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  • il y a 3 mois
Avec Arnaud Chiche, médecin anesthésite réanimateur et fondateur du collectif "Santé en danger"


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##C_EST_QUOI_LE_PROBLEME-2025-11-21##

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Transcription
00:00A nous appeler au 0826 300 300, vous avez bien raison, la conversation se poursuit jusqu'à 10h sur cette question.
00:06Est-ce qu'on doit finalement faire un trait égal entre le narcotrafic et le terrorisme ?
00:11C'est en tout cas ce qu'a assumé, affirmé, prononcé comme constat le ministre de la Justice Gérald Darmanin.
00:18Et on vous pose la question sur le site sudradio.fr, au standard naturellement, mais également sur l'application et les réseaux sociaux.
00:25Est-ce que Gérald Darmanin a raison de comparer le narcotrafic tel qu'on peut le voir se développer de manière inquiétante en France au terrorisme ?
00:33Est-ce que cela veut dire qu'on doit en réalité déployer les mêmes moyens ?
00:36Et la petite question en fond, c'est qu'est-ce qu'on doit malheureusement peut-être se diriger vers des outils, des moyens ?
00:44Et c'est une petite tendance de fond qu'on a entendue, notamment au 0826 300 300 depuis ce matin.
00:48Peut-être fermer les yeux sur quelques principes démocratiques, parce qu'ils nous mènent la guerre.
00:53En réalité, les narcotrafiquants, donc on doit répondre avec la même chose.
00:57Eh bien, on continue la conversation, mais pour l'heure, vous le savez, c'est Félix Mathieu.
01:04Rebonjour mon cher Félix Mathieu.
01:05Rebonjour Maxime.
01:06Bonjour tout le monde.
01:06C'est quoi le problème comme chaque matin avec des urgences saturées, des hôpitaux débordés ?
01:10Il y a notamment un exemple frappant à Rouen, une dame de 99 ans avec un œdème aigu des poumons
01:16qui a passé, écoutez bien, 65 heures sur un brancard en attendant une place en gériatrie.
01:21Oui, c'est la petite fille de cette quasi-centenaire qui a dénoncé le scandale du manque de moyens des hôpitaux
01:26par un coup de gueule très remarqué sur les réseaux sociaux.
01:29Il y a une semaine, sa grand-mère avait du mal à respirer.
01:32Ses proches ont donc appelé le SAMU.
01:34Elle habite chez ses enfants, cette dame de 99 ans.
01:37Une fois aux urgences, elle a été installée dans un box sans toilette
01:41avec deux brancards séparés par un rideau, deux patients sur des brancards.
01:44Dans la foulée, un œdème aigu des poumons lui est donc diagnostiqué.
01:49La dame de 99 ans doit partir en service gériatrie, sauf qu'il n'y a pas de place.
01:55Et là donc, elle passe 65 heures sur son brancard, trois nuits au total
01:59avant finalement qu'une place finisse par se libérer en gériatrie.
02:03Et ses proches lui ont même apporté des repas, car dans la gestion visiblement
02:07et dans la manière dont c'est organisé, il n'y en avait même pas assez pour tous ceux qui étaient présents.
02:11Oui, puisque les couloirs de l'hôpital étaient remplis d'autres patients sur des brancards
02:15comme elle, raconte la petite fille de cette dame.
02:17Et d'ailleurs, la petite fille de cette dame, elle est elle-même infirmière de métier.
02:20Donc, elle précise bien dans sa publication sur les réseaux sociaux qu'elle est en colère, oui,
02:24mais pas contre les soignants de ce CHU de Rouen.
02:27Au contraire, ils étaient les premiers à être désolés de ne pas pouvoir accueillir plus correctement leurs patients.
02:32Mais il manquait tout simplement de lits, de moyens et des histoires comme celle de cette dame de 99 ans.
02:37Il y en a malheureusement tous les jours un pack à Rouen.
02:39Selon une statistique officielle publiée il y a quelques mois d'ailleurs sur les fermetures de lits d'hôpitaux,
02:45depuis 2013, on est à un total de 43 500 fermetures de lits.
02:50Imaginez l'équivalent d'une ville comme Châteauroux, Valenciennes ou Chalon-en-Champagne.
02:5443 500 lits d'hospitalisation complète fermés en France en une dizaine d'années.
02:59Et justement pour compléter, évoquer et parler de ce sujet, vous recevez mon cher Félix Mathieu, Arnaud Chiche.
03:05Oui, médecin anesthésiste, réanimateur et fondateur du collectif Santé en danger.
03:10Bonjour Arnaud Chiche.
03:11Bonjour.
03:12Merci d'être avec nous dans La Vérité en face sur Sud Radio.
03:15Est-ce que ça vous surprend une telle mésaventure, cette dame de 99 ans,
03:18sur un brancard avec un œdème au poumon, en attendant une place en gériatrie pendant 65 heures ?
03:23Ça vous surprend ?
03:25Écoutez, vous avez bien expliqué la situation.
03:29Ça me désole plus que ça me surprend.
03:32On ne devrait pas assister à des situations comme cela.
03:37Il est important de dire que le personnel des urgences a sûrement fait le maximum.
03:42Et vous vous doutez bien qu'un service d'urgence, en plus en période d'épidémie saisonnière,
03:47vous savez qu'en fin novembre, on commence à avoir des hospitalisations aussi
03:52pour des gens qui décompensent à cause de la grippe ou des choses comme ça.
03:55Ce n'est pas la vocation d'un service d'urgence d'hospitaliser une dame
03:58qui a besoin, compte tenu de son âge, de soins à la personne important.
04:03Ce n'est pas la mission du service des urgences.
04:06Et le personnel, vous savez, devait à mon avis être aussi malheureux
04:08que la famille de cette patiente.
04:11Malheureusement, c'est des questions régulièrement dont on entend parler dans les médias.
04:17Il est certain que le manque de moyens humains dans les hôpitaux,
04:22c'est-à-dire le manque d'infirmières, d'aides-soignantes, de médecins parfois,
04:27a une conséquence sur la capacité des établissements à avoir des lits d'hospitalisation.
04:33Et en fait, c'est l'exemple type, il y a manifestement trop de patients pour l'unité de gériatrie.
04:39Personne n'y peut grand-chose, si ce n'est la politique de santé publique qu'on mène en France.
04:43Oui, parce que les fermetures de lits avaient beaucoup été dénoncées au moment de la crise Covid notamment.
04:49Mais en fait, ça ne s'est pas enrayé depuis ça, cette baisse.
04:53En fait, si vous voulez, ce qu'il faut comprendre, c'est qu'il y a plein de choses qu'on peut faire dans les hôpitaux,
04:57plein de soins, notamment des interventions chirurgicales qu'on peut faire en une journée,
05:00qui évitent aux patients de rester à l'hôpital.
05:03Il est certain aussi que c'est une option qui a des vertus économiques.
05:07Quand on peut éviter l'ouverture de chambres dans un hôpital, c'est un coût moindre pour la société.
05:16Cependant, il y a des situations, alors la période Covid l'a montré,
05:19mais il y a des situations où on ne peut pas faire autrement.
05:21Et cette patiente, elle avait besoin d'une chambre.
05:24Et c'est toute la difficulté de la situation actuelle.
05:27C'est une situation économique pour l'établissement qui est difficile.
05:29Et en fait, là où on n'est pas très bon, et moi ça je l'ai observé depuis la crise Covid,
05:35c'est sur une notion d'élasticité.
05:37On devrait être capable, à la demande, d'augmenter le nombre de lits
05:41qu'on pourrait refermer ensuite quand il y a moins besoin.
05:44On peut imaginer qu'au printemps ou l'été, il y ait moins de grippe
05:47et que dans ces cas-là, on puisse restreindre un petit peu les lits d'hospitalisation.
05:51Mais en période hivernale ou pré-hivernale,
05:53il est certain que l'exemple que vous décrivez montre bien
05:58qu'on a parfois besoin de lits un peu, entre guillemets, à l'ancienne.
06:02Mais pour cela, il faut des infirmières, il faut des aides-soignants,
06:07il faut des ASH, il faut du personnel.
06:09Et vous savez qu'on manque ce personnel-là dans les hôpitaux aujourd'hui.
06:13Un manque de moyens et de souplesse un petit peu.
06:17Merci beaucoup Arnaud Chiche d'avoir accepté de réagir sur Sud Radio.
06:21On rappelle, vous êtes médecin anesthésiste, réanimateur et fondateur du collectif
06:25Santé en danger, avec évidemment les urgences aussi en première ligne
06:29de cette crise des moyens des hôpitaux.
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