00:00C'est vrai que du côté de Marine Le Pen, on a senti une évolution, on peut bien le dire.
00:05Pendant les premiers jours de l'audience, on l'a senti parfois un peu en colère,
00:08comme si elle voulait vraiment se battre, montrant parfois un peu d'exaspération.
00:12Elle trépignait, on l'a vu à plusieurs reprises, trépignait sur son siège
00:16quand les autres prévenus étaient interrogés à la barre,
00:18comme si elle voulait elle-même monter sur cette barre pour intervenir.
00:22Et puis la semaine dernière, on a senti que finalement c'était plus la résignation
00:26qui l'emportait sur l'exaspération, comme si Marine Le Pen s'attendait finalement
00:29à être condamnée, parce que c'est la tournure qu'ont pris les débats.
00:33Alors évidemment, elle tente et elle fait le nécessaire, on pourrait dire,
00:36pour tenter d'infléchir la peine à laquelle elle pourrait être condamnée.
00:39Mais on a senti quand même un peu de résignation dans son attitude.
00:42Un de ses conseillers me faisait un geste pour résumer son état d'esprit.
00:45C'était comme ça, c'était des montagnes russes pendant tout ce procès.
00:49Et c'est vrai que la semaine dernière, Marine Le Pen a confié en privé
00:51à quelques journalistes en marge de l'audience qu'elle avait le sentiment
00:54que peu de ses arguments avaient pour l'instant cranté
00:56et qu'il y avait toujours deux logiques qui s'opposaient lors de ce procès en appel.
01:00Une logique judiciaire, celle de la Cour, et une logique politique,
01:03la sienne et celle des autres prévenus.
01:05Si bien que Marine Le Pen, elle s'attend demain à des réquisitions sévères
01:08par les avocats généraux.
01:10Sur ces arguments, est-ce que sa stratégie de défense a évolué ?
01:14Est-ce qu'elle a commencé à reconnaître au moins en partie les faits ?
01:17Oui, c'est vrai qu'il y a une inflexion.
01:22On ne peut pas parler de changement de stratégie de défense,
01:24mais d'une légère inflexion. C'est-à-dire que Marine Le Pen,
01:26elle a utilisé le terme de négligence, mettant quasiment sur le dos
01:31de l'organisation de son parti ce qui s'est passé il y a maintenant
01:34plus d'une dizaine d'années. Elle dit qu'il y a une zone grise
01:37et que certains assistants parlementaires qui devaient travailler
01:40pour les eurodéputés ont en fait travaillé, comme elle le dit,
01:43de façon résiduelle, voire de façon un peu plus importante,
01:46pour le compte du parti. Et c'est tout ce qu'on lui reproche aujourd'hui.
01:49C'est ce détournement de fonds publics.
01:51C'est en ce sens qu'il y a une légère inflexion au niveau de la position,
01:55pas sur l'intentionnalité, parce qu'elle le dit.
01:57Elle dit que je n'ai jamais donné de directives,
01:58je n'ai pas voulu mettre en place ce système.
02:00Mais oui, il y a eu des problèmes sur quelques contrats,
02:02sur certains contrats.
02:04Ça, c'est pour le fond. Sur la forme aussi, il y a quand même du changement.
02:06C'est là que le changement de stratégie était le plus flagrant.
02:09Marine Le Pen, elle s'est forcée de rester très calme à la barre
02:12lors de son interrogatoire, de ne surtout pas plaider.
02:14Elle, l'ancienne avocate, elle a confié après que ça lui avait coûté,
02:17et que ça revenait sans cesse, mais qu'elle luttait contre ça.
02:20Elle était avec son épais dossier plein de post-it en première instance.
02:23Elle n'avait que quelques feuilles à noter.
02:25Elle a refusé de commenter ce procès lors de ses déplacements,
02:28parce qu'elle a continué à faire campagne Marine Le Pen.
02:30Elle ne veut pas commenter ce procès.
02:32Elle n'a fait aucune déclaration à la presse devant les caméras
02:35lors de ses arrivées et sorties ici au palais de justice.
02:37Elle a un seul objectif.
02:39Elle ne veut surtout pas braquer la cour,
02:41à tel point qu'elle a passé consigne à ses troupes
02:43de ne pas venir non plus assister aux audiences
02:45pour ne pas avoir l'impression de faire pression
02:48justement sur la présidente de la cour.
02:49Marine Le Pen voulait un procès très sobre.
02:52Et donc, dans son attitude sur la forme,
02:53il y a vraiment une énorme différence
02:55avec le procès en première instance.
02:56C'est vrai que lors du procès en première instance,
02:59on s'en souvient, on l'a couvert aussi avec Sophie Dupont à l'époque.
03:03Et Marine Le Pen, quasiment tous les jours,
03:04elle faisait des déclarations devant la salle d'audience, au micro.
03:07Elle dénonçait un complot politique.
03:09La partialité de la présidente.
03:11La partialité de la présidente.
03:12Aujourd'hui, on n'est plus du tout là-dessus.
03:14On est vraiment sur quelque chose de serein,
03:17en tout cas dans l'attitude,
03:18de manière à obtenir une décision de justice
03:20sans doute un peu plus favorable pour elle
03:22qui pourrait peut-être, en tout cas c'est son espoir,
03:24lui permettre de se présenter à l'élection présidentielle de 2027.
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