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  • il y a 2 mois
Chaque soir, Julie Hammett vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00On revient donc sur, à tout à l'heure, la réaction de Gérald Darmanin après la remise en liberté de Nicolas Sarkozy sous contrôle judiciaire.
00:07Dans sa décision, on le rappelle, la Cour d'appel de Paris a formulé plusieurs conditions à cette remise en liberté,
00:12et notamment l'interdiction pour l'actuelle garde des Sceaux de rentrer en contact avec Nicolas Sarkozy.
00:17On l'écoute, c'était ce soir chez nos confrères de TF1.
00:21Je garde une pectorée mes opinions personnelles. J'ai une autre idée de ma fonction, celle de conserver l'état de droit.
00:28Et dans l'état de droit, il y a la séparation des pouvoirs et le respect des décisions individuelles des juges qui prennent en toute indépendance.
00:34J'imagine, comme il l'a toujours fait, que Nicolas Sarkozy va respecter ses obligations,
00:39et notamment par entrer en contact avec le ministre de la Justice, tant que je suis ministre de la Justice.
00:43S'il était arrivé n'importe quoi à Nicolas Sarkozy, je rappelle qu'il a été menacé, il y a même eu des enquêtes et des perquisitions à la prison de la Santé suite à ces menaces.
00:49S'il avait été blessé, s'il avait été tué en prison, qui était responsable ?
00:53Le chef de l'administration pénitentiaire, le ministre, le chef de l'administration.
00:57Et je pense que s'il est arrivé quelque chose, le Parlement, les médias, la Cour de justice de la République m'aurait demandé des comptes.
01:02J'ai rempli mon rôle et je le regrette en rien.
01:04Et on accueille sur ce plateau notre invité Christian Saint-Palais.
01:07Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation.
01:09Avocat pénaliste, ancien président de l'Association des avocats pénalistes.
01:13Bienvenue sur ce plateau.
01:14Est-ce que vous comprenez, vous, cette décision, cette obligation, donc, liée à ce contrôle judiciaire,
01:22de ne pas rentrer en contact avec Nicolas Sarkozy ?
01:24Si vous voulez, on en prend acte, je ne peux pas faire autrement.
01:27Ce qui est intéressant, c'est la motivation.
01:29C'est une décision qui est très motivée.
01:33D'abord, la Cour relève que Nicolas Sarkozy, selon elle, a déjà pris attache avec une autorité,
01:38c'est-à-dire le directeur central de la sécurité intérieure.
01:41Donc ils disent que Nicolas Sarkozy dit que ça n'a rien à voir, mais enfin, on le note.
01:43La Cour relève ensuite qu'il a été condamné définitivement pour corruption.
01:48Trois ans d'emprisonnement, dont un ferme, mais trois ans d'emprisonnement, c'est ce que rappelle la Cour.
01:51Qu'il ait mis en examen par ailleurs dans une autre affaire de corruption.
01:56Et que, ça c'est la personnalité de Nicolas Sarkozy,
01:59et que le ministre de l'Intérieur a la possibilité de demander à ses procureurs généraux,
02:03c'est-à-dire ceux qui sont en charge de l'accusation devant la Cour d'appel,
02:05des rapports précis sur des éléments de la procédure.
02:10Et donc, dit la Cour, dès lors qu'on a relevé ces éléments de la personnalité de Nicolas Sarkozy,
02:15et dès lors que les procureurs généraux ne peuvent pas refuser au ministre de la Justice
02:19les rapports qu'ils demanderaient,
02:22alors, il conclut, la Cour conclut,
02:24au risque d'atteinte à la sérénité des débats,
02:27et à l'indépendance des magistrats.
02:29C'est une motivation quand même qui est très articulée,
02:32qui est très écrite,
02:33et qui est quand même avec des mots choisis.
02:38Avec des mots choisis, mais elle n'est pas comprise par tout le monde, cette décision.
02:41Regardez la réaction ce matin de Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France.
02:45Le garde des Sceaux a le droit de faire ce qu'il veut.
02:47Ce n'est pas un juge qui va décider ce que fait le garde des Sceaux.
02:49On est chez les fous. Qu'est-ce que vous lui répondez ?
02:51Non, non, mais attendez.
02:53Quelqu'un doit être jugé.
02:54Et la Cour relève le statut très particulier de Nicolas Sarkozy,
02:57qui est un ancien président de la République.
02:59Et je vous dis, il relève les infractions
03:01qui sont désormais définitives.
03:03Et donc une certaine aptitude à la corruption.
03:05Je crois que c'est comme ça qu'il faut lire l'arrêt de la Cour,
03:07ce qui est assez sévère.
03:09Mais donc c'est plutôt normal, selon vous, qu'il n'est pas...
03:12Non, mais je ne dis pas si c'est normal ou pas,
03:13parce que c'est la Cour qui apprécie.
03:14La Cour devait déterminer si la personnalité
03:17et les circonstances de l'affaire
03:19exigeaient des obligations du contrôle judiciaire,
03:22et notamment des interdictions de contact.
03:23Voilà comment elle a motivé cette interdiction,
03:25qui est assez inédite, bien sûr.
03:27Mais, je vous dis, ce sont des termes choisis.
03:31– Vous dites quoi ?
03:32Tout est inédit dans cette affaire,
03:33il dit François, effectivement.
03:34– Oui, c'est tellement inédit.
03:36Je suis d'accord.
03:37Non, mais c'est le mot « contact » que vous utilisez, maître.
03:41Gérald Darmanin, ce n'est pas un contact comme les autres.
03:44Vous voyez, ce n'est pas quelqu'un...
03:45D'abord, ce n'était pas un contact qui est mêlé à l'affaire, évidemment.
03:48Et c'est quand même le ministre de la Justice.
03:49Donc, c'est un peu étonnant qu'il soit nommément...
03:53– Ah non, il n'est pas nommément, c'est le ministre de la Justice.
03:56– C'est en fonction de garde des Sceaux.
03:57– Voilà, c'est le ministre de la Justice.
03:58– Et tous les membres de son cabinet
04:01qui seraient susceptibles d'avoir accès au rapport des procureurs généraux.
04:04Donc, la Cour a voulu motiver juridiquement.
04:06Et elle a dit, on va juger un homme.
04:07– Mais c'est le garde des Sceaux, ce n'est pas son cabinet.
04:10– Non, non, non, c'est tout le monde.
04:12– Et son cabinet.
04:12– C'est tout le monde.
04:13– Non, c'est tout le monde.
04:14– C'est tout le monde.
04:14– Mais c'est pour ça que lui, d'ailleurs, quand il répond,
04:16on le voit bien, il ne dit pas, moi, Gérard Darmanin,
04:21il dit, moi, garde des Sceaux.
04:22C'est bien pour ça qu'il répond sur ce terrain-là,
04:24puisqu'en fait, c'est sa fonction
04:26et la fonction des gens de son cabinet
04:27qui pourraient être amenés à avoir accès au dossier.
04:30– Oui, mais alors ça, c'est la version...
04:32Alors, pardon, mais est-ce que ça,
04:33c'est pas un peu la version officielle ?
04:35Derrière, on sait bien que c'est la proximité
04:37de Gérald Darmanin avec...
04:38– Il y a de la politique.
04:40– Il y a de la politique avec Nicolas Sarkozy
04:42qui a déplu.
04:43– C'est la ligne politique de cette décision hier,
04:47qui est d'ailleurs une surprise.
04:48Et aussi, c'est vrai, il y a de la politique
04:51parce que Gérald Darmanin est un ami de Nicolas Sarkozy.
04:55Il est proche, il est allé le voir après sa condamnation.
04:58– Il n'était pas seul.
04:58– Et il a décidé d'aller faire visite
05:02à une inspection à la prison de la Santé.
05:03– C'était le 29 octobre dernier.
05:05– Et il était accompagné du directeur.
05:06Donc on peut penser qu'effectivement,
05:07ils n'ont pas échangé sur l'affaire.
05:08– Il a fait ses explications au début,
05:10sa décision d'y aller.
05:11Après, il s'est repris.
05:12Il a bien expliqué ce soir les raisons.
05:14Mais au départ, c'est vrai qu'il y avait...
05:16Peut-être que les premières explications
05:18étaient un peu sur le ton.
05:20– Chez les magistrats, ce n'est pas du tout...
05:22– Voilà, et donc ce n'est pas du tout passé chez les magistrats.
05:23– Et alors là, qu'est-ce que vous pensez
05:24de sa justification ?
05:25Il dit ce soir à Gérald Darmanin,
05:27j'étais obligé en qualité de garde des Sceaux
05:30d'y aller pour vérifier aussi ses conditions de sécurité.
05:33S'il lui était arrivé quelque chose à lui,
05:34ancien président de la République,
05:36ça me serait retombé dessus.
05:36Donc, il fallait que j'y aille.
05:38– La question, c'est la manière de le faire, si vous voulez.
05:40D'abord, s'il est venu exprimer son amitié et sa fidélité,
05:44moi je dis chapeau, parce que vraiment,
05:46dans une période de traîtrise, si vous voulez,
05:49où les gens abandonnent ceux qui sont dans la difficulté,
05:51chapeau à celui qui marque sa fidélité.
05:54– Même s'il est ministre de la Justice ?
05:55– Oui, voilà, là où je nuance tout de suite.
05:58– Parce que c'est un détail, mais pas des morts.
05:59– Non, non, non, je dis,
06:01il pourrait revendiquer cette fidélité très bien.
06:03Mais ensuite, que le ministre de la Justice
06:05se préoccupe des conditions de détention
06:07de Nicolas Sarkozy, heureusement.
06:09Mais là, il suffit d'aller voir le directeur
06:11de l'administration pénitentiaire, de la santé,
06:13d'aller visiter la cellule quand elle est vide,
06:16et de s'assurer que tout est prévu
06:19pour garantir la sécurité.
06:20Et ça suffit, croyez-moi.
06:22Non, ce qu'il faut retenir quand même,
06:23il faut s'interroger sur quelque chose.
06:25Vous savez très bien que quand ils ont décidé d'y aller,
06:28au ministère de la Justice,
06:30ils savaient très bien que ça ferait polémique.
06:32Ils savaient très bien que nous discuterions
06:33comme nous discutons aujourd'hui.
06:35Ils le savaient parfaitement.
06:37Et ils ont choisi de le faire.
06:39C'est ça qui m'interpelle, finalement.
06:42Ils savaient que c'était transgressif,
06:43je ne vais pas employer ce terme,
06:44Nicolas Sarkozy, après tout,
06:45a revendiqué souvent des comportements transgressifs.
06:48Et ils ont choisi de le faire.
06:49Alors là, je dis, personnellement,
06:51ça m'alerte, vraiment.
06:52– Qu'est-ce que ça peut vouloir dire, selon vous ?
06:54– Je crois que ça veut dire, très clairement,
06:56on fait ce qu'on veut,
06:57et on va l'habiller sous le prétexte,
06:59qui est un prétexte de s'assurer
07:00de la sécurité de Nicolas Sarkozy.
07:02Je vous redis que ce but est tout à fait légitime,
07:04de s'assurer de sa sécurité,
07:05mais qu'il y avait d'autres manières de le faire.
07:06– Oui, il y avait d'autres manières.
07:07– Il y avait d'autres manières, bien sûr.
07:09Ce qui est préoccupant.
07:09– C'est quoi les autres manières, pardon ?
07:10– Il a une administration,
07:13il a un directeur de la pénitentiaire.
07:15– D'envoyer quelqu'un d'autre à sa place.
07:17– Oui, c'est déjà personne qui voulait le faire.
07:19Là, ils ont communiqué sur cette visite.
07:21Vous voyez, c'est quand même préoccupant.
07:23Pourquoi je dis que c'est préoccupant ?
07:24Dans notre groupe social,
07:26nous, nous allons tous les jours en prison.
07:28Et puis, on a des gars qui sont présumés innocents,
07:30qui attendent l'appel et qu'on essaie de calmer.
07:32Vous voyez, on leur dit,
07:33attends, il faut attendre l'appel sereinement.
07:35Et puis là, ils se rendent compte
07:36qu'il y a quelqu'un qui est dans la même situation qu'eux.
07:38Dans la même.
07:39Sauf que lui, il est détenu en cellule individuelle,
07:43tant mieux, même si ce n'est pas simple.
07:45Qu'il a une visite de son épouse le jour même,
07:47alors que tous les autres attendent trois semaines ou un mois.
07:49Il faut quand même dire que c'était des conditions particulières.
07:51Et il reçoit la visite du ministre de la Justice.
07:53C'est quelqu'un qui va être rejugé.
07:57Rejugé avec des réquisitions par des procureurs généraux,
07:59lesquels, le rappelle la Cour,
08:01sont sous une certaine autorité du ministre de la Justice.
08:04Alors moi, je vais vous dire très franchement,
08:06on connaît la Cour, on connaît les magistrats de manière générale.
08:08Je ne me préoccupe pas du tout sur le risque d'atteinte à l'indépendance.
08:12Absolument pas.
08:13Mais l'image qui est renvoyée, pourquoi ?
08:15C'est dommage, il faut laisser de la sérénité à la justice.
08:19Il a été condamné dans un premier temps,
08:21il a fait appel, les recours ont été mis en place,
08:23il a été jugé dans un délai raisonnable,
08:26même si c'est trop long, trois semaines pour moi, c'est toujours trop long.
08:28Mais il a été jugé, laissons faire les choses.
08:30Là, on a voulu afficher quelque chose.
08:33Je trouve que c'est bien hasardeux comme démarche.
08:35Qu'est-ce qui se passe s'ils ne respectent pas leurs obligations
08:40et qu'on apprend qu'il y a eu des échanges
08:42entre Gérald Darmanin et Nicolas Sarkozy ?
08:45Alors, la sanction de la violation du contrôle judiciaire,
08:47c'est la délivrance possible du mandat de dépôt,
08:49c'est-à-dire l'incarcération après un débat.
08:51Les contacts ne devront pas être directs ni indirects,
08:56mais devront être prouvés avant qu'ils puissent être sanctionnés.
08:58Et c'est donc bien Nicolas Sarkozy qui en paierait le prix
09:07et non pas Gérald Darmanin ?
09:09Ah oui, en tout cas, la Cour n'a la possibilité de délivrer les sanctions
09:13qu'à l'encontre de celui qui comparaîtra devant elle,
09:16donc Nicolas Sarkozy.
09:17Donc, trois semaines en prison, sorti hier de la prison de la santé,
09:20et aujourd'hui, donc, il a retrouvé les plaisirs de la vie,
09:25le restaurant, séquence donc de Nicolas Sarkozy avec son épouse.
09:30Ah oui, c'est son QG ?
09:31Oui, il y va très souvent.
09:32D'accord, un restaurant du 16e arrondissement où il habite, on regarde.
09:34Bravo, M. le Président !
09:43Pardon, pardon, pardon.
09:43Merci.
09:44Au revoir.
09:45Bonjour, M. le Président.
09:46C'est rien.
09:47Merci.
09:51Merci, merci.
09:52Merci.
09:56Merci.
09:56Merci.
09:57Merci.
09:58Merci, M. le Président.
10:04On le voit sur son visage que ça a été éprouvant, Bruno Jeudy.
10:14Oui, il est marqué, oui, on le voit bien sur le visage.
10:17On a entendu hier ces mots lorsqu'il a été interrogé par Visio aussi,
10:21où il a exprimé des mots inhabituels chez lui,
10:25exprimé le fait que c'était dur, très dur, cauchemar,
10:28donc des mots inhabituels.
10:30En tous les cas, les 21 jours de prison ont été éprouvants.
10:38Et on voit les traces que ça laisse, sans l'avoir beaucoup entendu,
10:41puisqu'il ne s'est pas exprimé à part un poste et quelques mots hier
10:44lors de l'audition devant la cour.
10:47A applaudi Nicolas Sarkozy.
10:49Est-ce que vous, ça vous interpelle en tant qu'avocat ?
10:51Il a été condamné en première instance pour des faits graves.
10:54Il sera jugé en appel en mars prochain.
10:57Comment vous percevez ça, vous ?
11:01Ah non, alors ça, je vais vous dire, d'abord, ce sont des amis ou des fidèles
11:04qui applaudissent un homme pour lequel ils ont de l'estime,
11:08qui est présumé innocent, quand bien même il aurait été condamné en première instance.
11:12Donc, il ne faut pas être choqué par des marques de soutien
11:14à quelqu'un qui est dans la difficulté.
11:15Moi, ça me plaît.
11:16Je vais vous dire, la fidélité me plaît.
11:17Et j'ai aimé aussi que, vous voyez, son entourage crie lorsqu'il est sorti
11:21« Vive la liberté ».
11:23Vous voyez, ça, c'est tout à fait essentiel,
11:25que les gens perçoivent le prix de la liberté et le poids de l'emprisonnement.
11:3020 jours seulement, et c'est lui-même qui est habitué à subir des épreuves.
11:33Nicolas Sarkozy, il en a connu d'autres.
11:35Mais c'est lui-même qui qualifie ces 20 jours de très éreintants, très durs.
11:39Il parle d'un cauchemar.
11:42Il pourrait y retourner, jugé en appel, dernière question, en mars prochain ?
11:46C'est une possibilité ?
11:48Vous savez qu'il y a un appel sur tout.
11:50C'est-à-dire que le procureur avait réclamé en première instance 7 ans d'emprisonnement,
11:54sans mandat de dépôt, mais 7 ans d'emprisonnement.
11:57Il a été condamné à 5 ans.
11:58La Cour peut le relaxer totalement
12:00et peut le condamner de n'importe quel canton jusqu'à 10 ans.
12:04Merci beaucoup, Christian Saint-Palais,
12:06d'être passé nous voir ce soir sur BFM TV.
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