale
25:07de l'économie française
25:08à travers son industrie.
25:09Cette désindustrialisation
25:11n'est pas encore résolue
25:13et on sait à peu près pourquoi.
25:14Je le redis,
25:15il va falloir être courageux
25:17et à un moment donné,
25:18comprendre qu'il faut arrêter
25:19de faire porter le poids
25:20du système social français
25:21sur la production.
25:23Il faut redonner
25:23du pouvoir d'achat
25:24aux salariés
25:25en réduisant
25:26leurs charges sociales.
25:27Il faut redonner
25:28de l'attractivité.
25:28Pour une TVA sociale ?
25:29Je viens,
25:30redonner de l'attractivité
25:32en même temps
25:33aux entreprises françaises
25:34vues de l'extérieur
25:35en réduisant
25:36les charges sociales patronales.
25:37Vous n'imaginez pas
25:38l'écart qu'il y a aujourd'hui
25:40entre la France,
25:41l'Espagne,
25:41l'Allemagne,
25:42je ne vous parle pas de la Corée.
25:43On ne va pas rentrer
25:43dans les chiffres,
25:44c'est juste incroyable.
25:45Mais tout le monde le sait,
25:46il faut arrêter ça.
25:47Quant à la question
25:48de la TVA sociale,
25:49plus on me posait des questions,
25:50si vous prenez
25:51que c'est le seul moyen
25:52pour, j'allais dire,
25:54compenser,
25:55vous n'y êtes pas,
25:56c'est possible.
25:56Il faut savoir
25:57qu'en Europe,
25:58la TVA
25:58est singulièrement
26:00différente en France
26:01que dans le reste de l'Europe
26:02puisque nous sommes
26:03plutôt en dessous
26:04de la barre européenne,
26:05ce qui est quand même
26:05un comble.
26:07C'est bien le seul endroit
26:08où en question fiscalité,
26:09on est en dessous.
26:09Je pense sincèrement,
26:10et je ne suis pas au gouvernement,
26:12mais que le vrai sujet,
26:13c'est la réduction
26:14des coûts de l'État
26:15et que l'on arrivera
26:16à compenser cet effet-là
26:17par une réduction
26:18très significative
26:19dans la durée
26:20de la charge
26:21de l'État
26:22et de son fonctionnement.
26:23Encore deux questions,
26:25Jean-Domé,
26:25sur votre partenariat
26:26très important
26:27et qui prend beaucoup
26:28d'ampleur
26:28avec le chinois
26:29Jili
26:30qui a l'air de fonctionner,
26:31vous parlez de la Corée,
26:33voire au Brésil aussi,
26:34où le partenariat
26:35est encore se développé
26:36avec une nouvelle plateforme.
26:37Jusqu'où ça peut aller ?
26:38Est-ce que ça peut aller
26:39jusqu'à la France ?
26:42Écoutez,
26:42aujourd'hui,
26:43il n'y en a pas question.
26:43En France,
26:44nous avons notre technologie
26:45et on tient à ce qu'on la développe
26:46pour faire en sorte
26:47d'être vraiment indépendant.
26:49Il n'y a,
26:49de ce point de vue-là,
26:50aucune raison
26:51que nous nous...
26:51Si ce n'est qu'ils sont
26:52très en avance,
26:53qu'ils sont en termes
26:53de compétitivité...
26:55Écoutez,
26:55on sait faire.
26:57Ne négligez pas,
26:58ne sous-estimez pas
26:59le talent de nos équipes.
27:00C'est quelque chose
27:01d'absolument incroyable.
27:02Il faudrait que vous reveniez
27:02visiter nos usines,
27:03etc.
27:04Vous verrez,
27:04on sait faire.
27:05La question pour nous,
27:06c'est le cadre global.
27:07Je ne reviens pas
27:08sur le système
27:09de la compétitivité française.
27:10J'en ai trop parlé.
27:11Mais on sait faire technologiquement.
27:14On sait maintenant
27:14dans quelle direction
27:15il faut aller, etc.
27:16Il faut nous aider.
27:17Il ne faut pas nous mettre
27:17des bâtons dans les roues.
27:18Il faut nous écouter.
27:19Il faut diminuer les normes.
27:20Est-ce que vous savez
27:20que d'ici 2030,
27:22nous avons en vue
27:23100 nouvelles normes
27:24dans l'automobile ?
27:25Est-ce que vous croyez
27:26à une chose pareille ?
27:27Il y a chez Renault
27:2725% de nos ingénieurs
27:29qui travaillent matin
27:30jusqu'au soir
27:31sur la question des normes.
27:32On est le seul continent
27:33où on a un tel handicap.
27:3525% de nos ingénieurs.
27:36Mais c'est considérable.
27:39Il faut nous aider un peu.
27:40On a besoin d'être entendus.
27:42Je crois qu'on commence
27:43à l'être,
27:44mais ça ne va pas assez vite.
27:45Alors, l'accord avec Ford aussi.
27:48Vous l'avez annoncé
27:48sur des petites voitures.
27:50C'est important.
27:50C'est quelque chose
27:51que vous pouvez porter plus loin.
27:52Mais ça démontre quoi, ça ?
27:53Ça démontre que nous sommes...
27:54Justement, ce que je viens
27:55de vous dire,
27:55c'est qu'on sait faire.
27:56Si Ford,
27:57qui a des sujets en Europe
27:58qui ne les relèvent que d'eux,
28:01fait confiance à Renault
28:01pour produire deux véhicules
28:03dans l'avenir
28:03dans ses propres usines françaises,
28:05il faut s'en féliciter.
28:07Ça veut dire deux choses.
28:09et puis, en même temps,
28:11que ça fait confiance
28:12à la technologie Renault,
28:13aux équipes Renault
28:13qui savent faire.
28:14Et je vous assure
28:15que les voitures
28:15qui sortent de Douai,
28:16de Maubeuge aujourd'hui
28:17sont absolument formidables.
28:19Et d'ailleurs,
28:21Nissan, Mitsubishi
28:22nous font confiance.
28:24Ford, maintenant,
28:24nous fait confiance.
28:25Ça a dit long
28:26sur la capacité de Renault
28:27pour faire tout cela.
28:28Donc, plus on peut remplir
28:29nos usines,
28:30mieux on se porte,
28:31mieux on facilitera
28:32la compétitivité,
28:34mieux on tirera
28:34notre épingle du jeu.
28:35Qu'est-ce que vous allez faire
28:36avec les usines
28:37de Véry-Châtillon
28:37où il y avait Alpine
28:39avec la fabrication
28:40du moteur de Formule 1 ?
28:42Comme moi,
28:43vous avez lu
28:44les inquiétudes
28:44du maire
28:46qui dit que ça y est,
28:47là, on m'a trahi, etc.
28:49Expliquez-nous
28:49qu'est-ce qui se passe.
28:50On comprend l'émotion
28:51notamment à Véry
28:53parce qu'on est dans un domaine
28:55qui est très émotif
28:56parce que c'est la question
28:58de la compétition, etc.
29:01Je vous le dis,
29:02nous avons un dialogue
29:03avec les instances syndicales
29:04dans les jours qui viennent,
29:05même cette semaine.
29:07Et donc,
29:07il faut laisser la primeur
29:08de cette discussion
29:09que nous allons avoir.
29:09Je vous dis simplement
29:10que nous ne sommes pas
29:10dans la perspective
29:11de la fermeture de Véry.
29:13Nous sommes dans la perspective
29:14de son redéploiement.
29:16Le monde bouge.
29:17Il y a un certain nombre
29:17de sujets
29:18à quels il faut s'adapter.
29:20C'est bien ce que nous allons faire
29:21à Véry.
29:21Donc, la question est claire.
29:22Pour l'instant,
29:23laissons le dialogue social
29:24s'incliner.
29:25Je vous dis,
29:25nous ne sommes pas
29:26dans la perspective
29:26de fermeture de Véry.
29:27D'accord.
29:28Redéploiement dans la Formule 1,
29:29moi qui suis une passionnée de Formule 1.
29:31Écoutez,
29:32on va tout faire en Formule 1
29:34cette année
29:34pour se montrer la hauteur.
29:36Merci beaucoup,
29:37Jean-Démix Sénard.
29:38Alors, très important
29:39et à lire
29:39parce qu'en plus,
29:40ça se dit très facilement
29:41« plaidoyer pour l'action ».
29:43Voilà.
29:44C'est publié sur le site
29:46de l'Institut de Montaigne,
29:47j'imagine.
29:47Bien entendu.
29:48Voilà, bien entendu.
29:49Et puis,
29:49alors vous avez des choses
29:50qui ont...
29:51Voilà.
29:52En fait,
29:52on est tous face
29:53à notre responsabilité
29:55et qu'aujourd'hui,
29:55on est un peu
29:56dans l'irresponsabilité.
29:58Voilà.
29:58C'est le message que vous...
29:59C'est le sujet central.
30:00Vous y êtes,
30:00c'est fondamental pour le pays.
30:02Merci beaucoup.
30:03On aura certainement
30:04l'occasion d'en parler.
30:05Merci beaucoup,
30:06Jean-Démix Sénard
30:06d'être venu ici
30:07nous expliquer tout ça.
30:08Dans un instant,
30:09c'est le débrief
30:09avec Justine Vassogne
30:10et Mathieu Pêche-Berty.
30:14Le 18-19
30:15d'Edwish Chevrillon
30:16sur BFM Business.
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