00:00Toute la tech est à Davos, on va le voir tout à l'heure aussi avec nos invités, notamment à 8h15 le patron de Mistral.
00:07Nathan Cocampo qui est au forum économique de Davos pour BFM Business a réussi hier à intercepter Jensen Wang dans les couloirs, le patron d'NVIDIA.
00:17Écoutez-le.
00:18L'intelligence artificielle repose sur plusieurs niveaux complémentaires et il faut une infrastructure complète.
00:26L'Europe a une opportunité exceptionnelle pour se positionner sur l'ensemble de la chaîne de valeur, depuis l'énergie, les infrastructures, jusqu'aux technologies de calcul et aux applications.
00:37Voilà pour cette petite interview à la volée, c'est vrai que c'est beaucoup comme ça.
00:41Davos, c'est une super star en plus de Jensen Wang pour le coup, c'est un peu comme Donald Trump, je pense que tout le monde doit lui sauter dessus.
00:47Là il devient accessible, donc c'est vrai qu'on en profite.
00:50Anthony, ce qui vous a frappé à l'occasion de ce sommet, c'est toute la réflexion autour de l'impact de l'intelligence artificielle
00:56mais dans le monde du travail.
00:58Oui, en fait, c'est vraiment la question qui a été posée à tous les ponts de l'IA qui sont réunis à Davos.
01:02Il y a vraiment du beau monde et vous allez en voir quelques-uns tout au long de la chronique.
01:06Quel impact l'IA va-t-elle avoir concrètement sur nos emplois ?
01:10Est-ce que nos jobs auront encore du sens dans deux ans, dans cinq ans ou même dans six mois ?
01:14Parce que ça va très très loin et très très vite évidemment.
01:17Et ce qui est à la fois passionnant et un peu effrayant, c'est que tous ces grands noms de l'intelligence artificielle,
01:23ils ont des réponses totalement différentes, totalement même opposées les unes aux autres.
01:28Jensen Wang, qu'on entendait à l'instant, il est toujours très positif, toujours très optimiste.
01:32On l'entendait sur l'Europe, l'Europe a une carte à jouer.
01:34Sur l'emploi aussi, il voit le verre d'eau à moitié plein en expliquant que l'IA va créer des emplois
01:40et dans des secteurs auxquels on n'aurait pas forcément pensé. Écoutez-le.
01:44Nous allons gagner des plombiers, des électriciens, des ouvriers du bâtiment, des métallurgistes.
01:56Les salaires vont augmenter, voire doubler.
01:58Nous parlons de salaire à six chiffres pour les personnes qui créeront des usines de puces, d'ordinateurs ou d'IA.
02:04Vous avez compris, si vous voulez un métier qui rapporte plus de 100 000 euros par an dans les années qui viennent,
02:12il faut vous reconvertir, il faut conseiller à vos enfants d'aller vers la plomberie, l'électricité, le BTP.
02:17Oui, parce que ces infrastructures massives qui font tourner l'intelligence artificielle,
02:22il faut les construire et pour ça, il faut des mains, il faut de la technique et ça, on va en avoir besoin.
02:28C'est un point qui est intéressant, on n'y avait pas forcément pensé à ça.
02:31Et la cerise sur le gâteau, c'est que ce sont des métiers qui sont beaucoup plus difficilement remplaçables
02:36par l'intelligence artificielle, au moins à court et à moyen terme.
02:39Peut-être que dans quelques décennies, on aura des robots plombiers incroyables.
02:42Mais enfin, pour l'instant, il faut quand même mieux avoir des humains avec des têtes et des mains compétents.
02:47Et donc, c'est intéressant de voir que, pour Jensen Ueng, l'IA ne va pas seulement supprimer les emplois,
02:52elle va aussi en créer.
02:53Oui, mais bon, en même temps, Anthony, le patron d'NVIDIA, il vient vendre sa cam devant tous les patrons.
02:59C'est vrai aussi.
03:00Et les politiques, il va y avoir des destructions d'emplois quand même, on le dit.
03:04Aussi, ça c'est vrai.
03:05Alors, pardon pour le montagne russe émotionnelle, parce que là, on a entendu un message très positif.
03:10Là, je vais un peu vous plomber le moral en vous citant Dario Amodei, qui est le patron d'Anthropic.
03:15Lui aussi était sur ETA Davos et il a échangé avec Demis Hassabis, qui est le fondateur de DeepMind.
03:20Donc vraiment, il y a du très, très beau monde sur ce sommet de Davos.
03:24Et lui, alors pour le coup, il a un discours qui est totalement alarmiste.
03:27Il explique que d'ici cinq ans, la moitié des emplois en col blanc pourraient être supprimés.
03:34Et il explique qu'il commence déjà à voir l'impact de l'intelligence artificielle dans sa propre entreprise.
03:39Les métiers, par exemple, de développeur informatique, les métiers d'ingénieur logiciel.
03:45Eh bien, en fait, ce sont des métiers qui, dit-il, d'ici six à douze mois pourraient être complètement remplacés.
03:49Tous les métiers vers lesquels on a poussé encore il y a cinq, six ans les jeunes.
03:54Oui, bien sûr. Et donc, du coup, ça n'a plus tellement de sens.
03:56C'est-à-dire que les ingénieurs et les développeurs informatiques, aujourd'hui, leur boulot, ça va être de superviser ce que fait l'IA, d'éditer, de vérifier si le code est bien écrit.
04:06Mais pour le reste, en fait, ce qu'il explique, c'est que d'ici six à douze mois, l'IA pourra faire absolument tout.
04:10Alors en plus, lui, en tropique, leur IA, elle est particulièrement performante en code informatique.
04:15Donc, pour le coup, lui, il imagine qu'il faut se préparer à un monde avec un taux de chômage à 20%, par exemple, dans un pays comme les États-Unis.
04:22La catastrophe. Il va y avoir quand même une montée en puissance des profils techniques.
04:26Oui, c'est ce que dit Alex Carpe, le dernier intervenant que je vous cite, c'est le patron de Palantir,
04:31qui, lui aussi, explique qu'on va avoir une baisse de la demande pour les métiers en col blanc,
04:35mais une montée en puissance des profils techniques.
04:37Et surtout, dit-il, les recruteurs vont se focaliser beaucoup plus sur les compétences réelles
04:40et beaucoup moins sur les diplômes et les titres universitaires.
04:43En gros, si vous avez un diplôme en philosophie, comme lui d'ailleurs, c'est bien,
04:47mais il vaut mieux avoir d'autres qualités à faire valoir si on veut se vendre sur le marché du travail.
04:52Voilà, au plus près des actualités de l'IA avec vous, Anthony Morel.
04:55Tous les matins, la chronique Tech.
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