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Ce mercredi 8 juillet, Raphaël Legendre a reçu Dorothée Rouzet, cheffe économiste de la direction générale du Trésor, Olivier Redoulès, directeur des études de Rexecode, et Olivier Lluansi, professeur au CNAM et auteur de "Réindustrialiser, le défi d'une génération", dans l'émission Les Experts sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:04BFM Business et la Tribune présente
00:07Les Experts, Raphaël Legendre
00:10Bonjour à tous, il est 9h30, vous êtes en direct sur BFM Business et les Experts.
00:14On est ensemble pour une heure de débat et de controverse.
00:17Avec ce matin, 4 questions pour prendre le pouls de l'économie française.
00:22Le budget d'abord, comment tenir la trajectoire ?
00:25La croissance vient d'être révisée à 0,7% par Bercy
00:30qui annonce 3 milliards d'euros de gel supplémentaire
00:34mais prévient déjà, atteindre les 5% de déficit sera difficile cette année.
00:39Alors où couper ?
00:40Mais faut-il une règle d'or pour empêcher la France de décrocher encore ?
00:44Ce sera l'un des débats de la présidentielle, on en parlera dès ce matin.
00:48Nous parlerons aussi du travail des jeunes.
00:51La France travaille moins que ses voisins
00:53et chez les 15-24 ans, le problème vient surtout des NEETS.
00:58Ces jeunes sans emploi, sans formation, ni diplôme
01:02et du faible cumul emploi-études.
01:05Alors faut-il réconcilier plutôt l'école, l'université et l'entreprise ?
01:09Ce sera le deuxième débat ce matin.
01:12Troisième sujet, le Made in France.
01:14Le déficit commercial s'est encore creusé au mois de juin,
01:18près de 7 milliards d'euros.
01:20alors que nos produits restent bien perçus à l'étranger.
01:24Alors qualité, innovation, notoriété, tout va bien, sauf peut-être le prix.
01:29Le Made in France est-il devenu trop cher ?
01:32Ce sera le troisième débat.
01:35Et puis enfin, on parlera de l'IA chinoise, moins chère, performante, open source.
01:40Elle séduit de plus en plus entreprises et administrations.
01:43Mais peut-on dépendre de Pékin pour échapper aux géants américains ?
01:49Ce sera le dernier thème des débats avec mes experts ce matin.
01:54Voilà pour le programme.
01:55Il est 9h passé, 2h32, vous êtes sur BFM Business et vous y êtes bien.
01:59Allez, c'est les experts, c'est parti.
02:03Les experts ce matin s'appellent Dorothée Rouzé.
02:06Bonjour Dorothée.
02:07Chef économiste de la Direction Générale du Trésor.
02:10Olivier Rodoulez, bonjour.
02:12Bonjour.
02:12Directeur des études de Règues et Codes.
02:14Et Olivier Lanty, bonjour Olivier.
02:16Bonjour.
02:16Professeur Hocknam, auteur de Réindustrialiser le défi d'une génération.
02:23Alors on va commencer par les questions budgétaires.
02:26Ce matin, on a eu hier un comité d'alerte sur les finances publiques,
02:30qui est passé un peu en second rang de l'actualité derrière Marine Le Pen,
02:35l'actualité judiciaire et la candidature de Marine Le Pen.
02:39Mais il y a quand même des informations importantes qui ont été communiquées hier.
02:43D'abord, Bercy a révisé sa prévision de croissance de 0,9% à 0,7%
02:49et a annoncé par ailleurs 3 milliards d'euros d'économies supplémentaires en gel de crédit
02:56pour essayer de tenir les 5% de déficit cette année.
03:01Mais le ministre des Comptes publics a d'ores et déjà prévenu, Dorothée Rouset,
03:06il sera difficile d'atteindre les 5% cette année.
03:11Pourquoi ? Et la trajectoire est-elle quand même tenable ?
03:15Je pense que ce qui est important, c'est, et c'est l'objet de ce comité d'alerte des
03:20finances publiques,
03:21c'est de suivre les risques sur cette trajectoire et d'agir autant que possible et aussitôt que possible.
03:28Et c'est l'objet de ce comité qui a été créé l'année dernière,
03:31qui avait déjà donné lieu l'année dernière à des alertes précoces,
03:35des annulations de crédit précoces.
03:36Et qui permettent de gérer en cours d'année, de mieux piloter...
03:40De gérer les risques en cours d'année.
03:42Finalement, l'année dernière, on a eu un déficit qui était moins élevé que prévu.
03:465,1 au lieu de 5,4%.
03:49Alors les risques, c'est quoi ?
03:50Donc cette année, le principal risque, en fait, il est déjà avéré.
03:54C'est pour ça que la croissance a été révisée.
03:56C'est-à-dire que par rapport au mois d'avril, qui était le dernier rendez-vous à la fois
04:00de ce comité d'alerte,
04:00aussi la dernière fois où le gouvernement a actualisé ses prévisions de croissance,
04:04il s'est évidemment passé beaucoup de choses dans l'économie mondiale.
04:07Mais presque paradoxalement, en fait, le principal facteur qui fait réviser la croissance à la baisse,
04:11ce n'est pas la crise en Iran.
04:12Alors je veux dire, depuis le mois d'avril, on est passé par différentes phases.
04:14Le prix de l'énergie et du pétrole, notamment, a beaucoup augmenté et rebaissé.
04:19Et finalement, on n'est pas très loin des hypothèses qu'on avait sur le prix du pétrole au mois
04:22d'avril,
04:23quand on regarde les futures, quand on regarde les prix de marché.
04:26Sur le gaz, on est même en dessous.
04:30Mais on a quand même...
04:31Ça veut dire qu'il n'y a pas de cagnotte sur les recettes énergétiques.
04:35Au contraire, sur les recettes énergétiques.
04:36On en a beaucoup parlé.
04:38Le volume de consommation de carburant, les Français, ils ont acheté moins de carburant,
04:41il y a moins de recettes au total.
04:43Et puis, il y a un autre facteur qui est qu'on a eu, depuis les chiffres du premier trimestre,
04:48qui ont déçu tous les prévisionnistes.
04:49Personne ne s'attendait à un chiffre négatif.
04:51Répercussions négatives, moins zéro.
04:52Ça a une répercussion assez mécanique sur la croissance de l'année.
04:55Ça explique une partie de cette révision de la croissance à zéro sède.
04:58Donc, il y a le choc en Iran.
04:59Et puis, oui, je dirais, on est passé par des hauts débats.
05:02On voit bien aujourd'hui que la trêve est toujours un peu fragile
05:05et qu'on a toujours beaucoup d'incertitudes.
05:07C'est aussi pour ça que garantir un chiffre de déficit à la décimale près,
05:10quand on est dans un monde aussi incertain sur le plan macroéconomique,
05:13ça a des incidences sur ce que font les entreprises, sur les recettes fiscales, etc.
05:16C'est compliqué.
05:17En revanche, ce qu'on peut faire, c'est essayer de s'assurer le maximum,
05:22de prendre les mesures qu'on peut prendre en cours d'année.
05:24Ça a été fait déjà une première salve après les alertes d'avril
05:29de 4 milliards sur les crédits de l'État
05:32et d'un peu plus de 2 milliards qui correspondent au gel des allégements généraux.
05:36Est-ce qu'on a vraiment les 6 milliards d'économies annoncées à Bercy ?
05:39Il y a eu une petite polémique là-dessus en disant qu'on n'y était pas tout à fait
05:42quand même.
05:43Il y a en gros un peu plus de 2 milliards qui correspondent au gel des allégements généraux
05:47et donc au moindre coût de hausse des allégements généraux.
05:50Et il y a 4 milliards d'annulation des crédits qu'on peut engager sur l'État.
05:55Les allégements de charges sur les entreprises, 2 milliards 2, effectivement.
05:58Ce qui a fait bondir le MEDEF en disant qu'on augmente les impôts sur les entreprises,
06:04mais tout le monde doit participer à l'effort.
06:06Olivier Rodoules, est-ce que la trajectoire pourrait être tenue cette année ?
06:10Et bon, 3 milliards d'économies à faire.
06:13On n'a pas le détail de Roteur Ousé, on est d'accord ?
06:14Non, pas encore, mais ça sera détaillé.
06:17Alors, est-ce qu'il faut aller faire, Olivier Rodoules, ces efforts ?
06:19Et puis, même question, Olivier, loin de ci, ensuite.
06:21Premier point, c'est effectivement une bonne chose qu'on ait mis en place,
06:24ce comité d'alerte, et qu'il fonctionne.
06:26En fait, si on revient un peu en arrière,
06:30en fait, on tire les enseignements des dérapages
06:32qui nous avaient un peu tout surpris en 2024.
06:35Et on avait vu qu'on s'était comparé aux autres pays européens.
06:37Et 2023, sur les recettes.
06:39Les autres pays, en fait, avaient su, comment dire,
06:42ajuster leur trajectoire en cours d'année.
06:43Nous, on ne l'avait pas forcément fait.
06:45Et donc, c'est effectivement bien de pouvoir finituner en cours d'année
06:50et d'ajuster les choses.
06:52Après, effectivement, ce qui est le plus inquiétant, sans doute,
06:55c'est le chiffre que le Trésor avait publié.
06:58Je ne sais pas si c'est le Trésor, mais en fait,
06:59il y a une autre qui avait fuité,
07:00qui disait que, de manière un peu spontanée,
07:04si on ne fait rien, la trajectoire un peu dynamique,
07:06la dynamique un peu spontanée des dépenses,
07:08nous amène à 6-2 de dix ans prochain.
07:11Et ça, c'est très inquiétant.
07:12Informations révélées sur BFM Business.
07:13Ça montre qu'au fond...
07:16Qu'il n'était pas une publication du Trésor.
07:18Qu'il n'était pas une publication du Trésor.
07:19Voilà, quelque chose qui a fuité du gouvernement.
07:22Mais globalement, de fait, en fait, ça montre,
07:25alors peut-être que c'est un peu fort,
07:27de toute façon, c'est des hypothèses.
07:28Il y a forcément une dose d'incertitude.
07:30Mais ça t'a montré qu'au fond,
07:32il y a une dynamique de dépense un peu sous-jacente
07:34qui nous amène vers le déficit.
07:36Et donc, il faut mettre en place de nouvelles mesures chaque année
07:39juste pour compenser cette dynamique de dépense.
07:42Oui. Après, effectivement, je rejoins Dorothée,
07:47en fait, avec ces codes, on est aussi à 0,7 en prévision pour 2026.
07:51On avait publié ça la semaine dernière auprès de nos adhérents.
07:55La Banque de France était plus sévère, prévoit 0,5.
07:57Oui, mais c'était avant l'accord entre les États-Unis et l'Iran.
08:00Donc, elle avait des hypothèses assez différentes.
08:02En fait, il faut vraiment regarder à quelle date
08:03les gens ont fait leurs prévisions pour les comparer.
08:06De fait, on a eu aussi une partie de nos surprises
08:09du premier trimestre, elle est liée à la construction.
08:10Alors, au fond, on s'attendait à un redémarrage à la construction.
08:13Il y a eu plutôt une baisse.
08:15Mais les leçons des années précédentes, c'est que l'économie
08:18est quand même assez résiliente.
08:20On nous a plutôt surpris à l'heure.
08:21Oui.
08:22Les entreprises s'adaptent à la permatrice de manière...
08:24Même les révisions des comptes qui sont survenues à la fin de mois de mai
08:27nous ont montré qu'au fond, l'économie se situait plus
08:30en termes de quantité de production que ce qu'on pensait.
08:33Et en fait, pour venir à ta dernière question, qu'est-ce qu'il faut faire ?
08:37Au fond, la question qui se pose, c'est est-ce qu'on a besoin de tant de déficits ?
08:42Ou est-ce que notre situation de croissance justifie un tel déficit ?
08:46Il faudrait sans doute y aller plus franco, plus sur les dépenses.
08:49Mais ça pose une question de mandat politique que personne n'a aujourd'hui.
08:53Oui, et puis de casser la croissance, Olivier Lanty, non ?
08:55Si on fait de la rigueur assez fort aujourd'hui,
08:58est-ce que ça veut dire que...
09:00Deux réactions...
09:01Un ajustement trop brutal pourrait peser sur la croissance.
09:04Deux réactions d'abord sur ces révisions de chiffres.
09:06Encore une fois, vu du monde économique, des industriels que je croise,
09:12des trajectoires qui sont optimistes parce qu'elles essayent d'optimiser politiquement.
09:16On connaît ça depuis longtemps.
09:17Donc ce type de réajustement, il vient peut-être à temps, etc.
09:21Mais on s'y attendait d'une certaine façon.
09:23Encore une fois, en tout cas, le monde que je côtoie d'industriel,
09:28ce n'est pas une surprise.
09:28Vous savez qu'on ne serait pas à 0,9% de croissance à la fin de...
09:31Et quelque part, bon, c'est enfin...
09:32Alors c'est super d'avoir un système d'alerte,
09:33mais enfin avoir un calage initial qui était plus prudent
09:35n'aurait pas été plus mal non plus.
09:38Ça, c'est le premier point global.
09:39Et le deuxième sur les solutions.
09:41Alors, elles n'ont pas été énoncées.
09:42Moi, je me réfère juste à ce qu'a dit le ministre Roland Lescure
09:46récemment à Aix à propos, par exemple,
09:48d'économie sur le crédit d'impôt recherche.
09:50J'ai l'impression qu'on va rechercher encore une fois,
09:54comme à l'automne,
09:55parce qu'on n'a pas été jusqu'au bout de réformes,
09:58notamment du système de retraite.
10:00À l'automne, on a sacrifié une partie de l'apprentissage.
10:03Maintenant, on va sacrifier une partie de la recherche
10:05où on dit qu'il y a une recherche lambda.
10:07Enfin, le terme est fort.
10:08Pour ceux qui connaissent le développement technologique,
10:11il n'y a pas que l'innovation de rupture.
10:13C'est bien, c'est important, il ne faut pas le sacrifier.
10:16Mais tous les jours, nos industriels accompagnent la modernisation
10:20de leurs produits, de leurs chaînes de production.
10:22Ce n'est pas de la recherche lambda,
10:24c'est la recherche socle du développement technologique.
10:26C'est une forme de violence faite autour de la recherche
10:30et du développement pour un gouvernement qui le défendait.
10:33Je trouve que c'est gravissime comme message.
10:36Voilà.
10:36Et donc, encore une fois, on va se retrouver dans la même situation
10:39que celle qu'on commentait à l'automne.
10:40Parce qu'on n'a pas fait les réformes structurelles que tu évoquais,
10:43on va renier surtout les atouts pour le futur.
10:46La jeunesse, la recherche, le développement.
10:49Vous êtes en train de nous dire, Olivier Lanty,
10:50que parce qu'on n'ose pas toucher aux retraites,
10:52on est en train de faire les fonds de caisse un peu partout ailleurs.
10:55Ça vous donne quelle impression ?
10:57Je voudrais revenir quand même sur ce que tu disais, Raphaël, tout à l'heure.
11:00Est-ce que baisser la dépense va peser sur la demande ?
11:03En fait, on fait tellement de déficits,
11:05on se dit qu'au fond, il y a tellement de dépenses publiques,
11:07on devrait avoir une croissance bien supérieure à celle qu'on a
11:10si ce type de mécanisme marchait.
11:12C'est vrai dans certaines situations,
11:14quand on est dans ce qu'on appelle des situations de trap à liquidité,
11:16quand l'inflation est proche de zéro ou autre,
11:18ce n'est pas du tout le cas aujourd'hui.
11:19En fait, on a plutôt des taux relativement élevés,
11:21on a plutôt de l'inflation relativement élevée.
11:23Au contraire, là, si on libérait de la dépense,
11:25si on baissait la dépense, ça libérait des ressources pour l'économie
11:28et pour venir plus précisément sur les retraites,
11:31on a vu qu'on a soutenu très massivement
11:34le pouvoir d'achat des retraités ces dernières années.
11:36Ça ne s'est pas traduit par plus de consommation,
11:37ça s'est surtout traduit par plus d'épargne et plus de déficit.
11:41Trois quarts de la hausse de 2024,
11:43des 15 milliards de hausse de 2024,
11:44on finit sur des livrets d'épargne de nos seniors.
11:49Oui, Dorothée ?
11:49Oui, juste pour réagir, mais plutôt dans le sens d'Olivier,
11:52je pense qu'on a une phobie de dire
11:54si on fait la moindre baisse de dépense,
11:56ça va casser la croissance.
11:57Je pense d'abord que c'est plus nuancé
11:58parce que ça dépend quelles dépenses,
12:00ça dépend quelles recettes.
12:01C'est-à-dire que ce n'est pas juste,
12:02on baisse le déficit.
12:03On peut le faire intelligemment, c'est pas interdit.
12:04On peut le faire intelligemment, d'une part,
12:06et c'est quand même,
12:08certaines catégories de population consomment plus que d'autres.
12:10Le CIR, c'est intelligent ?
12:12Le Crédit Impôt Recherche ?
12:13Le CIR, la dernière fois,
12:15il y a eu quelques centaines de millions sur le CIR
12:18qui étaient sur des dispositifs
12:21qui n'avaient pas prouvé leur efficacité.
12:22Donc ensuite, il faut regarder avec beaucoup de prudence
12:25parce que le CIR est un vrai facteur d'attractivité.
12:27Il y a un vrai facteur d'attractivité de la recherche.
12:30Donc, ce n'est pas le premier objet à toucher.
12:32Mais je pense qu'il faut potentiellement rien s'interdire,
12:36en tout cas de regarder en termes d'efficacité.
12:38Et l'autre point sur la croissance,
12:39c'est qu'on est aussi un peu à un point
12:42où on peut se poser la question de
12:44est-ce que ne pas réduire le déficit,
12:46à un moment, ça a aussi un impact sur la croissance
12:49parce que ça crée de l'incertitude,
12:50de l'incertitude fiscale.
12:51Je pense que les Français et les entreprises
12:52ont bien compris qu'à un moment,
12:53il fallait réduire le déficit.
12:54Si ce n'est pas aujourd'hui, ça sera demain.
12:56Mais donc, on peut être aussi dans l'attentisme
12:59en se disant, je ne sais pas à quelle sauce fiscale
13:01je serai mangée l'année prochaine.
13:02Et parce que si nos taux d'intérêt s'écartent,
13:05les taux d'intérêt que paye l'État,
13:06à la fin, ça se répercute sur les entreprises,
13:08sur les ménages.
13:09Et ça a un effet aussi.
13:10Donc, je pense qu'il faut aussi
13:11ne pas rester dans la mieux pire à dire
13:15en tout cas, ne rien faire ou laisser le déficit filer,
13:18ce n'est pas, de manière univoque,
13:19bon pour la croissance, à mon avis.
13:21Je reviens juste sur le CIR.
13:22Je vous rappelle l'annonce qui a été faite
13:24il y a quelques jours de Renault
13:25qui supprime 800 ingénieurs.
13:28Encore une fois, le CIR, on en a déjà discuté ici,
13:31a beaucoup de mérite et des faiblesses
13:34qu'il faudrait peut-être corriger.
13:35Mais il permet d'avoir des ingénieurs
13:37qui développent des nouveaux produits
13:39qui font de la recherche et du développement
13:40à un prix à peu près compétitif.
13:42Ils sont plus chargés que dans d'autres pays.
13:45Mais le CIR permet de ramener leur coût total
13:48à quelque chose de comparable
13:50ou en tous les cas d'un peu plus proche à l'Allemagne.
13:52Si on va dans ce type de direction-là,
13:54il ne faut pas s'étonner,
13:55les cerveaux, aujourd'hui, ça se délocalise.
13:57Les gens ont tous appris depuis le Covid
13:59à travailler sur des plateformes numériques.
14:01Vous allez chercher un ingénieur indien,
14:04un ingénieur marocain,
14:05voire un ingénieur chinois
14:06qui vous coûteront moins cher.
14:08Vous garderez une petite équipe
14:09pour faire la relation commerciale en France.
14:12Point barre.
14:12Donc, on touche véritablement
14:14même au cœur du modèle qu'on voulait défendre,
14:16que je trouve trop pointu,
14:17qui est de dire
14:18qu'on doit garder la recherche,
14:19on doit garder l'innovation.
14:22Il y a des gens qui disaient
14:23qu'il faut éloigner la production.
14:25Je ne fais pas partie de ceci.
14:26Mais là, on touche au cœur
14:27même du modèle historique
14:29qu'on avait voulu mettre en place.
14:30Que nous restera-t-il après ?
14:32Allez, je voulais une dernière question rapide
14:34parce que je voulais qu'on passe
14:34au travail des jeunes
14:36et cette étude passionnante
14:37de Rex et Code.
14:38Mais est-ce qu'il faut instaurer
14:39une règle d'or ?
14:40C'est un des thèmes de débat.
14:42Édouard Philippe préconise
14:44une règle d'or, par exemple.
14:45Est-ce qu'il faut lier les mains
14:47des politiques
14:47pour réussir à avoir
14:49un budget à l'équilibre ?
14:51Ou contre Dorothée Ousée ?
14:52Moi, je ne suis pas convaincue.
14:55Je pense que,
14:56dans l'absolu,
14:57des règles, on en a.
14:59C'est vrai qu'on a la règle
15:00des 3% qu'on n'a jamais respectée.
15:01Écrire une règle d'or
15:03sans le premier moyen
15:04de comment on va la respecter,
15:05je dirais, ça crée du processus,
15:07mais ça ne crée pas
15:08du consensus politique
15:09sur les mesures à prendre.
15:11Et je pense que,
15:12je dirais,
15:13si un nouveau gouvernement
15:16en place au début
15:16de l'année prochaine
15:17doit mettre beaucoup
15:18de capital politique
15:19sur faire passer une règle d'or,
15:20c'est du capital politique
15:21qui n'est pas mis
15:22sur les mesures
15:23qui vont vraiment faire
15:23baisser le déficit.
15:24Et à mon avis,
15:26dans une phase de début de mandat
15:27où on a justement
15:29un momentum
15:29pour faire quelque chose,
15:30l'urgence ne doit pas être
15:31sur les institutions
15:31et la gouvernance,
15:32mais plutôt sur les vraies mesures.
15:34Olivier Rodoules.
15:36Je rejoins assez largement
15:37Dorothée,
15:38c'est-à-dire,
15:38en fait,
15:38la règle d'or,
15:39c'est un peu l'étiquette,
15:40mais ce qui compte,
15:40c'est ce qu'il y a derrière.
15:42Et en fait,
15:42ce qu'il faut,
15:42c'est avoir une philosophie
15:44de la dépense publique
15:45où on part des ressources
15:46pour aller vers la dépense.
15:48Ce qu'on ne fait pas aujourd'hui,
15:49en fait,
15:49on voit bien
15:49le processus
15:50de dépense publique,
15:51on part beaucoup de besoins,
15:52on liste des besoins
15:53et après,
15:54on essaie de négocier.
15:54Alors,
15:55qu'on arrive à faire du déficit,
15:56on fait du déficit.
15:57Qu'on n'arrive pas à faire du déficit,
15:58ça coince.
15:59En fait,
15:59si on prend les pays
16:00qui gèrent bien
16:02leurs finances publiques,
16:03ils partent plutôt des ressources
16:04et puis ensuite,
16:06ils adaptent.
16:06Et donc,
16:07c'est une philosophie
16:08assez descendante.
16:09Alors,
16:09c'est un changement culturel.
16:11C'est un changement culturel,
16:16c'est de se dire que
16:18ce n'est pas forcément mieux
16:19quand c'est la dépense publique
16:20qui fait.
16:21Parce que,
16:21d'un certain côté,
16:22il y a une mutualisation,
16:24il y a tout plein de choses
16:24qui font sens
16:26d'être mutualisées,
16:27mais une dépense publique,
16:28en fait,
16:28ça fait deux distorsions
16:29à l'économie.
16:30D'une part,
16:31parce qu'en fait,
16:31à un moment donné,
16:32l'État,
16:33la collectivité
16:34prend des ressources,
16:35enfin,
16:36alloue des ressources,
16:36mais de façon
16:37qui n'est pas forcément adaptée
16:38au terrain,
16:39en fait,
16:39on le voit au quotidien.
16:40Mais par ailleurs,
16:41il faut taxer
16:41et donc prendre de l'argent
16:43au secteur privé,
16:44donc c'est sur du travail,
16:45sur le rendement du capital,
16:46sur la consommation
16:47et cette double distorsion
16:48fait qu'il y a un coût
16:49à l'action publique,
16:50à la dépense publique
16:51qui est souvent sous-estimée
16:52en France.
16:53On part en général
16:53du point de vue
16:55qu'en fait,
16:55l'État,
16:56c'est mieux,
16:56l'État au sens large,
16:58mais en réalité,
16:59quand on regarde
16:59dans les autres pays,
17:00ils arrivent à des performances
17:02sur même des dépenses clés
17:03comme la santé,
17:04l'éducation,
17:06meilleures que nous
17:06en dépensant moins.
17:07Et oui,
17:08si le bonheur était indexé
17:09sur le taux de dépense publique,
17:10nous serions le pays
17:11le plus heureux du monde.
17:12Même question,
17:13Olivier Luanzi,
17:14faut-il ou pas une règle d'or ?
17:15La question,
17:15elle était,
17:16la question possède la réponse.
17:19Si on fait une règle d'or,
17:20ça veut dire
17:20qu'on n'a pas confiance
17:21dans nos politiques.
17:23Imaginez,
17:23le dernier budget à l'équilibre,
17:251974.
17:26Dans l'entreprise,
17:27le corps de l'entreprise
17:28n'aurait pas confiance
17:29à son dirigeant.
17:30Alors je sais qu'on ne peut pas
17:30toujours faire le parallélisme
17:32entre gouvernance publique
17:33et gouvernance privée.
17:34Non,
17:35il faut qu'on retrouve
17:35cette confiance
17:36dans notre démocratie,
17:37il faut qu'on retrouve
17:37cette confiance
17:38dans un projet collectif.
17:40On peut se mettre
17:4125 000 règles
17:42tant qu'on n'aura pas
17:43ce projet
17:43et la confiance
17:44qu'on accordera
17:45effectivement
17:46dans le cadre démocratique
17:47auquel je crois fondamentalement,
17:49ces règles-là,
17:50de toutes les façons,
17:51et on l'a vu
17:52avec le 3% de Maastricht,
17:53trouveront moyens
17:54et voies
17:55pour être détournés,
17:56contournés,
17:57tout simplement.
17:58La dépense,
17:58c'est comme l'eau,
17:59elle trouve toujours
17:59un chemin quelque part.
18:01Laurence,
18:01c'est réagi.
18:02Sur mon compte Twitter,
18:03n'hésitez pas
18:04à rebase le genre.
18:05Sur le CIR,
18:06elle nous explique
18:07qu'elle a monté
18:07pour une entreprise
18:08un dossier
18:09du Crédit Impôt Recherche.
18:11Il y a quelques années,
18:1215 ans plus tard,
18:13elle n'a toujours pas
18:14déposé de brevet
18:15mais a récupéré
18:16plus de 120 000 euros
18:19d'impôts.
18:20À quand un rapport
18:21sérieux
18:22sur les mérites
18:22du CIR ?
18:23On voit qu'il y a
18:24des doutes.
18:24Moi, je peux commenter
18:26ce point de vue
18:26parce qu'il faut
18:27bien comprendre
18:28ce que c'est le CIR.
18:29Le CIR,
18:30ça permet
18:31de réduire les coûts
18:32comme Olivier Luancy
18:34en a parlé.
18:35En fait,
18:36on taxe beaucoup
18:36les entreprises.
18:37On pourra aller
18:38dans les détails
18:38mais globalement,
18:39on taxe beaucoup
18:39les entreprises.
18:40Elles ne sont plus taxées
18:41que les autres pays européens.
18:42Rex & Code a publié
18:43un certain nombre
18:44de travaux sur ça.
18:45Et là,
18:45on a dit
18:45sur certaines activités
18:47qui nous semblent
18:48intelligentes,
18:49qui nous semblent
18:49plutôt à garder en France,
18:50on va taxer un peu moins.
18:52Ça ne veut pas dire
18:53qu'elles ne sont pas taxées
18:53mais elles sont taxées
18:54un peu moins.
18:55Notamment sur le coût
18:56du travail des chercheurs.
18:57Mais de fait,
18:59on est dans une dynamique
19:00où on subventionne
19:02une recherche
19:02qui des fois fonctionne
19:03et des fois ne fonctionne pas.
19:05On subventionne aussi
19:05des activités
19:07qui rentrent
19:08dans la recherche
19:09mais qui ne sont pas
19:09forcément elles-mêmes
19:11une par une
19:11de la recherche.
19:13Et c'est là
19:13où on trouve
19:14parfois des émissions
19:14où on trouve
19:15telle réunion
19:16qui ne faisait pas sens
19:17qu'on a mis
19:17dans un truc de recherche
19:18mais en fait,
19:19on ne voyait pas forcément
19:20un brevet
19:22en tirer rapidement.
19:24Et ça,
19:25ça pose un problème
19:25sur la philosophie
19:26de notre fiscalité,
19:27de nos aides
19:28aux entreprises
19:29dans d'autres pays
19:31en fait,
19:31on est de moins
19:32et on taxe moins
19:34mais ça change tout
19:35du point de vue
19:35par exemple
19:36de l'innovation
19:36c'est-à-dire
19:37au fond
19:38quand on veut faire
19:38une innovation
19:39ultra risquée
19:40on est prêt
19:41à investir
19:43mais on est prêt
19:44à investir
19:44si quand ça réussit
19:46ça fonctionne
19:46beaucoup
19:47si ça rapporte
19:48énormément.
19:49Alors qu'en France
19:49on est plutôt
19:50dans une sorte
19:51d'eau tiède
19:51où si ça marche
19:52bien
19:54on ne gagne pas trop
19:55et par contre
19:55si ça rate
19:56on ne perd pas trop
19:57et ça au fond
19:58ça fait des transferts
19:59un peu en permanence
20:01des innovations gagnantes
20:02vers celles
20:03qui sont un peu
20:03moins gagnantes
20:04et ce n'est pas forcément
20:05ce qu'il y a le plus favorable
20:06à l'innovation.
20:07Et puis le CIR
20:07est un crédit d'impôt
20:08comme ça a été expliqué
20:10ce n'est pas une subvention
20:11avec une conditionnalité
20:12aussi
20:13donc le mécanisme
20:14qui a été présenté
20:15à l'instant
20:15n'est pas tout à fait le même
20:16vous me donnez une subvention
20:17il faut qu'à la fin
20:18que vous déposiez un brevet
20:19il y a une conditionnalité
20:20là on est sous une forme
20:21de crédit d'impôt
20:22c'est une intervention
20:23indifférente.
20:24Et on rappelle
20:24que les entreprises françaises
20:25sont parmi les plus taxées du monde
20:27sont aussi énormément aidées
20:28le niveau d'aide est très élevé
20:29mais même
20:30retraitées de ces aides
20:31nos entreprises restent
20:33plus taxées
20:33que les autres.
20:34Alors il faut qu'on avance
20:35je voulais qu'on parle
20:35de cette étude
20:36Rex & Code
20:37Olivier Redouless
20:38sur l'emploi des jeunes
20:39avec des propositions
20:41un peu disruptives
20:42qu'on va mettre
20:43sur la table
20:44vous dites que la France
20:45travaille moins
20:46que ses voisins
20:47et que chez les jeunes
20:49les cas évidemment
20:51viennent surtout des needs
20:52alors on va rappeler
20:53ce que sont les needs
20:55peut-être pour commencer
20:56et combien ils sont
20:58parce qu'on entend
20:59beaucoup de chiffres
20:59là vous le chiffrez
21:00précisément
21:03Peut-être
21:04pour commencer
21:05en fait
21:06on commence cette étude
21:07par contredire
21:09une idée reçue
21:09on a toujours en tête
21:10l'idée
21:11enfin c'est des sortes
21:12des lieux communs
21:13qui circulent parfois
21:14des médias
21:14où les gens ne travaillent pas assez
21:16ou travaillent peu en France
21:17ou sont des fainiers
21:17ou autres
21:18en fait
21:18quand on compare
21:20la quantité de travail
21:21par habitant
21:22de la France
21:23aux autres pays
21:23effectivement
21:24sur l'ensemble
21:24de la population
21:25on travaille beaucoup moins
21:26que les autres pays
21:27on est le troisième pays
21:28de l'Union Européenne
21:29qui travaille le moins
21:30sans nombre d'heures
21:31travaillées
21:32rapportées
21:32par personnes âgées
21:34de 15 à 64 ans
21:35c'est la quantité de travail
21:36c'est comme ça
21:37qu'on a défini
21:37et en fait
21:38l'écart
21:39c'est à peu près 100 heures
21:40par exemple
21:40avec l'Allemagne
21:41107 heures
21:42l'écart il vient surtout
21:43quand même
21:43des 60 à 65 ans
21:45voilà
21:46ce sont des seniors
21:46c'est là où on a
21:47le gros du sujet
21:48sur les 25 à 54 ans
21:51il n'y a quasiment rien
21:52voilà
21:52et puis les jeunes
21:53ils contribuent peu
21:54ils contribuent un petit peu
21:55à cet écart
21:56parce que globalement
21:57ce sont des règles
21:58qui font qu'on travaille
21:59un peu moins partout
21:59ils contribuent un peu
22:01à 20% à peu près
22:03de l'écart
22:03donc si on veut vraiment
22:05si on se pose la question
22:06de quantité de travail
22:07d'économie
22:07c'est un sujet de seniors
22:09c'est un sujet de retraite
22:10alors effectivement
22:11quand on regarde
22:11chez les jeunes
22:12ils sont contrairement
22:13j'ai dit pour l'ensemble
22:14la population
22:15on est tout en bas
22:16chez les jeunes
22:17on est plutôt
22:17dans le tiers supérieur
22:18en termes de quantité
22:19de travail des jeunes
22:20en taux d'emploi
22:21on est juste
22:21à la moyenne européenne
22:22on est en dessous
22:23de quelques champions
22:24que sont l'Allemagne
22:25ou les Pays-Bas
22:25je reviendrai derrière
22:28certes les jeunes
22:29travaillent moins
22:30que le cœur
22:32de la population
22:33parce qu'ils sont
22:33plus souvent en études
22:34mais par exemple
22:35les jeunes qui travaillent
22:37qui sont salariés
22:37à temps complet
22:38ils travaillent plutôt plus
22:39que les autres
22:40parce qu'ils ont moins
22:41de congés
22:41ils sont moins souvent malades
22:42donc il y a une partie
22:43de jeunes qui sont
22:46à temps complet
22:4720% à peu près
22:48donc voilà
22:48donc ça c'est
22:49quelque chose
22:50qui est important
22:50et effectivement
22:51qu'on a essayé
22:53de regarder
22:53où ça coince
22:54on a deux sujets
22:56on a un premier sujet
22:57qui alors
22:58le taux d'étudiants
22:59est à peu près
22:59comparable
23:00entre les pays
23:01et le taux d'emploi
23:01comme je dis
23:02on est à la moyenne européenne
23:03on a deux sujets
23:04on a le sujet
23:05des NITS
23:06et on a le sujet
23:06les NITS
23:07ces jeunes
23:07sans emploi
23:08ni diplôme
23:09ni formation
23:10des jeunes
23:10qui sont sortis
23:11du système scolaire
23:13sans aucune qualification
23:14ils sont près d'un million
23:16880 000 vous dites
23:17alors 880 000
23:18on entend souvent
23:18les chiffres
23:19de un million
23:19à un million et demi
23:20c'est pas tant que ça
23:21ça dépend de quelle tranche d'âge
23:21si on est entre 15 et 24 ans
23:23c'est ce chiffre là
23:24si on va jusqu'à 30 ans
23:26jusqu'à 29 ans
23:27c'est plutôt un million cinq
23:28donc de toute façon
23:28c'est massif
23:30c'est plus important
23:31que les autres pays
23:32rapportés à la population
23:33en fait
23:33c'est très important
23:35et c'est surtout en fait
23:36c'est là où sans doute
23:38on a vraiment des enjeux
23:39d'insertion
23:40c'est là où on crée
23:41les futures personnes
23:42qui auront du mal
23:43à s'insérer
23:44sur le marché du travail
23:45et il faut dire
23:45qu'on cumule les problèmes
23:47parce qu'on a sans doute
23:48un problème lié
23:49au système éducatif
23:51là-dedans
23:51qui joue en fait
23:52c'est le signe patent
23:53l'échec du système scolaire
23:54il y a une étude de l'INSEE
23:58qui est parue
23:59au début de la décennie
24:01qui montrait que globalement
24:02en fait
24:02les résultats au brevet
24:04est une bonne prédiction
24:05déjà du fait d'être nids
24:07ou autre à 25 ans
24:08pour dire
24:09donc ça commence très jeune
24:10de persistance
24:11qu'on a dans les parcours
24:12donc le sujet des nids
24:13c'est clé
24:14mais quand on se compare
24:15aussi aux autres pays
24:17par exemple
24:17aux champions
24:18entre guillemets
24:18du travail des jeunes
24:19c'est les Pays-Bas
24:20c'est l'Allemagne
24:21en fait on a aussi
24:23quelque chose
24:23qui nous différencie
24:24c'est que nos étudiants
24:25travaillent beaucoup moins
24:25ils sont beaucoup moins
24:26à travailler
24:26durant leurs études
24:28durant leurs études
24:29et de manière régulière
24:30donc on regarde
24:30le taux d'emploi
24:31le taux d'emploi
24:33des étudiants
24:33ou autres
24:33on est peut-être
24:34à 75%
24:35aux Pays-Bas
24:36et nous plutôt
24:37à 25%
24:38pour la France
24:38et si on prend
24:39vraiment des gens
24:40le cœur
24:41des vrais cumuls
24:42emploi-études
24:43on est plutôt
24:43même à 5%
24:44donc de fait
24:45en fait on a des marges
24:46et on voit bien
24:47les avantages
24:50c'est-à-dire
24:50que les étudiants
24:51se consacrent
24:51à leurs études
24:54si on passe
24:54en même temps
24:55des études
24:55c'est peut-être
24:55plus compliqué
24:56dans ces autres pays
24:57les étudiants
24:58ne sont pas forcément
24:59moins bien lotis
25:00ils ne sont pas forcément
25:01non plus
25:02ils s'insèrent
25:03très bien
25:04ou autre
25:04et donc ça pose
25:04une question aussi
25:05de niveau de vie
25:06des étudiants
25:08parce que c'est aussi
25:09l'angle de départ
25:10de notre étude
25:11question de quantité
25:13de travail
25:13de l'économie
25:14et donc il y a des choses
25:15à aller chercher
25:15est-ce qu'il faut mettre
25:16les étudiants au travail
25:16dans Ottawa-Ousée ?
25:18je pense que ça veut dire
25:19il y a du pour
25:20il y a du contre
25:20je pense que Vivi l'a dit
25:22et puis c'est un peu différent
25:23quand on parle de l'étudiant
25:24qui fait un stage
25:25dans une entreprise
25:26qui a un lien
25:26avec ses études
25:27et qui veut lui faciliter
25:27son insertion
25:28ou de l'étudiant
25:29qui bosse tous les soirs
25:31voilà c'est pas exactement
25:32la même chose
25:34après je pense que
25:35effectivement ça interroge
25:36quand on regarde
25:37on se dit
25:38qu'il part si au Pays-Bas
25:39c'est 75%
25:40et nous 25%
25:42où est le bon point
25:43je ne le sais pas
25:45ça pose des questions
25:46d'équité
25:47parce qu'il y aura toujours
25:49les étudiants
25:49des familles
25:50les plus favorisées
25:51qui pourront se permettre
25:51de ne pas travailler
25:52pendant leurs études
25:54ça pose potentiellement
25:55des questions de réussite
25:56mais j'ai envie de dire
25:56si le fait qu'on ait
25:57peu d'étudiants
25:58qui aient des jobs étudiants
25:59leur permettait
25:59de se consacrer pleinement
26:00à leurs études
26:00et de mieux réussir
26:01on ne devrait pas avoir
26:02autant d'échecs
26:02en premier cycle
26:03donc quelque part
26:04ou en tout cas
26:05comparé aux autres pays
26:05donc c'est vrai
26:06que ça pose la question
26:07je pense que fondamentalement
26:11ça pose deux questions
26:12pour moi
26:12l'une c'est
26:14je dirais
26:15le travail en lien
26:16avec les études
26:17et là je serais intéressée
26:19je ne sais pas
26:19de comparer
26:20avec les autres pays
26:20pour savoir si
26:21justement le développement
26:22des stages
26:23de plus d'intégration
26:24entre les besoins
26:26des entreprises
26:26et l'université
26:27ça marche mieux ailleurs
26:29il y a la question
26:30de l'apprentissage
26:30mais il n'y a pas
26:31que la question
26:31de l'apprentissage
26:33et puis de l'autre côté
26:34en fait
26:34est-ce qu'un modèle
26:36où les études
26:39qui sont aujourd'hui
26:40quasi gratuites en France
26:41elles sont un peu plus chères
26:42ça donne un peu plus
26:43de moyens aux universités
26:45qui en manquent
26:45et par ailleurs
26:47on a plus de pré-étudiants
26:48plus de job étudiants
26:49ce système-là
26:50est-ce qu'il ne marcherait pas mieux
26:51finalement
26:52à la fois en termes
26:53de performance
26:53du système d'enseignement supérieur
26:55et d'insertion
26:56des étudiants
26:57dans la vie active
26:58ensuite
26:59est-ce que ça pourrait être aussi
27:01des voies
27:01qui pourraient fournir
27:02un meilleur équilibre
27:03mais sur les étudiants
27:05ce n'est pas complètement évident
27:06parce qu'on a quand même envie
27:07que leur premier focus
27:07ce soit leurs études
27:08Moi je vous rejoins assez
27:10en disant que c'est le symptôme
27:13le plus fort
27:14de l'échec global
27:15du système
27:16on a complètement
27:17mis de côté
27:18toutes les filières professionnelles
27:19l'apprentissage
27:20c'était la filière
27:21par défaut
27:22dans laquelle
27:23on mettait les élèves
27:24dits en échec
27:25parce qu'il y a une norme
27:27sur les enseignements
27:29très académique
27:30il y a des gens
27:31qui apprennent
27:32à partir du fer
27:33et qui remontent
27:34à la théorie
27:35tout le monde
27:35ne part pas de la théorie
27:36pour descendre sur le fer
27:37on n'est pas tous fait pareil
27:39on a un système
27:40qui s'est concentré
27:41sur un modèle pédagogique
27:43et on en a aujourd'hui
27:44le résultat
27:45donc oui
27:45on a
27:46je dirais
27:47le résultat
27:48d'un choix
27:48qu'on a fait depuis longtemps
27:49alors on peut stigmatiser
27:51le 80%
27:51d'élèves au bac
27:53etc
27:53mais surtout
27:54de ne pas avoir valorisé
27:56pour les gens
27:57dont ça fait partie
27:57des talents
27:58encore une fois
27:59je dis bien des talents
28:00des filières d'excellence
28:01sur l'apprentissage
28:02sur la professionnalisation
28:05comme on fait la Suisse
28:06par exemple
28:06l'industrie
28:07ou comme le fait la Suisse
28:08ou l'Allemagne
28:08l'industrie
28:09ou même l'entreprise
28:10est aujourd'hui
28:10sans doute
28:11le lieu d'insertion
28:12qui marche le mieux
28:14utilisons-la
28:15notamment pour ces jeunes
28:17qui n'ont pas les facilités
28:19que le système
28:19entre guillemets
28:20officiel
28:21voudrait qu'ils aient
28:22alors qu'ils ont
28:22plein d'autres talents
28:23qui peuvent très bien
28:24servir notre économie
28:25allez il faut qu'on se quitte
28:27pour une très courte pause
28:28restez avec nous
28:29on va continuer
28:31en parlant
28:32exportation
28:33commerce extérieur
28:34le made in France
28:34est-il devenu
28:35trop cher
28:36le déficit
28:37c'est encore creusé
28:38le déficit commercial
28:39au mois de juin
28:39et puis on parlera
28:41d'IA chinoise
28:42qui est en train d'arriver
28:43en force
28:43dans les entreprises
28:44et l'administration
28:46française
28:46ne quittez pas
28:48on se rejoint tout de suite
28:51les experts
28:52débat et controverses
28:54sur BFM Business
29:04BFM Business
29:05et la tribune
29:05présente
29:07les experts
29:08Raphaël Legendre
29:10allez les 10 heures
29:10passées de 1 minute
29:11c'est la seconde partie
29:12des experts
29:13on est encore ensemble
29:14pour une bonne
29:15demi-heure de débat
29:16on va analyser
29:17les chiffres
29:17du commerce extérieur
29:19du mois de mai
29:20me corrige Dorothée Rouset
29:21bien sûr
29:22c'est le déficit
29:22du mois de mai
29:23mais il touche quand même
29:24près de 7 milliards
29:24on est d'accord
29:25c'est pas terrible
29:29et on va retourner
29:30encore une fois
29:31sur une étude
29:32de Rex & Code
29:33qui a quelques jours
29:34mais toujours
29:36absolument passionnante
29:37qui parlait
29:38de ce positionnement
29:40des produits français
29:42produits manufacturés français
29:44du positionnement prix
29:45notamment qualité
29:46innovation
29:47notoriété
29:48on est plutôt bien
29:49perçu à l'étranger
29:50mais on est trop cher
29:52dit Rex & Code
29:53oui alors
29:53effectivement on a sorti
29:55cette étude
29:55il y a quelques temps
29:57et c'était
29:58on l'a fait
29:59avec l'école
30:01Schema Business
30:02oui
30:02c'est un partenariat
30:03qu'on fait
30:04à deux
30:05et l'idée
30:06c'est vraiment
30:07de demander
30:08aux importateurs étrangers
30:09comment se situe
30:10la France
30:10par rapport
30:11à différents pays
30:11sur des critères
30:13hors prix
30:13ce qui n'est pas
30:14ce que l'on mesure
30:15avec les chiffres
30:15mais c'est ce qui nous intéresse
30:16alors chaque étude
30:17de toute façon
30:18est assez fragilité
30:19ses faiblesses
30:20mais la force de cette étude
30:21c'est d'abord d'exister
30:22et de nous dire
30:23oui que
30:24au fond
30:24sur un certain nombre
30:25de critères de qualité
30:26on n'est pas si mal que ça
30:28sur les prix
30:28on est très élevé
30:29on est moins élevé
30:30quand même qu'en Allemagne
30:31il faut le savoir
30:32mais en fait
30:33en termes de rapport
30:33ce qu'on dit traditionnellement
30:34c'est qu'on vend des qualités
30:35des produits de qualité espagnol
30:37au prix allemand
30:37alors non
30:38on est quand même
30:39on est mieux situé
30:39en termes de qualité
30:40que l'Espagne
30:41même que l'Italie
30:42de manière générale
30:43après il faut regarder
30:43chaque ligne
30:44par contre
30:45quand on fait le rapport
30:46effectivement
30:47en général
30:48on pêche par rapport
30:49à l'Allemagne
30:50qui au fond
30:51s'est situé
30:52à un niveau de gamme
30:54qui lui permet
30:54d'avoir des prix
30:55très élevés
30:56tout en restant compétitif
30:57on se fait aussi
30:58rattraper de plus en plus
30:59par la Chine
31:00sur la qualité
31:01ça c'est quelque chose
31:02pendant très longtemps
31:03on a assimilé
31:04collectivement
31:05un petit peu
31:06Chine
31:06bas coût
31:07basse qualité
31:08c'est plutôt vrai
31:08il suffit de monter
31:09dans une voiture chinoise
31:11de prendre en compte
31:11donc de fait en fait
31:13le coût reste toujours faible
31:14mais la qualité
31:15nous dépasse
31:15on est un petit peu
31:16pris à Neto
31:17de la même façon
31:18d'ailleurs
31:18que l'Espagne
31:19et le Portugal
31:19l'étaient
31:20au moins de l'entrée
31:22de la Chine
31:22dans l'OMC
31:24nous on y est
31:24un petit peu
31:25aujourd'hui
31:25ça pose des questions
31:26pour la suite
31:27ça pose des questions
31:29notamment
31:29de compétitivité
31:31hors prix
31:32et là on voit
31:32quand on regarde
31:33tu parles du déficit
31:34extérieur
31:35en fait on voit
31:36que sur le plan
31:37du commerce extérieur
31:38on a un monde
31:38un petit peu
31:39à plusieurs vitesses
31:39c'est-à-dire sur
31:41certains secteurs
31:42sur lesquels on est très fort
31:42l'aéronautique
31:43à l'espace
31:43ça va plutôt bien
31:44après il y a un certain
31:45de secteurs
31:46où ça va mal
31:46pour tout un tas
31:47de questions
31:48mais par exemple
31:49on n'est pas très fort
31:50sur le bien de consommation
31:51hors luxe
31:52où là pour le coup
31:52on a réussi
31:54à s'affranchir
31:55et d'ailleurs
31:56on voit les créations
31:57d'emploi
31:57d'Hermès
31:58ou de LVMH
31:58sur le territoire
31:59donc ça pose
32:00ce type de questions
32:01ça pose une question
32:02toujours
32:03de la compétitivité
32:05du site France
32:06alors on a parlé
32:07un peu des allègements
32:08de cotisations sociales
32:10une façon quand même
32:11de regarder
32:12où on se situe
32:13c'est de comparer
32:14le coût du travail
32:14et la productivité
32:15parce que
32:15limite un coût du travail
32:17est très élevé
32:17le coût du travail horaire
32:18il n'est pas plus élevé
32:19que celui de l'Allemagne
32:20ou des pays
32:21on est arrivé
32:21grâce aux différentes mesures
32:23comme le site
32:25par contre
32:26quand on tient compte
32:27de la productivité
32:27par exemple
32:28le PIB par habitant
32:29ou le PIB par heure
32:30en fait on voit
32:31qu'on a quand même
32:31un écart
32:32en fait on est plutôt
32:33en haut d'une courbe
32:33qui est assez linéaire
32:34entre pays européens
32:35et nous on est un peu au-dessus
32:37donc ça interroge quand même
32:38on se dit que
32:39certes on a fait
32:40beaucoup d'efforts
32:41et voilà
32:41le CICE
32:42la baisse d'allègement
32:43de cotisations
32:43et tout ça
32:44a quand même réduit
32:45le gap avec les autres pays
32:46mais on partait
32:47d'un niveau tellement important
32:48qu'au fond
32:49on reste
32:4950 milliards
32:50et on revient toujours
32:51derrière
32:51sur le modèle 170
32:54Dorothée juste un point
32:55sur le commerce extérieur
32:56pourquoi ça se dégrade
32:57au mois de mai
32:57quels sont les moteurs
32:59de cette dégradation
33:00au mois le mois
33:00il y a beaucoup de choses
33:01qui changent
33:01au mois de mai
33:02on a un peu moins
33:03de factures énergétiques
33:04parce que les prix
33:06des énergies
33:06s'étaient un peu repliés
33:07par rapport à avril
33:09on a une détérioration
33:10sur certaines lignes
33:11industrielles
33:11par ailleurs
33:12le commerce de services
33:14va mieux
33:14donc la balance des services
33:15s'améliore
33:15je pense qu'il ne faut pas
33:16trop regarder les évolutions
33:17au mois le mois
33:18c'est assez heurté
33:19alors structurellement
33:20où en sommes-nous
33:21parce que ça s'améliore
33:22quand même sur longue tendance
33:23voilà alors sur longue tendance
33:24ça dépend de l'horizon
33:28qu'on prend
33:29si on compare par exemple
33:30par rapport à 2019
33:31un peu avant
33:32la succession de chocs
33:33qu'on a connu
33:34en termes de compétitivité
33:36prix
33:36on s'est plutôt bien tenu
33:37notamment parce que
33:39sur les coûts
33:40ça a été tenu par
33:42alors un certain nombre
33:43d'efforts qui ont coûté
33:44de l'argent public
33:45que ce soit sur les allègements
33:46de cotisations
33:46sur les impôts de production
33:48et aussi par le fait
33:49qu'on a eu une inflation
33:50assez nettement plus basse
33:52accumulée au travers
33:53de la crise énergétique
33:54de 2022-23
33:55et depuis
33:57que nos partenaires européens
33:58donc par rapport à l'Allemagne
33:59on a regagné
34:00en compétitivité prix
34:01par aussi le fait
34:03d'avoir contenu
34:04l'inflation
34:05et donc les coûts salariaux
34:06et la progression
34:07le bouclier énergétique
34:08nous a coûté très cher
34:10mais nous a permis
34:10de gagner
34:11sur les prix
34:12ça s'est tenu
34:13par rapport à nos partenaires
34:14européens
34:15évidemment
34:16il y a le gros sujet chinois
34:19qui arrive
34:20et qui
34:21quand on regarde
34:22alors en fait
34:22c'est assez compliqué
34:24en fait
34:24de regarder
34:25les importations chinoises
34:26et de faire un diagnostic
34:27parce que
34:27les importations
34:28on les voit en valeur
34:29or ce qui se passe
34:31quand on regarde
34:31un peu sous le capot
34:32quand on essaye
34:33de décomposer
34:34c'est qu'on a
34:36le volume d'importations
34:37qui augmente
34:37et leurs prix qui baissent
34:38donc quelque part
34:39vous pouvez avoir
34:40le même montant
34:41qui arrive
34:41mais en fait
34:42c'est plus de conteneurs
34:43avec des prix qui baissent
34:44et donc ça
34:45en termes de compétitivité
34:46évidemment
34:47ça nous pose un problème
34:48dans beaucoup de secteurs
34:50ensuite sur les parts de marché
34:51on a perdu un grand coup
34:53je dirais
34:53au moment du Covid
34:54depuis 2022
34:55on est plutôt en train
34:56de regagner des parts de marché
34:57on regagne
34:58des parts de marché
34:59à l'international
35:00notamment dans nos forces
35:01l'aéronautique
35:02évidemment
35:03est un gros contributeur
35:04Airbus continue
35:05ça a monté en cadence
35:06et ça contribue
35:07de manière significative
35:09à nos exportations
35:10par contre
35:11si on voit par exemple
35:12où était le commerce
35:13qu'est-ce qui a porté
35:13le commerce mondial
35:14l'année dernière
35:152025 ça a été une année
35:16assez surprenante
35:17sur le commerce mondial
35:17c'est-à-dire qu'on a commencé
35:18avec les droits d'Owen Trump
35:19on s'attendait à un gros ralentissement
35:20et ça a progressé
35:21finalement ça a progressé
35:22pourquoi ?
35:23parce que il y a
35:24c'est-à-dire c'est le commerce
35:25de puces
35:26de serveurs etc
35:28de tout ce qui est lié à l'IA
35:29qui a porté le commerce mondial
35:30nous on n'est pas présent
35:31sur ce segment
35:31donc finalement
35:32on n'en a pas tellement
35:33on n'en a pas tellement profité
35:35mais on garde
35:36je dirais
35:36nos bastions
35:37que sont l'aéronautique
35:38le luxe
35:39où effectivement
35:40on n'est pas
35:41pour l'instant
35:42vraiment concurrencés
35:43mais dans un certain nombre
35:44d'autres industries
35:45on a un sujet
35:46on tient la compétitivité
35:48prix
35:49par rapport à nos partenaires
35:50européens
35:50mais pas par rapport
35:51à la Chine
35:52et donc je rejoins là aussi
35:53ce que dit Olivier
35:54c'est qu'on n'a pas
35:54d'autre choix
35:55pour s'en sortir
35:55que la montée en gamme
35:57l'innovation
35:58d'aller sur la compétitivité
35:59hors prix
35:59parce que sinon
36:01on ne pourra pas s'attre
36:02c'est quelque chose
36:02qu'on arrive à faire
36:03ça aujourd'hui en France
36:04monter en gamme
36:05Olivier Lanty
36:06c'est du long terme
36:07sur l'innovation aussi
36:09alors c'est un vrai sujet
36:10parce que la balance commerciale
36:11pour moi
36:11c'est un peu le juge de paix
36:12de notre outil productif
36:14véritablement
36:14je ne suis pas le seul
36:15à le dire
36:16Pierre-André de Chalandard
36:17Louis Gallois
36:17co-président de la fabrique
36:18de l'industrie
36:20utilisent ce terme
36:21c'est eux-mêmes
36:21qui l'ont popularisé
36:25deuxième élément
36:26notre balance commerciale
36:27il faut juste mesurer
36:29la vulnérabilité
36:31et la fragilité
36:32il n'y a plus que deux filières
36:33en France
36:34qui sont significativement
36:36exportatrices
36:37vous les avez cités
36:38l'aéronautique
36:39le luxe
36:40il y a encore quelques-unes
36:41qui sont positives
36:42de quelques milliards
36:43mais elles sont en décroissance
36:44la chimie par exemple
36:46à cause des prix de l'énergie
36:47et beaucoup
36:48qui sont en négatif
36:49l'agriculture
36:50qui longtemps
36:50l'agroalimentaire
36:51qui tenait grâce à la boisson
36:53notamment
36:54on voit lesquelles
36:55aujourd'hui
36:56est en difficulté
36:57donc non seulement
36:58c'est un juge de paix
36:59mais quand on rentre
37:00par filière
37:01on se rend compte
37:02que notre commerce extérieur
37:03et que notre positionnement
37:04qu'il s'améliore
37:05ou qu'il se dégrade un petit peu
37:06repose exclusivement
37:07sur deux filières
37:08c'est quand même pas
37:09un signe de grande résilience
37:11deuxième élément
37:12il a été évoqué
37:13vous parlez
37:14de la montée en gamme
37:15comme si les entreprises
37:17n'avaient pas fait leur boulot
37:18il faudrait monter en gamme
37:19on l'a dit sur ce plateau
37:21d'abord
37:21regardons les questions
37:23de fiscalité
37:24de coût
37:25qui pénalisent
37:26le tissu industriel
37:28le tissu économique
37:29de la France
37:29notamment par rapport
37:30à nos pairs européens
37:31impôts de production
37:32on en discutait
37:33juste avant ce plateau
37:35par rapport à l'Allemagne
37:37on est quand même
37:37dans le marché unique
37:38on est dans l'union
37:40donc il y a cette pénalisation
37:41autre élément
37:42qui a été un peu esquissé
37:44mais qui à mon avis
37:45est massif
37:45c'est la concurrence
37:46déloyale
37:48chinoise notamment
37:48il y a le rapport
37:49souvenons-en
37:50qui a quelques mois seulement
37:51du haut commissariat
37:52au plan et à la stratégie
37:53un écart de prix
37:55de 30 à 40%
37:56par rapport à la Chine
37:57qui est très difficile
37:58à expliquer
37:59l'OCDE
38:00qui annonce
38:00que la Chine aide
38:01huit fois plus
38:02que les autres pays
38:03son outil productif
38:05comment voulez-vous
38:06que dans ce contexte-là
38:07même si on avait
38:08des super chefs d'entreprise
38:10avec une super stratégie
38:11de positionnement
38:12de qualité-prix
38:13du rapport qualité-prix
38:14ils puissent
38:15véritablement gagner
38:17dernier point
38:18il y a ce mythe
38:19de la montée en gamme
38:20super
38:21est-ce qu'avec
38:22uniquement des biens
38:24de très haut de gamme
38:25vous faites un commerce extérieur
38:26qui est équilibré
38:28vachement difficile
38:29si vous vous mettez
38:30que sur les produits
38:31de niche
38:31vous n'arrivez pas
38:32peut-être vous tirez la marge
38:34mais vous n'arrivez pas
38:34à avoir les volumes
38:35donc on aura
38:37nécessairement
38:37si vous êtes dans l'IA
38:38dans le numérique
38:39ou la robotique
38:40je pense que vous avez
38:41quelques volumes
38:42qui vous tendent les bras
38:44à partir de là
38:45se posera la question
38:46à un moment donné
38:47qui commence
38:47et les choses bougent
38:48au niveau européen
38:49sans doute trop doucement
38:50on l'a vu encore
38:51par des décisions
38:52hier ou avant-hier
38:53de la question
38:54de la protection
38:55du marché
38:56encore une fois
38:57une balance commerciale
38:58c'est des exports
38:58mais aussi des imports
39:00on peut essayer
39:01de pousser les exports
39:01et c'est très bien
39:02il faudrait aussi
39:03qu'on reconquiert
39:04donc vous êtes favorable
39:05à la proposition
39:06de Thomas Grébine
39:07d'augmenter de 30%
39:08les droits de douane
39:10de jouer sur la valeur
39:11de l'euro
39:12j'apprécie beaucoup
39:12son rapport
39:13parce qu'il met les pieds
39:14dans le plat
39:14je pense qu'on ne peut pas
39:16se payer le luxe
39:16de faire une taxe Trump
39:17à 30%
39:18notre pacte social
39:20ça aurait eu un impact
39:20sur l'inflation
39:21qu'on n'est pas prêt
39:22à encaisser
39:23les Etats-Unis
39:24quand même
39:25je vous rappelle
39:25c'est le consommateur
39:26qui paye à la fin
39:27préférence nationale
39:28début du mandat de Biden
39:3075% des achats publics
39:32sont de valeur ajoutée
39:34américaine
39:34on n'a pas l'équivalent
39:35pour doper
39:36la demande domestique
39:37ensuite
39:38on en discute
39:38la préférence européenne
39:39mais c'est pas fait
39:40un super booster
39:41à l'inflation
39:42et enfin
39:42vous venez du protectionnisme
39:43si on met du protectionnisme
39:45aujourd'hui en Europe
39:46manière Trump
39:47c'est-à-dire 30%
39:48vous mettez la charrue
39:49avant les bœufs
39:49vous créez un choc inflationniste
39:51vous ne tenez pas socialement
39:52en revanche
39:52on peut faire ce que j'appelle
39:53du protectionnisme
39:54en dentelle
39:55c'est-à-dire choisir
39:56les produits essentiels
39:58sur lesquels
39:59on veut absolument
40:00conserver
40:00une maîtrise
40:01de l'outil produit
40:02d'abord la préférence européenne
40:03ensuite
40:04une politique de compétitivité
40:06et d'aide à l'investissement
40:07et enfin
40:08de la protection
40:09c'est l'ordre logique
40:10c'est celui qui a été codifié
40:11par la Banque mondiale
40:12et le FMI
40:13dans les années 80
40:14sur des grandes réussites industrielles
40:16comme par exemple
40:16la Corée du Sud
40:17et les Etats-Unis
40:18avec leur taille fantastique
40:20qui font que ça fait un choc
40:21qu'on voit bien
40:21dans l'économie
40:22suivent à peu près
40:23la même démarche
40:24voilà la fusée à trois étages
40:26voilà une proposition
40:27Olivier Rodules
40:28quelques petites réactions rapides
40:30je pense qu'il faut quand même
40:32la balance commerciale
40:33il faut quand même avoir la vue
40:34biens et services
40:35il faut même aussi avoir la vue
40:37investissement extérieur
40:38c'est-à-dire
40:38on a la chance d'avoir
40:39quelques grandes entreprises
40:41qui réalisent toujours
40:42à peu près 20%
40:43de leur activité en France
40:44qui sont très
40:46très bien exportées
40:48à l'international
40:49et qui au fond
40:49nous aussi nous aident
40:50à équilibrer nos comptes
40:52donc ça c'est un point important
40:53et quand on veut avoir
40:54une vision un petit peu
40:55de l'équilibre des comptes
40:56il faut tout mettre ensemble
40:58et pas juste
40:59je pense regarder
40:59la balance commerciale
41:00si c'est important
41:01et la balance des paiements
41:02et à peu près
41:03grosso modo équilibrée
41:05parce qu'en fait
41:06les services ont beaucoup
41:07augmenté au cours
41:08des dernières années
41:08en termes de soldes
41:10alors pour partie
41:11sur le transport
41:12mais aussi pour partie
41:13sur les services financiers
41:14post-Brexit
41:15donc il faut avoir
41:15une vision un peu globale
41:16on a une faiblesse
41:18qui est très forte
41:19qui est celle de la faiblesse
41:20de la base industrielle
41:21et c'est ce qu'aussi
41:22dit notre enquête
41:23c'est que les importateurs étrangers
41:25quand ils cherchent
41:25à se fournir en France
41:26ils n'ont pas forcément
41:27trop de choix
41:27et ça ça manque
41:28et donc là on a un problème
41:29en fait d'attrition
41:30de la base industrielle
41:32qui s'auto-entretient
41:33parce qu'au bout de moments
41:34en fait vous allez
41:35vous voyez que c'est un peu
41:36comme vous allez dans un supermarché
41:37il n'y a rien dans les rayons
41:38vous allez chez le voisin
41:39c'est un peu la situation
41:40dans laquelle il y a la France
41:41on a quand même
41:43une force qui reste
41:44et je reboucle avec le CIR
41:46on parlait d'aéronautique
41:47il faut voir en tête
41:49que quand on parle du CIR
41:50en fait ça finance notamment
41:51la R&D, de Safran
41:53ou d'autres entreprises
41:54de ce type
41:54qui justement après
41:56ont des...
41:56c'est même une des critiques
41:57adressées au CIR
41:58c'est que ça part trop
41:59chez les grandes entreprises
42:00ils font des emplois ou autre
42:01donc si on veut toucher le CIR
42:02il faut avoir en tête aussi
42:03ces enjeux-là
42:04qui sont de l'exportation
42:06de choses très qualifiées
42:07et puis un point
42:09qu'Olivier a mentionné
42:10je pense qu'il faut avoir en tête
42:11c'est que
42:12un certain nombre
42:13d'industries traditionnelles
42:14qui étaient plutôt des forces
42:15notamment les boisseurs
42:16alcoolisées, les spirituées
42:17ou autres, aujourd'hui
42:19sont en situation
42:19un petit peu de faiblesse
42:20et on est sur des sujets
42:22sur qu'on avait plutôt
42:22une force, une marque
42:24et c'est du très haut de gamme
42:26et donc il faut faire attention
42:27à ça aussi
42:28Olivier ?
42:29Oui, la réaction
42:31sur la balance commerciale
42:32et la différente façon
42:34de le voir
42:34est très juste
42:35si on le voit
42:35comme économiste
42:36et comme flux de financiers
42:37il faut agréger
42:39effectivement
42:39les services
42:41et les transferts financiers
42:43et on arrive à quelque chose
42:44qui s'approche de l'équilibre
42:45ça c'est une vision
42:45d'économiste
42:46c'est très respectable
42:47mais c'est pas la seule
42:48qu'une société
42:49qu'une nation doit avoir
42:50regardons aussi
42:51notre balance commerciale
42:52en termes de souveraineté
42:53de dépendance
42:54et à ce moment-là
42:55il y a pas mal de transferts
42:57qu'il faut
42:58je dirais
42:58regarder différemment
42:59et si on se concentre
43:01sur la balance commerciale
43:02en bien
43:02qui sont les choses
43:03matérielles
43:04que nous échangeons
43:05l'équation est bien différente
43:07encore une fois
43:07ça dépend du point de vue
43:08la vision économique
43:10de notre société
43:11est légitime
43:12elle ne peut pas être la seule
43:13la vision de cohésion sociale
43:15et territoriale
43:15la vision de souveraineté
43:17sont aussi légitimes
43:18et dans ces cas-là
43:19on ne regarde pas nécessairement
43:20les mêmes indicateurs
43:21Dorota Osée
43:22oui alors moi je partage
43:23qu'il y a différents objectifs
43:24par contre
43:25je pense que
43:26regardez
43:26la balance
43:27quand on regarde
43:28la balance commerciale
43:29c'est important
43:29de regarder bien
43:30les services
43:30du point de vue
43:31de nos relations
43:31avec l'extérieur
43:32et y compris
43:32de nos relations
43:34financières
43:34avec l'extérieur
43:36l'industrie
43:37là elle est excédentaire
43:38l'industrie en tant que telle
43:40est à regarder aussi
43:43pour des raisons
43:44de cohésion sociale
43:44quand on parle souveraineté
43:46pour moi
43:46il ne faut pas regarder
43:46la balance des biens
43:47parce qu'il y a plein de choses
43:48et il y a plein de pays partenaires
43:49et quand on se pose
43:50des questions de souveraineté
43:51et de dépendance
43:53au fond
43:54le but
43:55ce n'est pas l'autarcie
43:56le but
43:57je n'ai jamais dit ça
43:57surtout pas
43:58justement
43:59mais ça c'est la critique facile
44:00quand on dit
44:01dès qu'on a souveraineté
44:02on laisse finir Dorothée Rosée
44:03je vous répondrai
44:04laissez-moi terminer
44:05s'il vous plaît
44:05je vous ai écouté
44:07c'est de dire
44:08en fait
44:08ce qui est important
44:09en termes de dépendance
44:10et de vulnérabilité
44:11c'est de ne pas dépendre
44:13pour des biens
44:14qui sont essentiels
44:16ou stratégiques
44:16parce que c'est des industries
44:17stratégiques
44:18parce que c'est essentiel
44:19à la défense
44:21à la santé
44:21à l'alimentation
44:22à des industries
44:23dont on ne peut pas se passer
44:25de pays
44:25qui ne sont pas nos amis
44:27suivi à mon regard
44:28et donc
44:29se dire
44:29parce que j'ai une balance
44:31commerciale déficitaire
44:32je suis dépendant
44:33pour moi
44:33ce n'est pas la bonne maille
44:34parce que la bonne maille
44:35elle est beaucoup plus fine
44:36en termes de biens
44:37et en termes de géographie
44:38c'est choisissons
44:39nos alliés
44:41choisissons de qui
44:42on accepte d'être dépendant
44:43et dans quels biens
44:44on accepte d'être dépendant
44:45et sur lesquels
44:46on n'accepte pas
44:47et c'est un vrai sujet
44:49qui est lié
44:50mais qui n'est pas
44:51complètement
44:51enfin qui ne se recoupe pas
44:53complètement
44:53avec la balance commerciale
44:54dans laquelle
44:55il y a des biens
44:56pour lesquels au fond
44:56ça ne nous dérange pas
44:57d'être importateur
44:58et d'autres pour lesquels
44:59c'est très dérangeant
44:59la vraie souveraineté
45:00c'est choisir ses dépendances
45:02et avec qui
45:03on échange
45:05un déficit commercial
45:06n'est pas forcément
45:08un reniement
45:08de souveraineté
45:09il faut qu'on voit
45:10derrière lesquels ils sont
45:12il faut choisir nos amis
45:13et puis il faut choisir
45:14aussi nos biens essentiels
45:15on a plus de facilité
45:17à faire des cartographies
45:18de pays
45:18qui nous sont plus ou moins
45:20amicaux
45:20que d'avoir fait
45:21cette sélection
45:22des biens
45:23sur lesquels
45:23on veut véritablement le faire
45:25il y a des travaux là-dessus
45:27alors à titre personnel
45:28j'en conduis
45:29au conservateur national
45:31des arrêts métiers
45:31mais je trouve que
45:32notre réflexion collective
45:33elle n'est pas
45:34au niveau des enjeux
45:36on a des réflexions
45:37un peu sectorielles
45:37on a fait les médicaments critiques
45:39la liste des métaux critiques
45:41est quand même
45:41un peu un fourre-tout
45:43il faut le dire
45:43et les objectifs
45:44de la commission européenne
45:45sont en train de se révéler
45:47il y a un rapport
45:47de la cour des comptes
45:48européenne là-dessus
45:48pas tout à fait
45:49quand même réaliste
45:51etc
45:51mais on n'a pas
45:52de réflexion globale
45:53sur notre tissu économique
45:54et qu'elles sont
45:55et quelle serait
45:56la définition
45:57des biens essentiels
45:57alors il se trouve
45:58que j'y travaille
45:59et que normalement
46:00on va sortir
46:01dans le cadre
46:01d'un partenariat
46:02avec le Conseil d'État
46:03une proposition
46:04encore une fois
46:05ça demandera après
46:06est-ce que le législateur
46:07s'en dessaisisse
46:08mais d'un régime juridique
46:09qu'est-ce que c'est
46:10qu'un bien essentiel
46:11et comment est-ce
46:12qu'on peut le travailler
46:14notre réflexion
46:14à mon avis collective
46:15n'est pas la maturité
46:16nécessaire par rapport
46:17aux enjeux de souveraineté
46:19de retour des empires
46:20qu'on a aujourd'hui
46:20vous y voyez clair
46:21à Bercy
46:22sur nos besoins
46:24je pense que c'est difficile
46:25de dire
46:26prenons l'univers des biens
46:27et définissons
46:27lesquels sont essentiels
46:29il y a beaucoup
46:30de travaux à la fois
46:31alors nous on en a conduit
46:32la commission européenne aussi
46:34parce qu'au fond
46:34la maille intéressante
46:35elle est souvent
46:36plus européenne
46:37et un certain nombre
46:38de travaux académiques
46:39qui en un sens
46:40prennent le sujet
46:41dans l'autre sens
46:41qui est partons
46:42de notre commerce extérieur
46:43alors le commerce extérieur
46:45les données qu'on a
46:45c'est 5 à 6 000 produits
46:47donc c'est quand même
46:47très détaillé
46:49quels sont les produits
46:50pour lesquels
46:51nos importations
46:52sont très concentrées
46:54dans un pays
46:57pour lesquels
46:57ces importations
46:58sont très concentrées
46:58dans un pays
46:59et en plus
46:59on a très peu
47:00de production domestique
47:02et ensuite
47:02sur lesquels
47:03donc on n'a pas
47:04les moyens de substituer
47:05parce qu'il n'y a pas
47:05vraiment d'autres sources
47:06alternatives
47:06et en fait ça permet
47:08je dirais de partir
47:08de cet univers
47:09de produits
47:10qui est très large
47:10et quelque part
47:11de faire l'entonnoir
47:12et à la fin
47:12on arrive à quelques dizaines
47:13ou quelques centaines
47:14de produits
47:14sur lesquels
47:15nous sommes dépendants
47:18qui piquent des terres rares
47:19mais parfois aussi
47:20des grippins
47:21ou des plantes vertes
47:22artificielles
47:22mais une fois
47:22qu'on a cette liste
47:23de quelques centaines
47:24de produits
47:24on peut regarder
47:25ligne par ligne
47:26et au fond
47:26on arrive assez vite
47:27à savoir
47:27dans cette liste
47:29quels sont ceux
47:29qui sont importants
47:30alors il y a aussi
47:31des produits
47:32des composants chimiques
47:33qui rentrent dans
47:34l'industrie automobile
47:35et dont on ne peut pas
47:35se passer
47:36il y a les terres rares
47:38évidemment
47:38en fait il y a
47:39plein de choses
47:40mais ça permet
47:41je dirais
47:41de partir de nos dépendances
47:43et dans ces dépendances
47:44ensuite d'identifier
47:45lesquelles on veut réduire
47:46Allez
47:47question dépendance
47:48il y a un dernier thème
47:49sur lequel on est
47:50très très très dépendant
47:51c'est le numérique
47:52évidemment
47:52et l'intelligence artificielle
47:55on vit dans une période
47:57importante
47:58en ce moment même
47:59les entreprises
48:00et l'administration
48:01sont en train
48:02de tester
48:03l'efficacité
48:05pas l'efficacité
48:06mais de voir là
48:07où l'IA
48:07est véritablement utile
48:09ou pas
48:09avec des arbitrages
48:10financiers
48:11parce que
48:12beaucoup
48:12de chefs d'entreprise
48:14se rendent compte
48:14que l'IA coûte
48:15quand même
48:15extrêmement cher
48:16et n'est pas forcément
48:17utile
48:18de partout
48:19et c'est à ce moment là
48:21que débarque
48:22la Chine
48:23souvent
48:24beaucoup
48:24beaucoup
48:25beaucoup moins cher
48:26mais tout aussi performant
48:28et en plus
48:29en open source
48:30ce qui n'est pas le cas
48:31des modèles
48:32américains
48:33les modèles chinois
48:34séduisent
48:35entreprises
48:36et administrations
48:37de plus en plus
48:38mais
48:39est-ce qu'on peut confier
48:40son IA
48:41et ses datas
48:42à Pékin
48:43Olivier Rodoulès
48:44alors je vais
48:46répondre
48:47et je pense aussi
48:48que ça s'inscrit
48:48un peu dans la logique
48:49du débat
48:50qu'on a eu tout à l'heure
48:51sur la dépendance
48:52en fait ce qu'il faut
48:54je vais reprendre
48:55une expression
48:56des termes
48:57que Dorothée a utilisés
48:58amis ou alliés
48:59en réalité
48:59en économie
49:00on n'a pas vraiment
49:01d'amis ou d'alliés
49:02on l'a vu
49:03même au niveau européen
49:04on se fait tailler
49:05des coupières
49:05par nos amis allemands
49:07par nos amis espagnols
49:08par nos amis italiens
49:09donc je pense
49:10il ne faut pas
49:11les états
49:11n'ont pas d'amis
49:12il y a des gens
49:12avec qui on a des relations
49:15comment dire
49:16dans un droit
49:17codifié
49:18qui ne font pas
49:18forcément du dumping
49:20il y en a avec qui
49:21bon c'est un peu
49:21le far west
49:22mais en fait
49:23on est dans des gradients
49:24sur cette situation
49:24il n'y a personne
49:25qui est vraiment amie
49:26personne qui est franchement
49:27ennemi
49:28et de manière générale
49:29on a plutôt intérêt
49:30à commercer
49:31avec tout le monde
49:32par ailleurs
49:33nos dépendances
49:34en fait
49:34comment on lutte
49:35contre des dépendances
49:36c'est
49:37la première façon
49:39de lutter
49:39c'est de mettre
49:40en concurrence
49:41d'autres fournisseurs
49:42en fait
49:43aujourd'hui
49:44on a
49:45quelques entreprises
49:46qui commencent
49:46à émerger en Europe
49:47mais qui ne font pas
49:48le poids
49:49face aux gens américains
49:50ou même à ceux
49:51qui émergent
49:51du côté chinois
49:52et donc
49:53si on veut vraiment
49:53être indépendant
49:55d'une certaine façon
49:57et par ailleurs
49:58ne pas trop
49:58payer en rente
50:00il y a
50:00des acteurs américains
50:02du coup
50:02en fait
50:03il faut au contraire
50:03essayer de mettre
50:04au maximum
50:05en concurrence
50:06les modèles chinois
50:07les modèles américains
50:08les modèles d'autres pays
50:08et d'autant plus
50:09qu'ils sont en open source
50:09encore une fois
50:10donc ça veut dire
50:11qu'on peut les intégrer
50:12sans forcément
50:12faire passer les données
50:13la politique de concurrence
50:13c'est un rôle à jouer
50:14sur ça
50:15alors on critique
50:16souvent la politique
50:16de concurrence
50:17d'ailleurs sur l'industrie
50:18pour le passé
50:19pour tout un tas de raisons
50:21après on pourrait
50:21en parler des heures
50:23mais parce qu'en fait
50:24elle ne se soucie pas
50:25forcément assez
50:27du côté
50:28du côté producteur
50:29mais du côté consommateur
50:30elle a fait plutôt le job
50:31en fait au fond
50:32au cours des 20-25 dernières années
50:34la politique de concurrence
50:35est arrivée au niveau européen
50:36nous faire bénéficier
50:37de prix très bas
50:38sur le numérique
50:39parfois plus bas
50:40que les Américains eux-mêmes
50:41qui fait qu'une partie
50:42d'ailleurs des gains
50:44de productivité
50:45qui ont été faits
50:45aux Etats-Unis
50:46ont été de cette façon
50:47retrocédés
50:48aux consommateurs américains
50:49qui ont payé tout
50:50pas très cher
50:50et donc il faut continuer
50:51dans cette logique
50:52il faut mettre
50:52tout ça en concurrence
50:54après il y aura des problèmes
50:55de souveraineté
50:56avec la Chine
50:56mais il y en a aussi
50:57avec les Etats-Unis
50:58vous n'avez pas confié
50:59vous n'avez pas donné
51:01vos données vitales
51:03à un acteur
51:03plutôt qu'un autre
51:04je ne vois pas
51:04pourquoi on ferait confiance
51:05à un côté
51:06plutôt que l'autre
51:07cette mise en concurrence
51:08elle est aussi
51:09faite au sein
51:10de l'administration
51:10de Rotterdam
51:11j'ai appris
51:11j'ai appris avec surprise
51:12que du côté du Trésor
51:14mais d'autres administrations
51:15y compris à la DGA
51:18me semble-t-il
51:19ou au ministère de la Défense
51:20on utilisait des IA chinoises
51:22on les testait
51:22oui alors c'est une question
51:24d'expérimentation
51:25sur laquelle je peux revenir
51:26mais je pense que
51:27effectivement
51:28quand on se pose la question
51:29de pourquoi les entreprises
51:30et même au sein
51:32de la sphère publique
51:32on se pose la question
51:34de je dirais
51:34quelle nationalité d'IA
51:37bon il y a trois types
51:38de considérations
51:39la première
51:40qui est
51:41bon malheureusement
51:42l'état de fait aujourd'hui
51:43c'est que
51:45même quand on
51:45veut n'utiliser
51:47que des outils
51:48français et européens
51:49on n'a pas toute la
51:51panoplie
51:52d'outils disponibles
51:52ni toute la palette
51:53ni le niveau
51:54d'avancée technologique
51:55un certain nombre
51:55y compris d'applications
51:58spécifiques
51:59aux entreprises
51:59qui intéressent
52:00mais on entend aussi
52:01les entreprises qui disent
52:02moi je cherche
52:03une offre européenne
52:04et je ne trouve pas
52:04chaussures à mon pied
52:05surtout
52:06donc là on a encore
52:07évidemment
52:07beaucoup de travail
52:09ensuite il y a
52:09les considérations de coût
52:10qui émergent de plus en plus
52:11qui est que
52:13après l'engouement initial
52:14je dirais
52:15les considérations
52:15de l'IA ça coûte
52:16ça coûte cher
52:17les licences
52:18les tokens
52:18et ça devient
52:19des vrais centres de coût
52:20qu'il faut gérer
52:21les IA chinoises
52:22sont moins chères
52:23alors ça nous rappelle
52:24quand même une histoire
52:25qu'on a connue
52:25sur un certain nombre de biens
52:26donc à aborder
52:27avec précaution
52:28mais de fait
52:29c'est une considération
52:30qu'on entend
52:31et puis la troisième
52:32c'est au fond
52:32quand on se pose
52:33la question de la souveraineté
52:34et que justement
52:34on n'a pas forcément
52:36tout disponible
52:37en outils européens
52:38qu'est-ce qu'on fait ?
52:40Et une des premières réponses
52:41c'est de diversifier
52:42puisque maintenant
52:42on voit que les Etats-Unis
52:43peuvent nous couper
52:44une IA du jour au lendemain
52:45finalement si j'ai
52:46une IA américaine
52:47et une IA chinoise
52:48est-ce que je suis
52:49plus ou moins souverain ?
52:50En tout cas
52:50j'ai diversifié
52:51les risques
52:53et les IA open source
52:55oui il y a
52:56une propriété
52:57qui est que
52:57les IA open source
52:58vous pouvez les intégrer
52:59vous pouvez
53:00les couper d'internet
53:01donc les modifier
53:02les héberger
53:03sur vos serveurs
53:04les couper d'internet
53:05donc il n'y a pas
53:05de données
53:05qui sont retransmises
53:06à la Chine
53:06et voilà
53:08qui a-t-on plus confiance
53:09en Washington
53:09qu'en Pékin
53:11pour ne pas aller regarder
53:12dans les données vitales
53:13de nos entreprises
53:14je ne sais pas
53:15donc ensuite
53:16l'expérimentation
53:17au sein de l'administration
53:18pour revenir sur cet épisode
53:19qui a fait polémique
53:20c'est justement
53:21une expérimentation
53:22qui est menée
53:23par la délégation
53:24interministérielle
53:24du numérique
53:25qui avait identifié
53:26un certain nombre
53:26de modèles
53:27à regarder
53:28dont un modèle chinois
53:29qui est assez courant
53:31d'ailleurs
53:31pour des tas
53:32justement
53:33sur
53:33alors dans le cas
53:34du Trésor
53:35plusieurs modèles
53:36ont été testés
53:37alors sur des serveurs
53:38qui sont hébergés
53:39chez nous
53:39et 100% souverains
53:40avec une application
53:41une interface du code
53:42qui sont chez nous
53:43et 100% souverains
53:43et coupés d'internet
53:44c'est-à-dire
53:45pas de transmission
53:45de données
53:46bon il s'avère
53:47qu'après quelques semaines
53:48d'expérimentation
53:48les expérimentateurs ont dit
53:50l'agent conversationnel
53:51il a un biais pro-chinois
53:52il a fait des réponses
53:53qui sont un peu bizarres
53:54ok
53:55donc l'expérimentation
53:55se termine
53:56on ne l'utilise pas
53:57c'est aussi le but
53:58d'expérimenter
53:59mais
53:59de manière encore une fois
54:00complètement sécurisée
54:01mais qui n'ont pas toujours
54:03les mêmes propriétés
54:03open source
54:04et bien in fine
54:05on va utiliser un outil
54:06qui est basé sur Mistral
54:07et tant mieux
54:07mais je pense que
54:09c'est aussi utile
54:10je dirais collectivement
54:12entreprises, administrations
54:13etc.
54:13d'avoir ce travail
54:14un peu
54:14d'explorer
54:16le champ des possibles
54:17et de voir aussi
54:19quels sont les risques
54:21d'objectiver les risques
54:22et de prendre des décisions
54:23conscientes
54:24et éclairer
54:24Olivier Lantier
54:25un commentaire ?
54:26oui pas beaucoup
54:26d'autres commentaires
54:27c'est normal qu'on déteste
54:28c'est normal qu'on regarde
54:30et qu'on fasse jouer
54:31la concurrence
54:31on est dans une situation
54:32de dépendance
54:33et donc diversifier les sources
54:35est la première réponse
54:36la plus facile
54:37après l'autre levier
54:39que vous n'avez pas évoqué
54:40c'est celui de la commande publique
54:41qui doit permettre
54:42de faire renaître
54:43et de rattraper un minimum
54:45c'est un grand sujet
54:45au niveau européen
54:46sur ce dossier
54:47on voit
54:47c'est en train d'être fait
54:48et ça va dans la bonne direction
54:50il y a des administrations
54:52qui se sont débranchées
54:54de Palantir
54:54par exemple
54:55pour favoriser
54:56des modèles européens
54:58ne sont peut-être pas
54:59aujourd'hui aussi performants
55:00mais si on ne fait pas
55:02l'effort d'investir en eux
55:03et la commande publique
55:04est une forme d'investissement
55:05ils ne rejoindront pas
55:06les niveaux des autres
55:07donc c'est bien un jeu
55:08à plusieurs dimensions
55:10qu'il faut jouer
55:11bon
55:11et pendant ce temps-là
55:12Donald Trump vient d'affirmer
55:14que le cessez-le-feu
55:14avec l'Iran
55:15un pays malade
55:17dit le président américain
55:18était terminé
55:19et le pétrole
55:20vient de gagner
55:21plus de 5%
55:22c'est la fin
55:23du cessez-le-feu
55:24en Iran
55:25c'est aussi
55:26le vivement de la certitude
55:27voilà
55:27c'est ça
55:28donc il va peut-être
55:29falloir revoir à nouveau
55:30les prévisions de croissance
55:32décidément
55:33dans ce monde
55:34plus qu'incertain
55:35c'est aussi
55:37la fin de cette émission
55:38c'est plus stable
55:39c'est tous les jours
55:40à la même heure
55:41merci à toutes et à tous
55:43de nous avoir écouté
55:44merci Dorothée Rouset
55:45merci Olivier Luanty
55:47merci Olivier Redoulez
55:48pour cette émission
55:49passionnante
55:50disponible
55:50en podcast
55:51et replay
55:52sur toutes les plateformes
55:54de diffusion
55:54et sur le site
55:56de BFM Business
55:57bien sûr
55:58et quant à nous
55:58on se retrouve demain
56:00même heure
56:00même endroit
56:019h30
56:02pour une heure
56:03de débat
56:04en direct
56:04avec mes experts
56:05très bonne journée
56:06à toutes et à tous
56:07à demain
56:11les experts
56:12débats et controverses
56:14sur BFM Business
56:15bFM Business
56:17et pour les
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