00:00On va continuer à faire le point sur ce qui s'est passé dans ce collège, une professeure poignardée par un élève de 3e, 3 ou 4 coups de couteau.
00:09Et on a ces nouvelles, encourageantes en tout cas, de l'état de santé Boris Karlamov de cette professeure qui est donc sortie du bloc opératoire et son état est stable.
00:19Oui absolument, elle a été opérée en fin de journée, le préfet Duvar nous l'avait indiqué sur BFM TV tout à l'heure,
00:25elle est donc sortie du bloc opératoire, un état stable avec un pronostic vital qui reste engagé.
00:31Mais l'opération s'est visiblement bien déroulée, cette femme elle est âgée de 60 ans, c'est une professeure d'art plastique,
00:37elle a donc reçu 3 ou 4 coups de couteau peu après 14h dans sa salle de classe cet après-midi par l'un de ses élèves,
00:45âgé de 14 ans qui a été placé en garde à vue.
00:49Selon le procureur de la République de Toulon, il y avait des tensions entre l'élève et la professeure,
00:54il lui en voulait d'avoir fait des rapports à son encontre, déclaration du procureur.
01:00On en sait davantage également sur son profil, puisque en mars 2025, en mars dernier,
01:07le collège avait effectué un signalement à la suite de suspicions de violences commises par les parents de l'auteur présumé de ses coups de couteau
01:14sur la jeune sœur de ce dernier.
01:16Une enquête avait été ouverte, mais elle n'avait pas prouvé ses suspicions de violences sur les enfants.
01:22Le Parc et Toulon avait décidé de classer sans suite cette enquête, tout en saisissant le juge des enfants en assistance éducative.
01:28On apprend ce soir, Julie.
01:29Et le juge des enfants, à ce moment-là, c'est ce que vous alliez dire, pardon, n'avait relevé aucun élément qui pouvait laisser penser qu'il était dangereux.
01:37Absolument. C'était le 17 septembre dernier. Le juge des enfants ordonnait alors une mesure d'assistance éducative pour l'adolescent de 14 ans et pour sa jeune sœur.
01:45Le garçon était alors décrit comme peu locasse. Il contestait avoir subi des violences de la part de ses parents.
01:51Et aucun élément de dangerosité le concernant n'était relevé par le juge des enfants. C'était en septembre dernier.
01:55Je m'arrête un instant quand même sur l'acte. On parle d'un enfant de 14 ans en classe de 3e qui, en pleine classe, s'en prend à sa professeure d'art plastique dans son collège de Saint-Marie-sur-Mer,
02:05qui porte quatre coups de couteau. Ça a été précisé dans un communiqué du procureur ce soir.
02:10Laurent Vallier s'a dit quelque chose quand même de l'acharnement.
02:13C'est pas un coup de couteau, c'est quatre coups de couteau portés par un enfant de 14 ans à une professeure de 60 ans.
02:20Oui, à nos gens sur Marne, souvenez-vous Julie, Quentin, 14 ans aussi, il avait tué une... pas une professeure, mais une surveillante.
02:31Pareil, coup de couteau. C'est ce qu'on craint. C'est ce que depuis un moment que l'enseignement supérieur craint ça.
02:37Vous savez, aux États-Unis, il y a ce qui s'appelle les tueries de masse.
02:39Parce qu'en réalité, c'est des élèves en situation d'échec qui reviennent.
02:43Alors comme aux États-Unis, les armes sont facilement disponibles, ils reviennent au collège ou au lycée
02:49et il y a une tuerie de masse parce qu'ils tirent jusqu'à ce que mort s'en suive.
02:52Parce qu'en réalité, c'est souvent ce que les Américains appellent des suicides by cop.
02:56Vous savez, ils viennent pour une opération au bout de laquelle ils seront neutralisés par la police.
03:02Là, en France, où les armes sont évidemment bien moins disponibles, on assiste.
03:06On assiste. Nos gens, je crois que c'était le deuxième ou le troisième déjà, on assiste à des collégiens qui arrivent.
03:12Alors soit ça peut être un dépit amoureux avec une ancienne petite amie, soit ça peut être un professeur indifférent avec un professeur,
03:19comme ça semble être le cas si j'en crois Boris aujourd'hui,
03:23et qui viennent dans une sorte d'expédition punitive au sein du collège.
03:28Donc c'est vrai que c'est extrêmement difficile.
03:30À chaque fois, le débat des portiques revient sur le devant, après les établissements.
03:34Oui, sur les façons pour lutter contre l'incolution de ces couteaux dans les établissements.
03:38C'est extrêmement difficile.
03:38Et ça, on va y revenir dans un instant, évidemment, puisqu'il y a déjà des réactions politiques.
03:42Mais sur les relations, Boris, entre cette professeure et cet élève,
03:48a priori, dans ses motivations, vous le disiez, pas de connotation religieuse, pas de connotation politique,
03:53mais il y a eu effectivement plusieurs rapports disciplinaires réalisés par cette professeure à l'encontre de cet étudiant.
03:59Absolument. Il y avait eu par le passé des tensions entre le mis en cause et sa victime.
04:04Et il lui en voulait d'avoir fait des rapports à son encontre.
04:06Alors on ignore la nature de ces rapports.
04:09Est-ce des rapports sur son comportement, son attitude, sur son travail, sur son comportement avec ses camarades ?
04:15Quoi qu'il en soit, selon le procureur, cela pourrait être l'élément déclencheur,
04:20même s'il fait preuve de prudence ce soir encore, puisque les investigations débutent à peine ?
04:25On a l'impression qu'on reste complètement impuissant, Yves Tréhard, face à ces coups de couteau,
04:30cette violence qui entre directement dans, non pas, même pas dans la cour d'école, dans les classes.
04:38Il y a des mesures pourtant qui ont été prises.
04:42On a parlé de ces fouilles aléatoires des sacs, ça c'est ce qui a été mis en place,
04:46des conseils de discipline, un plan santé mental,
04:48mais on a l'impression que, voilà, ça continue et on n'arrive pas à juguler.
04:51Normalement, on se dit que dans un établissement scolaire, une enceinte scolaire,
04:55notamment au niveau du collège quand même, ça devrait être zéro risque.
04:59Mais on n'est plus à l'époque de la guerre des moutons non plus.
05:02On est dans une société qui est déjà beaucoup plus violente que par le passé,
05:07hors des établissements scolaires.
05:09Donc évidemment, il y a le reflet de ce qui se passe en dehors,
05:13qui se retrouve dans les écoles.
05:14Et puis, il y a la cellule familiale aussi.
05:18Pardon, je vais un peu loin, mais la cellule familiale a éclaté.
05:22On n'est plus dans des familles qui sont classiques aujourd'hui,
05:27avec des enfants qui ont parfois des problèmes,
05:30qui sont un peu laissés à eux-mêmes,
05:31parce que la vie n'est pas la même que par le passé.
05:35Et c'est vrai que c'est très difficile de prévenir tout ça.
05:38Mais ce qu'on voit quand même, c'est qu'il y a un acharnement parfois,
05:43et il y a surtout la détention d'armes pour aller jusqu'à tuer.
05:48Parce que là, ce jeune garçon s'en est pris à un enseignant.
05:53Mais rappelez-vous, ce jeune garçon qui s'en est pris à une camarade d'école,
05:57c'était dans la région de Nantes, je crois, qu'il a tué.
06:00Il l'a frappée, c'était le 24 avril 2025, de 57 coups de poteau.
06:05Mais vous vous rendez compte ?
06:06Donc c'est quand même, et c'est des choses qui reviennent régulièrement.
06:10Alors effectivement, il y a l'histoire du contrôle aléatoire des sacs,
06:14il ne faut pas l'abandonner, je pense que c'est quand même quelque chose qu'il faut faire.
06:17Il y a l'histoire des portiques, moi je ne sais pas si les portiques c'est…
06:20Installer, c'est-à-dire des portiques de sécurité devant chaque établissement.
06:22Oui, mais alors ça ralentit énormément le flux des élèves dans les établissements.
06:28Enfin bon, et puis il y a surtout, ce que disait tout à l'heure un enseignant
06:32qui connaît bien le sujet, c'est la communication interne à l'école,
06:38entre les professeurs, pour signaler des cas qui peuvent être un peu délicats,
06:43et puis aussi avec les parents, puisque là par exemple,
06:50le vendredi dernier, il a été rappelé à l'ordre par cet enseignant,
06:55il y a eu un rapport de fait, il faut peut-être faire attention quand c'est comme ça,
06:59parce qu'il peut y avoir des représailles qui sont après…
07:03C'est-à-dire cadrer encore un peu plus l'élève.
07:05Rocaia Diallo, on a entendu les enseignants, les syndicats d'enseignants aujourd'hui,
07:09exprimer leur ras-le-bol aussi face à ces agressions qui se multiplient,
07:13demander notamment plus de moyens humains pour ces contrôles, ces fouilles de sacs.
07:17Qu'est-ce qu'il faudrait faire pour empêcher que ce genre de drame n'arrive ?
07:20Malheureusement, le propre de ce genre de drame,
07:22c'est qu'ils sont extrêmement difficiles à prévoir et anticiper.
07:24En l'occurrence, là, il y a une défaillance,
07:26puisque l'élève avait été identifié comme possiblement violent,
07:29qu'il y avait une tension qui a été identifiée entre lui et la professeure,
07:32et une forme de ressentiment qui semblait s'être installée.
07:37Il y a des choses qui n'ont pas eu lieu,
07:38c'est-à-dire que le signalement n'a pas été suivi des faits.
07:41C'est vrai que dans les écoles, on parle des fouilles,
07:42mais tous les personnels périscolaires,
07:44notamment qui entraient à la santé, sont complètement en manque.
07:48On a des manques d'infirmières scolaires, d'assistantes sociales,
07:50toutes les personnes qui pourraient faire le suivi des élèves
07:53qui auraient des problèmes, en cas besoin d'être accueillis
07:57par rapport à une certaine parole.
07:59Et je pense que l'école, en fait, c'est aussi le réceptacle de tensions
08:02qui existent à l'extérieur de l'établissement.
08:04C'est important de rappeler aussi que, voilà,
08:05cet élève semblait vivre dans un environnement familial
08:08qui était quand même assez violent, assez difficile.
08:10Moi, je ne crois pas que les familles, aujourd'hui,
08:12soient plus génératrices de violences qu'auparavant.
08:14Il faut rappeler que, même si ce qui s'est passé aujourd'hui
08:16est extrêmement grave et très préoccupant,
08:18de manière générale, le plus grand risque que les enfants ont
08:21de recevoir de la violence vient du cercle familial.
08:23De manière générale, qu'il s'agisse de violences physiques
08:25ou de violences sexuelles, ça vient de la famille.
08:27Donc, il ne faut pas non plus, comment dire,
08:30idéaliser les familles telles qu'elles existaient auparavant.
08:33Maintenant, ce qui est effarant,
08:36c'est combien les profs sont isolés,
08:39et pas uniquement pour ça.
08:40C'est-à-dire que, de manière générale,
08:41c'est une plainte qui est récurrente chez les enseignants.
08:43C'est qu'ils se sentent seuls quand ils identifient un danger,
08:45quand ils ont besoin de soutien.
08:47Et ça, quelle que soit la raison pour laquelle
08:48ils se sont exposés à une agression,
08:50la solitude, l'isolement, le manque de solidarité
08:52et le manque de communication,
08:54c'est une caractéristique récurrente.
08:55Et à l'instant, je disais, on apprend qu'elle vient de sortir
08:57du bloc opératoire, cette professeure,
08:59et que son état est stable.
09:01Évidemment, on suivra l'évolution de cette enquête.
09:03On marque une très courte pause.
09:04On se retrouve dans un instant.
09:06Les chances pour Marine Le Pen
09:08de pouvoir candidater à la présidentielle
09:09se sont amenuisées.
09:11Ce mardi, 5 ans d'inéligibilité ont été requis en appel.
09:14C'est bien une réquisition et non une décision.
09:16Mais si la peine est confirmée,
09:18cela empêchera Marine Le Pen
09:19de se lancer dans la course à la présidentielle.
09:20On fait le point sur les scénarios possibles
09:22dans quelques minutes.
09:23Et puis, on reviendra sur ce qui s'est passé
09:25au Moyen-Orient.
09:27Washington qui abat un drone iranien
09:29qui s'était approché trop près d'un porte-avions.
09:31Un incident révélateur de l'extrême tension
09:33entre les États-Unis et l'Iran.
09:34L'Iran qui menace également la France
09:36dans un tweet mystérieux
09:37publié par une agence de presse
09:39proche du pouvoir.
09:40Les explications de nos spécialistes
09:42dès 22h50.
09:43Voilà pour le programme.
09:44On se retrouve dans quelques minutes.
09:45Vous ne bougez pas.
09:46A tout de suite.
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