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  • il y a 14 minutes
Vincent Simonneau, directeur général de Bobine, était l'invité de Laure Closier dans French Tech, ce vendredi 27 février. Il nous démontre comment sa start-up s'attaque au plastique non valorisable, voué à l'enfouissement ou l'incinération, dans Good Morning Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Notre invité ce matin, c'est Vincent Simonot. Bonjour, vous êtes le directeur général de Bobine.
00:05Bobine qui veut s'attaquer au plastique qui est non valorisable, qui est voué à l'enfouissement ou à l
00:09'incinération.
00:10Vous êtes une start-up lyonnaise, vous venez de lever 13 millions d'euros pour financer un démonstrateur industriel.
00:16Votre spécialité à vous, c'est le recyclage chimique des plastiques.
00:21Vous voulez utiliser plutôt l'électricité que le classique chaleur issue des énergies fossiles.
00:28Comment ça fonctionne ?
00:29C'est une bonne question.
00:31Il faut savoir qu'aujourd'hui, la plupart des plastiques, les emballages qu'on appelle les polyoléphines, sont fabriqués à
00:36partir de petites briques.
00:37Le plastique, c'est un collier de perles et donc le recyclage chimique permet de revenir à la perle pour
00:42refaire du plastique vierge.
00:43Ces perles dont on parle, elles sont fabriquées par la pétrochimie dans ce qu'on appelle les vapocrackeurs.
00:48Ce sont des usines absolument gigantesques qui fabriquent toute cette chimie mondiale.
00:54Et nous, on permet la production de ces oléphines, donc ces petites perles, sans le vapocrackeur.
00:59Et ça, c'est une avancée majeure qui permet une réduction de 60% de la demande énergétique pour la
01:03fabrication de ces perles et une baisse du coût de production des oléphines circulaires de 45%.
01:10Et on est capable de recycler à 100% ?
01:13C'est-à-dire, si j'ai un pot de yaourt, par exemple, au départ, je peux le redécomposer en
01:17petites perles, comme vous dites, et je peux recréer un pot de yaourt à 100%, ça c'est possible ?
01:21Alors, les pots de yaourt, on ne les adresse pas, on en reste vraiment des emballages.
01:24Vous ne les adressez pas parce que c'est trop bien recyclable.
01:27Parce que c'est une résine qu'on appelle le polystyrène et qu'on ne recycle pas.
01:30On recycle du polyéthylène, du polypropylène, c'est 50% de la production mondiale de plastique.
01:34Quel type de produit ?
01:35C'est des films, pratiquement tous les emballages, hors bouteilles et hors pot de yaourt.
01:40D'accord.
01:40Et donc, on augmente de 45% le taux de recyclage.
01:43Donc, à partir d'une tonne de déchets plastiques, le procédé de bobine va permettre de faire 45% de
01:48plus de plastique recyclé.
01:49D'accord.
01:50Donc, c'est un avancé majeur.
01:5045% de plus de plus de 1 tonne, vous faites plus qu'une tonne avec une tonne ?
01:53Non, vous faites par rapport aux technologies concurrentes de recyclage chimique.
01:57Il y a toujours une des perditions, mais là, forcément, vous êtes beaucoup plus efficace.
02:01Mais alors, avec quel coût ? C'est toujours la question.
02:02Parce que, moi, je prends toujours le même exemple.
02:04Quand on nous vend des objets avec du plastique recyclé, je pense par exemple aux ordinateurs.
02:08Il y a plein de fabricants qui ont sorti des ordinateurs.
02:10Je me disais, ah, génial et tout, c'est bien, il y a un côté écolo.
02:12Sauf qu'il coûte plus cher à la fin que des ordinateurs avec du plastique neuf.
02:15Bref, c'est la même chose avec votre technologie ou pas ?
02:17En fait, on réduit quand même énormément le coût.
02:20Encore une fois, 45% de plus de taux de recyclage et 60% de demandes énergétiques en moins.
02:26Si on met ça dans une calcul économique, en gros, on baisse de 45% le coût de production du
02:31recyclage.
02:31Et donc, on talonne vraiment les coûts de production du fossile au prix du brut actuel.
02:35Si le prix du brut s'envole, ça reste un peu plus cher que du plastique vierge.
02:39On est en dessous de 20%.
02:40On est en dessous de 20%.
02:41Donc, on est vraiment sur quelque chose d'acceptable.
02:43Là, vous en êtes au déploiement d'un démonstrateur industriel.
02:46C'est-à-dire que pour l'instant, vous n'avez pas encore de clients.
02:48Vous n'avez pas encore fait la démonstration que ça fonctionne.
02:51Alors, on vend à des clients des premières études pour cadrer les premières usines.
02:56On travaille avec deux des top 5 des majors de la pétrochimie.
03:00Donc ça, ça a commencé dès l'exercice d'un prochain.
03:02Et nous, notre but, c'est de démontrer la technologie sur une échelle plus importante.
03:08En gros, notre métier, c'est de mettre sur le marché des usines à partir d'une petite
03:14manip de laboratoire.
03:15Le facteur d'échelle est de fois un million.
03:17On a déjà fait le premier fois mille en partenariat avec Michelin à Clermont-Ferrand.
03:21Et là, on rentre dans la deuxième étape qui est le deuxième fois mille et qui passe
03:25par la fabrication d'un démonstrateur industriel qui est l'objet de ce financement.
03:29Parce qu'en labo, ça fonctionne bien.
03:30Mais dans les conditions réelles, j'imagine que c'est des plastiques qui sont mélangés,
03:34qui sont souillés, où il y a des additifs.
03:35Et forcément, j'imagine que c'est un peu plus compliqué à traiter que lorsqu'on
03:39est dans des conditions absolument parfaites.
03:41Exactement.
03:41Nous, l'objet, c'est vraiment le fond de la poubelle jaune.
03:44Donc nous, dès les premières étapes de pilotage, ce qu'on a réalisé, on a travaillé
03:47tout de suite avec des plastiques réels qu'on a été chercher chez des sociétés
03:51de déchets.
03:52Donc on travaille avec du plastique sale, en mélange, souillé, qui aujourd'hui
03:55est voué à l'enfouissement.
03:57C'est ce que le centre de tri n'a pas pu utiliser.
04:00Ils n'ont rien pu en faire.
04:01C'est le fond de la poubelle jaune, si on veut faire vraiment...
04:03Non, mais c'est ça, votre collecte, elle est directement au centre de déchetterie ?
04:07Tout à fait, tout à fait, oui.
04:08Et après, vous visez qui comme client ? C'est directement la pétrochimie ou c'est...
04:12C'est la pétrochimie.
04:13Nous, on répond à deux problèmes majeurs de la pétrochimie.
04:16Un, c'est la décarbonation de leurs assets.
04:19Donc notre technologie est 100% électrique, donc elle permet la décarbonation de la
04:22production des oléphines.
04:23Et le deuxième enjeu, c'est le recyclage.
04:26Les majors de la pétrochimie doivent mettre sur le marché du plastique d'origine circulaire
04:30au grade alimentaire.
04:31Et ça, les technologies que vous connaissez peut-être, qu'on appelle le recyclage mécanique,
04:35qui sont très vertueuses, ne permettent pas ce retour au grade alimentaire.
04:38Et ça, c'est quelque chose qui est permis par le hobby.
04:39C'est-à-dire qu'il peut toucher quelque chose qui se mange, quoi.
04:41C'est ça, le grade alimentaire ?
04:42Donc ça, c'est forcément le plus haut niveau de sécurité.
04:44Donc là, il faut revenir à la perle pour fabriquer quelque chose qui a exactement
04:48les mêmes propriétés.
04:49Et je peux refaire du film alimentaire ?
04:51Tout à fait.
04:52De même qualité, exactement la même qualité qu'un film vierge.
04:55Vous travaillez avec quels industriels aujourd'hui ? Vous avez des noms ?
04:59Non, on ne peut pas donner des noms, mais deux des pétrochimies du top 5.
05:03La pétrochimie, c'est nos clients, ceux qui s'intéressent à ce qu'on fait, c'est
05:08ceux qui produisent des oléphines.
05:09Donc c'est un club de 15 majors dans le monde qui produisent 80% de la pétrochimie mondiale.
05:15Et des technologies comme la vôtre, ça n'existe pas ailleurs ?
05:20C'est la seule technologie qui ne passe pas par le vapeau-cracker dont je vous ai parlé
05:24tout à l'heure, la machine à perles.
05:26On est la seule technologie qui permet la production de ces perles à partir de déchets
05:30plastiques sans le vapeau-cracker.
05:31Mais vous avez besoin de beaucoup d'électricité quand même ?
05:33Il y a une consommation énergétique qui est indéniable, mais qui est diminuée de
05:3760% par rapport aux technologies de recyclage classiques.
05:40Très intéressant.
05:41Merci beaucoup Vincent Simonon d'être venu ce matin le directeur général de
05:45Bobine dans la French Tech.
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