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  • il y a 2 jours
Avec Aleksandar Nikolic, député européen RN et Benoît Biteau, Député écologiste de Charente-Maritime et agriculteur

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##LA_VERITE_EN_FACE-2026-01-08##

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Transcription
00:00Le Grand Matin Sud Radio, la vérité en face, Jean-François Aquili.
00:05C'est le débat, il est 9h37 sur Sud Radio avec nos deux invités.
00:10Mercosur, la France a-t-elle perdu la partie ?
00:14L'Europe est-elle l'ami ou l'ennemi des agriculteurs ?
00:17C'est la question double qui est posée ce matin avec nos deux invités.
00:21Bonjour à vous, Benoît Biteau.
00:22Bonjour à vous.
00:23Vous êtes député écologie, les écologistes, pardonnez-moi, de Charente-Maritime.
00:28Et vous êtes également agriculteur, vous connaissez bien le dossier Mercosur.
00:33Et bonjour à vous et bienvenue également, Alexandre Nicolich.
00:36Bonjour.
00:37Bonjour à vous, merci.
00:37Vous êtes député européen du Rassemblement National, messieurs.
00:42Je vais vous poser la question, je commence par vous, Aletien Ouazard, Benoît Biteau.
00:46Je commence par vous.
00:47Le Mercosur, est-ce que, apparemment, vraisemblablement, le président Emmanuel Macron s'apprête à voter non ?
00:53De ce que j'en ai compris.
00:55Et Laurent Panifousse, le ministre des Relations avec le Parlement, semblait l'accréditer ce matin sur l'antenne de Sud Radio.
01:02Est-ce que la France a perdu la partie avec cette histoire ?
01:06Bien sûr que la France a perdu la partie, mais parce que ce n'est pas attelé au sujet suffisamment en amont.
01:11C'est-à-dire qu'on n'est pas sur un accord qui tombe du ciel là depuis trois mois.
01:14C'est un vieil accord qui est en négociation depuis très longtemps.
01:18Et M. Macron a trop longtemps négligé l'impact que pourrait avoir cet accord sur une activité fondamentale pour l'Europe et pour la France, qui est l'agriculture.
01:25Quand on est président du premier pays agricole de l'Union Européenne,
01:30il aurait dû être l'artilleur en chef depuis 2017, qu'il est président de la République,
01:36pour dénoncer le contenu de cet accord.
01:38Il ne l'a pas fait, il le fait dans la dernière ligne droite,
01:41parce que les agriculteurs ont commencé à se mobiliser à partir de janvier 2024.
01:47Mais il est trop tard, il est trop tard.
01:49Et on a laissé la Commission prendre la main sur cet accord.
01:52Et donc les États qui auraient pu le dénoncer, qui auraient pu emboîter le pas de M. Macron, ne le font pas,
01:59parce qu'il n'y a pas eu d'argument pour justement faire en sorte que cet accord soit dénoncé.
02:05– Benoît Bito, vous êtes, et je donne la parole à Alexandre Dernicolique dans un instant, vous étiez député européen.
02:09– Oui, entre 2019 et 2024.
02:12– Et vous étiez sur le sujet, j'imagine, dans le sujet.
02:14– Oui, et j'ai connu la présidence de la France, la présidence du Conseil par la France.
02:19Et c'était une opportunité pour la France.
02:22Ça revient une fois tous les 14 ans, la présidence.
02:26Là, on a eu une séquence de 6 mois où la France était présidente.
02:30Il fallait qu'elle mobilise cette possibilité-là pour dénoncer le Mercosur et le faire tomber définitivement.
02:35Ça n'a pas du tout été le cas.
02:36– Alexandre Dernicolique, c'est une défaite pour la France ?
02:39– Oui, ça va être une défaite pour les agriculteurs français
02:41qui vont être mis en concurrence, encore une fois, avec des produits qui ne sont pas produits de la même manière,
02:48avec des produits qui sont interdits ici.
02:51On peut penser évidemment à la filière bovine, où on va passer de 40 à 7,5% de droits de douane,
02:57ce qui va faire que cette viande-là sera moins chère
03:01et correspondra et sera en plus produite avec des produits, je le disais, interdits,
03:06notamment des hormones, par exemple, interdites en France.
03:10– Et des antibiotiques.
03:10– Et des antibiotiques.
03:12En réalité, Emmanuel Macron, il a changé plusieurs fois d'avis, en fait.
03:15Donc, il était d'abord pour, ensuite, il a été contre à un moment en 2019
03:20pour protéger la forêt amazonienne, parce qu'il était surtout contre Bolsonaro.
03:23Puis après, quand Lula lui a dit qu'il fallait être pour, il est redevenu pour.
03:26Puis quand il y a eu la mobilisation des agriculteurs, il est redevenu contre.
03:30Donc, il n'a pas de ligne directrice et il n'avait pas anticipé le problème.
03:33Il n'avait pas considéré qu'il y avait un problème avec le Mercosur.
03:36Mais surtout, il ne fait rien réellement pour s'opposer au Mercosur.
03:40Parce que s'il avait vraiment cette volonté de s'opposer au Mercosur,
03:43il aurait pu faire une tournée des capitales européennes.
03:45Je rappelle qu'il faut quatre pays membres, ce qui représenterait
03:48et plus de 35% de la population avec ces pays-là de l'Union européenne
03:53pour s'opposer au Mercosur.
03:55Il n'a pas eu cette volonté-là.
03:57Et il y a une autre possibilité pour s'opposer au Mercosur.
04:00C'est que le Parlement européen s'y oppose pour que le traité ne soit pas ratifié.
04:05Et aujourd'hui, son groupe a une part de responsabilité,
04:08parce que son groupe, pas les Français,
04:11mais le groupe Renew votera pour le Mercosur.
04:14Le groupe, les LR peuvent dire « je suis contre »,
04:16mais leur groupe dans lequel ils sont bons...
04:18Le groupe Van der Leyen, elle est PPE.
04:20Elle est PPE.
04:21Et le groupe du PPE votera pour le Mercosur.
04:24Ils ont non seulement voté,
04:26ils ont fait élire Mme Van der Leyen,
04:28qui soutient le Mercosur.
04:29Ils ont fait élire M. Hansen,
04:31comme commissaire à l'agriculture,
04:32qui soutient le Mercosur.
04:33Et leurs groupes respectifs vont voter pour le Mercosur.
04:37Donc il faut arrêter l'hypocrisie
04:39et dire réellement que ce sont des opposants au Mercosur de façade.
04:44Et évidemment qu'ils ont une grande part de responsabilité.
04:47J'entends vos arguments.
04:48Je rappelle, Alexandre Nicolique,
04:50vous êtes Rassemblement National et Bonabito,
04:51vous êtes les écologistes.
04:52Vous n'êtes pas forcément dans des camps amis, on va dire.
04:56Mais là-dessus, quelque part,
04:57il y a une forme de convergence de regard sur ce qui se passe.
05:00Bonabito, est-ce que tout est à jeter dans cet accord ?
05:03Parce que c'est un prisme de lecture d'opposition,
05:06mais quand il est dit, par exemple,
05:08que c'est quand même un marché qui s'ouvre
05:11de plus de 300 millions d'habitants, etc.,
05:13c'est aussi peut-être une opportunité,
05:16pas seulement pour l'industrie,
05:17mais aussi pour la production agricole,
05:19dans l'autre sens.
05:21Est-ce que tout...
05:21Très honnêtement.
05:22Deux éléments de réponse à ça.
05:24Tout n'est peut-être pas à jeter,
05:26mais moi, ce que je défends depuis toujours,
05:28c'est qu'on est une exception agricole
05:30dans les accords de libre-échange.
05:31On parle de la nourriture,
05:32on parle d'un besoin primaire
05:33qui est celui de se nourrir,
05:35et on ne peut pas s'accommoder
05:36d'une agriculture qui serait la monnaie d'échange,
05:39qui serait la variable d'ajustement
05:40aux accords de libre-échange
05:41pour vendre des Airbus,
05:42pour vendre de la technologie,
05:44pour vendre des services
05:44sur des marchés comme la zone Mercosur,
05:47où il y a 300 millions de personnes.
05:48Et donc, il faut acter une exception
05:51agriculturelle dans les accords de libre-échange.
05:54J'ai une petite anecdote,
05:55les Allemands m'appelaient M. Niette
05:56quand j'étais député européen.
05:58M. Niette ?
05:58Oui, M. Niette, parce que c'est les Allemands,
06:01et que, parce que systématiquement,
06:03quand un accord de libre-échange
06:04arrivait sur la table des votes,
06:06avec un volet agricole,
06:08la Nouvelle-Zélande, le Kenya,
06:09enfin, je ne vais pas tous les faire,
06:11systématiquement, il y avait l'amendement de rejet
06:12déposé par Benoît Biteau,
06:14qui disait,
06:15on ne peut pas négocier
06:16ces accords de libre-échange
06:18parce que le volet agricole
06:19est trop menaçant
06:21pour l'agriculture européenne.
06:23Et puis, j'aimerais aussi
06:24remettre les choses à l'endroit.
06:26On est en train de nous présenter,
06:27et j'entends ça dans beaucoup de médias,
06:29comme l'alpha et l'oméga
06:31de ces accords de libre-échange.
06:32C'est-à-dire qu'on voudrait nous faire croire
06:34que sans ces accords de libre-échange,
06:35on ne peut pas commercer
06:36avec le reste de la planète.
06:38Or, moi, je viens d'une zone
06:39où on produit un produit merveilleux
06:41avec lequel je ne suis absolument pas fâché,
06:43qui s'appelle le cognac.
06:4598% de la production de cognac
06:46est exportée.
06:48Est-ce que vous pensez
06:48qu'on a attendu des accords de libre-échange
06:51pour exporter 98%
06:52de la production de cognac ?
06:54Donc, on peut échanger,
06:55on peut commercer avec le reste de la planète
06:57sans passer par des accords de libre-échange
06:59et mettre à sac
07:00une agriculture comme la nôtre
07:02qui a des standards de production
07:04particulièrement élevés
07:05et qui vont être menacés,
07:07non pas par les volumes,
07:09mais par la baisse des prix
07:11qui va tirer vers le bas
07:12la production
07:12et le chiffre d'affaires des agriculteurs.
07:14– Alexandre Nicolique,
07:15gardez vos arguments,
07:16vous savez,
07:16je vous ai posé la même question,
07:17vous rassurez-vous,
07:18on va coller aux propos
07:20de Bonabito à l'instant
07:22parce que c'est la pause,
07:23mais on va rester là-dessus
07:24parce que,
07:25est-ce que tout est acheté ?
07:26Est-ce que cet argument-là
07:28est au deep de Bonabito
07:30à savoir qu'on n'a pas besoin
07:31au fond d'un accord de libre-échange
07:32pour continuer à commercer
07:33comme on le fait aujourd'hui ?
07:34Est-ce qu'il y a l'argument de Trump aussi,
07:36vous savez,
07:36qui met des droits de douane partout
07:37et qui blinde les Etats-Unis
07:39et du coup,
07:39on a besoin d'un ballon d'oxygène ailleurs ?
07:42Voilà,
07:42c'est la question qu'il pose
07:43et vous avez envie de répondre,
07:44c'est ça ?
07:45– Non,
07:45bah oui,
07:45après la pause,
07:46après la pause,
07:48tout de suite
07:48pour la suite de La Vérité en Face.
07:51– Le Grand Matin Sud Radio,
07:52La Vérité en Face,
07:54Jean-François Akil.
07:55– Avec Benoît Biteau,
07:56député les écologistes
07:58de Charente-Maritime
07:59et vous-même agriculteur
08:01et Alexandre Nicolique,
08:03député européen
08:04du Rassemblement National,
08:04vous êtes resté en alerte
08:07pendant la pause
08:08et donc,
08:08je vous repose la question,
08:09et pour rebondir
08:10sur ce que disait Benoît Biteau
08:11juste avant,
08:14est-ce qu'au fond,
08:15tout est à jeter
08:16dans cet accord
08:17et est-ce qu'on peut faire,
08:18comme disait Benoît Biteau,
08:19finalement,
08:20continuer de vendre
08:20et très bien les vendre,
08:21exporter nos produits
08:22sans passer par le libre-échange ?
08:23– Mais il faut être très précis.
08:24Ces accords de libre-échange
08:25permettent de baisser
08:27considérablement
08:28les droits de douane
08:29à un moment
08:29où les pays
08:31se protègent
08:32justement
08:32en augmentant
08:33les droits de douane.
08:34On peut penser à la Chine,
08:35on peut penser aux Etats-Unis
08:37et nous,
08:37face à ça,
08:38on accepte
08:40d'importer
08:40avec des droits de douane
08:41plus faibles.
08:42J'ai cité l'exemple
08:42tout à l'heure
08:42de la filière bovine,
08:43pour être très précis.
08:44On importait déjà
08:45du bœuf d'Amérique du Sud,
08:47sauf qu'on mettait
08:48des droits de douane
08:49à 40%
08:49et là,
08:50on les baisse à 7,5%.
08:51Et donc,
08:52évidemment,
08:53ils vont pénaliser
08:54beaucoup plus
08:54nos éleveurs.
08:55Et il y a un autre aspect
08:56qu'on ne prend pas en compte,
08:57c'est que les droits de douane,
08:58c'est de l'argent qui rentre.
09:00Donc, en fait,
09:00c'est des milliards
09:01qui rentrent
09:02avec des droits de douane
09:02et qui vont devoir
09:04être compensés
09:05par des contributions
09:05de pays supplémentaires
09:07pour le budget,
09:08par exemple,
09:08de l'Union européenne.
09:09Donc, en fait,
09:09on est perdant
09:10sur toute la ligne.
09:12Et quand M. Biteau
09:14disait
09:14cette exception agriculturelle,
09:16vous savez que Jordan Bardella
09:16et Marine Le Pen
09:17l'ont portée depuis très longtemps
09:18parce qu'aujourd'hui,
09:19on n'est même plus
09:20autosuffisant
09:21sur beaucoup de filières.
09:22Sur la filière poulet,
09:24par exemple,
09:25on n'est plus en capacité
09:26de nourrir le peuple français
09:27uniquement avec
09:29la production française
09:30pour un grand pays agricole.
09:31Et c'est très dangereux
09:32parce que si demain,
09:33vous avez une autre crise
09:33Covid, par exemple,
09:35et si on est pénalisé,
09:37justement,
09:37on n'est plus capable
09:38de nourrir le peuple français.
09:40C'est évidemment
09:40très, très, très inquiétant.
09:42Mais je voudrais juste dire
09:44que quand on parle
09:45d'exception agriculturelle,
09:46ça doit l'être aussi
09:47même intra-européen
09:49parce que la concurrence
09:50européenne peut aussi
09:51être un problème parfois.
09:52Et ça, je tiens
09:53vraiment à le préciser.
09:55Et parfois,
09:55on n'a pas les mêmes règles.
09:57Je sais que M. Biteau,
09:57vous êtes contre
09:58la cétamipride.
10:00mais il faut comprendre,
10:02par exemple,
10:03que vous avez eu
10:04l'année dernière,
10:05à cause de la punaise
10:05diabolique,
10:06des énormes soucis
10:07de production
10:08de noisettes en France.
10:09On a importé
10:10près de 95%
10:11des noisettes
10:12qu'on vend en France.
10:13et on fait venir
10:15des noisettes
10:17avec de l'acétamipride,
10:19par exemple,
10:19si vous voulez,
10:20en aberration,
10:21alors que nos producteurs
10:22ne peuvent pas
10:23la produire comme ça.
10:24Et on tue des filières.
10:25On peut parler
10:25de beaucoup de filières similaires.
10:27On a vraiment l'impression
10:28que beaucoup de pays
10:29essaient de soutenir
10:30leur agriculture,
10:32essaient de faire en sorte
10:33qu'elle soit
10:33plus concurrentielle.
10:35Et nous,
10:36en France et en Europe,
10:37on a tendance
10:38à se fixer des règles,
10:39le pacte vert
10:40ou d'autres lois.
10:42C'est européen,
10:43le pacte vert.
10:43C'est européen ?
10:44Alors,
10:44répondez à ça,
10:45c'est important.
10:46C'est une vraie question
10:48que pose là-dessus
10:49l'acétamipride.
10:50Oui, par exemple,
10:51c'est un bel exemple.
10:52C'est un bon exemple,
10:53mais moi,
10:54dans mon CV,
10:56je suis aussi scientifique,
10:57je suis ancien chercheur.
10:58Et moi,
10:58je fais référence
10:59à la science.
11:00L'acétamipride
11:00est un produit
11:01extrêmement dangereux
11:02qui intervient sur,
11:04qui franchit
11:05les barrières
11:07placentaires
11:09et qui perturbe
11:11le développement
11:13neurologique des enfants.
11:15Donc,
11:15on ne peut pas se permettre
11:16de continuer comme ça.
11:16Mais surtout,
11:17et je suis agriculteur,
11:19c'est que plus on utilise
11:20l'acétamipride,
11:21plus on utilise de pesticide
11:22et plus on en a besoin.
11:23Et même si en Turquie,
11:25même si dans certains pays d'Europe,
11:27on utilise l'acétamipride,
11:28c'est une fuite en avant permanente.
11:30Tout simplement.
11:30Dans le monde entier ?
11:31Pas dans le monde entier,
11:32parce qu'il y a des endroits
11:33où on ne l'utilise plus.
11:34Où ça ?
11:34Mais dans certains pays
11:36du continent américain
11:38ou sur certains pays ?
11:39Non, non,
11:40l'acétamipride est autorisée partout.
11:41Mais non, non,
11:41ce n'est pas vrai.
11:42Mais bon,
11:42peu importe.
11:45Non, non,
11:46ce n'est pas vrai.
11:46À Cuba, par exemple,
11:47il n'y a pas d'acétamipride.
11:48Pour donner un exemple
11:49qui n'est pas polémique
11:50en ce moment.
11:52Non,
11:52l'exemple,
11:53c'est Cuba.
11:54Non,
11:54ce n'est pas dit ça.
11:55Vous me demandez un pays,
11:56je le donne.
11:57Mais la difficulté
11:59avec ce genre de produit,
12:00que ce soit l'acétamipride,
12:01les deltamétrines,
12:02les pyrétrinoïdes,
12:03c'est que plus on utilise
12:04de pesticides,
12:05plus on en aura besoin.
12:06Tout simplement parce que
12:07ces produits ne sont pas sélectifs.
12:09Et que quand on va tuer
12:10la punaise diabolique,
12:11quand on va tuer
12:11le balanin de la noisette,
12:13on va tuer aussi
12:14le prédateur de la haie.
12:16Et donc,
12:17plus on va en utiliser,
12:18moins on aura
12:19de prédateurs naturels
12:20et plus on en aura besoin.
12:21Et ce qui menace
12:22la souveraineté alimentaire,
12:23parce que c'est ça l'enjeu,
12:24c'est la souveraineté alimentaire.
12:26Ce que nous dit la science,
12:27ce qui menace
12:27la souveraineté alimentaire,
12:28ce n'est pas la disparition
12:29d'une molécule.
12:30Ce n'est pas la disparition
12:31d'un engrais de synthèse.
12:33C'est l'effondrement
12:33de la biodiversité,
12:35c'est le dérèglement climatique
12:36et cette agriculture
12:37accélère l'effondrement
12:39de la biodiversité
12:39et le dérèglement climatique.
12:41Il nous reste à peine
12:42deux minutes
12:42et je vous garderai bien
12:43des heures entières, messieurs.
12:45Une question quand même.
12:46Est-ce que l'Europe,
12:47c'est le problème ?
12:48Je sais bien que
12:50j'entends vraiment
12:50votre réponse à l'avance.
12:52Alexandre Nicoli,
12:53qu'est-ce que c'est le problème ?
12:54Tout à l'heure,
12:55vous disiez,
12:55Bonabito,
12:56vous disiez,
12:56on pourrait être
12:57protectionniste ici en Europe.
12:58La vision de l'Union Européenne
13:00actuelle est un problème.
13:01L'Union Européenne
13:01pourrait être une force.
13:03Elle pourrait être une force.
13:04Bien sûr.
13:05Mais quand,
13:06je parlais tout à l'heure
13:06du pacte vert.
13:07Le pacte vert,
13:08de manière très concrète,
13:09c'est par exemple,
13:10on impose 25% de bio
13:12pour,
13:12c'est ça la vision,
13:13pour 2030.
13:14Or, le marché du bio,
13:16parce que ça coûte plus cher,
13:18se réduit.
13:18Et donc, en fait,
13:19ça montre bien
13:20la vision purement idéologique,
13:21c'est-à-dire qu'on est passé
13:22maintenant à 6% de marché
13:23du bio
13:24et on veut faire 25%
13:26de bio de production,
13:27c'est-à-dire sans marché.
13:27Et cette vision-là,
13:29elle conduit à un déclin global
13:31et à la difficulté
13:32que peuvent avoir.
13:32C'est un exemple caricatural.
13:33Je ne vais pas répondre à ça.
13:34On voit les difficultés
13:36aujourd'hui
13:36que peuvent avoir
13:37nos agriculteurs.
13:37Si la France est passée,
13:38en 25 ans,
13:39de deuxième pays exportateur
13:41à septième,
13:42et bien c'est parce qu'on a eu
13:44une vision idéologique
13:45qui ne correspond pas du tout
13:46à la demande,
13:47au marché,
13:48et c'est ce qui entraîne
13:49ce déclin global.
13:50On s'expose à une concurrence
13:51déloyale
13:52et en même temps,
13:53on nous rajoute systématiquement
13:54des fins supplémentaires.
13:56Mais si on ne veut se faire entendre
13:57de l'Union Européenne
13:57et je finirai juste là-dessus,
13:59et c'est l'exemple du Mercosur
14:01et rentre aussi
14:02dans ce que je vais dire,
14:03c'est qu'il faudrait
14:05qu'on dise à l'Union Européenne
14:06stop,
14:07vous mettez en place
14:08des choses
14:09qui sont contraires
14:09à nos intérêts,
14:10et bien on va baisser
14:11notre contribution.
14:12Notre réponse,
14:13c'est d'augmenter
14:13notre contribution
14:14de 5 milliards d'euros.
14:16C'est-à-dire qu'on nous pénalise
14:17et on peut parler
14:18des accords de l'Union Européenne
14:18et on donne plus d'argent.
14:20J'aimerais bien répondre
14:21sur l'exemple de la bio
14:22parce que le Rassemblement National
14:24qui se dit vouloir faire
14:24de la politique autrement
14:25est dans une approche
14:27encore libérale
14:28qui fait que c'est la loi
14:29de l'offre et de la demande
14:29qui doit gérer
14:30le marché de la bio.
14:31Or,
14:32l'agriculture biologique,
14:34que le poulet soit bio
14:35ou pas bio,
14:35ça reste du poulet.
14:36Que la tomate soit bio
14:37ou pas bio,
14:37ça reste du poulet.
14:38Et donc on ne peut pas
14:39raisonner comme ça.
14:40On doit raisonner.
14:41Non, c'est pas vrai non plus
14:42parce que si on a agrégé,
14:45si on a appliqué
14:46le principe polluer-payeur
14:47et qu'on a agrégé
14:48au prix de vente
14:48de ces produits-là
14:49les dégâts qu'ils provoquent
14:50sur la biodiversité,
14:51sur le climat,
14:52sur la santé,
14:53ils ne seraient absolument
14:54pas compétitifs.
14:56Ils sont compétitifs
14:56parce qu'ils bénéficient
14:58d'une concurrence déloyale.
15:00Toutes les politiques publiques
15:01qu'on engage
15:01pour réparer les dégâts
15:02sur la santé,
15:03la biodiversité
15:04et le climat.
15:05Et c'est nous tous
15:05qui payons.
15:06Si on appliquait
15:07le principe polluer-payeur,
15:08les seuls produits compétitifs
15:09sur le marché
15:09seraient les produits bio.
15:11Et surtout,
15:12on doit raisonner
15:12le développement
15:13de l'agriculture biologique
15:14par le prisme
15:14du fait que la souveraineté alimentaire
15:16est aujourd'hui menacée
15:17par le dérèglement climatique,
15:20par l'effondrement
15:20de la biodiversité.
15:21Et donc,
15:22on doit accompagner
15:23l'agriculture
15:24qui préserve
15:24la souveraineté alimentaire
15:25et donc qui préserve
15:26la biodiversité.
15:27Mais sans regret,
15:28vous tuez pas
15:28les fédicules.
15:28Mais bien sûr,
15:29moi je suis paysan
15:30depuis 20 ans
15:30et je produis autant.
15:32Je suis agriculteur
15:33depuis 20 ans.
15:33Ça veut dire que les Français
15:33ne mangent plus de noisettes ?
15:34Non, pas absolument faux.
15:36Moi, on utilisera le pesticide
15:37et moi, on en aura besoin.
15:38Les Français
15:38ne mangent plus.
15:38Mais non, c'est faux tout ça.
15:40Merci, nous poursuivrons
15:41ce débat prochainement.
15:42Je vous le promets.
15:43Merci, Benoît Biteau.
15:44Merci, Alexandre Nicolique
15:46pour cet échange
15:47sur l'Europe,
15:48sur nos agriculteurs.
15:49Et bonjour et bienvenue à vous.
15:50Valérie Expert.
15:51Bonjour, Jean-François.
15:51On va poursuivre la réflexion avec vous.
15:53On va poursuivre la réflexion.
15:54Évidemment,
15:55les agriculteurs sont mobilisés.
15:57Ils bloquent Paris.
15:58Un blocage inacceptable
15:59pour le gouvernement.
16:00Qu'en pensez-vous ?
16:02Inacceptable également.
16:03Trop de gendarmes
16:04à la rue.
16:05Mathilde Panot
16:06propose la réquisition
16:07des logements vacants.
16:08Là aussi,
16:09on vous attend.
16:090826 300 300.
16:11Et puis, on parlera
16:12des cartes de vœux
16:12et des vœux.
16:14Est-ce que vous avez reçu
16:14beaucoup de vœux, vous, cette année ?
16:15Non, on ne reçoit plus.
16:16Ben non.
16:17Franchement.
16:18C'est une tradition
16:20qui se perd.
16:21Et vous avez vu
16:21que le gouvernement
16:22avait décidé
16:22de supprimer
16:23les cartes de vœux.
16:24Mais ce n'est pas sans conséquence.
16:25On va le voir avec Félix Mathieu
16:27dans un instant.
16:28A tout de suite.
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