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  • il y a 2 jours
🎙️ Quel rapport les journalistes et producteurs de Radio France entretiennent-ils avec la langue française ?
Laurent Petitguillaume, journaliste et animateur de "En tête à tête" et "100% année 80" sur ICI nous parle de son lien à la langue.

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Transcription
00:00Mais les anglicies, mais tiens, j'ai même pas envie de le dire, mais il faut les éviter à tout prix, je déteste ça.
00:14Non, non, ils sont très inspirants. Moi, je fais de la radio pour les auditeurs, donc je les lis.
00:18Alors aujourd'hui, c'est vrai qu'on est submergé de messages via les raisons sociaux, puis c'est comme ça, c'est dans la vie.
00:25J'aime bien, moi, rencontrer des auditeurs. Ça me surprend toujours qu'on me dise, même encore aujourd'hui,
00:30« Ah, ben, je vous écoute ou je vous écoutais, j'aimais bien ceci, j'aimais bien cela. »
00:34Donc j'en tiens compte, parce que sinon, je ne ferais pas ce métier.
00:41Sur ici, avec ce France Bleu, en tout cas, nous, on ne nous impose rien en termes de langage, de vocabulaire,
00:50parce que je pense qu'on doit être aussi, à chaque fois, un petit peu dans la tête de nos auditeurs.
00:55Et c'est pourquoi, quand je me retrouve devant un micro, je ne pense absolument pas à la façon dont je vais m'adresser aux auditeurs.
01:02Si j'ai un auditeur ou une auditrice au téléphone, je m'adresse à lui comme à quelqu'un que je rencontrerai dans la rue
01:07et que je connaîtrai peut-être un petit peu ou pas du tout, peu importe. Je ne m'impose rien du tout.
01:15Bon, alors, je ne me l'interdis pas, mais j'ai des tics de langage.
01:17Moi, très souvent, je dis « bien évidemment ». Je ne sais pas pourquoi, ça me...
01:20« Bien évidemment, ceci, bien alors, bien évidemment ».
01:23Je ne sais pas pourquoi, je ne sais pas d'où ça vient. C'est comme ça, peut-être que ça me rassure,
01:26ça me permet de terminer une phrase avec quelque chose de facile.
01:30Je ne m'interdis rien à part ça. Non, non, je ne m'interdis rien.
01:32Je m'interdis des injures, des réflexions qui n'ont pas lieu d'être.
01:38En revanche, je m'interdis les acronymes.
01:41Je ne supporte pas ça parce que la plupart du temps, quand je les entends, je ne les comprends pas.
01:44Enfin, sauf les plus courants, bien sûr.
01:46Mais il y en a aujourd'hui tellement dans certains discours, sur tous les médias,
01:51que tant je dis, mais de quoi ils parlent ?
01:53Alors, si on parle de la GPA, encore ça va, mais il y en a plein, plein d'autres et ça ne sert à rien.
01:59Voilà, ça, je me l'interdis.
02:00Alors, je vais vous dire la vérité.
02:05J'ai une expression que j'aime beaucoup parce qu'elle m'a marqué quand j'étais enfant.
02:09Moi, je suis né en Touraine, à Tours.
02:12Et quand j'étais tout petit, c'est ma grand-mère qui m'a élevé jusqu'à l'âge de 6 ans,
02:15j'ai l'impression qu'on utilisait des mots qu'on n'utilisait pas du tout quand je suis arrivé en banlieue parisienne.
02:19Par exemple, un jour à l'école, j'étais petit, je crois que c'était en CE1 ou autre chose.
02:24Je ne sais pas pourquoi j'ai dit, je vais me débarbouiller la goule.
02:26Et là, tous mes copains de classe m'ont regardé, ils disaient, hein, je vais me débarbouiller la goule, quoi.
02:32Je vais me laver le visage.
02:34Et là, on s'est foutu de moi, on s'est moqué de moi, on disait, mais de quoi tu parles ?
02:38Qu'est-ce que tu racontes et tout ?
02:39Et en fait, effectivement, c'est plutôt presque du vieux français, se débarbouiller la goule.
02:45Alors bon, ben, ça m'est resté.
02:51Mais les Anglissimes, mais tiens, je n'ai même pas envie de le dire, mais il faut les éviter à tout prix.
02:56Et je déteste ça.
02:58Bon, je ne suis pas canadien, je ne suis pas québécois, je ne vais pas tout remplacer.
03:01Il y a des mots dans notre vie courante qu'on utilise, mais tous les nouveaux mots.
03:06Alors, le pire pour moi, je vous dis la vérité, c'est le mot wok.
03:09Parce que je ne le comprends pas.
03:11Je ne sais pas ce que ça veut dire.
03:13Il y a plein de définitions pour être wok, il y a plein de définitions.
03:16Donc, qu'est-ce que ça vient foutre là ?
03:19J'ai dit foutre.
03:20Donc, je me les interdis.
03:25La radio, c'est toute ma vie.
03:26Moi, je fais de la radio depuis 1983.
03:33Donc, ça fait un bail.
03:34Et j'ai toujours fait de la radio.
03:36C'est mon métier de base.
03:37C'est l'endroit où je me sens le mieux.
03:40Enfin, en tout cas, dans le domaine professionnel.
03:43J'aime ce rapport qu'on a avec les auditeurs.
03:46J'aime utiliser ma voix.
03:47J'aime transmettre des émotions.
03:48J'aime transmettre du rêve, de l'angoisse.
03:51J'aime transmettre par le langage, mais par la radio.
03:54Et juste par la radio, par la voix.
03:58Qui m'a emporté, alors, dans mes souvenirs,
04:01Michel Albertstadt, pardon, sur Radio 7 à l'époque, que j'écoutais beaucoup.
04:05Clémentine Sellerier, sur Radio 7 aussi.
04:07Et puis, il y a une voix qui est très importante dans ma vie.
04:09Parce qu'avant de la connaître et de travailler avec elle,
04:12c'est la voix de la Super Nana.
04:14Super Nana, c'était une animatrice emblématique des années 80-90.
04:18C'était une femme extraordinaire.
04:19Et ce qui était fascinant avec elle,
04:21c'est que par sa voix qui était très, très particulière,
04:23parfois on me disait, mais c'est un homme.
04:25Elle faisait passer tout, tout, tout.
04:28Elle pouvait vous faire fantasmer.
04:29Elle pouvait vous faire vivre dans un monde incroyable.
04:32Elle pouvait vous faire rire, vous faire pleurer.
04:35Il y avait tout.
04:36Et tout ça, c'était naturel.
04:38Mais ça, c'était une sacrée voix de radio.
04:40Et j'y pense encore très souvent.
04:41Sous-titrage Société Radio-Canada
04:44Merci.
04:45Merci.

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