Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 3 heures
Ce jeudi 22 janvier, Matthieu Pechberty, journaliste BFM Business, François Chaulet, directeur général de Montségur Finance, se sont penchés sur la consolidation du marché des télécoms, après la reprise des discussions autour du rachat de SFR, sur l’avenir d’Ubisoft à la suite de sa baisse en Bourse, et sur la confiance du marché dans le titre Interparfums après sa publication, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00BFM Bourse, vos placements, nos conseils sur BFM Business.
00:06Antoine, c'est vrai, les marchés sont au rebond, c'est votre mot du jour, le rebond sur le CAC et sur l'ensemble des indices européens cet après-midi.
00:12J'aurais pu dire acier aussi, parce que ArcelorMittal, c'est un petit peu la superstar de ces deux dernières séances.
00:18Déjà une hausse de quasiment 5% hier en clôture, et là le titre prend encore 4,7%, 45,64€.
00:24Donc vraiment une très belle performance.
00:25On a également Orange qui gagne 3,8% à 14,91€, mais on va en reparler dans quelques secondes.
00:31Les valeurs liées au contracting aussi, qui avaient vraiment souffert ces derniers temps, les concessions, le BTP.
00:37On a Eiffage qui se redresse bien, la plus 3,2% à 121,50€.
00:41Et Michelin qui gagne 3,2% à 31,26€, là avec des objectifs légèrement relevés par rapport aux derniers qui ont été publiés.
00:49Donc ça c'est plutôt bon.
00:51À la baisse, on a des allègements sur l'ensemble du secteur de la défense, du fait de cette légère détente sur le plan géopolitique.
00:58Thalès recule de 4%, quand même à 251,10€ et Safran, moins de 253 à 307,60€.
01:05La plus forte baisse du SBF 120, elle est pour Ubisoft, mais ça on va longuement en reparler aussi.
01:09Moins de 36,6% à 4,20€, réaction particulièrement violente.
01:15Et parmi les hausses, vous l'avez cité rapidement, on va le découvrir ce titre.
01:17Si vous me suivez à la radio, on est aussi à la télé, la courbe va apparaître, on va vous la décrire bien sûr,
01:21à retrouver aussi en replay BFM Business.
01:233,7%, la hausse d'orange aujourd'hui, plus 3,7%.
01:27On a Bouygues aussi qui gagne 2,5% sur nos informations, BFM Business, ces informations.
01:32C'est Mathieu Pechberti qui les a livrées au marché, le marché les achète aujourd'hui.
01:35Bonjour Mathieu.
01:36Bonjour Guillaume.
01:36Vous révéliez que les discussions ont repris, ça y est, autour d'un possible rachat d'SFR
01:41et donc une consolidation du secteur des télécoms.
01:43Sauf que ça fait un moment qu'on en parle de discussions sur un rachat d'SFR.
01:47Exactement.
01:48Qu'est-ce qui change là par rapport à avant ?
01:49Ce qui change, c'est que ça s'accélère très fortement.
01:52Nos informations ont été confirmées d'ailleurs par à la fois Orange, Bouygues et Free
01:56qui sont tous les trois dans un consortium.
01:58Ils se sont regroupés pour étudier ensemble un rachat et puis un découpage, si j'ose dire, de SFR.
02:04Et là, ils sont entrés dans une phase qu'on appelle due diligence, en gros d'examen approfondi
02:08des comptes de SFR pour faire un audit complet, évidemment comptable et financier, logiquement
02:14mais aussi juridique, fiscal.
02:16C'est assez classique dans toutes les acquisitions mais ça montre que cette phase d'examen approfondi
02:21de due diligence est une phase véritablement de négociation avec le vendeur et donc avec
02:26SFR, Altice et Patrick Drahi.
02:29Alors qu'avant, on était d'abord dans des discussions, on va dire, préliminaires.
02:32Donc là, on rentre vraiment dans une phase de négociation officielle.
02:37Et puis, et c'est important, cette phase a pu être ouverte, en tout cas Patrick Drahi
02:42a accepté cette phase parce que les trois autres opérateurs, qui sont évidemment ses
02:46concurrents directs, lui ont signifié qu'ils avaient l'intention de relever le prix de leur
02:50offre.
02:50Ils avaient dévoilé une première offre au mois d'octobre de 17 milliards d'euros
02:54pour l'essentiel, pas de la totalité, mais l'essentiel des activités de SFR.
02:58Le propriétaire de SFR avait joué que c'était trop bas comme prix.
03:01Donc là, ils lui ont signifié qu'ils étaient prêts à relever leur offre.
03:03Nous dit-on autour de 20 milliards d'euros quand même pour, en gros, 80% des activités
03:08de SFR.
03:08Oui, alors est-ce que ça suffira ? En tout cas, le marché veut y croire.
03:11Orange gagne donc 3,5%.
03:13On a Bouygues à plus de 2,5%.
03:14François Chollet nous rejoint pour Montségur Finance.
03:16Rebonjour François, on file rouge avec nous cet après-midi.
03:19Cette réaction des valeurs télécom à la hausse, assez puissante quand même la réaction
03:22à la hausse.
03:22Qu'est-ce qu'elle nous dit ? Quel regard vous portez sur la réaction, la réponse
03:26du marché donc à cette reprise des discussions pour un achat des SFR ?
03:30François, êtes-vous là ?
03:34Alors vous savez, c'est comme quand on invoque les esprits parfois.
03:36Esprit, François, êtes-vous là ?
03:37Ah, par contre !
03:38Le signal, il a été donné déjà à compter de l'année dernière,
03:43puisqu'on a franchi sur Orange des résistances techniques
03:47qui était lié directement à la perspective de la réduction du marché de 4 opérateurs
03:52à 3 sur le territoire national.
03:54Il ne faut pas se tromper.
03:56Le signal, il est fort tout simplement parce que le passage à 3 opérateurs
04:01nous ramène dans une configuration où on aura moins de pression baissière,
04:06déflationniste sur les prix et probablement de meilleures marges pour le secteur
04:10et la meilleure capacité de rentabilité des investissements.
04:13Je pense notamment aux abattissements en réseau et de modernisation.
04:17En étant 3 opérateurs que 4, c'était sur la taille du territoire français,
04:22quelque chose qui était une anomalie.
04:24Les États-Unis se partagent entre quelques opérateurs,
04:27moins d'une poignée sur un territoire qui n'a aucune commune mesure.
04:31Et effectivement, la France était un cas un peu particulier, y compris en Europe.
04:34Donc 3 opérateurs à terme sur le territoire national,
04:38c'est assurément une meilleure rentabilité.
04:40C'est aussi, il ne faut pas se cacher, un peu plus de frais pour les clients de ces opérateurs
04:46car il a fallu parier qu'on aura quelques hausses de prix à venir,
04:51que ce soit sur les services mobiles, sur le web,
04:56ou même sur un certain nombre de petits services annexes
05:00qui sont associés à nos abonnements,
05:03bien contraints que nous sommes d'utiliser ces outils aujourd'hui.
05:07– Oui, et le fait que le marché monte, ça signifie que ce prix 20 milliards
05:11couplé aux perspectives, effectivement, qu'une consolidation ouvre,
05:14finalement c'est un scénario parfait pour le marché.
05:17Ce serait le début de la hausse, ou pour vous, la hausse du jour price déjà
05:20une bonne partie d'un éventuel rachat ?
05:22– Alors c'est difficile, c'est un secteur qui,
05:25lorsqu'il devient rapidement trop rentable, se voit taxé.
05:28N'oubliez pas ce qui est arrivé à de nombreuses reprises à Orange
05:31et à ce secteur, à chaque fois que les marges redevenaient très confortables,
05:36eh bien ils découvraient de nouvelles taxes fournies par le gouvernement français.
05:40Mais clairement, on est sur des multiples de valorisation sur ce secteur-là
05:44qui sont raisonnables.
05:46On parle d'une valeur d'entreprise sur le résultat courant d'exploitation de six fois,
05:51c'est encore très raisonnable pour un titre comme Orange.
05:53Il n'empêche, ce qui a réveillé le secteur, c'est bien cette perspective
05:58que la guerre commerciale qui est livrée et qui rend le revenu moyen
06:04par l'utilisateur extrêmement déprimé, y compris dans la période d'inflation
06:08qu'on a connue, puisqu'ils n'ont pas réussi à éviter cette période d'inflation
06:15et à remonter les prix à hauteur de ces inflations-là,
06:18eh bien clairement là, on arrive dans un nouveau monde à trois opérateurs
06:22dans lequel ils auront plus de marge de manœuvre pour augmenter les prix
06:26et retrouver un peu de profitabilité.
06:28Donc c'est des niveaux qui sont raisonnables de valorisation pour ce secteur,
06:32malgré le fait que ce soit un secteur qui a connu des années difficiles.
06:36Je pense qu'on peut encore payer les niveaux actuels sur des titres comme Orange.
06:41Mathieu, c'est donc vous qui avez sorti cette info,
06:43que le marché achète, reprise des discussions très précises désormais
06:46sur un rachat d'SFR, Orange, Bouygues progresse fortement.
06:49À vos yeux, qu'est-ce que ça dit, le fait que le marché réagisse à la hausse
06:53aussi puissamment sur cette information ?
06:55Qu'est-ce que ça dit de l'état du marché télécom en France ?
06:57Ça dit surtout que cette fois, la consolidation est véritablement possible.
07:01Un des acteurs du dossier m'expliquait hier que depuis, en gros,
07:05l'arrivée de Free Mobile, l'arrivée d'un quatrième opérateur mobile en France,
07:08c'est en 2012, donc ça fait une quinzaine d'années,
07:11les opérateurs tous ensemble avaient parlé de consolidation du secteur tous les ans.
07:15Sans cesse, il y a des discussions, ils discutent en permanence
07:18de combinaisons industrielles possibles pour essayer de concentrer un peu le secteur,
07:21évidemment, de dégager des synergies, gagner plus d'argent.
07:24Cette fois, tout semble assez aligné.
07:26Il y a un point important, c'est qu'il y a un vendeur,
07:28et c'est vraiment la première fois qu'il y a un vendeur.
07:30C'est évidemment Patrick Drey, propriétaire de SFR.
07:33Et puis, il y a une réglementation, c'est très important,
07:35une réglementation européenne qui est beaucoup plus favorable.
07:38Le mythe de la concurrence qui a empêché tout rapprochement
07:41est en train, en tout cas, de s'assouplir.
07:44Il y a une vague de concentration qui s'agit dans plusieurs pays.
07:47Et puis, sous l'effet des fameux rapports Draghi et l'État,
07:51la Commission européenne s'assouplit et est prête à considérer
07:53que dans certaines industries comme dans les télécoms,
07:56il faut la concentration parce qu'il y a trop d'opérateurs en Europe.
07:58Mathieu Pechberti, merci Mathieu.
08:00François, on vous retrouve pour parcourir aussi ces autres secteurs
08:03qui font la tendance du jour et ces autres valeurs.
08:05De l'autre côté de la côte, il y a cette forte baisse incroyable,
08:08l'effondrement d'Ubisoft.
08:09Moins 36% cet après-midi.
08:11François, Ubisoft annonce la fermeture de certains studios,
08:15renoncer au développement de certains jeux.
08:16Ils abaissent leur perspective financière.
08:20Est-ce que vous êtes de ceux qui pensaient que Ubisoft va sortir à Sénith,
08:23ce qui a été annoncé aujourd'hui,
08:25ou qu'on n'est pas au bout de cette dégringolade ?
08:28Alors cette disparition, non, mais c'est un parfum un peu de ça.
08:31En bourse, ce titre Ubisoft, sur 5 ans, a perdu quasiment 100% désormais.
08:34Oui, alors c'est pour moi un secteur très difficile pour investir, le jeu vidéo.
08:41On va dire que c'est une industrie qui ressemble un peu au cinéma,
08:45c'est-à-dire qu'on a besoin d'investir de plus en plus d'argent dans des projets
08:49qui rencontrent plus ou moins de succès, et c'est assez aléatoire.
08:53Donc on a beaucoup de difficultés,
08:57et dans le fait que les projets sont de plus en plus chers,
09:02et ensuite dans le fait que les résultats sont de moins en moins garantis,
09:05parce que les jeux Prime rencontrent des succès assez variables.
09:11Et d'ailleurs, on voit cette année que le grand vainqueur des jeux vidéo
09:14est un petit indépendant qui a réussi à faire un jeu magnifique
09:20qui a été une traînée de poudre en termes de succès.
09:23Alors quand vous avez une entreprise comme Ubisoft
09:25qui annonce plutôt des mauvaises nouvelles depuis de nombreux mois,
09:29ça rend les choses extrêmement compliquées.
09:32On pensait qu'il allait y avoir un free cash flow légèrement positif,
09:36et là on nous annonce un profit warning
09:39et probablement des pertes à intégrer sur l'exercice à venir,
09:44honnêtement, ce n'est pas de nature à nous rassurer.
09:47Alors j'avais peu d'appétit pour le secteur,
09:49et je pense sincèrement que sur ces niveaux de prix-là,
09:53malgré tout, à moins d'une opération financière
09:55qui viendrait faire acheter le studio par un grand champion,
10:01je pense, ou parmi les plus grands,
10:03on pense à Microsoft évidemment,
10:05ou dans les grands studios internationaux,
10:07clairement, ce n'est pas des dossiers qui me paraissent intéressants,
10:11malgré la baisse, parce qu'on manque de visibilité,
10:14et le secteur, encore une fois, est extrêmement difficile.
10:17On voit déjà le secteur des logiciels en bourse,
10:20et même parmi les plus récurrents dans les métiers aux États-Unis,
10:24ce sont des logiciels comptables,
10:25des logiciels regardés en Europe,
10:28des titres comme Saté ou de l'Asso Système,
10:30qui ont du mal à retrouver la faveur des investisseurs,
10:32parce qu'ils sont menacés par l'intelligence artificielle,
10:35et en tout cas le marché redoute qu'on puisse refaire ces programmes
10:38rapidement avec des agents spécialisés.
10:42On a de telles opportunités aujourd'hui sur le secteur des logiciels,
10:47et de l'abonnement, c'est à lui 5,
10:49que je pense que ce n'est pas nécessaire d'aller chercher le plus grand risque
10:53auprès d'opérateurs qui n'ont pas capacité à produire des résultats à court terme.
10:58Dur dur, Ubisoft perd 35, on en reparlera dans la suite de BFM Bourse,
11:02moins 35%, vous avez bien entendu cette valeur,
11:04qu'on suit en fil rouge et qu'on réévoquera dans la famille BFM Bourse,
11:09ce sera à suivre la famille dans moins d'un quart d'heure.
11:10On suit vraiment, vraiment quart d'heure par quart d'heure ce titre Ubisoft.
11:13À la hausse quand même, parce qu'on va terminer sur une note positive,
11:16il y a Interparfum, là, plus 8% aujourd'hui Interparfum,
11:19les ventes annuelles au-dessus des attentes.
11:20Mais enfin quand même pour la suite, Interparfum invoque le manque de visibilité,
11:24les risques géopolitiques, économiques, pour dire attention,
11:26sur les prochains mois, les prochains trimestres,
11:28c'est quand même un gros manque de visibilité d'Interparfum,
11:30ça n'empêche pas ce titre de gagner 8%,
11:32c'est une vraie marque, un vrai signal de confiance
11:33qu'envoie le marché manifestement aujourd'hui, François ?
11:36Alors écoutez, le parcours du titre a été quand même bien heurté,
11:41puisque le titre a été globalement, a perdu presque la moitié de sa valeur,
11:46on a coté un peu plus de 150 euros sur Interparfum,
11:50et on a fait un point bas à 80 euros en tout début d'année,
11:54donc le redémarrage qu'on a sur le titre est simplement un soulagement,
11:58lié au fait que la publication est de nature à être plutôt positive
12:02et elle est agréablement perçue par le marché.
12:05Ce n'est pas des dossiers que nous suivons particulièrement chez mon système,
12:08mais il n'empêche que ça montre que dans des marchés comme ceux que nous avons
12:13en ce début d'année, on a des valorisations qui sont assez conformes
12:16aux moyennes historiques sur la plupart des secteurs,
12:20et donc c'est des périodes où il faut savoir faire du stock picking et du tri,
12:24et essayer de capter de la valeur alors que les indices ont un peu de mal
12:28à franchir les sommets à court terme.
12:30Merci beaucoup François Chollet avec nous pour Montségur Finance.
Commentaires

Recommandations