- il y a 6 mois
Ce vendredi 9 janvier, Christopher Dembik a reçu Michel Audeban, PDG de Gemway Assets, dans l'émission Tout pour investir, la masterclass, sur BFM Business. . Retrouvez l'émission tous les vendredis à 11h.
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00:00Tout pour investir, la masterclass, l'entretien.
00:05On a discuté des marchés émergents et des marchés frontières,
00:08et notamment sur cette thématique, ils ont très bien performé l'année dernière.
00:11On va voir comment ça se passe avec mon invité Michel Audban,
00:14vous êtes PDG de Genway Assets, ravi de vous avoir en plateau.
00:17Première question qui est très rapide, on a eu pendant de nombreuses années,
00:21en tout cas sur les marchés émergents, finalement un désamour complet,
00:24c'est-à-dire quasiment tous les ans on se disait c'est le retour des marchés émergents,
00:26et on a été déçus.
00:27On l'a vu l'année dernière, que ce soit marchés émergents, marchés frontières,
00:31ça a très bien performé.
00:32Comment vous voyez la suite ? Est-ce que vous voyez un élément qui va perdurer ?
00:35Alors vous avez raison, on a eu de nombreuses années de déconvenus.
00:38L'an dernier, vous parliez de performance, c'est la première année
00:41où les émergents surperforment les Etats-Unis depuis 2017.
00:44En effet, il y a eu des déconvenus, des faux départs, toute une série.
00:50Aujourd'hui, on a un peu l'impression que les choses sont en train de s'aligner.
00:53Alors il reste des points négatifs, on pourrait creuser évidemment,
00:55la consommation n'est pas encore repartie en Chine,
00:58l'immobilier se gère tout doucement, ne devrait plus être un poids mort,
01:03mais enfin, ce n'est pas encore un secteur dynamique.
01:07Par contre, il y a beaucoup d'éléments positifs.
01:09Si on les passe en revue, le dollar d'abord,
01:12la baisse du dollar, moins de 13% l'an dernier, massive,
01:15voulu sûrement par Trump, qui pense que ça permettra de rééquilibrer ces échanges,
01:22mais aussi voulu par une partie du monde.
01:24On voit une dédollarisation, quand on voit que l'Inde achète du pétrole,
01:28enfin du gaz russe, en yuan, même pas en rupee, en yuan.
01:32En connaissant la situation géopolitique entre l'Inde et la Chine en plus.
01:35Voilà, bon, Trump a fait tout pour les rapprocher quand même un petit peu,
01:38mais bon, ces derniers temps.
01:40Mais on voit qu'il y a une partie du commerce mondial
01:43qui ne se fait plus en dollars aujourd'hui,
01:46et cela amène sûrement une tendance baissière,
01:51enfin on ne voit pas se créer une spécialité sur le dollar,
01:55mais on voit qu'il y a des points négatifs, moyens de terme au dollar.
01:58Ça, c'est très bon émergent, d'autant plus que quand on regarde côté investisseur,
02:03le monde change.
02:05C'est-à-dire que dans les baisses dollars que nous avions connues,
02:08dix dernières années,
02:11les gros investisseurs mondiaux étaient américains.
02:13Et donc on voyait une baisse du dollar,
02:15les Américains ont envie de diversifier leurs actifs,
02:20parce que si leurs devises baissent,
02:21et bien ils auront des gains s'ils sont sur d'autres devises,
02:24et donc ils se diversifient à l'international,
02:26entre autres en particulier sur les émergents.
02:28Ce qu'on voit, et c'est nouveau cette fois,
02:29c'est qu'il commence à y avoir des acteurs,
02:31des investisseurs institutionnels très significatifs à l'Asie.
02:34On a eu des chiffres, par exemple, d'investisseurs institutionnels coréens
02:37qui sont assez significativement, pour la même raison,
02:41mais effet inverse.
02:42Donc si j'anticipe que le dollar baisse,
02:44moi, coréen, il vaut mieux que je vende mes actions américaines,
02:47ils ont vendu massivement les Magnificent Seven
02:49pour acheter des actions coréennes et asiatiques.
02:52Ça, c'est nouveau comme flux.
02:53Donc je veux dire, une baisse du dollar
02:55entraîne deux types de flux,
02:57ce qu'on n'avait pas connu précédemment.
03:00Donc ça, c'est le premier point fort.
03:01Le deuxième point, c'est que la hausse,
03:04tout pour investir, on le sait,
03:06si les marchés montrent, c'est qu'il y a plus d'acheteurs que de vendeurs.
03:09Si ce n'est que ce sont les locaux qui ont acheté.
03:12Oui, ça, c'est un élément vraiment très différenciant
03:14par rapport à 5 ou 10 ans.
03:16Voilà.
03:16Si on regarde sur 2024-2025,
03:20on a eu plus de 350 milliards de dollars
03:23d'achats d'actions émergentes
03:26par les investisseurs domestiques,
03:28c'est-à-dire asiatiques, chinois, indiens, principalement.
03:32Et sur le cumul des deux années,
03:346 milliards de rachats par les investisseurs internationaux.
03:37Alors, on les a vus revenir un petit peu timidement
03:39à partir de décembre,
03:40mais enfin, globalement,
03:41si on sépare deux types d'investisseurs assez différents,
03:45il y en a qui n'ont pas acheté
03:47et il y en a qui ont, petit un,
03:50et très clairement parfois sollicité par Pékin
03:54dans le cadre de la National Team,
03:56ont permis de stabiliser le marché à la baisse,
03:58puisque vous le disiez tout à l'heure,
03:59entre autres sur le marché chinois,
04:00on a eu 4-5 années de fortes baisses,
04:03ont permis dans un premier temps de stabiliser
04:04et deuxièmement de le faire monter.
04:06Pourquoi je signale cela ?
04:07Parce qu'on a des investisseurs internationaux
04:09qui sont encore très massivement sous-pondérés émergents,
04:12à peine plus de 5%,
04:135,1% de l'heure par action,
04:15là où on est à un peu plus de 10,5% dans l'indice MSCI.
04:20Aucune obligation à être surpondérée.
04:22Mais quand c'est un marché qui monte,
04:25on l'a vu en 2025,
04:26il y a un moment où on peut être amené
04:27à couper les sous-pondérations.
04:29Les investisseurs globaux, mondiaux,
04:31ont été surpondérés émergents.
04:32En 2011, 2012, ils étaient sensiblement surpondérés.
04:35Donc on pense que cette année,
04:36ça pourrait marquer,
04:37cette année de 2026,
04:38ça pourrait marquer le retour
04:39des investisseurs internationaux.
04:41Je ne dis pas les fonds de pension américains,
04:43ils mettront sûrement 5, 10 ans,
04:44peut-être qu'ils n'y reviendront jamais.
04:45Mais les investisseurs internationaux sur les émergents.
04:47Oui, on le voit au niveau des investisseurs européens.
04:50J'ai envie de vous interroger sur une tendance
04:51qui me paraît de fond,
04:52un peu une méga tendance économique
04:53qui est aussi géopolitique.
04:55Et vous voyez, si vous me regardez à l'écran,
04:56c'est vraiment qu'il y a un découplage
04:59du commerce international.
05:00Et fondamentalement, ce qu'on observe,
05:02vous le mentionnez un peu d'ailleurs,
05:03avec les achats de pétrole par l'Inde en yuan,
05:07c'est que l'Asie achète en Asie.
05:08Il y a au minimum trois conséquences.
05:10C'est bien sûr cette dédollarisation que vous évoquiez.
05:12Le découplage du commerce international,
05:14l'Asie est beaucoup moins dépendante
05:15de ce qui se passe aux États-Unis,
05:16encore plus d'ailleurs en Europe.
05:18Et un accroissement des inégalités,
05:19on le voit finalement,
05:21avec des rides de croissance quand même en Asie.
05:23On regardera par la suite un peu le Vietnam,
05:25mais qui sont extrêmement impressionnants.
05:27Comment on essaye de capturer cela
05:29en tant qu'investisseur ?
05:30Parce que vous savez,
05:31les méga tendances,
05:31ça joue sur le long terme, etc.
05:33Et l'investisseur, malheureusement,
05:35très souvent, en tout cas,
05:35quand on parle de l'épargnant,
05:36il regarde à la fin de l'année son résultat
05:38avec son fonds ou son action, etc.
05:40Et il faut que ce soit pertinent.
05:42Quand on regarde l'Asie, pour vous,
05:43quelles sont les zones qui sont intéressantes
05:44du point de vue investissement ?
05:46Peut-être commençant par la Chine,
05:47parce que c'est incontournable.
05:48Alors, très clairement,
05:492025 a marqué le retour de la Chine.
05:52On a, ces dernières années,
05:54on était à la limite
05:55de classes d'actifs non investissables.
05:57La Chine n'est plus investissable,
05:59l'axe du mal, etc.
06:00Là, très clairement,
06:02c'est le retour en grâce,
06:03si j'ose dire, de la Chine,
06:05pour de nombreuses raisons.
06:07La première géopolitique,
06:08c'est que s'il y a une petite accalmie
06:10dans la guerre commerciale
06:11sino-américaine,
06:12soyons très clairs là-dessus,
06:14ça va durer.
06:14On en a pour 20 ans.
06:16Mais on a quand même l'impression
06:18que l'Amérique ne souhaite pas
06:19la confrontation avec Donald Trump.
06:21On a eu, c'était jeudi soir,
06:24vous avez eu même Trump
06:25qui a laissé entendre
06:25sur la question de Taïwan,
06:26parce que malheureusement,
06:27ça revient toujours.
06:28Et je dis malheureusement
06:29parce que je pense que personne
06:30n'a d'informations particulières,
06:31mais force est de constater
06:32que Trump a laissé entendre
06:33que la Chine un peu faisait
06:34ce qu'elle voulait avec Taïwan.
06:35Donc on a l'impression
06:36qu'il y a le précaré asiatique
06:38qui est en train de se former,
06:39même si on a bien sûr
06:40le Japon qui est encore présent,
06:41etc.,
06:41qui est allié des États-Unis.
06:42Et que finalement,
06:43la question géopolitique
06:44va être moins essentielle
06:45dans cette zone, non ?
06:46Oui, c'est extrêmement essentiel,
06:48et sûrement pour une bonne raison,
06:49c'est que Trump aime les rapports de force,
06:51et il y a un pays qui a résisté à Trump,
06:54c'est la Chine.
06:54Tout à fait.
06:55Il y a quelques années,
06:57on vous aurait dit
06:57que l'arme des terres rares
06:58était une arme atomique
06:59et qu'il y avait peu de chance
07:00que la Chine utilise.
07:03Trump l'a un peu poussée
07:04dans ses retranchements,
07:05elle a utilisé cette arme
07:06qui est une arme de destruction massive.
07:08Si la Chine arrête de livrer
07:10des terres rares en l'état actuel,
07:11six mois après,
07:12la Silicon Valley arrête de tourner.
07:14Donc ça, Trump l'a très vite compris.
07:16D'ailleurs, juste quelque chose
07:18pour illustrer ça,
07:20vous vous rappelez qu'un week-end,
07:21Trump a décidé de monter les droits
07:24les tarifs sur la Chine à 100%.
07:26C'était juste le lendemain du jour
07:28où Xi Jinping avait annoncé
07:30qu'il allait restreindre
07:31non pas uniquement l'exportation des terres rares,
07:34mais le processus de retraitement des terres rares.
07:37Parce que c'est là qu'il y a le problème.
07:39Trump s'est rendu compte,
07:40peut-être à postériori à ce moment-là,
07:41que même s'il mettait une main basse
07:44sur les terres rares en Ukraine,
07:46peut-être au Groenland,
07:48aujourd'hui, il est incapable de les traiter.
07:50Et ça nécessite du temps à extraire,
07:52à créer les industries,
07:53même si demain, c'était fait pour le Groenland,
07:55ce ne sera pas du jour au lendemain,
07:56dans tous les cas.
07:57Il faut avoir les investissements,
07:58les extractions, créer les mines,
07:59donc c'est des questions
08:00qui vont au-delà même du mandat de Trump,
08:02probablement.
08:03Sur la Chine elle-même,
08:05comment vous percevez la situation ?
08:06Parce que c'est toujours compliqué,
08:08finalement.
08:09Elle est protéiforme,
08:10il y a plein de secteurs,
08:11on va essayer de se concentrer
08:12uniquement sur le marché actions.
08:15On a vu qu'on a eu les banques,
08:16grosso modo financières,
08:17qui ont bien performé,
08:18les valeurs technologiques,
08:21type Alibaba bien sûr.
08:23Et on voit aussi qu'il y a ce consommateur chinois,
08:26alors qu'il est en difficulté certes,
08:27mais qui semble privilégier des marques locales,
08:29on le voit dans le luxe.
08:30Comment on essaye d'appréhender cela
08:31en tant qu'investisseur ?
08:32Eh bien c'est intéressant,
08:33parce qu'on a un marché
08:33qui est en train de se retourner,
08:34on a un marché qui d'abord
08:36est énormément profond,
08:39on a le marché le plus profond au monde.
08:40Donc là on a le choix d'investissement
08:44avec des sociétés très liquides
08:46et des sociétés dans des secteurs très variés,
08:49où on a très souvent des leaders mondiaux.
08:52Donc je veux dire,
08:52c'est le paradis du stockpicker,
08:54pour simplifier,
08:56d'autant plus que globalement aujourd'hui,
08:58on a des valorisations qui sont très basses.
09:00Oui, ça reste le cas,
09:01malgré la hausse effectivement de la guerre.
09:03C'est le cas,
09:03un exemple sur la tech asiatique,
09:05on n'est pas en Chine,
09:06on est en Corée,
09:07mais est-ce qu'Ainix,
09:08qui est un des leaders du HBM,
09:11c'est-à-dire,
09:11c'est ce qui permet de faire tourner
09:13l'intelligence artificielle,
09:14ils étaient là au bon moment
09:15et donc ils se sont retrouvés
09:16fournisseurs quasi exclusifs
09:18encore aujourd'hui de Nvidia,
09:20la quasi-totalité des bus
09:21qui font tourner Nvidia,
09:23c'est du SKNX,
09:24ça changera sûrement l'avenir,
09:25mais aujourd'hui c'est le cas.
09:27C'est une société qui a monté
09:28de 260% l'an dernier,
09:30magnifique parcours boursier,
09:33malgré cette hausse,
09:35le rapport prix sur bénéfice,
09:37le PE est à 6%.
09:39Pourquoi ?
09:39Parce que les bénéfices
09:40sont montés encore plus.
09:41Oui, tout à fait.
09:42Et donc,
09:43on est dans un secteur,
09:45dans une zone
09:46où on a des sociétés qui,
09:48alors c'est peut-être extrême
09:49le cas que je prends,
09:50mais qui ont des croissances
09:51bénéficiaires très fortes
09:52et malgré parfois
09:54de belles performances boursières,
09:56on reste à des valorisations
09:57qui sont ridicules.
09:59Et vous voyez le retour durable
10:00des investisseurs,
10:01c'est-à-dire que l'année 2025,
10:03cette belle hausse
10:04du marché actions chinois,
10:05ce n'est pas un épiphénomène
10:06et finalement,
10:07si c'est un changement
10:08de tendance durable pour vous.
10:09Alors, ça a été,
10:10on l'a vu,
10:10tiré par les domestiques
10:11au moment.
10:13D'abord,
10:14la National Team,
10:15puis les investisseurs
10:16plus classiques,
10:17plus retail.
10:18Oui,
10:19nous pensons
10:20qu'on va avoir
10:22un flux d'investissement
10:23d'investisseurs internationaux
10:24et on le voit.
10:25On voit nos clients
10:26qui ont été absents
10:27des émergents
10:28et à juste titre,
10:29bien vus
10:29pendant quelques années,
10:31qui en ce moment
10:32sont en train de préparer
10:33les allocations 2026
10:34et refondre la place
10:35aux émergents.
10:35On a le même retour.
10:36Alors, effectivement,
10:37c'est ce que je vois aussi.
10:38Je voulais vous interroger
10:39sur les marchés frontières
10:40parce qu'eux aussi,
10:40ils ont très, très bien performé.
10:42C'est un peu moins connu
10:43de nos téléspectateurs.
10:44Ils n'ont pas le statut
10:45de marché émergent.
10:46Ils sont un peu moins matures.
10:47Alors, je vais prendre un cas
10:48qui est un peu particulier
10:49qui est le cas du Vietnam
10:50parce qu'à l'origine,
10:51l'an dernier,
10:51il a fait la transition
10:52de marché frontière
10:53à un marché émergent.
10:55Pour vous donner
10:55un ordre de grandeur
10:56sur les performances
10:57au niveau des marchés frontières,
10:58je crois qu'on est en dollars
11:00à peu près à 40% de hausse
11:01sur l'intégralité.
11:03Vous me direz si je me trompe,
11:04mais je crois que sur l'intégralité
11:05des marchés frontières aujourd'hui,
11:06à part peut-être le Maroc,
11:07ils sont tous extrêmement peu chers.
11:10Donc, ça reste le cas.
11:11Et le Vietnam,
11:11on était sur 40% de hausse en dollars.
11:14Le cas du Vietnam est intéressant,
11:15je pense,
11:16parce que c'est typiquement
11:17le marché émergent,
11:18enfin, émergent aujourd'hui
11:20ou en tout cas frontière.
11:21On se dira,
11:22c'est extrêmement volatil,
11:24c'est peu résilient.
11:25Mais si je me souviens bien,
11:26ça fait partie
11:27la bourse vietnamienne
11:28dans la foulée de jours
11:29de la libération
11:30avait chuté de 20%,
11:31comme toute, finalement.
11:32Et ensuite,
11:33vous avez un rallye de 60%.
11:34Est-ce que finalement,
11:36la vision qu'on a historiquement
11:37des marchés émergents,
11:38des marchés frontières,
11:39de dire c'est très volatile,
11:41c'est compliqué,
11:43il y a un fort risque,
11:44ce n'est pas un peu erroné ?
11:45Et notamment,
11:45le fait que vous avez
11:46une forte base d'investisseurs domestiques,
11:47ce n'est pas plutôt
11:48un sujet de résilience
11:50sur le long terme ?
11:51Alors oui,
11:52je répondrai peut-être
11:53un petit peu différemment
11:54entre émergent et frontière.
11:56Émergent, c'est clair.
11:56C'est-à-dire que
11:57sur longue période,
11:59sur 15-20 ans...
12:00Même sur l'obligataire,
12:00on le voit.
12:02Même sur l'obligataire,
12:03si on regarde sur les actions,
12:04on a des niveaux de volatilité,
12:05un des critères de mesure
12:09du risque,
12:10on a des niveaux de volatilité
12:11qui sont comparables
12:12aux actions européennes.
12:13Alors,
12:14je ne parle pas de la Russie,
12:15je ne parle pas de la Chine,
12:16je ne parle pas d'un seul pays,
12:17Russie,
12:18c'est une volatilité extrême,
12:19ça vaut zéro aujourd'hui,
12:21mais quand on prend
12:22l'ensemble
12:22des 24 pays émergents
12:24qui ont des cycles
12:25de marchés différents,
12:26des cycles de devises différents,
12:28le phénomène de la diversification,
12:30les oeufs et le panier fonctionnent,
12:31et in fine,
12:32on a une volatilité
12:32qui est comparable
12:33aux actions européennes.
12:34Ce qui n'est pas du tout intuitif,
12:36mais ce qui est vérifié
12:37année après année.
12:38Sur les frontières,
12:39c'est un petit peu différent,
12:40mais globalement,
12:41vous avez raison,
12:42c'est-à-dire que
12:42la perception de la volatilité
12:44est beaucoup plus élevée
12:46que la réalité.
12:47Si je reviens sur les émergents,
12:48si on demande à vos auditeurs
12:49qu'est-ce qui est plus volatile
12:50entre des actions européennes
12:51et des actions émergentes
12:52sur 5 ans,
12:54100% ou 95%
12:56diront les actions émergents.
12:57Tout à fait.
12:57Et c'est rôné.
12:58Et ce n'est pas vérifié,
13:00en tout cas jusqu'à présent.
13:02Sur la partie marché frontière,
13:05on a également
13:06cet écart de perception.
13:07on a les deux choses
13:10un petit peu extrêmes.
13:11C'est qu'en effet,
13:11comme on est sur des marchés
13:12plus petits,
13:13moins liquides,
13:14il y a des phénomènes de flux.
13:14En effet,
13:15on a eu 47% de hausse
13:17en dollars cette année.
13:17Je rappelle,
13:18les émergents,
13:18c'est 33.
13:19Donc,
13:20encore 10-15% de plus
13:22que les marchés émergents
13:22en dollars cette année.
13:25Après,
13:25des opportunités exceptionnelles.
13:27Le pays comme le Vietnam
13:28est sûrement
13:29le pays d'Asie
13:31qui est le plus
13:33avec l'animal spirit
13:34à la chinoise.
13:35Oui.
13:35Qu'on a des vrais entrepreneurs
13:37qui ont envie de développer,
13:39qui sont de vrais chefs d'entreprise.
13:41Un secteur privé
13:42qui se développe.
13:43J'avais regardé,
13:43vous avez Vingroup
13:45qui est un grand conglomérat
13:46vietnamien
13:47qui aujourd'hui représente
13:47la capitalisation boursière
13:48de l'intégralité
13:49du secteur bancaire
13:50et financier vietnamien.
13:52Et ils sont présents dans tout.
13:53Donc,
13:53c'est vraiment le modèle chinois
13:54appliqué à la vietnamienne.
13:56Très clair.
13:56Voilà.
13:56Et donc,
13:57c'est en effet
13:57un des marchés
13:58sur lesquels
13:59on a le plus envie d'aller.
14:00Alors,
14:01si on peut mettre
14:01un petit bémol
14:02sur les frontières,
14:05le premier,
14:06c'est qu'on a un marché
14:06qui a même,
14:07on parlait de Vietnam,
14:07mais c'est à lui seul
14:08le tiers de l'indice.
14:09C'est un gros morceau.
14:10Si on rajoute le Maroc
14:11et la Roumanie,
14:12on est à plus de 50%.
14:13Donc,
14:14après,
14:14il y a des marchés
14:15qui ne pèsent quasiment pas.
14:17Et puis,
14:18on a sur ces marchés-là,
14:19par exemple,
14:20les trois premiers
14:20que je viens de citer,
14:22deux caractéristiques
14:24qui nécessitent
14:25plus d'attention.
14:26La première,
14:26c'est qu'on n'est pas du tout
14:27dans le cas de la Chine,
14:29dont je parlais tout à l'heure,
14:30où on a un marché très liquide,
14:31très profond,
14:32c'est-à-dire avec de nombreuses
14:33sociétés dans les secteurs variés.
14:35En Chine,
14:36vous voulez acheter
14:36n'importe quoi,
14:37du véhicule électrique,
14:38du robot taxi,
14:39du robot de l'intelligence artificielle,
14:41vous avez tout
14:41avec des grosses capilles.
14:43Là,
14:43on est,
14:44au moins sur les deux
14:44Maroc-Roumanie,
14:46on est plutôt sur des pays émergents,
14:48pré-émergents classiques.
14:49On a de la banque,
14:50la matière première,
14:51la télécom.
14:52On n'a pas beaucoup
14:53de e-commerce,
14:54d'internet,
14:55de tech,
14:56de choses comme ça.
14:57Donc,
14:57la première limite,
14:58c'est qu'on peut être un peu limité
15:00dans nos choix,
15:01et vous avez raison,
15:01ce n'est pas cher,
15:02mais on a plein d'autres choses
15:04pas chères dans les émergents,
15:06en bancaire par exemple,
15:07et qui sont plus liquides.
15:09Et le deuxième bémol,
15:10c'est,
15:11vous parliez du Vietnam
15:12à juste titre,
15:13on est sur un marché
15:14qui est un peu compliqué
15:15à appréhender.
15:16C'est-à-dire que
15:16on a,
15:18alors,
15:19il y a
15:19des quotas
15:22d'amassissement.
15:23C'est-à-dire que
15:24suivant les titres,
15:25on ne parle pas de Vinigroup,
15:26suivant les titres,
15:26il y a un maximum de titres
15:28qui peuvent être détenus,
15:29un pourcentage maximum
15:30qui peut être détenu
15:31par les étrangers.
15:32Sur les titres intéressants,
15:34il y en a quelques-uns,
15:34en effet,
15:34il y a 5-6 titres
15:35très intéressants au Vietnam,
15:37on est souvent ce maximum.
15:39Ce n'est pas un problème,
15:41là où ça crée un problème,
15:43c'est que les autorités
15:44n'ont pas voulu avoir
15:44deux quotations.
15:46Une quotation pour les étrangers,
15:47une quotation pour les nationaux.
15:48Ça veut dire quoi ?
15:49Ça veut dire que
15:49si un titre est coté à 100,
15:51si je veux l'acheter
15:52et que le quota étranger
15:53est déjà atteint,
15:53il va falloir que je paie
15:55un étranger
15:56qui va pouvoir me le vendre.
15:57Et donc je vais être amené
15:58à payer une prime.
15:59Donc je ne vais pas le payer 100,
16:00je l'ai payé 130.
16:01Ce n'est pas un problème
16:02en tant qu'investisseur.
16:03Si on pense que demain,
16:04il peut valoir 250,
16:06après tout,
16:06c'est une bonne affaire quand même.
16:08Le petit souci,
16:08c'est que comme il n'y a
16:09qu'une cotation,
16:10il n'y a pas deux cotations
16:11comme il y avait autrefois
16:12en Taïwan
16:13qui avait le même système à l'époque
16:14mais qui avait deux places
16:14de cotation,
16:15comme il n'y en a qu'une,
16:16le lendemain,
16:17vous le valorisez à 100.
16:23En un mot,
16:24mais vraiment un mot,
16:25pour nos téléspectateurs
16:28qui nous écoutent,
16:28notamment Profil et Parian,
16:29comment on investit
16:30sur ce type de marché ?
16:32C'est plutôt les fonds,
16:32j'imagine.
16:33On ne va pas aller vers des ETF.
16:34Si vous choisissez quoi ?
16:35Alors, il y a deux solutions.
16:37En un mot.
16:37En un mot.
16:38L'ETF,
16:39sur cette classe d'actifs,
16:41ils ont très bien performé
16:42depuis deux ans.
16:43Sur longue période,
16:43ils sous-performent.
16:44Et je pense qu'une année
16:46comme 2026,
16:47où on voit un retour
16:48de stock picking,
16:48un retour de la croissance,
16:49ils seront emmenés
16:50à sous-performer.
16:51Sur 13 ans,
16:52les plus beaux ETF
16:53se performent
16:54de plus de 1% par an.
16:55Par an.
16:57C'est significatif,
16:59même si, encore une fois,
16:59ils ont très bien
16:59performé depuis deux, trois ans.
17:01Je pense qu'il y a deux solutions.
17:02Soit acheter quelques gros titres.
17:04TSMC,
17:05facile à acheter,
17:06une très belle valeur emblématique,
17:07le leader de la fonderie mondiale,
17:09c'est assez facile
17:10à mettre dans son portefeuille.
17:12Ou en effet,
17:12acheter des fonds,
17:13des fonds de qualité,
17:13diversifiés,
17:14et il y en a quelques-uns.
17:15Merci beaucoup Michel Audeban,
17:17vous êtes PDG de Gemway Assets.
17:18C'était un plaisir
17:19de vous recevoir.
17:20Et on se retrouve,
17:21pour explorer un peu plus
17:22le marché frontière,
17:23je pense qu'il mériterait
17:23une autre occasion.
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