- il y a 2 jours
Ce jeudi 8 janvier , Alexandre Baradez, chef analyste chez IG, et Laurent Chaudeurge, membre du comité d'investissement chez BDL Capital Management, ont échangé leur point de vue sur les tendances des marchés financiers en ce début d'année, et sur l'économie européenne, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:00Le face-à-face à l'ouverture des marchés européens avec Alexandre Baradez, toujours chef analyste chez IG.
00:07On a le plaisir d'avoir été rejoint également par Laurent Chauderge, membre du comité d'investissement chez BDL Capital Management.
00:13Bonjour Laurent Chauderge. Bonjour Nicolas.
00:15Première question pour tous les deux à l'ouverture des marchés.
00:19On avait Jean-Louis Cussac il y a un instant qui nous disait, bon ben voilà, les marchés attendent.
00:23Ils sont dans une tendance haussière, en attente d'un nouveau catalyseur.
00:27C'est un peu ce qu'on voit régulièrement, ce qu'on entend régulièrement sur les marchés.
00:31Est-ce que vous partagez cette analyse de Laurent Chauderge en ce début d'année de, finalement, on a l'impression qu'où ça monte, où on attend que ça monte sur les marchés financiers ?
00:40C'est vrai qu'on a fait un début d'année plutôt bon. Il y a certains sous-secteurs d'ailleurs qui sont très bons.
00:45Et à ce titre, je pense que les chiffres de l'emploi américains vont être très importants.
00:50Publier demain, effectivement, aux Etats-Unis.
00:51Ça va donner un petit peu le ton de la suite.
00:53Ça va augmenter ou baisser, en fonction du chiffre, la probabilité que la Fed continue à assoupir sa politique monétaire sur les prochains mois.
01:00Ça va être très important à regarder, je pense.
01:01Avec notamment déjà quelques données préliminaires.
01:03On a eu l'enquête Jols, on a eu le rapport ADP, qui montre quand même un marché de l'emploi moins bon qu'anticipé par les analystes,
01:10mais pas suffisamment moins bon dans ces premières enquêtes pour que ça vienne influencer la vision des investisseurs sur la stratégie de politique monétaire de la Fed.
01:19Ça reste encore un petit peu tôt et un peu équilibré entre les positifs et les négatifs.
01:24Il y a effectivement le marché de l'emploi qui ralentit un petit peu.
01:26Il y a l'inflation qui reste élevée dans la partie service.
01:29Ce n'est pas évident.
01:30Il y a quand même le marché qui, je crois maintenant, price plus ou moins deux baisses de taux, deux baisses de taux et demi sur 2026.
01:36Je pense qu'une partie de ces antipassions sont aussi liées au changement, au successeur, on va dire, de Powell.
01:42Et il y a cette volonté quand même de l'administration Trump d'exercer une pression forte sur la banque centrale américaine.
01:49On reviendra sur l'impact que ça peut avoir sur les marchés européens et sur les drivers des marchés européens.
01:52Mais même question, Alexandre Baradez, c'est quand même intéressant d'avoir des réactions de traders quand les marchés font une pause, comme aujourd'hui, notamment sur le CAC 40,
02:02et que la réaction soit de dire, oui, on attend le prochain catalyseur, on attend la prochaine hausse, mais c'est le scénario central sur les marchés aujourd'hui.
02:08Oui, c'est vrai que vous l'avez dit, il y a des données, on a eu des données un peu préliminaires cette semaine.
02:12Alors, ADP, effectivement, ça confirme la tendance qu'on a quand même depuis maintenant deux à trois trimestres quasiment.
02:15On rappelle, ADP, c'est une grosse entreprise privée américaine, mais qui gère tellement de bulletins de paix d'américains, de millions d'américains,
02:21qu'elle a une vue finalement assez importante du marché de l'emploi.
02:25Et ces chiffres, effectivement, c'est un coût, c'est positif, un coût, c'est négatif.
02:28Donc, on voit que le rythme des créations est quand même très terne depuis quelques mois.
02:32Là, on parle de 41 000 créations d'emplois nets, donc sur le mois de décembre, mais c'est moins qu'anticipé par les années.
02:37Voilà, c'est moins, et puis si vous regardez ça, il y a à peu près un an, c'était des niveaux bien supérieurs.
02:40Donc, on voit qu'il y a un momentum, et c'est ça qui a poussé la Fed à reprendre ses baisses de taux sur la deuxième partie de l'année.
02:45Vous avez l'enquête, enfin pas l'enquête, les chiffres Jols, c'est également des emplois vacants, disponibles,
02:48où là, il y a eu un chiffre aussi assez en dessous des attentes.
02:51Donc, ça donne effectivement ce sentiment que la partie du mandat que la Fed a choisi pour reprendre ses baisses de taux,
02:57effectivement, nécessite ces baisses de taux-là.
02:59Mais de l'autre côté, et c'est ce que nous rappellent régulièrement plusieurs membres de la Fed,
03:02ils se sont tiraillés dans leur mandat, c'est-à-dire que c'est un double mandat qu'à la Fed,
03:05l'emploi et l'inflation, effectivement, c'est ce que Laurent disait.
03:07Vous avez une inflation sous-jacente, une inflation encore, notamment dans la partie service, qui reste importante.
03:13Et puis, il y a un autre gros thème, je pense, qui va être en gros peu d'attention pour le premier trimestre,
03:17c'est toujours cette grosse divergence entre, d'un côté, ce qu'on appelle les hard data,
03:20c'est-à-dire que toutes les données qui sont publiées, qui montrent que l'économie américaine, pour l'instant, tient bien,
03:24il y a une cadence de croissance qui reste correcte, mais la plupart des enquêtes,
03:28alors à part l'ISM Service hier, qui était meilleur qu'attendu,
03:31ça c'est effectivement ce qui vient changer un petit peu de ton par rapport au mois précédent,
03:34mais globalement, les enquêtes consommateurs et enquêtes entreprises sont sur un rythme très très différent.
03:41Et c'est ça qui va être le point d'attention, comment on va réconcilier ça ?
03:44C'est assez rare dans de telles divergences, généralement, quand...
03:46C'est ce qu'on appelle l'économie en cas, oui, c'est ça.
03:47Voilà, c'est même entre le sentiment, donc ce qu'on perçoit de l'économie, et la réalité de l'économie.
03:54D'accord.
03:54Et c'est assez rare d'avoir des divergences aussi importantes que ça.
03:56Grosso modo, on a un sentiment assez pessimiste aux Etats-Unis, globalement, mais l'économie performe bien.
04:00Et donc la question, c'est qui va rejoindre qui ?
04:02Est-ce que, effectivement, le sentiment va s'améliorer, peut-être avec les remises d'impôts,
04:06qui auront lieu cette année ?
04:07Les mesures de Donald Trump avant les mi-termes, par exemple ?
04:09Est-ce que ça va réconcilier avec le sentiment des consommateurs ?
04:11Voilà, ou est-ce que ce sont plutôt les données économiques qui vont commencer à stasser un petit peu pour rejoindre le sentiment ?
04:17Donc c'est ça, un des gros enjeux, je dirais, de ce premier trimestre.
04:19Est-ce qu'on a déjà des scénarios de début d'année ?
04:20Est-ce que vous, vous avez un scénario de début d'année sur, justement, cette thématique-là,
04:24sur la politique monétaire de la Fed à venir également ?
04:27Moi, j'ai toujours tendance à penser que les enquêtes montrent quand même quelque chose, si vous voulez.
04:30C'est que les indices PMI, les indices ISM, le manufacturier est toujours contracté depuis des mois maintenant.
04:35Donc il y a quand même le sentiment, et on voit que l'activité s'est quand même un petit peu tassée aux Etats-Unis sur la fin d'année.
04:41Les effets du shutdown qui restent encore un petit peu déterminés.
04:43Les effets des taxes douanières aussi, on a l'impression que c'est de l'histoire ancienne.
04:46Ça reste quand même un thème qu'il faut surveiller.
04:48Et encore une fois, tant que les consommateurs, et sur plusieurs enquêtes différentes,
04:51ont assez peu confiance sur le marché de l'emploi, sur l'évolution des prix,
04:56eh bien ça peut aussi façonner leur façon de consommer.
04:58Même si les derniers chiffres du dernier trimestre, mais qui étaient très retardés,
05:01nous ont montré que l'économie était résiliente,
05:02c'est peut-être pas ce qui s'est passé réellement au quatrième trimestre,
05:06où là on va attendre des données qui seront peut-être un petit peu différentes.
05:08Donc moi je suis plutôt, je pense qu'on a un peu de ralentissement qui peut se produire en début d'année.
05:12Mais peut-être avant que les effets des politiques fiscales et budgétaires
05:15fassent pleinement effet plutôt sur la seconde partie de l'année.
05:17Laurent Chauderge, sur cette stratégie de politique monétaire de la Fed,
05:21qu'on essaye d'anticiper avec les données que l'on a,
05:25est dans l'attente de ce rapport sur l'emploi aux Etats-Unis demain ?
05:29Je pense que le plus probable, pour les raisons qu'on a données,
05:31c'est que sur 2026 on voit encore au moins une baisse, voire deux baisse de taux.
05:36Il y a aussi un phénomène que nous on analyse,
05:39c'est qu'effectivement on pense qu'il y a un cas de figure,
05:41où la croissance américaine ralentit.
05:43Il ne faut pas oublier qu'une des raisons pour lesquelles elle va être facialement bonne cette année,
05:48c'est qu'il y a le One Big Beautiful Bill,
05:51qui selon les estimations contribue entre 0,5 à 0,7, 0,8% de la croissance du PIB américain.
05:57Si on retire ça, on est plutôt vers peut-être 1,7, 1,8,
06:01on se rapproche peut-être même de ce que va faire l'Europe.
06:03Donc il y a un ralentissement sous-jacent.
06:06Et il y a un deuxième sujet qu'il faut prendre en compte,
06:07c'est qu'une bonne partie de la croissance américaine a été tirée par le CAPEX.
06:11C'est ce que j'allais dire, si on enlève l'intelligence artificielle.
06:14Exactement.
06:14Donc on voit bien qu'il y a des moteurs un peu artificiels qui ont possédé cette croissance,
06:18et qu'à un moment ça va se normaliser.
06:20Si on regarde du côté de l'Europe, avec vous toujours Laurent Chauder,
06:25j'en ai vu d'ailleurs que l'AFT, l'agence France Trésor,
06:28va émettre ce matin ses premières obligations pour 2026.
06:32On a des volumes d'émissions obligataires impressionnants pour cette année 2026,
06:39que ce soit en France ou en Allemagne,
06:41avec cette perspective de financement du plan d'investissement allemand.
06:47Comment est-ce que vous appréhendez ce début d'année boursier en Europe,
06:52vous qui êtes principalement investi sur les marchés européens ?
06:56Alors l'environnement est un peu différent du début d'année dernière.
06:58Si vous vous souvenez, décembre, janvier de l'année dernière,
07:01personne ne voulait faire des actions européennes,
07:03tout le monde était sur les actions américaines,
07:05et pour nous on était vraiment investis parce qu'on voyait des décotes de valorisation très importantes.
07:09Tout ça a un petit peu changé, avec notamment l'annonce du plan allemand en février-mars,
07:13le réveil un petit peu de l'Europe.
07:14D'ailleurs le marché européen, contrairement à toutes les attentes,
07:18a finalement s'est très bien comporté.
07:20Donc le sujet effectivement c'est comment on démarre l'année.
07:22Avec un DAX qui va de record en record,
07:24et qui est au-dessus des 25 000 points à 25 197 points à l'heure actuelle.
07:29Exactement.
07:30Nous notre analyse c'est que l'Europe est moins décotée que l'année dernière,
07:33mais l'Europe est juste à point,
07:36c'est-à-dire que sur la croissance européenne, ça devrait s'améliorer un petit peu.
07:40D'ailleurs ça s'améliore depuis deux ou trois trimestres,
07:42ça devrait continuer notamment par le plan allemand.
07:44C'est vrai que c'est une grosse hypothèse pour la croissance européenne de cette année.
07:48Les valorisations, elles restent raisonnables.
07:50On est vers 14 fois les bénéfices, c'est dans la moyenne plus ou moins historique.
07:54On est encore à 22 fois qu'il y a un pic sur le S&P 500.
07:57Le consommateur devrait bien dépenser cette année,
08:01parce que quand vous regardez la croissance réelle, elle est toujours bonne.
08:04Donc le pouvoir d'achat va être bon.
08:06Donc plan allemand, pouvoir d'achat.
08:07Le marché de la construction, il repart.
08:10Donc on est en Europe, la croissance n'est pas très élevée.
08:13On parle de 1,3 à 1,4%.
08:15Mais ce qui compte dans les marchés, c'est la dérivée seconde,
08:18c'est le mouvement marginal.
08:20Et là en croissance, en Europe, on est sur une dynamique de croissance trimestrielle
08:24qui n'est pas si mauvaise.
08:25La politique monétaire de la BCE, c'est un des drivers du marché européen
08:30ou pas spécialement pour 2026 ?
08:33Alors je dirais qu'à ce stade, il y a moins d'interrogations,
08:35il y a plus de certitudes.
08:36Et comme la BCE l'a dit, elle se considère au bon niveau à 2%.
08:40Bien sûr.
08:41Ça va dépendre de l'accélération ou pas de cette économie européenne
08:44et du plan allemand et de la transmission de ça.
08:46Avec des chiffres d'inflation qui lui donnent raison.
08:48Mais pour l'instant, exactement, les chiffres d'inflation sont très contrôlés.
08:51Donc il n'y a pas vraiment de sujet là-dessus.
08:53Alexandre Baradez, même question.
08:54On l'analyse un petit peu de la situation en Europe.
08:56C'est vrai que depuis le début de la semaine, on parle beaucoup des États-Unis
08:58en lien avec la géopolitique.
09:00Mais si on regarde l'économie européenne, on a eu un certain nombre de statistiques
09:03cette semaine, notamment les chiffres d'inflation.
09:07Comment est-ce qu'on l'appréhende, cette économie européenne, d'un point de vue marché ?
09:09On l'a voir, même dans le point de vue de l'investisseur mondial aujourd'hui,
09:12la zone euro, malgré cette inertie dans la prise de décision
09:16et ce rythme plutôt lent, apparaît quand même un gros pôle de stabilité
09:19au niveau global, au niveau des économies globales.
09:24Même si effectivement, il y a des coûts d'accélérateur,
09:26puis de côté économie américaine, mais avec des doutes sur ce rythme
09:28dans les mois qui viennent, côté Europe, on sait à peu près où on va.
09:31Et effectivement, les taux sont plutôt bien placés en zone euro.
09:33Est-ce que même une baisse de taux ne serait pas encore possible cette année ?
09:37On va quand même surveiller quelques indicateurs.
09:38On a vu des PMI en Italie un petit peu ralentir sur la fin d'année.
09:41On voit que l'inflation est pile à 2%.
09:43Si on venait à passer à 1,8%, 1,9%,
09:45est-ce qu'il n'y aurait pas de la place pour une petite baisse supplémentaire ?
09:47Donc, je dirais qu'on a encore des petites choses peut-être à attendre
09:50du côté de la partie européenne.
09:52Et puis, on voit que cette bonne perception de la part des investisseurs étrangers,
09:55notamment domestiques aussi, mais étrangers, sur la partie européenne,
09:58on le voit aussi via l'euro.
09:59Ce n'est pas seulement...
10:00Pour moi, il n'y a pas que la baisse du dollar qui est en jeu.
10:02Ce n'est pas seulement...
10:03On se méfie un peu de la partie américaine.
10:04On vend le dollar parce qu'on a peur de ces politiques erratiques.
10:07Le débat se montrait des BRICS qui veulent se dédollariser, etc.
10:12Je pense qu'il y a aussi de l'achat de l'euro par rapport à l'adhésion
10:15à ce que fait la zone euro, c'est-à-dire une vision,
10:16ce que vous disiez, plus positive par rapport à des enjeux souverains.
10:20L'Allemagne qui s'est un peu bougée,
10:21alors même s'il faut que le temps s'influe dans l'économie,
10:24mais sur le boost budgétaire.
10:25Et souvent, on voit des performances remarquables de l'Espagne, par exemple,
10:28qui étaient des pays qui étaient au Nîmes il y a quelques années encore,
10:30qui aujourd'hui ont fait des réformes, une bonne croissance.
10:33Il y a des pays comme l'Italie dont l'image s'est aussi améliorée
10:36à l'échelle mondiale avec les agences de notation
10:38qui ont un peu réhossé les hautes de l'Italie.
10:39Ça reste encore un peu compliqué,
10:40mais c'est un paysage qui est quand même stabilisé en Italie.
10:43Donc tout ceci ne donne pas l'idée qu'il faille vendre l'Europe.
10:47Et en plus, vous l'avez dit, les valeurs...
10:49Ce n'est pas un repli vers l'Europe en lien effectivement
10:51avec la faiblesse du dollar, non ?
10:53C'est une adhésion au scénario économique européen.
10:55Je pense de diversification en tout cas,
10:57mais diversification positive.
10:58Ce n'est pas par défaut JV,
10:59c'est que j'y vais parce que j'ai aussi une forme de confiance
11:01dans ce que fait l'Europe.
11:02Il y a simplement un élément qui pointe sur le seul risque
11:05pour la partie action Europe,
11:06mais qui ne sera pas un risque très dangereux.
11:08C'est si nous avions, parce que je pense que les marchés,
11:10je continue de penser que les marchés américains
11:11sont trop chers aujourd'hui,
11:12ils vont devoir corriger un petit peu.
11:15Si nous avions de la volatilité qui repartait un peu
11:17avec des VIX à 30 ou 40,
11:18ce qui peut arriver côté des Etats-Unis,
11:20c'est là qu'on pourrait avoir une forme de trou d'air
11:22sur la partie européenne.
11:23Mais je pense qu'il faudrait buy the dip
11:24pour prendre un terme à la mode.
11:25C'est-à-dire que tout trou d'air de 5-10%
11:28sur un DAX, un CAC ou autre,
11:29je pense que c'est plutôt une opportunité
11:31qu'un risque de sommet avant plusieurs années de baisse.
11:34Donc il faut rester investi,
11:36et s'il y a des trous d'air,
11:37c'est plutôt à acheter qu'à se méfier.
11:40Laurent Chauderge, un petit peu de politique géopolitique
11:44sur l'Europe, toujours parlons,
11:46restons sur ce chapitre européen.
11:49On entend des experts nous dire
11:51les droits de douane,
11:51ça n'est plus un sujet en 2026.
11:53On voit que les événements géopolitiques
11:57n'ont qu'un impact mesuré sur les marchés,
12:00avec en dernière date ce qui s'est passé au Venezuela.
12:04Où est le risque pour les marchés européens en 2026 ?
12:07Où sont les opportunités ?
12:08Prenez-le dans le sens que vous voulez,
12:10mais avec cette idée de
12:11est-ce que les droits de douane,
12:12la géopolitique,
12:14peut-être un risque latent quand même
12:15pour ces marchés européens en 2026 ?
12:18Les droits de douane, c'est un bon sujet.
12:20C'est vrai qu'on avait beaucoup de craintes
12:21en début d'année 2025.
12:24Finalement, l'impact a été relativement limité.
12:26Je me souviens qu'il y avait même des économistes
12:27qui, mi-2025, attendaient une croissance en Europe
12:30inférieure à 1%,
12:31on va finir à 1,4% plus ou moins.
12:34Et je ne sais pas si vous suivez ces indicateurs,
12:36mais on peut suivre les euros ou les dollars
12:40plutôt collectés par les douanes américaines,
12:42mois par mois.
12:44En fait, ce que vous voyez,
12:45c'est que vous avez un pic
12:46qui a été collecté à la fin de l'été
12:48et depuis, ça rebaisse.
12:50D'accord.
12:50Donc, c'est la collecte de taxes
12:52venant des produits d'Europe
12:54exportés aux Etats-Unis.
12:55Donc, nous, notre analyse,
12:56c'est que les tarifs vont rester un sujet,
12:59mais ils seront moins sujets négatifs
13:00qu'ils n'ont été en 2025.
13:02Donc, deux noms intégrés, digérés.
13:04Ils sont en partie digérés
13:05et ils seront moins gros, effectivement,
13:07c'est ce que je disais.
13:08La collecte de taxes commence à baisser.
13:09Et d'ailleurs, si vous regardez aussi,
13:11en fait, on a facialement
13:12un taux de taxes douanières
13:14qui devrait être de 15%,
13:16mais en fait, en réel,
13:18on est plutôt autour de 10%.
13:19Parce que, finalement,
13:20l'administration américaine
13:21a du mal à mettre en place
13:22tout ce qu'elle a dit.
13:24Donc, le sujet tarifaire,
13:25il va rester légèrement négatif,
13:27mais il sera moins négatif.
13:28Donc, on est toujours dans cette idée
13:29de dérivé seconde.
13:30Et après, au sein de l'Europe,
13:32nous, on voit une grosse opportunité
13:33qu'on n'a pas vue depuis 3-4 ans.
13:36C'est ce qu'on appelle
13:36les sociétés de qualité
13:37qui arrivent de nouveau au bon prix.
13:39Donc, ça, c'est très important
13:40parce que ces sociétés-là
13:41qui ont de la visibilité
13:42de la durabilité,
13:43elles étaient devenues extrêmement chères
13:45quand vous avez eu la période
13:46des taux négatifs
13:47et du quantitative easing
13:48entre, on va dire,
13:482015 et 2021-2022.
13:50Bien sûr.
13:50Et puis, qu'en 2022,
13:51il y a eu une hausse agressive
13:53des taux d'intérêt
13:53des banques centrales,
13:55ces sociétés ont commencé
13:56à avoir leurs primes
13:56de valorisation comprimées
13:58et on est revenus
13:59dans des niveaux
14:01qui commencent à être attractifs
14:02et dans certains segments
14:03très attractifs,
14:04notamment dans tout ce
14:04qui est consommation courante.
14:06Donc, pour nous,
14:06c'est intéressant,
14:07c'est ce que je disais,
14:08c'est qu'il y a aujourd'hui
14:09en Europe une dynamique économique
14:11qui est tout à fait satisfaisante
14:12et en plus,
14:13à l'intérieur du marché européen,
14:15la capacité d'acheter
14:16des sociétés de meilleure qualité
14:17que la moyenne
14:18à des bons prix.
14:19Donc, la croissance européenne
14:20ne viendra pas juste uniquement
14:21des valeurs de défense
14:22ou souveraineté au général ?
14:25Non, on pense que ça sera
14:26un peu plus large
14:26au niveau économique,
14:28il y aura aussi
14:28des valeurs cycliques
14:29et sur la défense,
14:30par exemple,
14:31nous, on reste assez prudent
14:32même si le secteur
14:33se comporte très bien.
14:34Vous voyez, l'année dernière,
14:35on a réussi à faire
14:3724-25% sur le fond principal,
14:39donc mieux que le marché européen,
14:40mais on n'avait ni de défense
14:42ni de technologie.
14:42Donc, vous pouvez faire
14:43de la performance
14:44dans d'autres segments aussi.
14:45Alexandre Baradez,
14:46la même question,
14:47mais c'est vrai qu'on a
14:48un peu l'impression,
14:49si on prend une vision
14:50caricaturale des marchés,
14:51qu'on parle toujours
14:51d'intelligence artificielle,
14:52de santé, de défense,
14:53intelligence artificielle
14:54plutôt aux Etats-Unis
14:55et en Europe,
14:56santé et défense.
14:57Mais si je comprends bien,
14:59il y a d'autres
14:59poches de croissance
15:00à aller chercher
15:01sur des marchés
15:02justement valorisés
15:03comme c'est le cas
15:04en Europe.
15:05Oui, et puis il y a peut-être
15:06des secteurs aussi
15:06en retard
15:07qui peuvent s'améliorer
15:08un petit peu,
15:08tout ce qui est secteur
15:09de tourisme loisir par exemple,
15:10tout ce qui est secteur
15:11foncière cotée aussi
15:12qui était pas mal en retard,
15:13c'est vrai que sur les effets
15:13de baisse de taux,
15:15avec des taux réels
15:15qui sont à peu près
15:16sous contrôle,
15:17c'est un secteur
15:18qui peut repartir
15:19un petit peu,
15:20sachant que ça,
15:20c'est typiquement
15:21dans le secteur,
15:21si la BCE venait à faire
15:22cette petite baisse
15:23supplémentaire de taux
15:24ou qu'on voyait
15:24les taux souverains européens.
15:25Vous y croyez,
15:25la petite baisse de taux
15:27de la BCE en 2020 ?
15:28Ça, ou plutôt
15:28peut-être des taux souverains
15:29qui repartiront un peu plus bas
15:30aussi au niveau européen.
15:31Il y a eu un mouvement
15:32quand même de rebonds
15:33depuis quelques semaines.
15:34Donc, si ça finit
15:35à se retasser
15:35dans les mois qui viennent,
15:37typiquement,
15:37les secteurs des foncières
15:38cotées peuvent en bénéficier.
15:40Vous avez des secteurs
15:41après qui ne sont pas
15:43que liés à l'IA,
15:44mais tout ce qui est
15:44dans la partie utilities,
15:45habituellement,
15:46c'est un secteur,
15:46on voit ça comme des services
15:47de collectivité,
15:48mais il y a aussi pas mal
15:48d'autres choses
15:49liées aux infrastructures
15:49là-dedans.
15:51C'est un secteur,
15:51pour la partie européenne,
15:53que je ne trouve pas encore
15:53fondamentalement trop cher.
15:55Donc, c'est vrai
15:55qu'il y a peu de secteurs
15:56qu'on a envie d'enlever.
15:57La santé,
15:58il y a un beau tom
15:58qui semble s'être formé.
16:00Donc, c'est vrai qu'il y a
16:00pas mal de bons secteurs
16:01qui semblent intéressants.
16:02Après, pour venir
16:03sur l'aspect un peu plus
16:03monde au début d'année,
16:05c'est vrai qu'en revanche,
16:05la géopolitique,
16:07moi, j'avais le sentiment
16:08qu'avec l'accélération
16:09des pourparlers
16:09que nous avions entre
16:10les Etats-Unis,
16:12alors, de manière dynamique,
16:13l'Europe, l'Ukraine,
16:15tout ce qui tourne
16:15autour de l'Ukraine,
16:16on avait le sentiment
16:16que ça peut être l'année
16:17où on commençait à enclencher
16:19peut-être un début
16:20de détente géopolitique.
16:23Et ce scénario,
16:24il est un peu,
16:24je ne dis pas mis de côté,
16:26mais le mouvement vénézuéla,
16:27la question qu'on se pose
16:28beaucoup en ce moment,
16:29c'est est-ce que c'était
16:30du one-off sur le Venezuela,
16:31c'est-à-dire uniquement
16:32une opération ponctuelle
16:33et rien autour,
16:34ou est-ce qu'on a
16:34une espèce de pattern
16:35qui va se dessiner
16:36avec l'Iran peut-être,
16:37avec d'autres opérations,
16:38pourquoi pas,
16:38au canal de Panama
16:39ou ce genre de choses,
16:40Groenland,
16:41on voit que ça monte en puissance,
16:42donc sans revanche.
16:43Taïwan revient aussi.
16:44Et là, je dirais
16:45que les marchés,
16:46notamment côté Etats-Unis,
16:47sont peut-être là aussi,
16:48je n'ai pas complaisant
16:49parce que c'est toujours dur
16:50de prévoir de la géopolitique,
16:52mais il y a quand même
16:52un bruit de fond
16:53depuis quelques jours
16:54qui est assez intense.
16:55Il n'intègre pas un risque
16:56à leur juste niveau.
16:58Un VIX à 14 ou 15,
17:00c'est-à-dire que le prix
17:00pour se couvrir
17:01contre une baisse de marché,
17:03ça ne vaut rien le VIX aujourd'hui,
17:04donc il est très peu cher
17:05par rapport à l'aventure
17:08le risque de correction
17:08sur les marchés américains.
17:09Donc je trouve qu'il y a
17:09peut-être un peu de complaisance
17:10par rapport au faible niveau
17:11de volatilité
17:12sur les marchés américains
17:12actuellement.
17:13Laurent Chauderge.
17:15C'est un bon point,
17:16c'est effectivement,
17:16après le marché est très pragmatique,
17:18c'est-à-dire que si ça a
17:18un impact économique,
17:20on verra,
17:20ça se transformera
17:21dans les cours boursiers,
17:22si ça n'en a pas,
17:23on n'aura pas d'impact boursier.
17:25Donc le Venezuela,
17:26c'est quelque chose de petit
17:28pour l'instant,
17:28de très concentré,
17:30donc c'est pour ça
17:30que c'est un impact
17:31assez limité.
17:32Il faudra voir
17:32s'il y a d'autres conflits
17:34qui augmentent
17:35ce problème-là.
17:36Mais historiquement,
17:37je ne sais pas
17:38si vous avez regardé
17:39et analysé ces sujets-là,
17:40mais quand vous avez
17:40des conflits,
17:41on va dire militaires
17:42ou géopolitiques,
17:44le marché se fait peur
17:45au départ,
17:45mais ce n'était pas
17:46la bonne idée de vendre
17:47parce que derrière,
17:47ça repart,
17:48parce que justement,
17:48l'impact économique
17:49au niveau global
17:50reste assez limité.
17:51C'est ce qui étonne aujourd'hui,
17:53c'est que le marché
17:53ne s'est pas spécialement fait peur
17:54justement sur le sujet Venezuela
17:56depuis le début de la semaine.
17:57C'est là où ça étonne
17:58un certain nombre d'observateurs,
18:00c'est qu'il n'y a même pas eu
18:00une demi-séance de baisse
18:02qui aurait pu montrer
18:03que le marché
18:03se faisait un petit peu peur.
18:05Non, c'est vrai
18:05et je pense que ça traduit
18:07ce que je vous dis,
18:08c'est-à-dire que le marché
18:10n'est pas sentimental,
18:11c'est-à-dire qu'à la fin,
18:12il regarde de manière froide
18:13quel est l'impact économique
18:15et l'impact économique,
18:16il est limité.
18:17L'impact sur le pétrole,
18:18on l'a vu,
18:19on ne sait pas trop,
18:19il ne fait pas grand-chose.
18:20Pourquoi ?
18:20Parce qu'en théorie,
18:22il devrait baisser
18:22parce que les Américains
18:24vont aller mettre la main
18:25sur ces réserves-là.
18:26Un baril à 50 dollars,
18:28c'est un scénario plausible
18:29pour 2026 ?
18:32En tout cas,
18:33ça ne viendra pas
18:33de l'offre du Venezuela
18:35parce qu'en pratique,
18:36quand vous regardez,
18:36quand vous faites le travail,
18:38ça va prendre des années
18:39et des dizaines de milliards
18:40à permettre d'extraire
18:42ces réserves-là
18:42qui sont du pétrole
18:43de très mauvaise qualité.
18:44Donc, il faut pouvoir raffiner
18:45et vous n'avez pas
18:46ces capacités industrielles
18:47au Venezuela.
18:49C'est vrai que historiquement,
18:49quand on regarde
18:50sur les 20 dernières années,
18:51les seuls moments
18:52où on est passé
18:52sous les 50 dollars le baril,
18:53sur les 20 dernières années,
18:55c'était uniquement
18:55lors de chocs plutôt économiques.
18:57C'est la crise des suprêmes,
18:57la crise des émergents
18:58entre 2013-2015,
19:00lors du Covid.
19:00Donc, c'est vrai que
19:01si on devait aller
19:02sous les 50 dollars,
19:03je pense que ce ne serait pas
19:04lié à des questions
19:04d'offres dans le marché.
19:07Ce serait plutôt peut-être
19:08lié à des éléments
19:09d'ordre macro.
19:09Si nous avions, par exemple,
19:10un coup de frein
19:11sur l'économie américaine,
19:11ce genre de choses,
19:12là, on irait probablement
19:13sous 50 dollars.
19:13Donc, le 50 est plutôt
19:14une bonne zone,
19:15typiquement pour un opérateur
19:16des investissements
19:17au moyen terme ou autre.
19:18je pense que le pétrole
19:19à 50 dollars
19:20pour quelqu'un
19:20qui achète ça
19:21sur un produit
19:21qu'il tient pendant 2-3 ans,
19:23c'est plutôt un bon niveau
19:24d'entrée que l'inverse.
19:25Mais voilà,
19:26le 50 dollars,
19:27c'est si on part en dessous,
19:28c'est que probablement
19:28il y aura un rallentissement
19:29économique mondial
19:30à un moment donné.
19:31Merci messieurs
19:31Alexandre Baradez,
19:32chef analyste chez IG.
19:33Laurent Chauder,
19:34je suis membre du comité
19:34d'investissement
19:35chez BDL Capital Management.
19:37Merci.
19:38Merci.
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