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  • il y a 2 jours
Ce mardi 6 janvier, Delphine Arnaud, Portfolio Manager/Analyst Multi-Asset & Overlay chez Edmond de Rothschild AM, s'est penchée sur la Chine entravée par l'opération au Venezuela qui est un coup de force de Trump, et le ralentissement de l'inflation en France en décembre 2025, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00Bonjour Delphine, pour Edmond Rothschild Asset Management, vous allez Delphine rendre votre verdict face au marché, le prononcer dans un instant.
00:07Ce moment qu'on va vivre, ce verdict que vous allez rendre, est-ce que vous l'assumez ?
00:11Tout à fait.
00:12On vous écoute.
00:14Le départ de Manuro n'est pas seulement une réussite militaire ou judiciaire pour les Etats-Unis, c'est aussi un nouveau coup dur pour la Chine.
00:23Un nouveau coup dur, dites-vous, pour Pékin ? Oui, c'est une tape sur les doigts pour Pékin ou c'est plus qu'une tape sur les doigts ?
00:32Ça dépend comment on regarde les choses, c'est-à-dire que la Chine pour le Venezuela, c'était très important, c'est son premier créancier, c'est son premier client pour le pétrole,
00:46alors que pour la Chine, le Venezuela était un partenaire parmi d'autres.
00:50C'est un coup dur, mais c'est un coup dur qui s'additionne à d'autres actions précédentes, on l'a vu en Argentine sur le soja,
00:59on l'a vu avec la reprise de contrôle sur le Panama, donc c'est un coup dur.
01:03Et c'est un coup dur pourquoi ? Parce que le pétrole du Venezuela était mis sous sanction,
01:11et donc du coup la Chine s'arrogeait la place de premier client des productions pétrolières de Venezuela,
01:20avec des importations qui représentaient plus de 50% de la production vénézuélienne à destination de la Chine.
01:28Et ces importations ont d'ailleurs été accélérées sur les dernières semaines, derniers mois,
01:33ce qui montre bien que la Chine avait quand même conscience de ce risque de perdre son fournisseur de pétrole.
01:41Ils avaient réalisé des achats préventifs de pétrole au cas où le régime Maduro tomberait.
01:45Exactement. Et deuxième coup dur également, c'est parce que non seulement c'était un fournisseur de pétrole à bas coût,
01:53avec des prix d'achat qui allaient autour de moins 12 à moins 15 dollars de décote,
01:59mais également en tant que créancier, la Chine prêtait au Venezuela, soutenait ce régime à bout de bras,
02:09et se faisait payer en pétrole.
02:11Et en fait, la dette vénézuélienne envers la Chine en baril de pétrole est assez importante,
02:18avec deux compagnies chinoises, mais également une compagnie russe, qui se faisait payer en pétrole.
02:24Et ces stocks de pétrole qui sont préemptés par la Chine représentent un peu plus de 1% des réserves mondiales de Venezuela.
02:34Alors le Venezuela est un petit producteur de pétrole, mais est le premier pays en termes de réserve mondiale.
02:41Donc quand on parle de plus de 1% de pétrole préempté par la Chine,
02:46on voit que c'est un coup dur pour la Chine.
02:52Oui, coup dur pour la Chine.
02:53La question qu'on a aussi envie de vous demander, c'est est-ce que si le Groenland échappe à l'Europe,
02:58ce sera un très gros coup dur pour l'Europe ?
02:59Non mais attendez, on essaie d'anticiper les étapes suivantes, parce qu'on se dit,
03:02il dit ce qu'il fait en fait Donald Trump.
03:03Autant sur son premier mandat, il disait beaucoup, et puis il reculait, c'était taco, franchement.
03:08Trump always chickens out.
03:10On a compris depuis quelques mois que là, c'est plus vrai du tout.
03:13Il fait ce qu'il dit.
03:14Alors est-ce que sur le Groenland, imaginons, les Etats-Unis prennent le contrôle du Groenland,
03:17est-ce que ça, ce serait un game changer beaucoup plus important pour les marchés mondiaux ?
03:21Parce qu'on a vu que les marchés mondiaux, ils n'ont pas trop réagi, pas négativement,
03:23en tout cas à ce qui s'est passé au Venezuela.
03:25Est-ce que le Groenland, ce serait différent ?
03:27Le Groenland est important stratégiquement pour deux raisons.
03:32La première, c'est pour les ressources stratégiques dont elles recèlent,
03:35mais qui sont assez peu exploitées aujourd'hui.
03:37Et la deuxième, c'est parce qu'avec la fonte des glaces, on a une ouverture de routes maritimes.
03:40Et donc quand Trump en appelle à la sécurité de l'État américain,
03:44c'est parce qu'il a peur des routes maritimes qui sont ouvertes pour la Russie et la Chine,
03:50et il veut reprendre le contrôle de ces routes maritimes.
03:53D'autres analystes nous disent également que Trump, dans un élan d'égo,
03:58voudrait aussi avoir une carte du monde avec l'hémisphère nord-sud américain.
04:05Relier les deux pôles.
04:06Voilà, et relier les deux pôles et faire un pays plus grand que le plus grand pays au monde.
04:12Voilà, puis après les deux pôles, ce sera les deux rives de l'Atlantique.
04:14On se demande toujours où sera la fin.
04:16Et imaginons donc, il a dit d'ailleurs hier Donald Trump qu'il s'en occuperait dans deux mois du Groenland.
04:23Il a dit officiellement dans son avion, laissez-nous deux mois encore pour nous occuper du Groenland.
04:27Imaginons les Etats-Unis prennent le Groenland.
04:29Est-ce que du point de vue des marchés, là, pour le coup, on se mettra en mode danger, risque ?
04:33Ou au contraire, business as usual ?
04:34Les alertes, elles ont été nombreuses.
04:37Si l'Europe n'a pas compris que les Etats-Unis n'étaient plus un allié,
04:42n'étaient plus un bouclier militaire pour l'Europe,
04:47là, finalement, elles le comprendraient de facto.
04:49Si l'Europe n'a pas compris que les instances internationales et les juridictions internationales
04:58ont perdu du poids face à la politique de Trump, là, elles le comprendraient de facto.
05:04Maintenant, au niveau des marchés, encore une fois, le Groenland est assez peu exploité.
05:09Donc, il y a peu d'entreprises, à mon sens, qui seraient affectées par une telle intervention.
05:17La question, c'est quelle image les marchés se feraient-ils de l'Europe
05:20si, effectivement, les Etats-Unis parvenaient à prendre le contrôle du Groenland ?
05:24C'est une phrase que j'ai vue passer ce matin.
05:26L'histoire réalise en ce moment un effort immense pour réveiller les Européens.
05:30Si l'histoire, cette fois, n'y parvient pas, ça signifierait que les Européens ne sont pas en train de dormir,
05:35mais qu'ils sont dans le coma.
05:37C'est un peu dur, mais c'est un peu cruel.
05:42Mais effectivement, l'Europe, qui est une construction assez récente,
05:46dans l'histoire globale,
05:50l'Europe est encore en train de se chercher, de se construire,
05:54et il faut qu'elle montre les muscles.
05:55C'est pour ça que, quand on a des plans européens de soutien de la défense,
06:00ça va dans ce sens-là.
06:01Quand on a un plan draghi qui met toutes les voies pour un réveil,
06:06un sursaut de l'Europe, ça va dans le bon sens.
06:08Mais c'est vrai qu'aujourd'hui, l'Europe tarde à passer à l'action.
06:12Il y a eu quand même des velléités de stopper Trump sur ses attaques contre le Groenland
06:18et de mettre le haut là.
06:21Je ne pense pas qu'elle soit très écoutée par Donald Trump.
06:24Oui, effectivement.
06:25Pour 2026, du coup, on choisit quoi ?
06:27Wall Street ou l'Europe, quand on est investisseur ?
06:30C'est difficile de sortir de Wall Street,
06:33étant donné que ce sont des poids importants des indices,
06:37que les indices sont guidés par des flux vers les ETF,
06:40et que les indices américains présentent encore,
06:43les actions américaines présentent encore de fortes marges,
06:47des croissances importantes,
06:48avec le poids de la tech qui est toujours important.
06:49Donc, on ne délaisse pas les Etats-Unis.
06:52Nous, on y retourne même plus tôt,
06:54à chaque fois qu'il y a une petite correction sur les valorisations.
06:57On y retourne, on renforce un petit peu.
07:02Les Etats-Unis, on attend 16% de croissance des bénéfices l'année prochaine.
07:07Ça nous semble plutôt convenable,
07:09avec des marges, là encore, très élevées.
07:12En Europe, les analystes...
07:14C'est pas mal, 16% de hausse des bénéfices encore attendus cette année.
07:16C'est joli, quoi.
07:17Oui.
07:17En Europe, après trois années de croissance bénéficiaire médiocre à zéro ou autour,
07:27les analystes voient une hausse des bénéfices de 15%.
07:31Et alors là, moi, j'ai un peu plus de doutes sur cette croissance des bénéfices.
07:36L'Europe, elle est moins chère que les Etats-Unis.
07:39Elle est, avec des valorisations de PE autour de 17%.
07:44Historiquement, c'est élevé pour l'Europe.
07:45Surtout que pour un investisseur étranger, quand il achète les actions européennes,
07:50il les paye avec un euro qui est plutôt fort.
07:53Donc, la valorisation, ne me semble pas, c'est pas les soldes sur les actions européennes.
07:58Néanmoins, il y a quand même des poches, des segments dans les actions européennes
08:02qui nous laissent très optimistes.
08:06a cité les petites capitalisations, les small caps, qui elles sont en décote,
08:11alors que ce sont des entreprises qui sont souvent sur des niches de marché,
08:16avec des marges plus élevées, avec des croissances très honorables,
08:20et qui normalement se traitent avec une surcote par rapport aux entreprises de plus grande capitalisation.
08:25Ce n'est plus le cas depuis quelques années.
08:28Et puis, le secteur de la défense, qui est toujours très porteur,
08:32il a eu un petit coup de mou, ce secteur de la défense européenne, en novembre,
08:37et on en a profité pour renforcer ce secteur-là dans nos portefeuilles.
08:41Et également, un autre secteur qu'on trouve intéressant,
08:46c'est le secteur des matériaux de base,
08:50avec des minières au-delà des minières orifères,
08:53des minières sur des matériaux industriels.
08:57D'accord, ça c'est les trois secteurs que vous prévisez.
08:59Vous n'avez pas cité le secteur bancaire, non ?
09:01Il a déjà suffisamment monté ?
09:02Le secteur bancaire, il sera toujours bien orienté,
09:07on est toujours positif sur ce secteur-là.
09:09Néanmoins, il a quand même bien monté.
09:12Pas tant en valorisation, autant l'Europe,
09:15ça a été beaucoup une croissance de la valorisation en 2025,
09:19sur le secteur européen, sur le secteur bancaire en Europe,
09:23par contre, ça a été largement tiré par les résultats.
09:26Donc, c'est une croissance plutôt saine sur les bancaires.
09:29Oui, l'Europe qui verra peut-être la BCE BCCTO, ou pas cette année,
09:32elle est toujours en mode statu quo pour l'instant, la BCE.
09:34Il se trouve qu'on a eu les chiffres d'inflation en France et en Allemagne,
09:37tout à l'heure pour le mois de décembre,
09:38elle continue de ralentir l'inflation,
09:39elle tombe sous les 2% en Allemagne,
09:41à plus 1,8% sur un an en décembre,
09:43et en France, à peine plus 0,8%.
09:44À plus 0,8%, on est très loin de l'objectif de la BCE,
09:46et pourtant, la BCE ne compte pas baisser ses taux rapidement.
09:49Est-ce que là, il y a une divergence qui commence à vous gêner ?
09:52Alors, moi aussi, je verrais bien la BCE baisser ses taux l'année prochaine.
09:57Je trouve qu'elle devrait le faire.
09:58Je ne suis pas sûre qu'elle le fera baisser ses taux parce qu'effectivement,
10:02ça fait déjà plusieurs semestres qu'on voit un reflux de l'inflation un peu partout en Europe
10:10et qu'on se dirige globalement vers les 2% d'inflation qui est la cible de la BCE.
10:15Néanmoins, je me mets à la place de la BCE et des petits pays de la zone euro.
10:21On vient d'intégrer la Bulgarie dans la zone euro au 1er janvier.
10:25La Bulgarie, c'est un pays qui a encore 5% d'inflation.
10:28En fait, on n'est pas tout seul.
10:30Et on pense à la France en bon français, avec moins de 1% d'inflation.
10:34On est plutôt l'exception que la règle.
10:36C'est-à-dire qu'il y a plus de pays qui sont au-delà de 2% d'inflation
10:40que de pays qui sont en dessous de 1.
10:43Oui, mais c'est à nous que ça fait le plus mal du coup de voir ses taux rester stables.
10:46C'est terrible pour nous, Français.
10:48L'Allemagne aussi voit son inflation un petit peu reculé.
10:50On y reparlera, on en reparlera tout à l'heure dans la suite de BFM Bourse.
10:53Bien sûr, merci beaucoup de nous avoir accompagnés, de nous avoir rejoints aujourd'hui.
10:56Delphine Arnaud, vous êtes gérante Edmond Rothschild d'Asset Management Board.
11:00Retour, Delphine.
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