- il y a 4 mois
Avec Stéphane Deschang de la Faïencerie d’Art de Malicorne
Retrouvez C'est Ça La France avec Nathalie Schraen-Guirma tous les dimanches à 12h30.
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NewsTranscription
00:00Artisans, porteurs de projets, apprentis, les chambres de métier de l'artisanat vous accompagnent.
00:05La CMA, artisan de la nouvelle économie, présente
00:08Sud Radio, c'est Sala France, Nathalie Schrengerma.
00:13Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans C'est Sala France, l'émission du savoir-faire français sur Sud Radio.
00:18L'émission qui célèbre le talent, la créativité, les savoir-faire qui font rayonner notre territoire.
00:24Aujourd'hui, on vous emmène dans la Sarthe, à Manicorne-sur-Sarthe,
00:28un village qui résonne dans l'histoire de la faïence française.
00:31Depuis 1924, la faïencerie d'art de Manicorne perpétue un héritage rare.
00:37La maîtrise complète du cycle de fabrication, de la terre au décor, peint à la main.
00:41On va parler de tout ça avec son dirigeant Stéphane Deschamps
00:44et on va comprendre ensemble comment ce patrimoine est né ici,
00:47comment il se transmet, comment il continue de séduire aussi bien les amateurs d'art
00:52que les collectionneurs du monde entier.
00:54Sud Radio, c'est Sala France.
00:56Merci d'être avec nous au micro de Sud Radio, Stéphane Deschamps.
01:01Bonjour.
01:02Alors, Manicorne est indissociable de la faïence.
01:05Comment ce savoir-faire s'est-il implanté dans la région, s'est développé dans ce terroir en particulier ?
01:12Alors, c'est un savoir-faire ancien qui s'est développé à Manicorne au milieu du 18e siècle,
01:17quand le premier faïencié de Manicorne a cherché à s'installer pour développer une faïencerie dans un endroit où il n'y avait pas grand-chose.
01:25Et Manicorne était la cible idéale dans la mesure où on avait énormément d'argile en grande quantité et de très bonne qualité tout autour du village,
01:35mais aussi des bois pour alimenter les fours et la rivière pour transporter les marchandises parce que la rivière Sarthe permettait vers le nord de remonter jusqu'au mont par bateau
01:48et vers le sud de rejoindre la Maine qui passe en Angers et ensuite d'atteindre la Loire pour naviguer jusqu'à Nantes.
01:57Donc ce sont les forêts environnantes, les terres argileuses de la région et donc c'est comme ça que ce savoir-faire est né dans la région ?
02:06C'est comme ça, tout à fait.
02:08Alors, votre atelier est l'un des rares à maîtriser encore toutes les étapes de fabrication.
02:14Ce savoir-faire, vous n'êtes plus vraiment nombreux à le pratiquer, j'imagine, dans la région ?
02:18Dans la région, ma connaissance, je suis le dernier en faïencié parce que je connais encore des fabricants de tomates ou de briques qui exploitent de l'argile
02:29pas très loin de chez moi, à une vingtaine de kilomètres de chez moi, pas plus.
02:33Mais en faïence d'art, c'est vrai que je ne vois pas vraiment qui d'autre que moi exploite encore sa petite carrière.
02:40On peut se le permettre parce qu'on est un atelier de taille modeste et qu'on a une production relativement confidentielle.
02:50Cela dit, ça représente quand même quelques tonnes de terres traitées chaque année.
02:55C'est quand même assez incroyable d'avoir encore sa carrière, d'avoir sa matière première, de tout faire sur place.
03:01Alors, on a une chance extraordinaire, c'est que nos prédécesseurs dans cet atelier n'ont jamais rien détruit.
03:09Et donc, j'ai toujours un outil de travail qui est centenaire.
03:13Donc, il commence à être un petit peu âgé.
03:16Mais il a toujours été parfaitement entretenu, il est toujours en état de marche.
03:21Et les machines et l'outillage fabriqué il y a une centaine d'années est incroyable.
03:27Il a une robustesse extraordinaire et ça fonctionne toujours.
03:31Et j'imagine que c'est réparé en interne.
03:33C'est-à-dire qu'on ne imagine pas toujours finalement tous les savoir-faire qu'il faut être capable de développer
03:39dans certains secteurs d'activité, notamment dans l'artisanat.
03:42Oui, alors dans l'artisanat et l'artisanat d'art, il faut en général...
03:46Il faut être couteau suisse !
03:47Débrouillard et bricoleur.
03:50Et il faut faire souvent avec les moyens du bord.
03:52Mais c'est ça qui est extraordinaire dans nos métiers,
03:55c'est qu'on continue à entretenir, à faire vivre un patrimoine incroyable.
03:59Alors, pour nos auditeurs, est-ce que vous pourriez nous décrire justement un cycle complet
04:03de la terre brute à la pièce finale, que l'on comprenne bien ?
04:07Alors, moi j'exploite encore mes petites carrières ici dans les environs de Malicorne.
04:11Je ramène mon argile brute à l'atelier.
04:13On va la rendre liquide pour pouvoir la tamiser, éliminer les débris végétaux,
04:20les sables, les petits cailloux.
04:22On va ensuite la refaire durcir pour pouvoir la mettre en pain.
04:26La mettre ensuite en motte.
04:29On va la garder en casque pendant environ deux ans.
04:32Deux ans ?
04:33Alors pourquoi ? Parce que pour qu'elle se vide de son eau ?
04:36Pour qu'elle s'assage bien ?
04:37Non, non. Elle va garder toute son eau. Elle va rester plastique, souple comme une pâte à modeler.
04:42En revanche, la matière organique qu'elle contient encore quand elle rentre en cave va pourrir.
04:47Ça crée une fermentation qui développe les qualités plastiques de l'argile.
04:51Donc on laisse toujours la terre se bonifier en cave, un petit peu comme un bon vin.
04:56Donc il faut toujours prévoir son stock de terre bien à l'avance, évidemment.
05:01Mais oui.
05:02Et après, moi, le reste de tout au long de l'année, je vais aller chercher régulièrement dans une vieille motte de terre mon argile
05:11pour l'utiliser en atelier au fur et à mesure de nos besoins.
05:16Au niveau du façonnage des formes, j'utilise différentes techniques de moulage ou de tournage.
05:24Je pratique pas mal l'ajourage qui est la spécialité de ma licorne.
05:29C'est-à-dire ?
05:30C'est une découpe au canif dans une forme encore fraîche.
05:34Donc il faut imaginer qu'on fabrique une corbeille ou un pied de lampe, par exemple, par moulage ou par tournage.
05:44On va le laisser sécher 3-4 jours, le temps que la terre sera fermée.
05:48Mais il faut pas qu'elle sèche de trop non plus.
05:51Il faut qu'elle reste assez souple.
05:52Il faut pas qu'elle soit friable, oui.
05:53Voilà.
05:54Il faut un entre-deux.
05:55Et à ce moment-là, on va dessiner au crayon le motif d'ajourage sur l'objet.
06:00Et on va ensuite, avec un canif très effilé, une pointe très très fine, on va découper les éléments un par un.
06:08On va évider la pièce.
06:10Donc c'est un jeu d'équilibre.
06:11Oui, il faut avoir énormément de patience parce que ça prend pas mal de temps.
06:19Et il faut surtout avoir une qualité d'argile bien particulière pour faire ce genre de travail.
06:23C'est pour ça que je fais toujours ma terre.
06:26Oui, comme ça vous êtes sûr de la matière première.
06:28Et donc c'est cette technique qui a fait le succès et l'originalité de la faïence de Malicorne.
06:36Tout à fait.
06:37Notre atelier a construit sa répétition sur la fabrication de faïences ajourées.
06:45Mais bon, c'est une spécialité de forme et l'atelier après a développé beaucoup d'autres spécialités puisqu'on a une fabrication très très éclectique.
06:57Et chaque pièce est fabriquée à la main, peinte à la main ?
07:01Oui, oui, oui. Une fois qu'on a fini la forme, il faut sécher, faire une première cuisson, passer la pièce à l'émail, faire le décor au pinceau à la main et cuire une seconde fois.
07:14Donc en général, il s'écoule un délai de 6 à 8 semaines pour la fabrication d'un objet, quel qu'il soit.
07:21Alors il faut imaginer un atelier où on travaille avec la terre, le feu.
07:26Donc ça demande aussi d'être, comme vous le disiez, un patient.
07:29C'est souvent le cas dans les métiers de l'artisanat.
07:31On est vraiment très loin de la rapidité de l'industrie.
07:34Oui, oui, oui, oui. On se le dit souvent.
07:37Aujourd'hui, on est dans une époque où on a l'habitude de tout avoir tout de suite.
07:43Aujourd'hui, nous sommes des impatients.
07:45On commande quelque chose, on veut le recevoir le lendemain même, etc.
07:48Chez moi, je dis toujours, rien que pour mettre la pièce dans le four, il va falloir être patient.
07:55Parce que je monte mon four, ça me prend un jour ou deux.
07:58Ça dépend du nombre de pièces que j'ai à mettre dedans et de la difficulté.
08:01Je vais cuire la nuit, on va attendre deux jours que cela refroidisse.
08:05Et le troisième jour, j'ouvre la porte et je défourne et je trie.
08:07Ça va me prendre encore une demi-journée ou une journée complète en fonction de ce qu'il y a dedans.
08:13Donc au final, c'est une semaine qui s'est écoulée.
08:16Mais oui.
08:17C'est énorme.
08:17Combien de personnes travaillaient avec vous aujourd'hui ?
08:20Alors aujourd'hui, nous travaillons à trois dans l'atelier.
08:24Trois.
08:24Et donc chacun est capable de faire l'ensemble des étapes de fabrication ou on a une spécificité par poste ?
08:34Nous sommes chacun bien spécialisés dans notre poste.
08:37Je m'occupe de toute la fabrication des formes.
08:43Mon épouse me seconde énormément sur des tâches de finition, de conception, d'ajourage, de choses comme ça.
08:54Même le petit émaillage, je contrôle toute la partie émaillage cuisson et j'ai une décoratrice qui fait tous les décors.
09:02Mais alors, quelle est votre clientèle aujourd'hui ? Qui vous visez exactement ? Est-ce que c'est le particulier ? Est-ce que c'est les professionnels dans l'univers de la décoration ? Est-ce que vous êtes plutôt sur, j'allais dire, la reproduction aussi de pièces anciennes ? La création contemporaine ? Comment vous travaillez ?
09:17On fait tout ça. On fait tout ça. Malicorne, c'est une production éclectique. Et donc notre clientèle est aussi variée que notre fabrication. C'est normal. On va fabriquer des très belles reproductions.
09:31On est réputé pour ça aussi des décors XVIIe, XVIIIe siècle. Donc forcément, on va être démarché par des monuments historiques, des boutiques de musées, des gens très très pointus dans certains domaines très pointus.
09:46Par exemple, je m'amuse à faire des pots de pharmacie encore. C'est pas un marché énorme. Mais en revanche, on vient me chercher, quand il s'agit, par exemple, pour le cinéma ou la télévision, de reconstituer une apothécairie.
09:59J'ai déjà eu des producteurs qui m'ont appelé comme ça à la dernière minute parce qu'ils avaient besoin de pots de pharmacie du XVIIe siècle.
10:06Il n'y en a pas, comment on fait ? Eh bien, on appelle Stéphane.
10:09Eh bien, voilà. Alors ça, c'est une petite facette. C'est assez anecdotique, je dirais.
10:15Mais ça montre que vous êtes capable de le faire, c'est-à-dire ?
10:16Mais on est capable, voilà. Après, on a une production animalière qui s'adresse à des collectionneurs d'oiseaux, etc.
10:23On a une fabrication qui intéresse énormément notre clientèle de particuliers, beaucoup de clients particuliers.
10:32Mais on va aussi travailler avec des revendeurs, des professionnels qui ont généralement des belles boutiques de décorations.
10:41L'entreprise existe depuis 1924.
10:43Oui.
10:44C'est une entreprise qui a toujours été dans la même famille, qui a été reprise par vous ?
10:49Elle a été reprise par mon père.
10:51Par votre papa.
10:52Mes parents ont repris il y a un peu plus de 40 ans maintenant l'entreprise, qui de 1924 à 1983 a été restée dans la même famille pendant trois générations,
11:05mais qui, malheureusement, au fil de crises successives, avaient les contraintes de fermer en 1983.
11:16Et mon père a repris sur un coup de tête en 1984. Il a remonté un atelier. Il est reparti de rien.
11:20Et il a redéveloppé toute cette activité sur Manicorne.
11:26Et alors, c'est une activité qui se porte comment aujourd'hui, par rapport aux années précédentes ?
11:30Est-ce que les marchés continuent de s'ouvrir ? Est-ce que c'est plutôt des marchés français, étrangers ? Comment vous portez ?
11:37Les marchés sont fluctuants. J'ai l'habitude de travailler énormément sur l'Amérique du Nord, et les États-Unis en particulier.
11:44Les situations récentes font que les volumes ont changé, bizarrement. Mais c'est pas grave. On développe d'autres marchés.
11:59On est revenu pas mal en France. Des galeries d'art et des belles boutiques se tournent vers notre produit.
12:07Oui. Et donc, on compense à chaque fois. Quand on a un marché qui est un peu plus dur, en général, on arrive toujours à trouver autre chose.
12:17Ben oui. Quand on est entrepreneur, il faut aussi faire preuve de créativité constamment. Se repenser son modèle, parfois.
12:25Alors, on est toujours en création.
12:27Ben oui. Tout le temps, en fait. Même pour trouver son modèle économique, on doit être en création.
12:34Ah ben complètement. Oui, oui, oui. Tout à fait. Oui, oui. On a beau être dans des métiers où on respecte des savoir-faire traditionnels,
12:43on est très 18e siècle dans notre manière de fabriquer des choses. En revanche, ce que l'on fait aujourd'hui, un côté beaucoup plus contemporain,
12:53ça... Et il faut absolument, de toute façon, toujours se remettre en question, toujours se renouveler.
12:59Vous avez obtenu le label entreprise du patrimoine vivant. Là aussi, c'est un prestigieux label qui montre aussi la préciosité de votre savoir-faire.
13:09J'imagine que ces labels sont importants dans votre secteur d'activité.
13:14Tout à fait. C'est une reconnaissance de l'unicité de certains de nos savoir-faire, de notre capacité à préserver notre patrimoine,
13:22tant matériel qu'immatériel, en fait. Ce sont ces fameuses mains, ces fameux gestes que l'on perpétue,
13:30que moi j'ai appris étant jeune, quand mes parents ont repris l'atelier ici, j'étais adolescent,
13:37et j'ai rien trouvé de mieux que de passer mes vacances à l'atelier.
13:43Ce sont des anciens qui m'ont appris certains gestes.
13:45Par exemple, aujourd'hui encore, je suis mené à un four.
13:48Mais pas un four électrique, un vrai four.
13:50Un vrai four, oui.
13:52Et c'est mieux, on ne sait jamais.
13:54Oui, on ne sait jamais, oui.
13:56Mais pour vous, ça a été une évidence de reprendre l'entreprise ?
14:00C'était un coup de tête. C'était un coup de tête. Ils ont eu le coup de cœur. C'est un atelier qu'on connaissait depuis très longtemps dans la famille,
14:08puisque ma grand-mère paternelle était une cliente acharnée de la faïencerie.
14:16Et quand mon père a su qu'elle l'avait fermée, qu'elle était à vendre, il n'a pas hésité.
14:21Mais vous, hein ?
14:22Pour moi, c'était plus compliqué. Je ne me dessinais pas forcément à ce métier-là.
14:29Mais ça s'est imposé au fil du temps. C'est devenu une évidence.
14:34C'est vrai qu'à la fin de mes études, je me suis dit non, en fait, je ne peux pas faire autre chose.
14:44J'ai grandi là-dedans. Je ne vais pas pouvoir m'en éloigner, quoi.
14:48Oui, l'odeur de l'argile, le travail avec les mains, la créativité.
14:52Mais c'est assez courant. Je me rends compte avec les entrepreneurs que je peux avoir en ligne, en interview,
14:58qui vont d'abord, pas rejeter, mais s'éloigner du milieu dans lequel ils ont grandi, un milieu artisanal.
15:06Souvent, mais ils y reviennent constamment, comme s'il y avait quand même quelque chose qui était en soi.
15:10Et puis, quand on a vu aussi, peut-être, ses parents ou les générations précédentes développer une entreprise,
15:18on a envie d'apporter un petit peu sa pierre à l'édifice également.
15:22Oui, complètement. Oui, c'est viscéral, c'est ancré en nous.
15:27Et aujourd'hui, j'arrive dans mon atelier le matin avant tout le monde.
15:34Je cours, même, pour venir le matin. Je ne travaille pas. Je ne travaille jamais, moi, dans mon atelier.
15:41Je vis dans mon atelier. C'est ça qui est extraordinaire.
15:45C'est une chance extraordinaire.
15:46C'est une chance extraordinaire de vivre de sa passion et, finalement, d'avoir un plaisir à venir travailler,
15:52parce qu'on ne travaille pas, en fait. On ne fait que ce qu'on aime.
15:55Vous ouvrez vos portes chaque année aux Journées Européennes des Métiers d'Art.
15:58Là aussi, c'est une manière, j'imagine, de sensibiliser, pourquoi pas, des nouvelles générations, des nouvelles vocations.
16:02Oui, tout à fait. D'autant qu'on voit de plus en plus de jeunes qui se retournent vers nos métiers, vers nos ateliers, qui s'y intéressent.
16:16Ils ont une manière d'aborder les choses qui est très intéressante et très rassurante.
16:21On se dit que nos métiers, qu'à un moment, ont pensé un petit peu, passés de mode, un petit peu ringardisés, parfois, malheureusement,
16:34en fait, sont en plein renouveau.
16:38Et on voit énormément de jeunes qui viennent vers nous, qui nous demandent, qui s'interrogent, qui demandent pour les formations, pour intégrer l'atelier.
16:46C'est vrai que j'ai beaucoup de demandes à ce niveau-là.
16:48Et alors, malheureusement, on ne peut pas recevoir tout le monde.
16:51Mais c'est encourageant. C'est moi qui ai un vrai intérêt pour le métier et pour le savoir-faire.
16:57Complètement.
16:58Merci beaucoup, Stéphane Deschamps, pour cet échange passionnant, d'avoir pris le temps de nous parler de vous, de votre parcours,
17:03de cette faïence qui fait partie de la famille depuis maintenant deux générations.
17:08Puis on a bien compris pourquoi Malikane est une terre de faïence.
17:13Merci beaucoup.
17:14Merci de m'avoir reçu.
17:16Belle journée à vous. Au revoir.
17:17Merci à vous également. Au revoir.
17:18Allez, il est temps d'aller se balader avec Thibaut, notre French Trotter.
17:23Artisans, porteurs de projets, apprentis, les chambres de métier et de l'artisanat vous accompagnent.
17:28La CMA, artisan de la nouvelle économie, présente.
17:32Sud Radio, c'est ça la France, Nathalie Schrengerma.
17:36Nous voilà de retour dans ce Salle à France, l'émission du savoir-faire français.
17:39Il est temps de retrouver Thibaut, notre French Trotter, qui se balade un peu partout en France, qui fait toujours de belles rencontres.
17:46Sud Radio, c'est ça la France, avec Thibaut, le French Trotter.
17:50Bonjour Thibaut.
17:51Bonjour Nathalie.
17:52Alors là, vous êtes de retour de Bretagne pour cette semaine.
17:56Eh oui Nathalie, je suis allé me balader à Brest, de l'arabe jusqu'au quartier de Capucin, que vous connaissez.
18:01Et au cœur de la métropole bretonne, dans une ancienne imprimerie transformée en lieu partagé,
18:05eh bien j'ai eu un coup de cœur pour un restaurant pas comme les autres, le local avec un cas.
18:11Là-bas, l'idée c'est de rendre le poisson plus accessible, tout en soutenant les pêcheurs du coin,
18:16avec une démarche engagée qui privilégie aussi la pêche locale.
18:20Alors Anne-Lise, commerciale dans ce Fish & Bar, va nous en dire plus sur ce projet.
18:24Donc notre vocation, c'est de proposer des produits de la mer accessibles,
18:28le plus local possible, comme son nom l'indique, du fait maison, du plat jusqu'au dessert, on fait tout sur place.
18:35C'est important pour vous d'être dans cette démarche vraiment engagée ?
18:38Oui tout à fait, parce que ça donne vraiment un sens à notre travail.
18:41On trouve que proposer un produit de bonne qualité, à prix juste,
18:45on a le sentiment de vraiment faire plaisir aux gens,
18:48et aussi de valoriser justement les métiers de la pêche et autour de l'alimentation,
18:54qui sont des métiers qui sont très physiques et difficiles.
18:58Donc c'est important qu'il y ait un cercle vertueux à toutes les échelles.
19:02Le but, c'est vraiment que chacun puisse justement goûter du poisson,
19:05encore plus en Bretagne, c'est pas normal qu'on ne puisse pas se payer de poissons actuellement.
19:10Donc on propose une carte assez variée pour tous les goûts en fait.
19:13Par exemple, dites-nous, quel poisson vous proposez aujourd'hui ?
19:16Alors là, en ce moment, c'est du dos de Lieux Noirs.
19:20Parfois, on a du Merlu également.
19:23Là, en suggestion, on propose du poulpe breton grillé,
19:26donc pour au moins plusieurs semaines, on va proposer ce plat-là à la carte.
19:31C'est de la pêche locale ?
19:33Oui, tout à fait. On se fournit uniquement au maximum Atlantique Nord.
19:37Donc vraiment, on fait attention à la provenance de notre poisson.
19:41C'est vraiment important.
19:43On préfère choisir des poissons qui ne seraient pas forcément considérés comme nobles,
19:48mais qui viennent vraiment du coin.
19:51C'est ça notre engagement.
19:52On fournissait où ?
19:54Alors, on se fournit en partie à la criée.
19:58Donc, parfois, quand on arrive à avoir de la pêche des petits pêcheurs locaux,
20:05c'est difficile avec les conditions météorologiques qui sont très variables,
20:09mais on fait au maximum pour que ça vienne autour de la Bretagne,
20:13Atlantique Nord, périmètre maximum.
20:15Et on en profite pour saluer les pêcheurs bretons qui traversent en ce moment une période compliquée, Thibaut.
20:21Alors, votre balade à Brest ressemble aussi à une escapade gourmande.
20:26Je suis sûre que vous n'avez pas quitté la ville sans goûter à ses spécialités sucrées.
20:30Vous me connaissez bien Nathalie, impossible de résister.
20:33À Brest, il y a l'embarras du choix, fin breton, galette, caramel au beurre salé,
20:38ou encore le Biestois, ce château brestois, ce gâteau brestois aux amandes et aux citrons.
20:44Et j'ai voulu comprendre d'où vient ce goût des bretons pour ses douceurs sucrées.
20:48Alors, j'ai poussé la porte d'une biscuiterie célèbre, Terre d'Embrun,
20:51où j'ai rencontré Lise, la responsable de la boutique, qui avait sa petite idée sur la question.
20:56Les recettes de nos grands-parents, sûrement, avec beaucoup de beurre, beaucoup de sucre.
21:00À savoir que l'histoire de Terre d'Embrun, donc les créateurs, c'était le père du gérant actuel
21:08qui faisait des quignamens dans son garage.
21:11C'est la petite histoire.
21:12Et puis, après, ça s'est développé au fur et à mesure.
21:14Et du coup, on s'est agrandi.
21:17Est-ce que vous, vous aviez une grand-mère qui faisait des bons gâteaux et des bons biscuits ?
21:21Oui, bien sûr, bien sûr.
21:22C'était du phare breton, au pruneau, souvent, qu'elle me faisait, avec beaucoup de beurre.
21:27J'en ai goûté ailleurs. C'était celui de ma grand-mère, le meilleur, pour le coup.
21:33J'entends qu'il y a des clients qui rendent. Je vais vous laisser travailler. Merci.
21:37Avec beaucoup de beurre, bien évidemment, en Bretagne. Il y a toujours du beurre.
21:41C'est Yann Kéfelec, l'écrivain, qui disait que c'est un peu le fromage des Bretons.
21:45Il est sur toutes les tables, constamment.
21:47Merci beaucoup, Thibaut, pour ces douceurs bretonnes. On vous retrouve la semaine prochaine.
21:52La semaine prochaine, Nathalie.
21:53Merci à vous, chers auditeurs.
21:55Passez un bon dimanche et rendez-vous, comme toujours, la semaine prochaine.
21:59Même jour, même heure et même radio.
22:01Et surtout, d'ici là, portez-vous bien.
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