Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 11 heures
Regardez "On refait le monde" avec Martial You, éditorialiste économique sur RTL, auteur de "#LesDindons" aux éditions Robert Laffont, Jean-Laurent Cassely, essayiste, co-auteur de "La France sous nos yeux" aux éditions du Seuil, et Francis Brochet, journaliste, auteur de l'ouvrage "Quand le parisianisme écrase la France aux éditions de l'Aube.
Regardez On refait le monde avec Anne-Sophie Lapix du 05 février 2026.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Jusqu'à 20h, on refait le monde sur RTL, avec Anne-Sophie Lapix.
00:07Sautrer une voiture, installer sa famille dans une petite maison, avec tout le confort possible,
00:11voir ses enfants faire des études et devenir cadre.
00:14C'était les rêves simples de la classe moyenne des années 60-70.
00:18Aujourd'hui, il semble inaccessible et la peur du déclassement a remplacé l'espoir d'un avenir meilleur.
00:25Ces Français qui déchantent, notre éditorialiste économie, Martial You,
00:29les appelle affectueusement les dindons.
00:31On va voir qui ils sont, qui les a plumés et comment on peut les aider,
00:35car ils sont le cœur battant du pays.
00:37On refait le monde avec nos invités.
00:39Martial You, éditorialiste économique sur RTL, auteur de Les Dindons,
00:44aux éditions Robert Laffont qui paraît aujourd'hui.
00:46Bonsoir.
00:46Bonsoir.
00:47Jean-Laurent Casselli, essayiste, co-auteur de La France sous nos yeux, aux éditions du Seuil.
00:52Bonsoir.
00:52Bonsoir.
00:53Et Francis Brochet, journaliste, auteur de l'ouvrage
00:56« Quand le parisianisme écrase la France » aux éditions de l'Aube.
00:59Bonsoir.
01:00Bonsoir.
01:01On refait le monde sur RTL.
01:04Un terrain vague, deux vagues clôtures,
01:06un couple divague sur la maison future.
01:10On s'endette pour 30 ans, ce pavillon sera le nôtre,
01:12et celui de nos enfants corrige la femme enceinte.
01:15Vous aurez reconnu Benabar, quatre murs et un toit, un idéal simple.
01:20On va voir si c'était l'idéal ou si c'est toujours l'idéal de la classe moyenne.
01:24Et on va commencer par une question toute simple, fondamentale, dont la réponse est loin d'être évidente.
01:30Martial You, c'est quoi la classe moyenne ?
01:32Ça tombe bien, on a du temps pour tout.
01:34C'est ça.
01:35La question qu'on se pose toujours, c'est ça gagne combien la classe moyenne ?
01:38Oui.
01:39Et après, je vous dirais qu'en fait, c'est pas qu'une question de revenu.
01:43Mais moi, j'ai essayé dans le livre de donner une fourchette,
01:47en partant du principe qu'un des éléments fondamentaux de la classe moyenne, c'est la famille.
01:52C'est pour ça que moi, je fais une fourchette où on gagne à deux.
01:55Un budget qui est compris entre 2362 euros.
02:00Vous comprendrez, si vous lisez le livre, comment j'arrive à ce chiffre-là.
02:02Et jusqu'à 5084 euros.
02:04Là, on va dire que ce sont les bornes où on trouve le gros de la classe moyenne française.
02:09Après, quand je dis que c'est pas qu'une question de revenu,
02:11c'est que si vous êtes en dessous, ou si vous êtes au-dessus,
02:14et c'est pour ça qu'au début du livre, je dis qui est la classe moyenne,
02:18c'est à la fois tout le monde et personne, parce que tout le monde se sent classe moyenne.
02:22Ce revenu que vous donniez, c'est pour une famille avec deux enfants ?
02:24Voilà. La cellule familiale classique, on va dire.
02:27Sachant que l'OFCE donne un chiffre entre 1440 et 3100 euros net par mois.
02:32Oui, mais c'est parce qu'eux, ils calculent à l'unité.
02:34Pour une personne.
02:35Donc voilà, multiplié par deux, vous êtes à peu près dans cet étiage-là.
02:38Jean-Laurent Cassélu, que diriez-vous si on vous demande, qu'est-ce que la classe moyenne ?
02:42Déjà, je dirais, moi j'ai toujours les classes moyennes, parce qu'en fait, on a ce que raconte Martial dans son livre,
02:48cette image projetée du passé de nos parents, des gens qui ont acheté un pavillon, qu'on fait construire,
02:55qui ont une, deux voitures, une télé, un réfrigérateur, qui est allé au supermarché, etc.
03:00Tout ça, ça existe encore, évidemment, et c'est encore un idéal,
03:02mais quand on regarde vraiment comment vivent les gens aujourd'hui,
03:05par exemple, je t'ai frappé de voir qu'un foyer sur dix, c'est un foyer monoparental.
03:09Et c'est souvent une maman solo, donc déjà, c'est pas forcément deux parents avec deux enfants sous un toit.
03:15Il y a beaucoup de gens qui habitent dans les grandes villes, donc qui habitent en appartement et pas en maison individuelle.
03:19Il y a de plus en plus de manières, je dirais, de vivre sa vie, donc elles sont moins homogènes qu'avant.
03:24Mais quand même, pour ne pas vous laisser juste comme ça dans le flou,
03:27je pense que ce qui définit les classes moyennes, effectivement, c'est quand même,
03:30au-delà des revenus et du mode de vie, c'est un état d'esprit.
03:32C'est cette idée qu'on va vivre, pas juste survivre, mais bien vivre, profiter de la vie,
03:36que nos enfants vont vivre mieux que nous.
03:38Donc l'éducation est très importante.
03:40La propriété, c'est vrai que c'est aussi central.
03:43Et je dirais, c'est aussi l'avènement de la société de consommation.
03:45Donc des loisirs, du supplément de vie.
03:49Mais cette définition des classes moyennes, Francis Brochet, que vous venez de faire, Jean-Laurent Casselli,
03:55est-ce qu'elle n'est pas déjà dépassée ?
03:57Est-ce que ce n'est pas la classe moyenne des années 60, 70, 80 ?
04:00Alors on est en effet dans un monde qui bouge très vite, et bien des points qui ont été mis en avant ne sont plus tout à fait valables.
04:08On a parlé par exemple des familles monoparentales.
04:11Et puis moi, ce qui me frappe, c'est qu'au fond, tout le monde aimerait se revendiquer de la classe moyenne.
04:17Les plus modestes ne vont pas dire, je suis pauvre.
04:21Ils disent, je suis de la classe moyenne, j'ai du mal, mais quand même, je suis de la classe moyenne.
04:25Parce que ça renvoie à une image de personne responsable, participant de la société.
04:31C'est une bonne image, les classes moyennes.
04:33Une bonne image, tout à fait.
04:34Et les riches, ben non.
04:36Vous connaissez des gens qui vous disent, je suis riche.
04:39Alors vous avez des personnes qui gagnent très très bien leur vie, qui vous disent, ah la classe moyenne, c'est difficile.
04:44Bon, donc la classe moyenne, c'est la classe rêvée, en fait.
04:48Mais il faut bien comprendre qu'en fait, c'est récent, en réalité, la classe moyenne.
04:52On n'en est qu'à la deuxième ou troisième génération, aujourd'hui.
04:54La classe moyenne, elle apparaît après la Seconde Guerre mondiale.
04:57Et donc, ce sont des gens qui sont aujourd'hui septuagénaires, jusqu'à octogénaires.
05:03Mais en réalité, nous sommes les enfants de la classe moyenne.
05:06Et nos enfants ont cet idéal-là qu'on a transmis de génération en génération,
05:11à savoir, grâce à l'éducation, grâce au travail, grâce au fait de voter et d'être un citoyen actif.
05:18On est capable de prendre sa place et de progresser dans la société.
05:21Et vous savez, quand on dit souvent, on a raté l'intégration des générations de jeunes issus de l'immigration.
05:28La troisième génération, on ne comprend pas pourquoi ils défilent sur des mobilettes
05:32avec des drapeaux algériens un soir de Cannes ou avec des drapeaux sénégalais.
05:38Mais en fait, c'est la même incompréhension par rapport au monde actuel,
05:43par rapport à ce qu'on a vendu pour la classe moyenne comme pour la classe issue de l'immigration.
05:47C'est les mêmes.
05:48Ils sont arrivés, ils ont construit la France juste après la Seconde Guerre mondiale.
05:52Et aujourd'hui, ils se posent des questions sur leur devenir.
05:54De la même façon, en fait.
05:56Alors, on va écouter le témoignage d'un de nos auditeurs, Thierry.
05:59Bonsoir, Thierry.
06:00Bonsoir Anne-Sophie, bonsoir à vos invités.
06:02Vous habitez en Charente et vous estimez faire partie de la classe moyenne.
06:07Pourquoi ?
06:08Eh bien d'abord parce que je suis pile poil dans les chiffres que Martial a annoncés.
06:11C'est une bonne raison.
06:13Déjà, ça a été.
06:15Et puis, j'ai deux enfants.
06:17Donc, encore marié, deux enfants.
06:19Et puis, voilà, mon salaire net est aux alentours, sans les aides, à 1800 euros.
06:26D'accord.
06:27Vous avez une maison, une voiture ?
06:30Ma banque a une maison, pour l'instant.
06:32D'accord.
06:33On comprend bien.
06:35Comme disait un humoriste, je suis propriétaire de mon crédit, pour l'instant.
06:38D'accord.
06:39Mais pour revenir sérieux, on a pu le faire parce qu'on a décidé de changer de département.
06:44Parce qu'en fait, je pense que Martial et vos invités seront plus explicites que moi.
06:50Mais vivre avec 1800 euros en Charente et vivre avec 1800 euros dans la vallée du Rhône, là où on était, c'est pas la même chose.
06:58Est-ce que vous arrivez à faire des économies, à avoir accès à quelques loisirs, à prendre des vacances ?
07:06Oui, parce qu'avec ma femme, on a une vision de mid-vie qui est de, si on peut, on fait, si on ne peut pas, on ne fait pas.
07:13Et donc, il y a plein de choses qu'on aimerait faire et qu'on ne fait pas.
07:17Mais on fait avec ce qu'on peut, comme aller plus souvent en vacances, offrir plus de loisirs à nos enfants.
07:24On en fait.
07:25Mais bon, quand vous êtes quatre, quand c'est des ados, ben, c'est plus les tarifs enfants.
07:30Quand on va au cinéma, on y va le dimanche matin à 10h parce que la séance est à 5 euros et elle n'est pas 11.
07:35Enfin, c'est des petites économies, mais qui nous permettent de faire des choses.
07:38Et est-ce que vous considérez que vous vivez depuis quelques années un déclassement ?
07:42Parce que c'est un peu ça dont on va parler.
07:46J'ai du mal à comprendre, en fait, cette classification.
07:51Mais on fait plus attention parce que forcément, ce qu'on pouvait acheter facilement il y a 5 ans,
07:56parce que bon, il ne faut pas se voiler.
07:58Nous, on le ressent comme ça.
07:59C'est depuis le Covid et la guerre en Ukraine, il s'est passé quelque chose, quoi.
08:02Il y a eu une espèce d'hystérie tarifaire dans les magasins.
08:06Les prix n'ont pas augmenté en pourcentage.
08:08Ils ont été multipliés souvent.
08:10Donc, on s'est trouvé un petit peu paniqué.
08:12Et puis là, on a pris ses habitudes des priorités, de manger, payer son logement,
08:19essayer de mettre du carburant dans la voiture.
08:20Puis s'il reste, on voit ce qu'on peut faire.
08:22Donc oui, effectivement, on déclasse.
08:25Merci beaucoup, Thierry.
08:26Il y a eu un avant et un après Covid.
08:30Clairement.
08:30Oui, clairement.
08:31Merci à Dieu.
08:31Et d'ailleurs, Thierry, puisque vous êtes un auditeur, je vous enverrai, si vous voulez, le bouquin.
08:37Le livre dédicacé.
08:37Je crois qu'il le voulait.
08:39Merci beaucoup, Mathieu.
08:40Merci beaucoup.
08:41C'est cadeau.
08:43Non, mais c'est vrai qu'il y a eu ce sentiment de décrochage.
08:47Il est arrivé sur tous ceux qui étaient à la limite.
08:50C'est-à-dire ceux qui arrivaient encore à mettre un petit peu d'argent de côté à la fin du mois.
08:54On a vu ce décrochage parce qu'il y a eu une inflation qui a atteint et dépassé les 20% pendant deux ans sur l'alimentaire.
09:02Donc ça, déjà, c'était l'aliment et l'habillement, la partie, la variable un peu d'ajustement.
09:07C'est-à-dire qu'on avait des dépenses contraintes un peu supplémentaires qui n'existaient pas avant, avec les abonnements notamment.
09:12Donc on arbitrait déjà et souvent, c'était au détriment de ce qu'on mettait dans l'assiette ou de ce qu'on portait.
09:17Et c'est pour ça qu'on explique le succès de Chine notamment.
09:20Mais ce n'est pas que parce qu'on a envie d'acheter pas cher.
09:22La plateforme de vente en ligne chinoise.
09:24Et donc, c'est ces arbitrages-là qu'on a été obligés de faire.
09:27Et malgré ces arbitrages, on se retrouvait quand même un peu ric-rac à la fin du mois.
09:31Et puis, je voulais aussi revenir à Thierry parce que ce qu'il a dit au début, c'est qu'il est parti de la vallée du Rhône pour aller en Charente-Maritime.
09:37C'est vachement sympa aussi la Charente-Maritime.
09:39Mais c'est vrai que ça montre ce qu'on appelle aussi parfois le déclassement résidentiel.
09:43C'est-à-dire qu'en fait, vos parents habitaient dans un endroit et vous, en fait, vous ne pouvez pas y accéder.
09:48Parce que tout le monde veut y habiter.
09:49C'est le cas des grandes villes, c'est le cas des littoraux.
09:51Et ça, c'est une situation du logement qui produit des arbitrages depuis déjà une bonne dizaine, quinzaine d'années avant le Covid.
09:59Et donc, voilà, on le retrouve dans ce témoignage précisément.
10:01Je voudrais peut-être suggérer une autre année charnière.
10:04Le Covid, c'est évidemment très important.
10:06C'est 2008.
10:072008, c'est la crise financière.
10:10Beaucoup de gens en souffrent.
10:12Il faut le dire en France, moins que chez beaucoup de nos voisins, mais tout de même.
10:16Et puis, derrière la crise financière, il y a de nouveau un enrichissement fabuleux d'une toute petite partie de la population.
10:24Pas les classes moyennes, si ?
10:26Pas les classes moyennes, du tout.
10:28Mais des 1% ou peut-être 2% les plus riches, alors qu'on ne côtoie pas dans la vie de tous les jours, la plupart d'entre nous,
10:35mais qui donnent l'exemple d'un enrichissement qui devient scandaleux.
10:40Et qui, quand on est plus riche que soi, évidemment, se rend plus pauvre.
10:43Alors, maintenant qu'on a compris à peu près de qui on parlait, de deux Français sur trois, je crois,
10:48dites-vous, Martial, dans votre livre,
10:49on va essayer de comprendre les problèmes de la classe moyenne
10:52et même de voir quelles sont les solutions pour donner un petit peu d'espoir.
10:55Ce sera après le rappel des titres de Claire Shekaglini.
10:58Première nuit en prison pour l'adolescent de 14 ans
11:17qui avait poignardé sa professeure d'art plastique à Saint-Narie-sur-Mer mardi.
11:20Le collégien vient d'être mis en examen pour tentative d'assassinat.
11:24Le parquet a confirmé ce soir la prémédisation du geste de cet élève de troisième.
11:28Quant au pronostic vital de la victime, il reste ce soir réservé.
11:32Les femmes victimes d'un ex-DRH du ministère de la Culture
11:36appelées à se manifester auprès de la justice.
11:38248 personnes ont été recensées durant l'enquête.
11:41Christian Negre leur aurait administré des diurétiques pour les humilier.
11:45LFI dénonce une manœuvre politique de la part du ministère de l'Intérieur.
11:49La France Insoumise est désormais classée comme partie d'extrême-gauche
11:52par la place Beauvau pour les élections municipales de mars prochain.
11:55Moscou ouverte à une reprise du dialogue avec Paris.
11:58Vladimir Poutine décrochera son téléphone si Emmanuel Macron l'appelle,
12:01assure le chef de la diplomatie russe.
12:04Rugby coup d'envoi du tournoi à destination ce soir.
12:06Les Bleus jouent contre l'Irlande au Stade de France à partir de 21h10.
12:10Match inaugural marqué par le retour d'Antoine Dupont
12:12qui reprend son brassard de capitaine.
12:14Les hockeyuses françaises trébuchent au JO de Milan-Cortina
12:17dont l'ouverture sera célébrée demain.
12:19Défaite 4 à 1 face à l'Italie pour ce premier match des Bleus
12:22dans une compétition olympique.
12:24Merci beaucoup Claire, on vous retrouve à 20h.
12:27Anne-Sophie Lapix, on refait le monde jusqu'à 20h sur RTL.
12:31Classe moyenne ne va pas bien, elle perd pied, elle perd espoir.
12:35Alors on va essayer de comprendre les raisons de la chute,
12:38des inquiétudes et même de trouver des solutions avec nos invités.
12:41Martial You, éditorialiste économique sur RTL, auteur des dindons
12:45aux éditions Robert Laffont, Jean-Laurent Casselli,
12:48co-auteur de La France sous nos yeux,
12:50Francis Brochet, journaliste et auteur de l'ouvrage
12:52Quand le parisianisme écrase la France,
12:55aux éditions de l'Aube.
12:57Alors si on cherche un coupable,
12:59vous le désignez, page 153 de votre livre Martial,
13:03François Mitterrand a trahi les classes moyennes
13:06et a engendré les dindons.
13:09C'est ce que vous dites ?
13:10Oui, c'est en fait une vision que la gauche et les socialistes
13:14ont du mal à remettre en question encore aujourd'hui,
13:17qui est de dire si on dégage du temps libre à ceux qui travaillent,
13:20ce temps dégagé va permettre à ceux qui sont au chômage
13:23de le récupérer.
13:24Et ça c'est faux, on l'a vu depuis maintenant 45 ans,
13:27mais ce qui s'est passé au début du septennat de François Mitterrand,
13:30et c'est pour ça que je mets le curseur à ce moment-là,
13:33sur le début du déclassement des classes moyennes,
13:35c'est qu'il a touché en même temps à la durée du temps de travail sur toute la vie
13:41en passant l'âge de départ à la retraite de 65 à 60 ans.
13:45Et à l'époque ça se comprenait,
13:47c'était une population, ceux qui partaient à la retraite à 65 ans fatiguée,
13:50qui avaient connu la guerre, qui avaient commencé à travailler tôt,
13:52et qui avaient une espérance de vie autour de 65 ans.
13:54Donc je ne remets pas en cause ce choix-là,
13:56mais en même temps que ça, il a réduit le temps de travail sur toute l'année,
14:01puisqu'il a ajouté une semaine de congés payés,
14:03et il a réduit le temps de travail sur la semaine,
14:05puisqu'on est passé de 40 à 39 heures.
14:07Évidemment, quand vous jouez sur ces trois curseurs-là en même temps,
14:10qu'est-ce que ça a comme conséquence ?
14:12Les entreprises s'adaptent, et donc c'est le début des délocalisations,
14:15elles installent les usines ailleurs,
14:16ou elles installent des robots à la place des humains.
14:18Alors écoutez ce qu'il disait justement sur ce sujet.
14:20« Que c'est toute la bataille menée depuis le XIXe siècle
14:26qui se trouve ainsi résumée,
14:29la bataille pour le temps de vivre,
14:32la conquête du temps de vivre.
14:34Mais qu'est-ce que c'est que la vie ?
14:35Qu'est-ce que c'était que la vie pour un prolétaire au milieu du XIXe siècle ?
14:39C'était à 7 ou 8 ans le travail pour le compte des autres,
14:44c'était le travail jusqu'à la mort et sans repos. »
14:48Le travail jusqu'à la mort et sans repos,
14:50c'était quand même l'objectif, c'était de mettre un terme à cela.
14:54Jean-Laurent Cassidy, vous aussi, vous trouvez que c'est François Mitterrand
14:56qui a entamé le début de la fin des classes moyennes,
14:59enfin quand je dis la fin des classes moyennes, du déclin des classes moyennes ?
15:02Non, je ne le dirais pas comme ça,
15:03parce que je pense que le monde a complètement changé.
15:06La mondialisation a redistribué les métiers des Français.
15:11C'est vrai que les classes moyennes, on l'a dit,
15:12c'est la maison, la voiture, la consommation, les vacances,
15:15mais c'est aussi des métiers emblématiques de l'après-guerre,
15:18les employés de bureau, les ouvriers de l'industrie, les cadres, etc.
15:21Aujourd'hui, toutes ces professions, elles ont changé les catégories populaires.
15:25Aujourd'hui, les gens qui sont au SMIC, qui sont en temps partiel ou précaire,
15:28c'est souvent des gens qui sont dans des métiers de service.
15:31Ça peut être aussi beaucoup de femmes,
15:32pas seulement des ouvriers qu'on voit comme une figure masculine traditionnelle.
15:35C'est aussi, dans les métiers de cadre,
15:38vous avez le numérique, l'informatique a complètement rebattu les cartes.
15:42Vous dites que ce n'est pas que ça, en fait.
15:44Ce n'est pas l'effet de diminuer le temps de travail.
15:46Non, je pense qu'en fait, la société a complètement changé.
15:49Et c'est vrai que ces classes moyennes qu'on voyait,
15:51comme ce que dit Martial dans son livre,
15:53finalement, c'est, en fait, peu importe combien elles sont,
15:55c'est la société, le centre de gravité de la société,
15:58c'était les classes moyennes.
15:59Et tout le monde voulait leur ressembler.
16:00Ceux qui étaient en dessous voulaient y arriver.
16:01Ceux qui étaient en dessous euphémisaient un peu leur position
16:03en disant, regardez, nous aussi, on fait partie de ce grand groupe.
16:06Et on voit aujourd'hui plutôt un éclatement
16:08en fonction des lieux de vie,
16:10grande ville, petite ville,
16:11en fonction du fait qu'on est séparé ou en couple,
16:13en fonction du métier qu'on exerce.
16:15Et on voit une sorte de détricotage
16:16de ce cœur, en fait, de ce réacteur de la société française.
16:20Il y a aussi, Francis Brochet, un phénomène,
16:21c'est qu'à un moment donné,
16:22les salaires n'ont pas augmenté suffisamment
16:25pour cette classe moyenne.
16:27Et ça ne permettait plus de rembourser les crédits.
16:30Oui, effectivement, il y a eu des problèmes réels.
16:33Les pouvoirs d'achat qui sont aggravés
16:35avec la crise du Covid.
16:37Mais moi, j'aimerais revenir sur cette idée
16:39des métiers qui disparaissent.
16:41Et parler un peu de l'industrie.
16:42Et parler, si vous le voulez bien,
16:44de ma ville, de Montbéliard.
16:46Montbéliard, c'était les usines Peugeot,
16:48c'était Sochaux.
16:49Et Montbéliard, dans les années 60-70,
16:51c'était une ville prospère.
16:53Et quand on va à Montbéliard,
16:54aujourd'hui, on voit encore les maisons des ingénieurs,
16:57qui sont des maisons très cossues.
16:59Sauf qu'aujourd'hui, Montbéliard,
17:01ça a eu un taux de pauvreté
17:03qui est le double de celui de la France.
17:05Et qu'est-ce qui s'est passé ?
17:06Il s'est passé que l'usine Peugeot
17:07a diminué ses effectifs de manière drastique.
17:11On est passé, rendez-vous compte,
17:12de 42 000 à 6 000.
17:15Et puis, ça, c'est ce que décrit Martial
17:17sur les délocalisations.
17:19Aussi la robotisation, changement de la société.
17:22Mais il y a un autre phénomène
17:23qui est interne à la France,
17:25c'est que ceux qui gagnaient vraiment bien leur vie,
17:27ils ne sont plus à Montbéliard.
17:28Ils sont à Paris.
17:30Ils sont à Paris.
17:32Les cadres supérieurs ne viennent plus habiter Montbéliard.
17:35Ils ont un TGV,
17:36qui a d'ailleurs été en partie poussé par Peugeot,
17:39pour pouvoir venir de Paris à Montbéliard,
17:40passer la journée et repartir à Paris.
17:43Et ça, ça change aussi beaucoup de choses,
17:44parce que beaucoup de villes moyennes,
17:46je parle de Peugeot,
17:46on pourrait parler d'innombrables usines,
17:49industries dans l'ensemble de la France,
17:51qui faisaient vivre ces villes
17:53et qui créaient une classe moyenne
17:56qui vivait autour de l'usine et de tous les services.
17:59Pour vous, Marcel, la désindustrialisation,
18:03elle est liée aussi au fait qu'on travaille moins,
18:04que la concurrence est rude avec les autres pays.
18:07Comme disait Jean-Laurent Cassely,
18:08il y a à la fois la mondialisation
18:10qui apparaît au même moment
18:12que cette remise en question
18:14de la notion de travail.
18:16Et en fait, la notion de travail,
18:18on l'interroge lorsque...
18:19Et je ne suis pas contre François Mitterrand,
18:21ce n'est pas la question,
18:21mais il met en place un ministère du temps libre.
18:24C'est-à-dire qu'on change le discours
18:25par rapport à ce que le travail devient une peine,
18:29n'est plus que ça,
18:29et il faut s'en éloigner.
18:31Et lorsque vous regardez 40 ans plus tard,
18:34vous avez, à l'issue du Covid,
18:36des jeunes générations qui s'interrogent
18:37en se disant,
18:38est-ce que j'ai envie de souffrir au travail
18:41comme mes parents ?
18:42Et je rebondis juste sur ce que disait Francis
18:43par rapport aux villes.
18:45Il y a une déconnexion vraiment entre les gens,
18:47et ça, c'est ce que disait Jean-Laurent aussi.
18:48C'est-à-dire qu'on ne se reconnaît plus
18:50comme une communauté globale.
18:52Moi, je suis toujours frappé
18:53quand sur RTL, je dis le mot province,
18:55je reçois des messages,
18:57je me fais engueuler.
18:58C'est vrai, moi aussi.
18:59Mais oui.
19:00Mais en quoi c'est choquant et honteux ?
19:01Je suis provincial.
19:02Voilà, je viens d'Angers.
19:04Et je n'ai pas honte,
19:04et je ne vois pas en quoi c'est un problème.
19:06Il faut dire région.
19:07Et voilà, il faut dire région,
19:09il faut dire territoire.
19:10Mais qu'est-ce que ça veut dire ?
19:11On est tous dans un pays,
19:13et il y a une métropole massive qui est Paris,
19:15mais sinon, on est tous des provinciaux
19:17et on monte parfois à Paris, oui.
19:19Je finis sur ce temps de travail
19:21parce que vous avez une proposition originale.
19:23C'est que la cinquième semaine de congé,
19:26en fait, on se la fasse payer,
19:27on la négocie,
19:28on se met au travail, en fait.
19:30Ce que je dis dans le livre,
19:32c'est que moi, j'en ai un peu marre
19:34qu'à chaque fois qu'on parle de réforme des retraites,
19:36on le traite dans l'urgence
19:38et donc on se dit,
19:39il va falloir rallonger,
19:40allez, on rajoute deux ans systématiquement.
19:42J'ai commencé à travailler dans les années 90,
19:43ils disent, depuis le début de ma carrière professionnelle,
19:46j'entends qu'on va rajouter,
19:47on me rajoutait un an, deux ans à chaque fois.
19:49Et en fait, je pense qu'il faut
19:51repenser le temps de travail de façon globale,
19:54depuis le premier jour où on commence
19:56jusqu'à sa retraite.
19:57Et si on pense comme ça,
19:59il y a des moments dans la vie
20:00où je pense qu'on peut avoir plus besoin
20:02d'argent que de temps libre
20:05et que sur la base du volontariat,
20:08mais sur ces cinq semaines de congé,
20:10on puisse négocier,
20:11c'est ce qui se passe avec les RTT,
20:12la possibilité d'en rendre une
20:15pour se faire payer cette semaine-là.
20:17Je ne dis pas que c'est une obligation,
20:18je dis que ça doit pouvoir être une possibilité
20:20d'être un peu plus flexible
20:21sur le temps de travail
20:23et le travail pendant des années
20:25où finalement,
20:26on a plus besoin de pouvoir d'achat
20:27que de temps libre.
20:29Sur cette proposition, Francis Branchet ?
20:31Je dirais, ça dépend
20:32quel est votre travail
20:33et quel est votre salaire ?
20:35Je veux dire, c'est évidemment,
20:38nous, journalistes,
20:39on serait plutôt pour.
20:41Je ne sais pas si quelqu'un
20:43qui a un métier très pénible
20:44serait également pour.
20:45Sachant qu'on a souvent plus
20:46que cinq semaines de congé.
20:48Et qu'on a souvent plus de cinq semaines.
20:50Voilà.
20:50Donc je crois que ça dépend vraiment de...
20:52Et c'est l'un des problèmes
20:54de cette réforme.
20:55On n'est pas là pour faire le débat
20:57sur cette réforme,
20:58mais ça a été de faire quelque chose
21:01les deux ans de plus
21:03pour tout le monde.
21:04Alors je sais bien
21:05qu'il y a eu des exceptions,
21:05mais tout de même,
21:06il y avait un côté,
21:07c'est le même tarif pour tout le monde,
21:09alors qu'à l'évidence,
21:11tous les métiers ne se ressemblent pas
21:12et toutes les vieillesses
21:14ne se ressemblent pas.
21:15Il y a un autre sujet
21:16que vous avez commencé à aborder
21:17en parlant de Peugeot
21:18et de ces usines
21:19qui ont été délocalisées.
21:21Donc c'est le problème
21:21de la voiture,
21:23fondamental pour les classes moyennes.
21:25Vous avez lu le livre de Martial,
21:29donc vous pouvez vous prononcer,
21:30Jean-Laurent Cassély.
21:31Il est dur, non ?
21:32Non, j'ai lu des passages,
21:34je n'ai pas encore eu le temps
21:35de le lire en entier.
21:35Moi, je l'ai lu,
21:36je peux vous dire.
21:37Il y va,
21:37sur les voitures électriques,
21:40la voiture électrique
21:41qui serait le signe
21:43d'une incompréhension totale
21:44de ce qui se passe
21:45en région
21:46ou ailleurs qu'à Paris, en fait.
21:48Ce qui est intéressant,
21:49c'est que c'est encore
21:50un objet hyper iconique
21:52qui était vraiment
21:52le tronc commun
21:53des classes moyennes,
21:54la maison, la voiture.
21:56Et aujourd'hui,
21:57bon, déjà,
21:57il y a une partie des Français
21:58qui se servent
21:59de moins en moins
21:59de leur voiture,
22:00voire qui n'ont pas de voiture.
22:01Dans la France,
22:02on cite souvent ce chiffre
22:04et même dans les années 90,
22:05les Parisiens avaient
22:06moins de voitures
22:07que les provinciaux,
22:08mais on était,
22:09je crois,
22:09du simple au double.
22:11Aujourd'hui,
22:11il y a près d'un tiers
22:12des Parisiens
22:13qui ont une voiture seulement,
22:14alors que plus de 85%
22:16des Français
22:16sont, comme on dit,
22:17autorisés.
22:18Donc effectivement,
22:19les écarts sont devenus
22:20des écarts de nature
22:20et donc des écarts
22:21de mode de vie.
22:22Donc ça veut dire
22:22que quand vous regardez
22:23les infos
22:25que vous écoutez RTL
22:26et qu'on parle de voitures,
22:27si vous êtes à Nantes
22:28ou à Paris,
22:28ça vous concerne un peu moins
22:29et vous n'êtes pas
22:30forcément concerné
22:31par ces sujets.
22:32Alors que pour toute la France,
22:33des petites villes,
22:34des villes moyennes
22:35et des zones rurales,
22:36c'est un sujet
22:37évidemment essentiel
22:38et ça montre aussi,
22:39je pense,
22:40la voiture,
22:42la prémiumisation
22:44aussi de certaines catégories
22:45de produits.
22:46Aujourd'hui,
22:46tout le monde sait
22:47que la voiture des Français,
22:48le premier marché d'achat,
22:50c'est le marché de l'occasion.
22:51Les voitures neuves
22:51sont trop chères
22:52il n'y a que les plus de 50 ans
22:53qui achètent
22:53des voitures neuves.
22:54Et on va y revenir
22:55dans un instant
22:56mais c'est le moment
22:56de la pub.
22:58Jusqu'à 20h,
22:59Anne-Sophie Lapix
23:00refait le monde
23:01sur RTL.
23:04RTL,
23:05on refait le monde.
23:06Anne-Sophie Lapix.
23:08Travail,
23:08famille,
23:09voiture,
23:10ce sont des totems
23:12de la classe moyenne
23:13et puis surtout
23:14l'idée de progresser,
23:15c'est important.
23:16Alors que va devenir
23:17la classe moyenne
23:18dans une société
23:18qui change télique ?
23:19Quels sont les métiers
23:20qui seront ceux
23:21de la classe moyenne
23:22si on veut en débattre ?
23:23Et d'abord,
23:24je vous représente
23:25nos invités.
23:26Martial You,
23:26éditorialiste économique
23:27sur RTL,
23:28auteur des dindons
23:29aux éditions Robert Laffont,
23:30Jean-Laurent Casselli,
23:31essayiste et co-auteur
23:32de La France sous nos yeux
23:33aux éditions du Seuil,
23:34Francis Brochet,
23:36journaliste,
23:36auteur de l'ouvrage
23:37Quand le parisianisme
23:38écrase la France
23:39aux éditions de l'aube.
23:41Je crois que le président
23:46nous demande
23:46de bâtir
23:47un plan Marshall
23:48pour les classes moyennes,
23:48de continuer cette action
23:50pour mieux vivre
23:51de son travail.
23:52On a supprimé
23:52la taxe d'habitation,
23:53on a fait une baisse
23:54de 5 milliards d'euros
23:55de l'impôt sur le revenu,
23:56on a défiscalisé
23:57les heures supplémentaires,
23:58on a beaucoup agi
23:59pour les classes moyennes.
24:01On a beaucoup agi
24:02pour les classes moyennes.
24:03Jean-Laurent Casselli,
24:05est-ce que
24:05les classes moyennes
24:06considèrent
24:07que le gouvernement actuel
24:08a beaucoup agi
24:09pour elles ?
24:11Je pense qu'il y a
24:13un sentiment qui domine
24:14qui est celui
24:15de ne pas s'en sortir
24:16ou d'arriver à peine
24:17à se maintenir
24:18pour deux raisons.
24:20On l'a dit
24:20depuis le début
24:20de cette émission
24:21parce que les gens
24:22se sont appauvris
24:23en valeur absolue
24:24par rapport
24:24à leur logement,
24:25par exemple.
24:25Mais aussi,
24:26c'est important de le rappeler
24:27parce que le panier
24:27de besoins et d'attentes,
24:29il a évolué.
24:30Moi, je travaille
24:31beaucoup avec les gens
24:31du tourisme,
24:34de l'hôtellerie,
24:34de la restauration.
24:36Ils vous disent à la fois
24:37que les budgets
24:37sont de plus en plus contraints
24:38et qu'en même temps,
24:39depuis le Covid,
24:40les Français ont sanctuarisé
24:41leurs vacances.
24:42Les sorties,
24:44les concerts,
24:44par exemple,
24:44le prix des concerts
24:45a augmenté
24:46de manière impressionnante.
24:48Les gens sortent
24:49pour de grandes occasions.
24:50Donc, il y a quand même
24:51encore cet arbitrage
24:52de travail-plaisir.
24:54Les abonnements aussi.
24:55Vous en parlez aussi.
24:56Oui, tout à fait.
24:57On est Netflix.
24:58Ça, c'est devenu
24:59très important aussi.
24:59C'est très important.
25:00Et donc, je ne suis pas sûr
25:01qu'ils aient l'impression
25:02que leur vie a changé
25:03depuis un ou deux gouvernements.
25:05Mais on voit bien
25:06dans l'extrait
25:06qu'on a entendu
25:07que les responsables politiques,
25:09inversement,
25:09eux ont compris
25:10qu'il fallait s'occuper
25:11des classes moyennes
25:11et en parler
25:12de la manière
25:13la plus concrète
25:14et explicite possible.
25:16Ça risque bien
25:16d'être au centre
25:17même des débats
25:19pour la prochaine présidentielle.
25:20Écoutez, je vais le dire
25:22un peu brutalement,
25:22mais qui fait campagne
25:23en disant
25:24je fais campagne
25:25pour les pauvres
25:25ou qui dit
25:26je fais campagne
25:26pour les riches ?
25:27Les classes moyennes,
25:28c'est vraiment
25:28le terrain rêvé
25:29de la démagogie politique.
25:31Ce n'est pas hasard
25:32si Gabriel Attel
25:32est particulièrement
25:34en exergue dans ce domaine.
25:35Salut !
25:36Mais voilà,
25:39le plan Marshall
25:40pour les classes moyennes,
25:41je ne sais pas trop
25:41ce que ça veut dire.
25:42Ce qu'il y avait
25:43derrière ce plan Marshall
25:44qu'Emmanuel Macron
25:45a décliné ensuite
25:47mais n'ait pas pu
25:47aller jusqu'au bout,
25:48c'était 2 milliards
25:49de baisse d'impôts,
25:502 milliards d'euros
25:50de baisse d'impôts.
25:51C'est dire
25:53à quel point
25:53le discours est un peu court
25:55parce que baisser les impôts,
25:56d'accord,
25:57mais pour les classes moyennes
25:58il faut bien d'autres choses
26:00que juste des baisses d'impôts.
26:03Oui, le plan Marshall,
26:04effectivement,
26:05parce qu'on parlait tout à l'heure
26:05de la voiture
26:06qui est de plus en plus difficile
26:07à acheter,
26:08les voitures électriques,
26:09mais il y a aussi
26:10les maisons,
26:11vous en parliez également.
26:12Vous dites dans votre livre
26:14Marshall
26:14que les prix ont augmenté
26:15de 88% en 20 ans
26:17hors inflation.
26:18On comprend,
26:19les salaires ils n'ont pas
26:20augmenté du même niveau.
26:23Là, c'est plus qu'un plan Marshall.
26:25Sur l'immobilier,
26:26il y a eu une pensée
26:28théorisée par Emmanuel Macron
26:30lorsqu'il est arrivé au pouvoir
26:31qui était que l'immobilier
26:32est une rente
26:33qui ne produit pas,
26:35qui n'a aucun intérêt
26:36pour l'économie du pays.
26:37Donc c'est pour ça
26:38qu'il a changé l'ISF,
26:39l'impôt sur la fortune,
26:40en impôt sur la fortune immobilière,
26:42c'est-à-dire
26:42où il ciblait spécifiquement
26:44les biens immobiliers,
26:45mais sans vouloir stigmatiser
26:47tel ou tel.
26:49On entend Gabriel Attal
26:51tout à l'heure parler
26:52au nom des classes moyennes
26:53ou pour les classes moyennes.
26:55Il faut comprendre
26:55que les classes moyennes,
26:56les dindons,
26:57ils ont des valeurs
26:58et c'est pour ça
26:59que ça dépasse les bornes
27:00de la rémunération
27:01et du revenu.
27:02Les valeurs,
27:03c'est le travail,
27:04c'est la famille,
27:04c'est l'éducation,
27:05c'est la foi au progrès
27:06et c'est voter.
27:09Ce sont des citoyens.
27:10Les dindons votent,
27:12ils emmènent leurs enfants
27:13dans l'isoloir,
27:14ils leur apprennent
27:14à aller voter aux élections.
27:16Ils croient aux politiques.
27:18Donc à chaque fois
27:18qu'on les déçoit,
27:19c'est une blessure
27:20et c'est ça
27:21qui peut mener
27:22à un moment donné
27:23à une espèce de colère
27:24et de vote sanction
27:25vers les extrêmes.
27:26Le moment
27:27où on ne croit plus
27:27les politiques.
27:28Et parfois,
27:29ces politiques mises en place,
27:31ce sont de bonnes intentions.
27:34C'est ça qui est terrifiant
27:34par moments.
27:35Tout à l'heure,
27:36on parlait des voitures.
27:37Mais on n'a pas plumé
27:37les dindons
27:37avec un sciemment
27:39et avec la volonté de...
27:39Il n'a pas une volonté
27:40de taper sur le dindon,
27:41vous voyez ?
27:42Non, mais quand on fait
27:43le leasing social,
27:45il n'y a pas une personne
27:46dans ce pays
27:46qui a envie d'être
27:47un gros pollueur.
27:47Tout le monde a envie
27:49d'être moderne
27:50et particulièrement
27:50les dindons
27:51et donc de rouler
27:52en voiture électrique.
27:53Donc on crée le leasing,
27:54ils se jettent dessus.
27:55Mais si vous réfléchissez
27:56deux secondes
27:57à ce qu'est le leasing social,
27:59dans trois ans,
28:00ils sont piégés.
28:01Parce que dans trois ans,
28:02on va leur dire
28:03cette voiture,
28:04elle a une valeur résiduelle
28:05de 10, 15 000 euros,
28:06vous pouvez les mettre
28:07pour la garder ?
28:08Non, ils ne pourront pas.
28:08Donc ils vont repartir
28:10dans un leasing.
28:11Et ça, pourtant,
28:11ça partait d'une bonne
28:12intention politique au départ.
28:14Donc il faut par moment
28:15essayer de ne pas trop
28:17faire le bonheur
28:17d'indon dans la politique
28:18parce que c'est souvent
28:20à contre-courant.
28:21D'ailleurs, sur les voitures,
28:22vous êtes assez clair là-dessus.
28:24Vous dites qu'il faut
28:25renoncer à l'objectif
28:26de Bruxelles
28:27de passer au tout électrique
28:29et il faut permettre
28:30maintenant à la classe moyenne
28:31justement d'acheter
28:32des véhicules thermiques.
28:33Il faut en tout cas
28:34qu'on puisse aider
28:35pour qu'ils achètent
28:36des voitures thermiques récentes.
28:37Parce qu'eux,
28:38ils ont besoin,
28:38ils ne font pas 15 km par jour.
28:40Eux, ils ont besoin
28:41de la voiture
28:41et la voiture,
28:42elle ne fait pas que
28:42travail-maison-maison-travail.
28:45Il y en a besoin aussi
28:46pour partir en vacances.
28:47Donc, vous aider
28:48les classes moyennes
28:50à acheter un véhicule
28:51thermique récent
28:52de 2-3 ans,
28:54vous êtes,
28:55ils ont des voitures
28:55qui ont plus de 10 ans,
28:57les dindons.
28:58Donc, si vous leur faites,
29:00si vous les aidez
29:00à acheter une voiture
29:01de 3 ans,
29:01elle pollue beaucoup moins.
29:02Alors, les dindons,
29:03ils veulent rouler
29:04dans des belles voitures modernes,
29:05ils veulent être aussi
29:07sur les réseaux sociaux aussi,
29:08d'ailleurs.
29:09Ils veulent pouvoir
29:10regarder Netflix.
29:12Est-ce qu'ils ont envie
29:13de travailler
29:13comme leurs parents dindons ?
29:16Voilà, c'est aussi un problème.
29:18La société,
29:19elle a évolué.
29:19On ne peut pas appliquer
29:20toutes les recettes
29:21qui valaient
29:22il y a encore 20-30 ans.
29:23Oui, il y a un croisement
29:24entre les attentes
29:25qui ont évolué
29:26et le pouvoir d'achat
29:27qui a baissé.
29:27C'est pour ça
29:28que c'est si difficile
29:29à vivre, en fait.
29:31Parce qu'on voit bien
29:32que dans les discours,
29:32même les économistes
29:33ne sont pas d'accord entre eux
29:34et on a l'impression
29:36qu'une partie
29:37est de l'appauvrissement absolu
29:38et une partie
29:39est de l'appauvrissement relatif.
29:41Et quand on parle
29:41des classes moyennes,
29:42on les compare toujours
29:43aux autres,
29:43aux plus riches
29:44et aux plus pauvres.
29:45Et c'est vrai que,
29:45pour revenir aussi
29:46à ce que disait
29:47Gabriel Attal,
29:48traditionnellement,
29:49la classe moyenne,
29:50c'est un terme de droite.
29:51C'est toujours
29:52les politiques de droite
29:52qui se sont intéressées.
29:53Envoquiez était très
29:54pendant un peu de temps.
29:56Et Giscard d'Estaing
29:57avait parlé
29:57des Français sur trois
29:59qui veulent être
29:59gouvernés au centre.
30:00Il y a toujours eu
30:01cette mythologie
30:01des classes moyennes à droite,
30:02de même que la gauche
30:03avait sa mythologie
30:04des travailleurs,
30:05des prolétaires.
30:06Et donc,
30:07ça a toujours été
30:08un bloc électoral central
30:09et plutôt centriste
30:10qui a fait aussi
30:11l'élection d'Emmanuel Macron
30:12il y a 10 ans,
30:12en 2017.
30:13Et une des grandes questions,
30:14ça va être
30:15comment est-ce qu'elle évolue ?
30:16Comment est-ce qu'elle évolue
30:1710 ans après ?
30:17Est-ce qu'elle est encore
30:18conservatrice
30:19parce qu'elle a quelque chose
30:20à conserver,
30:20ne serait-ce que
30:21déjà la propriété
30:22de son bien
30:22ou est-ce qu'elle va
30:23devenir dégagiste ?
30:25La classe moyenne,
30:27c'est la démocratie ?
30:28Absolument.
30:30C'est pour ça
30:30que ce livre
30:31est très important.
30:33Je le pense.
30:34Je le pense
30:35parce que c'est vrai
30:36que les classes moyennes,
30:37alors après,
30:38on peut disputer
30:39de la définition,
30:40mais disons,
30:41ce bloc central,
30:42il est essentiel
30:44à la démocratie.
30:45On ne va pas
30:46refaire l'histoire,
30:46mais tout de même,
30:47chacun sait que
30:48dans les années 30,
30:49qui voit cette montée
30:51des totalitarismes
30:52dans toute l'Europe,
30:53c'est parce que
30:55la crise de 1929
30:56aux Etats-Unis
30:57a écrasé
30:58les classes moyennes,
31:00les petits rentiers,
31:01etc.
31:02Et ça a permis
31:03cette montée
31:04des régimes autoritaires
31:07et des totalitarismes.
31:08Donc,
31:09c'est très grave
31:09si on laisse,
31:10en effet,
31:11cette classe moyenne
31:12désespérée.
31:13De même,
31:13vous dites,
31:14dans votre type,
31:14que dans n'importe quel pays,
31:16si la classe moyenne
31:17ne s'enrichit pas,
31:18le pays ne fait pas
31:19de croissance,
31:20ne peut pas avancer.
31:21C'est ce qu'on voit
31:21aujourd'hui sous nos yeux
31:23avec la Chine,
31:24qui est un pays
31:25en très forte croissance,
31:26mais on sait
31:27que la difficulté
31:28qu'a le gouvernement chinois,
31:29c'est de faire émerger
31:30cette classe moyenne,
31:31précisément.
31:32Elle arrive,
31:33mais difficilement.
31:35En Inde,
31:35c'est pareil.
31:36On sait que ce sont
31:36des pays
31:37qui ont des tailles
31:38de continent
31:39et qui ont un réservoir
31:41de croissance incroyable,
31:42mais qui peinent
31:43à décoller véritablement
31:44parce qu'il leur manque
31:45ce corps social du milieu,
31:47celui qui consomme localement
31:49et qui fait tourner
31:49l'économie,
31:50effectivement.
31:51Et je dirais
31:52qu'il faut avoir
31:53en tête
31:54que cette population-là,
31:56elle a besoin
31:56d'être entendue.
31:58Les dindons
31:58ont besoin
31:59d'être entendus.
31:59Vous savez,
32:00quand on est sur RTL,
32:02dans Les Auditeurs en la parole,
32:03qu'il y a la problématique
32:04du référendum
32:05qui revient,
32:06ça a été le cas
32:06avec les voeux
32:07d'Emmanuel Macron
32:08l'année dernière,
32:11systématiquement,
32:12les auditeurs appellent
32:13pour dire
32:13« Vous êtes bien gentil,
32:15mais on a voté
32:15au référendum de Maastricht,
32:17on ne nous a pas écoutés. »
32:19Systématiquement,
32:20ça revient.
32:20Donc,
32:21la responsabilité,
32:22je dirais,
32:22des hommes et des femmes politiques,
32:24c'est...
32:24C'est un peu rancunière
32:25la classe moyenne,
32:26c'est ça ?
32:26Enfin, à la fois.
32:27Parce qu'elle a raison.
32:28Parce qu'effectivement,
32:29on ne les a pas écoutés.
32:30Donc,
32:31il y a un moment,
32:31la responsabilité,
32:32je pense,
32:33des hommes et des femmes politiques,
32:34c'est d'avoir une vision,
32:35de fixer des caps
32:36et de tenir
32:38un tout petit peu
32:39les promesses
32:39qu'on engage.
32:40Je suis convaincu,
32:42alors je vais peut-être
32:42me faire assassiner
32:43par ceux qui nous écoutent,
32:45mais je suis convaincu
32:45que la classe moyenne
32:46et les dindons
32:47savent qu'il va falloir
32:48travailler plus longtemps,
32:49qu'il va falloir
32:49une réforme des retraites
32:50et qu'il va falloir
32:51faire des efforts
32:52dans les années qui viennent.
32:53Maintenant,
32:53ils veulent savoir pourquoi
32:54et ils veulent comprendre.
32:56C'est ça qu'il faut réussir à faire.
32:57Merci beaucoup
32:58à vous tous
32:59d'être venus débattre
33:00sur ce plateau.
33:01Demain,
33:02Olivier Bois
33:02recevra Anne Toulouse,
33:04journaliste franco-américaine,
33:05auteure de
33:05« L'art de Trumpé »
33:07ou « Comment la politique
33:08de Donald Trump
33:08a contaminé le monde ? »
33:10Quant à Marc-Olivier Fogel,
33:11il accueillera
33:11Tom Félix,
33:12ce Français libéré
33:13après 909 jours
33:15de détention en Malaisie.
33:17C'est sa toute première interview
33:18en longueur
33:20depuis sa libération.
33:21Il est l'heure
33:22de retrouver André Dusselier.
33:23Bonsoir André.
33:24Quelle histoire
33:25allez-vous nous raconter ce soir ?
33:26Bonsoir Anne-Sophie.
33:27Alors ce soir,
33:28je vais vous raconter
33:29comment Paul Boucuse
33:30a transformé sa passion
33:31pour la cuisine
33:32en un empire mondial.
33:35A tout de suite
33:35sur RTL.
33:36Et voilà comment nous mettre
33:37l'eau à la bouche.
33:38A tout de suite André.
33:40RTL.
33:41Votre radio.
Commentaires

Recommandations