00:00La French Tech était présente en force la semaine dernière à Davos, une vingtaine d'entreprises dans la délégation française.
00:06On était avec H. Il nous explique, le patron de H, Gauthier Croix, pourquoi il est venu à Davos pour faire du business.
00:13On est depuis Davos avec Gauthier Croix. Bonjour, vous êtes le patron de H, vous faites partie de la délégation française ici.
00:20Est-ce que vous avez réussi, c'est la question que je pose à tout le monde, à faire du business en dehors des questions géopolitiques ?
00:25Est-ce que vous avez eu des rendez-vous florissants ?
00:27C'est vrai qu'il y a beaucoup de géopolitique aujourd'hui à Davos, hier avec le président Trump, avant-hier avec le président Macron.
00:32Moi, je suis là pour le business. J'ai fait beaucoup de one-one, j'ai vu mes clients internationaux.
00:36En fait, ce qu'on fait à Davos, c'est ce qu'on ferait en trois mois, je pense, de voyage au même endroit.
00:41Ça m'a permis aussi de nouer des partenariats avec des nouveaux pays.
00:45Donc oui, hier soir, j'étais encore dans un événement des pays du Golfe, l'Inde, les États-Unis.
00:50Des gens que vous n'auriez pas eu si vous n'étiez pas à Davos, en fait. Ça sert de hub ?
00:54Oui, ça sert de hub. Donc, il y a évidemment une grosse phase de préparation avant.
00:57Il faut cranter les rendez-vous parce que les plus gros CEOs, évidemment, sont hyper busy.
01:03Mais par exemple, hier soir, j'étais dans une soirée pays du Golfe.
01:06En fait, il y avait plein de gens qui regardaient une chorégraphie.
01:09Après, on va manger un petit bout. Ce n'est pas mauvais, Davos, ce qu'on nous sert.
01:13Et ça permet de créer des liens assez facilement.
01:15Vous m'avez dit que vous êtes la troisième génération d'intelligence artificielle. Ça veut dire quoi ?
01:19En fait, nous, on travaille vraiment sur les entreprises, entreprise, ONG, gouvernement.
01:24Et ce qui s'est passé, c'est qu'il y a une première génération qui était les LLM.
01:27On les connaît tous, questions, réponses, qui se connectent aux données de l'entreprise.
01:30C'est super, ça permet d'aller plus vite.
01:32Mais c'est difficile de mesurer le retour sur investissement pour les entreprises.
01:35La deuxième, c'est les agents.
01:36Donc là, les agents, on connecte ces fameux LLM.
01:38On connaît tous Mistral, OpenAI, aux outils de l'entreprise.
01:41Donc ça sert, on utilise des API.
01:43Parfois, il n'y en a pas. Souvent, il n'y en a pas dans les grands groupes.
01:45Donc c'est compliqué, ça prend des mois.
01:46Pareil, c'est difficile de mesurer le retour sur investissement.
01:49J'ai investi 10 millions dans l'IA.
01:50Qu'est-ce qu'il en reste ?
01:52Et donc nous, on vient faire une troisième génération qui est beaucoup plus rapide à déployer.
01:56Donc ça, on est les leaders mondiaux là-dessus.
01:57On a une technologie qui s'appelle Computer Use pour l'entreprise.
02:00Et en fait, c'est comme vous et moi, c'est un stagiaire.
02:02Il arrive le premier jour, qu'est-ce qu'il fait ?
02:03Il a une clavier, un souris et il clique.
02:05Et donc en fait, nous, on fabrique des millions d'agents qui vont cliquer comme les humains.
02:09Donc ça évite d'en faire des gros projets informatiques.
02:12Et on le vend aux entreprises en disant, vous mettez 10 millions dans H, vous recevez 100 millions à la fin de l'année.
02:16Alors, vous me lancez sur le ROI.
02:18C'est un sujet quand même ici.
02:19Il y a même une blague qui tourne sur OpenAI.
02:21Il n'y a pas de ROI.
02:22À un moment donné, ils vont faire faillite d'ici deux ans.
02:25Est-ce que vous arrivez à avoir ces données-là pour vos clients et leur prouver qu'il y a vraiment de la valeur ajoutée ?
02:30Oui, nous, c'est vraiment…
02:31Moi, j'ai été pendant 10 ans dans une entreprise américaine qui est devenue…
02:34À l'entire.
02:34Voilà, exactement, qui est devenue une des plus grandes du monde grâce au déploiement d'abord de la data,
02:39ensuite de l'IA dans les entreprises.
02:40Donc, j'ai vu que ça marchait bien.
02:42Quand même, on pouvait mesurer du ROI, mais ça prenait du temps.
02:44Et moi, je n'ai pas prévu forcément de quitter cette entreprise.
02:47Les boîtes ne sont pas assez patientes ?
02:49Ils ont raison de ne pas être patient quand on achète une voiture.
02:51On a mis beaucoup d'argent.
02:52On a mis beaucoup d'argent tout de suite.
02:52Surtout que ça coûte très cher l'IA et ça coûte très cher à faire tourner aussi.
02:55Donc, d'ailleurs, au passage, nous, on fait des modèles qui sont 100 fois moins coûteux en électricité, en CO2.
03:01C'est très intéressant pour les entreprises aussi.
03:03Donc, voilà ce qui fait que nous, on s'est vraiment concentré sur l'entreprise.
03:06Les entreprises américaines que vous citiez, OpenAI, Anthropik, ils font tout.
03:10Ils font les particuliers, les entreprises, les PME.
03:13Nous, vraiment, on se concentre sur les grosses entreprises.
03:15Et puis, plus récemment, les ONG, là, on a fait un événement à Davos où on a invité nos partenaires,
03:20dont Handicap International, le ministre de l'IA de l'Inde, avec qui on noue un partenariat.
03:24Vous avez levé 220 millions d'euros, c'était il y a un an.
03:27Exact.
03:27Où est-ce que vous avez déployé aujourd'hui cet argent ?
03:29Alors, heureusement, on en a encore beaucoup.
03:31On en a encore un peu, j'imagine.
03:33Pour tenir.
03:33Et c'est bien dans le monde de l'IA, parce que c'est vrai que ça monte et ça descend.
03:36On parle de bulles.
03:37Donc, nous, on a une approche qui est vraiment frugale.
03:40Donc, une grosse partie de l'argent, je vous rassure, ce n'est pas nos salaires ou des voitures de fonction.
03:44C'est vraiment pour la capacité de calcul.
03:45En fait, l'IA, ça coûte cher en capacité de calcul.
03:48On dépense plusieurs millions par mois là-dedans.
03:49Mais c'est nécessaire pour que nos chercheurs maintiennent notre aujourd'hui.
03:53On est les meilleurs modèles au monde sur cette technologie computérieuse.
03:56Et à la fin, bulle ou pas bulle ?
03:58Eh bien, bulle, c'est un mot qui est assez vaste.
04:01Alors, si on veut en parler un peu, je pense qu'effectivement, il y a des entreprises qui existent aujourd'hui,
04:04qui n'existeront plus demain, parce qu'il y a un gros engouement pour l'IA.
04:08Les investisseurs veulent déployer de l'argent dans l'IA.
04:10Ensuite, je pense qu'il y a des valorisations qui vont se rectifier.
04:12Mais je pense qu'on est parti sur une technologie qui va changer le monde.
04:15Donc, ça ne va pas faire pchit dans trois semaines.
04:18Mais qu'est-ce qui va disparaître ? C'est la deuxième génération ?
04:20C'est les agents IA ? C'est ça ?
04:22Je pense qu'il va y avoir des entreprises qui vont peut-être se reposer sur leur laurier.
04:28On se souvient des moteurs de recherche.
04:30Google, il est arrivé quand il y avait Yahoo, Lycos, tout le monde utilisait ça.
04:34Et puis, ils ont été un peu meilleurs.
04:36On ne peut pas dire qu'ils ont complètement changé, révolutionné les moteurs de recherche,
04:40mais ils ont été meilleurs.
04:41Ils se sont remis en question.
04:42Je pense que la remise en question, on en parle tout le temps.
04:45On voit ce que font les autres.
04:46Et puis, effectivement, je pense qu'il y a des technologies qui vont devenir un peu obsolètes.
04:51Beaucoup nous ont dit, en partie dans la délégation française,
04:55la seule bonne nouvelle quand même, c'est Yann Lequin qui va venir en France.
04:59Le président de la République l'a annoncé à notre micro.
05:02Ça vous réjouit, vous aussi ? Ça vous fait quel effet ?
05:04Oui, je suis hyper content.
05:06Moi, je vois, c'est vrai, c'est difficile à mesurer en chiffres.
05:09Moi, je suis aussi rentré des États-Unis.
05:11Je ne suis pas Yann Lequin, mais j'étais content de rentrer.
05:13Je pense qu'on a beaucoup de talent en France.
05:15Il y a plein de talent des États-Unis, y compris des non-français qui sont venus chez nous,
05:19chez H à Paris, en voyant le potentiel de l'entreprise.
05:21Donc, je pense que si on veut faire revenir, parce que dans les entreprises américaines,
05:26la plupart des talents, ils ne sont pas américains.
05:28Les patrons de Google, de Microsoft, c'est des Indiens.
05:31Chez OpenAI, on a une Française qui est au plus haut niveau.
05:34Donc, pour les faire revenir, il faut juste des projets, comme pour les footballeurs, de Ligue 1.
05:38Si on est en Ligue 2 ou en Ligue 3, on n'arrivera pas à les faire revenir.
05:40Et donc, moi, c'est ce que j'ai vu.
05:41C'est pour ça que je suis revenu.
05:42Et je pense qu'il y a un petit mouvement.
05:43Mais vous êtes allé qui vous appelle, Yann Lequin, pour vous proposer de rejoindre l'équipe ?
05:47Non, on se connaît bien.
05:51On s'est parlé encore hier soir.
05:53On fait une Team France de Lien, en fait.
05:55Il y a plein de super boîtes.
05:57D'ailleurs, on a organisé un événement où, au début, on avait invité tous nos clients.
06:00Puis après, on s'est dit qu'on avait invité les boîtes de la France.
06:03Parce que c'est comme ça qu'on va faire.
06:05On est un petit pays.
06:07Mais par contre, on a des super talents.
06:08Donc, on a fait un événement là-haut, au Chazalpe, le grand chalet de Davos,
06:12où il y avait toute la délégation, toutes les startups.
06:14On les a fait rencontrer nos clients internationaux, etc.
06:17Merci beaucoup d'avoir été avec nous depuis Davos.
06:19Merci.
06:20À Davos, il y a vraiment un secteur qui était au-dessus des questions géopolitiques.
06:23C'est l'IA et la tech.
06:25Une démonstration avec Gautier Cloy de CH.
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