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Retrouvez Le 18/19 d'Hedwige Chevrillon en replay.
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00:00BFM Business et la Tribune présente
00:02Le 18-19 d'Edwige Chevrillon
00:07Comment se porte l'habillement, la mode en général ?
00:13Comment se portent les magasins de centre-ville ?
00:16C'est la question que je vais poser à mon invité,
00:18premier invité du 18-19, Yann Petiot.
00:20Bonsoir.
00:21Bonsoir Edwige Chevrillon.
00:22Merci d'être avec nous.
00:23On va rappeler que vous êtes directeur général de l'Alliance pour le commerce.
00:26Alors pour ceux qui auraient oublié évidemment,
00:30c'est la première organisation professionnelle dans l'équipement de la personne.
00:33Vous regroupez l'union des grands commerces de centre-ville
00:36et puis aussi la fédération des enseignes de l'habillement,
00:39la fédération des enseignes de chaussures grosses.
00:40Bref, grosso modo, vous représentez 16 000 magasins,
00:44150 000 salariés, c'est-à-dire si vous pesez lourd.
00:46Beaucoup de questions à vous poser.
00:48D'abord le bilan de l'année pour 2025.
00:51La question des soldes, toujours et encore,
00:53parce que c'est quand même un bilan mitigé.
00:55Et mais derrière aussi, on voit bien que la consommation a changé
00:58avec la fast fashion, l'explosion de la seconde main.
01:02Et puis la question des magasins, notamment des magasins en centre-ville.
01:05Et je dirais, vous allez tirer la sonnette d'alarme.
01:08Juste sur le bilan 2025 des enseignes de la mode,
01:12on peut dire, vous pouviez vous attendre à pire, non ?
01:15Vu le nombre de dépôts de bilan qu'on a connus ou de redressement judiciaire.
01:18Exactement, on aurait pu s'attendre à pire.
01:20Et l'élément fort, nous, que l'on tire de ce bilan de 2025,
01:23c'est que quand même, le marché de l'habillement résiste en France en 2025.
01:29Globalement, pour donner quelques chiffres,
01:30en magasin à périmètre constant, on fait moins 0,3.
01:34Donc on est quasiment à l'équilibre.
01:35Les ventes en ligne ont très légèrement augmenté à 0,1%.
01:41Donc globalement, ce qu'on voit en 2025, c'est qu'on résiste.
01:45Et on résiste dans la durée.
01:47Puisque depuis 2022, le secteur de l'habillement
01:50est en croissance de plus 1,3% à périmètre constant.
01:53C'est-à-dire que malgré l'environnement économique,
01:56qu'on connaît extrêmement difficile,
01:58un certain contraint avec des arbitrages de consommation
02:01sur lesquels on reviendra extrêmement fort,
02:03le marché tient.
02:05Il est tiré principalement, on le voit aussi en 2025,
02:08par le textile femme.
02:10Ça, c'est vrai aussi depuis trois ans.
02:11C'est la femme qui vraiment tire le marché.
02:14Ça veut dire que les hommes ne s'habillent plus ?
02:16Alors, on s'est beaucoup habillés durant le Covid,
02:19mais c'est vrai que depuis trois ans,
02:20c'est vraiment le marché, le segment femme
02:23qui est le plus important.
02:26Le marché enfant est, lui, un peu en retrait.
02:28Et la chaussure également un peu en retrait.
02:29Comment vous expliquez ça ?
02:31Je ne vous demande pas de faire de la psychologie féminine.
02:33Yann Petiot, mais comment vous expliquez ça ?
02:36Peut-être un rebond aussi post-crise sanitaire
02:38où le marché de la femme avait plus largement souffert.
02:42Donc, il y a un effet rebond sur ces trois ans.
02:44Sur les autres marchés, le marché de l'enfant,
02:46on sait que c'est un marché plus compliqué
02:49où il y a un fort marché de la seconde main
02:52qui concurrence justement cette première main.
02:55Il y a aussi moins de natalité en France.
02:57On l'a dit l'année dernière, c'est la première année
02:58où le taux de natalité est inférieur au taux de mortalité.
03:01Donc, on voit que chaque marché a des dimaniques extrêmement différentes
03:05et qui se confirment aujourd'hui dans la durée.
03:07Lorsqu'on regarde, je disais, il y a eu quand même
03:10toute une série de dépôts de bilans encore au CAID
03:13ou de redressements judiciaires, évidemment,
03:15parce que chacun a des procédures différentes.
03:17Mais vous regardez au CAID, là, c'était il y a quelques semaines.
03:20Il y a eu X, Princesse Tam Tam, Comptoir des cantonniers.
03:23Ça, c'est en 2025.
03:24En 2024, il y a eu Sergent-Major, Jennifer Pimki, du pareil au même.
03:29En 2023, il y a eu Koukai, Gap France, Camailleux.
03:32Enfin, c'est-à-dire que tous les noms, je dirais, qu'on a connus
03:34sont en train de disparaître ou de traverser des grosses difficultés.
03:39Comment ?
03:40Qu'est-ce qui prend la place ?
03:42C'est quoi ?
03:42C'est un renouvellement des enseignes
03:44après celles qu'on connaissait traditionnellement ?
03:47Oui, alors, c'est vrai qu'on a dit le bilan de 2025.
03:50On dit qu'on résiste, mais quand même,
03:53on doit voir derrière les difficultés qui persistent
03:55pour un certain nombre de ces enseignes.
03:58Et vous l'avez dit, alors, qu'est-ce qui se passe ?
03:59D'abord, une concurrence extrêmement forte
04:01de ces dernières années, de manière agressive,
04:04de la part des plateformes en ligne extra-européennes,
04:06de l'ultra-fast fashion, qui restent quand même fortes,
04:09même si on dit qu'elles ont perdu un peu d'activité l'année dernière.
04:13Elles restent quand même un élément concurrentiel extrêmement fort.
04:16On voit aussi que ce qui marche beaucoup sur notre marché,
04:19ce sont plutôt les enseignes généralistes,
04:21ce qui montre certainement un changement
04:23dans le comportement d'achat de nos clients.
04:26Par exemple ?
04:26Par exemple, des enseignes qui vont servir toute la famille.
04:28C'est plus simple pour un client d'aller chez une enseigne
04:31et de trouver « je m'habille pour moi ».
04:33Généralement, c'est une femme qui fait plutôt le shopping.
04:37« Je m'habille pour moi, mais je veux aussi habiller mon enfant en même temps
04:40et puis trouver peut-être autre chose pour mon mari
04:42ou pour le reste de ma famille. »
04:44Donc, les enseignes généralistes ont plutôt tendance à tirer le marché
04:47et plutôt des enseignes situées sur l'entrée de gamme,
04:50accessibles, voire le milieu de gamme.
04:52Est-ce que vous diriez justement, parce que le pouvoir d'achat,
04:54on voit bien que c'est toujours la priorité des Français,
04:57est-ce que pour vous, c'est ce qui explique un peu toutes ces tendances
05:01qu'on est en train de voir se redessiner ?
05:04Oui, bien sûr. Nous, ce qu'on observe sur notre panneau aussi,
05:07c'est une diminution du panier de consommation,
05:09du panier moyen d'achat, ça qui est très vrai sur plusieurs années.
05:14Qui était combien aujourd'hui ?
05:15Qui était combien ?
05:15L'année dernière, il était à moins 0,6,
05:17mais il est constant sur les années précédentes.
05:20C'est notamment dû, vous l'avez dit, à l'inflation,
05:22qui a quand même été forte, non pas sur notre secteur,
05:24mais sur l'ensemble des postes de consommation,
05:26ce qui fait que les Français sont amenés à faire des arbitrages
05:29qui sont plutôt défavorables à notre marché.
05:33Et puis aussi, on l'a dit, l'ultra-fast fashion,
05:36les promotions qui sont extrêmement fréquentes sur Internet,
05:39ont transformé un peu la perception du prix qu'ont les Français.
05:43Et aujourd'hui, le consommateur, il recherche le meilleur rapport qualité-prix
05:48et il n'est plus prêt à payer plus cher
05:50si la qualité de son produit n'est pas présente.
05:52C'est quoi le panier moyen ? Vous connaissez en montant, ça donne quoi ?
05:56Alors là, on ne l'a pas sorti cette année parce que c'est très divers,
05:59on l'a vu en version relative, qui est plutôt en baisse.
06:02Oui, d'accord. Alors justement, après, on va rentrer un peu plus en détail.
06:05D'abord, on peut parler des soldes, le bilan des soldes,
06:09parce que c'est aujourd'hui le dernier jour,
06:11donc c'est terminé. Enfin, c'est terminé officiellement.
06:16C'est tout ça, le problème des soldes.
06:18Alors d'abord, le bilan, puis après, est-ce qu'il faut arrêter les soldes ?
06:21C'est des soldes permanentes maintenant.
06:23Alors le bilan, vous avez raison, ce sera terminé ce soir.
06:26Nous, on a tiré un premier bilan à dimanche soir
06:28et on observe véritablement deux périodes, en fait, sur ces soldes.
06:32Un démarrage qui a été extrêmement difficile.
06:34Il faut se rappeler des épisodes neigeux que nous avons eus très forts
06:37en Ile-de-France, sur le nord de la France et sur l'ouest.
06:39La neige, oui.
06:40Qui ont pénalisé vraiment le démarrage.
06:43Pour donner quelques chiffres,
06:44le mercredi, le premier jour de lancement des soldes,
06:47nous étions à moins 20% d'activité avec des très fortes chutes.
06:51Ça, c'était le premier jour ?
06:52Ça, ça a duré 3-4 jours, mais ça a vraiment impacté le démarrage
06:57et on a redressé un peu la tendance sur les deux dernières semaines
07:00qui étaient positives, mais malheureusement insuffisamment bonnes
07:03pour rattraper notre retard.
07:05Au total, on accuse un léger retard de l'ordre de moins 1,8 points
07:09d'activité en magasin et un léger mieux sur le web.
07:12Et qu'est-ce qu'il y a le plus marché ?
07:15C'est les féminins, c'est l'ameublement, c'est les chaussures, c'est quoi ?
07:18Alors, encore une fois, c'est très tiré par le textile féminin,
07:22comme l'année, comme ce qu'on a observé durant les soldes.
07:25Donc, vous vous dites quoi, là, Yann Pétiot ?
07:29Comme beaucoup, on voit, certains disent,
07:31bon, il faut quand même un peu revoir.
07:33Chaque année, je vous pose la question.
07:34Donc, il faut revoir quand même le mécanisme des soldes
07:37parce que c'est vrai qu'il suffit qu'on achète quelque chose,
07:40on vous demande votre adresse e-mail.
07:43Et puis après, si vous avez le malheur de la donner,
07:45après, vous recevez plein de mails.
07:47Mais ensuite, on vous dit, tiens, il y a des ventes privées,
07:50il y a toujours des spécificités pour ne pas dire que ce sont des soldes
07:53parce qu'ils n'ont pas le droit.
07:55Mais le bilan, il est là.
07:56Il y a le Black Friday.
07:57Vous avez totalement raison.
07:58Et il faut qu'on regarde la situation en face.
08:00On le voit maintenant, les soldes ont perdu leur attractivité
08:03par rapport à ce qu'elles étaient il y a encore 10 ou 15 ans.
08:06Il faut le reconnaître, c'est certain.
08:08Pourquoi ? Vous l'avez dit, il y a d'autres événements promotionnels dans l'année.
08:11Le Black Friday est maintenant bien installé.
08:12Dans le paysage commercial.
08:13Et juste avant les soldes.
08:15Même juste avant Noël.
08:16Et d'ailleurs, c'est un peu, pour beaucoup, cet événement, il est dommageable.
08:20Parce qu'en principe, on était plutôt au moment de Noël,
08:22une période où on pouvait vendre à plein pour un commerçant.
08:24Et là, on a le Black Friday qui nous pousse un peu à faire de la démarque au mauvais moment.
08:29Tout le monde s'y met.
08:30C'est sûr, il est inscrit aujourd'hui.
08:32Il est inscrit dans notre événement commercial.
08:34Y compris dans un magasin.
08:35Tout le monde s'y met.
08:36Bien sûr, aussi bien en ligne qu'en magasin.
08:38Alors après, il y a certaines personnes qui le font sur une journée, d'autres sur une semaine.
08:41Tout dépend un peu de votre situation.
08:43Mais le Black Friday est bien installé.
08:45On a les ventes privées qui ont plutôt bien marché cette année.
08:48Puisqu'on a eu 15 jours après Noël qui ont été très bonnes en termes d'activité.
08:53On l'a dit aussi, on a Internet aujourd'hui qui est le royaume par excellence de la promotion et du prix bas toute l'année.
09:01Donc, une fois qu'on a dit ça, est-ce qu'on doit garder les soldes ?
09:03Nous, on est convaincus que oui.
09:04Pourquoi ? Parce que c'est un événement collectif qui réunit l'ensemble des commerçants aux mêmes dates.
09:09Et qui bénéficie finalement à tous.
09:11Puisque que vous soyez petit, moyen ou grand, tout le monde fait les soldes au même moment.
09:15Et les consommateurs, quand ils descendent dans la rue, en bas de chez eux, ils savent qu'ils trouveront des bonnes affaires.
09:20Qu'ils aillent chez leurs petits commerçants indépendants ou chez les grands.
09:23Et ça, c'est important qu'on puisse garder un événement commun qui marque le calendrier commercial.
09:28Oui, de ce point de vue-là, vous avez raison.
09:31Surtout, pas éviter que ce soit le Black Friday qui commande l'agenda de votre secteur.
09:37Cela dit, on sait bien, parce que j'ai reçu pas mal de patrons de grands magasins.
09:43Pour eux, ils en regarderaient Lafayette le printemps.
09:45C'est très important.
09:46Je crois qu'ils font à peu près au BHV en son temps, parce que c'est plus tellement le cas, malheureusement.
09:51Ça a représenté un tiers de leur chiffre d'affaires.
09:53Aujourd'hui, c'est de moins en moins le cas, mais quand même important.
09:55Est-ce que ce n'est pas pour ça que vous êtes pour dans l'alliance du commerce ?
09:59Parce qu'ils pèsent lourd chez vous, ils pèsent lourd.
10:02Mais peut-être que c'est moins vrai pour les autres marques, non ?
10:04Tous les commerçants, je pense, sont pour garder cette période de sol.
10:07Ce qui peut diviser, ou ce qui pose question aujourd'hui, c'est davantage le calendrier.
10:11Est-ce que les sols sont au bon moment ?
10:14Est-ce qu'il faut qu'on les reporte ?
10:15Certains disent un mois, nous on pense que c'est beaucoup trop tardif.
10:18Certains voudraient les avancer.
10:19C'est pour ça qu'aujourd'hui, le calendrier qui existe, qui est fixé maintenant depuis 2019,
10:23qui est de quatre semaines, il nous semble le bon statu quo.
10:26Néanmoins, ce qu'on fait, ce qu'on est en train de faire,
10:28on est en train de mener une grande étude sur ce sujet des sols, des promotions,
10:32pour voir quelles sont les bonnes stratégies que mettent les entreprises en place pour y répondre.
10:36On aura les résultats de cette étude dans le courant de l'année.
10:39Et j'espère que ça nous éclairera sur ce débat du calendrier,
10:42qui en effet revient à chaque période de sol.
10:43Oui, parce que là, aujourd'hui, le commerce en ligne, ça représente combien dans votre secteur ?
10:49Chez les enseignes, ça représente une moyenne de 12 à 15 % de chiffre d'affaires.
10:54Seulement ?
10:54Bien sûr, seulement.
10:55Alors certaines vont jusqu'à 25 % de chiffre d'affaires pour les meilleurs, d'autres moins.
11:00Donc c'est pour ça qu'on est sur une moyenne aux alentours de 12 à 13-15 % chez les enseignes.
11:04Oui, parce qu'on voit bien même, le mode de consommation a changé.
11:11Il y a toujours la question primordiale du pouvoir d'achat.
11:14OK.
11:15Mais la deuxième question, c'est où est-ce que j'achète ?
11:18Et où est-ce que j'achète ?
11:20On verra après la question de la Fashion Week aussi.
11:22La Fashion Week, oui, la Fashion...
11:24Pas Fashion Week, la Fashion...
11:26Pas Fashion Week.
11:27Pardon.
11:27Et puis il y a aussi la question de la seconde main.
11:29Mais il y a aussi où est-ce que j'achète ?
11:31Vous alertez, dans le bilan que vous avez publié,
11:35vous alertez sur les magasins en centre-ville,
11:37en disant, mais attention, le chiffre est absolument saisissant quand on regarde.
11:42Attends, il faut que je le retrouve, mais vous allez me dire,
11:44c'est incroyable la baisse des magasins.
11:47C'est moins 20 % à peu près, c'est ça ?
11:49Oui, on a voulu lancer un peu un cri d'alerte à l'occasion de notre bilan annuel.
11:53Parce qu'il y a aujourd'hui deux zones qui sont particulièrement en souffrance en France,
11:56où le taux de vacances commerciales a explosé, a augmenté.
12:01Il y a d'abord les centres-villes, et on y reviendra,
12:03et les galeries commerciales et les petits centres commerciaux qui souffrent énormément.
12:07Sur les centres-villes, le problème aujourd'hui, il est assez bien identifié.
12:10C'est le problème du flux.
12:12Un magasin, pour qu'ils vivent, il faut qu'il y ait un flux suffisant.
12:16Et quel est le flux en centre-ville ?
12:18C'est à la fois les habitants qui y vivent,
12:20les personnes qui viennent pour y travailler,
12:21et les personnes, les touristes, les visiteurs qui viennent pour s'y promener.
12:25Ça aujourd'hui, mais ça depuis maintenant plusieurs années,
12:28les centres-villes ont tendance à perdre de la population,
12:31parce que les Français, et c'est bien normal,
12:32ont tous envie d'avoir une maison, un peu d'espace pour vivre,
12:36et donc on est plutôt partis en périphérie des villes.
12:39Les emplois aussi ont eu tendance à quitter les centres-villes,
12:43et notamment les emplois publics.
12:44Il y a la question de la piétonnisation des centres-villes.
12:47À Paris, c'est flagrant, mais je peux vous en citer plein.
12:51Une fois que les habitants et les travailleurs sont partis des centres-villes,
12:56il faut qu'on arrive à les faire revenir.
12:57Et comment les faire revenir ?
12:58On travaille sur l'accessibilité.
13:01Nous, on le voit, il y a des centres-villes.
13:03Je pourrais prendre l'exemple de Grenoble, par exemple,
13:06c'est jusqu'à moins 15% de chiffre d'affaires
13:08pour les commerçants du centre-ville de Grenoble.
13:10C'est énorme, mais il y a aussi d'autres villes
13:12qui en bâtissent, Rennes, Nantes.
13:14Il faut qu'on ait une politique d'accessibilité au centre-ville
13:16qui permette aux Français de venir s'y promener.
13:19Est-ce que pour vous, c'est la principale question ?
13:22Pour le centre-ville, oui.
13:24La principale question, c'est comment on ramène du flux en centre-ville.
13:26C'est de l'accessibilité.
13:27Dedans, il y a accessibilité, propreté.
13:31Architecturalement, il faut que la ville soit belle,
13:33qu'on l'entretienne.
13:34Il faut qu'il y ait une offre culturelle de restauration
13:36qui soit suffisante.
13:37Oui, mais ce qui va souvent, justement,
13:38avec l'aménagement du centre-ville,
13:40donc la piétonisation.
13:42Bien sûr, mais on n'est pas contre.
13:43Ce n'est pas un débat pour ou contre.
13:44C'est un débat de périmètre.
13:45C'est où on met le curseur.
13:46Alors, c'est pareil, il ne faut pas être pour ou contre la voiture.
13:50Il en faut pour tout le monde.
13:52Mais quand vous êtes une famille avec des enfants en bas âge
13:54ou des seniors, c'est quand même plus difficile
13:56de prendre les transports collectifs dans de nombreuses villes.
13:59Donc, il faut que vous puissiez venir en voiture.
14:01Donc, c'est l'ensemble des moyens de transport
14:02qu'il faut mettre en coordination, en complémentarité,
14:05pour que les gens puissent continuer à venir facilement
14:07en centre-ville.
14:09Et ça, malheureusement, il y a des centres-villes
14:10qui ont poussé le curseur un peu loin.
14:12Et qu'est-ce qu'on voit ?
14:13On voit moins de flux et donc...
14:15C'est le cas de la rue de Rivoli à Paris
14:17et notamment le problème du BHV.
14:18Je m'en souviens, j'avais reçu le patron
14:20de la galerie Lafayette Philippe Houset
14:22qui m'avait dit à l'époque,
14:23il n'y a pas si longtemps que ça,
14:25il m'avait dit
14:25si la rue Rivoli continue à être piétonnière
14:28dans ces conditions,
14:30on ne gardera pas le BHV
14:31et on voit où est-ce qu'il en est aujourd'hui.
14:32Bien sûr, vous avez raison.
14:33Et je pense que certains élus locaux
14:35ne l'ont pas encore totalement compris.
14:36Et nous, on a des villes,
14:38j'en ai cité trois tout à l'heure,
14:39où vraiment les signaux d'alerte
14:41aujourd'hui remontent.
14:41Donc ce qu'on dit aux élus locaux aujourd'hui,
14:43c'est vraiment un message fort,
14:45c'est vous avez les clés en main
14:47pour transformer votre centre-ville
14:49et sauver le commerce.
14:50Et il y a des élections au mois de mars,
14:52souvent on entend le commerce
14:53facilement à toutes les bouches,
14:56mais ce qui est important derrière,
14:58c'est la politique de transport,
15:00d'accessibilité, de stationnement.
15:02Est-ce qu'il est gratuit ?
15:03Est-ce qu'il est payant ?
15:03De logement, comment on fait
15:04pour ramener des gens dans le centre-ville ?
15:07Avoir une offre diversifiée,
15:09ça c'est important.
15:09Les élus ont toutes les clés en main
15:11et souvent on pense que ça passe
15:12par plus d'oreilles,
15:13plus de contraintes.
15:14Non, non, nous on est convaincus
15:16que ça passe par plus de
15:17proconscription de politique.
15:19Alors vous n'avez pas cité Paris
15:19à l'Alliance pour le commerce,
15:20vous n'avez pas pensé sur le cas parisien ?
15:22Si, Paris, on a aussi regardé
15:24le cas parisien, vous avez raison.
15:26Alors ce qu'on observe l'année dernière,
15:28c'est que Paris s'en sort
15:29plutôt bien l'année dernière.
15:31On est à plus 1,8
15:31pour vous donner un chiffre d'activité
15:33sur Paris.
15:34Avec plaisir à Madame Hidalgo.
15:35Avec une image inversée
15:37par rapport à la sortie
15:38de la crise Covid.
15:39C'est-à-dire, pendant le Covid,
15:40ce qui avait plutôt bien marché à Paris,
15:42ce sont les arrondissements périphériques,
15:45plutôt de résidences
15:47où les habitants ont consommé
15:49un peu au pied de leur immeuble.
15:51Et ce qui avait souffert
15:52sont tous les quartiers centraux touristiques.
15:54On voit vraiment que cette image-là,
15:55depuis maintenant 2-3 ans,
15:56elle s'est inversée
15:57et encore plus sous l'effet
15:58des Jeux olympiques de l'année dernière.
16:01Parce qu'aujourd'hui,
16:01le flux visiteur est reparti.
16:04On voit que les quartiers
16:06qui sont en positif
16:06sont vraiment les quartiers centraux
16:08et les quartiers visiteurs,
16:09à l'inverse,
16:10ceux qui souffrent aujourd'hui
16:11sont vraiment les quartiers périphériques.
16:14Je pense par exemple
16:15à l'avenue du Général Leclerc,
16:16qui est un quartier
16:17qui fait moins 9%
16:18de chiffre d'affaires
16:19sur ces dernières années
16:20et qui commence aujourd'hui
16:21à quand même
16:22de véritables difficultés.
16:23Le boulevard Saint-Michel,
16:24enfin, on en a plein.
16:25Là, c'est tous les endroits,
16:27il y a eu beaucoup de travaux.
16:28Là aussi, l'accessibilité
16:29est bien plus difficile.
16:30Ça, c'est pour les Parisiens.
16:31Juste, il y a des centres commerciaux
16:35aussi qui souffrent beaucoup
16:37parce qu'il y a aussi
16:38toute une mutation
16:39des centres commerciaux.
16:40Il n'y a plus tellement les hyper.
16:41Enfin, on voit bien
16:42la guerre que se livre
16:42la grande distribution
16:44et puis le format hyper
16:45séduit moins.
16:47Donc, ils sont en train
16:47de réorganiser
16:48toutes les galeries commerciales.
16:50Il y a de nombreux
16:51centres commerciaux,
16:52pas forcément les très grands,
16:53mais les moyens
16:54qui sont en difficulté, non ?
16:55Vous avez raison.
16:56En tout cas, c'est ce qu'on remarque
16:57dans nos chiffres
16:58et dans notre bilan.
17:00Vous l'avez dit,
17:00on est à environ
17:01à moins 20%
17:02de nombre de magasins
17:03en France au total.
17:04Quand on regarde
17:05les centres commerciaux
17:06de centre-ville...
17:07Moins 20%,
17:07c'est ce que je disais tout à l'heure.
17:08Moi, je trouve ça énorme.
17:10Les centres de centre-ville,
17:12c'est encore plus important.
17:13On est aux alentours
17:14de moins 27% de magasins.
17:16Donc, c'est très important.
17:17Et ceux qui souffrent le plus
17:18sont ceux dans des territoires
17:19de villes moyennes,
17:21plutôt,
17:22qui, en effet,
17:23sont dans des territoires,
17:24dans des centres-villes
17:25du flux
17:26et donc qui sont
17:27encore plus en difficulté.
17:28Souvent, on a un problème
17:29de loyer aussi,
17:30de coûts d'exploitation
17:31qui sont plus élevés
17:32dans ces galeries marchandes
17:34que dans le centre-ville
17:35ou en périphérie.
17:36Et ça cumule souvent
17:37les difficultés
17:37pour les commerçants
17:38qui s'y trouvent.
17:40Qu'est-ce que vous pensez
17:41à l'avenir du BHV ?
17:43Est-ce que d'abord,
17:43c'était la part de Frédéric Merlin,
17:44c'était une énorme erreur
17:46de faire venir
17:46la fast fashion
17:47avec Cheyna ?
17:51On en est convaincu.
17:52Pourquoi ?
17:52Parce qu'on l'a dit
17:53depuis plusieurs années,
17:54Cheyna est un acteur
17:55qui ne respecte pas
17:56un certain nombre
17:57de nos règles
17:58et de nos valeurs communes
17:59et donc pour nous,
17:59il était inacceptable
18:00de lui ouvrir,
18:02de lui...
18:04Si je vous pose la question,
18:05c'est que là,
18:05je crois que dans quelques jours,
18:07il y aura l'appel
18:07de la décision,
18:09c'est jeudi,
18:10l'appel de la décision
18:11et avec l'État
18:12qui est donc,
18:13c'est l'État
18:13qui a fait appel
18:14qu'en voulant absolument
18:15soit la fermeture,
18:16en tous les cas
18:16une réorganisation
18:17de la plateforme
18:18Chine
18:19qui n'est pas du tout
18:19suffisante à leurs yeux,
18:22par exemple,
18:22que l'État aurait
18:23d'autres éléments
18:25qui pourraient contraindre
18:26la justice
18:27à soit fermer
18:28ou en tous les cas
18:29à limiter la plateforme.
18:31Un,
18:31est-ce que vous avez
18:31des éléments,
18:32vous aussi ?
18:33Et deux,
18:33vous en attendez quoi ?
18:34En tout cas,
18:35je pense que nous,
18:36on espère en effet
18:37qu'il y aura une décision
18:38qui sera favorable,
18:40je dis,
18:41plus favorable
18:41que celle qui a été donnée
18:42pour le moment
18:43et je pense que quand même,
18:45on est suffisamment critique
18:46avec le gouvernement
18:48pour reconnaître
18:49lorsque quelque chose
18:49est bien fait
18:50et c'est vrai que
18:51depuis un an,
18:52quand même,
18:52la prise de conscience
18:53de nos autorités,
18:54qu'elles soient nationales,
18:55même européennes,
18:56sur le risque
18:57que font courir
18:58ces plateformes.
18:58Oui,
18:58enfin,
18:59Chine a pu quand même
19:00ouvrir au BHV,
19:01c'était une année.
19:03On ne peut pas tout interdire,
19:04mais en tout cas,
19:05il y a une vraie prise
19:06de conscience maintenant
19:07depuis un an
19:07des autorités
19:08sur le risque
19:09que font courir
19:10ces plateformes.
19:11En plus,
19:11on le sait maintenant,
19:12c'est documenté,
19:14je vous rappelle
19:15le contrôle
19:15qui avait eu
19:16au printemps dernier
19:16qui montrait
19:17que 94%
19:18des produits contrôlés
19:20étaient non conformes.
19:22La sanction
19:23qui est tombée
19:23au mois de juillet
19:24qui disait quand même
19:25que 9 promotions
19:26sur 10
19:26étaient fausses
19:27sur le site de Chine
19:28et parfois même
19:29le client payait plus cher
19:31après promotion
19:31qu'avant promotion.
19:33Donc aujourd'hui,
19:33les faits sont établis,
19:35il y a une prise de conscience.
19:36Est-ce que c'est suffisant ?
19:37Je suis d'accord avec vous
19:38que les choses ne vont pas
19:39assez vite
19:39et surtout au niveau de l'Europe.
19:41Vous voyez maintenant
19:42que nous avons un budget,
19:43il faut s'en féliciter peut-être,
19:44on ne le sait pas très bien,
19:46mais en tous les cas,
19:46il y a cette taxe
19:49sur les petits colis
19:49qui sera mise en place
19:51en France
19:51à compter du 1er mars
19:54à hauteur de 2 euros.
19:56Ça sera suffisant ?
19:58On aurait pu vouloir plus,
19:59mais en tout cas,
19:59c'est un premier geste.
20:01Il va y avoir aussi
20:01des droits de douane forfaitaire
20:02qui vont s'appliquer
20:03au mois de juillet
20:04au niveau européen
20:04qui seront de l'ordre
20:05de 3 euros aussi.
20:06Donc déjà,
20:07c'est 2 plus 3.
20:09Au mois de novembre,
20:10il y aura des frais de gestion
20:11qui seront impliqués
20:12au niveau européen
20:12qui viendront remplacer
20:14la taxe sur les petits colis français.
20:16Donc quand même,
20:17ça bouge.
20:18Ça bouge,
20:19mais ça ne va pas assez vite
20:20et les sanctions n'arrivent pas
20:21et ne sont pas assez fortes.
20:23Et le vrai problème aujourd'hui,
20:24il ne se trouve pas tant
20:25au niveau français
20:26qu'au niveau européen.
20:27La Commission européenne
20:28a aujourd'hui,
20:29avec le règlement
20:30sur les services numériques,
20:31le fameux DSA,
20:33toutes les cartes en main
20:33pour pouvoir agir.
20:35Mais elle ne le fait pas.
20:37Pour donner un exemple,
20:40la Commission européenne
20:41a ouvert des enquêtes
20:42contre Temu et Chine
20:44il y a maintenant
20:44plus d'un an et demi.
20:46On est un an et demi plus tard.
20:47Et on attend toujours.
20:48Il n'y a pas de conclusion,
20:49il n'y a pas de sanctions.
20:50Et en attendant,
20:51ces plateformes
20:52accueillent chaque mois
20:54plus de 20 millions de visiteurs.
20:55Comment vous expliquez du reste
20:59que ça n'a pas marché,
21:00en fait,
21:02Chine au BHV ?
21:04Est-ce que ça a fait
21:04visiblement,
21:04les résultats sont là ?
21:05Enfin, ça n'a pas l'air de...
21:06On se rend compte
21:06que quand l'ultra fast fashion
21:07se confronte au physique,
21:09ça ne marche pas.
21:10Oui, mais pourquoi ?
21:10Parce que les gens
21:11ont un peu honte
21:13d'aller acheter
21:14devant tout le monde.
21:16Non, c'est une question
21:17que je pose.
21:17Non, je ne pense pas
21:18parce qu'il y avait...
21:19Et pourquoi ça marche
21:20incroyablement bien ?
21:21Ce que montrent les chiffres,
21:22c'est qu'il y a du trafic.
21:23Donc, les gens viennent voir
21:25ce qu'est Chine en magasin,
21:26mais ils ne repartent pas
21:27avec des produits.
21:29Donc, qu'est-ce que ça montre ?
21:30C'est que l'offre Chine
21:31en magasin est décevante.
21:33Pourquoi ?
21:33Parce que quand vous êtes
21:34sur le site Internet,
21:36on vous offre
21:36une largeur de gamme
21:37de plusieurs dizaines,
21:39dizaines de pages
21:40où vous pouvez scroller
21:41à non plus finir,
21:43avec des pratiques marketing
21:45extrêmement agressives,
21:46des pop-up
21:47qui vous offrent
21:48une promotion par-ci,
21:49une promotion par-là.
21:50Ce qu'on ne peut pas faire
21:50quand vous êtes en magasin,
21:52vous avez une offre
21:53qui est plus contrainte
21:54et le prix aussi.
21:56En magasin,
21:57on ne peut pas offrir
21:58des ultra petits prix
21:59comme ceux qu'on trouve
22:00sur le site Internet.
22:01Donc, bien sûr,
22:01l'offre a été décevante
22:03en magasin.
22:04La seconde main,
22:05vous n'êtes pas ou vous êtes contre ?
22:06On ne peut pas être contre.
22:08Non, mais je suis d'accord avec vous
22:10et en même temps,
22:10vous vous défendez les magasins.
22:12Donc, il faut bien...
22:12Oui, mais les magasins font...
22:14Ils en font un peu.
22:15Il faut se rendre compte
22:15que ça correspond à une évolution
22:17des comportements de consommation.
22:19C'est environ 14 milliards
22:20d'euros aujourd'hui dans la mode
22:22qui sont de seconde main.
22:25C'est particulièrement fort,
22:26on l'a dit,
22:27chez l'enfant
22:27mais aussi chez d'autres secteurs.
22:29Ce qu'il faut,
22:29c'est que les acteurs traditionnels
22:31se bougent
22:32et certains le font déjà.
22:34Ils le font en ligne,
22:35ils le font en magasin.
22:36Ce qui est compliqué,
22:37il faut le reconnaître,
22:38c'est d'arriver à trouver
22:38un modèle qui soit rentable
22:40pour être pérenne
22:42sur cette seconde main
22:43puisque ce sont des produits
22:44qui sont moins chers
22:45et qui exposent quand même
22:47à de nombreux coûts
22:48pour les enseignes.
22:48Toute dernière question,
22:49est-ce qu'il faut s'attendre encore
22:50là en 2026
22:51à d'autres marques
22:52un peu emblématiques
22:53comme celles que je citais
22:54tout à l'heure
22:54qui vont être en faillite
22:56ou en redressement judiciaire
22:57ou connaître de graves difficultés ?
22:59Écoutez, on ne l'espère pas.
23:01On a vu comme vous
23:02des noms récents
23:03dans l'enseigne français
23:05qui connaissent encore
23:06des difficultés
23:06ce qui prouve
23:07que toutes les difficultés
23:08ne sont pas derrière nous
23:09mais nous ce qu'on voit
23:10dans les chiffres quand même
23:11c'est que le marché au global
23:13tient bon, résiste.
23:15Il y a quand même des nuages
23:16qui arrivent sur 2026
23:17on sait que la consommation
23:18restera extrêmement fragile
23:19que le contexte économique
23:20est aussi fragile
23:22donc on est un marché
23:24qui est résistant
23:25mais on reste extrêmement vigilant
23:26quand même
23:26sur les mois à venir.
23:28Merci beaucoup
23:29Yohann Petiot
23:30d'avoir été avec nous
23:31Merci à vous
23:31Un bilan quand même
23:32ça aurait pu être pire
23:34voilà, on va finir
23:34sur cette touche
23:35On résiste
23:35On résiste
23:36Yohann Petiot
23:37donc le directeur général
23:38de l'Alliance pour le commerce
23:39à suivre dans un instant
23:41une grosse tête
23:42c'est le patron de Polytechnique
23:43Thierry Coulomb
23:44qui sera avec nous
23:45on va parler d'IA
23:46on va parler de transition énergétique
23:48et on va parler de compétences
23:49Le 18-19
23:54d'Edwish Chevrillon
23:55sur BFM Business
23:57Sous-titrage Société Radio-Canada
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