- il y a 9 heures
Chaque soir, Julie Hammett vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:005 ans d'inéligibilité requis en appel contre Marine Le Pen.
00:03On parle de l'affaire des assistants parlementaires du Front National, ce sont des réquisitions.
00:09Ce n'est pas la décision qui sera rendue avant l'été, mais ça donne quand même une indication.
00:12Et on va en parler avec l'équipe ce soir.
00:14Yves Tréhard, bonsoir Yves.
00:15Bonsoir, Julie.
00:16Laurent Valligué, vous étiez aujourd'hui au tribunal, tout comme Vincent Vantiguem.
00:21Bonsoir.
00:22Et vous allez nous raconter.
00:22Bonsoir à tous les deux.
00:23Rocaïa Diallo est toujours avec nous.
00:25Bruno Jeudy également.
00:26Bonsoir, Julie.
00:26Bonsoir, Bruno.
00:27Que vous inspire, tiens, Bruno, cette décision ?
00:29Est-ce qu'on peut dire que le chemin est de plus en plus ténu pour Marine Le Pen ?
00:32Absolument.
00:33Je pense que le procureur, ce soir, dans ses réquisitions, a requis l'élimination de Marine Le Pen à la présidentielle prochaine.
00:41Si on résume ce qui a été requis.
00:45Il a requis l'élimination pour vous ?
00:46Il a requis l'élimination, oui.
00:47Alors, évidemment, ce n'est pas son propos à lui.
00:49Lui, il a un propos de droit.
00:50Mais ça revient à entraîner l'élimination de Marine Le Pen à la présidentielle de 2027,
00:57puisque les réquisitions, cinq ans d'inégibilité, Marine Le Pen ne peut pas se présenter.
01:03En tous les cas, elle n'ira pas jouer avec un pourvoi en cassation dont on connaîtrait la finalité en septembre ou en janvier.
01:11Donc, ça veut dire qu'elle est éliminée si jamais la Cour, qui est souveraine, la Cour d'appel à l'été, décide de suivre les réquisitions du procureur.
01:20Vincent Vantiquem, vous le confirmez, si la justice confirme donc avant l'été cette peine de cinq ans d'inéligibilité,
01:29ça empêcherait Marine Le Pen de candidater à l'Élysée en 2027 ?
01:33On peut faire plein d'hypothèses, on peut aller dans la fiction, mais concrètement, et Bruno le disait, le chemin est de plus en plus tenu.
01:40On a parlé d'une voie de passage étroite. Là, on ne voit pas trop comment elle pourrait s'en sortir si ces réquisitions venaient à être confirmées,
01:49venaient à être prononcées par la Cour d'appel. Après, on en a parlé avec Bruno sur ces réquisitions dont la conséquence est l'élimination potentielle
01:59d'un ou d'une candidate, en l'occurrence, à la course à la présidentielle.
02:03Les réquisitions, elles sont surtout là, venues sanctionner un dossier, ce qu'il y a dans le dossier.
02:08Il faut aussi parler du fond du dossier. C'est vrai qu'on parle beaucoup des peines requises et des conséquences politiques.
02:13Mais en fait, aujourd'hui, ce à quoi on a assisté pendant cinq heures et demie, Laurent, presque six heures,
02:19c'est à la démonstration de la mise en place d'un système de détournement de fonds publics.
02:23Et c'est ça qu'il faut retenir. Ce sont aussi les mots très importants des deux avocats généraux.
02:26Qu'est-ce qu'ils disent ? Ils disent « Marine Le Pen, elle n'a pas créé, elle n'a pas mis en place ce système, c'est son père,
02:32mais elle l'a professionnalisé ». Je reprends les termes, professionnalisé.
02:35Et puis, c'est vrai qu'au cours de ces trois semaines d'audience qu'on a suivies, qu'on a commentées,
02:42Marine Le Pen, elle a fait, on pourrait dire, presque un tout petit pas vers l'accusation,
02:46en reconnaissant des négligences, une espèce de zone grise.
02:49Mais en fait, ce n'est pas suffisant.
02:50Oui, il y avait eu un changement de stratégie qu'on avait évoqué.
02:52Une inflexion. Je n'aime pas le terme de changement parce que ce n'est pas suffisant.
02:55Et aujourd'hui, ça lui a été reproché par les deux avocats généraux qui ont dit
02:58« En fait, c'est presque des excuses de façade, parce que derrière, les éléments sont bien plus importants que ce que vous reconnaissez. »
03:04Parce qu'au début, il faut expliquer. Au départ, en premier instant, elle disait « Je nis tout ».
03:08Je nis tout. Et là, elle a commencé à dire « Il y a peut-être eu des infractions, mais il n'y avait pas d'intentionnalité derrière ».
03:15Or, le dossier démontre tout le contraire.
03:18Sur les infractions, on pourrait citer des dizaines d'exemples.
03:21Allez, je vais vous en citer deux qui sont assez marquants.
03:23Julien Audoul, qui est assistant parlementaire d'une eurodéputée qui s'appelle Mylène Trozinski.
03:28Mais il travaille au cabinet de Marine Le Pen pour le parti, en parallèle.
03:32Il fait les deux.
03:34Et puis, au bout d'un moment, il demande à Marine Le Pen s'il peut aller à Strasbourg,
03:37assister à une session du Parlement européen et rencontrer la députée qui l'assiste.
03:42Sauf qu'il le fait alors qu'il l'assiste depuis déjà quatre mois.
03:45Donc en fait, ça prouve qu'il ne travaillait pas forcément pour elle, mais surtout au titre de conseiller spécial de Marine Le Pen.
03:51Ça, c'est l'un des deux exemples.
03:52Le deuxième, c'est Louis Alliot, le maire de Perpignan.
03:55Il avait un assistant parlementaire qui s'appelle Laurent Salle.
03:58Il n'a jamais échangé avec lui.
04:00Les seuls échanges qu'on retrouve, c'est une invitation pour une galette des rois.
04:04Donc ça prouve que ces gens-là ne travaillaient pas pour l'activité européenne des eurodéputés,
04:09mais pour le compte du parti.
04:10Et c'est en ce sens qu'aujourd'hui, les réquisitions viennent, en tout cas, demander la sanction de ça,
04:15parce que l'argent, les indemnités du Parlement européen ont été détournées pour faire tourner,
04:20pour faire fonctionner le parti.
04:22Et c'est ce qui est reproché à Marine Le Pen.
04:24Les mots sont très durs.
04:25« Professionnaliser ce système. »
04:27Et si le Parlement européen n'avait pas signalé les faits, ce système aurait perduré.
04:30Voilà ce qui a été prononcé par les deux avocats généraux.
04:33Des mots, effectivement, très sévères.
04:35Les avocats généraux disent la chose suivante.
04:38Elle a signé des contrats.
04:39Elle ne peut pas nous dire qu'elle ignorait.
04:40Elle était avocate et juriste de formation.
04:43Elle était, dans sa qualité de présidente du parti,
04:45très étroitement informée de toutes les questions relatives aux enveloppes des assistants.
04:50Elle a eu un rôle central en tant qu'organisateur.
04:52C'est elle qui fixait les règles du fonctionnement interne.
04:54Et effectivement, au départ, il y a peut-être eu une organisation artisanale
04:57qui s'est, comme vous l'avez redit, professionnalisée avec Marine Le Pen à partir de 2012.
05:04Vous l'avez trouvée comment, Laurent Valdiguier, aujourd'hui ?
05:07Marine Le Pen.
05:07Elle était tendue, mais à l'aise, ce matin, quand elle était arrivée.
05:10Elle savait que c'était une journée très importante.
05:12Elle est là depuis 9 heures.
05:14Marine Le Pen, elle est très assidue à ses audiences.
05:17Et ce matin, s'était engagée une petite discussion, là, justement,
05:20avec le groupe de journalistes sur la journée, ce qu'elle en attendait, etc.
05:26Elle était assez lucide sur son destin présidentiel.
05:30Même s'il n'en est jamais question dans la salle d'audience,
05:32elle a dit que ça se décidera dans cette salle.
05:37Aujourd'hui, le jour du délibéré.
05:39Donc, elle est parfaitement consciente qu'elle aura le go, le feu vert ou le feu rouge
05:45le jour du délibéré, au mois de juin prochain, dans cette salle.
05:49Alors, c'est vrai qu'aujourd'hui, elle a plutôt un feu rouge du parquet.
05:53Parce qu'en réalité, son espoir, c'était que le parquet diminue la peine de prison ferme avec le bracelet.
06:01Et puis, diminue la peine d'inéligibilité pour arriver autour de deux ans,
06:07pour que ça puisse passer riquirac.
06:10Ce matin aussi, elle a dit, vous savez, ça devient très compliqué.
06:13Parce que la délection présidentielle, il y a un tic-tac qui se met en route un an avant.
06:19Un tic-tac avec les comptes.
06:20Il y a un boulier, un mandataire financier.
06:23Et puis là, toutes les factures, à chaque fois qu'elle prend un café pour la présidentielle,
06:26il faut inscrire le prix du café, il faut arriver à 16 millions.
06:29C'est plafonné le premier tour à 16 millions.
06:31Donc pendant un an, tout compte.
06:32Donc là, Marine Le Pen, elle est empêchée pour l'instant.
06:34Elle est devant le palais de justice.
06:36Mais elle ne peut pas être sur la piste de départ.
06:40Elle doit attendre la décision de la Cour d'appel.
06:43Moi, je pense qu'on peut échafauder tous les scénarios qu'on veut,
06:46cours de cassation et tout ça.
06:48Comme le dit Bruno, si la Cour d'appel en juin confirme 5 ans d'inéligibilité,
06:52exécution provisoire ou pas, elle devra jeter l'éponge.
06:55C'est ce que j'allais dire.
06:56Alors attendez, on va faire le point sur les différents scénarios parce que c'est quand même assez compliqué.
07:01En cas de condamnation, c'est donc cette peine d'inéligibilité-là qui sera déterminante.
07:07Et tout l'enjeu-là pour Marine Le Pen, c'est d'obtenir une peine d'inéligibilité inférieure ou égale à 2 ans.
07:15Maximum. Pourquoi ? Parce que le premier jugement, on s'en souvient, du tribunal correctionnel,
07:19il est intervenu le 31 mars 2025.
07:21Si elle est condamnée à 2 ans d'inéligibilité, on part de ce point de départ.
07:2531 mars 2025, vous rajoutez 2 ans, ça fait 31 mars 2027.
07:29Et parce que depuis 1974 que les élections présidentielles se déroulent au printemps,
07:33aucune élection, aucun premier tour n'a eu lieu avant le 1er avril.
07:37Donc, en toute hypothèse, le premier tour de l'élection présidentielle de 2027 se tiendra à la mi-avril, comme d'habitude.
07:44Et un deuxième tour fin avril, début mai, comme toutes les présidentielles depuis maintenant plus de 50 ans.
07:53Donc c'est pour ça que le camp Le Pen mise sur une inéligibilité qui serait ramenée à 2 ans,
07:58ce qui ramènerait, Vincent vient de le dire, la date butoir au 31 mars.
08:02Pour une question de quelques jours.
08:04Si la justice décide en juin, au moment de la décision, de dire, voilà, finalement,
08:08on réduit cette peine d'inéligibilité de 5 ans à 2 ans, là, elle pourrait dire, ok, je me lance.
08:14Sauf si, parce que là, on parle de la peine d'inéligibilité qui est une peine complémentaire,
08:20sauf s'il y a une peine principale qui est sévère, une peine de prison ferme,
08:23par exemple, aménagée sous bracelet électronique, c'est ce qui a été requis aujourd'hui par les avocats généraux.
08:28Un an ferme sous bracelet.
08:29En premier sens, c'était 2 ans, on verra ce que la Cour décide.
08:31Mais imaginons que, oui, il n'y ait que 2 ans d'inéligibilité qu'elle puisse se présenter.
08:35En même temps, elle devra faire campagne, peut-être, avec un bracelet électronique au pied.
08:38Et ça, voilà, elle le confie, elle le confie en privé.
08:43Elle dit que ce ne sera pas possible.
08:44Pourquoi ? Parce qu'elle peut demander des dérogations la semaine pour faire tel déplacement, tel déplacement.
08:48Mais le juge d'application des peines ne lui donnera pas des dérogations tous les jours.
08:52– Vous pouvez même ajouter un autre scénario, au-delà éventuellement le bracelet,
08:59le fait qu'aussi il y ait, de la part des parties civiles, un pourvoi aussi.
09:04– Alors, les parties civiles ne peuvent pas se pourvoir en cassation.
09:06– Ils ne peuvent pas se pourvoir, mais il y a quand même le risque du parquet sur le pourvoi,
09:11qui pourrait aussi rendre un peu plus compliquée la situation de Marine Le Pen.
09:15– Ce qui est possible aussi, c'est qu'elle fasse un pourvoi en cassation,
09:19que ce pourvoi en cassation soit instruit de façon très longue,
09:26et donc qu'il permette de se présenter.
09:28– La peine serait suspendue jusqu'au premier tour, elle se présente,
09:32et puis son pourvoi…
09:34– Alors, attendez, c'est pas clair, redites-moi,
09:36si elle choisit de se pourvoir en cassation, quelle est sa voie de passage ?
09:39– C'est d'estimer, en fait, qu'il y a deux voies de passage.
09:42La première, ce serait que la Cour de cassation dise
09:45il y a eu un vice de forme pendant le procès,
09:47et donc on casse la décision avant le premier tour,
09:50auquel cas, elle peut renvoyer à un nouveau procès,
09:52elle peut casser totalement, même si c'est extrêmement rare,
09:56ça c'est la première option.
09:57La seconde, c'est que la Cour de cassation dise,
09:59en fait, on n'a pas le temps, donc la peine, elle est suspendue,
10:02et tant qu'elle est suspendue, Marine Le Pen peut très bien être candidate.
10:06Et si elle venait à être élue, une fois élue,
10:08elle a l'immunité présidentielle,
10:10et donc ce serait examiné à la fin de son mandat.
10:12On a un précédent avec Jacques Chirac.
10:13– C'est quand même assez théorique,
10:15parce que ce procès en appel, il a élu en urgence,
10:18justement pour que le cas Le Pen soit purgé
10:21dans le temps de la présidentielle.
10:25Il y en avait pour deux ans, normalement.
10:27Il n'y aurait jamais eu de procès en appel,
10:29s'il n'y avait pas eu cette exécution provisoire,
10:31avant l'année prochaine, voire l'autre année,
10:32compte tenu des délais de la Cour d'appel.
10:35Là, la Cour de cassation l'a déjà dit,
10:37si ça vient devant nous, on fera en sorte
10:40de régler le dossier dans un sens ou dans l'autre,
10:43de s'occuper du dossier dans les temps de la présidentielle.
10:46Mais c'est vrai que Marine Le Pen,
10:47ça la plongerait avant l'été, avant juillet-août,
10:50avant la dernière ligne droite de la vraie campagne
10:53qui commence à l'auchonne,
10:55dans une situation infernale.
10:56– Il y a un scénario qui paraît à peu près possible
10:59et probable, c'est que la décision de première instance
11:03a été conforme quasiment à un an de prison près
11:06à la décision au réquisitoire.
11:09On peut imaginer que ce soit, là, je doute quand même
11:13que ce soit très différent du réquisitoire,
11:14la décision qui sera prise par la Cour d'appel.
11:16– Ce qui est sûr aussi, c'est qu'elle a tenu des propos
11:23qui sont des propos qui peuvent, évidemment,
11:26qui n'engagent qu'elle, mais qui a dit
11:28que si elle n'était pas en mesure de faire une campagne normale,
11:32dès la rentrée après les vacances d'été,
11:35ces vacances d'été-là, elle laisserait le champ libre.
11:37– Elle jetterait l'éponge, elle laisserait le champ libre.
11:39– Ce qui est intéressant dans cette histoire,
11:43il faut se mettre dans la tête de Marine Le Pen.
11:45Vous vous rendez compte que ce procès,
11:47un procès, c'est une tragédie, un procès.
11:49C'est une tragédie, parce que vous avez une unité de lieu,
11:52une unité de temps, vous êtes...
11:55Elle a deux choses.
11:58Elle a envisagé sa défense de façon très offensive.
12:03Aujourd'hui, elle doit se poser la question,
12:05puisque cette agressivité qu'elle a mise dans sa défense,
12:09elle lui est reprochée, d'une certaine façon,
12:13par les avocats généraux,
12:14même de la Cour d'appel,
12:16qui ont dit, alors qu'on pensait qu'elle avait peut-être
12:18changé un petit peu de tactique.
12:20Mais bon, elle n'a pas vraiment changé de tactique,
12:21parce que c'est toujours...
12:22– Non, elle a été agressivive en première instance.
12:24– En première instance, oui.
12:25– Mais elle doit peut-être se le dire.
12:27Et puis, deuxième chose, qui est quand même terrible,
12:30c'était sa quatrième possibilité
12:32de se présenter à une élection présidentielle,
12:36avec jamais des sondages qui ont été aussi flatteurs pour elle.
12:39– Ça ne veut pas dire que...
12:40– Pour elle, surtout pour Jordan Bardella.
12:41– Oui, non, mais pour elle aussi.
12:43– Pour elle aussi.
12:43– Non, mais pour elle.
12:44Et de se dire qu'aussi proche du but,
12:48alors qu'elle a consacré sa vie,
12:50parce que c'est quand même une vie entière consacrée à la politique,
12:53empêchée au dernier moment,
12:55mais vous vous rendez compte ?
12:57– Est-ce que ça, pardon,
12:59est-ce que ça, les Français le comprendraient ?
13:02Ça reste pour l'instant, Marine Le Pen,
13:03la favorite dans la Cour de la présidentielle,
13:05qu'elle soit empêchée par la justice.
13:07– Franchement, sur les Français,
13:08on a maintenant un certain recul sur les décisions de justice.
13:12Les Français sont plutôt d'accord avec les décisions de justice.
13:14On l'a vu avec Marine Le Pen en première instance,
13:16on l'a vu avec Nicolas Sarkozyn en première instance.
13:19Je crois que là-dessus, l'opinion des Français,
13:21c'est plutôt de ne pas se révolter contre les décisions de justice.
13:25En revanche, c'est vrai que l'élimination de Marine Le Pen,
13:28forcément dans son camp, va poser un énorme problème,
13:32même si on l'a vu, et c'était quand même une surprise,
13:34il y a eu comme une espèce de prolongation des scores de Marine Le Pen
13:39à travers ceux de Jordan Barleda,
13:41dès le lendemain de sa condamnation en première instance.
13:44Maintenant, moi, j'ai pu quand même pas mal parler
13:46avec l'entourage de Marine Le Pen ces dernières semaines.
13:49C'est vrai qu'à la fois, eux, ils ont envisagé toutes les hypothèses,
13:53y compris le pourvoi en cassation,
13:56et ce qu'ils disent, c'est que c'est quand même compliqué
13:58pour Marine Le Pen d'engager une présidentielle
14:00avec le pourvoi en cassation en épée de Damoclès, comme ça.
14:03D'ailleurs, en décembre ou janvier, Laurent a raison,
14:06la cour de cassation a déjà pris des dispositions
14:10pour rendre sa décision à l'hiver,
14:14mais ce serait très compliqué.
14:15Vous imaginez une décision en décembre ou janvier,
14:17comment c'est très compliqué.
14:19Marine Le Pen ne pourrait pas commencer la campagne,
14:21Jordan Barleda la commencerait,
14:22éventuellement, elle prendrait la suite dans la foulée,
14:24c'est très compliqué.
14:25Et Marine Le Pen s'est exprimée dans les colonnes de la tribune dimanche,
14:28elle l'a dit, Jordan Barleda peut gagner à ma place,
14:30Jordan Barleda peut prendre ma place.
14:32C'est là aussi, j'allais dire,
14:35les choses sont un peu rangées,
14:38ils sont en ordre.
14:40On va l'écouter, Marine Le Pen,
14:41on va l'écouter, c'était il y a quelques semaines,
14:43elle le disait, en tout cas,
14:44d'ici cet été, je prendrai ma décision,
14:46il n'est pas question de laisser traîner les choses trop longtemps.
14:48Elle l'a dit chez Apolline, hein ?
14:50Cet été, c'est-à-dire au moment où la cour d'appel rendra sa décision,
14:57c'est là que se décidera ma présence ou mon absence à l'élection présidentielle,
15:02car quel que soit le niveau d'accélération de la cour de cassation,
15:07vous comprenez bien qu'en septembre,
15:09le Rassemblement national doit pouvoir être représenté à l'Assemblée nationale,
15:12et la campagne doit démarrer,
15:14quel que soit ce candidat.
15:16Elle l'a dit ce matin,
15:17elle a dit que ça se décidera dans cette salle le jour du délibérateur.
15:20Alors c'est vrai que,
15:21je suis d'accord avec ce que vient de dire Yves,
15:23c'est le côté vertigineux de cette audience.
15:25Il n'est jamais question de la présidentielle,
15:27et pourtant tout le monde y pense.
15:29Elle joue sa vie,
15:30il a raison,
15:31elle joue son destin,
15:33presque celui de son père aussi,
15:34elle joue deux générations de Le Pen dans cette salle.
15:38Et c'est pour ça que d'un point de vue politique,
15:40ce réquisitoire-là, il pèse très lourd.
15:41Très lourd,
15:42et puis c'est vrai qu'elle se défend,
15:43elle se défend au cas par cas,
15:46elle n'a jamais vraiment fendu l'armure,
15:47elle n'a jamais dit face à ses trois juges,
15:49parce qu'au final ça va se décider par ses trois magistrates.
15:53Michel Agis et ses deux assesseurs,
15:55elles vont avoir,
15:56alors on le voit presque physiquement,
15:58c'est une impression d'audience,
15:59ça ne vaut rien,
16:00ce n'est que mon impression,
16:01mais on le voit,
16:02Vincent Peleu.
16:03Elle a un petit gimmick,
16:04Michel Agis,
16:05la présidente de la cour d'appel,
16:06elle fait,
16:07bon,
16:08bien.
16:08Alors on a l'impression que la personne a convaincu,
16:11et en fait c'est tout l'inverse.
16:12On voit le poids de tout ça sur ses trois magistrates.
16:15Mais ce qui est quand même étonnant Laurent,
16:16parce que vous avez quand même vraiment l'habitude
16:18de ces grands procès politiques,
16:21c'est que Marine Le Pen,
16:23la première audience,
16:24j'avoue que moi,
16:25elle a plutôt fait ce que j'avais senti qu'elle ferait,
16:28c'est-à-dire commencer un mea culpa,
16:31et ensuite elle ne va pas jusqu'au bout,
16:32c'est-à-dire que finalement,
16:34c'est comme si quelque part,
16:35elle était dépositaire d'une obligation familiale,
16:39d'aller jusqu'au bout,
16:40défendre le père,
16:41et finalement un système qu'elle n'a pas mis en place.
16:43Mais non seulement elle n'est pas allé jusqu'au bout.
16:45Elle n'a pas jusqu'au bout de la dénonciation de ce système ?
16:47Elle est la première de cordée.
16:49Ils sont onze derrière elle.
16:50Dix ou onze.
16:52Et en réalité,
16:53elle les met tous dans une situation infernale.
16:57Parce qu'en disant,
16:58en prenant la position au fond de Nier,
17:01y compris les évidences,
17:02lui a dit le procureur aujourd'hui,
17:04elle, elle fait en général,
17:06mais derrière Valéant de Saint-Just,
17:08le trésorier,
17:09il a signé des papiers,
17:10il y a des papiers accablants.
17:13Julien Audoul,
17:13il a fait des mails accablants.
17:15Il y a une liste impressionnante de choses
17:17qui sont terribles,
17:18et qui sont venues à la barre
17:19essayer de corriger,
17:21de démentir.
17:22Mais ils ne peuvent pas démentir.
17:23Ils sont dans une cordée
17:24où l'accord de temps
17:25sort tout le monde.
17:26Et les avocats généraux
17:26ont confirmé globalement
17:28les peines en première instance
17:29pour ces autres.
17:31Et puis, il y a un truc, à mon avis,
17:31qui est un enseignement.
17:33Son avocat, Rodolphe Bousselu,
17:35que je connais assez bien d'ailleurs,
17:36qui est un ami de Marine Le Pen,
17:38de longue date.
17:39Parce qu'ils ont fait leurs études de droit ensemble.
17:44Est-ce que c'est bien,
17:46c'est un très bon avocat,
17:47un très très bon avocat,
17:48mais est-ce que c'est bien
17:49d'avoir quelqu'un d'aussi proche
17:51pour sa défense ?
17:54C'est toute la question.
17:55Moi, je me suis déjà posé la question
17:57avec Sarkozy
17:58quand il était avec Herzog.
18:00Je me demandais
18:00si c'était vraiment une bonne idée.
18:02Par ailleurs,
18:03depuis, il a un peu changé de...
18:04Depuis.
18:04Mais à une période,
18:06c'était quand même...
18:06Vous savez,
18:07c'est quand même très particulier.
18:09Surtout que...
18:11Et c'est ce qu'elle doit se dire aussi,
18:12c'est que...
18:13Elle n'est pas la seule...
18:15Ce n'est pas la seule formation politique
18:17qui a été poursuivie en justice
18:18pour des faits.
18:19Alors, ils sont plus ou moins graves.
18:21Elles, ils sont plutôt plus graves
18:23que ceux de Beyrou.
18:25Mais il y a eu d'autres formations,
18:27je crois, à l'étranger aussi,
18:28qui ont été prises la main dans le sac
18:29pour les mêmes raisons.
18:31Et elle, elle paye cher pour le...
18:32Donc, en l'État, pardon...
18:34Cinq ans d'inéligibilité prononcée à l'étranger,
18:36en fait, ça a été rappelé par l'avocat du Parlement européen.
18:37Pour les téléspectateurs qui nous rejoignent,
18:39donc, en l'État,
18:40il y a ces réquisitions du parquet.
18:43Cinq ans d'inéligibilité
18:44qui, si ces réquisitions sont confirmées
18:48en juin prochain,
18:49au moment de la décision,
18:50empêcherait Marine Le Pen
18:51de candidater à l'Élysée.
18:53Mais ce qu'elle attend là,
18:56c'est donc, dans les prochains mois,
18:57ce qu'elle peut espérer,
18:59c'est simplement que cette peine d'inéligibilité
19:00soit réduite de cinq à deux ans.
19:03C'est l'une des seules voies de passage réellement
19:06pour espérer se présenter.
19:08À partir de demain, les avocats vont plaider.
19:10C'est un procès, c'est pas fini,
19:11c'est les réquisitions.
19:12Les avocats vont plaider,
19:14ils ont leurs arguments.
19:15Alors, elle avait un peu la main dans le dos
19:16parce qu'en réalité,
19:17elle n'a pas voulu plaider au début de l'audience.
19:20Tout ce qui est nullité,
19:21de nullité, vice de procédure, etc.,
19:24pour ne pas courir le risque
19:25que le procès soit reporté, justement,
19:26parce qu'elle voulait ce jugement.
19:28C'est ça.
19:29Il n'y a jamais eu de procès politique comme ça
19:31avec un tel enjeu sur le calendrier politique.
19:34Les procès de François Fillon,
19:35ils sont venus après la présidentielle perdue.
19:38Les procès de Nicolas Sarkozy
19:40n'est plus président depuis 12 ou 15 ans.
19:42Donc, les procès de Sarkozy,
19:43ils viennent, il n'y a plus d'enjeu politique.
19:45Là, c'est le seul procès.
19:46C'est pour ça que c'est une affaire.
19:48Yves a raison, elle est dantesque
19:50quand on est dans cette salle.
19:51Parce que dans cette salle,
19:52tout le monde pense à l'enjeu.
19:54On ne voit que ça.
19:55Est-ce qu'en sortant d'ici,
19:56elle pourra être candidate à la présidentielle ?
19:58Et pourtant, personne n'en parle jamais.
20:01Elle en premier.
20:02C'est ça le côté un peu fou de cette histoire.
20:04Parce que quand elle vient discuter,
20:05il y a des grappes de journalistes
20:07qui viennent discuter avec elle,
20:08elle donne l'impression
20:09d'être un peu à côté.
20:11Elle est dans son procès judiciaire.
20:13Elle est dans cette enceinte judiciaire.
20:15Elle se défend au cas par cas de ça.
20:17Et puis, elle ne veut surtout pas
20:19politiser dans le bon sens du terme.
20:21Pour le coup,
20:23mettre les trois magistrates
20:24au pied de ce mur,
20:26de cette montagne politique.
20:27Ça, elle ne le fait pas.
20:28On lui a même demandé ce matin,
20:29mais Mme Le Pen,
20:29vous allez avoir la parole en dernier ?
20:31Vous n'en avez jamais parlé ?
20:32Est-ce que le dernier jour,
20:33vous allez dire à ces trois juges ?
20:35Bon, ben voilà.
20:36Elle a dit non.
20:37Elle a dit, Vincent,
20:37je ne ferai pas l'offense
20:39à ces trois juges
20:40de rappeler l'enjeu présidentiel.
20:41Mais c'est vrai que c'est une vraie question.
20:43Pour ne pas politiser cette décision.
20:44Oui, je pense qu'il y a une forme aussi
20:48peut-être de peur de braquer
20:50justement les magistrats
20:51en disant que les magistrats sont là
20:53non pas pour l'enjeu présidentiel,
20:55mais ils sont là pour juger d'un dossier.
20:57Et le dossier,
20:57il porte sur les assistants parlementaires
20:59du Front National au Parlement européen.
21:01Bien sûr.
21:02Mais Vincent,
21:02au moment de réfléchir à la peine,
21:05elles vont avoir plusieurs semaines
21:06de délibérer,
21:07elles vont rédiger une décision,
21:09elles vont prendre une décision.
21:10Elles vont forcément penser
21:13à cette décision
21:14qui est une décision
21:15de maintenir dans la course
21:18ou pas,
21:18Marie-Hélène.
21:19Donc, qu'est-ce qui se passe ?
21:20Si c'est répétition...
21:21Je fais juste...
21:23J'ouvre juste une parenthèse.
21:25C'est des cas de figure.
21:26Là, effectivement,
21:27c'est un dossier d'enthès
21:28parce qu'on parle
21:28d'une candidate à la présidentielle.
21:30Mais pour des magistrats,
21:31ce sont des dossiers
21:32à des degrés peut-être moindres
21:34qui se posent régulièrement
21:34quand ils doivent prononcer
21:36l'interdiction d'exercer
21:37d'un expert comptable,
21:38mais Vincent,
21:39c'est la première fois
21:40dans l'histoire,
21:41en tous les cas récent,
21:42qu'on joue
21:45avec la situation politique
21:46d'une candidate
21:47qui pèse entre 30 et 35 %
21:49des candidats.
21:49Et les calendriers
21:50se percutent.
21:51C'est la première fois
21:51à l'élection présidentielle.
21:53Je ne suis pas sûr
21:54que dans d'autres démocraties voisines
21:56on ait eu ce type de...
21:56Mais c'est la première fois
21:57dans l'histoire aussi que...
21:58Mais vous dites quoi ?
21:58Pardon, pardon,
21:59arrêtons-nous là-dessus.
22:00Vous dites quoi ?
22:00C'est un dysfonctionnement ?
22:01Non, je ne dis pas
22:02que c'est un dysfonctionnement.
22:03Je dis que la situation...
22:04Est inédite.
22:04La situation était inédite.
22:06On connaît ces dossiers tentaculaires
22:08qui durent...
22:09Les instructions durent 10 ans.
22:12Marine Le Pen et ses avocats
22:13ont fait aussi
22:14beaucoup de procédures.
22:15Ils ont cherché
22:16à gagner du temps.
22:18Ils ont cherché
22:18à faire de la procédure
22:20devant les champs d'accusation
22:21avant que le procès
22:22finalement soit renvoyé
22:23et audiencé
22:25l'année dernière
22:26en première instance.
22:27Donc de toute façon,
22:28je vais dire,
22:29elle est aussi responsable
22:30en partie de ce calendrier.
22:32C'est intéressant,
22:34c'est intéressant.
22:34C'est souvent le problème
22:35des affaires politico-judiciaires
22:37parce que,
22:38oui, mais évidemment,
22:39des affaires qui durent
22:40comme ça sur plusieurs années,
22:42voire une décennie,
22:43c'est le cas pour...
22:44Là, on est quasiment là-dessus
22:46puisque l'instruction
22:47a été ouverte en 2017,
22:48si je n'y ai pas de bêtises.
22:50Et c'est vrai que...
22:51Et c'est tout à fait leur droit.
22:52Les avocats des prévenus
22:53ont déposé beaucoup de recours.
22:54Ça a retardé d'autant
22:55les échéances.
22:56Mais cette question
22:56de la temporalité,
22:57elle se pose vraiment.
22:59Par exemple,
22:59là, ce procès en appel,
23:00la Cour d'appel
23:01a décidé de l'audioncer
23:02assez rapidement,
23:03d'accélérer les choses.
23:04Et puis,
23:04ça a été avant les municipales,
23:05au moment où ça a été fixé,
23:07les prévenus
23:08et les membres
23:09du Rassemblement national
23:10ont dit
23:10« Ah, ça aurait été mieux
23:11après les municipales,
23:11ça va venir perturber
23:13notre campagne. »
23:13Et puis là,
23:13on voit aujourd'hui
23:14le pourvent en cassation
23:15si ça a avant la prévence.
23:16Donc, en fait,
23:17il y a toujours
23:17un problème de dette.
23:18Alors,
23:18c'est bon,
23:18il y a aussi des...
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