- il y a 1 semaine
Ce jeudi 5 février, Alexandre Baradez, chef analyste chez IG, et Nicolas Goetzmann, responsable de la recherche et de la stratégie macroéconomique chez La Financière de la Cité, ont débattu sur résultats des entreprises aux États-Unis, ainsi que sur les défis auxquels Kevin Warsh est confronté, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:00Vous avez l'habitude de ce rendez-vous chaque matin dans Good Morning Market sur BFM Business.
00:04Deux acteurs de marché avec ce matin Alexandre Baradez, chef analiste d'IG.
00:07Bonjour Alexandre, vous êtes accompagné ce matin de Nicolas Gotsman qui est responsable de la recherche
00:13et de la stratégie macroéconomique à la financière de la cité.
00:16Bonjour Nicolas Gotsman, merci à tous les deux d'être présents ce matin.
00:20Journée donc de BCE en ce jeudi 5 février, nous en reparlerons dans un instant.
00:24Une actualité également Alexandre qui est très dense avec beaucoup de résultats d'entreprise aux Etats-Unis.
00:30Hier soir on a eu les résultats d'Alphabet, ce soir Amazon.
00:35On verra ce que ça donne tout à l'heure à l'ouverture de Wall Street à 15h30.
00:38On a quand même un titre Alphabet qui hésite un petit peu.
00:41Pourquoi ? Parce qu'on a des groupes qui vont encore étendre leur capacité d'investissement.
00:48Je cherche le chiffre, je crois qu'on est à 170-175 milliards de CAPEX là,
00:52la maison mère de Google, c'est monstrueux, c'est bien au-delà des attentes.
00:55C'est ça la grosse info d'hier soir, les résultats étaient très bons d'Alphabet,
00:58mais comme tous les groupes qui ont précédé aussi, on n'a pas une mauvaise surprise,
01:02Microsoft, tout a été solide.
01:04Mais sur Alphabet, c'est effectivement le CAPEX,
01:08et pas seulement les dépenses envisagées pour cette année,
01:10on avait un consensus entre 115 et 720 selon les estimations,
01:14on aura des chiffres finaux, on verra quand même en fin d'année ce qu'il en sera,
01:16mais Alphabet estime qu'ils vont pouvoir dépenser 175 en 185 milliards en capital d'investissement,
01:24et surtout sur le dernier trimestre, c'est là que le chiffre est stratosphérique,
01:27on partait sur un consensus à 28 milliards, on a quasiment 90 milliards d'investissement.
01:31Donc c'est vrai qu'ils mettent la barre extrêmement haut,
01:33je rappelle que Tesla par exemple, ils envisagent eux 20 milliards d'investissement,
01:36et pourtant c'est déjà un mastodonte dans le secteur.
01:39Donc on pensait que c'est ça l'intérêt de cette saison de résultats,
01:43c'est de voir est-ce que la dynamique d'investissement,
01:45qui était déjà très très importante depuis deux ans,
01:47allait encore se poursuivre cette année,
01:49donc le résultat c'est que c'est oui,
01:51mais les réactions de marché sont en revanche extrêmement disparates.
01:55On rappelle que par exemple Microsoft aujourd'hui évolue,
01:58l'action Microsoft 25% sous ses sommets historiques,
02:01c'est ce qu'on qualifie donc de bear market,
02:03quand vous passez sous les 20% de baisse,
02:04c'est un bear market, Nvidia à peu près 17% sous ses sommets.
02:07Et donc on remarque quoi ?
02:10On remarque que malgré tout les gros indices américains,
02:12prenaient le Nasdaq,
02:13il n'est que 4 à 5% sous ses sommets historiques.
02:16Qui l'eût cru que, si on vous avait dit ça il y a un an,
02:18que Microsoft serait 25% sur ses sommets,
02:19que le Nasdaq serait quasiment toujours au niveau record ?
02:22C'est ça qui est assez frappant,
02:23c'est finalement le groupe des 7 magnifiques,
02:26alors il y a Alphabet qui est toujours très bien perché,
02:27et Apple qui est aussi toujours relativement bien placé,
02:30mais vous avez des tests là qui sont beaucoup plus bas que les sommets précédents,
02:33et malgré tout, effectivement les gros indices américains,
02:35notamment la SP500,
02:36semblent assez peu sensibles à ça,
02:38même si je pense qu'on est quand même qu'au début de cette phase un peu consolidante.
02:41Je pense qu'on commence à avoir les premières faiblesses,
02:42avec une volatilité qui monte un petit peu,
02:44et puis il y a des secteurs qui souffrent beaucoup,
02:46tout ce qui est logiciel notamment,
02:48ça c'est les gros perdants, en tout cas en bourse pour l'instant,
02:50de la vague IA,
02:51on est grosso modo, pour résumer,
02:53tout le rallye, vous savez qu'on a eu depuis avril dernier,
02:55guerre commerciale, puis détente, négociation avec la Chine,
02:58l'énorme rallye sur la partie marché,
02:59sur le software il y a eu la même chose,
03:01et bien tout ce rallye a été effacé,
03:02c'est-à-dire l'énorme progression de toute l'année dernière,
03:04a été complètement effacée sur la partie software,
03:07donc on voit effectivement des repositions de marché
03:09qui sont extrêmement violentes ces derniers mois.
03:114 000 milliards de capitalisation boursière pour Alphabet,
03:14il y a à peine 250 milliards entre Alphabet et Nvidia,
03:17donc Alphabet qui est vraiment proche de la première place,
03:20de la première place du podium des premières capitalisations mondiales,
03:24Alphabet qui a pris quand même 60% en l'espace d'un an,
03:26120% en ligne droite depuis le mois de mai.
03:29D'un point de vue macroéconomique,
03:31comment vous regardez ce sujet Nicolas Gotsman ?
03:34C'est quand même aujourd'hui très compliqué de déceler les gagnants,
03:37les perdants de l'intelligence artificielle,
03:40comme le décrivait à l'instant Alexandre Baradès,
03:43on a une course de petits chevaux, ça change tout le temps,
03:45et les gagnants d'hier ne sont pas forcément les perdants de demain,
03:47enfin c'est compliqué à suivre.
03:49Oui mais je pense que tout ça est assez rationnel,
03:51parce que si on regarde ce qui s'est passé sur les 20 dernières années par exemple,
03:54on avait une économie mondiale qui était notamment largement portée
03:57parce qu'il pouvait exister la dynamique chinoise,
03:59en fait cette dynamique-là n'existe plus,
04:01on avait la démographie, celle-ci n'existe plus non plus,
04:04et en fait le seul levier de croissance qu'on a aujourd'hui au niveau mondial,
04:08c'est l'investissement, en gros la productivité et donc l'investissement.
04:12Donc si c'est le seul moyen de pouvoir générer de la croissance aujourd'hui,
04:14on voit effectivement que dans pas mal de pays,
04:16on a vraiment un soutien qui est fait de façon maximale à l'investissement et à la productivité,
04:21justement parce que c'est tout ce qui reste aujourd'hui.
04:23Et on voit, alors ce qu'on voit aux Etats-Unis, c'est clairement dans cette direction-là,
04:26on voit la discussion qui existe aujourd'hui au sein de la Fed,
04:28notamment avec Kevin Warch, le nouveau patron de la Fed,
04:32enfin peut-être le nouveau patron de la Fed,
04:34qui va arriver, qui veut soutenir cette dynamique-là,
04:36on voit ce qui se passe également au Japon, en Chine, c'est pareil.
04:39Le continent qui reste un peu à l'écart de tout ça,
04:41pour l'instant c'est évidemment l'Europe,
04:42où par exemple les données qui sont affichées par Google hier,
04:46c'est très largement supérieur à ce qui peut se passer sur la totalité du sol européen
04:51en termes d'investissement dans l'IA, donc évidemment on a un gros problème,
04:54c'est qu'on a un décrochage complet par rapport à ça,
04:56et c'est surtout une inquiétude sur la croissance future en Europe,
04:59parce que tout ce qui va nous rester dans cette situation-là,
05:02c'est éventuellement de diffuser une technologie qui sera développée ailleurs dans le monde,
05:06et c'est tout ce qui nous reste.
05:07Pour l'instant on est à plus de 400 milliards de promesses d'investissement,
05:10de la part de Microsoft, de Meta, d'Alphabet et d'Apple,
05:13à voir ce que va annoncer ce soir Amazon,
05:15mais on devrait allègrement dépasser les montants de l'an passé,
05:19on pourrait même frôler les 600 milliards d'investissement,
05:22c'est juste gigantesque.
05:23C'est quoi la représentation dans la part du PIB aujourd'hui ?
05:25Alors c'est 600 milliards à l'échelle mondiale, Nicolas Gotspan,
05:28mais c'est quand même un soutien important aujourd'hui à la croissance,
05:31notamment aux Etats-Unis.
05:32Aux Etats-Unis c'est très fort en fait,
05:33c'est quand on regarde tout ce qui est composante qu'il y a dans le PIB américain,
05:37c'est de l'ordre de 3%, donc c'est pas grand-chose.
05:39Par contre c'est quasiment 50% de la croissance depuis le début de l'année,
05:42enfin depuis 2025, donc il y a vraiment une croissance
05:44qui est portée par l'investissement.
05:46Ce phénomène-là on le voit également notamment au Japon,
05:48on voit qu'il n'y a pas grand-chose qui tient en dehors
05:50de l'investissement qui est extrêmement robuste.
05:52En Chine on a un peu de ça aussi dans ces secteurs-là.
05:56Effectivement, il y a vraiment une recomposition
05:58de la composition de la croissance qui est en train de se mettre en place.
06:01Pour l'instant c'est trop faible pour avoir des impacts aussi,
06:04enfin qui peuvent être durables,
06:06mais par contre le grand pari ensuite,
06:07parce que là on est vraiment dans la création de l'infrastructure
06:09qui permet la génération de l'IA derrière.
06:11Et ensuite on va voir l'éventuelle arrivée de tout cela
06:15dans les chiffres de la productivité.
06:16Et là où ça devient intéressant,
06:17c'est quand on regarde aujourd'hui le PIB américain,
06:20donc ce qui est attendu pour l'instant c'est à peu près 4%
06:21pour le dernier trimestre,
06:23sauf qu'on a zéro création d'emploi.
06:25Ça, ça suggère éventuellement effectivement
06:27le démarrage d'un cycle de productivité qui peut être important.
06:29Donc typiquement de ce qu'on a connu à la fin des années 90,
06:31pour l'instant c'est suffisamment,
06:32enfin c'est trop incertain,
06:34mais si jamais effectivement ça vient,
06:35on a enfin quelque chose qui ressemble
06:37à un espace d'espoir justement de pouvoir se tirer
06:40de cette situation de trappe d'absence de croissance mondiale.
06:44En tout cas, en attendant,
06:44les marchés sont un petit peu perdus.
06:47Alexandre Baradet sur les hypothétiques gagnants ou perdants,
06:51c'est vrai que le secteur du software là s'est fait,
06:54bon voilà, c'était compliqué en début de semaine.
06:56On a quand même aujourd'hui les valeurs défensives
06:58qui reviennent sur les devants de la scène,
06:59notamment en Europe,
07:00c'est le retour de la vieille économie,
07:01le Dow Jones également qui fait un bon début de semaine.
07:04Ça montre un peu une preuve de fébrilité
07:07des marchés actions quand même.
07:09Oui, mais c'est vrai qu'il y a beaucoup de sujets en ce moment
07:11parce qu'il y a aussi des données qui sont publiées
07:14par exemple aux Etats-Unis hier,
07:15quand vous regardez l'indicateur dans les services,
07:17on voit toujours ça parce que l'économie américaine
07:18reste une économie de services majoritairement.
07:20Et effectivement, c'est ce que décrivait Nicolas,
07:23c'est que vous avez la composante emploi de l'ISM service
07:27qui retombe à 50,
07:28donc il y a la limite à nouveau de la contraction,
07:29vous avez une nouvelle commande qui diminue un petit peu
07:31et puis la composante de prix qui reste toujours plutôt élevée.
07:34Donc il y a toujours cette idée que la question des taux
07:37est aussi regardée comme un sujet marché
07:40pour les questions à la fois de coût de crédit aux Etats-Unis,
07:42pour les questions éventuellement de rotation aussi.
07:45Quand vous avez des marchés,
07:46on parle de la tech à l'instant des valeurs de croissance,
07:48ça fait maintenant trois mois, trois mois et demi
07:49que le Nasdaq n'a pas marqué de nouveau record.
07:51Donc est-ce qu'il n'y a pas aussi un petit peu de rotation qui s'opère
07:53parce que vous avez des rendements qui restent toujours très élevés aux Etats-Unis
07:56et cette question effectivement de l'inflation aux Etats-Unis
07:59qui est toujours, si on prend la mesure CORE-PCE,
08:02donc l'une des mesures principales pour la Fed,
08:03une inflation sous-jacente à 2,8,
08:05donc on n'est toujours pas l'objectif.
08:07Et plusieurs speakers qui sont un peu moins haut-dimensionants
08:09parce qu'on est tous focalisés sur Walsh
08:10et sur la nomination future du futur président de la Fed,
08:14mais vous avez des membres de la Fed comme Bostik ou d'autres
08:16qui disent que l'inflation est toujours un sujet,
08:18ce n'est pas quelque chose qu'on doit évacuer et qui a été évacué.
08:21Donc c'est vraiment un puzzle qui est intéressant à observer
08:26et aussi par rapport à l'élection mid-terme qui approche
08:30parce qu'on voit qu'il y a quand même une faiblesse aux Etats-Unis,
08:32cette économie qui est quand même en cas
08:33et toutes les datas récentes le montrent.
08:35L'étude du Conference Board, l'étude du Michigan ou autre
08:37montre cette économie en cas.
08:39Vous avez même une entreprise comme PepsiCo par exemple
08:41qui dit voilà, on a une pression des consommateurs
08:42qui nous font savoir que nos prix sont trop élevés.
08:44Les consommateurs qui font savoir à PepsiCo
08:46que le prix des chips est trop élevé,
08:47ce n'est pas le top 20% des Américains évidemment.
08:50Donc il y a cette économie aussi qui je pense
08:52qui pour Trump est un problème
08:53parce qu'il a multiplié les annonces
08:55à destination des consommateurs depuis le début de l'année,
08:58le plafonnement des coûts de cartes de crédit,
09:00l'histoire des achats de besoins individuels
09:02par les institutionnels, toutes ces annonces-là,
09:04l'idée qu'il laisse toujours un peu flotter
09:05même s'il s'en est un petit peu écarté
09:06de reverser une partie des droits de douane sous forme de chèque.
09:08Voilà, on sent qu'il cherche à réappâter un peu
09:11l'électeur consommateur
09:12mais ça veut dire qu'il y a quand même une question derrière
09:14de tout autour de l'économie.
09:17Qu'est-ce qui va faire la croissance du PIB en 2026 ?
09:20Est-ce que c'est plus effectivement le CAPEX,
09:21plus la consommation ?
09:23Alors qu'historiquement, on sait que la consommation,
09:25c'est quand même la colonne vertébrale
09:26de la croissance américaine.
09:27Nicolas Godzman, que peut faire Kevin Warch
09:31pour essayer de baisser les taux ?
09:33Sachant qu'on le voit bien,
09:35il y a quand même beaucoup de choses dans cette équation.
09:38Le dollar, le marché obligataire,
09:41le refinancement, la crédibilité des marchés,
09:43les jumbo cuts que souhaite mettre en place Donald Trump,
09:46elles ne seront pas si faciles que ça à mettre en place
09:48s'il peut les mettre en place.
09:49Déjà, il n'est pas encore arrivé.
09:52En juin, normalement, ça sera sa première réunion.
09:54En juin, mais déjà, il faut qu'il passe le comité bancaire du Sénat,
09:56il faut qu'il soit validé.
09:57Pour l'instant, il y a un membre qui bloque sa nomination
10:01et c'est suffisamment bloquant pour l'empêcher de venir
10:03au sein du board.
10:05Ensuite, même s'il y parvenait,
10:07je pense qu'il a trop critiqué par le passé
10:11et il a une approche qui, à mon avis,
10:12n'est pas suffisamment reposant sur les données
10:14pour pouvoir convaincre le reste du board.
10:16Et vous avez quand même 12 votes
10:18et ce n'est pas son vote à lui
10:19qui va infléchir la position des autres.
10:22Et je pense que même au sein du board de la Fed,
10:25il y a des poids lourds intellectuels
10:27qui vont le dominer sur ce point de vue-là.
10:30Et donc, je ne pense pas qu'il a la capacité
10:31de convaincre qui que ce soit au sein du board.
10:33Donc, c'est vraiment un problème.
10:34Ensuite, ça peut se faire au fur et à mesure du temps.
10:36Mais donc, je ne pense pas qu'entre ce qui est aujourd'hui
10:38annoncé par Kevin Walsh sur ce qu'il voudrait faire
10:40et sur ce qu'il est capable de faire,
10:41à mon avis, il y a vraiment un écart très important
10:45et que ce qui va être fait, a priori, par la Fed
10:48dans les prochains mois ressemblera très fortement
10:50à ce qui a été fait dans les mois précédents.
10:52Ensuite, il y a vraiment ces questions de productivité
10:54qui est intéressante et qui est décisive pour les États-Unis.
10:58Et comme vous l'avez dit, effectivement,
10:59ces questions d'économie en cas,
11:01en fait, ce qui est problématique,
11:02c'est que vous avez aujourd'hui un PIB américain
11:04qui est largement entraîné par des entreprises
11:07qui ne sont absolument pas contraintes par le niveau des taux,
11:11donc les 7 magnifiques qui vont investir de façon colossale
11:13et qui vont avoir une empreinte sur le PIB
11:14qui va être assez importante.
11:16Le problème, c'est que la Fed va réagir à cela
11:18en ajustant et en ayant une politique
11:21qui est, pour le moins, en moyenne restrictive,
11:24un petit peu restrictive.
11:25Mais si vous regardez le reste de l'économie,
11:27tout ce qui est l'économie normale aux États-Unis,
11:29peut-être que la situation est un peu trop restrictive
11:31et qu'on a besoin d'ajuster le tir par rapport à ça.
11:34Et quand on voit ce qui se passe sur l'emploi aujourd'hui,
11:35les chiffres ne sont quand même pas extraordinairement rassurants,
11:37il y a peut-être effectivement une marge de manœuvre
11:39pour pouvoir baisser un petit peu les taux
11:40et soutenir notamment le secteur de la construction
11:42et la consommation américaine
11:44qui n'est pas non plus aussi belle qu'elle ne l'a été.
11:48Les chiffres de l'emploi qui ne seront pas publiés demain
11:50en raison du shutdown,
11:51habituellement c'est chaque premier vendredi du mois,
11:54là c'est décalé au 11 février,
11:55c'est-à-dire mercredi prochain.
11:57En attendant, hier on a eu les chiffres ADP,
11:59il faut rester toujours bien sûr très prudent
12:00sur ces enquêtes ADP
12:02qui montraient 22 000 créations de postes.
12:05Bon, au final, un nouveau président,
12:07pas pour rien,
12:08mais c'est dans la continuité,
12:09c'est ce à quoi il faut s'attendre,
12:11Alexandre Baradez.
12:12Pour Kevin Walsh ?
12:12Oui.
12:13Oui, effectivement,
12:13alors après ça,
12:14pour compléter ce qu'il vient de vous dire,
12:15il y a aussi la question des procédures en cours.
12:17On sait que certains membres du Sénat avaient dit
12:19tant que ces procédures sont en cours
12:20contre Jérôme Paul et contre Lisa Cook,
12:22nous il nous faut de la visibilité,
12:24donc tant qu'il y a ces procédures ouvertes,
12:25il n'y aura pas de validation.
12:26Donc c'est aussi un moyen pour mettre
12:29un peu la pression inversée en fait
12:30sur l'administration américaine
12:32et sur le département de la justice
12:32qui est un petit peu quand même
12:33aux ordres de l'administration américaine
12:34pour évacuer rapidement ces affaires-là.
12:37Donc c'est quelque chose de la conserver.
12:39Après, mon sentiment,
12:40c'est quand même que Kevin Walsh,
12:42une fois que cette question des procédures
12:44ouvertes contre la fête actuellement
12:45sera évacuée,
12:47j'ai l'impression que c'était le meilleur
12:48et j'ai l'impression que Trump
12:50a beaucoup écouté Scott Bessent là-dessus.
12:51Je pense que le nom de Walsh
12:53a quand même été glissé par Scott Bessent
12:54parce que Walsh, dans cette espèce
12:57de lettre de bonnes intentions,
12:59il expliquait vouloir travailler
13:00plus étroitement avec le trésor.
13:02Donc c'est effectivement,
13:02on voit très bien en duo Bessent-Walsh
13:04travailler de concert.
13:06Donc j'ai l'impression que c'est quand même
13:07le choix et même d'un point de vue marché,
13:09je suis plus rassuré d'avoir un Kevin Walsh
13:10nominé par Trump que d'avoir un Kevin Assett
13:12par exemple qui était vraiment
13:13le larbin de Trump.
13:16En gros, fait ça Kevin et Kevin le fait.
13:18Donc Kevin Walsh a probablement...
13:19Et là, ça sera mal le cas.
13:21Il y a quand même un parcours,
13:23je dirais même un parcours de carrière.
13:25Kevin Walsh, il a été atteint de politique,
13:27un parcours financier aussi
13:29et un parcours, il a eu quelques années,
13:31je crois entre 5-6 ans au sein de la fête.
13:33Donc il a un parcours quand même très diversifié,
13:35il connaît bien les arcanes et les mécanismes.
13:37Et ça, est-ce que c'est mauvais ?
13:38Je ne pense pas d'avoir plusieurs expériences
13:40comme ça, justement pour pouvoir doser
13:42chaque partie.
13:43Donc je trouve qu'il a un profil
13:44qui est plutôt équilibré
13:45et qui normalement devrait passer le Sénat
13:47sans trop de soucis normalement.
13:48En un mot, Nicolas Gotsman,
13:50le consensus aujourd'hui table sur
13:52deux baisses de taux aux Etats-Unis.
13:53Vous êtes à l'aise avec ça ?
13:55Je pense qu'on peut aller plus loin.
13:56Mais en fait, on a...
13:58Depuis le premier shutdown aux Etats-Unis,
14:00on a vraiment un problème de lecture
14:01de ce qui se passe aux Etats-Unis
14:02parce qu'on n'a pas des données,
14:02on a des ruptures de série.
14:04C'est vraiment inconfortable.
14:05Je pense qu'on a besoin de voir
14:06plus de données pour la suite.
14:07Et je pense que c'est exactement
14:08le type de réflexion
14:09qui va avoir lieu au sein de la Fed.
14:10C'est que oui, il y a un scénario
14:11pour baisser plus de taux
14:12si on a un boom de productivité
14:13qui est en route.
14:14Par contre, si on a un problème,
14:15une problématique liée à l'inflation
14:16ou ce genre de choses,
14:17là, ça peut être beaucoup plus compliqué.
14:18Du côté de la BCE,
14:19réunion cet après-midi,
14:20statu quo attendu.
14:22Christine Lagarde
14:23qui sera sûrement interrogée
14:24sur la probable nomination
14:26de Kevin Warch.
14:27Et puis, bien sûr,
14:28sur la remontée des taux longs.
14:29On a quand même un 30 ans allemand
14:31qui est sur des plus hauts de 15 ans,
14:32au-delà des 3,5.
14:33On a vu l'écart de taux
14:34entre la France et l'Allemagne
14:35se resserrer.
14:37Bon, c'est quand même
14:37le 10 ans allemand qui a remonté.
14:39Ce n'est pas vraiment
14:39le 10 ans français
14:40qui s'est détendu.
14:41Ça, c'est un sujet quand même
14:42pour la BCE,
14:43pour la croissance,
14:44pour le financement de l'économie.
14:46La BCE continue son QT,
14:48donc la réduction de la taille
14:49de son bilan
14:49à hauteur de 3 % du PIB par an,
14:51ce qui est colossal.
14:52En fait, elle fait ça,
14:53en gros,
14:54depuis sa première baisse de taux.
14:55C'est-à-dire qu'elle va avoir
14:56un effet plutôt accommodant
14:57sur la partie courte de la courbe,
14:59donc en baissant ses taux.
15:00Et par contre,
15:01elle continue d'entraîner
15:01la partie longue de la courbe
15:03vers le haut,
15:04ce qui est vraiment un problème.
15:05C'est aussi une des raisons
15:06pour lesquelles on a un euro
15:07qui est aussi fort aujourd'hui,
15:08puisque l'euro,
15:09qui est comparé
15:09aux 40 partenaires commerciaux
15:11européens,
15:13a atteint la semaine dernière
15:14son plus haut historique,
15:15ce qui n'est quand même
15:15pas extraordinairement malin
15:17de venir au milieu
15:18de la plus grande guerre commerciale
15:20qu'on a depuis pas mal de temps
15:21avec la monnaie la plus élevée
15:22de son histoire,
15:23ce qui est vraiment absurde.
15:25Et donc, oui,
15:25je pense qu'il y a vraiment
15:26un problème au sein de la BCE.
15:28Ils sont, à mon avis,
15:29beaucoup trop restrictifs.
15:30On le voit à peu près.
15:31Quand on voit les données français,
15:32c'est une catastrophe.
15:330,4 % d'inflation.
15:34On n'a pas de croissance
15:34depuis la première hausse de taux,
15:36donc depuis 2022.
15:38C'est à peu près
15:38la même situation en Allemagne.
15:39Par contre,
15:39ce qui est en train de se passer
15:40en Allemagne,
15:40c'est qu'on voit
15:41qu'on commence à voir
15:42les premiers indices
15:43de la sortie,
15:45on va dire,
15:45du plan fiscal allemand
15:47avec des données
15:48qui sont un peu positives.
15:50Le problème de cela,
15:50c'est que la BCE
15:51va avoir une tentation
15:52de vouloir freiner cela
15:54et les faits.
15:55Ce sera tout ce qui va être fait
15:57en plus sur l'Allemagne
15:58va devoir être absorbé
15:59en moins sur les autres pays,
16:01notamment sur le secteur privé.
16:02Et le bon candidat
16:03pour ça,
16:04c'est également la France.
16:05Donc pour vous,
16:06il faut baisser des taux
16:07sans plus attendre ?
16:09Ce n'est pas une question.
16:09Alors,
16:10je pense que c'est moins important
16:11de baisser les taux
16:11que d'arrêter l'absurdité
16:13de la baisse,
16:13de la réduction du bilan
16:15aujourd'hui
16:16pour la BCE.
16:18On voit ce qui a été fait
16:19aux Etats-Unis.
16:19Ils l'ont freiné
16:20depuis un an aujourd'hui.
16:21Ensuite,
16:22ils l'ont arrêté.
16:22Ils ont même relancé derrière.
16:24C'est-à-dire qu'on a une situation
16:25qui est totalement inversée
16:25entre ce qui est fait
16:26aujourd'hui par la Fed
16:27et la BCE.
16:28Et le plus absurde là-dedans,
16:33alors que la BCE
16:34est aujourd'hui
16:34beaucoup plus restrictive
16:35que ce que fait la Fed
16:37de son côté.
16:38Alexandre Baradez,
16:38le mot de la fin.
16:39Pour rappel,
16:39le taux de dépôt
16:40est à 2%.
16:41Oui,
16:41et l'inflation est à 1,7%
16:42désormais en euros.
16:43On avait déjà eu ce chiffre
16:44il y a quelques trimestres.
16:45On était là pour mon taux
16:46de la 2%
16:46et on revient à 1,7%.
16:48Effectivement,
16:48Nicolas l'a bien dit,
16:49France,
16:49si on les mesure harmonisait
16:50ou pas,
16:51c'est 0,3-0,4%,
16:52mais effectivement
16:53en variation annuelle,
16:54donc pas mensuelle.
16:55Donc effectivement,
16:56on a discuté avant
16:57d'entrer sur le plateau.
16:58Potentiellement,
16:58effectivement,
16:58il y a de la place
16:59encore pour au moins
17:00une baisse de taux,
17:01pourquoi même pas 2%,
17:02sachant qu'effectivement,
17:03ça permettrait de diminuer
17:04un peu les coûts de crédit,
17:05de dynamiser un petit peu
17:05l'économie.
17:06Et on voit que les speakers
17:07de la BCE
17:08commencent à ressortir.
17:09C'est encore assez modéré,
17:10mais quand l'euro a passé
17:11les 1,20,
17:12on a vu Iloura de Gallo
17:13parler un petit peu
17:13du niveau de l'euro.
17:14Donc on voit que le sujet
17:15du niveau de l'euro
17:15commence à devenir un sujet
17:17qui est discuté au niveau
17:18de la BCE,
17:18mais c'est vrai qu'il faut être
17:19peut-être beaucoup plus audibles
17:20et être plus agressifs aussi
17:21pour vraiment limiter
17:22les valléités des investisseurs
17:24parce qu'ils vont tester
17:24aussi un peu la BCE
17:25au-delà de 1,20 pour l'euro-dollar.
17:27François-Milleroy de Gallo
17:28qui sera d'ailleurs l'invité
17:29demain matin de l'orclosier
17:30dans la matinale
17:30dans Good Morning Business.
17:32Merci beaucoup à tous les deux
17:33de nous accompagner.
17:34Alexandre Baradez,
17:35donc chef analyste d'IG
17:36et Nicolas Gotsman,
17:37responsable de la recherche
17:38et de la stratégie microéconomique
17:39à la financière de la Cité.
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