Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 8 mois
Après la fin des interrogations sur les faits, le procès en appel du Rassemblement national pour détournement de fonds publics bascule dans une nouvelle phase qui sera marquée par les réquisitions du ministère public, ce mardi.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00C'est vrai que du côté de Marine Le Pen, on a senti une évolution, on peut bien le dire.
00:05Pendant les premiers jours de l'audience, on l'a senti parfois un peu en colère,
00:08comme si elle voulait vraiment se battre, montrant parfois un peu d'exaspération.
00:12Elle trépignait, on l'a vu à plusieurs reprises, trépignait sur son siège
00:16quand les autres prévenus étaient interrogés à la barre,
00:18comme si elle voulait elle-même monter sur cette barre pour intervenir.
00:22Et puis la semaine dernière, on a senti que finalement c'était plus la résignation
00:26qui l'emportait sur l'exaspération, comme si Marine Le Pen s'attendait finalement
00:29à être condamnée, parce que c'est la tournure qu'ont pris les débats.
00:33Alors évidemment, elle tente et elle fait le nécessaire, on pourrait dire,
00:36pour tenter d'infléchir la peine à laquelle elle pourrait être condamnée.
00:39Mais on a senti quand même un peu de résignation dans son attitude.
00:42Un de ses conseillers me faisait un geste pour résumer son état d'esprit.
00:45C'était comme ça, c'était des montagnes russes pendant tout ce procès.
00:49Et c'est vrai que la semaine dernière, Marine Le Pen a confié en privé
00:51à quelques journalistes en marge de l'audience qu'elle avait le sentiment
00:54que peu de ses arguments avaient pour l'instant cranté
00:56et qu'il y avait toujours deux logiques qui s'opposaient lors de ce procès en appel.
01:00Une logique judiciaire, celle de la Cour, et une logique politique,
01:03la sienne et celle des autres prévenus.
01:05Si bien que Marine Le Pen, elle s'attend demain à des réquisitions sévères
01:08par les avocats généraux.
01:10Sur ces arguments, est-ce que sa stratégie de défense a évolué ?
01:14Est-ce qu'elle a commencé à reconnaître au moins en partie les faits ?
01:17Oui, c'est vrai qu'il y a une inflexion.
01:22On ne peut pas parler de changement de stratégie de défense,
01:24mais d'une légère inflexion. C'est-à-dire que Marine Le Pen,
01:26elle a utilisé le terme de négligence, mettant quasiment sur le dos
01:31de l'organisation de son parti ce qui s'est passé il y a maintenant
01:34plus d'une dizaine d'années. Elle dit qu'il y a une zone grise
01:37et que certains assistants parlementaires qui devaient travailler
01:40pour les eurodéputés ont en fait travaillé, comme elle le dit,
01:43de façon résiduelle, voire de façon un peu plus importante,
01:46pour le compte du parti. Et c'est tout ce qu'on lui reproche aujourd'hui.
01:49C'est ce détournement de fonds publics.
01:51C'est en ce sens qu'il y a une légère inflexion au niveau de la position,
01:55pas sur l'intentionnalité, parce qu'elle le dit.
01:57Elle dit que je n'ai jamais donné de directives,
01:58je n'ai pas voulu mettre en place ce système.
02:00Mais oui, il y a eu des problèmes sur quelques contrats,
02:02sur certains contrats.
02:04Ça, c'est pour le fond. Sur la forme aussi, il y a quand même du changement.
02:06C'est là que le changement de stratégie était le plus flagrant.
02:09Marine Le Pen, elle s'est forcée de rester très calme à la barre
02:12lors de son interrogatoire, de ne surtout pas plaider.
02:14Elle, l'ancienne avocate, elle a confié après que ça lui avait coûté,
02:17et que ça revenait sans cesse, mais qu'elle luttait contre ça.
02:20Elle était avec son épais dossier plein de post-it en première instance.
02:23Elle n'avait que quelques feuilles à noter.
02:25Elle a refusé de commenter ce procès lors de ses déplacements,
02:28parce qu'elle a continué à faire campagne Marine Le Pen.
02:30Elle ne veut pas commenter ce procès.
02:32Elle n'a fait aucune déclaration à la presse devant les caméras
02:35lors de ses arrivées et sorties ici au palais de justice.
02:37Elle a un seul objectif.
02:39Elle ne veut surtout pas braquer la cour,
02:41à tel point qu'elle a passé consigne à ses troupes
02:43de ne pas venir non plus assister aux audiences
02:45pour ne pas avoir l'impression de faire pression
02:48justement sur la présidente de la cour.
02:49Marine Le Pen voulait un procès très sobre.
02:52Et donc, dans son attitude sur la forme,
02:53il y a vraiment une énorme différence
02:55avec le procès en première instance.
02:56C'est vrai que lors du procès en première instance,
02:59on s'en souvient, on l'a couvert aussi avec Sophie Dupont à l'époque.
03:03Et Marine Le Pen, quasiment tous les jours,
03:04elle faisait des déclarations devant la salle d'audience, au micro.
03:07Elle dénonçait un complot politique.
03:09La partialité de la présidente.
03:11La partialité de la présidente.
03:12Aujourd'hui, on n'est plus du tout là-dessus.
03:14On est vraiment sur quelque chose de serein,
03:17en tout cas dans l'attitude,
03:18de manière à obtenir une décision de justice
03:20sans doute un peu plus favorable pour elle
03:22qui pourrait peut-être, en tout cas c'est son espoir,
03:24lui permettre de se présenter à l'élection présidentielle de 2027.
Commentaires

Recommandations