Domitille Lucereau, fondatrice de La Saponante, était l'invitée de Laure Closier dans Le Pitch de l'émission Good Morning Business, ce jeudi 8 janvier. Elle parle de savons ménagers pour tout nettoyer, notamment la maison et le linge, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
00:06Le pitch ce matin c'est avec Domiti Lussereau.
00:09Bonjour, bienvenue dans la matinale de l'économie.
00:11Vous êtes la fondatrice de la saponante.
00:13Une minute pour pitcher et on débriefe.
00:16Bonjour à tous.
00:17La saponante ce sont des savons ménagers pour tout nettoyer dans votre maison,
00:21la cuisine, la salle de bain, la vaisselle et même pour détacher le linge.
00:25La particularité de ces savons c'est qu'ils sont fabriqués avec des huiles végétales qui sont recyclées.
00:29Je suis ingénieure chimiste, j'ai vécu trois ans à Tahiti et là-bas j'ai animé des ateliers cosmétiques et ménagers.
00:36J'utilisais beaucoup de huile de coco et en rentrant en Bretagne il y a deux ans,
00:39j'ai cherché une alternative plus locale et plus durable et c'est pour ça que j'ai utilisé les huiles alimentaires.
00:45Les huiles alimentaires ce sont des déchets, chaque année il y en a 150 000 tonnes en France qui sont utilisées.
00:50Seulement un quart vont être recyclées souvent en biocarburant et pourtant ces huiles ont toutes les bonnes propriétés,
00:56donc les acides gras pourraient être transformées dans un savon ménager qui va mousser et qui va dégraisser vraiment.
01:02Et donc avec ce savon j'ai réduit de moins 93% l'empreinte carbone par rapport à un liquide vaisselle classique.
01:08Et pour répondre à votre question que souvent on me pose, ce savon il ne sent pas la frite mais bien une odeur de lavandin bio.
01:16Heureusement qu'il ne sent pas la frite.
01:18Comment vous faites pour récupérer justement ces huiles ?
01:21Alors je les récupère localement, donc à Lorient, à la cuisine centrale, les restaurateurs et des restaurants collectifs d'entreprise.
01:28C'est-à-dire que vous allez chez eux et vous vous stockez comment avec des bidons d'huile ?
01:32Oui des bidons, des bidons. En fait en général derrière les restaurateurs souvent il y a des gros bidons bleus là vous voyez ?
01:36Oui.
01:36Donc ça c'est des huiles que moi je vais récupérer en fait, je vais les voir, je leur demande si je peux.
01:41Et vous avez défini un prix pour ça ?
01:43En fait c'est gratuit, parce que les huiles comme ce sont des déchets ils cherchent à s'en débarrasser.
01:48Donc soit c'est récupéré en biocarburant, soit on va à la déchetterie.
01:51Et donc moi en fait quand je viens et que je leur propose de les transformer en savon, ils aiment bien l'histoire en général.
01:57Mais vous ne les payez pas ?
01:58Non, non.
01:58Parce qu'ils pourraient le valoriser quand même, puisque vous vous en faites quelque chose.
02:00Non, parce que pour eux c'est un déchet, donc non moi je ne les fais pas.
02:04Et c'est vous qui vous occupez de les recycler, de les dépolluer, puisqu'une huile de friture quand même avant de l'utiliser ça demande un processus ?
02:11Oui, alors en fait je fais la décantation, la filtration au micron.
02:16Et en fait quand on rajoute de la soude, donc c'est le processus de saponification,
02:20l'huile plus soude donne du savon plus de la glycérine.
02:22Dès qu'on rajoute de la soude, ça va neutraliser l'odeur.
02:25Donc déjà j'enlève toutes les particules, et après l'odeur avec la soude est neutralisée.
02:28Et puis je rajoute aussi d'huile de...
02:30Mais à quel point vous êtes industrialisé aujourd'hui dans votre processus ?
02:33Parce que là quand on vous entend, on dirait que vous faites ça en bas de chez vous,
02:36vous mettez de la soude et des avants, ça ressemble un peu à ça encore.
02:39On va un petit peu encore à ça, c'est artisanal.
02:41Là je voulais tester le concept en fait, donc j'ai lancé en janvier,
02:45mais j'ai vraiment fait une campagne de crowdfunding là en mai, donc à partir de mai.
02:49Donc c'est une méthode artisanale, là c'est saponification à froid.
02:52Mais l'idée je voulais tester le concept, voir en fait le marché.
02:56Et après l'idée ça serait décimer dans d'autres territoires.
02:59Pourquoi uniquement des savons ménagers ?
03:01Est-ce qu'on ne peut pas faire des savons pour le corps aussi ou pour le visage ?
03:04Non. Est-ce que vous ne voulez pas vous laver avec l'huile de friture sur le visage ?
03:08Vous posez la question, mais vous n'avez pas envie.
03:10Non, mais déjà la réglementation l'interdit évidemment,
03:13parce que personne n'a envie de se laver avec des huiles recyclées.
03:16En fait on peut faire le ménager, parce que pour un savon pour le corps,
03:19il y a du huile qui est en surgras.
03:21Souvent il y a un surgras de 8%, c'est-à-dire que dans le savon il reste des huiles.
03:23Les huiles souvent, on espère, prestigieuses et ça nourrit la peau.
03:28Tandis que pour un savon ménager, on fait du sous-gras,
03:30donc toute mon huile est transformée en savon.
03:33Je ne peux pas faire du cosmétique.
03:35Oui, mais alors si je me lave les mains avec, ça va, je ne vais pas faire mes mains quand même.
03:38Non, non, non, les mains il n'y a pas de problème.
03:39Ils sont visuellement très beaux, avec des petites nervures.
03:42Ça c'est l'huile qui fait ça ou c'est vous qui créez cet aspect ?
03:45Non, c'est vrai qu'en fait je voulais qu'il soit beau,
03:47parce que je voulais qu'on soit fiers d'avoir ce savon,
03:49qu'on l'expose dans sa cuisine et que ça soit aussi un objet qui soit désirable.
03:53Et les petites nervures là, c'est du marbrage en fait,
03:58et c'est du châtaignier actif.
04:00Ah oui, donc c'est vous qui faites ça volontairement, c'est de la déco ?
04:03C'est de la déco, voilà, c'est pour qu'on en élève l'étiquette.
04:07Ils sont très beaux.
04:09Alors vous en avez toute la commercialisation, où est-ce que vous les vendez ces savons ?
04:11Et ça coûte combien d'ailleurs, parce qu'on n'a pas parlé de prix encore ?
04:13Alors un savon comme ça, c'est 10 euros.
04:16Ça correspond à peu près à deux liquides vaisselle de 500 grammes,
04:18donc je ne peux pas vous dire combien de temps ça veut dire,
04:19parce que ça dépend des gens, mais ça reste très concentré.
04:23Et je le commercialise beaucoup avec...
04:26J'ai un site internet, en direct.
04:28j'ai quelques points de distribution autour de Lorient,
04:34et voilà, je vais commencer à...
04:37Et le but, ce n'est pas vraiment la grande distribution ?
04:39Non, pas la grande distribution, plutôt les concept stores, les épiceries bio.
04:45Mais là, aujourd'hui, quand vous avez fini de faire la chimiste,
04:48vous faites le marketing et vous envoyez les colis ?
04:50Oui, voilà, je fais tout toute seule.
04:52Vous n'allez pas pouvoir rester comme ça longtemps ?
04:54Non, mais je voulais tester pour voir s'il y avait un marché,
04:58est-ce que la satisfaction client,
05:00et maintenant que je vois qu'il y a un vrai retour,
05:02j'ai beaucoup de réachats...
05:03Vous en avez vendu combien aujourd'hui ?
05:05J'en ai vendu pour 25 000 euros,
05:08donc dans les...
05:122500 euros.
05:14Donc vous considérez que là, aujourd'hui,
05:15le test est fait,
05:17et que vous pouvez passer à l'étape d'après ?
05:19Alors là, je voudrais faire encore un test,
05:21parce que je vais lancer d'autres produits.
05:22Donc le test, je vais continuer jusqu'à 2026,
05:26et après, si j'arrive à prouver que j'arrive à en vivre,
05:28et à bien distribuer,
05:30et s'aimer et former d'autres personnes.
05:31Aujourd'hui, la campagne de crossfunding,
05:32elle suffit pour vous financer,
05:34ou vous avez besoin de...
05:35Non, elle a suffi.
05:37Elle a suffi.
05:37J'ai eu aussi du lait de BPI,
05:39qui m'ont aidée.
05:41Et oui, ça a suffi.
05:42Et un peu de frais,
05:42en autofinancement.
05:45Merci beaucoup,
05:46Domiti Lustreau,
05:47fondatrice de La Sapo-Dante.
05:48On ne vous prend pas deux minutes de plus,
05:49parce que vous êtes déjà quand même bien occupée
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