00:00Je leur ai tout dit, je leur ai dit que je ne me sentais vraiment pas bien depuis que j'ai vu que ma prof s'est fait poignarder,
00:07qu'elle est en sang dans la salle et que maintenant je suis traumatisée.
00:11Je me sens déjà éventuellement mieux grâce à la cellule, mais j'ai toujours mon cerveau qui me remet les images en tête.
00:17Tu as vu hier ce qui s'est passé ?
00:18Oui, j'ai juste vu la prof à terre par terre en sang dans sa salle.
00:23J'espère qu'elle va aller mieux déjà et qu'il ne va plus avoir de couteau au collège surtout.
00:30Quand je suis rentrée, elle était couchée dans mon lit et ça fait longtemps qu'elle ne dors plus avec moi.
00:34Ma fille, elle a 11 ans et elle m'a dit j'ai besoin de dormir avec toi et elle n'a pas réussi à me quitter.
00:40Après on appelle la famille, on parle à la famille, on a besoin de nous-mêmes l'aider de son sac.
00:45Mais du coup voilà.
00:48C'est vous qui êtes venue sans elle ce matin ?
00:49Oui.
00:51Pourquoi ?
00:52Parce que j'ai besoin de réponses, j'ai besoin de savoir des choses et j'ai besoin de savoir comment le faire pour ma fille aussi.
00:57Toutes mes filles l'ont eue, elles sont toutes passées dans ce collège et c'était une éducatrice à l'ancienne, on va dire.
01:05Elle a 60 ans donc forcément c'est l'éducation d'avant mais pas méchante pour autant.
01:10Elle avait son caractère ou quoi mais elle n'était pas méchante et elle l'appréciait assez.
01:14Ma deuxième qui l'a eue, elle m'a dit elle est toujours gentille avec moi, j'ai jamais eu de problème.
01:19C'était pas une prof à problème, j'ai jamais entendu quoi que ce soit.
01:22J'avais à cœur d'être à leur côté ce matin. J'aurais évidemment à cœur de suivre la situation et évidemment d'abord de suivre la situation de notre collègue
01:30qui comme vous le savez est toujours dans une situation préoccupante, très préoccupante à l'hôpital même si son état a été stabilisé.
01:38Quand vous rencontrez des gens qui souffrent et quand vous-même vous êtes le chef d'une administration qui est faite de femmes et d'hommes,
01:44vous ne pouvez être qu'émus quand l'un d'entre eux est blessé et quand en fait une communauté est blessée.
01:48Donc oui effectivement je suis très ému parce que, et puis très en colère aussi, parce que c'est pas acceptable
01:54et parce qu'il faut vraiment qu'on travaille collectivement et sans idéologie, sans instrumentalisation,
02:00qu'on travaille collectivement à une réponse qui nous permette d'éradiquer ce fléau de la violence interpersonnelle.
02:06Voilà, ce sera notre combat pour les prochaines années.
02:08Sous-titrage Société Radio-Canada
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