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  • il y a 7 semaines
Léa Salamé ce matin, Laurent Delahousse cet après-midi : les deux stars du 20 Heures de France 2 se sont retrouvés ce lundi devant la commission d'enquête sur l'audiovisuel public. Les deux journalistes sont les premières stars de l'info à être entendues par les parlementaires. Ils ont été interrogés sur la neutralité des JT, question au coeur de cette commission sur l'audiovisuel public depuis l'affaire Legrand-Cohen.

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Transcription
00:00Je veux d'abord dire, ici, et c'est important, qu'avant d'être la femme de quiconque, je suis une journaliste indépendante, honnête et une femme libre.
00:09En 2019, quand mon compagnon a décidé d'être candidat aux élections européennes, je me suis retirée de l'antenne le jour même de sa candidature.
00:20Et je précise, contre l'avis de ma hiérarchie à l'époque, qui ne voyait pas pourquoi je devais sortir de l'antenne.
00:25C'est moi qui ai pris les devants et je suis sortie.
00:27Cinq ans plus tard, en 2024, quand à nouveau il a été candidat aux élections européennes, même chose, je me suis retirée de l'antenne.
00:36Et cette ligne de conduite, elle vaut pour toutes les élections.
00:41Si il est candidat, je sors de l'antenne.
00:44Je l'ai dit, j'ai même préempté la question au moment où on m'a proposé le 20h, où Alexandre Cara m'a proposé le 20h, où Delphine Ernotte m'a proposé le 20h.
00:51Je dis, vous savez bien que si il est candidat, je sors et je sors immédiatement. Immédiatement. Je ne m'accroche pas, je sors.
00:58Est-ce que vous pensez vraiment que si vous étiez la compagne de Jordan Bardella, vous seriez aujourd'hui toujours à la tête du journal de 20h de France 2 ?
01:08Je le redis quand même parce que c'est une question importante que le rapporteur, que tous les Français se posent. Je crois que vous avez apporté des réponses claires.
01:15Maintenant, je pense quand même qu'après des siècles et des siècles de combat, on peut quand même accepter que dans notre pays, une femme libre ne délègue ni ses choix politiques, ni sa pensée à son mari.
01:27Non mais je termine. Merci. Je pense que je peux m'exprimer deux minutes dans cette commission d'enquête.
01:32C'est agréable. Merci, monsieur le rapporteur. C'est agréable. Non, pas à chaque question. Je n'ai même pas posé de question. Vous pouvez-vous exprimer ?
01:36Je le dis clairement, madame Samia, vous répondez. Je vous ai déjà apporté un élément de réponse en vous disant que le jour où monsieur Glixman sera candidat à la présidentielle, elle s'y est retirée.
01:44Je ne suis pas la compagne de Jordan Bardella. J'espère que si la compagne de Jordan Bardella était journaliste, elle pourrait continuer à faire son travail sur une chaîne privée ou sur une chaîne publique.
01:55Je l'espère jusqu'à ce que son compagnon soit candidat. Pour ce qui est du 20h d'abord, je tiens à préciser les choses. J'ai accepté la rémunération qui m'a été proposée sans discussion.
02:06Et sans négociation, aucune. France Télévisions m'a dit que c'était la même rémunération que mes prédécesseurs au 20h. Je n'ai pas demandé un euro de plus.
02:15Ce sont des salaires qui sont très confortables, mais qui sont bien inférieurs au salaire des chaînes privées.
02:22J'ai par ailleurs moi-même reçu des offres de chaînes privées, de télé et de radio ces dernières années, qui étaient beaucoup plus lucratives que ce que je gagne sur le service public.
02:31Mais je n'ai jamais été guidée par l'appel du gain et j'ai toujours fait le choix du service public par conviction.
02:39Le journal de France Télévisions a sa différence et sa singularité. L'audience n'est peut-être pas la même priorité. Nous n'avons pas les mêmes obligations.
02:47Notre travail est finalement de proposer aux téléspectateurs un journal différent.
02:51Nous avons une richesse qui est la nôtre, qui est celle d'avoir une ligne éditoriale et de nous adresser au plus grand nombre en s'intéressant à tout le monde et en tentant de réaliser le journal le plus équilibré et le plus rigoureux.
03:064 millions de téléspectateurs encore hier soir. 4 millions de téléspectateurs. 4 millions à 20h30 également. C'est un score régulier que nous installons.
03:144 millions de téléspectateurs, c'est important. C'est beaucoup de monde. Beaucoup, beaucoup de monde.
03:18Et il y a une chose que je voudrais préciser. Depuis plusieurs années, pour éviter tout fantasme, que les questions budgétaires d'économie guident l'organisation de notre travail,
03:27ce sont des éléments que la direction et que les salariés ont pris en compte. France Télévisions ne vit pas dans un autre monde, monsieur le rapporteur.
03:33De là et bien au contraire, nous proposons toujours aujourd'hui des programmes différents qui répondent aux exigences et à nos missions,
03:40mais peut-être effectivement avec des conditions budgétaires qui ne sont plus les mêmes qu'il y a quelque temps.
03:45Sur le ton qui est le mien, dans mes interviews, vous avez souligné différents éléments et différentes interviews que j'ai réalisées.
03:54Je vous remercie pour cette question parce que c'est quelque chose qui est lié à moi et je me suis souvent interrogé sur ces critiques.
04:09Est-ce qu'il faut que je change ? Est-ce qu'il faut être plus agressif ? Est-ce qu'il faut avoir un tempérament différent qui n'est pas le mien ?
04:16Parfois dans la rue, les gens me disent « Monsieur Delahouze, vous êtes trop de gauche. Monsieur Delahouze, vous êtes trop de droite. Monsieur Delahouze, vous n'avez pas été sympathique avec. Monsieur Delahouze, vous avez été trop dur avec. »
04:29J'en fais presque mon étendard. Je n'ai eu, et pour revenir encore une fois à une question globale des uns et des autres,
04:37jamais de lien privilégié avec aucun responsable politique et en plus, et bien évidemment plus précisément avec les présidents de la République, successifs.
04:45Quel est le regard que vous avez pu apporter lorsqu'il y a quelques mois, on a appris que deux figures de l'audituel public, Patrick Cohen et Thomas Legrand,
04:55se sont retrouvées dans un café avec des cadres du Parti Socialiste, où l'on a pu apprendre cette phrase malheureuse prononcée par Thomas Legrand.
05:04Comment on fait ce qu'il faut pour Detti ? En règle, d'un point de vue déontologique, quel est votre regard sur ces pratiques ? Est-ce qu'il faut davantage encadrer cette imperméabilité entre les journalistes de l'audituel public et les personnalités politiques ?
05:21Merci Monsieur le rapporteur pour cette dernière question. Déjà le mot « encadrement » me fait parfois un petit peu peur quand il concerne la liberté de la presse.
05:31C'est une étrange époque malgré tout qui s'ouvre. Pour moi, les journalistes doivent être libres de fréquenter, qu'ils l'entendent à partir du moment où ils respectent bien évidemment les principes déontologiques que l'on connaît.
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